A Tour de Rôle (Les adaptations de Conan)

 Les adaptations de Conan – La Tour de l’éléphant

Des avis tranchés autour d’une pizza de TORNADO et JP NGUYEN

VO : Marvel/Dark Horse

VF : Panini/Soleil

 Conan vs l’Araignée !

Conan vs l’Araignée !

LA TOUR DE L’ELEPHANT est une des premières nouvelles de Conan écrite par Robert E. Howard, publiée en mars 1933 dans la revue Weird Tales. L’on y voit le Cimmérien entreprendre un cambriolage audacieux pour dérober un inestimable joyau, « le Coeur de l’Eléphant », entreposé dans la majestueuse Tour de l’Eléphant, domaine du redoutable sorcier Yara. Côté comics, cette nouvelle a déjà connu trois adaptations : en 1971 par Roy Thomas et Barry Smith dans le mensuel CONAN THE BARBARIAN, en 1977 par Roy Thomas et John Buscema dans SAVAGE SWORD OF CONAN, chez Marvel Comics, et en 2005 par Kurt Busiek et Cary Nord dans la série CONAN de Dark Horse.

Cet article vous propose les regards croisés de deux chroniqueurs sur l’oeuvre originale et les qualités et défauts de ces trois adaptations, faisant suite à une discussion autour d’une pizza, un soir d’automne 2018 à Toulon.

Attention, trois éléphants, ça spoile énormément !

Illustration de Mark Schultz, utilisée dans l’édition Bragelonne des récits d’Howard – (c) Mark Schultz

Illustration de Mark Schultz, utilisée dans l’édition Bragelonne des récits d’Howard –           (c) Mark Schultz

Tout d’abord, quelques mots sur la nouvelle de Howard. Malgré le titre, ce n’est pas un récit pachydermique (ou pachydermique que ça, dirons-nous). Après un début dans une auberge d’Arenjun, cité des voleurs et capitale de la contrée de Zamorra, où Conan manque de subtilité pour se renseigner sur la Tour de l’Eléphant, le Cimmérien part exécuter son larcin sans aucune préparation, et profite d’une rencontre fortuite avec Taurus, prince des voleurs ayant opportunément choisi la même nuit pour dévaliser la Tour. Parvenus au sommet, Taurus meurt, tué par une araignée géante, que Conan arrive à terrasser de justesse, avant de rencontrer Yag-Kosha, humanoïde à la tête d’éléphant venu d’une planète lointaine et réduit en esclavage depuis des siècles par Yara, le maléfique sorcier régnant sur la Tour. Ému par son récit, Conan va accéder à la demande de Yag-Kosha pour lui permettre de se venger de Yara, renonçant ainsi au butin du « Coeur de l’Elephant ». En tuant la créature et en baignant le joyau dans son sang, Conan déclenche une magie qui conduira à la perte du sorcier et à la destruction de la Tour.

Vu de loin, ça pourrait ressembler à un schéma très bourrin de Porte-Monstre-Trésor mais, dans la seconde moitié de l’histoire, l’auteur donne une orientation étonnante, avant une conclusion un peu inattendue, où Conan est moins un héros qu’un témoin ou, au mieux, un agent du destin. Matériellement, Conan ne retire rien de cette aventure, puisqu’il repart bredouille du repère de Yara. Pourtant, sa rencontre avec la fabuleuse créature Yag-Kosha et le fait d’avoir réussi là où d’innombrables voleurs avaient échoué sont autant d’éléments participant à son statut de légende en devenir, dans un monde fantastique où se croisent barbares, sorciers et monstres venus d’ailleurs.
On peut aussi y voir une parabole de la civilisation, représentée par Yara, qui domestique/asservit la Nature (Yag-Kosha) et l’exploite avec perversion, pour élever des hautes tours où se concentrent les richesses. Moins civilisé mais plus humain, c’est Conan « le barbare », qui délivre Yag-Kosha et libère les forces réduisant le présomptueux et sa construction en un champ de ruines.

La demoiselle se demande ce qu’elle fait sur la cover  (c) Marvel Comics

La demoiselle se demande ce qu’elle fait sur la cover
(c) Marvel Comics

Abordons maintenant les adaptations comics de ce récit, en commençant par celle de Roy Thomas et Barry Smith. Et partons pour Arenjun, en Zamorra, où les barbares Tornado et Jipé se sont retrouvés dans un bouge de la vieille cité. Là, affalés sur leur banc respectif, sous la faible lumière vacillante de quelques vieilles bougies à demi fondues et aplaties, une superbe gourgandine sur chaque genou et un boc de vinasse à la main, ils devisent bruyamment sur ces adaptations :

- Jipé : Tornado, quel est ton avis sur la prime adaptation dessinée de la Tour de l’éléphant ?
- Tornado : Par Crom ! C’est étonnamment fameux pour un comics Marvel de 1971 ! Celui qui s’en sort le moins bien, curieusement, c’est Barry Smith, qui n’est pas encore le fleuron qu’il deviendra ensuite (ses animaux sont particulièrement ratés et la scène avec l’araignée est ridicule). Mais, oui da ! c’est une bonne adaptation, simple, fidèle, classique, totalement lisible pour un adulte. De la bonne œuvre !
- Jipé : Il existe plusieurs versions de cet épisode avec des couleurs classiques ou revisitées par la magie de « l’infographie », cet apprenti-sorcier qui sévit dans les comics depuis les années 90. Mais quelque soit la colorisation, cette adaptation me semble un peu pâlotte lorsqu’il s’agit d’évoquer l’âpreté du monde hyboréen. La violence y est singulièrement atténuée, comme quand Conan tue Yag, dans une case où on ne voit que l’ombre portée du barbare, qui, ensuite, ne fait pas baigner la pierre dans le sang du cœur de la créature. Le récit me semble un peu trop compressé du fait d’un nombre restreint de pages et l’artiste Barry Smith n’en est qu’à ses balbutiements. On est loin de ses futurs coups de maître comme WEAPON X ou LIFEDEATH.

En 1987, quand BWS revisite le récit le temps d’une cover pour la réédition dans Conan Saga #2, son niveau a drôlement grimpé…  (c) Marvel Comics

En 1987, quand BWS revisite le récit le temps d’une cover pour la réédition dans Conan Saga #2, son niveau a drôlement grimpé…
(c) Marvel Comics

- Tornado : Ayant relu le parchemin originel rédigé par Mestre Howard peu après, je trouve que cette première adaptation est tout de même très fidèle, par Ymir !
- Jipé : Certes, certes, le matériau de base est respecté et tant mieux, car c’était une matière de qualité. Grâce à la touche un peu SF de l’alien/éléphant, cette nouvelle mérite ses lettres de noblesse et sa réputation d’un des meilleurs récits de Conan par Howard. Ce n’est pas du tout de la fantasy générique.
- Tornado : Par contre, le fait que Conan tombe pile sur le prince des voleurs au moment même de son arrivée au pied de la tour est une pure touche de naïveté ! (et Tornado de s’envoyer une grosse rasade de vinasse, comme si sa tirade lui avait donné grand soif)
- Jipé : Arf, ce Conan est fort chanceux… D’aucuns diront qu’il a du Kull… Passons à la version (Noir & blanc) de Roy Thomas, toujours et John Buscema, avec un encrage d’Alfredo Alcala.

A ce moment-là, la discussion de nos deux barbares est interrompue par l’arrivée bruyante d’un quatuor malodorant venu s’installer à la tablée la plus proche. Drapés de guenilles, leurs silhouettes et leurs visages sont presque indiscernables. Ils commandent des pintes et les descendent avec force vigueur, tout en lorgnant avec insistance les quatre splendides créatures à la chevelure dorée pendues au cou de nos chroniqueurs. Les choses en seraient restées là si l’un des malotrus n’avait lancé sur un air de défi : « A bas Alan Moore ! Vive les comics old-school ! Watchmen ou X-Men, tout se vaut ! ».

Le sang de Tornado ne fait qu’un tour : ce sont des trolls ! S’en suit alors une joute verbale où les arguments spécieux des quatre fétides félons se heurtent à une vigoureuse mise au poing de Tornado, sous le regard amusé de Jipé. Utilisant des arguments-massues et n’hésitant pas à faire appel à sa botte secrète, « la descente en flammes du Phénix Noir », Tornado fait le vide dans la taverne. Les visiteurs importuns s’enfuient en grand désordre, hélas précédés des quatre courtisanes, saoulées par trop d’alcool et d’oiseuses critiques comics…

Conan soigne son entrée – (c) Marvel Comics

Conan soigne son entrée – (c) Marvel Comics

- Tornado : La peste soit de ces ruffians. Ils sont la lie de l’humanité. Que les démons les emportent, tous et toutes !
Reprenons donc sur cette deuxième adaptation mon ami : (après une longue rasade rendue obligatoire par l’effort consacré à l’élimination des visiteurs intempestifs) Diable ! L’association Buscema/Alcala procure un visuel idéal, que dis-je, chimérique ! à cette histoire en termes d’ambiance splendide et barbare à la fois. Pour un cimmérien comme moi qui adore ce genre de fresque vintage relativement adulte, c’est le Valhalla ! Et pour avoir relu le palimpseste d’Howard juste avant cet épisode, je dirais que le scribe Roy Thomas y a absolument tout mis. Il faut dire qu’il bénéficie ici de 40 pages, contre 20 pour l’ancienne version avec BWS. Un gros boulot de synthèse et d’adaptation. Sacré écrivailleur que ce Thomas ! Ça c’est un bon plumiste old-school ou je ne m’y connais pas ! Et je truciderais sans délai quiconque dira le contraire ! (nouvelle rasade de vinasse)
J’y vois néanmoins trois défauts relativement mineurs. Pas de quoi sortir sa hache :
1) La représentation de Taurus est par trop mainstream. Il n’est pas aussi charismatique que dans le parchemin.
2) Celle de l’éléphant est également trop acratopège et prosaïque : Une simple tête d’éléphant sur un corps d’homme, sans la couleur verte… on ne ressent pas assez l’horreur cosmique à la Lovecraft. Pour le coup, BWS proposait une version plus dérangeante, moins littérale que cet « homme à tête d’éléphant ».
3) Et Crom m’emporte ! C’est verbeux à l’extrême ! Il y a évidemment beaucoup de cellules de texte afin de restituer toute la densité d’informations que les images ne peuvent pas transmettre seules. D’aucuns diront que Thomas s’est contenté de coller le parchemin sur les images (je leur ferais tâter la lame de ma hache, à ces gueux)…
Mais par Baal, il s’agit tout de même là d’une superbe mouture !

 C’est beau mais c’est bavard –  (c) Marvel Comics

C’est beau mais c’est bavard –
(c) Marvel Comics

-Jipé : Je suis totalement partial sur cette version, car sache, ô barbare, que 1977 se trouve être mon année de naissance (excusez cette entorse au calendrier hyboréen). Mais au-delà de ce fétichisme, il me parait évident qu’en matière de dessin noir et blanc, le duo Buscema/Alcala éclipse n’importe quel compétiteur, aussi sûrement que Conan écrase ses ennemis sous sa sandale de cuir !
La pleine page comportant le titre de l’épisode et les crédits, dans l’auberge des voleurs où Conan se tient fièrement debout face à son interlocuteur est un pur bijou ! Et puis, c’est l’occasion rêvée de voir défiler presque tous les clichés Conanesques avec une mise en images évoquant les gravures anciennes. Des duels, des monstres, un sorcier, un trésor fabuleux… A la limite, ne manquerait à l’appel que la demoiselle en détresse et court-vêtue.

Globalement, j’ai un peu l’impression de « Boucle d’Or et les trois ours » concernant les adaptations de cette nouvelle… Oui, je sais, il s’agit ici d’un seul éléphant et aucunement de plantigrade mais laisse-moi expliquer… Je veux dire que la première par Barry Smith est trop courte, en un seul numéro, tandis que la troisième par Busiek/Nord est trop longue… Celle de Savage Sword of Conan est entre les deux et, pour le coup, idéale selon moi. Mais peut-être pourrais-tu plaider la cause de l’adaptation de 2005 chez Dark Horse ?
- Tornado : Voila une éternité sous le soleil que je l’ai lue, à présent… J’aime également beaucoup cette troisième mouture. Elle bénéficie du style de narration décompressée de l’époque. En fait, quand on lit le parchemin d’Howard et qu’ensuite on lit les 3 versions comics, on a l’impression que les auteurs ont tenté d’être le plus fidèle possible à chaque fois et qu’ils ont essayé de tout mettre dans le nombre de pages qui leur était impartis. 20 pages dans la 1° version, 40 dans la 2°, et 60 dans la 3°.
Du coup, Busiek arrive vraiment à TOUT mettre dans sa fresque, s’autorisant même quelques détails personnels dans une poignée de vignettes. C’est une très bonne traduction, avec des personnages secondaires (notamment Taurus) mieux campés que dans les autres versions. Le changement de dessinateur lors de l’analepse apporte variété et densité.
Maintenant, je dois avouer que si j’avais grandement adoré le dessin de Cary Nord la première fois que je l’ai lue, j’ai trouvé en y revenant qu’il fait pâle figure par rapport à celui de Buscema. Nord livre une version épurée qui parait besogneuse en comparaison. Et si Dave Stewart, par ses couleurs fauves, complète la chose avec beaucoup d’éloquence, le résultat n’a pas cet éclat à faire pâlir les étoiles qui émane de l’association Buscema/Alcala.

Une version plus colorée et pourtant un peu terne (c) Dark Horse

Une version plus colorée et pourtant un peu terne (c) Dark Horse

- Jipé : J’ai ouï dire qu’avec la collection CONAN LE CIMMERIEN, l’éditeur Glénat a entrepris d’adapter toutes les nouvelles de Robert E Howard, en confiant chaque récit à des auteurs différents. Je n’ai point encore vu d’annonce pour LA TOUR DE L’ELEPHANT mais, en auteurs franco-belges, qui verrais-tu pour être à la hauteur de la tâche ?

- Tornado : Le dessinateur Alberto Varanda a commis un album récemment, intitulé LA MORT VIVANTE. Je ne sais si cela a été porté à ta connaissance. Il y dessine quelques créatures d’allure lovecraftienne qui évoquent parfois un éléphant cauchemardesque, mais son style est encore trop consensuel. Celui que j’affectionnerais voir traiter ce genre de sujet, c’est Guillaume Sorel, l’un de mes enlumineurs préférés. C’est lui qui avait gravé la série L’ÎLE DES MORTS sur vélin, une fresque gothique avec un background lovecraftien en diable. Mais il s’agit déjà d’un artiste haut placé dans tous les royaumes du franco-belge, qui ne sera probablement pas intéressé par ce genre d’opération mercantile. Et si je pense à lui sur le terrain de Lovecraft, c’est quand même parce que LA TOUR DE L’ELEPHANT est l’un des récits rédigés par Howard dans lequel on sent le plus l’influence de son ami et correspondant de Providence… Par Crom !
- Pour ma part, j’ai eu mon content d’adaptations de cette histoire… Ou alors, il faudrait que la nouvelle déclinaison ait vraiment quelque chose de nouveau à apporter sur la table. Encore que… je crains que l’imagerie hyboréenne version John Buscema ne soit trop fortement imprimée dans mes souvenirs. Dans les sorties récentes de Glénat, les dessinateurs ont parfois relooké le Cimmérien, si bien que je ne reconnaissais pas « mon » Conan.
Sinon, en parlant d’apporter quelque chose de nouveau sur la table, je constate que toutes nos pintes sont vides… J’ai encore soif mais également faim ! Que dirais-tu de goûter à une de ces galettes aux diverses garnitures ? Le cuisinier a paraît-il ramené cette recette du royaume d’Ophir. Drôle de nom pour ce plat : pizza !
A ce mot, quatre étranges créatures à la peau verdâtre déboulent dans l’auberge. Le visage masqué par un bandeau, transportant comme une carapace dans leur dos, ils s’écrient : « Assez parlé des éléphants, à présent, c’est notre tour ! »

 La première version comics, par Barry Smith (c) Marvel Comics

La première version comics, par Barry Smith (c) Marvel Comics

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Il existe 3 adaptations de LA TOUR DE L’ÉLÉPHANT de Conan parues chez Marvel et Dark Horse. Laquelle est la meilleure, laquelle trompe énormément ?  Nos spécialistes Tornado et JP Nuguyen  en débattent. La réponse à portée de click chez Bruce Lit

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34 comments

  • Matt  

    Ha ! Ha ! Une baston de bar contre des critiques trolls…
    C’est désormais la marque de fabrique du passage de Tornado sur un article^^

    J’ai lu les 3 adaptations aussi. Je dois avouer avoir une préférence pour celle avec Buscema/Alcala.
    Parce que bon voilà quoi…ils déchirent tout ensemble visuellement. Ouais c’est un peu bavard mais bon voilà c’est une adaptation d’une nouvelle en 40 pages de BD alors ça me va.

  • Eddy Vanleffe....  

    super lecture comparée, Conan est particulièrement propice puisque chaque fois qu’un auteur s’y attelle, il annonce: voilà la vraie adaptation la plus vraiment fidèle que j’ai même causé avec Howard avec un OUIJA pour avoir son avis…
    avec un pote on avait déjà comparé les deux versions de La fille du géant du Gel.
    Je reste pour ma part indéfectiblement attaché aux versions Barry Smith et John Buscema…
    Roy Thomas est aussi un gars qui semble avoir l’esprit du barbare en lui..c’est verbeux mais c’est habité!

  • Surfer  

    Selon moi, le Conan de Buscema jusqu’au début des années 80 reste à ce jour inégalé.
    Tout simplement parce que Buscema est un maitre de l’art séquentiel et que Conan est le personnage qu’il aimait le mieux dessiner.
    Lorsqu’on lui a proposé Conan, il excellait déjà sur du comics de super héros alors même qu’il ne les supportait pas! Son job était, selon lui, purement et simplement alimentaire.
    Savage Sword of Conan lui a apporté du plaisir dans son travail car il aimait le personnage. Sur cette série la démonstration de son génie graphique est magistrale et difficilement égalable.
    Barry Windsor Smith a eu quelques fulgurances notamment sur les Clous rouges mais finalement top peu en comparaison.
    Cary Nord quant à lui, selon moi, il peut aller se rhabiller.

    • Matt  

      Moi je dois avouer ne pas être fan de BWS. Je comprends pas trop toutes les louanges auxquels il a droit.
      Attention ok il sait dessiner hein. Et son découpage est bon aussi.
      Mais je le trouve limité sur certains aspects. Déjà les visages. Hommes ou femmes, tout le monde a le même visage. Ororo dans Lifedeath quand même…elle n’a ni le type africain, ni même le type féminin tout court^^ ça ne gâche pas l’histoire ni la mise en scène, tout ça…mais ça coince un peu chez moi.
      Et la mise en couleurs de ses comics, je ne sais pas si c’est lui qui s’en occupe, mais c’est trop psychédélique pour moi. Weapon X me fait mal au crâne juste ne feuilletant.

      • Surfer  

        ô oui il sait dessiner et il maitrise l’art séquentiel le bougre. Pour preuve les 5 planches muettes de Cimméria. Tout y est, force d’évocation, mouvement.. pas besoin de mots pour tout comprendre. C’est tout l’art d’un très bon dessinateur de BD.
        Cependant je suis assez d’accord avec ton analyse et les faiblesses dont tu nous fais part.
        Ce que je pense c’est que, comme souligné dans mon post précédent, BWS est capable de superbes fulgurances mais il est un peu trop irrégulier à mon goût.

        • Eddy Vanleffe  

          il faut faire très attention effectivement. BWS a style très personnel qui a eu son succès du fait qu’à son époque d’activité, le public prisait les graphismes qui sortaient du canon (Bill Scienkiewicz, Frank Miller, Jae Lee, Bret Blevins, ou Mike MIgnola) ou à la rigueur ceux qui ont forgé le style de leur époque comme Silvestri ou Jim Lee…

          Weapon X est une expérience en soi, je ne connais pas de bd qui y ressemble avant non depuis… dans les histoire racontant les origines, je le place pas loin de Batman Year One…

          aujourd’hui il n’est pas rare de lire que Dillon ne correspond pas au super héros q’un autre devrait apprendre son métier ou que Frank Cho est un « scribouillard », opn réalise que le genre est bien plus balisé qu’à l’époque…
          BWS me désarçonne souvent, me pousse à m’étonner devant la page, c’est un artiste qui laisse son lecteur actif….

          • Matt  

            « opn réalise que le genre est bien plus balisé qu’à l’époque… »

            Alors franchemet non, faut pas déconner.
            Les lecteurs veulent peut être davantage ceci ou cela, mais je pense que c’est l’effet des réseaux sociaux. Tout le monde peut ouvrir sa gueule maintenant alors ça réclame, ça se plaint, etc.
            Mais au niveau diversité des dessins, c’est bien plus varié aujourd’hui que dans les années 70/80/90.
            On a à la fois du Daniel Acuna, du Jae Lee, du J.H Williams III, du Alex Maleev, du Darwyn Cooke, du Mike Deodato Jr, etc. (je pourrais en citer d’autres)
            ça râle peut être parce que l’époque le permet mais on trouve bien plus de styles variés.

            Du coup BWS à l’époque ça époustouflait peut être. Mais maintenant il ne m’attire pas spécialement^^

          • Matt  

            Pendant plus de 30 ans Spider-man a quand même été dessiné toujours d’une manière très similaire par des artistes qui s’en tenaient au style Buscema.
            Il a fallu Mcfarlane quand même pour apporter du changement visuel, quoi qu’on pense de ses scénatios.

          • Eddy Vanleffe  

            Tu n’as pas tort…mais les styles ne sont pas aussi clivant…
            Je regrette on a plus depuis cinq six ans des styles à la Scienkiewicz ou Kent Williams…
            tout le monde repart progressivement dans l’indépendant depuis 5 six ans… ce que tu cites ne font plus de mainstream à part peut être Maalev qui a considérablement customisé son style depuis qu’il est chez DC…

            Tout n’est pas uniforme heureusement mais on n’a plus vraiment d’extrême non plus…

            C’est Romita le « art idrector » de Spider-Man, pas Buscema en tout cas pas John, celui de Conan…

          • Matt  

            Ah oui Romita senior pardon.^^
            Si tu parles des styles de 2018/2019 oui on repart peut être dans du mainstream moins varié, je sais pas, je ne suis plus trop les nouveautés^^. Mais les années 2000 ont été très riches en styles variés, bien plus que les années 70/80/90.

          • Eddy Vanleffe  

            je ne cherche pas vraiment à comparer les époques en bien ou mal…
            le début des années 2000 a été très varié,
            mais ça fait à présent une petite dizaine d’années que je vois « progressivement » le gout du public se resserrer vers des graphismes sécuritaires entre post Jim Lee, cartoon et un peu d’animation…
            d’ailleurs que fait Acuna à présent?

          • Matt  

            Acuna était quand même encore là en 2014 sur les Uncanny Avengers de Remender.
            Jerome Opena a aussi un style particulier et il a débarqué récemment.
            Après ouais depuis 2014 je sais pas…ils ont peut être disparu. ça correspond à mon arrêt de lecture de Marvel (en termes de nouveautés)

          • Présence  

            Daniel Acuña dessine toujours pour Marvel : la série Captain America, écrite par Ta-Nehisi Coates.

  • Bruce lit  

    Je passe dire bonjour parce que, et je reviens sur ce que j’ai écrit samedi sur le Figure Replay, nous sommes là dans des débats de connaisseurs qui me passionneraient si l’on parlait Rock mais qui n’éveillent rien chez moi puisque je suis Conan-Puceau. Enfin presque j’en ai quelques uns à la maison que j’ai bien aimé d’ailleurs, mais je suis incapable de me référer au matériel original ni de jauger les différentes adaptations.
    Je me réjouis juste de savoir que Tornado terrasse ses Trolls Old School, me désole d’apprendre que mes barbares ne se contentent que d’une Pizza (pourquoi s’arrêter là, alors que la suite logique des choses imposerait une assiette de pâtes !) et que JP et Tornado pratiquent eux aussi la littérature comparée.

  • Tornado  

    Bruce m’a fait lire des réactions de docteurs es-comics sur le fessbouc.
    Pour le casse-couilles de service qui a tout vu tout lu tout bu (je cite « la question ne se pose même pas ») c’est la 1° qui est la mieux parce que c’est BWS, que BWS c’est dieu, et qu’il ne faut pas toucher à un Dieu, surtout si c’est celui d’un docteur es-comics. En général ils font la même chose avec Kirby et Ditko. Ces comics et ces auteurs leur appartiennent, toi t’y connais rien, tu dis n’importe quoi pis c’est tout. Je résume…
    Ah oui : C’est pas bien aussi de dire que tu préfères une BD parce qu’elle est racontée de manière plus adulte qu’une autre. T’y comprends rien. Et comme tu as deux neurones et que tu es bien plus inculte que le casse-couilles (comme si c’était acquis), tu penses que s’il y a du sang qui gicle c’est forcément mieux que s’il n’y en a pas et que c’est ton seul critère d’évaluation. Et pis aussi t’es qu’un âne parce que tu as oublié qu’il y avait une quatrième version en strips.
    Ce n’est pas souligné en rouge parce qu’il n’y a pas la fonction, mais voilà…

    C’est assez grotesque de prétendre tout connaitre et de faire la leçon avec un ton aussi péremptoire (en distribuant des mauvais points comme si en face tu n’avais que des blanc-becs pubères) sur un sujet comme celui des comics à la teneur souvent très légère.

    Avec JP on a écrit un article pour le fun, et là t’as des mecs qui prennent le truc de haut, c’est impressionnant. Faudrait qu’ils pètent un coup des fois, non ?

    Personnellement j’aurais tablé sur des réactions du genre « je préfère celle-ci ou celle-là parce que blablabla ». A la place tu as des cons qui te font la leçon parce que tu parles de quelque chose et qu’ils estiment que cette chose leur appartient de droit et que, par définition, tu n’y connais rien ! :D

    • Matt  

      Aaaah c’est sur fesses de bouc qu’on les trouve ces couillons alors ?^^
      Bon, j’y vais jamais, je rate rien alors.
      Punaise je m’en serais pris plein la gueule à dire que j’suis pas fan de BWS.

    • Bruce lit  

      Pour modérer un peu tout ça, je dirais qu’on est bien chez nous et que les commentaires du blog sont toujours bienveillants.
      Oui, nous sommes entre nous, le teamup Tornado / JP acte une belle amitié de ce entre-nous.
      Il s’avère cependant qu’à chaque partage des articles sur les groupes Facebook, nous sortons de cet entre-nous pour….partager donc, avoir de nouveaux lecteurs mais aussi des critiques, des remarques ou des vannes de ce qui ne sont pas cet entre-nous.
      Cet article s’il restait confidentiel , c’est une conversation entre potes. A partir du moment où nous nous exposons, ces critiques sont normales.
      Mattie Boy me reprochait récemment mon intransigeance en musique. Qui me dit que je ne réagirais pas de manière un peu hautaine si je lisais un article sur Roger Waters sur un autre blog ?

      • Matt  

        C’est bien pour ça que je te fais des reproches !^^ Don’t be an idiot on other blogs !
        Il faut éviter les réaction hautaines et méprisantes, sauf si on est encouragé à le faire par un article hautain et méprisant. C’est pour ça des fois que je n’aime pas la provocation, parce que ça encourage aussi les gens à réagir en mode agressif et méprisant. Tout le monde ne comprend pas le second degré dès lors qu’on sort du « entre nous » (genre le phénix noir^^)
        C’est plus difficile d’en vouloir à des gens qui se sont sentis insultés, même si c’est peut être eux qui ont mal compris.
        Mais bon là l’article est on ne peut plus cool et bienveillant, avec ce qu’il faut d’humilité et de reproches (parce qu’il faut bien garder un esprit critique)
        Ceux qui s’énervent là dessus ont un souci…

        Bon j’ai l’air d’un donneur de leçons avec mes conseils…alors que ça m’arrive aussi de m’énerver. Mais euh…faites ce que je dis, pas ce que je fais^^
        Enfin j’essaie de ne pas me montrer hautain en tous cas. Mais personne n’est parfait^^

  • JP Nguyen  

    Merci à Tornado, pour cette coopération bien fun !
    Concernant le débat plus général sur les dessinateurs, je ne sais pas trop. Il y a énormément de production actuellement… Si je devais citer des artistes relativement récents avec une patte marquée : Chris Samnee, Sean Murphy, le dessinateur de Tony Chu (oublié son nom, sorry), Emma Rios, Tula Lottay, Marco Checchetto… J’en oublie sûrement plein d’autres…

    • Tornado  

      A cette liste j’ajouterais R.M. Guéra et Danijel Zezelj, deux dessinateurs de Scalped !

      @Bruce : Je ne crois pas que tu aurais le ton hautain, péremptoire et donneur de leçon d’un Marcel. Tu essaierais d’avancer tes arguments, mais certainement pas en essayant de rabaisser l’autre pour espérer montrer que tu as la plus grosse.
      Qui plus-est, ici on a quelqu’un qui part du principe qu’il est seul à connaitre et à dire la vérité, et que les autres sont des incultes. Or, ce n’est carrément pas le cas.

      @JP : Et merci à toi aussi pour cette bonne partie de rigolade ! :D

  • Eddy Vanleffe....  

    mouais pour les réactions sur facebook sauf si impolitesses (je ne les ai pas lu), c’est normal qu’on ait affaire à la communauté comics pure et dure puisqu’on en parle…
    dès qu’on écrit cinq lignes sur quelque chose, on se met en position d’autorité même si on en a pas conscience, donc on est passé au crible des trucs…
    BWS pour certains est un dieu comme peut l’être Morrisson pour d’autres ou Garth Ennis…
    c’est tout sauf un manchot… j’ai le bonheur d’avoir l’essential Conan qu’avait édité Marvel avant de perdre les droits au profits de Dark Horse, j’ai donc tout le run de BWS et c’est assez passionnant de le voir « grandir » à chaque page. cette histoire de pachyderme spatial est au début du volume, celui sur RED SONJA est à la fin et c’est pas la même béchamel…
    les gens réagissent sur ce qui les touche et si on a l’air de les prendre de haut, ils répondent et sur facebook de manière lapidaire et parfois cinglante…
    a propos de Conan je me suis fait presque traiter de décérébré parce que j’avais osé prétendre que le film était fidèle à l’esprit du bouquin à défaut de l’être aux faits… (Thulsa doom est un perso de Kull, Valéria des clous rouge a plus ou moins le rôle de Bêlit et y a pas d’éléphant dans la tour…) et ça par un mec relativement connu sur le net (je veux dire que je l’ai déjà retrouvé sur FB, Buzz, Comicsblog…)
    de même qu’un malotru m’a dit que j’avais la boussole inversée sur les films X-Men parce que j’avais le malheur de préférer X-Men 3 à First Class…
    ces échanges ne sont pas super agréables mais ils contrebalancent les autres qui nous remercient du truc…

  • Kaori  

    Bon, d’abord, merci pour ce petit moment de lecture bien agréable.
    Moi qui n’ai jamais lu un seul Conan ni même vu un seul film, j’ai beaucoup aimé votre petite conversation mi sophistiquée mi barbare.
    Le coup des trolls m’a questionné, ça fait terriblement « inspiré de faits réels ».

    Pour les critiques, ah…
    C’est vraiment l’aspect avec lequel j’ai le plus de mal. Je sais, « c’est l’jeu ma pauvr’ Lucette », mais j’y pensais encore ce matin dans ma voiture : je repensais à Lambert Wilson qui disait récemment qu’il ne lisait jamais aucune critique de ses films ou de ses prestations théâtrales parce qu’il sait que les critiques négatives le démolissent.
    Ben j’aimerais bien pouvoir faire comme lui ! Sauf quand ça vient de la Team, parce que bienveillance entre nous et que c’est agréable de lire les avis positifs et d’échanger…
    Mais autant j’adore écrire, autant j’aimerais me passer de ce moment de stress prépublicationnel.
    Et encore, je n’ai pas à me plaindre, je n’ai pas encore reçu de mauvaises critiques… Mais bon, je sais que je m’expose à cela et je n’aime vraiment pas ça !

    • Tornado  

      Ben le truc en l’occurrence, c’est que le plus souvent ce n’est absolument pas une critique, mais juste un mec qui veut montrer qu’il a la plus grosse et qui cherche donc en quoi il peut le faire. Il ne le fait que pour se mettre en avant, pas pour critiquer. C’est un commentaire quasi-compulsif posté à la va-vite pour se gargariser au détriment de l’autre. Je n’appelle pas ça une critique, juste de la connerie.

      Bon, allez on s’en fout. Si l’article vous a plu, c’est l’essentiel. Avec JP on s’est bien amusé à le faire en jouant à fond la carte du private joke à destination des copains ! :)

  • Présence  

    Acratopège : il a fallu que je sorte le dictionnaire car c’est un mot que je n’avais jamais rencontré. Rien que pour ça cet article en valait la peine.

    Avec le recul, je pense que je n’ai lu que la première version, celle dessinée par Barry Smith qui n’avait effectivement pas encore achevé sa mue en Windsor. Cette littérature comparative est très vivante, avec des respirations comiques bien tournées (les trolls). Je rejoins l’observation de Tornado sur Cary Nord dont certaines pages peuvent apparaître vides plutôt qu’élégantes. Je présume que ça dépend du temps qu’on lui donne pour dessiner un épisode.

    La comparaison avec le texte originel de RE Howard est un plus pour apprécier la qualité et la nature du travail d’adaptation dont ici c’est la fidélité qui est louée, plus que l’interprétation personnelle (sauf pour les dessins de Buscema + Alcala). Mais du coup, je ne peux pas m’empêcher de poser la question : Roy Thomas, il a vraiment recopié des extraits du texte, ou il a réécrit ?

    • Matt  

      « Roy Thomas, il a vraiment recopié des extraits du texte, ou il a réécrit ? »

      En VF, comme c’est Coulomb qui traduit la VO, impossible de savoir^^ Si les textes sont les mêmes en VO, de toutes façons en VF ils étaient obligés de retraduire du moment que Panini n’a, à ma connaissance, pas droit d’utiliser les traductions françaises d’autres éditeurs.

      • Présence  

        Maintenant que tu le dis, je me souviens effectivement qu’il y a des droits d’auteur sur les traductions. Ma question était à la fois une vraie interrogation, à la fois une petite pique vis-à-vis de Tornado pour sa remarque : c’est verbeux à l’extrême [...] Thomas s’est contenté de coller le parchemin sur les images. :)

  • Tornado  

    Les cellules de texte reprennent des passages de la nouvelle d’Howard mot pour mot. Les dialogues sont différents, avec des passages qui citent ceux de la nouvelle. C’est un travail d’adaptation un peu archaïque, mais c’est un vrai travail dans le sens où il y a des choix afin que s’articulent le texte en voix of, les dialogues et le découpage des planches. Ceux qui prétendent que Thomas s’est contenté de rajouter le texte d’Howard sur les dessins de ses collaborateurs sont soit peu attentifs, soit de mauvaise foi.
    Kurt Busiek fait exactement la même chose. Mais c’est un peu plus élaboré car il bénéficie des avancées de son temps et d’une plus grande liberté due à une plus ample pagination.

    • Présence  

      Merci pour cette réponse très précise, qui me permet de rectifier l’idée que j’en avais.

  • Jyrille  

    Ah ah, quelle rigolade les amis ! J’adore ces petites histoires et ces mises en scènes. Je n’ai pas lu la nouvelle ni même aucune de ces adaptations, c’est donc un grand bonheur pour moi de vous lire les gars ! Et je découvre deux mots que je ne retiendrai sans doute jamais : acratopège et analepse. Respect.

    « Par Crom ! » Ah ah, d’où ça sort déjà ? De Conan ? Ca me rappelle mes vieux magazines Casus Belli…

    La première illustration de Mark Schultz est de toute beauté. Le cover de Barry Windsor Smith est époustouflante. Celle Buscema/Alcala en pleine page avec Conan dans la taverne est magnifique. Les couleurs de la troisième version ont l’air magnifiques et me rappellent un peu celles utilisées par Corben ou Boris Vallejo.

    Merci donc pour le tour d’horizon, Sorel semble être un client idéal. Personnellement je proposerais Robin Recht ou ces collègues officiant sur l’adaptation de Elric. Ou Jean-Marc Rochette.

    La BO : c’est bien mieux que Les petits mouchoirs. Ce titre fait partie de mon inconscient, et il faut que je pense à m’offrir un jour ces deux films en DVD.

    • Matt  

      « « Par Crom ! » Ah ah, d’où ça sort déjà ? De Conan ? »

      Ah ouais tu connais pas du tout en fait^^
      Oui Crom est le dieu des Cimmérien. Un dieu sinistre qui récompense les forts.

      • Jyrille  

        Merci ! Non, comme je te dis, je n’ai lu que trois histoires il y a deux ans (j’en ai parlé), des bds noir et blanc dont une très bonne et deux bof, et vu les films avec Schwarzy. C’est tout.

        • Matt  

          Les noir et blanc ça doit être de la série Savage sword of Conan. Tu les as lues ou ? Dans les nouvelles publications Hachette ?
          Eh ben Schwarzy passe son temps a parler de Crom pourtant, donc tu connais^^ T’as juste oublié.

          • Jyrille  

            Non non un vieux truc avec du papier de mauvaise qualité… j’en parle sur les articles de Tornado sur Conan. Je te laisse chercher ;)

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