Au service secret de sa majesté

The Authority – Kev par Garth Ennis & Glenn Fabry

Oh non ! Des superhéros, et homosexuels en plus !

Oh non ! Des superhéros, et homosexuels en plus !©Image Comics

AUTEUR : PRÉSENCE

VO : Image comics

VF : Panini

Ce tome est le premier d’une série de 3 écrits par Garth Ennis, introduisant le personnage de Kev Hawkins, qui est amené à rencontrer les personnages de l’équipe de superhéros The Authority. Il contient le numéro spécial « Kev » initialement parus en 2002, ainsi que les 4 épisodes de la minisérie « More Kev », initialement parus en 2004, écrits par Garth Ennis, dessinés et encrés par Glenn Fabry.

Kev – Kevin Andrew Hawkins est un caporal des SAS (Special Air Services) détaché sous les ordres d’une cheffe en civil pas commode. L’histoire commence alors qu’il coule un bronze, tranquille chez lui, en lisant les résultats sportifs dans le journal, tout en écoutant les courses de chevaux à la radio. 2 hommes cagoulés font irruption, arme en main pour l’exécuter sommairement, à cause d’une mission meurtrière à Belfast. Puis sa cheffe lui confie la mission d’assassiner les membres de The Authority à bord de leur vaisseau spatial The Carrier. Le pire serait qu’Hawkins mène à bien sa mission. Or le pire n’est même pas certain, sauf avec Kev.

Des terroristes dans mes toilettes

Des terroristes dans mes toilettes©Image Comics

More Kev – Kev Hawkins est en train de se payer du bon temps avec Susan, quand il est surpris en plein sport de chambre, par 3 hommes cagoulés qui souhaitent l’exécuter sommairement etc. Puis il est convoqué par sa cheffe qui lui explique qu’il va devoir faire équipe avec Apollo et Midnighter (2 membres homosexuels de l’équipe The Authority) pour retrouver le cadavre d’un extraterrestre qui… C’est inracontable, il faut juste savoir que Kev Hawkins est un vrai homophobe qui ne le cache pas.

Au début des années 2000, Warren Ellis et Mark Millar ont dépoussiéré le genre équipe de superhéros avec The Authority qui a le vent en poupe et la possibilité de supporter des séries dérivées. Ennis s’occupera aussi de Midnighter le temps d’une histoire, dans Killing Machine. Les habitués le savent : cet auteur ne porte pas particulièrement les superhéros dans son cœur. Il met donc en scène cette équipe de manière détournée, par le biais d’un individu ayant une solide formation militaire dans une équipe spéciale des forces armées, pas vraiment à sa place à côté de personnes capables d’anéantir une flotte spatiale d’envahisseurs extraterrestres.

Des problèmes de superhéros (une invasion extraterrestre)

Des problèmes de superhéros (une invasion extraterrestre)©Image Comics

Ça commence par comme une énorme farce potache pour les 2 récits contenus dans ce tome, d’abord avec Kev sur le trône, puis ensuite en train de faire son affaire à une dame qui a déjà quelques heures de vol. Puis Ennis se sert des Troubles irlandais pour mettre en scène des individus cherchant vengeance, d’une rare inefficacité. Tout au long de ces récits, le lecteur se délectera des blagues grossières, crades et homophobes (parce que s’il y est allergique, il aura reposé ce tome dès la première page). Ennis se montre graveleux, avec un personnage réac’ à souhait, homophobe jusqu’à la bêtise, et d’une inventivité qui dans les meilleurs moments évoque celle de San Antonio. Cette comparaison n’est pas gratuite, car le langage ordurier de Kev et ses potes est particulièrement imagé et débridé, très savoureux.

Kev Hawkins se conduit comme un parfait crétin, incapable de s’arrêter de faire des blagues odieuses sur les homosexuels, alors même que Midnighter est à ses côtés, et lui a promis de l’handicaper à vie s’il en sort encore une. Ses sorties discriminatoires se doublent d’une forme de poisse qui fait qu’il commet souvent une bourde d’une ampleur incommensurable par épisode (comme par exemple de réussir à assassiner tous les membres de The Authority, juste avant une CENSURE), sans parler de ce faux pas monumental impliquant un inspecteur du ministère de l’armée et un tigre.

Mais ces histoires ne se résument pas à un simple prétexte servant de support à une enfilade de provocations grossières et politiquement incorrectes. Il y a également une intrigue, à la fois très drôle (la demande irrégulière de l’inspecteur du ministère), et comprenant un bon niveau de suspense, ainsi que des surprises diverses et variées. Les protagonistes disposent d’une véritable personnalité, assez marquée pour Kev Hawkins, conformes à leur formation et à leur profession pour ses potes, cohérentes avec leurs autres apparitions pour les membres de The Authority.

Dans certaines séquences, le lecteur peut déceler d’autres formes d’humour, par exemple la satire sur les auteurs de livres opportunistes ou à l’argument de vente aussi improbable qu’artificiel (le livre de recettes des SAS). Il découvre également une réflexion sur les grandeurs et servitudes de la condition de militaire, plutôt les servitudes d’ailleurs. Ainsi les collègues d’Hawkins ayant quitté le service argumentent auprès de lui leur choix, pour une vision de la condition de soldat aux ordres, qui n’a rien de primaire ou de basique. Le lecteur familier d’Ennis retrouvera les discussions qui lui sont chères, autour d’une bonne bière, ou d’un alcool un peu plus fort, pour parler entre hommes, pour se dire ses quatre vérités.

Autour d'un verre, entre hommes, dans le blanc des yeux

Autour d’un verre, entre hommes, dans le blanc des yeux©Image Comics

Kev Hawkins n’a pas sa langue dans sa poche, mais Midnighter non plus et il ne faut pas l’énerver avec des propos homophobes (oui, c’est raté). Au travers de ces dialogues, le lecteur peut deviner l’évolution des convictions de l’auteur qu’il appliquera aussi à sa propre carrière, en créant ses propres séries pour gagner son indépendance des 2 éditeurs majoritaires de comics indépendants.

Pour mettre en scène ces aventures énormes et bien ancrées dans la réalité, Ennis bénéficie de l’apport déterminant de Glenn Fabry (l’artiste des couvertures de Preacher). Celui-ci dessine de manière réaliste et détaillée. Kev Hawkins présente une morphologie normale, sans muscle surnuméraire, sans abus de stéroïdes, ses potes aussi. Les membres de The Authority ont des costumes moulants mettant en valeur leur musculature parfaite, là encore sans exagération anatomique. Leurs costumes et le Carrier sont conformes à leur apparence dans la série The Authority.

Ils vont me tuer ou pire

Ils vont me tuer ou pire©Image Comics

Glenn Fabry a un don pour décrire le quotidien de Kew Hawkins dans ce qu’il a de plus normal et banal, avec un angle de prise de vue laissant la porte ouverte à la dérision ou à la moquerie. Hawkins a une posture des plus normales assis sur la cuvette des toilettes, avec tout ce dont il peut avoir besoin à portée de main : clopes, briquet, cendrier, bombe désodorisante, magazine porno. Tous ces objets sont dessinés de manière détaillée, tout en restant lisible, avec un encrage fin et précis. Ils trouvent leur place dans un intérieur normal et fonctionnel. Il en va de même pour l’appartement de Susan, ou encore les différents pubs. Les tenues vestimentaires des uns et des autres sont conformes à la personnalité de ceux qui les portent.

Fabry ajoute quelques petits traits secs sur les visages, ce qui leur donne une apparence adulte, sans volonté de faire joli, ou de conférer une beauté systématique à tous les personnages. Les visages sont expressifs avec assez de naturel, sauf pour les scènes de combats physiques ou de destruction. Sans être un expert en moues diverses et variées, l’artiste trouve l’expression juste pour le côté un peu vulgaire d’Hawkins et pour l’exaspération explosive du Midnighter. On sent qu’il a du mal à lutter contre toutes les gouttes d’eau que prodigue libéralement Hawkins et qui font que le vase a déjà débordé et est proche de la rupture.

L'inénarrable inspecteur des Armées

L’inénarrable inspecteur des Armées©Image Comics

Tout au long du récit, le lecteur apprécie les qualités de metteur en scène de Glenn Fabry. Les scènes d’action sont lisibles et plausibles. Il sait faire ressortir l’horreur de la violence (tutoyant la parodie avec les têtes qui explosent, celles d’Apollo, comme celle de l’éléphant). Il rend vivantes les scènes de dialogue, avec une dextérité remarquable, soit par les gestes et les postures des interlocuteurs, soit en promenant la caméra pour apporter des informations visuelles sur le décor.

En commençant ce tome, le lecteur sait qu’il va se régaler grâce à la verve de l’auteur, habile à débiter des blagues énormes et salaces. Puis il se rend compte que Kev Hawkins tient la dragée haute aux superhéros, sans pour autant en devenir un lui-même. Il apprécie le comportement adulte des protagonistes. Il se laisse entraîner dans une intrigue bien ficelée. Il sourit franchement aux gags enjoués et pas bégueules. Il peut se plonger dans chaque environnement et interpréter le comportement des personnages par leurs expressions et leurs postures. Il a le plaisir de découvrir qu’Ennis & Fabry ne se sont pas contentés d’écrire une histoire bien rythmée et très drôle, mais qu’il y a aussi une réflexion pertinente sur l’obéissance.

Non ! Pas la Tour Eiffel !

Non ! Pas la Tour Eiffel !©Image Comics

14 comments

  • JP Nguyen  

    Teaser du matin – Fight ! 2/3
    La star du jour sur Bruce Lit, c’est Kev !
    Rassurez-vous, il ne s’agit pas de Kev Adams mais de Kevin Andrew Hawkins, caporal des SAS, dont la route a croisé par deux fois celle de l’équipe de super-héros The Authority.
    De la farce potache bien illustrée, mais pas que, décortiquée pour vous par Présence.

    La BO du matin :
    C’est la mission de Kev : Kill the Authority
    https://www.youtube.com/watch?v=qPxFWMuE-1w

  • Matt  

    C’est la semaine Ennis ?
    Toujours très intéressants tes articles, Présence. Même si je vois que là non plus on n’échappera pas aux vannes bien salaces. Est-ce la marque de fabrique de Ennis ? Ou a-t-il écrit des trucs un peu moins orientés gore et cul ?
    Simple curiosité hein.
    Je ne vais pas répéter pourquoi je pense que tout ceci n’est pas pour moi. Même si je me demande un peu pourquoi un type qui n’aime pas les super héros a autant écrit de choses à leur propos. Juste pour se moquer ? ça ne devient pas un peu redondant à la longue ?

    Sinon, ça n’a pas grand chose à voir, mais puisque je sais que Bruce n’aime pas trop Warren Ellis, est-ce qu’il est prévu une chronique sur Transmetropolitan par l’un d’entre vous ?
    J’ai souvent entendu que Ellis et Ennis n’étaient pas si différents niveau humour et provoc mais de ce que j’ai lu de Ellis, je ne peux pas dire que ça m’a fait penser à du Ennis.
    Je pense à ça puisque c’est Warren Ellis aussi qui a lancé The Authority et je me questionnais sur le changement de ton de la série avec l’arrivée de Garth Ennis.

    • Présence  

      Tornado ayant répondu sur les ouvrages d’Ennis sans humour trash, je complète sur les superhéros. Garth Ennis fait partie de ces scénaristes ayant commencé leur carrière dans l’hebdomadaire anglais de prépublication 2000 AD. Dans les années 1980 et 1990, les responsables éditoriaux de comics DC et Marvel ont pris l’habitude d’aller débaucher des anglais pour renouveler leur cheptel de scénaristes. Mais voilà, DC et Marvel proposent avant tout des séries de superhéros. Garth Ennis a donc participé à ces séries, avec Hitman ou The Demon, déjà bien décalées par rapport à l’ordinaire superhéroïque.

      Du fait de cette réalité du marché (essentiellement des comics de superhéros en début de carrière d’Ennis), il a bien dû faire avec, tout en réalisant des séries sans superhéros pour Vertigo (Preacher), puis pour Image Comics. Au fur et à mesure que cet éditeur indépendant a pris de l’ampleur, Ennis a pu diversifier ses thèmes de série, tout en continuant à réaliser du travail sur des propriétés intellectuelles d’Image Comics (Authority) pour s’assurer un revenu suffisant. En tout état cause, il n’a pas repris The Authority après Warren Ellis, c’est Mark Millar qui l’a fait avec Frank Quitely.

      En plus des articles suggérés par Tornado, il y a celui sur Red Team (il suffit de cliquer sur le mot clé Garth Ennis en bas de l’article pour le voir apparaître) dans lequel Ennis laisse de côté les provocations dont il a le secret. Mais il est vrai que les provocations gore et cul sont une de ses marques de fabrique, à tel point qu’un critique US avait fini par parler de moment Ennis, pour ce genre de situation trash et scabreuse.

  • Tornado  

    Ah ! Celui-ci : J’ai, J’ai lu, j’ai aimé !

    @Matt : Ennis fait des choses formidables sur la guerre, sans humour trash (et parfois même sans humour). La mini-série « le Soldat Inconnu » est vraiment excellente également, sans humour :
    (Les deux articles sont sur le blog mais j’arrête de poster des liens car le blog met tout en modération et, en l’absence de Bruce, mes commentaires restent dans les abîmes…)

    Les styles de Warren Ellis et Garth Ennis sont très différents pour moi. L’humour chez Warren Ellis est diffus, discret. Chez Ennis il est ostentatoire.
    Pour ma part, j’aime les super-héros du Dark Age selon Miller ou Alan Moore autant que je déteste les super-héros old-school que je trouve idiots, infantiles et ringard. C’est un avis tout à fait personnel mais, du coup, Ennis met au point une catharsis qui me fait du bien en roulant dans la poussière des figures à propos desquelles il est, en règle générale, interdit de dire du mal à cause des fans puristes énamourés ! 😀

    • Présence  

      @Tornado – Je t’adresse d’ailleurs mes remerciements, car c’est grâce à tes conseils que j’ai donné sa chance à cette série de miniséries.

  • Matt  

    Merci bien pour ces précisions et les liens.

    @Tornado : En ce qui me concerne, je ne pense pas être un gros puriste des super héros, mais j’apprécie moyennement les parodies « méchantes » parce que j’estime qu’il en faut pour tous les goûts et donc rouler dans la poussière tout un genre, surtout sans concessions façon Ennis, ben pour moi c’est too much. Je préfère quand Dan Slott se moque gentiment des morts et résurrections dans son « She hulk » ainsi que d’autres aspects propres aux comics de super héros.
    Mais bien sûr, selon la même logique du « il en faut pour tous les goûts », ce type de parodie trash a tout à fait sa place. Mais n’est pas pour moi. J’ai juste pas envie de passer pour un puriste borné juste parce que je ne suis pas client des parodies de Ennis^^

    Sinon je parlais de Transmetropolitan de Ellis parce que je me demandais justement si ça pourrait me plaire alors que c’est réputé assez trash aussi. Mais comme tu dis que l’humour de Ellis est différent et plus diffus…je suis curieux. Parce qu’en effet les « moments Ennis » ne sont pas trop à mon goût.

  • JP Nguyen  

    Jusqu’ici, la thématique « Fight ! » définie par Bruce aurait plutôt du être baptisée « Smile ! »
    Sauf que, comme dit par Matt dans les commentaires de l’article d’hier et ceux du jour, l’humour Ennisien n’est pas pour tout le monde. Même s’il m’est arrivé de sourire à la lecture de certaines de ses histoires, Ennis n’est pas, pour moi, le garant de l’hilarité totale.
    C’est juste une histoire de goût, c’est tout…
    Sinon, personne pour défendre Kev Adams dans les commentaires 😉 ?

    • Jyrille  

      Kev Adams non merci… Mais le titre Fight ! porte en lui un certain humour, je trouve, celui des jeux vidéos, du combat pour rire.

      Présence, ton article est impeccable, et je crois que tu avais déjà écrit un article sur cette série… Ca fait très longtemps que je tourne autour mais je dois voir s’il est encore dispo. Sinon, il faudra que je me le trouve en VO, car bon, j’adore les Authority de Ellis et Millar, et je découvre Fabry via les couvertures de Preacher : ce dernier est en train de devenir un dessinateur chouchou, pourtant je ne suis pas fan de traits réalistes, mais il a un certain don pour la caricature et son grain, sa profondeur, sont remarquables. Pour du réaliste, j’adore, un peu comme Corben finalement.

      Mais si je l’achète en VO j’ai bien peur de ne pas tout comprendre aux jeux de mots et à l’argot. Ralala quelle horreur, j’aurai dû vraiment me les prendre à l’époque !

      Matt, Ellis est beaucoup moins trash que Ennis, il hésite bien plus à faire dessiner des horreurs, mais il est totalement irrévérencieux. Transmetropolitan, il faudrait que je les relise. Le dessin de Darick Robertson peut se comparer à celui de Steve Dillon qui officie sur Preacher mais c’est parfait pour cette série. C’est un peu le Charlie Hebdo du comics, avec un vrai fond social et psychologique, qui se moque des puissants, des politiciens, des illuminés, de la police, et pousse certains comportements jusqu’à l’absurde pour les dénoncer. Le fond et le texte est souvent très intelligent sous une forme de journalisme gonzo potache, où les chats ont deux têtes et fument des clopes. Ellis a fait plein d’autres choses, notamment une mini-série de trois ou quatre épisodes que Présence m’avait fait découvrir et qui se passait dans un monde steampunk avec Sherlock Holmes. Rien de trash ni de graveleux, mais un vrai bon moment de détente intelligent et récréatif.

      • Matt  

        Merci bien. Je vais surement tenter Transmetropolitan un de ces 4.
        Je n’ai pas lu des tonnes de choses de Ellis. J’ai lu Fell (avec Ben Templesmith) qui n’a jamais eu de suite, Nextwave et certaines autres créations pour Marvel (ses Thunderbolts, des mini séries X-men qui m’ont plu, Iron Man Extremis) et globalement tout ça m’a plu.

        Puis-je savoir de quelle série steampunk tu parles à la fin ?
        J’aime bien les BD avec un univers de ce genre. Il y en a assez peu en fait, toutes nationalités confondues (franco belges, comics, etc) J’avais cherché.
        Il y a Captain Swing que je connais de Ellis (de nom, j’ai pas lu) Mais ça ne semble pas correspondre à ta description.

  • Bruce lit  

    Grâce à Présence j’ai lu du Authority ! Et la brigade Rifle dans la foulée !
    Il y a des instants énormes ! Le viol d’un tank par un éléphant ! L’inspecteur des brigades dévoré par un tigre ! Kev qui tue Authority par deux fois façon Gaston Lagaffe ! Les farces homos de Doubtful qui simule à chaque fois sa mort.

    Mais la blague crade et potache façon Ennis est usante à la longue construite souvent sur les mêmes bases que tu expliques très bien. Si bien que les longues conversations viriles dans les bars m’ont souvent ennuyées, ayant eu l’impression des les avoir lues mille fois avant. Ce fut la même chose pour la série Hitman . Peut être que si j’avais lu ça à l’époque, j’y serai encore attaché, mais là je trouve que Ennis enfonce (sic) des portes ouvertes et répète une formule qu’il abandonnera par la suite. Et c’est quand même interminablement bavard…. Dans The boys, il incluait ses moments Ennis dans une greffe plus subtile je trouve. L’alternance entre rires gras et chaudes larmes était un vrai travail d’auteur. Et « The Pro » reste un modèle de concision .

    Je te remercie Présence, car je sais maintenant que mon amour de Garth Ennis est à deux vitesses, inconditionnels de ces récits matures, et moins preneur de ses « mates stories »,. Ce qui est finalement cohérent avec mes gouts , puisque c’est aussi ce que je reproche à Millar, Morrison ou Ellis.

    • Présence  

      Effectivement, dans ces récits, Ennis enfile les blagues crades et potaches (avec quand même quelques observations sur la tolérance). Mais lorsqu’on suit un auteur sur la longueur (et finalement Ennis a beaucoup écrit), il est inévitable que l’on retrouve des thèmes récurrents, et même une certaine façon de voir les choses. Personne ne peut se renouveler à chaque œuvre. Chaque personne que l’on côtoie tous les jours, ou même ne serait-ce qu’au boulot finit par devenir familière.

      Pour Kev et Rifle Brigade, je reprends bien volontiers un argument de Tornado : il s’agit de récits tellement au-dessus de la moyenne, sans comparaison possible avec la production mensuelle US qu’ils méritent leurs 5 étoiles.

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