Des histoires à raconter (The Leftovers)

The Leftovers de Tom Perrotta et Damon Lindelof

Des anges…

Des anges…

CYRILLE M

1ère publication le 8/09/17- MAJ le 08/12/18

VF : Warner Bros

The Leftovers est une série télévisée américaine terminée. Elle a été diffusée par HBO en trois saisons, respectivement en 2014, 2015 et 2017. Alors que les deux premières saisons comportent dix épisodes, la troisième n’en présente que huit.

Si vous ne l’avez pas vue, et que vous avez l’intention de vous y mettre un jour ou l’autre, vous risquez de perdre quelques surprises lors de la lecture de cet article…

L’histoire

Le quatorzième jour d’octobre, dans les années 2010, deux pour cent de la population mondiale disparaît d’un seul coup, dans un évanouissement, comme le ravissement de la Bible. Voilà ce que dit Wikipédia de cet événement :

« L’enlèvement de l’Église (ou ravissement) est un évènement de l’eschatologie chrétienne, dans lequel les chrétiens seraient transportés au ciel et rassemblés pour y rencontrer le Christ à son retour, sept ans avant l’établissement de son règne. »

Des enfants, des mères, des pères, des compagnes et compagnons de tout âge et de toutes les conditions n’existent soudainement plus, laissant leurs familles et amis choqués, confrontés à un événement mondial inédit, devenant ainsi ceux qui restent (the leftovers). Certaines célébrités en font également les frais, ce qui donne quelques clins d’œil savoureux, notamment à Gary Busey, le surfeur-acteur.

La série suit plusieurs personnes de Mapleton, une ville imaginaire en banlieue de New York, qui font toutes partie de l’entourage des deux personnages principaux : Kevin Garvey Jr (Justin Theroux), le chef de la police, et Nora Durst (Carrie Coon). Nora questionne les personnes ayant eu des disparus dans leurs proches pour le compte d’un organisme d’Etat, un questionnaire long et aux nombreuses questions déroutantes, portant sur les sentiments des interrogés ou sur les habitudes hygiéniques des disparus, un questionnaire qui peut rappeler celui de Blade Runner si on est un peu tordu.

La série débute trois ans après l’événement, nommé le Départ Soudain (Sudden Departure). La vie ne semble pas, à première vue, avoir beaucoup évolué, mais ce moment inexplicable a laissé des traces bien profondes : la religion a pris une place bien plus importante, mais surtout par les sectes qui ont pris de l’ampleur, les religions classiques périclitant peu à peu. La plus populaire est celle des Survivants Coupables (Guilty Remnants) : ils font vœu de silence, s’habillent uniquement en blanc, fument clope sur clope, n’ont plus de propriété personnelle, jettent toute image, jusqu’à supprimer les miroirs.

Jill, à droite, adolescente typique en perte de repères

Jill, à droite, adolescente typique en perte de repères  
Source Cinematte
©HBO

Laurie Garvey (Amy Brenneman), la femme de Kevin, a rejoint les Survivants Coupables. Kevin vit donc seul avec sa fille Jill (Margaret Qualley) et une amie de cette dernière, qui n’a plus de famille. Malgré sa position de chef de la police, il est aussi perdu que tout le monde. Jill a un comportement dépressif, et les jeunes en général passent leur temps à faire la fête, d’abuser d’alcool et de drogue, et d’avoir des comportements déviants et destructeurs.

Le père de Kevin, Kevin Garvey Sr (Scott Glenn), l’ancien chef de la police, est enfermé dans un institut psychiatrique : depuis le jour de la disparition, il a commencé à entendre des voix. Tommy (Chris Zylka), le fils de Laurie et beau-fils de Kevin, a décidé de se mettre au service de Holy Wayne (Paterson Joseph), un prophète auto-proclamé qui aurait le pouvoir de retirer la souffrance des gens en les prenant dans ses bras.

Nora, elle, a perdu ses deux enfants et son mari lors de l’événement, ce qui est très rare. Soudainement seule et désemparée, elle fait preuve d’un cynisme désarmant autant qu’agressif, et pour ne pas perdre sa douleur, elle paie des prostituées pour qu’elles lui tirent à bout portant avec un calibre de belle taille, protégée uniquement d’un gilet pare-balles. Son frère Matt (Christopher Eccleston) est prêtre, sa femme est tombée dans un état végétatif depuis l’événement : ils furent emboutis par une voiture dont le conducteur venait de disparaître.

D’autres éléments nous semblent étranges : les chiens sont redevenus sauvages et se déplacent en meute, le 14 octobre est devenu une journée de recueillement, les lois ont dû s’adapter à cette situation, et les croyances ésotériques explosent, multipliant les voyants en tout genre. Et parmi eux, certains semblent avoir de vrais pouvoirs de divination, ou sont visionnaires. Mais le doute persistera toujours…

Scott Glenn, increvable et beaucoup plus sympa que son Stick dans Daredevil

Scott Glenn, increvable et beaucoup plus sympa que son Stick dans Daredevil
Source Cinegeek
©HBO

La création

La série est l’œuvre de Tom Perrotta et de Damon Lindelof. Toute la première saison est une adaptation du roman de Perrotta portant le même nom, ce qui explique sa relative unité d’action et de lieu. La principale trame concerne les actions des Survivants Coupables, qui perturbent les commémorations, occupent l’espace public passivement-agressivement, cherchant toujours de nouvelles recrues, ce qui n’est pas compliqué : ceux qui restent ont tous perdu leurs convictions les plus profondes, qu’elle soit religieuse ou scientifique. Le questionnaire de Nora s’attarde sur des détails, mais permet ainsi de fournir une tendance qui pourrait éclairer un aspect physique ou chimique capable d’expliquer ce phénomène.

Les saisons suivantes étant de pures créations, la série trouve une ampleur et une liberté inégalée. Les épisodes durent entre cinquante-deux minutes et une heure et treize minutes, comme Six Feet Under ou The Sopranos auparavant, mais avec moins d’épisodes par saison. Damon Lindelof est également le co-créateur de la série Lost (que je n’ai jamais voulu voir suite aux critiques catastrophiques de mes chroniqueurs personnels), ce qui fait de The Leftovers un mélange étonnant de série intimiste, réaliste et moderne, et de série fantastique, dans laquelle tout peut arriver. Le fantastique ne prend jamais le pas sur le destin des personnages, qui sont nos guides autant que le propos même de la série. Elle ne tombe jamais dans le spectaculaire. Comme dans la vraie vie, plutôt que de s’attarder sur l’inexplicable, les auteurs s’attachent aux réactions de leurs personnages à des situations exceptionnelles.

Tout l’intérêt de cette série réside dans son principe, son postulat : prendre le spectateur par surprise, l’emmener toujours plus loin et refuser toute limite. Tout ce que j’ai pu résumer dans la première partie n’est absolument pas posé dès le pilote, tout s’apprend au fur et à mesure, et la vision de The Leftovers nécessite un certain investissement ainsi qu’une énorme suspension volontaire de crédulité.

Les activistes des Survivants Coupables multiplient les provocations

Les activistes des Survivants Coupables multiplient les provocations
Source Cinegeek
©HBO

Ainsi, dès le troisième épisode, nous ne suivons plus Kevin, Laura, Jill, Nora et les autres : tout l’épisode est centré sur Matt, le frère de Nora, qui vit un vrai polar sur quelques jours intenses pour sauver sa paroisse. Jusqu’à ce moment, il n’était apparu que comme personnage secondaire. Par la suite, il aura droit à deux autres épisodes seuls, tout comme Nora, Kevin, et le père de Kevin. Tous les débuts d’épisodes multiplient les surprises, nous ne savons jamais vraiment où et quand nous sommes, jusqu’à ce que quelques indices nous soient livrés, que ce soit par les dialogues ou les personnages qui apparaissent soudainement. Le meilleur exemple en est sans doute le premier épisode de la seconde saison, qui ne comporte aucun personnage connu avant sa dernière minute.

Chaque épisode peut être vu comme une énigme, une nouvelle clé, une pièce d’un puzzle à considérer pour avoir une vision claire des différentes situations et états d’esprit. En bref, The Leftovers veut nous perdre. Mais pour mieux nous intriguer et nous divertir.

Dans cette série, vous croiserez un cerf enragé, un sous-marin nucléaire français, des gens qui font du trampoline, un tatouage du Wu-Tang Clan, des mannequins de cire, un tueur international, des drones, un somnambule, de l’usurpation d’identité, un mariage au milieu de la rue, des chants aborigènes d’Australie, une lapidation, une ville assiégée, un acteur has-been de sitcom (Perfect Strangers, Larry et Balki en VF) dans son propre rôle, des tremblements de terre… entre autres.

C’est l’incongruité de cette liste qui donne le ton et le credo des auteurs : si des gens disparaissent sans raison, tout peut arriver. Et c’est ce que vivent tous les personnages. Soudainement abandonnés, ceux qui restent deviennent des orphelins, et la plupart des personnages ne croient plus à rien, courent après des chimères. Trouver un sens, coûte que coûte, que même la religion n’offre pas. Une série spirituelle, qui questionne sur les croyances de chacun sans jamais juger.

Comme dans les bds de Daniel Clowes, les nombreux éléments fantastiques ne sont jamais tape à l’œil et la série s’attache surtout à suivre les réactions des personnages, car au fond, rien ne change fondamentalement, la vie continue, et toute action amène une réaction. A proprement parler, ils sont tous plus ou moins pathétiques, et affrontent leurs aventures à reculons, souvent humiliés, souvent perdants, mais toujours survivants. On ne rigole pas beaucoup, mais le casting bourré de talents fait tout passer. L’humour est toujours subtil, léger, décalé.

La fresque utilisée dans le générique de la saison 1
©HBO

Musique et générique

La bande-son occupe une place très importante. Tout comme le récent Westworld, elle revisite certains titres pop et rock au piano (Take On Me de A-ha, Where Is My Mind? des Pixies), n’a qu’un seul vrai thème récurrent écrit par Max Richter, qui est aussi le compositeur du premier générique, celui de la saison 1. Mais elle ne recule devant rien pour passer tous les genres. Vous y entendrez du Al Green, du Fuck Buttons, du Charles Aznavour, du Ty Segall, des Beach Boys, du Rick Astley, du Buddy Rich, du Rihanna… et même des extraits de l’opéra Nabucco, totalement en désaccord avec ce que nous voyons, mais parfaitement pertinent au final.

Le premier générique est très anxiogène et déprimant. La caméra se promène sur une fresque inspirée de celle de la chapelle Sixtine, où des gens tentent de rattraper des proches qui s’envolent vers le ciel. Forcément très catholique, ces dessins inspirés de Michel-Ange amènent un vrai malaise, une détresse soulignée par les violons languissants de la musique. Comme les auteurs veulent nous dérouter sans cesse, ils changeront ce générique dès la seconde saison, en changeant tout : musique, images, ambiance et intention.

Ce second générique est en effet beaucoup plus poétique. Des photos de personnes en train de vaquer à diverses occupations (sauter en parachute, dormir, poser en famille) comportent toujours un ou plusieurs absents, remplacés par des décors climatiques (éclairs, nuages), tandis que la chanson folk (voire un peu country) appelle à une certaine communion, autour d’une chanteuse chaleureuse et solaire.

Il n’y a pas de troisième générique pour la saison 3. Il est cependant différent : il reprend les images du second générique mais est à chaque épisode accompagné d’un titre différent, que ce soit une reprise jazz de Personal Jesus de Depeche Mode par Richard Cheese ou 1-800 Suicide de Gravediggaz.

Ainsi, même le générique de la série fait partie intégrante de l’épisode, lui donnant une teinte particulière : dramatique et dépressive pour la première saison, enjouée et enthousiaste pour la seconde saison, où chacun des personnages prend une nouvelle direction, et intrigante et souvent incongrue pour la troisième saison, la saison de tous les excès, où les événements se déroulent quelques semaines avant le septième anniversaire du Départ Soudain.

Au total, plus d’une centaine de morceaux sont utilisés pour les vingt-huit épisodes de la série, choisis avec un grand soin : parfois, il faut pouvoir comprendre les paroles, les sous-titrer devient quasiment nécessaire car leur propos fait directement référence à l’action. Imaginez-vous sincèrement passer Take On Me de A-Ha sur une scène de rupture sans que cela fasse sens ?

La fin

Est splendide. Le dernier épisode est une sorte de bulle, loin de tout ce que nous avons vu, mais conclut presque toutes les énigmes soulevées (certaines restent pour moi sans réponse, mais sont anecdotiques), et ceci par un long dialogue entre nos deux héros, autour d’un thé, dans une cuisine banale. Ce dialogue est un tour de force : jamais ennuyeux, il ne reste jamais fixe sans être dynamique, favorise de longs et lents travellings, sans nous enfermer. Et ceci également grâce aux acteurs, qui nous hypnotisent littéralement. The Leftovers veut peut-être nous rappeler que le meilleur de nos vies n’a pas besoin de spectaculaire, simplement d’autres gens, ceux qui restent, avec lesquels on peut partager nos histoires.

©HBO

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2% de la population de la population disparaît mystérieusement. L’apocalypse a déjà commencée ? Les trois premières saisons de The Leftovers, la nouvelle énigme du papa de Lost, passée en revue par notre survivant Cyrille M. 

La BO du jour : impossible de passer à côté du second générique, avec la chanson « Let the Mystery Be » de Iris DeMent.

46 comments

  • JP Nguyen  

    « le meilleur de nos vies n’a pas besoin de spectaculaire, simplement d’autres gens, ceux qui restent, avec lesquels on peut partager nos histoires. »
    que c’est joliment dit !
    Ton article éveille mon intérêt pour cette série mais sa non-disponibilité sur mes canaux habituels me semble rédhibitoire… Et puis…même si elle est terminée… je n’arrive pas à voir comment je pourrais trouver le temps de m’enquiller 28 épisodes…
    Anyway, well done, Cyrille !

    • Jyrille  

      Merci beaucoup JP ! Tu sais que cela ne représente que 28h de visionnage ? Bon de toute façon si un jour tu en auras envie, tu la regarderas… car au final je suis très content de t’avoir intrigué :)

  • Présence  

    Voilà une excellente surprise que de découvrir un article sur cette série. J’ai vu passer son titre à plusieurs reprises quand j’ai commencé à m’intéresser aux œuvres de Max Richter, car il en a réalisé la BO. Mais je n’avais pas eu le courage de chercher plus avant ce qui ce cachait derrière cette image fort intrigante que tu as mise au début de l’article.

    Je vois que toi aussi tu as été confronté au concept anglo-saxon à la mode depuis quelques temps : passivement-agressivement. J’ai du mal à savoir s’il s’agit d’une façon de voir les choses un peu originale, qui apporte une information, ou s’il s’agit finalement d’une dichotomie évidente et simpliste.

    L’incongruité de cette liste – Excellente idée que cette liste car elle permet de se faire une idée concrète de la diversité des éléments et des situations.

    Super ! Tu as même consacré un, chapitre à la musique. Du fait de mes goûts très personnels, je ne me vois pas capable d’apprécier Take on me ou Rick Astley dans quelque contexte que ce soit. :) Par contre, j’ai bien accroché sur les albums de Max Richter : The blue notebooks, Songs from before, Vivaldi: The Four Seasons recomposed by Max Richter, From sleep, Three Worlds: Music from Woolf Works.

    • Jyrille  

      Merci beaucoup Présence. Tu soulèves un point crucial, car je ne connais pas bien Max Richter en dehors de cette série. Je ne savais pas qu’il avait fait une réécriture de Vivaldi. Je l’ai trop écouté étant jeune et je m’étais promis de ne plus écouter ce Vivaldi, mais tu donnes envie de me parjurer moi-même. Je crois que je vais tâcher de m’écouter tout ce que tu listes ici, un grand merci donc !

      As-tu regardé l’extrait de la série avec A-Ha ? Et le générique de la saison 2 ? Cela forme un tout. Je trouve que depuis quelques temps, entre Legion, True Detective et The Leftovers, les BO de série sont de grande qualité. Cela a souvent été le cas depuis une quinzaine d’années, mais pas avec autant de goût et de subtilité (en dehors des thèmes classiques de génériques des années 70 et 80).

      Passif-agressif : le concept n’est pas nouveau, Placebo en avait fait une chanson dans leur album de 2003. Je pense que c’est une vraie attitude destructrice (c’est celle de Skyler, la femme de Walter White dans Breaking Bad, lors des deux ou trois premières saisons), et je pense parfois m’y confronter moi-même dans mon entourage. Je serai bien en peine de savoir si ce terme est simpliste ou s’il peut être remplacé par un vrai terme psychologique… Omac pourrait sans doute nous aider sur le coup !

      Enfin, merci pour ma liste incongrue, car tu as trouvé le point central de ma chronique : c’est avec cette idée que j’ai élaboré tout le reste. En visionnant la série je me suis rendu compte de la richesse et de l’imagination délirante du tout, et il fallait absolument que je pose ceci quelque part. Et ainsi, vous avez lu le résultat.

      Dernier point, encore une fois musical : mon titre fait directement référence à une chanson que j’ai trop écoutée depuis un an (à cause de mes deux rejetons qui en sont fans). La voici : https://www.youtube.com/watch?v=yBwtAySu7Mg

      • Bruce lit  

        Je ne trouve pas que la séquence A-Ha fonctionne super. Mais je n’ai pas vu la série.

        • Jyrille  

          L’extrait est trop court pour que tu puisses t’en faire une idée.

      • Présence  

        Non, je n’ai pas regardé l’extrait de la série avec A-Ha, parce que ce clip et cette chanson font partie de ceux qui m’ont fait comprendre que la musique que j’appréciais à l’époque n’aurait jamais le droit d’antenne sur les chaînes généralistes. Chacun ses traumatismes…

        Concernant Max Richter, j’ai eu envie au début de cette année de découvrir quelques œuvres minimalistes, ce qui m’a amené à Philip Glass (je suis encore dedans), puis de fil en aiguille à Max Richter.

        Passif-agressif – Ta remarque m’a incité à aller consulter l’article wikipedie (chose que je n’avais pas faite) et à me rendre compte que je n’avais pas compris ce dont il s’agit. Copié-collé de wikipedia : Un comportement passif-agressif est un ensemble d’attitudes dites passives qui expriment indirectement une hostilité cachée qui n’est donc pas assumée ou vécue : rancune, frustration, haine, colère, malaise relationnel… Les attitudes passives consistent en diverses formes de résistance, d’impuissance apparente ou d’évitement dans les activités et relations interpersonnelles.

        Même si je n’ai pas écouté la chanson que tu cites à la fin, j’ai offert ce CD à ma fille, à sa demande.

        • Nikolavitch  

          en termes de minimalisme, essaie aussi Steve Reich. c’est souvent aride, mais quand on rentre dedans, c’est en fait d’une richesse étonnante.

          • Présence  

            Merci pour la suggestion. Je note ça dans ma liste à découvrir.

          • Bruce lit  

            @Présence : je maintiens que Scoundrel Days de A-ha est très bon album pop-rock. Qui n’a pas à rougir devant les Duran-Duran ou Tears for Fears qui m’ont toujours exaspérés et pourtant réhabilités aujourdhui.
            @ Cyrille : voilà, on a vu le 1er épisode hier et c’est un très bon début. Même si je trouve que les ambiances musicales surjouent la mélancolie et que encore, le héros est un flic. Il y a une accroche originale des personnages, notamment la secte des fumeurs. Merci !

  • Tornado  

    Punaise, tu vends ça bien, quand même.

    Je mets l’idée de côté au cas où j’aurais du temps disponible, ce qui ne sera pas le cas tout de suite. 3 saisons et 28 épisodes, c’est à peine plus qu’une seule saison de Desperate Housewives, et je les ai toutes vues (mais je n’avais pas encore d’enfants à l’époque…).

    Comme toi, il suffit qu’une fin soit magnifique pour que je réévalue à la hausse la totalité d’une oeuvre. Les exemples en la matières sont nombreux : « Tigre et Dragon », « The Boys », entre autres…

    • Jyrille  

      Merci beaucoup Tornado ! Sincèrement, je me suis remis aux séries télé depuis un ou deux ans avec un certain sérieux, en tentant de rattraper mon retard abyssal, et The Leftovers fait carrément partie des meilleures pour le moment. Gros coup de coeur pour ma part.

      Je n’ai toujours pas vu Tigre et dragon en entier (la honte) et je ne pense pas lire The Boys un jour (pour le coup, c’est vraiment super long !). J’ai commencé Last Man aujourd’hui, c’est super bien ! Drôle et fun, avec des personnages attachants et une envie de connaître la suite. Je conseille à tous, surtout Bruce le fan de Dragon Ball.

      Quant à la fin, elle ne me fait pas remonter la série (même si forcément, certains épisodes peuvent moins plaire) mais elle conclut tellement bien la série, elle est tellement à sa hauteur, qu’elle ne peut qu’être saluée. Surtout que la série aurait très bien pu continuer. Mais non, on est en face d’une fin en bonne et due forme, totalement humaniste et pleine d’amour, du drama de qualité, avec des moments légers et qui n’en fait pas des tonnes du tout. Superbe écriture.

      • Bruce lit  

        J’ai commencé Last Man aujourd’hui, c’est super bien ! Drôle et fun, avec des personnages attachants et une envie de connaître la suite. Je conseille à tous, surtout Bruce le fan de Dragon Ball.. Ahem, je vois que tu as du retard quand même….et surtout la mémoire courte..
        J’ai fini le volume 10 hier. Ce que je reproche à la série ; plein d’événements et de personnages dont il n’est pas aisé de se rappeler tous les six mois. Mais c’est effectivement d’un très bon niveau.

        • Jyrille  

          Ah ah ! Effectivement, je me disais bien en écrivant que tu en avais déjà parlé… Je relirai ça ! Et j’ai un retard abyssale je te dis, jamais je ne lirai tous vos comics de slips. Sans parler de visionner l’Attaque des Titans, des films, des mangas…

          • Bruce lit  

            La saison 2 des Titans est très impressionnante.

          • Matt  

            Ce n’est pas la dernière la saison 2 de l’attaque des titans, je me trompe ? C’est pas fini, non ? C’est une demi saison en plus c’est ça ? 12 épisodes. Espérons que ça se termine avec 12 épisodes supplémentaires. Je ne regarderai pas tant que ce ne sera pas fini.
            Ce que j’aime bien au moins dans les anime c’est que même 2 saisons de 25 épisodes, ça fait moins de 10h.
            Alors que les séries live, les épisodes font 1h, donc on arrive vite à des trucs chronophages à regarder.

          • Bruce lit  

            La saison 3 de l’attaque des tItans s’avère indispensable. 1 épisode = 20 minutes, ça devrait aller ;)

          • Matt  

            Euh…si en fait ça fait bien 14 ou 16h…mais bon on s’est compris.
            The Leftovers ça fait déjà 28h…

  • Bruce lit  

    Une série qui met du A-ha (le groupe de mon enfance avant que le rock vienne foutre le bordel- Mais A-ha pouvait être très pop par moment) en ost n’est pas tout à fait mauvaise.
    D’entrée, j’aurais tendance à me braquer : cela m’a tout l’air d’un récit choral et surtout Lost ayant été une putain d’arnaque télévisuelle, je ne veux pas m’investir dans ce qui aurait de près ou de loin rapport avec ce machin.
    Mais, puisque tu affirmes que toutes les énigmes sont résolues, qu’il y a du contenu et que la fin vaut la peine, je pourrai me laisser tenter par cette série où notre place dans ce monde se définit par son absence. Beaucoup de situations semblent assez originales comme celle où la nénette se fait tirer dessus pour ne pas oublier la souffrance.
    Merci pour cette découverte.

    • PierreN  

      Chouette article (à en juger par ce que j’ai pu en lire), mais je préfère le garder pour plus tard puisque j’ai commencé à regarder la première saison récemment.
      @Matt: Si le nombre trop important de saisons à ton goût ne te convient pas, il y a aussi les excellentes séries qui n’ont pas duré plus d’une saison (Freaks and Geeks, Wonderfalls, Le Prisonnier, Police Squad, Firefly, Life on Mars, etc) soit par choix (mais c’est rare) ou en raison de faibles audiences.

      • Jyrille  

        Merci Pierre ! Tu me rapells que je dois regarder Life on Mars et sa suite Ashes to ashes… Toi qui regarde la première saison, qu’en penses-tu pour le moment ?

        • Tornado  

          Life On Mars : J’ai vu la série originale anglaise (2 saisons) et c’était un régal ! Du coup, je n’ai pas regardé le remake américain.

          • Jyrille  

            Il y a un remake américain ? Je ne savais même pas. Je parle des séries anglaises.

            Bon ça m’énerve de ne pas avoir encore le temps de vous répondre correctement (je pense surtout à Présence, Tornado et Bruce). Dans la journée j’espère que je pourrai me dégager un peu !

    • Jyrille  

      Merci chef ! Tu as raison au sujet de l’absence… Ne t’inquiète pas pour Lost, je ne me suis rendu compte de rien. Je repasserai plus tard pour répondre plus largement, car le sujet de la fin mérite d’être discuté.

  • Jyrille  

    Petite précision : ce n’est pas une série chorale car tous les personnages sont toujours en relation les uns avec les autres. Il y en a beaucoup mais moins que dans Game of Thrones.

  • OmacSpyder  

    Ton article rend curieux. Mais je viens déjà tout juste de commencer Legion..! (La faute à un certain article paru très très récemment…)
    J’ai trouvé intrigant l’anecdote de cette femme, Nora, « qui paie des prostituées pour lui tirer dessus avec un gros calibre » tout en portant un gilet pare-balles : une version masochiste du safe sex?!
    2% et tout bascule par petits effets…, et la liste à la Prévert de ce qui apparaît dans la série résonne comme une certaine chanson de Boris Vian!
    La fin de ton article sur la fin de la série est, comme ça a déjà été dit, très joliment formulé et d’une belle évidence.
    Merci Cyrille pour cette découverte!

    • Jyrille  

      Ah tu m’intéresses Omac, quelle chanson de Vian ?

      Sinon et bien merci beaucoup ! Je dois également finir Legion, cela ne devrait pas prendre trop de temps, il n’y a que huit épisodes après tout.

      Par contre j’ai fini Silicon Valley et ça me rend triste tellement j’aime cette série.

      • OmacSpyder  

        Cette chanson Cyrille, que j’avais ajoutée sur FB au post du soir de Présence :

        https://youtu.be/9PTqTjHs5c0

        Oui, pour Legion, 8 épisodes ça devrait pouvoir se regarder. Mais ils sont longs!^^

        • Jyrille  

          Les épisodes de The Leftovers sont encore plus long ! ;)

          Je vais tâcher de retrouver le post de Présence alors, car je n’avais pas tout vu. Merci beaucoup !

        • Jyrille  

          Ah mais je la connais cette chanson ! Merci encore ;)

  • Tornado  

    Dans l’art contemporain des années 70-90 (et notamment dans un mouvement appelé « l’Art Corporel »), il y a eu plusieurs artistes qui se faisaient tirer dessus, et sans gilet pare-balle ! Le plus connu de ces fous-furieux :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Burden

    • Jyrille  

      Je ne connaissais pas du tout cet artiste, merci pour le lien Tornado ! Ni cet art corporel.

  • Patrick 6  

    Encore une série que je ne suis pas près de voir, mais en tous cas tu nous l’as bien vendu ;) Du reste je suis un brin embêté pour cette spéciale série, vu que mon exil géographique a eu pour effet de me désintoxiquer de la télé ! (Provisoirement ?) Du coup je ne connais aucune des séries nommées depuis le début de la semaine ! Bigre.

    • Bruce lit  

      @Patrick : on connaît pas le streaming au Japon ?
      @Cyrille : C’est vrai que le générique est sympa. Le lettrage me rappelle celui du 1er album solo de Jarvis Cocker. Quant au principe de mettre en scène les disparus, ça me rappelle ce site (impossible à retrouver) qui refait les pochettes de rock avce les survivants : Abbey Road avec juste Paul et Ringo, les Bee Gees, Pour les Ramones, il n’y a plus personne !

    • Jyrille  

      Super article, d’une érudition rare. J’ai voulu ajouter un commentaire mais je ne sais pas si cela a fonctionné. Je le remets ici au cas où :

      Merci d’avoir écrit cet article qui m’éclaire un peu plus que les précédents échanges. Comme je te le disais, je devrai faire des recherches moi-même car je n’ai pas le centième de ton érudition, et tu soulèves des points très intrigants.

      De mon côté nous discutons avec un ami des scénarios de la première saison, et il soulève des interprétations que je n’ai pas vu du tout, mais qui font sens vers un prosélytisme que je déteste. C’est assez étonnant, car comme le souligne Photonik, toute la série démonte les charlatans des sectes, ne prouve rien sur une existence possible de dieu, ne donne pas de morale, et fournit des pistes SF ou fantastiques bien loin de l’imagerie de la religion (ou alors est-ce une imagerie moderne, revisitée ? Je ne pense pas, puisque la plupart des personnages n’ont aucun attrait pour la religion, la rejette, et se confrontent à ceux qui ont un fort attachement à cette même religion catholique).

      Je ne voulais pas dévoiler la fin, mais si elle te rassure, alors Photonik a bien fait. Encore merci.

      • Nikolavitch  

        un petit truc : tu utilises le mot « catholique » alors que ce dont je parlais, c’est une forme particulière de protestantisme (donc un christianisme qui s’est construit contre le catholicisme, en réaction aux excès de celui-ci)

        ta réponse est bien passée, tellement bien que je l’ai reçue en quatre exemplaires ! elle est en commentaire du blog, du coup.

        comme je disais, tant mieux qu’on me donne tort. je reste inquiet de voir le Rapture mis à toutes les sauces dans la fiction (j’ai traduit des Spawn, par exemple, où il y avait ça. bon, c’était aussi pour le passer à la moulinette, donc ça m’a fait marrer) parce que ça banalise des idées un peu extrémistes. Si le but de The Leftovers est néanmoins de leur tordre le cou, tant mieux.

        • Jyrille  

          Quand je te dis que je ne connais rien à la religion… J’ai dû faire de sacrées fausses manips pour que mon commentaire passe quatre fois ! Il faut dire que je n’ai pas saisi : il me demandait à chaque fois de valider le captcha…

          Comme je te disais, mon pote trouve dans la première saison des idées un peu prosélytes que je n’ai pas vues, mais pour moi ce n’est pas le cas dans la suite des événements. Tu as raison : tant mieux.

  • PierreN  

    Je rejoins l’avis de Cyrille sur la réussite du final, et notamment sur ce dernier face-à-face poignant (j’avais déjà remarqué Carrie Coon dans Gone Girl, mais là c’est limite s’il me tarde d’arriver à la saison 3 de Fargo, pour la perspective de revoir cette actrice dans une série tv de qualité).

    Cet article revient en détail sur la genèse de ce series finale : http://www.vulture.com/2017/06/leftovers-finale-behind-the-scenes-exclusive.html

    • Bruce lit  

      Dans le Captain America de Spencer, on apprend que l’homme taupe, le vilain des fantastiques, monnaie son aide à la résistance anti-Hydra contre….des DVD de la dernière saison de The Leftovers !

      • Eddy Vanleffe  

        le sens radar permet de regarder des DVDs?

        il est bien aveugle l’homme taupe, non?

        • Matt  

          La dernière fois que je l’ai vu, il avait muté en vraie taupe géante…alors je sais plus où il est est maintenant…

        • Bruce lit  

          Ben, il doit y avoir la version malvoyante sur le DVD.
          En tout cas la scène est aussi cocasse qu’inattendue.

      • Jyrille  

        Ah ah c’est marrant ça, Bruce ! Merci pour l’anecdote.

        Et merci pour le mot et le lien, PierreN, je vais jeter un oeil !

  • PierreN  

    Il n’a pas des goûts de chiotte cet Homme-Taupe (tout comme Kevin Garvey Jr, qui déclare dans cette dernière saison que son film préféré n’est autre que Le Parrain 2).

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