De Jane Austen aux Zombies

Jane Austen : Orgueil et préjugés

Spéciale guest : Fréderique Nancey

1ère publication le 19/02/18- MAJ le 19/0819

Bon cet article va être un peu spécial....

Bon cet article va être un peu spécial….

Il y a de cela deux ans, Fréderique me proposait avec sa collègue Cathy d’animer un apéro Comics à la médiathèque de Conflans/Honorine. Non seulement j’avais le trac mais en plus les deux Wonder-Bibs me présentèrent à Nikolavitch avec qui j’allais débattre. Rencontrer Nikolavitch, c’était déjà quelque chose. Faisant partie des lecteurs qui aime bien lire les crédits et les notes de pochettes en tout petit, je connaissais la réputation  du zigue au fil des années Coulomb. 

Rencontrer Nikolavitch c’est quelque chose hein….Tu meurs de timidité et tu vois arriver une sorte de savant fou d’1m90 qui en te saluant t’échafaude les dernières théories en cours sur Green Lantern  (un héros pour lequel je me suis toujours senti très concerné…) en te donnant l’impression de l’avoir quitté la veille. 

Euh…bref, à la soirée after (comment kis’la pète), on se découvrit avec Frédérique plein de passion commune autour du Sandman de Gaiman et de The Wall. L’alcool et la drogue circulant à flot au milieu de nos enfants négligés, je lançais à Frede le défi d’écrire sur sa plus grande passion : Jane Austen.  Un défi relevé en deux ans du fait d’obligations personnelles et professionnelles, but hey, never say never ! 

Ladies and Gentelmen : Frederique Nancey !

-Bruce

« Pourquoi vivons-nous, sinon pour être l’objet des moqueries de nos voisins et de nous moquer d’eux à notre tour » Mr Bennet, Orgueil et préjugés.
Jane Austen, l’écrivaine d’une génération de femmes ! (1775-1817)

Jane Austen, l’écrivaine d’une génération de femmes ! (1775-1817)

Miss Austen est l’écrivaine incontournable de l’époque victorienne sans cesse une source d’inspiration pour les contemporains que nous sommes. Le but n’est pas de refaire ici une biographie, il en existe déjà mais plutôt de montrer la facette facétieuse de Jane et de parler plus particulièrement de son œuvre principal : Orgueil et préjugés !
Cette demoiselle grandit dans une famille de châtelains et de pasteurs. Il y a pire surtout à cette époque. Son milieu social favorisé lui permet bien vite d’acquérir, très jeune, une ouverture d’esprit et une assurance. D’ailleurs à la maison les six frères et les deux sœurs sont très liés. Les garçons respectent le jugement des filles et leur esprit. Il est tout naturel que Jane soit très proche de sa seule grande sœur, Cassandra. On comprend pourquoi les héroïnes des romans de Jane sont si soudées.

La littérature tient une grande place dans l’éducation de Jane. Le papa lit beaucoup à ses enfants et la bibliothèque de près de 500 volumes fait la joie de Jane. Celle-ci y trouve des romans qui influenceront sans doute son écriture. Jane se met à écrire dans le but de divertir sa famille, elle raconte aussi des histoires qu’elle invente à ses neveux et nièces !
La vie de Jane est relativement tranquille. Noël 1795, elle aurait eu une amourette avec un certain Tom Lefroy, un jeune étudiant en droit irlandais. D’ailleurs un film, assez romantique, est sorti en 2007 intitulé Becoming Jane avec Anne Hathaway.

Ouais, j'la reconnais : c'est Catwoman !

Ouais, j’la reconnais : c’est Catwoman !

Cette année 1796 marque le début de Jane Austen écrivain. En effet, elle travaille sur ce que donnera plus tard le fabuleux Orgueil et préjugés. Mais entre-temps le premier roman qu’elle publiera anonymement sera Raison et sentiment. De son vivant, son nom n’apparaîtra jamais sur la page de titre d’aucun de ses romans et que sa vocation littéraire était un secret que peu de gens partageaient en dehors du cercle familial.

Jane, Orgueil et préjugés et moi :

Comme j’envie les personnes qui n’ont pas encore lu un roman de Jane Austen, comme j’envie leurs émotions, le rire, les larmes et l’agacement. Ce que j’aime chez elle c’est l’exactitude des faits, elle est le témoin d’une époque, d’une vie. Certes, voyons le bon côté des choses, la vie à cette époque n’était pas toute « rose » cependant la lecture d’une œuvre de Jane Austen procure une sensation de douceur et d’apaisement. J’aime les personnages tels que Mr Collins ou Mrs Bennet qui ne voient pas plus loin de que le bout de leur nez. Ils sont si stupides que leurs paroles provoquent des quiproquos en séries ! Et puis au détour d’une phrase Jane Austen, habilement, va nous amener sur une autre intrigue en nous dévoilant peu à peu des éléments qui vont s’imbriquer les uns dans les autres pour donner un final sous le signe de l’apothéose. Jane Austen est pour moi la seule écrivaine de son temps qui peu mêler dans un seul paragraphe amour, ironie et moquerie !

Le comble de l’horreur, se voir demander en mariage par un homme que l’on déteste, l’exagération est de mise dans ces illustrations © Soleil

Pourquoi nous aimons Jane Austen et pourquoi ses livres fascinent encore ?

De toute (sa courte) vie, Jane Austen n’a étudié qu’une seule espèce – les humains-, même si son champ d’action se réduisait à son propre milieu social et aux événements du quotidien. Tous ses romans sont des récits de la vie privée et portent sur les relations personnelles : entre parents et enfants, frères et sœurs, ou entre un homme et une femme qui s’aiment.
En préambule de l’une de ses œuvres elle explique qu’un bon roman exige non seulement « une profonde connaissance de la nature humaine » mais aussi « les plus éclatantes démonstrations d’humour livrées au public dans un langage hautement choisi ». D’ailleurs un de ses biographes, David Cécil, auteur de Un portrait de Jane Austen  dit d’elle : « Elle possédait fondamentalement un génie comique. Son premier instinct la poussait à faire rire son lecteur. »
Voici un lien vers une émission pour découvrir cette grande écrivaine.

L’héritage d’Orgueil et préjugés

Jane Austen n’a écrit que six romans mais tous ont connu et connaissent des dizaines d’adaptations. Aujourd’hui nous allons nous consacrer à ce fabuleux livre : Orgueil et préjugés dont la première mouture s’intitulera Premières Impressions/First Impressions écrit en 1797, remanié en 1809 pour devenir Orgueil et préjugés publié en 1813.
« Il est une vérité universellement admise : c’est qu’un célibataire doté d’une solide fortune a certainement besoin d’une épouse. Si peu connus que soient les sentiments et les opinions d’un tel homme, lorsqu’il vient s’établir quelque part, cette vérité est si bien ancrée dans les esprits des familles voisines qu’elles voient en lui le bien légitime de l’une ou l’autre de leurs filles. » ainsi débute Orgueil et préjugés.

Nous sommes en Angleterre, à la fin du XVIII° siècle ou au tout début du XIX°, dans le village de Longbourn, dans le Hertfordshire, comté de l’Est, où vivent les Bennet. Issue de la bourgeoisie aisée mais ayant connu des revers de fortune, la famille se compose de Mr et Mrs Bennet entourés de leurs cinq filles : Jane, Elizabeth (Lizzie), Mary, Catherine (Kitty) et Lydia.
La principale préoccupation dans la vie de Mrs Bennet, hormis de dominer ses nerfs, est de marier ces demoiselles car, outre que pour des jeunes filles de cette classe sociale à cette époque, c’est à peu près le seul moyen d’assurer leur avenir, le domaine familial est grevé et doit revenir à la mort de Mr Bennet à un lointain cousin. Ce qui laisserait Madame et Mesdemoiselles Bennet sans toit ni revenu.

Lorsque débute l’histoire, l’installation d’un riche gentleman dans un voisinage proche met donc toute la gente féminine de Longbourn en émoi. Si Mrs Bennet a des vues très pragmatiques sur le nouvel arrivant dont les rentes s’élèvent à 5000 livres (une véritable fortune), ses filles ont quant à elles des rêves plus romantiques. Et à la perspective d’élargir leur cercle de connaissances très restreint en l’agrémentant d’un jeune homme susceptible d’allier beauté et fortune vient encore s’ajouter le bénéfice de découvrir un nouveau partenaire pour les festivités qui ne manqueront pas d’accompagner son installation dans le domaine de Netherfield Park. Car à n’en pas douter, ce jeune Mr Bingley ne manquera pas d’offrir à ses voisins quelques réjouissances en se joignant à la compagnie de danseurs et, pourquoi pas, en donnant des bals.

C’est d’ailleurs à l’occasion de l’un de ces bals, dans le bourg proche de Meryton, que les demoiselles Bennet vont faire la connaissance de Charles Bingley, accompagné de ses deux sœurs et de son beau-frère ainsi que de son meilleur ami Mr Fitzwilliam Darcy, un gentleman dont on dit qu’il vient du Derbyshire, comté fort riche qui passe pour être l’un des berceaux de la révolution industrielle, et qu’il possède dix mille livres de rente. Cette richesse ajoutée à la prestance confère au jeune homme des qualités qui vont immédiatement subjuguer toutes les jeunes filles présentes.

D’emblée, les hôtes apparaissent dans toute leur splendeur. Aussi beaux que riches, ils semblent également arborer l’attitude propre à leur classe, un mélange de dignité et d’orgueil, peut-être assorti d’un peu de dédain pour des réjouissances aussi provinciales. Qualités fort heureusement absentes de la physionomie de M Bingley qui s’avère tout de suite un joyeux compagnon et un infatigable danseur.
Et un fervent admirateur de Miss Jane Bennet qu’il accapare à chaque danse.

Malheureusement, le séduisant Mr. Darcy affiche sur son visage et dans ses manières le peu de cas qu’il fait de cette société : il passe la soirée sans prendre part à la moindre danse, si ce n’est pour ne pas condamner Miss Caroline Bingley et Mrs Hurst à faire tapisserie. Et lorsque Charles Bingley l’exhorte à prendre part à la bonne humeur ambiante en invitant Elizabeth Bennet, la sœur cadette de sa cavalière, l’orgueilleux gentleman, après avoir croisé le regard de cette dernière, déclare avec morgue qu’elle est « passable, mais pas assez jolie pour le tenter ».

Le sort en est jeté : Elizabeth a entendu cette remarque fort offensante et s’est promptement fait une opinion de ce hautain personnage qui la dédaigne de façon aussi cavalière. Désormais, tout ce que dira ou fera Mr. Darcy sera frappé du sceau infamant de l’orgueil et il faudra à Lizzie tout le roman pour comprendre à quel point elle s’est fourvoyée dans son opinion hâtive et que sa principale erreur aura été de se conformer à ses préjugés.
Il est très difficile de faire un résumé de cette œuvre tant la psychologie des personnages est fine. Gardons à l’esprit le trait d’humour et l’esprit satirique que Jane Austen donne à son œuvre. Elle qui n’est qu’un simple témoin de la vie des provinciaux anglais qu’elle côtoie.

Dans ce roman, Jane Austen réunit une multitude de personnages, les passe à la loupe et nous montre qui (et ce qui) est admirable, qui a des défauts, mais est pardonnable, qui est risible et qui est abject.
Dans ce roman hautement rythmé le lecteur alterne entre des personnages complétement à côté de leurs pompes et bruyants comme :
Mrs Bennet qui ne comprend rien à rien, idiote à souhait et n’a qu’une envie : marier ses filles coûte que coûte. Son mari Mr Bennet qui se réfugie dans sa bibliothèque pour échapper à ses filles mais surtout à sa femme.

Lydia et Kitty Bennet, les plus jeunes sœurs d’Elisabeth, crétines et écervelées ne pouvant paraitre en société sans attirer des ennuis à leur famille.
Mr Collins vaniteux et pédant cherchant sans cesse l’affection de Lady Catherine de Bourgh, riche et arrogante.
Puis d’autres personnages apaisent ce défilé de personnages grotesques.
Elisabeth Bennet, mon personnage préféré de toute l’œuvre de Jane Austen. Elisabeth est fine, intelligente et têtue. Elle veut le bonheur de sa sœur Jane au point de mettre le sien entre parenthèses. Elle a en elle cette rage féminine, car même si elle est libre de ces ses propres faits et gestes, les codes de l’époque montrent bien qu’une femme doit justement rester à sa place (se marier principalement). Le mariage, oui mais pas n’importe lequel, elle veut être amoureuse.
Mr Darcy c’est le personnage orgueilleux mais qui cache son véritable tempérament. Il est réservé et seule Elisabeth par sa joie de vivre et son intelligence arrive à déceler son véritable tempérament et à changer son comportement au fur et à mesure du temps.

Les adaptations :

En littérature comme au cinéma, les adaptations de ce livre sont très nombreuses mais nous allons nous concentrer que sur quelques-unes.
La plus fidèle est sans aucun doute la version de 1995 de la BBC, il est évident qu’en six heures, toute la finesse et le croustillant y est préservé. Elisabeth garde sa fraîcheur du début à la fin et Mr Darcy est vraiment antipathique au possible.

La version plus édulcorée réalisée en 2005 par Joe Wright avec Keira Knightley, Matthew MacFadyen. En deux heures il est compliqué de faire une adaptation hautement fidèle du roman. Wright a parfaitement cerné les personnages mais le côté romantique est trop important, le côté « comique » existe peu. J’avoue que j’aime cette version car les images sont magnifiques et Keira est une Elizabeth malicieuse !

Voici quelques adaptations beaucoup plus libres :

Une adaptation très libre

Le journal de Bridget Jones d’Hélène Fielding,
Bridget a presque trente ans et n’est toujours pas mariée. Entre une mère égoïste et des amis plus ou moins en couple, elle cherche le prince charmant qui changera sa vie, son regard sur elle-même et sur le monde. Comment s’y prendre avec les hommes ?

Ok lorsqu’on lit le résumé on se demande où est Orgueil et préjugés dans tout ça et bien il est partout. Madame Fielding a commencé par donner le même nom à son personnage principal masculin : Mr Darcy. Ce Darcy que Bridget alias Lizzie Bennet déteste, ce mec arrogant. Cleaver, le patron de Bridget (au tout début du film) n’est que la copie de Wickham ce fourbe menteur et manipulateur.
Le film est drôle et bien interprété, j’adore le clin d’œil à l’adaptation de la série BBC de 1995. En effet Bridget fantasme complètement sur la scène ou Mr Darcy revient d’une baignade dans son lac, sa chemise mouillée et ses cheveux en bataille. Quel homme !

Il y a encore pleins d’autres adaptations d’Orgueil et préjugés au cinéma que je n’ai pas encore mentionnées que ce soit la toute première de 1940 à Bride & Prejudice / Coup de foudre à Bollywood, 2004 en passant par des séries telles que Lost in Austen/ Orgueil et quiproquos, 2011.
Notons que les dernières adaptations livresques ou cinéphiles sont des « prolongations » d’Orgueil et préjugés comme le roman de P.D. James La mort s’invite à Pemberley, Fayard, 2012 adapté au cinéma très récemment.

L’adaptation la plus originale est : Orgueil et préjugés et zombies

L’adaptation la plus originale est : Orgueil et préjugés et zombies

Même histoire mais l’Angleterre n’est pas aussi si paisible que dans la version originale, des zombies (les innommables) ont envahi les campagnes : « Il est une vérité universellement reconnue qu’un zombie qui possède des cerveaux éprouve inévitablement le besoin d’en posséder davantage… »
Les filles Bennet s’entrainent dur pour le combat et n’hésitent pas à salir leurs jolies robes lors de combats sanglants. Tandis que leur mère cherche à les marier, le père lui ne jure que par l’entraînement aux arts martiaux. Un homme n’est jugé que sur ses qualités à manier le mousquet, pour les demoiselles Bennet c’est LE critère de sélection, pas folles les guêpes !

Autant l’adaptation parodique de Seth Grahame-Smith n’a aucun intérêt autant le film reste un bon petit moment de divertissement. Ma scène préférée étant la déclaration d’amour que Mr Darcy fait à Elizabeth tout cela dans une joute au katana !
Le plus amusant reste l’adaptation en comic de Tony Lee au scénario et Cliff Richards aux illustrations. On y retrouve l’aspect parodique du roman et les répliques cinglantes du roman original mais en version plus actuelle. Elisabeth tombe véritablement amoureuse de Darcy lorsqu’elle voit, pour la première fois, sa riche propriété de Pemberley dans la version zombie c’est : « je crois que ça remonte à la première fois que mon regard s’est arrêté sur la manière dont son pantalon serrait ses parties les plus fières ! »
En somme, une vraie femme moderne cette Elisabeth !

Bref, vous l’aurez compris, la version zombie c’est : l’amour on s’en fout, les mecs peuvent aller se rhabiller et les filles sont des vraies ninjas chasseuses de zombies toc ! du féminisme bien sûr que oui après tout on dit qu’Orgueil et préjugés est LE roman au féminisme prémonitoire et ce n’est pas Virginia Woolf qui nous dira le contraire mais là je m’égare…

Une autre adaptation toute fraîche de 2016 est apparue sous forme de manga et s’intitule très simplement Orgueil & préjugés. Un défaut pénible : la bienséance a disparu et Lizzie m’agace lorsqu’elle s’adresse à Mr Darcy en l’appelant Darcy c’est vraiment insupportable. Les codes de l’époque qui font la richesse de ce récit ont complètement disparu.

Comic book : Tony Lee au scénario et Cliff Richards aux illustrations

Comic book : Tony Lee au scénario et Cliff Richards aux illustrations© Casterman

 

 

——

 Du manga aux films en passant par les comics zombies, découvrez les différentes incarnations du fameux roman de Jane Austen : Orgueil et Préjugés. 

La BO du jour :

34 comments

  • Patrick 6  

    Alors là je dois avouer ma complète inculture en matière de Jane Austen !
    Je ne la connaissais qu’au travers des diverses adaptations de son œuvre dont, soyons honnête, aucune ne m’a vraiment attiré !
    Du reste c’est amusant que tu parles de Bridget Jones car c’est exactement l’image que j’en avais : une Bridget Victorienne ! (Ton article m’apprend que c’est en réalité le contraire : c’est Bridget qui est une Jane Austen Moderne ! Mea culpa)
    Bref fuyant l’image « roman pour femme » (ouch quelle formule horrible, comme si les femmes ne pouvait lire que du Levy ou du Musso) je l’ai toujours zappé. A tort manifestement puisque j’imaginais une œuvre ou le romantisme tarte était prédominant alors qu’il semble que l’humour soit le maitre mot…

    Par contre attiré par l’idée (attrayante sur le papier) de mélanger littérature et Zombies j’ai lu le comics version mort-vivant et j’avoue ne pas avoir pu le finir ! J’avais trouvé le dessin semblable au scénario : raide et figé :(

  • Frede  

    My dear Patrick 6. En degustant une fabuleuse tasse de thé je lis ton commentaire et t’en remercie. Jane mérite que l’on s’intéresse à elle comme une femme moderne de son temps. Elle avait tout compris des travers de la société de son époque et a su s’en moquer ! Une délicieuse et subtile moquerie of course. Certes l’adaptation comic book n’est pas parfaite mais amusante ! Et que serait la vie sans moqueries!

  • Matt  

    Je ne savais pas non plus que Orgueil et préjugés était comique. Tout ce que j’en connais c’est le film mentionné avec Keira Knightley que j’avais trouvé…ma foi pas mauvais grâce à la prestation de l’actrice justement, mais pas vraiment à mon goût car trop « comédie romantique » (même s’il y a bien pire que ce film dans le genre.)
    Article intéressant donc.
    ALors par contre les zombies, ils vont aller se faire foutre avec moi^^ C’est typiquement le truc qui me gonfle de foutre des zombies n’importe où, un pur produit de cette foutue mode qui les a vu pulluler partour et qui m’insupporte. Dans les westerns, dans Star Wars, dans la littérature, dans tout type de jeux vidéo…ça m’a dégouté de ces foutues bestioles qui n’ont de toutes façons absolument rien d’intéressant en dehors de la métaphore de Romero qui est elle-même usée jusqu’à la corde avec tous les films et comics.

    • Frede  

      Merci Matt. La sauce « zombies » n’est certainement pas très très originale. D’ailleurs la version comic plus sympa que la version roman. Là-dessus je suis d’accord, l’auteur a juste ajouté une petite pince zombie et une pointe de dégoût, ce qui n’apporte pas grand chose! bon a bien le droit de s’amuser! que serait la vie sans amusement!!!

  • OmacSpyder  

    C’est avec une certaine gourmandise et que je lis cet article. Celui-ci me ramène au raffinement du propos de Jane Austen dont les dialogues ciselés décrivent à merveille le jeu des rapports humains. Lire ou voir Orgueil et Préjugés, c’est prendre le temps et réapprendre le goût du temps pour les choses de l’ordre, ou du désordre justement, des sentiments. C’est saisir dans toute sa complexité vivace de ce qui passe à côté lorsque le langage et la pensée à propos des sentiments se disjoint. C’est aussi comprendre comment les convenances embarrassent mais qu’elles composent le sel de toute relation, provoquant des sensations inédites qui poussent à ressentir et à écrire. C’est être à contre-courant de l’immédiat et des critères de compatibilité, pour retrouver l’importance du temps en toute chose sensible, et que l’on passe de l’affront à l’attachement lorsque l’on apprend à écouter. C’est rappeler que le malentendu n’est pas polémique ni combat, sinon intérieur, et que celui-ci définit les relations humaines. C’est de rendre compte qu’il devait faire bon regarder ces hommes et ces femmes en tenue victorienne.

    Le propos de cet article, lequel aura pris le temps nécessaire pour nous parvenir, me permet de confirmer une intuition. A savoir que les deux Darcy, celui d’Elizabeth et celui de Bridget, sont liés à travers les époques. Avoir vu l’excellent Colin Firth incarner ces deux figures m’avait fait toucher du doigt cette connivence qui devait bien dépasser celle du nom et de ce caractère, disons, encombré. Ce Monsieur Darcy est donc bien cette figure du malentendu féminin, mettant du temps à dévoiler sa pudeur pour manifester du bout des lèvres et du geste ses sentiments empêchés.
    Il me revient un souvenir où une chère amie avec laquelle je m’entendais plutôt bien m’avait une fois invité à me rapprocher d’elle en me disant : »Voyons, Darcy, n’ayez pas peur de vous rapprocher… » avec un sourire en coin. Je sus alors toute la complexité de l’âme féminine et en même temps eut un aperçu de ses raccourcis justes et saillants qui savaient pointer en une phrase le comique d’une situation, en disant sans dire. Ce qui était d’une pudeur fabuleuse…

    Je pense que ce roman, ou à défaut sa version filmée, pourrait être au programme dans les collèges pour montrer ce qu’il en est des rapports entre garçons et filles. Que loin des clichés des clips et de la pornographie fut- elle soft à travers la publicité, les rapports entre garçons et filles sont de cette nécessité : la pudeur et l’humour, le regard posé avec soin. Que le malentendu va de soi, Elizabeth et Bridget sa petite soeur contemporaine nous le rappellent avec leurs impairs et leurs manques. Et que ce malentendu exige le respect, du temps nécessaires au discernement, sinon à s’engouffrer avec orgueil dans des préjugés.
    Merci pour cet article qui aura abouti tout compte fait, et d’une bien jolie façon. Il donne envie de se resservir une tasse de thé et d’écouter une musique particulière que je vais m’empresser d’ajouter sur le fil…

    • Frede  

      Que dire de plus : rien! merci pour cet élogieux commentaire ! quelle richesse et fine analyse, oui je milite aussi pour que cet immense ouvrage de Jane Austen soit au programme!

  • Eddy Vanleffe  

    Je n’ai pas lu ce roman mais bien d’avantage que ceux de Céline, je me demande s’il ne répondrait pas à mes aspirations profondes de lecteur.
    J’adore, voire j’idolâtre l’esprit féminin, cet humour, cette pétulance.
    Je ne me considère même pas comme féministe mais je me sens très féminin, et pourtant pas du tout déstabilisé par ce constat pour me remettre en cause au niveau de mon identité.
    Jane Austen est à humble avis aussi important qu’un Dumas où peut être même un Zola chez nous. c’est pas de la lecture féminine, c’est de la littérature tout court…

    • Frede  

      oui, bien vu ! Jane Austen est pour vous messieurs! quel monument de littérature!

  • Tornado  

    Et bien voilà qui m’a donné envie de lire du Jane Austen, ou tout au moins à regarder les adaptations ciné. Je connais déjà « Raison et sentiments » que ma femme (une fan) m’a montré sitôt que l’on s’est rencontrés…
    C’était très bien d’ailleurs, ce film avec Emma Thompson, Kate Winslet, Hugh Grant & Alan Rickman.

    Les adaptations en BDs ne m’attirent pas. Je trouve cela-dit que les dessins de Cliff Richards sont d’une extraordinaire perfection. Je suis rassuré d’apprendre qu’il ne s’agit pas de Terry Dodson. car j’ai cru un moment que c’était lui, alors qu’en règle générale je déteste ce dessinateur. Comme quoi mon appréciation du dessin tient à pas grand chose…

    • Frede  

      Madame a de bons goûts, Raison et Sentiment est une pépite filmée avec une délicatesse qui n’appartient qu’à Ang Lee. Il faut voir les adaptations de la BBC, du croustillant en barre! En ce qui concerne les adaptations en BD il y a une version manga aussi pour Sense and Sensibility mais avant tout cher Tornado lisez et émerveillez-vous de l’univers de Jane Austen!

  • Présence  

    N’ayant jamais lu un livre de Jane Austen, voilà un article qui tombe à pic pour ma culture. Ayant été intrigué par l’annonce d’un comics Orgueil & Préjugés et zombies, j’étais allé voir la page wikipedia du livre de Jane Austen pour essayer de comprendre ce dont il retourne.

    Après avoir lu l’article d’aujourd’hui, j’ai compris que la rédaction austère de wikipedia ne rend pas compte de la richesse de l’ouvrage et de sa finesse, en particulier de son humour. Je découvre aussi ici le lien entre le film Le journal de Bridget Jones (qui m’avait bien plu) et le livre.

    Un homme n’est jugé que sur ses qualités à manier le mousquet, pour les demoiselles Bennet c’est LE critère de sélection, pas folles les guêpes ! – Je vais peut-être aller jeter un nouveau coup d’œil à cet étrange mélange.

    • Eddy Vanleffe  

      Il me semble que Colin Firth joue Darcy à la fois sur la version BBC et dans le Journal de Bridget Jones…
      un autre lien…

      • OmacSpyder  

        Oui. Je l’écris d’ailleurs dans mon commentaire ;)

    • Frede  

      My dear Présence, quel joie de lire un commentaire de votre plume, moi qui admire tant votre écriture! Il y a de quoi s’amuser aussi avec Coup de foudre à Bollywood !

  • Jyrille  

    Je ne connaissais pas Jane Austen mais j’en apprends beaucoup ici ! Merci Frédé pour ce premier tour d’horizon de cette oeuvre si populaire. Je n’avais pas pensé que Bridget Jones en était l’adaptation, mais il est vrai que la mise en abyme est dérangeante lorsque Colin Firth débarque alors qu’il est le fantasme de Bridget dans le film de la BBC (je ne savais pas non plus que cette version télé faisait six heures !).

    Je suis très intéressé par la version zombies, voire même le comic car les scans ne m’ont pas déplu.

    Je n’ai pas encore tenté la BO. Par contre je connaissais une parodie plutôt cool de 3 minutes, Jane Austen’s Fight Club (mes excuses si quelqu’un y fait déjà référence) : https://www.youtube.com/watch?v=InNnf4dI9AE&feature=youtu.be

    • Frede  

      Hello Jyrille, six heures ce n’est rien tant la délectation est immense. Merci pour la vidéo du Fight Club, très rigolo.

  • JP Nguyen  

    Oulala, voilà une lacune dans ma culture que je ne suis pas sûr de combler tout de suite, malgré l’existence d’une adaptation avec Keira Knightley, actrice que j’aime plutôt bien…
    Mais…
    le saviez-vous ? Chuck Austen, scénariste honni des X-Men, s’appelait à l’origine Chuck Beckum et s’est renommé Austen parce qu’il aimait bien cette romancière !

    • Frede  

      Merci pour l’anecdote JP, je savais que les univers des X-men et celui de Lizzie Bennet étaient très proches…comme quoi …. :-)

  • Frede  

    Merci beaucoup pour vos retours positives, je suis sincèrement très touchée. Grand merci à Bruce pour sa confiance, ses relectures, ses conseils encourageants.

  • CathyB  

    Bravo ma Frede pour cet article. Un jour, tu réussiras à me motiver à regarder les 6 heures d’adaptation de la BBC ;-). En attendant, je vais peut être me laisser tenter par la version zombie, mais côté comics.

    • Bruce lit  

      Un bonjour tardif (tu comprendras la raison demain), mais sincère ma chère Frede. L’accouchement a été long et un peu douloureux, mais c’est un beau bébé.
      Moi aussi, j’ai souvent associé Austen avec de la littérature pour gonzesses. A tort. En fait je me rends compte que je lis très peu de femmes à part Françoise Sagan que j’adore, Badinter, Simone Veil, Dolto ou Alice Miller.
      Les Vernon Subutex de Despentes aussi mais j’ai été un peu lassé.

      Quoiqu’il en soit, je pense pour ma part me tourner d’abord vers les films ne serait ce que pour voir la nuque si délicate de Keira Knightley.
      Bridget Jones : je n’aurai jamais cru qu’il y avait un lien entre les deux. Jamais vu non plus. Pas plus intéressé que ça à la base. Là je suis curieux !

      On se donne rdv dans deux ans ? (comme le beuglait l’autre ).

      • Frede  

        My dear Bruce! oui je veux bien retenter l’expérience, avec plaisir! Tu as de la chance de découvrir Jane Austen et les films à partir de ses œuvres. Bonne découverte !!!

    • Frede  

      Coucou ma double Wonder Bib :-), merci ! tu verras c’est drôle et il faut rire de tout dans la vie, Mrs Bennet ne dirait pas le contraire !

    • Bruce lit  

      Comme un doute….
      Le légendaire Chuck Austen serait il le descendant de Jane ?

      • Matt  

        Si on se base la dessus, JP a aussi une très très grande famille^^ Comme les Dupont, Durand, etc.

        Mais sinon : « Austen commence sa carrière sous son vrai nom, Chuck Beckum »
        Donc je crois que non^^

        • Matt  

          Après le talent d’écriture ne se transmet pas non plus génétiquement^^
          ça me fait repenser à une vieille série animée réputée pourrie « James Bond junior » ou le héros était le neveu de James Bond. Parce que oui…quand ton oncle est agent secret, ça veut dire que tu peux l’être aussi.
          En fait j’ai jamais connu la série mais le jeu vidéo (tout pourri aussi) oui.

  • Jyrille  

    « La version plus édulcorée réalisée en 2005 par Joe Wright avec Keira Knightley, Matthew MacFadyen. En deux heures il est compliqué de faire une adaptation hautement fidèle du roman. Wright a parfaitement cerné les personnages mais le côté romantique est trop important, le côté « comique » existe peu. J’avoue que j’aime cette version car les images sont magnifiques et Keira est une Elizabeth malicieuse ! »

    Et bien voilà je l’ai vu. Je ne serai en désaccord qu’avec un seul point : c’est trop long ! Et il est vrai que cela manque d’humour. Mais j’ai trouvé ça très agréable au final, avec de bons comédiens et une très jolie photo. L’histoire en elle-même est assez universelle au final, et a encore lieu, tous les jours, dans notre monde, sur tous les sujets. Nous avons encore beaucoup à apprendre, tous !

    • Frede  

      Ohhh oui!!!, Orgueil et Préjugés reste universel. Trop long la version de Joe Wright, va falloir s’entraîner pour la version de la BBC :-)
      merci pour ce retour

  • JP Nguyen  

    Je viens de voir l’adaptation avec Keira Knightley… Malgré l’actrice, je ne m’y serais sans doute jamais intéressé sans cet article.
    Certains personnages étaient un peu caricaturaux… Mais j’ai apprécié le visionnage, avec une fin sympathique et des personnages un peu butés qui admettent leurs torts…
    Et tout ça, sans kung-fu !
    Ceci dit, je préfère regarder Keira dans Pirates des Caraïbes !

    • Frede  

      Cher JP. La version BBC reflète mieux le caractère des personnages. C’est délicieux. Keira n’est pas une formidable actrice mais dans O&P, elle a saisi le perso d’Elisabeth, c’est le principal!

    • Frede  

      je me suis bien marrée, merci! J’imagine, en effet les sœurs Dashwood s’amuser au karaoké au lieu de chanter au coin du feu et se languir….en pensant à leur prochain tatouage!

  • Alice  

    Un très bel article sur notre chère Jane et moi aussi j’envie énormément ceux qui ont encore toute son oeuvre à découvrir !!
    En revanche, je m’excuse mais je suis un peu tatillon sur le sujet et Jane Austen est morte vingt avant l’époque Victorienne. Elle est plutôt le symbole de la Régence. (et née dans une famille de châtelains me laisse également perplexe mais je chipote).

  • Frede  

    Chère Alice, en ce qui concerne la famille de notre très aimée Jane : c’est kif-kif car il me semble que Miss Austen faisait partie de la « gentry », une classe sociale un peu moins huppée que les comtes et tout le tralalalalalala de l’époque. Pour son époque de vie, bon là je vous remercie de m’avoir éclairé sur ce passage de l’histoire d’Angleterre.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *