Les gens te montrent ce qu’ils veulent que tu vois. (Le patient)

Le patient, de Timothé le Boucher

Un article de PRESENCE

VF : Glénat

Réconfort
© Glénat 

Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. La première édition de cet ouvrage date de 2019. Elle a été réalisée par Timothé Le Boucher qui a tout fait : scénario, dessins, encrage, couleurs. Il s’agit d’une bande dessinée de 290 pages.

Dans une banlieue résidentielle, au sein du lotissement Les Corneilles, une adolescente marche de nuit au milieu de la rue en short et teeshirt, avec un couteau ensanglanté dans la main droite, et du sang sur ses bras nus, ses jambes nues, et sur ses vêtements. Elle est interpellée par une voiture de police. Elle continue de marcher après les avoir regardés. Les deux agents s’approchent d’elle, la plaque au sol et lui passent les menottes. Ils l’identifient comme étant Laura Grimaud, celle qui avait été signalée par un voisin inquiet. Une équipe de police se rend au pavillon des Grimaud et découvre le massacre : les cadavres de Xavier (43 ans, le père), Muriel (46 ans, la mère), Françoise (63 ans, la grand-mère), Jules (4 ans), Quentin (10 ans), Alison (12 ans), Pierre (15 ans), et le cousin Dylan (16 ans). L’un des policiers constate que Pierre est encore en vie et il fait appeler une ambulance. 6 ans plus tard, comme chaque jour, la jeune aide-soignante Tiphane fait la toilette de Pierre Grimaud, toujours hospitalisé, toujours dans le coma. Ce jour-ci, elle s’enhardit et dépose un chaste baiser sur ses lèvres. Il entrouvre un œil et e referme aussitôt. Tiphane va chercher sa collègue plus âgée et plus expérimentée Carole qui constate également que Pierre ouvre les yeux par intermittence. Celui-ci fait des rêves entre cauchemar et délire, où apparaissent son cousin Dylan, puis sa sœur Laura, puis un corbeau. Les deux aides-soignantes reviennent dans la chambre et chasse le corbeau qui s’est posé sur son torse.

Quelques jours plus tard, la psychologue Anna Kieffer arrive dans l’hôpital et demande son chemin à la docteure Babette Cotteau qui s’occupe de Pierre Grimaud. Elle vient s’entretenir avec Pierre pour sa thérapie. La docteure Cotteau la conduit jusqu’à la chambre du patient, tout en lui expliquant que cela fait un mois qu’il a commencé à montrer des signes de réveil. Kieffer frappe à la porte de la chambre et y entre. Pierre Grimaud est allongé dans son lit, parfaitement immobile, les yeux fermés. Kieffer va voir la vue à la fenêtre, et il entrouvre leurs yeux. Il parvient à articuler un faible bonjour. Anna Kieffer s’assoit sur la chaise des visiteurs, se présente et explique ce qu’elle est venue faire : elle est là pour l’écouter et il peut commencer avec ce qui lui passe par la tête. Pierre se tait pendant un instant puis commence à parler : les infirmières disent qu’il a la meilleure chambre qu’elle est spacieuse, et qu’il a vu sur les arbres. Il continue : il a peur tout le temps, même du mouvement des oiseaux les branches. Comme il ne peut pas bouger, il a le sentiment que n’importe quoi pourrait lui arriver et qu’il serait incapable de réagir. La nuit il a parfois l’impression que quelque chose se tient au-dessus de lui et l’écrase, une silhouette noire menaçante. Kieffer lui indique qu’il est en sécurité ici.

Il s’est passé quelque chose.
© Glénat 

En 2017, Timothé Le Boucher avait sorti un excellent album : CES JOURS QUI DISPARAISSENT, un thriller à la narration visuelle douce, au rythme lent, mettant le personnage principal Lubin, et le lecteur face au principe de réalité, avec implacabilité inévitable. La séquence d’ouverture dure neuf pages, pendant lesquelles le lecteur assiste à la fin du massacre des Corneilles, l’arrestation de la coupable, la découverte des corps, le survivant inconscient. Les dessins sont toujours aussi doux avec un trait d’encrage très fin pour le détourage, des lieux et des accessoires dessinés avec simplicité tout en incorporant un bon niveau de détails, une mise en couleurs pastel dans des teintes foncés apportant une forte consistance à chaque élément représenté. Le lecteur est immédiatement accroché par ce fait divers atroce, le meurtre de sept personnes d’une même famille par la fille un peu attardée. Il découvre que l’enjeu du récit est de découvrir ce qui s’est réellement passé cette nuit-là. Laura Grimaud (17 ans) a-t-elle bien commis ces meurtres ? Ou est-ce que les événements se sont déroulés autrement ? Il est vraisemblable que l’esprit de Pierre contient des informations sur les circonstances du drame, mais qu’ils ont été profondément refoulés à la suite du traumatisme. Le récit s’inscrit donc un registre d’enquête policière. Il se produit un ou deux autres événements qui font que le récit passe dans le registre du thriller, comme la découverte qu’Anna Kieffer était la psychologue suivant Laura pendant l’enquête et que celle-ci s’est suicidée peu de temps après avoir été arrêtée.

Les dessins montrent les environnements de manière clinique : des traits de contours fins et réguliers, des vêtements propres, des lieux propres, même le pavillon bon marché de la grand-mère de Pierre, des immeubles propres et sans une seule marque de l’usure du temps même dans une banlieue défavorisée, des sols et des murs impeccables. Cela peut produire une impression de froideur ou de distanciation chez le lecteur. D’un autre côté, l’artiste choisit des cadrages qui mettent en valeur la profondeur de chaque lieu, sans s’économiser sur ce qu’il y a à dessiner : de la vue du ciel de l’hôpital et de la ville qui l’entoure, à ses espaces verts, en passant par la salle d’activité commune, la piscine pour la thérapie physique, ou encore les chambres des différents patients. À chaque fois, la prise de vue permet de voir comment les personnages habitent ces lieux, comment ils en utilisent les accessoires, comment ils s’y déplacent en fonction de la géométrie des lieux et des obstacles. Du coup, l’impression de lieux tout neufs et artificiels disparaît car le lecteur voit bien qu’ils sont utilisés et habités au quotidien.

À pied d’œuvre
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L’impression donnée par les personnages peut également s’avérer un peu déstabilisante au premier regard. En fonction de sa bédéthèque, le lecteur peut y voir plutôt l’influence des mangas, ou plutôt l’influence des bandes dessinées pour la jeunesse. Effectivement, la plupart des visages sont lisses, sans rides, que ce soient les patients adolescents ou jeunes adultes, ou les adultes plus âgées comme madame Pinsolle qui aimerait bien toucher Pierre, ou l’inspecteur Henri Carrier visiblement plus proche de la retraite que du début de sa carrière. Mais là encore, les autres caractéristiques des dessins font que ces personnages acquièrent une véritable identité graphique reflétant leur âge et leur condition. Le lecteur peut ne pas y prêter attention et juste le ressentir, mais à une ou deux reprises l’évidence s’impose à lui. La première fois se produit quand Anna Kieffer fait une remarque sur le sweatshirt que porte Pierre dans son lit. Le dessinateur porte une réelle attention aux tenues vestimentaires qui sont choisies en fonction de la personnalité de l’individu, de sa position sociale (les chemisiers de prix d’Anna) et de son occupation du moment. S’il n’a pas fait attention à ce détail, cela devient manifeste avec le pull tricoté que madame Pinsole offre à Pierre. Rétrospectivement, il se dit que le joli serre-tête avec un nœud rose de Tiphane est aussi révélateur de son caractère.

Qu’il y fasse sciemment attention ou non, le lecteur plonge donc dans un thriller psychologique dans lequel l’auteur a soigneusement conçu chaque élément graphique, chaque information visuelle. Arrivé à la page 40 (sur 290) de la bande dessinée, il devient apparent que le massacre des Corneilles est survenu dans un environnement spécifique : le caractère de la mère, la stratégie d’adaptation du père, la relation entre la grand-mère et sa fille, le milieu défavorisé, le retard mental de Laura, l’arrivée du cousin Dylan. Cela peut paraître un peu chargé, mais l’auteur montre une vie de famille plausible, sans maltraitance physique, mais avec une agressivité latente de la mère. La grande force de Le Boucher est de ne pas mettre les pieds dans le plat en étant le plus explicite possible, mais de rester majoritairement dans les sous-entendus.

Soin du corps
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Du coup, le lecteur est dans l’incapacité d’empêcher son cerveau de gamberger, d’essayer de reconnaître des schémas, d’établir des connexions logiques pour aboutir à des suppositions qui seront confirmées ou infirmées par les informations présentes dans les séquences suivantes. Il prend bien sûr fait et cause pour la victime, que ce soit Pierre dont le visage porte la marque des lacérations au couteau, que ce soit Laura victime des remarques méchantes de sa mère, que ce soit Anna portant la culpabilité du suicide de Laura, que ce soient les autres patients de l’hôpital (Bastien muet et en fauteuil roulant après un accident de la route, Max qui a perdu ses deux jambes après un accident de scooter, une jeune femme atteinte d’un cancer). Il relève les petites remarques en coin qui atteste que tout le monde n’est pas animé de bonnes intentions et que la méchanceté est bien présente chez certains, au moins au point de faire quelques crasses. Il est également tiré de la douceur ambiante par des remarques qui sortent de la banalité affligeante des échanges pour faire la conversation, avec l’évocation du mythe d’Actéon et son interprétation psychanalytique, ou encore le phénomène de reproduction sociale, l’explication de la paralysie du sommeil.

Le lecteur commence ce récit à la narration visuelle douce et solide, un peu froide pour les décors, comprenant qu’il s’agit d’un roman policier dans lequel il s’agit de comprendre comment est survenu le massacre des Corneilles (une jeune fille de 17 ans assassine tous les membres de sa famille dans le pavillon de banlieue) et comment il s’est déroulé. Les dessins propres sur eux donnent vie aux personnages, sans impression de voyeurisme ou de sensationnalisme. Le malaise s’installe progressivement, des petits éléments dissonants de ci de là qui amènent le lecteur à se poser des questions sur la fiabilité de certaines déclarations, à participer lui-même aux déductions. Il est ferré et totalement impliqué, incapable de décrocher de ce thriller extraordinaire, aux personnages abimés tout en restant attachants, voyant très bien que tout cela ne peut que mal finir, sans pour autant savoir quelles seront les victimes suivantes, ni qui est vraiment coupable de quoi. Du grand art.

Non-dits et secrets
© Glénat   

31 comments

  • Surfer  

    La couverture et les dessins propres de cette BD ne laissaient pas du tout présager à un thriller psychologique aussi macabre 😧.

    Très belle analyse de la partie graphique et de la narration visuelle.👍

    On a vraiment envie de savoir ce qui s’est réellement passé dans ce pavillon de banlieue.

    • Présence  

      Oui, il y a une forme de décalage entre la douceur des dessins et la noirceur du récit : l’auteur en usait déjà dans son précédent ouvrage Ces jours qui disparaissent. A la lecture, ça passe très bien : il n’y a pas de dissonance cognitive, c’est juste que les rapports sont feutrés, une apparence civilisée qui ne permet pas de deviner les conflits intérieurs.

  • Eddy Vanleffe  

    Ca m’a l’air très intéressant et captivant dans cet environnement où le rose domine. La violence, cachée, larvée comme thème. l’explosion de la cellule familliale….
    Belle découverte et comme d’habitude, belle façon de faire découvrir. Bravo Présence.

    • Présence  

      Ah ça oui : ici la cellule familiale est toxique de manière insidieuse et larvée. L’horreur provient en partie de cet état de fait : ce qui devrait être un refuge est en fait un incubateur de comportement monstrueux, qui ne sont que des stratégies d’adaptation audit environnement.

  • Kaori  

    Ah ! J’étais prête à me jeter dessus, jusqu’à cette phrase : « Il est ferré et totalement impliqué, incapable de décrocher de ce thriller extraordinaire, aux personnages abimés tout en restant attachants, voyant très bien que tout cela ne peut que mal finir ». Ah non ! Si tout est noir et sans espoir, c’est sans moi !
    En tout cas j’adore le style. J’avais déjà été tentée par « Ces jours qui disparaissent », mais je n’aime pas quand ça finit mal. Encore une fois, raté pour moi !
    Mais tu le vends très bien, on a très envie de se plonger dans cette enquête policière et psychologique…
    Bravi pour ce dernier article de la saison !

    • Eddy Vanleffe  

      AAAAh les fin mauvaises…. ^^
      Elles ont tellement plus de gueule de des happy end hollywoodiens… ^^
      c’est souvent le cas des manga d’ailleurs… les fins sont des claques en pleine figure souvent!

      • Présence  

        J’aime bien les deux : les fins positives mettent un peu de baume au cœur, les fins noires mettent du plomb dans la cervelle.

    • Présence  

      Je confirme sans en dévoiler plus : c’est très noir.

      Whouaah ! J’ai eu droit à des bravi (des bravo au pluriel ? 😀 ).

    • Bruce lit  

      La fin m’évoque celle de HANNIBAL, le roman. Je n’en dirais pas plus.

    • Matt  

      ce que dit Eddy, je le disais il y a 10 ans.
      Maintenant j’avoue que parfois j’en ai un peu marre des « sad endings »
      Ou disons que j’ai besoin de sentir que ça colle à l’histoire, et que ce n’est pas justement uniquement là pour faire différent des happy end hollywoodiens. Parce qu’au bout d’un moment, y’en a ras le bol aussi si ça n’apporte rien et que c’est juste pour se démarquer. D’ailleurs ça ne se démarque plus tellement non plus tant c’est répandu les mauvaises fins maintenant.

      J’aime bien varier disons. Une happy end ne va pas me déranger par principe si l’histoire était bien. Elle va me déranger juste si ça fait extrêmement naïf.
      Et la mauvaise fin coup de poing, je peux l’apprécier si ça colle avec le sujet. Pas juste pour faire un effet choc à la fin.

      • Eddy Vanleffe  

        Je ne suis pas pour les mauvaise fins non plus juste pour le plaisir.
        En manga , les fins souvent soit ouvertes soit douces amères et ça a souvent plus d’impact que la fin heureuse qui n’a pas de logique.
        Par exemple. souvent les films d’horreur (ou action) finissent sur un super plan où les survivants sont tout sourire et même parfois amoureux avec le vie devant eux alors qu’ils viennent de perdre des amis, de la famille etc..;il ya une dissonance assez absurde après le déluge de danger auxquels ils viennent d’échapper et la fin ou on peut voir des divorcés se réconcilier parce l’ammoooouuur… des enfants pardonner à leur parents qui étaient de vraies ordures dans le premier quart d’heure… etc…
        -La fin de cat’s Eye m’a tué
        -celle de Sous un rayon de soleil m’a fait balancer le bouquin dans le mur (solides les Tonkam d’ailleurs).
        DNA² après 5 tomes de rigolades prend une profondeur assez inédite.
        je n’ai pas d’autre en tête mais voilà.

        après quand on lit une rom-com, une jolie fin optimiste est logique aussi c’est normal

        • Matt  

          On est d’accord.

          « -La fin de cat’s Eye m’a tué »

          Dans quel sens ?^^ ça finit comment déjà ?

          • Eddy Vanleffe  

            Je te dirais ça en privé si jamais tu ne veux pas lire le manga un jour.
            là je pense à Kaori qui un joue va se laisser tenter par le coté obscur de la force… ^^

  • Bruce lit  

    Merci Présence d’avoir assuré mon interim sur cette lecture que j’ai adorée mais pour laquelle le temps et l’énergie m’ont manqués, étant à ce moment moi-aussi « patient ».
    Tu décortiques encore (et toujours) de manière remarquable le visuel. Serais-je un jour à ce niveau ?
    J’ajouterai que je suis assez friand de ces lecteurs piégées où le visuel trompe son lecteur : Tous les frères Luna, Tezuka, le X-Statix de Mike Allred qui proposent des dessins polis contre des histoires d’une noirceur sans égale.
    Je n’ai vu arriver aucun des twists de l’histoire. J’ajouterai aussi que Le Boucher écrit en filigrane une histoire qui souligne la solitude existentielle : l’amitié, la famille, l’amour et même la relation à une psy dont on découvre les pulsions aussi noires que celles du tueur, tout est superficiel, lisse et mensonger. En celà le style de Le BOucher colle parfaitement à son histoire.
    Rien que sur la couverture : Anna tient Pierre dans ses bras, mais on y sent la distance et un mur invisible entre eux deux. Chacun y est enfermé sans être avec l’autre. Tout ça est très Hitchcokien, notamment ce personnage de belle femme glaciale et dominatrice dont l’apparence sophistiquée est aussi son mépris des basses classes avec qui elle travaille.
    C’est aussi enfin, un regard impitoyable sur le monde de l’hôpital.
    Chef d’oeuvre.

    • Présence  

      Merci de me l’avoir prêté : un lecture coup de cœur en ce qui me concerne.

      Tu avais également parlé de la facette fétichiste présente dans les dessins, chose que je n’avais pas su voir.

  • Patrick 6  

    Le graphisme m’était familier mais je n’ai pas immédiatement reconnu l’auteur de Ces jours qui disparaissent. Quoi qu’il en soit il semblerait qu’une nouvelle fois son style clair, précis et léger soit en complète contradiction avec la noirceur du propos. Sa BD était déjà un chef d’œuvre bouleversant (et traumatisant) je vois que sa nouvelle production est du même acabit ! Bref j’achète !

    • Présence  

      Bruce l’exprime bien : en apparence (les dessins donc), tout est superficiel, lisse et mensonger, ce qui est totale cohérence avec ce qu’on découvre progressivement sur les personnages.

  • Tornado  

    Je me joins au cortège d’admiration pour l’analyse de la partie graphique. On sent qu’il y a de l’entrainement !

    Je suis forcément intéressé. Le côté « mystère », l’absence de manichéisme, le parti-pris viscéral. Et contrairement à Kaori je suis très à l’aise avec les fins horribles si l’effet coup de poing est… au point ! Comme dirait Patrick, j’achète ! Enfin non, mes étagères sont pleines… Je vais voir en médiathèque d’abord… 🙂

    La BO : Je ne connaissais pas du tout. C’est très bon !

    • Présence  

      Merci du compliment.

      Le malaise est diffus au début, et au fil des séquences il y a plusieurs informations qui reviennent remettre en question ce que l’on croit avoir deviné, dans un jeu de manipulation et de domination aussi malsain que toxique.

  • JB  

    Bon, ben commandé…

    • Présence  

      Je croise les doigts en attendant ton avis. 🙂

      • JB  

        Pas de pression, donc ^^ Il faut dire que ça tombe au bon moment. Je viens de lire She could fly, qui est pas mal dans l’ambiance de cette semaine : cellule familiale, meurtre, troubles mentaux…

      • JB  

        Reçu et lu d’une traite ! Un récit vraiment prenant et des personnages engageants, même si j’ai trouvé la seconde partie de l’album un peu plus cliché et moins subtile. L’auteur laisse planer un doute sur les événements dans les dernières pages mais je dois avouer ne pas y avoir cru. J’avoue avoir craint une fin à la Kill or be killed (conclusion que j’avais absolument détestée)
        Une autre force du récit, je trouve, vient des séquences oniriques qui échappent à mon avis aux poncifs habituels.

        • Bruce lit  

          La séquence où Anna se masturbe dans son bain en rêvant de dominer son jeune patient m’a marqué au fer rouge.
          Je ne trouve pas qu’il y ait tant de clichés. Je le répète : les suggestions hypnotiques c’est du Thomas Harris pur jus.

          • JB  

            La thèse de la suggestion hypnotique me semble bancale pour une raison particulière : un élément du cauchemar vers le début de la BD qui apparaît avant que n’ait pu se faire toute suggestion.

          • JB  

            Concernant la partie que je trouve plus cliché, cela concerne surtout la phase dans laquelle on suit le point de vue d’un des personnages vers le milieu de l’ouvrage, qui m’a fait donné une forte impression de déjà vu.

  • Jyrille  

    Merci Présence de t’être mis à cette bd. Je tourne autour depuis sa sortie, ayant un peu peur d’être déçu après son excellent premier album. Première constatation : le dessin et les couleurs ont l’air plus aboutis. Sur certains scans j’ai l’impression de voir du Daniel Clowes.

    A ce que je vois tu ne m’aides donc pas. Bon, je note… (et comme d’hab, article impeccable. J’adore tes digressions sur les petites remarques et le souci des détails qui obligent le lecteur à réfléchir)

    La BO : sympa mais l’album ne fonctionne pas. Il faut absolument écouter leur précédent BLOW de 2005. Sont forts ces Belges. En concert c’était bien cool.

    • Présence  

      Comment ça je ne t’aide pas ? 🙂

      Mon avis en 3 mots : coup de cœur.

      • Jyrille  

        Tu aides pas 😀

        Je n’ai plus de places pour les bds bon sang

  • JP Nguyen  

    Ça a l’air super bien fait et on sent l’enthousiasme de Présence dans l’article et dans les commentaires.
    D’un autre côté, l’ambiance ne m’envoie pas trop du rêve et ne correspond pas trop à ce que je recherche en ce moment…
    Mais après tout, cette année, suite à des articles du blog, j’ai déjà lu des trucs sur lesquels je ne me serai pas rué naturellement (Van Gogh, Basketfull of heads, Soul Keeper)… alors pourquoi pas…

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