Déconnecté (BATMAN THE DARK KNIGHT)

BATMAN LE CHEVALIER NOIR par Collectif

Un article de : TORNADO

VO :  DC

VF : Urban

1ère publication le 04/04/19 – MAJ le 06/07/20

Iconique © DC Comics

Iconique
© DC Comics

Cet article est dédié à l’intégralité de la série BATMAN LE CHEVALIER NOIR, publiée initialement entre 2011 et 2014. A l’occasion de sa réédition en intégrale, et alors que les critiques catastrophiques qui ont toujours suivi cette série semblent de nouveau pointer le bout de leur nez, il m’est apparu important de revenir la défendre, comme je l’avais fait à l’époque sur le site marchand qui nous a réuni ici sans le vouloir…

L’article sera découpé en quatre parties, chacune revenant sur le recueil originel par lequel la série a été publiée en premier lieu, chaque tome proposant une histoire autonome.

David Finch, la star ! © DC Comics

David Finch, la star !
© DC Comics

Tome 1 : TERREURS NOCTURNES.

Ce 1° tome regroupe les huit premiers épisodes de la série, initiée par le dessinateur David Finch, qui officie ici également en tant que scénariste, bien qu’il se fasse épauler par l’excellent Paul Jenkins . Bien qu’il puisse s’agir de la suite de BATMAN LA NOUVELLE AUBE (sorte de « tome 0 » de la série), ce premier tome officiel peut très bien se lire seul, de manière parfaitement autonome, car il s’agit d’une version très peu connectée aux autres séries consacrées à l’Homme chauve-souris, comme DETECTIVE-COMICS, BATMAN, BATMAN & ROBIN, NIHTWING, etc (11 séries uniquement sur l’univers de Batman au moment de cette publication !). Ici, Batman mène ses aventures comme un grand, sans se faire parasiter par toute sa petite famille de chauve-souris…

« Une purge » ! Voilà ce que j’ai pu lire sur divers sites réservés aux fans de comics en général et de Batman en particulier. Soit une véritable levée de boucliers à l’encontre de Finch et sa série. Alors, est-ce aussi mauvais que ce que ces fans le prétendent ? Et bien pas du tout ! C’est même plutôt une bonne surprise, tant il s’agit d’un pur exercice de style et d’une série qui peut se lire pour elle-même, même si David Finch & Paul Jenkins créent un scénario-concept davantage qu’ils ne racontent une véritable histoire.
LE pitch : Alors qu’apparait une nouvelle ennemie déguisée en Lapin blanc tout droit sorti d’ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, la totalité des pensionnaires de l’asile d’Arkham s’évadent et déferlent dans les rues de Gotham-city. Il semblerait qu’une nouvelle drogue sévisse dans la cité…
C’est un peu une sorte de BATMAN : SILENCE bis auquel nous convoquent les auteurs, soit le florilège des ennemis de notre héros (mais pas ceux de BATMAN : SILENCE !) lâchés au beau milieu d’un récit en forme de « mise à plat » pour le personnage et son univers.

White Rabbit, une vilaine insaisissable que l’on n’a pas revue depuis… © DC Comics

White Rabbit, une vilaine insaisissable que l’on n’a pas revue depuis…
© DC Comics

Contrairement aux autres séries du même moment, les auteurs de BATMAN LE CHEVALIER NOIR ne se contentent donc pas de raconter une histoire, mais réalisent un exercice de style iconique dans lequel le récit n’est finalement qu’un support afin de brosser des tableaux. Cela ne signifie pas qu’ils n’ont rien à raconter, loin de là, mais plutôt qu’ils utilisent leur série pour fusionner le graphisme ultra-iconique de David Finch avec une script au diapason de cette galerie de gueules cassées. C’est ce que l’on appelle un scénario conceptuel, ou quand le fond et la forme ne font qu’un au service d’une mythologie très précise, celle du super-héros le plus gothique de la planète !

Le récit est effectivement plutôt léger, voire cartoon, mais en quoi est-ce un mal ? Il n’est finalement pas si différent d’un épisode de la série animée BATMAN de Bruce Timm.
Il est certain qu’à ce niveau là, on peut s’amuser à démonter l’entreprise en notant les diverses failles probables du script. Mais en vérité, qu’est-ce qu’on s’en fout ! car c’est une lecture qui se vit plus comme une expérience graphique immersive que comme un roman. Et puis, bon, vous aurez compris que les dessins de Finch assurent le spectacle, j’imagine…
Ainsi, les véritables ennemis de Batman ne sont pas les super-vilains, mais tout simplement la PEUR et la FOLIE. D’où cette idée de gaz aux propriétés mystérieuses. Et le Lapin blanc manifestement risible pour certains, de se révéler comme un des ennemis les plus insaisissables et les plus inquiétants apparus depuis bien longtemps…

 Grim’n gritty ! © DC Comics

Grim’n gritty !
© DC Comics

Tome 2 : CYCLE DE VIOLENCE.

Le pitch : Il y a une vague de disparitions à Gotham. Des disparitions d’enfants. Ceux-ci finissent pourtant par réapparaître, errant dans les rues le regard vide, comme traumatisés au delà de la raison. Batman et Gordon mènent l’enquête et trouvent rapidement l’origine de ces terribles méfaits. C’est alors que le piège se referme…

A ce stade, BATMAN LE CHEVALIER NOIR est une série extrêmement simple, presque classique, qui raconte des histoires de Batman séminales (je pense notamment à la série BATMAN : LEGENDS OF THE DARK KNIGHT, qui dura de 1989 à 2007 et offrait aux lecteurs le même type de récits auto-contenus). Le dessinateur David Finch, qui assure à lui-seul la pérennité du projet, n’a d’ailleurs pas de concept particulier, sinon de faire « dark », avec manifestement un let-motiv : la notion de « peur ».
Ce nouvel arc narratif, beaucoup plus épuré que le précédent, centré sur un super-vilain (l’Epouvantail) dont il livre les origines, est un témoignage quant à cette volonté de raconter des histoires de Batman d’une manière tout à fait traditionnelle, dans ce que le personnage possède de plus iconique, dimension picturale dont évidemment Finch se propose d’extirper la sève.
Au milieu de la horde de séries affiliées au Bat-verse et à la Bat-family, BATMAN LE CHEVALIER NOIR n’est que la version simple et consacrée du mythe, quasiment-autonome, et presque classique. Il faut la savourer pour ce qu’elle est, et elle est très bien comme ça.

Les origines, version DARK. © DC Comics

Les origines, version DARK.
© DC Comics

Si ces épisodes étaient parfaits, on pourrait les comparer à ceux de Jeff Loeb & Tim sale sur leurs superbes récits estampillés HALLOWEEN  (ensemble d’histoires courtes de Batman publiées pour la fête d’Halloween et qui préfigurent la série  UN LONG HALLOWEEN  des mêmes auteurs). Mais évidemment ils sont moins bons.
Après s’être offert les services du scénariste Paul Jenkins sur le 1° tome, David Finch est ici épaulé par Greg Hurwitz. Tous-deux sont inégaux. Le premier livre des planches superbes et d’autres sérieusement bâclées. On peut soupçonner qu’il a eu du mal à abattre son travail tout en respectant les délais de publication. Le second imagine un récit prenant et vraiment très bien écrit, mais finalement superficiel et un peu plombé par une fin qui n’est pas à la hauteur.

Au milieu du recueil, un épisode #0 dessiné par Mico Suayan et Juan Jose Ryp rompt un peu le rythme mais assure finalement une sorte d’entracte.
L’ensemble est très agréable, avec un parti-pris extrêmement dark, qui oriente le récit vers une dimension glauque et gore qui lui donne une patine inhabituelle, au milieu d’un récit à la facture très classique. Personnellement, des histoires de Batman comme ça, j’en redemande !
Soit les épisodes #10-15 + #0.

Changement de dessinateur(s), mais installation durable d’un scénariste. © DC Comics

Changement de dessinateur(s), mais installation durable d’un scénariste.
© DC Comics

Tome 3 : FOLIE FURIEUSE.

D’abord lancée sous la houlette de David Finch, la série a évolué sous la plume du scénariste Greg Hurwitz par le biais du concept suivant : Des aventures sombres et autonomes sur l’univers de Batman, où sont explorées de nouvelles origines des super-vilains emblématiques de la franchise (à présent, c’est au tour du Chapelier fou).
Nous sommes ici sur les épisodes #16 à 21 (plus un annual). Les dessins sont à présent effectués respectivement par Ethan Van Sciever et Szymon Kudranski.

Certains lecteurs auront adoré cette version noire et sanglante de l’Homme chauve-souris, tandis que d’autres auront détesté ce traitement Grim’n gritty (les comics qui en rajoutent grave dans l’excès de violence).
Pour être tout à fait honnête, ce troisième tome possède des qualités et des défauts. Mais il ne mérite sans doute pas l’ire de la Tribu (le gras du lectorat qui répète ce que disent certains sites VO sans avoir lu les comics nommés).
Alors allons-y :

– Les défauts : Il persiste effectivement quelques clichés et quelques fautes de mauvais goût dans cet arc narratif.
Pour commencer, il y a la présence embarrassante de la nouvelle copine de Bruce Wayne. La relation qui les unit tombe rapidement dans la caricature. Dès le départ, il s’avère que la participation de la belle n’est qu’un artifice narratif utilisé telle une grosse ficelle du récit et destiné à devenir obsolète à très court terme.
Dans l’ensemble, Hurwitz a également raté la relation entre Bruce et Alfred, qui souffre d’un maniérisme apprêté.
La violence. Parlons-en. Elle est juste exposée sans finesse. L’atmosphère malsaine du récit rappelle le traitement effectué par Grant Morrison sur ARKHAM ASYLUM . Mais alors que Morrison parvenait à installer un climat putride sans avoir recours à la violence graphique, Greg Hurwitz renonce à la terreur psychologique pour exposer une brutalité ostentatoire.
Voilà pour les clichés les plus évidents. Mais alors je pose une question : Combien existe-t-il de clichés de ce type dans les autres séries du Batmanverse ? dix ? vingt ? cent ? trente milles ? Pourquoi alors faire une telle fixation obsessionnelle sur ceux de cette série en particulier ?!!!

– Les menus-défauts : Les épisodes sont fluctuants et, quoiqu’il en soit, le récit souffre ponctuellement d’un manque d’inspiration notoire dans le déroulement de l’intrigue (la fin n’est pas vraiment réussie). Dans l’ensemble, Hurwitz se révèle souvent inégal, surtout lorsqu’il s’agit de trouver le bon dosage entre l’aspect adulte de son récit et ses ressorts naïfs. Toutefois, certains passages extrêmement réussis au niveau du découpage et de la narration finissent par rétablir l’équilibre.
Au niveau de la partie graphique, les épisodes #19 et 20 sont l’œuvre de Szymon Kudranski, qui succède à Ethan Van Sciever. La transition est abrupte mais la pilule réussit à passer dans la mesure où Kudranski est hautement supérieur artistiquement parlant. Van Sciever est très bon, mais son remplaçant se situe à des hauteurs vertigineuses qui font que la comparaison n’est pas discutable. Le bonhomme est du niveau de  Jae Lee , tout en possédant son identité propre. Le résultat est absolument somptueux, tout en clair-obscur onirique, au diapason de la tonalité du récit. Finalement, le véritable défaut survient lorsque Van Sciever reprend les crayons pour le dernier épisode…
Mais Kudranski revient à l’occasion d’un superbe annual, malicieux et poétique, disposé en fin de recueil !

Le magnifique Annual illustré par Szymon Kudranski. © DC Comics

Le magnifique Annual illustré par Szymon Kudranski.
© DC Comics

– Les qualités : Il y a tout d’abord un fil rouge magnifique. Conceptuel. Les origines du Chapelier fou sont exposées sans aucune redite (dans le fond) par rapport à celles de l’Epouvantail sur le tome précédent. Le vilain échafaude un plan diabolique afin de revivre la seule véritable belle journée qu’il ait connu dans son enfance, sachant qu’il a lui-même fait de sa vie un enfer !
Hurwitz offre ainsi une relecture désespérée et hallucinée du comte ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, en toute logique par rapport à la mythologie du personnage.
Les pouvoirs de Chapelier sont traités avec originalité et cohérence, avec une excellente idée quant à la composition des tasses de thé qu’il ingurgite à dessein, qui lui procurent ses dons autant qu’elles alimentent sa folie.
Les tenants et aboutissants du scénario sont solides, qui offrent une réelle épaisseur au machiavélique projet du vilain, qui déjoue autant que possible les pistes de Batman et des autorités.
Les flashbacks revenant sur son passé sont très réussis, empreints de délicatesse et de tragédie patente.

La violence. Parlons-en. Elle est ostentatoire, certes. Elle ne fait pas dans la finesse, c’est un fait. Mais il se dégage du récit une terreur viscérale extrêmement bienvenue (image tétanisante des monceaux de cadavres déversés dans les canaux de Gotham), qui tranche évidemment avec le commun des séries mainstream, mais qui destine la série à sortir des gonds. Et si certains n’ont pas digéré la pilule (il est décidément souvent question de pilule dans cette relecture d’ ALICE AU PAYS DES MERVEILLES !), j’ai trouvé qu’il s’agissait là d’un exercice de style tout à fait opportun. Car il y a bien une place pour ce Batman Grim’n gritty, destiné à ceux qui ne sont plus des enfants.

This is the end... © DC Comics

This is the end…
© DC Comics

Tome 4 : DE L’ARGILE.

Ce dernier tome regroupe les épisodes #22 à 29, écrits par le scénariste Gregg Hurwitz et dessinés par Alex Maleev (#22 à 25), Alberto Ponticelli (# 26 et 27) et Ethan Van Sciver (#28 et 29). C’ est le dernier d’une série qui, au fil du temps, s’était spécialisée dans les confrontations entre Batman et ses ennemis emblématiques, et dans la relecture de leurs origines.

Il convient de séparer le tome en trois parties distinctes :

1) DE L’ARGILE (épisodes #22 à 25, dessins d’Alex Maleev).
Gueule d’Argile s’est évadé de prison et il prépare un casse. Il a enlevé le commissaire Gordon afin de prendre son apparence. Batman aura fort à faire, puisqu’il devra arrêter le vilain en même temps qu’il lui faudra sauver son ami policier.
Ce premier récit, qui occupe la moitié du recueil, est dans la lignée des précédents. Il met en lumière l’un des plus anciens ennemis de l’Homme chauve-souris dans une série d’épisodes alternant une nouvelle confrontation et quelques flashbacks revenant aux origines du personnage. Le ton est sombre et violent, réservé à un public averti, sans être non plus hermétique ni trop complexe (ça reste du pur et simple divertissement, sans prétentions).
Le récit en lui-même n’est pas très original. Il est même plutôt convenu. Mais l’ambiance poisseuse illustrée par le grand Alex Maleev est assez prenante, surtout qu’il nous croque un Gueule d’Argile vraiment énorme, bien monstrueux et grotesque. L’artiste avance quoiqu’il en soit selon un rythme de croisière, c’est-à-dire qu’il se montre beaucoup moins impressionnant que pour ses travaux chez Marvel Comics ( DAREDEVIL , par exemple).
Au final, une petite histoire classique mais bien troussée, pas très originale, mais avec une bonne ambiance et une réalisation solide.

Alex Maleev dessine du Batman. © DC Comics

Alex Maleev dessine du Batman.
© DC Comics

2) SANS VOIX (épisodes #26 et 275, dessins d’Alberto Ponticelli).
Une immigrée mexicaine arrive à Gotham City par la voix clandestine. Elle a connu la misère et perdu son nourrisson. Mais les conditions de vie dans sa nouvelle terre d’accueil se révèlent plus difficiles encore, lorsqu’elle est soudain séparée de sa petite fille, et forcée de travailler dans un atelier de confection aux ordres du Pingouin. Ah… Si seulement Batman pouvait passer par là…

Ces deux épisodes ont pour originalité d’être racontés sans aucune parole, ni aucun texte. Gregg Hurwitz & Alberto Ponticelli s’attèlent à la tâche afin de faire parler les images et d’en faire jaillir l’émotion qui en découle. Ils mettent en scène de petites tranches de vies qui se succèdent comme autant de chapitres dans l’esprit du lecteur, sans transition réelle.
Le dessin de Ponticelli est assez classique, tout en étant bien expressif. Le scénario creuse une toile de fond politico-sociale, ce qui est assez rare depuis le début de la série. Placé en milieu de recueil, ce récit en deux temps apporte une belle note de variété à l’ensemble. Le justicier est soudain confronté à la dure réalité sociale, ce qui tranche réellement avec ses précédentes aventures, ici redéfinies dans un cadre plus naturaliste.
Un bel essai, bien transformé. De l’art séquentiel dans ce qu’il a de plus noble.

3) BESTIAL (épisodes #28 et 29, dessin d’Ethan Van Sciever et Jorge Lucas).
Des victimes sont retrouvées exsangues dans les bas-quartiers de Gotham. Batman soupçonne Kirk Langstrom, alias Manbat, d’être à l’origine de ces crimes. Mais ce dernier clame son innocence. Le justicier se tourne alors vers le père de Kirk, un grand magnat de la cité, jadis principal rival de l’empire Wayne…
Ce dernier récit est le plus convenu des trois. Le dessin de Van Sciever est superbement iconique mais l’histoire en elle-même est purement anecdotique. Oh ! Pas de quoi bouder son plaisir car c’est bien fait et tout à fait divertissant. Mais après SANS VOIX, ce dernier chapitre souffre de la comparaison avec le précédent.

 Pas un mot... © DC Comics

Pas un mot…
© DC Comics

Et puis… C’est fini. La série s’arrête au terme de l’épisode #29. C’est le déni du lectorat qui aura eu raison de la chose. Car encore une fois cette série a souffert d’un concert de critiques extrêmement négatives, relayées par un bouche-à-oreilles calamiteux.
Mon constat est sans appel : Ces critiques sont totalement injustifiées (la série est inégale mais possède de magnifiques épisodes), mais elles témoignent d’une fâcheuse tendance qui gangrène le monde des comics de super-héros. Effectivement, dans ce monde là, il suffit qu’une critique négative soit mise en réseau depuis un site VO pour qu’elle soit ensuite automatiquement dupliquée à l’infini. Les fans se passent le mot et au final, enterrent une série parce qu’il faut répéter ce que disent les autres. Un étonnant effet mouton, qui parvient à franchir l’Atlantique pour se répandre chez nous, où des hordes d’internautes (appellons-les la Tribu, puisqu’ils sont à ce point au diapason les uns des autres !) crient sur tous les toits que telle série est une bouse (ou au contraire un chef d’œuvre), sans même l’avoir lue !
Le résultat ? C’est la fin de BATMAN LE CHEVALIER NOIR, une très bonne série, autonome et intègre, qui aura subi les affres de cet abominable effet mouton.

Si je suis à ce point revêche, c’est que cette série correspondait parfaitement au Batman que j’aime. Ici, le héros évolue seul, sans trimbaler derrière lui douze versions de Robin, trois Batgirl et autant de Batwoman, de Batmite et de Black Canary ! Pas de crossovers malodorants obligeant le lecteur à se disperser sur quinze séries qui ne l’intéressent pas. Soit un Batman pur et originel, dans une version classique et épurée, mâtinée d’une véritable ambiance gothique et nocturne, avec son concert de super-vilains emblématiques, ses méchants de cauchemar d’opérette tels qu’ils nous faisaient frissonner quand on était petit. Une version consacrée, fidèle à ses origines, autonome, avec des histoires possédant un début et une fin, qui ne faisait de l’ombre à aucune autre série.

Bon sang, il y avait pourtant de la place pour cette petite série à part ! Mais non, il a fallu que le fan perturbé trouve qu’elle n’était pas assez CONNECTÉE avec le reste du Batverse pour qu’il montre les dents et, dans une mauvaise foi hallucinante, invente des critiques ineptes à destination de cette création un tant soi-peu différente…
Avez-vous vu l’état dans lequel sont tombés les comics Marvel et DC aujourd’hui ? Il n’y pas de quoi en être fier, n’est-ce pas ? Est-ce vraiment mieux que BATMAN LE CHEVALIER NOIR ? Je pense très sincèrement que l’on a, au final, la politique éditoriale que l’on mérite…

Quand Batman donne dans le social... © DC Comics

Quand Batman donne dans le social…
© DC Comics

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Seul contre un parterre de fans con…vaincus que le BATMAN CHEVALIER NOIR, c’est de la merde, Tornado réhabilite la série de Finch et Jenkins en passant l’intégralité de la série au Bat-Crible-Fin.  Non seulement, c’est de la bonne mais les Bat-Fans ont tort ! Plaidoyer chez Bruce Lit !

 

BO : George Harrison : Beware of Darkness

Méfiez-vous de l’effet mouton et de cette tribu qui condamne une série sans même l’avoir lue…

67 comments

  • Tornado  

    Le GOTHIC est bel et bien de Morrison, pas de O’Neil. Et ça pourrait franchement te plaire. C’est une histoire classique de Batman, autonome, très linéaire, mais très bien fichue.
    J’ai tout le run de Morrison qui m’attend sur mes étagères, et que je n’ai toujours pas lu.
    J’avais failli me laisser tenter par NO MAN’S LAND, mais je venais de revendre KNIGHTFALL et j’avais compris que ces gros events/crossovers noyés dans la continuité avec 1 bon épisodes pour 2 autres moyens ou mauvais n’étaient pas pour moi.

    • Matt  

      Ouais ben c’est un peu ça.
      Enfin…pour être franc le tome 1 de No man’s land est très bon. Il n’y a encore que Batman, vaguement Huntress, et Oracle. Et plein de guerres des gangs entre civils, la police qui forme un gang aussi, des questionnement sur l’animal qu’est l’homme en absence de lois, tout ça, un arc sympa avec l’épouvantail qui entretient la peur de réfugiés pour en faire des fanatiques…

      Mais dès le tome 2, puis 3, la foire aux slips !

  • JP Nguyen  

    Sinon, Matt, tu devrais tenter les Batman : Black and White. Urban a tout ressorti il y a quelques années et il y a tant de déclinaisons de Batman que tu devrais y trouver quelques perles qui te parlent…

    • Matt  

      C’est quoi ? C’est en noir et blanc ?^^

    • Matt  

      Ah j’oubliais que j’ai lu quelques Batman aventures.
      Catégorie « jeunesse » mais comme ça me rappelle le dessin animé, c’était cool^^ Et il y a de bons petits scénarios, comme celui ou l’épouvantail rend tout le monde analphabète avec des ondes ou je ne sais quoi…et que ça engendre la panique et l’ignorance.
      C’est une des rares fois ou j’ai vu le background de Crane comme professeur exploité, sa frustration en tant qu’enseignant face à la « grossièreté » culturelle.

    • Matt  

      Je suis très beaucoup fan du DA^^
      Il y a pour moi les meilleurs développements de personnages dedans : two-face, Freeze, Ivy, Clayface
      Il y a de l’émotion, on se sent désolé pour les méchants parfois, pour moi c’est vraiment une œuvre majeure, et super couillue pour un truc « pour les gosses »

      • Tornado  

        Je suis entrain de me refaire toute la série animée avec mes enfants. Ils aiment beaucoup.
        Dans les classiques que tu n’as pas cités, je recommande :
        – Les Fous d’Arkham
        – le Dark Knight Returns de Miller (évidemment)
        – Gothic (donc)
        – Robin et Batgirl Year One
        – Minuit à Gotham (on en a déjà parlé..)
        – les Matt Wagner (Batman & les Monstres + Batman & le Moine Fou)
        – Les Patients d’Arkham
        – Batman Noël

        • Matt  

          Je n’arrive pas m’intéresser à ces titres. J’en ai feuilletés, ça me branche pas.
          Batman Noel est beau mais l’idée ne m’intéresse pas.
          Batman returns non plus, un vieux Batman énervé et violent ne m’intéresse pas. Je ne condamne pas l’idée hein, mais ça me fait pas envie.
          Robin et Batgirl…euh…comment dire ? Je n’aime pas ces persos.
          J’ai feuilleté les Matt Wagner aussi. Peut être. J’accroche pas au dessin alors bon…j’espère que les histoires sont top.

          Minuit à Gotham ouais, lui je pense me le procurer.

    • Eddy Vanleffe  

      J’ai vu et c’est très intéressant pour moi sur au moins deux volumes.
      le white Knight risque de partir à la vitesse de la lumière.

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