Avec le sourire !

Baracuda Max par Garth Ennis & Goran Parlov

Avec un sourire éclatant !

Avec un sourire éclatant !©Marvel Comics

AUTEUR : PRÉSENCE

Avec la série Punisher Max, Garth Ennis a créé une série de criminels mémorables, dont Barracuda dans le tome 8  : un grand noir, très baraqué, très musclé et avec une propension exceptionnelle à toujours voir le bon côté des choses.

Ce tome regroupe les 5 épisodes d’une minisérie qu’Ennis lui a consacrée en 2007, illustrée par Goran Parlov.

Après sa rencontre avec le Punisher, Barracuda a besoin de se refaire pour pouvoir financer sa vengeance. Ça tombe bien parce que Chris Angelone (un parrain de la mafia) a une mission à lui confier : accompagner Oswald, son fils, dans une république bananière d’Amérique centrale appelée Centra Morricone pour tuer le président de cet état.

Les personnages principaux

Le Casting
©Marvel Comics

L’objectif d’Angelone est le suivant : son fils doit assassiner Leopoldo Luna (le président) pour prouver qu’il est capable de prendre la succession de son père au sein de la mafia. Petit signe distinctif : Oswald est hémophile. Mais il y a plusieurs éléments que Chris Angelone n’a pas pris en compte. Pour commencer Barracuda connaît Leopoldo Luna.

Ensuite tout ce beau monde est sous surveillance de plusieurs agences de renseignements des États-Unis : la DEA (Drug Enforcement Administration), la NSA (National Security Agency), le FBI (Federal Bureau of Investigation) et la CIA (Central Intelligence Company). Barracuda a concocté un plan qui va lui permettre de mettre tout le monde d’accord et de s’en tirer avec de jolis revenus.

Je suis un complétiste dans l’âme donc je ne pouvais pas m’empêcher de lire cette histoire dérivée de la série Punisher MAX écrite par Garth Ennis. Mais je n’en attendais pas grand-chose : une petite escapade plus ou moins rigolote et sans conséquence, voire je craignais même le produit dérivé un peu bâclé comme certains numéros spéciaux de la série Preacher (oui je pense à celui consacré à T.J. et Jody dans Histoire ancienne).

Il le me reste quelque chose entre les dents.

Il me reste quelque chose entre les dents©Marvel Comics

Dès la première page, Ennis donne le ton de la série : la grosse farce bien crade. Barracuda remonte sa fermeture éclair dans une allée alors qu’une prostituée s’en va glissant un billet dans son décolleté et s’essuyant le coin des lèvres, top class’ ! Puis il retrouve le chef de gang qu’il avait maltraité dans le tome 6 de la série Punisher MAX, à qui il emprunte sa voiture avant d’aller descendre des bières dans un bar avec copain (sur la voiture duquel il urine, la grande classe encore) ; tout ça est bien gras qui tâche.

Ce à quoi je m’attendais moins, c’est qu’Ennis a prévu un vrai scénario avec un vrai suspense, de vrais personnages et une bonne dose de carnage. Barracuda ne se limite pas à une montagne de muscles avec un sourire à toute épreuve, c’est également un homme d’action et un homme d’affaires sans scrupules, et une sacré bête de sexe. Alors bien sûr, il y a beaucoup de moments Ennis (énormes) dont la plupart sont irrésistibles. L’histoire n’atteint pas l’intensité de celles du Punisher, mais elle est d’une très bonne facture.

De l'humour en dessous de la ceinture

De l’humour en dessous de la ceinture©Marvel Comics

Les illustrations sont réalisées par Goran Parlov qui avait déjà illustré la première apparition de Barracuda. Il utilise un style à mi-chemin entre le réalisme et l’esquisse brute et râpeuse. La péripatéticienne qui s’éloigne de Barracuda a un langage corporel irrésistible. Le sourire de Barracuda irradie la bonne humeur à chaque fois (avec ses jolies dents en or).

Il insère quelques gags visuels qui fonctionnent tels que le chef de gang qui s’est fait dessus. Il a conçu des apparences inoubliables pour chacun des seconds rôles : les lunettes d’Oswald, la perruque de Fifty-Fifty, l’air satisfait de Leopoldo Luna, le visage marqué de Chris Angelone (calqué sur celui de l’acteur Christopher Walken), le corps de bimbo de Wanda Luna (ex-actrice porno spécialisée dans l’anal) avec un visage parfait qui exprime quand même une réelle intelligence.

Dupond & Dupont

Dupond & Dupont©Marvel Comics

Même les autres acteurs disposent de trognes inoubliables telles les moustaches à la Dupont et Dupond des 2 agents de la CIA. Les expressions faciales expriment une grande variété de sentiments de manière habile.

Parlov a également l’art et la manière de rendre la réalité des différents lieux que ce soit le hall gigantesque d’un aéroport, les toilettes d’un avion (un peu spacieuses quand même), la grande demeure du président avec la piscine et les chaises pour prendre l’apéritif, la pelouse transformée en champ de bataille, le survol du volcan en hélicoptère, etc. Enfin chaque scène d’action dégage un mélange de violence, de sadisme et d’absurdité conformément aux ambiances du scénario d’Ennis.

L'utra bling-bling de Fifty

L’utra bling-bling de Fifty

Ce récit constitue une bonne surprise car Ennis a pris le temps de construire une vraie histoire. Certaines des provocations contenues font mouche avec l’efficacité coutumière d’Ennis, par contre celles sur le thème des magouilles militaires américaines au nom de l’intérêt du pays sont trop convenues et se limitent à des clichés.

Ennis se contente de sortir des généralités sur la politique étrangère des États-Unis en Amérique Centrale, ce qui transforme ces saillies en discussion du café du commerce; c’est ce qui me retient de mettre une cinquième étoile à ce tome. Barracuda continue de pourrir la vie de Frank Castle dans La longue nuit noire.

Il y a aussi de l'action

Il y a aussi de l’action

8 comments

  • JP Nguyen  

    Je garde le souvenir d’une lecture distrayante mais dispensable, avec de bons dessins et aussi une colorisation excellente (cf mes remarques récentes sur Grandville ).

    • Bruce lit  

      Bof….J’avais lu le premier chapitre qui m’avait amusé et après le reste en diagonale dont je ne garde aucun souvenir. Je n’avais pas l’impression qu’Ennis s’était beaucoup investi dans son récit.
      L’apparition de Barracuda dans sa mini série autour de Fury en dit beaucoup plus long sur le personnage que cette amusante pochade.

      • Présence  

        Vos remarques me font prendre conscience que ce qui m’a séduit dans cette histoire ce n’est pas l’intrigue, mais bel et bien le personnage principal, dans toute son énormité absurde et obscène. Je me souviens que j’attendais avec impatience l’apparition de Barracuda dans la dernière série de Nick Fury, alors que la tonalité de la narration ne se prêtait pas particulièrement à ses facéties grotesques.

  • Tornado  

    Toujours pas lu… Je me demande si la collection deluxe du Punisher MAX entamée par Paninouille comportera aussi cette mini-série…

    • Bruce lit  

      Je me demande surtout s’ils vont éditer la suite….Plus de nouvelles depuis Mother Russia….

    • Présence  

      Cette minisérie n’avait pas été incluse dans les volumes « deluxe » en VO (mais il n’avait pas non plus mis « Born »).

  • Tornado  

    Ben c’est un par an. Mère Russie est sortie en 2014…

  • Bruce Lit  

    J’avais compté 6 mois entre le volume et le volume2

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