Comment elle gagne sa vie déjà ? (Les bijoux de la Kardashian)

Les bijoux de la Kardashian par François Vignolle, Julien Dumond et  Grégory Mardon

Un article de PRESENCE

VF : Glénat

Ça, c'est Paris !  © Glénat

Ça, c’est Paris !
© Glénat

Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. La première parution date de 2019. Le récit a été écrit par François Vignolle et Julien Dumond, il a été dessiné, encré et mis en couleurs par Grégory Mardon. Cet ouvrage comprend 144 pages de bandes dessinées.

Bruce a interviewé Gregory Mardon au moment de la sortie de l’album.  Cette interview est disponible ICI

Au Raincy, dans la banlieue nord de Paris, Yanis Habbache est en train de réparer un faux contact dans le moteur d’une voiture stationnée dans la rue. Son fils sort de l’immeuble et lui suggère de laisser tomber, car il juge la voiture bonne pour la casse. Le 28 septembre 2016, un jet privé atterrit à l’aéroport du Bourget. Il en descend Kim Kardashian, accompagnée par Simone son ami styliste, et escortée par son garde du corps. Les photographes la mitraillent depuis l’autre côté du grillage. Bien installée sur la banquette arrière d’une limousine, Kim Kardashian commence à twitter pour informer ses fans : elle est arrivée à Paris, une ville tellement romantique. Rue de Bretagne dans le troisième arrondissement, Aomar Ait Kacem pénètre dans le café Le Paparazzi. Il parle affaires avec le barman. Ce dernier lui montre une vidéo sur son portable : Vitali Sediuk un ancien journaliste de la télé ukrainienne s’est approché de Kardashian plaçant sa tête à côté de son postérieur. Il a rapidement été maîtrisé par le garde du corps de Kardashian. Aomar Ait Kacem (dit Le Vieux) indique au barman qu’il ne lui reste plus qu’à convaincre un vieil ami et il pourra accomplir le coup : cueillir Cendrillon.

Le lendemain, Kim Kardashian participe au défilé Balmain à l’Hôtel Potocki. Elle y croise Carla Bruni. Les photographes n’arrêtent pas de la mitrailler. Son compte Twitter s’affole. Le dimanche 2 octobre 2016, Yanis Habbache remonte dans son appartement, et informe sa femme qu’il a fini le boulot sur la voiture : ça devrait lui rapporter 50 euros. On frappe à la porte : c’est Aomar Ait Kacem qui vient lui rendre visite. La femme de Yanis lui fait les gros yeux, pas contente de cette visite. Habbache vient lui proposer de participer à un gros coup. Aomar Ait Kacem lui indique qu’il va bientôt se faire opérer du cœur, et qu’il faut que ce soit un coup tranquille. Il en obtient l’assurance d’Habbache. Pendant la Fashion Week, Kim Kardashian est de tous les défilés, embrasant tous les réseaux sociaux : Twitter, Instagram, Snapchat. Enfin, le dimanche soir, elle va pouvoir passer une nuit tranquille, seule dans sa suite. À 02h10, trois clampins en blouson noir, avec un brassard Police et le visage masqué se présentent à la réception de l’hôtel No Adress, braque le réceptionniste et se font ouvrir les portes.

Ça, c'est Le Raincy !  © Glénat

Ça, c’est Le Raincy !
© Glénat

En face ce de la première page de bande dessinée, les auteurs indiquent qu’ils ont eu accès au dossier de l’enquête judiciaire et qu’ils ont rencontré plusieurs protagonistes de l’affaire. Pour autant certaines scènes relèvent de la fiction. Les faits sont simples : le 03 octobre 2016, Kim Kardashian se fait braquer dans sa suite de l’hôtel Pourtalès (dans le huitième arrondissement) et est victime d’un vol de bijoux pour un montant d’environ 10 millions d’euros. Le 09 janvier 2017, la police arrête les auteurs présumés du vol qui devraient être jugés en 2020. Au fil du récit, le lecteur fait connaissance avec 2 des braqueurs (Yanis Habbache, Aomar Ait Kacem, dont les noms ont été changés du fait que le procès n’ait pas encore eu lieu). Il se retrouve aux côtés de Kim Kardashian quand elle descend de son jet privé, dans sa suite à l’hôtel, chez elle à Los Angeles. Il participe aux investigations des principaux inspecteurs de police, Anton Molko, Justine Paquej et Loïc Libra dont les noms ont également été changés.

La lecture donne une impression de reportage, comme si les auteurs avaient pu être présents dans les moments clé, avec un choix de séquences et un montage intelligents, sans donner dans le sensationnalisme. Grégory Mardon réalise des planches en phase avec cette approche. Ses dessins se situent entre des instantanés pris sur le vif (la coiffure d’Anton Molko) et des représentations avec une bonne densité descriptive pour que le lecteur puisse voir chaque lieu (rue du Raincy, intérieur de l’hôtel Potocki, appartement modeste d’Aomar Ait Kacem, suite luxueuse de l’hôtel Pourtalès, bureaux de la Brigade de Répression du Banditisme (BRB), quartier de Créteil, rue du dix-neuvième arrondissement, cellule du centre de détention de Fresnes.

Une vie en représentation © Glénat

Une vie en représentation © Glénat

Les auteurs ont pris le parti d’effectuer une reconstitution naturaliste, sans exagération spectaculaire ou racoleuse. Les personnages ne sont pas représentés de manière romantique, ni embellis. Le lecteur peut voir les marques de l’âge sur les braqueurs. Grégory Mardon n’en rajoute pas sur la plastique de Kim Kardashian, simplifiant ses traits de visage, en marquant essentiellement ses grands yeux et ses lèvres charnues. Lors du braquage dans sa chambre, il ne la transforme pas en objet du désir même si elle ne porte qu’une robe de chambre, montrant plutôt sa vulnérabilité face aux voleurs qui eux-mêmes ne prêtent pas attention à son corps. Bien que le métier de cette personne soit de mettre en scène sa vie pour rentabiliser sa personne et son style de vie en tant que produit, elle apparaît comme un être humain, avec sa vulnérabilité, sans rien occulter de son mode de vie. Le talent de l’artiste va plus loin qu’humaniser une personne ayant un talent extraordinaire pour façonner son image, il sait faire exister sur le même plan deux niveaux de vie séparés à l’extrême, de la banlieue ordinaire et banale, aux palaces des défilés de mode et aux fastes de la Fashion Week. Ainsi le récit est ancré dans le réel, sans misérabilisme pour le regard jeté sur les quartiers populaires, sans étoiles dans les yeux en regardant les signes ostentatoires de richesse, les paillettes et le luxe

Les coscénaristes ont construit leur récit sur la base de séquences qui se focalisent sur les faits : lieu de vie d’Aomar Ait Kacem, les prises de contact de Yanis Habbache, l’arrivée de Kim Kardashian à Paris, le braquage et la fuite (20 pages), l’arrivée de la police, la déclaration de la victime, les différentes phases de l’enquête. Pourtant le lecteur ressent des émotions, perçoit que les auteurs ne se contentent pas d’être factuels. Il lui faut un peu de temps pour se rendre compte que ces émotions sont essentiellement générées par les dessins. En effet il perçoit la concentration du garde du corps dans son visage fermé et tendu, l’indifférence blasée de Yanis Habbache faisant affaire avec le barman (étrange qu’il puisse fumer dans un café), les sourires professionnels de façade des people aux défilés, l’hostilité de la compagne de Kacem en voyant arriver Habbache, la terreur de Kim Kardashian se retrouvant à la merci d’individus cagoulés et armés, le calme né de l’expérience d’Anton Molko quand il prend connaissance des faits. De temps à autre, Grégory Mardon accentue une expression de visage pour marquer l’intensité de l’émotion, par exemple quand Anton Molko se rend compte que tout le monde donne son avis sur le braquage, sur les réseaux sociaux (Karl Lagerfeld, Mathieu Kassovitz). Il s’agit donc d’une histoire incarnée, où interagissent des individus adultes habités par des sentiments.

Réactions parisiennes  © Glénat

Réactions parisiennes
© Glénat

Le lecteur se demande bien quel parti pris vont adopter les auteurs pour raconter leur histoire : plutôt défense de la victime, ou plutôt Robin des Bois ? Voire moqueur en jouant sur le décalage sur la vie de célébrité de Kim Kardashian et le braquage effectué par des individus du troisième âge se déplaçant à bicyclette ? Bien sûr ce décalage est mis en scène : l’appartement modeste d’Aomar Ait Kacem contraste avec le luxe de la suite de Kim Kardashian, le déplacement à vélo avec gilet jaune est aux antipodes des déplacements en jet privé. Mais le récit ne vire pas à la dénonciation, à la critique sociale. Le style de vie de Kim Kardashian n’est pas montré comme enviable, ou comme un statut social à atteindre ; le style de vie de Kacem et Habbache n’est pas paré d’un vernis romantique, ni pointé du doigt. Kim Kardashian aspire à un moment de détente, à arrêter d’être en représentation pour une soirée ; les braqueurs ont déjà fait de la tôle, y passant plusieurs années de leur vie.

Les auteurs ne se rangent donc ni du côté de Karl Lagerfeld réconfortant la star, ni de Mathieu Kassovitz voyant là un acte symbolique de revanche du peuple contre une profiteuse vaniteuse de la société du spectacle. Ils ne cherchent pas non plus à présenter une version originale ou différente de l’enquête, encore moins conspirationniste (ce braquage aurait été mis en scène comme tout le reste de la vie de Kim Kardashian…). Mais quand même…

On dirait un film d'Audiard.  © Glénat

On dirait un film d’Audiard.
© Glénat

Au travers de cette reconstitution un peu romancée, le lecteur touche du doigt le spectacle factice monté de toutes pièces de la vie de Kim Kardashian, une sorte de quart d’heure de célébrité prophétisé par Andy Warhol (1928-1987), étiré à l’échelle d’une vie dans une société du spectacle prophétisée par Guy Debord (1931-1994). Il contemple l’inégalité de la répartition des richesses. Il assiste à l’efficacité de la police dans son enquête, sans diabolisation (pas de sous-entendu sur un outil d’oppression), sans non plus d’angélisme sur ce corps de métier. Dans le même temps, cette bande dessinée retrace un fait divers, sous l’angle d’un fait de société en faisant apparaître les différentes composantes, les différents angles de vue pour le considérer, rendant compte d’une réalité complexe, habitée par des êtres humains complexes et divers, où la vie d’une célébrité se mettant en scène croise celle de banlieusards du troisième âge.

François Vignolle, Julien Dumond et Grégory Mardon reconstituent le déroulement d’un fait divers sortant de l’ordinaire : le braquage d’une célébrité mondiale par un groupe de prolétaires âgés. Ils jouent le jeu du reportage objectif, trouvant le juste équilibre entre braqueurs et victimes, sans parti pris affiché pour les uns ou contre les autres. Le lecteur voit alors apparaître une radiographie partielle de la société sous un angle original et révélateur.

Battage médiatique vendeur  © Glénat

Battage médiatique vendeur
© Glénat

40 comments

  • Tornado  

    Arf. Impossible pour moi de ne pas me ranger derrière ces papys des bois truculents.
    Papys : 1 / Dinde de luxe : 0

    Sacré article qui me donne l’impression d’avoir lu la BD en entier, alors que ce n’est pas le cas ! L’objectivité du travail des auteurs, qui laissent au lecteur le choix de se positionner, est effectivement un sacré bon point. C’est tellement rare !

    • Présence  

      J’ai eu la chance que Bruce me prête cette BD, sinon je pense que j’aurais fini par céder à la tentation, parce que je me souvenais parfaitement de ce fait divers incroyable. Au final, l’effet de cette BD sur moi a été de reconsidérer Kim Kardashian comme une personne et pas uniquement comme un spectacle permanent, et de voir les braqueurs comme des braqueurs professionnels, avec un niveau de compétence assez relatif, et pas vraiment sympathiques.

      Dans le même temps, je n’arrive même pas à concevoir la réalité de disposer de 10 millions d’euros de bijoux : je sais que ça existe, mais c’est sans commune mesure avec mon quotidien, limite magique.

  • Eddy Vanleffe  

    Il faudra que je lise cette bd pour voir…

    Je me souviens n’ayant tellement rien à carrer de ces célébrités en carton-plutôt en plastique ici- que j’ai vaguement cru à un truc bidon à l’époque…
    là pour le côté reportage de l’absurdité humaine et pour sa narration naturaliste sans « leçon », je peux passer un bon moment de lecture…
    parce que je n’ai à priori aucun parti pris entre le victime et les lascars en question…

    • Tornado  

      Et oui, avant tout, comme toi, j’en ai rien à fiche de cette affaire dont, à l’époque, j’avais vaguement entendu parler sans être capable de mettre un visage sur le nom (de Kardashian). Et je ne suis pas attiré par les braqueurs non plus. Mais en lisant l’article, je me suis senti plus en phase avec ces derniers, juste comme ça, au feeling.
      Les réseaux sociaux et la vie des stars, qui plus-est ces stars de téléréalité, c’est le truc qui m’intéresse le moins au monde ! Mais la BD a l’air cool…

    • Matt  

      Ce qui m’empêche d’être dans un camp ou l’autre, c’est pas l’aspect financier. Je me fais aucun souci pour ces célébrités plein de thune qui sont même surement en mesure d’attaquer un hôtel en justice pour manque de sécurité ou je ne sais quoi.
      Par contre l’aspect traumatisant du truc…ça doit pas être fun. Pour personne en fait. Riche ou pauvre. Le fait de se faire menacer avec ou sans arme par des gens masqués.
      Après coup, une fois que c’est fini…c’est clair que je ne m’en fous pas mal que la nana ait perdu 2000€ si elle a encore des millions sur son compte en banque…

    • Présence  

      Ça se lit vraiment tout seul, la narration de Grégory Mardon étant simple et immédiate (chose pas si aisée à réussir). Par comparaison, la célébrité en plastique (ou pas, en fait je n’en sais rien) apparaît beaucoup plus professionnelle que les braqueurs, mais aussi plus douée pour tirer parti du système capitaliste.

  • Matt  

    C’est perturbant quand même la même image pour l’interview et pour la chronique de la BD.
    Pendant un instant, j’ai cru qu’il y avait eu un croisement de dimensions parallèles et que j’étais le seul à avoir déjà vu un article sur cette BD ici. L’absence de mention de rediffusion de l’article me confortait dans l’idée que je devenais fou.
    Et puis en fait la dernière fois c’était une interview…

    • Kaori  

      Un peu pareil : au début j’ai cru à une remasterisation, sauf qu’on n’est pas en week-end. Ensuite, je me suis dit que l’album avait dû être reviewé par un des copains il y a quelques mois, et en cherchant j’ai découvert que c’était une interview de Bruce, en fait… Complémentaires, donc.

      • Présence  

        Ça m’avait fait le contraire : en voyant l’image pour l’interview, j’avais cru qu’il était annonciateur d’une critique de la BD. Ayant été fortement déçu (même si l’interview était intéressante), j’ai réussi à obtenir le prêt de la BD par Bruce. :)

  • Kaori  

    J’aime beaucoup le titre de l’article.
    Ca me renvoie à l’époque où l’info que KK était la femme la plus riche du monde était sur toutes les chaines, et que je me demandais ce qu’elle avait bien pu faire pour ça, ne la connaissant ni d’Eve ni d’Adam… La déception quand j’ai appris qu’elle était autant célèbre pour son fessier que pour son émission de téléréalité. Génial. Merci pour l’image de la femme.
    Mais bon, ça reste une femme avec ses faiblesses, et (si, quand même), un être humain. Se réjouir du malheur des autres, ce n’est pas pour moi… (et je n’avais même pas eu vent de cette affaire, merci le blog pour le relais ;) ).

    • Présence  

      Le titre de l’article est une citation directe d’une réplique de la BD, par un personnage qui ne sait pas qui est cette Kim.

      Merci pour l’image de la femme – Cette réplique m’a bien fait sourire : je n’avais pas envisagé la chose sous cet aspect-là. Du peu que j’ai pu voir, elle sait se vendre, et elle semble être une business-woman redoutable, niveau experte.

    • Eddy Vanleffe  

      Et oui..l’image de la femme… chose fragile qui n’a besoin ni d’être valorisée ou condamnée puisque chaque femme la porte en elle… Kim Kardashian, Brigitte bardot, Françoise Sagan, George Sand ou Nadine Morano….
      vouloir figer un truc en mouvement est forcément vouloir photographier un pigeon en vol, on en loupe la moitié…
      c’est un des trucs de cette époque qui me donne envie de vivre dans une grotte…

      • Kaori  

        « La femme la plus riche du monde », c’est pas moi qui le dit, hein. C’est effectivement figer un individu par un seul critère, sauf que bon, on était en droit d’espérer une femme médecin ou philanthrope, je sais pas moi ! Quelqu’un qui ferait du bien avec son argent, plutôt que de s’acheter des bijoux à 2 millions ! (ou plus, j’en sais rien…).
        Bref, oui, cette femme a représenté une grosse déception. Désolée de me sentir vivre dans une société assez machiste et d’espérer voir un peu de lumière via les femmes célèbres ! ;)

        • Matt  

          Mais les gens philanthropes ne deviennent pas riches enfin !^^
          Où t’as vu ça ? Pas sur notre planète.

          • Kaori  

            Non, mais les gens riches pourraient l’être !

            C’est la femme la plus riche du monde, quoi ! (Ce qui est quand même loin d’être notre cas…)
            Et son métier, c’est quoi ? Contrôler son image…
            Mais bon, comme tu dis, c’est utopique… Je suppose que des gens nés avec une cuillère en argent dans la bouche, comme on disait de mon temps, ne peuvent pas percevoir la réalité et les besoins de l’humanité, et encore moins se sentir concernés ou touchés… Mise à part Lady Di…

        • Matt  

          Après tu sais…si tu gagnes 1 million par mois…des bijourx à 2 millions c’est pas une si grosse folie^^
          Il t’en reste plein pour faire autre chose.

        • Matt  

          On va dire que ça me choque davantage quand c’est de l’argent public qui est dépensé comme ça. Au gouvernement par exemple…
          Techniquement ce que tu fais de ton argent privé…ça te regarde en fait. Si t’as les moyens, pourquoi pas ?
          Sans doute que pour des gens qui crèvent de faim, on passe pour des connards de riche à dépenser du fric dans des films et comics^^

        • Eddy Vanleffe  

          Tu vois Kaori, c’est là que régulièrement je « schisme »… 
          En quoi le succès superficiel, sans doute limité dans le temps de Kim Kardashian est-il un symptôme de « machisme » ?
          Elle est un des multiples exemple de la superficialité et le l’imbécilité crasse du show-business et du culte de l’apparence complétement crétin mais c’est assez universel et pas un truc si masculin…
          Elle est belle (sic), elle est riche… ben oui tant mieux pour elle et si elle fait oublier toutes les Marie Curie, Ang Sun Yi, Mère Theresa, Mary shelley, Marion Zimmer Bradley, Eva Peron, ce n’est pas sa faute ou celle du machisme mais bien du manque recul et de ce culte de la célébrité immédiate…
          L’intelligence, c’est pas sexy, aucun mec de ces émission n’est une lumière non plus…

          • Kaori  

            L’image de Kim K ne fait que renforcer l’image que les hommes ont des « belles » femmes, mais c’est ma vision, sans doute un peu déformée.
            Qu’on y voue un culte m’échappe totalement, mais tu as raison, c’est plus un problème de cerveau que de sexe…

          • Eddy Vanleffe  

            KK (rigolo comme initiales) n’est qu’un épiphénomène qui ne changera rien et qu’on aura oublié (qui se souvient de la Ciccolina qui squattait toutes les émissions tv quand on était petits? )
            Elle utilise de manière plus ou moins contrôlée son image de « sex-symbol » parce que ça marche et ça marchera toujours, mais retourner ça en « l’image qu’on les hommes de… » laissons aux hommes le soin de se faire une idée de la « belle femme » qu’il veulent aussi…
            tu vois bien qu’ici son charme ne semble pas opérer à mort… ^^
            etant donné que c’est une paire de seins et de fesse avec des cheveux, ça doit surtout concerner des ados de 14 ans et je refuse qu’ils deviennent l’idée de « l’homme »‘…

          • Kaori  

            Mon propre machisme a tendance à penser qu’elle fait plus rêver les femmes que les garçons… Ou les deux, quand les hormones prédominent leurs neurones !!
            Sans doute sera-t-elle éphémère (j’avais oublié la Cicciolina, effectivement…)
            Mais ça n’empêche que je trouve ça triste, ce genre de « raison d’être célèbre »…

          • Matt  

            Je suis assez d’accord avec Eddy aussi^^
            Ce ne sont pas les grands savants qui sont célèbres non plus, ce sont des acteurs, des animateurs, etc.
            J’avais même râlé ici que tout le battage autour de la mort de Johnny me paraissait abusé. Bon…ça n’a pas plu à ses fans (Bruce^^)
            mais je voulais surtout dire, sans négliger son…euh…talent (merde, ça me fait chier de dire ça, j’aime pas du tout Johnny^^) qu’on en fait plus pour les gens du show biz que pour des savants, des bienfaiteurs, etc.

            Après, si KK arrive à profiter de ça, elle n’est peut être pas si conne.^^ Elle exploite ce filon. Et si ça marche…ce n’est pas tellement sa faute. C’est celle du public.
            Donc si ça trouve elle est plus intelligente que son image le laisse penser^^ Elle se fiche par contre de renvoyer une image de pouf, sans doute.

    • Matt  

      Après…chaque personne n’a pas forcément besoin de renvoyer une bonne image de sa condition.
      Je ne pense pas que les businessmen les plus opportunistes et ignobles cherchent à renvoyer une bonne image de l’homme, ou de l’homme d’affaires.
      Alors évidemment dans un sens je n’approuve pas ces agissements, mais d’un autre côté, les gens ne militent pas tous pour se montrer sous un beau jour. Ils s’en tapent, ils profitent de ce qu’ils peuvent exploiter. Ce n’est pas tant l’image qu’ils renvoient le problème, c’est surtout ce qu’ils font^^

    • Matt  

      On sait par exemple qu’il y a des millionnaires qui donnent à des œuvres humanitaires.
      Stratagème pour renvoyer une bonne image ou implication sincère ?
      Mais au final peu importe non ? ça reste mieux que ceux qui ne donnent rien, non ?
      Ces histoires d’image des fois…
      On leur fait dire ce qu’on veut aussi. On ne sait pas tout de ces gens dont on nous étale des moments de vie bien choisis dans les médias.
      Peut être que Kardashian est une connasse.
      Peut être qu’elle est très attentionnée envers ses proches et fait profiter des gens plus pauvres de sa famille de ce qu’elle gagne.
      D’autres utilisent leur fric pour polluer davantage la planète alors bon…
      J’essaie de me foutre un peu de tout ça parce qu’il est trop facile de porter des jugements sur des inconnus.

      Par contre évidemment je ne vais pas la plaindre si elle se fait voler une petite somme^^
      Mais si elle se faisait agresser ou violer…y’aurait pas de quoi rire non plus, qu’elle soit riche ou non.

  • Tornado  

    Je ne parviens à ressentir strictement aucune empathie pour cette nana. Strictement aucune. Zéro. Nada. Elle a été choquée car elle a eu peur d’être violée ? Pauv’ chtite… Pour toute une vie de strass et de luxe obscène, quelques petites heures de peur (aucune violence physique véritable et aucune violence morale malsaine, donc), je pense que c’est peu cher payer pour mettre un peu les pieds dans le monde réel. Je ne verserai pas une seule larme et ne ferai même pas la moue démago…

    • Matt  

      Je ne verserai pas de larme non plus, mais ça ne me passe pas par la tête non plus de me moquer ou de lui dire « bien fait »
      M’en fous en fait

  • Jyrille  

    Cette bd m’intrigue depuis sa sortie, j’ai très envie d’essayer, et tu la vends bien, Présence ! Ce fait divers est en effet hors norme et pourrait être représentatif d’une époque (la nôtre). Le parti-pris de n’en prendre aucun me plaît bien.

    Je peux me la péter en disant que j’ai lu La société du spectacle de Debord, mais je dois avouer que passé les trente premières pages environ (je ne m’en souviens plus vraiment), cet ouvrage ne s’adresse pas à moi : c’est un essai faisant directement référence à des travaux de sociologues reconnus (Karl Marx en tête et son Capital), ce qui demande une réelle formation de sociologue, voire d’autres spécialités en sciences humaines. Mais je suis tout de même allé au bout.

    La BO : eh ben ??

    • Présence  

      J’avoue tout : je n’ai pas lu La société du spectacle, mais j’en ai beaucoup entendu parler. :) Je me suis aussi un peu renseigné dessus.

      La BO – Comme je colle des BO du soir sur facebook, Bruce a promis de s’occuper de celle du matin pour mes articles (Hé hop, #balance-ton-redac-chef).

      • Jyrille  

        Huhuhu

  • Bruce lit  

    Bravo Présence, tu as bien su capter l’esprit de cette BD en rendant hommage à l’habilité du récit et la mise en scène de Mardon.
    Parler de cette BD est forcément un terrain glissant nous amenant à l’orée de nos opinions politiques.
    Je dirai pour ma part que dans les deux camps les victimes sont coupables et inversement. Il y a cependant une victime pour qui la vie va continuer sans encombre alors que les rapteurs sont foutus. Dans la France des gilets jaunes et du film LES MISERABLES , le procès qui aura lieu l’an prochain va bien évidemment être une tribune sans précédent qui évoquera aussi bien Victor Hugo ou l’historien Pierre Dockès « Jusqu’ici, le capitalisme s’en est toujours sorti face à ses grandes crises, mais avec un coût humain, social et politique exorbitant. »
    Ceci dit j’ai de la compassion pour ce que Kim a dû ressentir et ce quelque soit la pourriture des crimes des autres.
    Je m’explique : lorsque j’assiste à l’exécution de Saadam Hussein ou voit les larmes de désespoir de Kadhafi tabassé comme un chien, sodomisé par une baronnette apparemment et soumis à des tortures que ses saloperies ont engendré, je ne peux pas m’empêcher d’avoir pitié, non pas du dictateur sanguinaire qui récolte ce qu’il a semé, mais de l’homme, celui qui s’éveille à l’ombre du monstre qu’il est devenu.
    L’espace d’un instant, Kardashian a cessé d’être une potiche obsédé par le fric et la superficialité, et été une simple femme terrorisée à l’idée d’être violée. C’est ce moment là qui me touche.

    • Eddy Vanleffe  

      C’est rigolo ce besoin d’empathie ou le contraire…
      D’un côté on ale personnage de fiction dessiné qui va comme dans toutes les histoires de riches qui en chient mais qui survivent, va connaitre une sorte de « pérpétie » qui va la descendre de son piédestal et puis il y a soudain cette étrange réalité KK existe, et elle est une vraie personne à qui on a fait du mal gratuitement…on ne peut pas être si indifférent…
      Je veux dire qu’elle n’a aucune fonction nuisible elle n’a pas ordonné de génocide ou quoi que ce soit…
      c’est une pauvre fille à défaut d’être une fille pauvre…

    • Présence  

      Merci de m’avoir prêté cette BD et de m’avoir fait découvrir les œuvres de Grégory Mardon, à commencer par Leçon de choses.

  • JP Nguyen  

    Malgré les articles du blog, je crois bien que, pour l’instant, de Gregory Mardon je n’ai lu que « Leçon de choses », que j’avais bien aimé.
    Pour « Les bijoux… », le sujet m’intéresse moyennement, même si je reste preneur de polars à l’occasion.

    • Présence  

      Bruce m’a totalement convaincu de suivre cet auteur, au point qu’il a même un article en réserve d’une autre de ses BD que j’ai achetée avec mes sous. :)

  • Jyrille  

    Je suis quelqu’un de très lent : le titre fait directement référence aux Bijoux de la Castafiore non ?

    • Bruce lit  

      Oui, c’est un clin d’oeil assumé et vraiment bien trouvé.

    • Présence  

      Oui, ça ne fait aucun doute.

  • Alienor Drake  

    Article rédigé avec précision et qui me donne envie de lire cette BD qui, jusqu’ici, ne me tentait pas du tout, étant donné que cette histoire me passe au-dessus… (je saurais à peine reconnaître le visage de KK) merci !

    • Présence  

      Je n’étais pas spécialement connaisseur de Kim Kardashian avant de lire cette BD. Même si la curiosité est un vilain défaut, je n’ai pas résisté et je suis allé consulter sa page wikipedia, ainsi que youtube. C’est une leçon niveau expert pour faire son soi une vitrine à décliner sous toutes les formes possibles de produit, une master-class de marketing, une vitrine du consumérisme, un professionnalisme d’une rigueur extraordinaire, une utilisation des réseaux sociaux maîtrisée, une communication hors pair…

    • Eddy Vanleffe  

      Kim a un visage? J’ignorais…
      Elle ne mise pas dessus visiblement… ^^

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