Aux Dents de la Mort, je suis à Crocs…Les films de crocodiles géants ! – 2° partie

Encyclopegeek – Les films de crocodiles géants ! – 2° partie

AUTEUR : TORNADO

1ère publication le 18/01/19- MAJ le 01/08/19

Voici la 2° partie de notre article sur les films de crocodiles géants. Vous trouverez la 1° partie ici.

Pour mémoire : Cet article vous propose un tour d’horizon sur un sous-genre du cinéma horrifique et animalier un peu particulier : le film de crocodile géant !
Si le genre de l’animal tueur est véritablement né avec l’emblématique LES DENTS DE LA MER  réalisé par Steven Spielberg en 1976, un sous-genre à lui tout seul est rapidement apparu dans son sillon, mettant en scène des sauriens à la taille fantastique.

Nous vous proposons un focus en deux parties sur dix films choisis, afin de dresser un panorama depuis l’apparition du genre jusqu’à aujourd’hui.
Nous ne serons donc pas exhaustifs : Nous ne vous parlerons pas des pires nanars (et il n’y quasiment que ça), ou presque pas… Ni des films naturalistes avec animaux normaux (pas géants, donc). En fait, nous nous contenterons des films les plus emblématiques, avec quelques navets, quoi…

Avant de continuer, rappelons que les films de crocodile ont le droit, quand bien même ça puisse vous contrarier, de mettre aussi en scène des alligators, voire même des caïmans (mais pas des gavials, faut pas déconner)…

L’année du crocodile.  © Hollywood Pictures

L’année du crocodile.
© Hollywood Pictures

6) PRIMEVAL (2007)

PRIMEVAL est un film américain réalisé par un dénommé Michael Katleman.

2007 est l’année du crocodile puisque le genre compte au même moment plusieurs représentants majeurs de sa catégorie, dont le très beau SOLITAIRE (on en parle juste en dessous) et le très naturaliste BLACK WATER (deux films australiens au script tout à fait similaire, mais au traitement du monstre tout à fait différent).

Dans la catégorie du film de croco, PRIMEVAL est un peu à part : Inspiré de faits réels, il s’agit d’une tentative de mêler les genres, entre le film documentaire, l’actioner bourrin à la limite du blockbuster (entendez par là que le film bénéficie d’un budget supérieur à tous les autres films du genre), le film de monstre et la fable écologique, mâtinée de philosophie pseudo-pacifiste.
Le script se base sur un reportage réel effectué dans les années 2000, au cours duquel une équipe de journalistes et d’animaliers américains aurait tenté de filmer et de capturer un crocodile géant sur les rives du lac Tanganyika, dans le Burundi, en Afrique centrale. Le crocodile en question, surnommé Gustave (et aujourd’hui devenu une véritable légende vivante), aurait dévoré soi-disant des centaines de personnes…

Ambiance détente...  © Hollywood Pictures

Ambiance détente…
© Hollywood Pictures

Tourné en pleine guerre civile, le film joue sur le rapport de l’être humain à la nature en tentant l’analogie entre l’homme et la bête : Etant donné que le « monstre » aurait grossi de manière exponentielle en se nourrissant des cadavres jetés à l’eau par un seigneur de guerre local particulièrement sanguinaire (ou tout simplement barbare), il nous est alors suggéré que ce sont les hommes qui fabriquent leurs propres monstres, matérialisation d’un mal d’origine humaine prenant la forme d’une punition infligée par la nature dans un pur effet de retour de bâton.

L’idée serait parfaitement astucieuse si le résultat n’était pas aussi bancal. Car ici le crocodile, qui mesure neuf mètres (il est aujourd’hui établi que Gustave, toujours en activité à l’heure où j’écris ces lignes, mesure en réalité six mètres), semble avoir ingurgité dans le même temps un sac de trente kilos de cocaïne, cinquante doses d’amphétamines et quatre-vingts litres de café. Nous le voyons donc sauter, courir et se déplacer à une vitesse avoisinant les Mac 2, à faire pâlir tous les champions olympiques de la planète…

Parallèlement, nous suivons notre petit groupe de journalistes et de chasseurs d’animaux qui se retrouvent très vite pris entre deux feux, puisque lorsqu’ils ne sont pas dans l’eau à la merci du croco, les voici sur la terre en proie au seigneur de guerre (surnommé Little Gustave), qui les mitraille toutes les cinq minutes. Soit un film survolté et extrêmement violent (on y voit pêle-mêle mourir atrocement des enfants, des femmes et des vieillards), dont la fond et la forme se disputent maladroitement les divers concepts, pour en fin de compte échouer sur un conglomérat de styles assez indigeste, où la crudité de l’image côtoie des effets spéciaux un peu too much, et où l’humour beauf et le Grand-Guignol finissent par désamorcer toute tentative d’élever le débat sur la folie de l’homme et la dureté du continent africain.
Au final, on ne sait pas trop à qui s’adresse le film, puisqu’en définitive il s’essaie à tellement de styles qu’il n’en possède aucun…

Les Dents de la Mer la Rivière ! © Dimension Films & Village Roadshow Pictures

Les Dents de la Mer la Rivière !
© Dimension Films & Village Roadshow Pictures

7) SOLITAIRE (2007)

SOLITAIRE (également nommé EAUX TROUBLES en VF -le titre originel est ROGUE) est un film australien réalisé par Greg McLean.

Le pitch : Dans un coin sauvage de l’Australie du nord, un groupe de touristes s’embarque sur un petit fleuve afin d’y admirer les crocodiles marins. Lorsqu’une fusée de détresse déchire le ciel à quelques kilomètres de la randonnée, Kate Ryan, la conductrice du petit bateau de croisière, décide d’aller jeter un coup d’œil sur les lieux en empruntant un bras de rivière. C’est alors que l’embarcation est heurtée par un très gros spécimen de crocodile solitaire, sur ce qui semble être son territoire de chasse.
Dans la panique, Kate échoue son bateau sur un petit ilot. Lequel sera recouvert par la montée des eaux dès la nuit tombée…

Greg McLean s’était déjà fait remarquer en réalisant WOLF CREEK, film d’horreur très glauque et très malsain inspiré de faits réels, mettant en scène un maniaque sadique massacrant un petit groupe de touristes dans un coin sauvage de l’Australie.
Fidèle à lui-même, McLean réitère ici dans son genre de prédilection en développant exactement les mêmes thèmes (notamment l’irruption de l’horreur dans le quotidien sur la base d’une histoire inspirée de faits réels), ainsi que le même style. L’équation est donc quasiment identique puisque l’auteur (production, scénario, réalisation) reprend les mêmes codes : Un script extrêmement simple, une focalisation de tous les instants sur les personnages et les relations intimes, un parti-pris faussement naturaliste (l’affiche du film ne cache en rien l’hommage aux DENTS DE LA MER  et assume pleinement son statut de « film de monstre » là où WOLF CREEK mettait en avant la figure du maniaque bouseux en droite ligne de MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE), avec un rapport entre l’homme et la nature profitant pleinement de la mise en avant de ces paysages proprement hallucinants de l’Australie sauvage, emballés dans une somptueuse bichromie saturée de vert et d’orange.

Soyons clairs : Le film est rarement surprenant et aligne les scènes-clés en assumant totalement ses références au chef d’œuvre de Steven Spielberg. Il est pourtant si bien écrit et si bien filmé qu’il force à chaque instant notre sympathie, porté qui plus-est par des acteurs suffisamment charismatiques (Radha Mitchell, Michael Vartan et Sam Worthington en tête) pour soutenir les séquences les plus consensuelles.
Tandis que le final reprend carrément les codes du conte en illustrant la lutte éculée du preux chevalier contre le dragon, au moment où l’on nous montre enfin l’incroyable monstre (aussi crédible qu’impressionnant), et que l’on se dit que le naturalisme apparent côtoie ici la mythologie la plus classique, on songe que le réalisateur, aussi simple soit sa démonstration, a un sacré talent.
Probablement le meilleur film du genre (croco).

Serait-ce réalisé par Orson Welles ? Stanley Kubrick ? Pasolini ? © Image Entertainment

Serait-ce réalisé par Orson Welles ? Stanley Kubrick ? Pasolini ?
© Image Entertainment

8) MEGA PYTHON Vs. GATOROID (2011)

MEGA PYTHON Vs. GATOROID est un téléfilm américain qui a eu l’honneur d’une diffusion au cinéma. Il est réalisé par Mary Lambert.

Le pitch : Heu… En fait je n’y ai rien compris !
Alors je crois que c’est une histoire de scientifiques qui font des expériences sur des pythons qui, une fois lâchés dans la nature (dans les Everglades), bouffent des alligators.
Ensuite il y a une histoire de rivalité entre deux dindes (une blonde et une fausse rousse à forte poitrine). Et comme la première est responsable de la catastrophe, la seconde donne à manger des poulets mutants aux alligators pour les rendre géants afin qu’ils bouffent les pythons.
Et puis les pythons mangent les œufs des alligators géants et deviennent géants aussi, et alors ils se font copains avec les alligators pour attaquer tous les humains. Et puis les dindes se font copines pour détruire les animaux mutants géants…

Après avoir atteint, avec SOLITAIRE, le sommet d’un genre somme toute assez pauvre en termes de qualités artistiques, nous touchons désormais le fond. Et le problème est que ça semble parti pour durer, tant ce type de production moisie prolifère depuis.
Bien que Mary Lambert ait offert au cinéma horrifique un film marquant (si on le remet dans le contexte de son époque) avec SIMETIERRE (d’après Stephen King), ainsi qu’un épisode sympathique de la série TV LES CONTES DE LA CRYPTE  (le 6ème et dernier épisode le la saison 1), on ne peut pas dire qu’il y ait quoique ce soit à sauver de cette bouse qui se donne des airs de nanar, mais qui n’a même pas le bon goût d’en être un, puisque le mauvais goût et la bêtise sont ici cyniquement assumés et volontaires.
On se retrouve dès lors face à une curieuse manière d’envisager le cinéma : Faire de mauvais films pour flatter un public ayant pris goût au nanar, alors qu’on lui fabrique un produit factice, puisque l’on tourne le dos au concept même du nanar (le côté « involontaire » (si vous n’avez pas encore compris : nanar volontaire = faux nanar, puisque vrai nanar = vraiment involontaire)).

Bon, et bien que dire d’autre sinon que c’est mal filmé, mal joué, mal écrit (c’est un pléonasme) et surtout extrêmement mal fait tant les effets spéciaux en CGI sont aussi nuls que moches : Pensez aux premiers jeux-vidéo en 3D virtuelle, et vous aurez une idée de la chose.
A quelqu’un comme moi, VRAI fan de VRAIS nanars, on ne la fait pas : J’ai mon diplôme d’Ed Wood et j’ai potassé mes NIGHT OF THE GHOULS, SUPERMAN CONTRE LES FEMMES-VAMPIRES et autres DESTINATION PLANETE HYDRA plus de fois que de raison. Alors ma bonne dame (Mary Lambert), vous êtes priée de remballer votre téléfilm à la noix et d’aller voir ailleurs s’il y a du bon, du dur, du bon vieux croco des familles. Oui parce que l’art du nanar ça ne s’invente pas comme ça : c’est réservé aux fins connaisseurs. Aux esthètes de la dégustation sophistiquée sur pellicule. Et pas à ce truc vulgaire et factice. Non mais j’vous jure…

Belle bête contre bête belle… © Factoris Films

Belle bête contre bête belle…
© Factoris Films

9) MILLION DOLLAR CROCODILE (2012)

MILLION DOLLAR CROCODILE est un film chinois réalisé par un certain Lisheng Lin.

Le pitch : Un éleveur de crocodiles marins est obligé de vendre ses animaux à un restaurateur spécialisé dans les plats raffinés à base de viande de saurien. Dans le lot, son spécimen le plus remarquable est une femelle d’une dizaine de mètres nommée Amao. Alors que les crocodiles arrivent à l’abattoir, Amao parvient à briser sa cage et à s’enfuir. Sur le chemin du lac régional, elle croise la route d’une jeune femme de retour d’Italie et avale son sac à main dans lequel se trouvent toutes ses économies amassées depuis huit ans (soit la modique somme de 100 000 euros). De fil en aiguille, la rumeur qu’un crocodile géant ayant avalé un gros paquet de fric se répand, semant ainsi la panique et attisant l’avidité des restaurateurs. S’ensuit la plus folle des chasses à la bête…

T’as d’beaux yeux, tu sais… © Factoris Films Source : Amazon.com https://www.amazon.com/Million-Dollar-Crocodile/dp/B00DRBP23E/ref=sr_1_cc_1?s=aps&ie=UTF8&qid=1539188113&sr=1-1-catcorr&keywords=million+dollar+crocodile

T’as d’beaux yeux, tu sais…
© Factoris Films
Source : Amazon.com

Dans la lignée de LAKE PLACID, MILLION DOLLAR CROCODILE est autant un film de crocos qu’une comédie de mœurs, le monstre assurant le spectacle autant qu’il permet d’exacerber les relations humaines, qui s’émoussent rapidement face à la menace terrifiante qui hante les fonds de l’eau noire…

Le problème est qu’ici le volet comédie est un peu lourdingue et que tous les personnages sont tellement hystériques qu’ils deviennent agaçants au bout de trois minutes. On songe alors à THE HOST (un film de monstre mutant coréen réalisé en 2006) qui, malgré son très grand succès critique, souffrait de cette même hystérie collective portée par des personnages survoltés et insupportables. On espère ainsi que le croco géant dévore tout le monde, à commencer par la belle jeune fille au sac à main (mais faites la taire, quelqu’un !). Hélas, l’animal est au final clairement livré à la vindicte populaire, tel le premier monstre de Frankenstein venu. Et ce sera lui la victime principale de cette histoire…

Mais qu’il la bouffe cette connasse ! © Factoris Films Source : Amazon.com https://www.amazon.com/Million-Dollar-Crocodile/dp/B00DRBP23E/ref=sr_1_cc_1?s=aps&ie=UTF8&qid=1539188113&sr=1-1-catcorr&keywords=million+dollar+crocodile

Mais qu’il la bouffe cette connasse !
© Factoris Films
Source : Amazon.com

Cet équilibre entre tous les éléments comiques, le film de monstre et la fable sociologique repose en définitive sur une bien étrange alchimie, et le film est un ovni assez saugrenu.
C’est dommage car, parallèlement, Amao est de loin le plus beau crocodile de l’histoire du cinéma et la qualité des effets visuels assène une claque monumentale à tous les autres films du genre.
A l’arrivée, MILLION DOLLAR CROCODILE est un film un peu frustrant car, s’il donne envie de revoir son animal géant, il donne également envie de partir en courant plutôt que de supporter une seconde fois cette bande de personnages tous plus têtes à claques les uns que les autres…

Un film réaliste… © Sony Pictures Home Entertainment

Un film réaliste…
© Sony Pictures Home Entertainment

10) LAKE PLACID Vs. ANACONDA (2015)

LAKE PLACID Vs. ANACONDA est un film américain réalisé par un certain A. B. Stone.

Bon, ne perdons pas de temps : Ce film est une daube. Voilà, fin de la chronique, c’est bouclé.

Hein ? Il faut que j’en dise davantage, c’est ça ?
Bon alors, commençons par rappeler qu’il y a au départ deux séries de films bien distinctes : A ma gauche LAKE PLACID, accusant six films à l’heure actuelle, et à ma droite ANACONDA, accusant quatre films tournés entre 1997 et 2009.
Dans les deux cas, tout a commencé par un film sympa et divertissant, avant que ça ne barre en couilles avec des suites ineptes et répétitives, mal fichues comme c’est pas possible (au point que ça en devienne nauséeux), et sans les acteurs du début (chouette casting dans les deux cas si l’on excepte ce nigaud de Ice Cube dans ANACONDA, LE PREDATEUR).

Et puis, un beau jour, quelqu’un a eu l’idée de ce crossover, qui reprenait le même scénario que tous les LAKE PLACID et tous les ANACONDAS précédents, avec des effets spéciaux toujours aussi moches, des acteurs toujours aussi nuls (quand bien même il y a ce bon vieux FREDDY  de Robert Englund), des scènes d’action toujours aussi pourries, et des images toujours aussi laides…

Contrairement à MEGA PYTHON Vs. GATOROID, LAKE PLACID Vs. ANACONDA ne cherche pas à prétendre à un statut de nanar, ni même à un film sérieux. C’est une pure série Z décomplexée, qui y va à fond dans le concept (des crocos énormes qui se fightent avec des serpents encore plus énormes et qui bouffent des ados un peu dénudés au passage). Sauf que, ben… tout ce beau monde (producteur, scénariste et réalisateur) n’a juste pas les moyens de ses ambitions (préférez largement, dans un genre assez proche, le PIRANHA 3-D d’Alexandre Aja réalisé en 2010 !). Alors c’est simplement très mauvais. Et surtout très mal fait. Et si la bande-annonce vous donne l’impression que ça envoie du bois, je vous recommanderais de vous méfier, car il y a de fortes chances qu’ils aient mis la plupart des meilleures images dedans. Essayez ainsi d’imaginer qu’il ne se passe rien de palpitant durant les 90 minutes restantes, et vous aurez une idée de la débâcle…

Notre article touche à sa fin. Nous conclurons en disant que ce sous-genre du cinéma horrifique que constitue le film de crocodile géant n’a pas toujours été bien représenté depuis son apparition sur les écrans il y une quarantaine d’années. Nous avons donc essayé de vous brosser le tableau, afin que vous puissiez y voir plus clair et constater que, s’il y a à boire et à manger dans cette liste de films, il y a largement de quoi se divertir. Pour peu que l’on aime ce type de cinéma…

Des monstres, des fesses, des flingues et Robert Englund… © Sony Pictures Home Entertainment Source : Amazon.com

Des monstres, des fesses, des flingues et Robert Englund…
© Sony Pictures Home Entertainment
Source : Amazon.com

Epilogue :

Mais au fait : Pourquoi le film de crocodile géant ? Certains vous répondront de manière laconique « et pourquoi pas ? ». Mais moi je ne suis pas comme ça. Et comme j’aime les dinosaures par-dessus tout, je dirais que cette bête-là est un peu devenue, dans l’inconscient collectif, le dernier des dinosaures encore en activité à notre époque, ce qui est d’amblée assez fascinant pour peu que l’on trouve que la chose l’est.
Il faut dire que le crocodile est effectivement l’un des derniers animaux géants qui côtoyaient les dinos (il a sévi en même temps qu’eux entre 115 et 65 millions d’années environ avant J.C.). Songez que le Sarcosuchus (au crétacé) mesurait 15 mètres de long et pesait 10 tonnes, et qu’il était donc plus gros que le T-Rex !
M’enfin quand même, on raconte que le crocodile marin actuel peut atteindre les 10 mètres, ce qui en fait un dinosaure contemporain à même de faire pâlir n’importe quel quidam dans sa chaumière !

Philosophiquement parlant (parce que nous ne sommes pas là QUE pour déconner), nous côtoyons donc un fossile vivant de l’ancien temps. Un reliquat de la terre lorsqu’elle était peuplée de dragons, comme si cette bonne vieille planète tenait à nous rappeler que nous ne sommes que des petits êtres fragiles qui avançons sous le soleil. Et qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour que l’on se retrouve balayés de sa surface, pour peu que Dame Nature veuille reprendre ses droits, avec des mâchoires pleines de dents acérées s’il le faut.
C’est ainsi que cette image du monstre apocalyptique s’insinue dans notre esprit, via la gueule du crocodile, hantant nos cauchemars les plus horribles.
De là à en faire des films d’horreur, il n’y avait donc qu’un pas…

Un animal pas si vilain. (C) Tornado

Un animal pas si vilain.
(C) Tornado

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Les crocodiles et les alligators, c’est caïman la même chose. Et l’un des plus gros représentants de la famille, qui vit en Amazonie, c’est le caïman noir, d’ailleurs…

17 comments

  • Eddy Vanleffe  

    Bon première question:

    Pourquoi fausse rousse?

    Deuxième question: maintenant que tu m(‘as donné envie avec tes films, là je regarde Netflix et boum pas l’ombre de la moitié d’un seul….POurquoi?
    L’affiche de Lake Placid VS Anaconda c’est le grand art du plus moche artwork du monde. il y a des jouets défoncés par Photoshop et une nana collé à la « one again »…

    Je partage ton avis sur les nouveaux faux nanars faits exprès: comme quoi TOUT devient un marché. Je suis triste.
    Bravo Tornado! Encore! j’en veux plein d’autres!
    Refais tout mad movies si tu veux!

    • Tornado  

      Fausse rousse : Ça se voit trop. Ayant été roux enfant, on ne me la fait pas ! :D
      Je ne regarde jamais la TV. Uniquement des films que je me procure en DVD ou DVX…
      On est d’accord pour l’affiche de LP Vs A. Mais le film est pareil ! :D
      Je suis d’accord pour faire encore plein d’articles comme ça. Faut le demander à Bruce ! ;)

  • Matt  

    « Tandis que le final reprend carrément les codes du conte en illustrant la lutte éculée du preux chevalier contre le dragon, au moment où l’on nous montre enfin l’incroyable monstre (aussi crédible qu’impressionnant), et que l’on se dit que le naturalisme apparent côtoie ici la mythologie la plus classique, on songe que le réalisateur, aussi simple soit sa démonstration, a un sacré talent. »

    Bah oui mais non^^ J’ai pas vu ça comme ça. Pour moi le mec a laissé tomber son approche moins spectaculaire et plus originale pour retomber dans héros VS monstre pour sauver fille. Dire que ça fait penser à de la mythologie de tueur de dragon, ça donne peut être l’impression que c’est bien pensé, mais j’ai pas trouvé^^ Pour moi ça vire dans les gros clichés de demoiselle en détresse.
    T’as pas trouvé quand même que c’était bizarre que d’un coup paf on s’en tape des autres touristes ? Ils sont dans la forêt à des km de la civilisation quand même, c’est pas comme s’ils étaient tirés d’affaire.
    Et comme par hasard le croco qui a tué tout le monde d’un coup, il a juste capturé la jolie fille hein^^

    Pour moi ça ne colle pas avec le début du film plus réaliste. ça clashe. M’enfin…question de goûts j’imagine. Si c’est davantage ton kiffe, je comprends. Mais à la limite ce genre de trucs, je veux bien y voir dans un film qui dès le départ s’assume comme pas réaliste et orienté conte de fée (dragon du lac de feu, tout ça…). Changer complètement le ton d’un film au 3/4, c’est pas un coup de génie pour moi, c’est plutôt tomber dans le piège du « euh…bon…faut de l’action et de la baston à la fin, parce que le public il aime ça »

    • Eddy Vanleffe  

      cliché VS mythologie c’est pas incompatible puisque le second nourrit le premier … ^^

      • Matt  

        Quelle partie n’as-tu pas compris quand je dis que c’est l’opposition entre film réaliste pendant 1h10 puis grosse baston de dragon clichée à la fin qui m’a dérangé ?^^ Et pas juste le fait qu’il y ait un ou deux clichés.

        • Eddy Vanleffe  

          Pardon je me repends… :)

        • Matt  

          Et puis le croco est en CGI alors déjà le capital sympathie il descend avec moi^^
          Je ne le trouve pas si réussi que Tornado.
          Encore une fois c’est une question de proximité des créatures. Des animaux réels, s’ils n’ont pas l’air réels…chez moi ça marche moins.
          Un dinosaure, on risque pas d’en trouver un réel. Donc j’accepte mieux les CGI. Et encore…j’apprécie toujours qu’il y ait une partie des effets réalisés en dur comme dans Jurassic Park. Un croco ou un requin en full CGI, moi ça me calme direct…

  • Tornado  

    SOLITAIRE : Ton avis est très personnel. De mon côté, j’ai justement beaucoup aimé que le film prenne son temps avec beaucoup de sérieux pour poser le contexte et les personnages, avant d’assumer son aspect « film de monstre » qui nourrit quand même tout le script. C’est une manière finalement bien vue d’amener petit à petit le genre.
    Le héros va sauver la nana parce qu’il tombe amoureux d’elle. Pourquoi chercher plus loin ? Quant aux autres touristes (j’ai vu le films trois fois), ils se barrent alors que le héros leur demande de rester avec lui pour chercher la fille. Et à la fin tout le monde se retrouve sur la berge opposée lorsqu’arrivent les secours. On retrouve donc tous les autres personnages (ceux que le croco n’a pas bouffé).

    • Matt  

      Oui évidemment que c’est personnel. le film n’est pas mal fichu et je comprends très bien que tu l’aimes. mais moi justement je n’attendais pas qu’ils amènent le genre « film de monstre » à la fin. J’avais l’impression qu’on me vendait un film qui ne suivait pas les codes du genre, mais qui se la jouait plus réaliste comme un Black Water.
      Et pas de souci pour qu’il aille aider la fille, hein^^ C’est plutôt le fait que, comme par hasard le croco ne l’a pas tuée, comme s’il avait lu le scénar et qu’il se pliait au genre^^ « bon je vais la garder captive pour que quelqu’un vienne me confronter pour la sauver »

      C’est pas comme si je me plaignais que Lake Placid n’est pas réaliste par exemple. Il n’essaie jamais d’être réaliste. Là on nous fait croire à autre chose, pour finalement amener le genre et ses codes, que je n’avais pas tellement envie de voir en fait^^

      Mais bon sinon bons acteurs, magnifiques décors et tout, ça oui. Encore que…même là niveau photographie, c’est un peu moche dans la grotte à la fin^^

      Sam Worthington je l’aime pas par contre. Il crève non ?

      • Tornado  

        Comme une merde.

  • Jyrille  

    Je ne connaissais pas l’existence des gavials : Nom usuel de deux crocodiliens des fleuves d’Inde et d’Indo-Malaisie, piscivores à la forme élancée et au museau étroit, parfois élargi au bout.

    Chapeau.

    Je n’ai encore vu aucun de ces films, je ne me doutais même pas de leur existence, c’est incroyable tant de productions cheap mais acceptées ! Mais j’ai vu Wolf Creek : un gros bof. Malgré ta prose enthousiaste, la bande annonce de SOLITAIRE ne me donne aucune envie, j’ai vraiment l’impression d’être devant un nanar.

    Il faut vraiment que je revoie SIMETIERRE…

    Je ne suis pas du tout d’accord avec toi sur THE HOST. C’est un mélange de genre étrange qui doit nous perturber, nous autres occidentaux, mais je n’y ai vu aucune hystérie. Au contraire il y a de très beaux passages contemplatifs et tendus. Mais bon je parle sur mes souvenirs, et ça remonte à 2006…

    NB : j’adore la voix grave des bandes annonces américaines, c’est toujours le même qui parle ou quoi ? Toujours avec le même ton, les mêmes effets, cela ôte toute crédibilité au final. D’ailleurs (j’ai l’impression que personne n’a regardé malgré mes multiples allusions), c’est une chose dont ils se moquent dans HONEST TRAILERS : à la fin, le gars dit des phrases fournies par les internautes avec ce ton, c’est souvent décalé et donc drôle.

    Super ton épilogue. Comme quoi, même sur un sujet comme les nanars, on peut trouver de la profondeur (et c’est aussi ce qu’ils font dans CHROMA, hein MAttie ?).

    La BO : mouairf. Non.

  • Présence  

    J’ai bien sûr lu cet article dans son entier, avec une distance importante du fait qu’il s’agit de films que je ne regarderai pas, dans un genre vraiment très pointu. Puis j’ai commencé à le relire en me demandant ce qui pourrait me plaire s’il s’agissait non pas de films mais de comics. Et là, le déclic s’est produit en moi, et chaque commentaire de film m’a parlé. J’ai compris comment un crocodile se déplaçant à mach 2 peut ruiner le propos, comment une installation progressive peut donner du sens à un développement mythologique, le faux toc, l’agitation systématique, l’histoire qui fait du remplissage pour une ou deux pages (euh, pardon scènes) intéressantes.

    Il se produit des phénomènes similaires en BD quand le dessinateur réalise un boulot alimentaire, sans implication dans les monstres, juste une collection de clichés visuels.

    Du coup, ce panorama de 10 films semble aboutir au constat d’une impasse pour ce sous-genre. Cependant la conclusion vient mettre en lumière en quoi ce sous-genre constitue un terreau fertile pour des histoires potentiellement ambitieuses. Vais-je me mettre à chercher des comics de crocodile géant ?… j’hésite.

  • Tornado  

    @Cyrille : WOLF CREEK est un film assez efficace quand même.
    Revoir SIMMETIERE : Le film qui m’a le plus fait flipper de ma vie. Hélas, il a super mal vieilli et souffre désormais d’un kitsch qui te fait sortir du film.
    C’est vrai qu’on dirait la même voix sur toutes les bandes annonces ! Je ne m’étais jamais rendu compte de cette évidence ! Il faudrait carrément mener une enquête sur le sujet (est-ce vraiment le même type qui les fait toutes ?) :D

    @Présence : J’adore ta technique de mise en comparaison cinéma/comics ! En comics je ne sais pas si le genre crocodile a été traité, mais en franco-belge il y a eu un tome de CARTHAGO ADVENTURES (« chipekwe »). J’en avais écrit un commentaire à ma zone peu élogieux.

  • Bruce lit  

    Bon, mon choix est fait : j’opte pour Solitaire si un jour j’arrive à vivre trois les journées que j’ai envie de vivre.
    Une prochaine série sur les Piranhas ?

  • Tornado  

    Excellent choix.

  • Patrick 6  

    Et bien paradoxalement j’aurais presque envie de voir MEGA PYTHON Vs. GATOROID car la bande annonce est à mourir de rire ! (La vache on voit bien que les filles n’ont pas été choisie pour leur jeux d’actrice ^^). J’aime bien la distinction que tu fais entre vrai et faux nanard. A titre personnel je dois avouer avoir un peu de mal à trier le bon grain de l’ivrai en la matière, mais je te fais confiance ^^

    MILLION DOLLAR CROCODILE a également attiré mon attention mais surtout pour le parallèle que tu fais avec THE HOST. Car à l’instar de Jyrille j’ai beaucoup aimé ce film ! Et la relative hystérie des acteurs est simplement la façon de jouer des Coréens ! (Dans le chef d’œuvre DERNIER TRAIN POUR BUSAN c’est à peu prés le même topo).

    SOLITAIRE a en effet l’air d’étre le meilleur du lot. La bande annonce fait évidemment penser à JAWS mais aussi à ALIEN (l’actrice a un coté Ripley dans le comportement ! Elle dit aussi « Ne la touche pas sale pute » dans le film ?)

    Bon Robert Englund, bien qu’il soit un excellent acteur, a joué dans bien des navets quand même ^^

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