Enfantillages

Giant-Size Little Marvels: AVX par Skottie Young

C'est la bagarre

C’est la bagarre !©Marvel Comics

AUTEUR : PRÉSENCE

VO : Marvel

VF : Panini kiosque

Ce tome comprend des histoires indépendantes de toute autre, même s’il vaut mieux être familier de l’univers partagé Marvel, pour en apprécier l’humour.

Il contient les 4 épisodes de la minisérie, initialement parus en 2015, écrits, dessinés et encrés par Skottie Young, avec une mise en couleurs de Jean-François Beaulieu. Il contient également l’épisode spécial A-Babies vs. X-Babies, initialement paru en 2012, également écrit par Skottie Young, dessiné, encré et mis en couleurs par le studio Gurihiru.

Sur le principe, l’histoire principale se déroule concomitamment à Secret Wars version 2015, par Jonathan Hickman & Esad Ribic. Dans le fond, ce contexte n’a aucune espèce d’incidence sur l’intrigue.

Cet article est respectueusement dédicacé à Tornado (avec un zeste de malice).

– Giant-Size Little Marvels: AVX

Pendant Secret Wars, un ennemi omnipotent a sauvé quelques morceaux de différentes réalités, pour un faire une planète composite appelée Battleworld. Cette histoire se déroule dans une ville appelée Marville, dans laquelle se croisent 2 rues : Avengers street et X-Men Way. Dans cette ville, les superhéros et les supercriminels disposent de leur costume et de leur superpouvoir, mais ils sont tous âgés d’une dizaine d’années.

Une comptine et une ville avec 2 rues

Une comptine et une ville avec 2 rues©Marvel Comics

L’histoire commence alors que Magik a fait apparaître un gros monstre plein de tentacules du royaume des Limbes, pour attaquer Iron Man qui a fait fondre sa figurine Petit Poney. La bagarre (de grande amleur) prend fin quand la maman de Magik l’appelle pour passer à table. Le lendemain matin, Blob et Toad se demandent quoi manger, et sont tentés par les différents stands tenus soit par un X-Man, soit par un Avengers. La dynamique entre ces 2 équipes risque de se trouver modifiée par l’arrivée de 2 nouveaux enfants dans le quartier : Zoe & Zachary, des jumeaux (trop cool).

La couverture représente bien le contenu : des versions enfants (pré-adolescentes) des superhéros Marvel s’affrontent comme des marmots dans un bac à sable, sur la base de 2 clans, celui des Avengers et celui des X-Men, un peu à l’instar du postulat d’AvX. Comme sur la couverture, les dessins de Skottie Young adoptent une esthétique mignonne, des personnages avec un petit bidon (comme de jeunes enfants), des yeux à la taille exagérée pour mieux montrer les émotions, des expressions exagérées, et des comportements d’enfants. Jean-François Beaulieu utilise des couleurs liées à l’enfance, comme s’il s’agissait d’un livre à destination des enfants.

Expressions de visage exagérées jusqu'à déformer le fentes d'Iron Man

Expressions de visage exagérées jusqu’à déformer le fentes d’Iron Man©Marvel Comics

En lisant le premier épisode, le lecteur constate qu’il s’agit de 2 petites histoires accolées. Dans le deuxième cette structure est reproduite avec un jeu de balle opposant les 2 équipes, puis les préparatifs pour accueillir les jumeaux dans chacune des maisons perchées dans un arbre, une pour les Avengers, une pour les X-Men. Les épisodes 3 et 4 comprennent une histoire d’un seul tenant, axée sur la présence des jumeaux. Le lecteur comprend vite que l’intérêt de cette lecture ne réside pas dans l’intrigue. Sur la base d’une prémisse toute bête, le scénariste organise une bagarre entre les personnages.

Skottie Young s’est fait connaître comme dessinateur, avec une approche graphique empruntant aux dessins pour la jeunesse et à certains éléments des mangas tout public. Pour Marvel, sa notoriété a été grandissante quand il a dessiné des adaptations des romans de L. Frank Baum (sur des scénarios d’Eric Shanower). Il a encore gagné en notoriété en réalisant des couvertures variantes pour les séries de superhéros. Ici cette logique est poussée à son terme, avec des histoires mettant en scène ces versions enfants des personnages Marvel. Pris au premier degré, le lecteur de comics Marvel peut se dire qu’il s’agit d’une forme de régression aggravée des comics à une époque où ils étaient à destination des jeunes enfants, avec des histoires puériles, des raccourcis scénaristiques à dormir debout et des bagarres pour remplir les quotas. Effectivement ça y ressemble à s’y méprendre.

Puérilité aggravée et régressive ?

Puérilité aggravée et régressive ?©Marvel Comics

Le titre de l’histoire principale renvoie à une autre habitude comics, qui est celle des événements factices où les superhéros ont tendance à se taper dessus entre eux, sans même avoir besoin de l’excuse d’un supercriminel, les civils brillant par leur absence. C’est bien le cas ici où les Avengers et les X-Men se tapent dessus dans chaque épisode. Mais quand le lecteur commence sa lecture, il constate de nombreuses différences avec les comics Marvel habituels. Chaque épisode commence par une comptine inventée pour l’occasion dans laquelle Young évoque le contexte de Battleworld de manière humoristique. Il soigne ainsi la forme de chaque introduction. Ensuite la narration est beaucoup plus fluide que les comics d’antan, avec 4 ou 5 cases par pages en moyenne, des dessins en double page (2 ou 3 par épisodes), et des textes uniquement sous forme de dialogue.

Le ton de la narration est humoristique, avec un humour essentiellement visuel. En évoquant les autres domaines de Battleworld, Young dessine un Spider-Man jouant au yoyo avec une araignée au bout de sa toile, ou encore Arkon (un barbare coincé sur Weirdworld), tranchant une tentacule d’un monstre qui évoque une peluche géante. Skottie Young réalise des caricatures de personnages qui sont craquantes, sans être niaises. Magik, arbore un sourire sadique, avec une bouche pleine de dents, beaucoup trop pour être réaliste. Le casque de l’armure d’Iron Man se déforme, avec des modifications de la forme et la taille des fentes pour les yeux et pour la bouche. Hawkeye est supercool avec ses lunettes de soleil trop grandes. Toad est ridicule avec sa langue qui ne tient pas dans sa bouche, et sa frange de cheveux qui lui cache les yeux. Hulk a l’air d’un bouffon avec ses bajoues gonflées par le stock d’hamburgers qu’il vient de s’enfiler en cachette, etc. Chaque personnage reprend les codes visuels de sa version habituelle, en les transposant à une forme enfantine. C’est une façon de tourner ces personnages en dérision, réalisé par un artiste qui les connaît sur le bout des doigts (il n’y a qu’à voir les 10 versions différentes de Cyclops en première page du quatrième épisode pour constater que Young connaît ce qu’il dessine).

Pas que des personnages de premier plan

Pas que des personnages de premier plan©Marvel Comics

La première bagarre (Magik lâchant un monstre à tentacules sur une demi-douzaine d’Avengers) se déroule de manière bon enfant, les Avengers grimaçant alors qu’ils sont enserrés dans une tentacule. Par contre dans le deuxième épisode, les dessins sont beaucoup moins inoffensifs. Quand Captain America se prend une balle en pleine tronche, il a un globe oculaire qui sort un peu de son orbite. Quand c’est au tour de Cyclops de recevoir un ballon dans la tête, sa visière explose violemment. Quand Cyclops est enserré dans les cheveux de Medusa, il en devient violet tellement elle serre fort. Il y a même une ou deux dents de perdues. Par ces petits détails, le lecteur sent qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour que Skottie Young se livre à un jeu de massacre en grande largeur.

De fait, l’expressivité des dessins de Skottie Young insuffle de la vie et de l’humour à ces disputes enfantines (à grand coup de superpouvoirs). En surface la forme semble viser des lecteurs très jeunes. À la lecture le lecteur adulte peut y trouver son compte et se laisser emporter par l’entrain de la narration graphique, et se retrouver à sourire comme devant un dessin animé de Tom & Jerry. En outre le scénariste parsème son récit de petites pépites à destination des lecteurs réguliers de l’univers partagé Marvel. Les Gardiens de la Galaxie font une apparition, notoriété acquise grâce à leur film oblige. Les Inhumains en font une également pour cause d’importance dans l’univers partagé Marvel en 2014. D’ailleurs, on voit passer Spider-Gwen le temps d’une case (autant de personnages pour lesquels Young avait réalisé une couverture variante pour leur propre série).

Un œil qui sort de son orbite

Un œil qui sort de son orbite©Marvel Comics

Le lecteur se rend compte que Skottie Young n’effectue pas de rappel, ne dispense pas d’explication. À chaque lecteur d’identifier par lui-même les personnages, que ce soit les Avengers ou les X-Men les plus connus, ou alors des personnages de second plan comme Doop, Shatterstar, ou Morbius. Il y a là une autre forme d’intérêt pour le lecteur familier de l’univers partagé Marvel.

Cette resucée d’AvX présente de nombreuses spécificités qui en font bien autre chose que qu’un simple décalque. Les intrigues reposent sur le même schéma : un Avenger et un X-Man se disputent et tout finit en bagarre. Les dessins emportent le lecteur dans le monde l’enfance, avec des personnages rigolos, un humour basé sur l’exagération visuelle et sur les références à l’univers Marvel. Cela donne une lecture très plaisante et légère, un peu gratuite. 4 étoiles, avec une envie irrépressible d’aller voir ce que ça donne quand Skottie Young se lâche sur une série dont il est le propriétaire : I hate fairyand.

Une balle au prisonnier qui a dégénérée

Une balle au prisonnier qui a dégénérée©Marvel Comics

– A-Babies vs. X-Babies –

Le soir, tout le monde s’apprête à s’endormir, quand bébé Steve Rogers découvre que quelqu’un lui a piqué un de ses doudous. Bébé Steve convoque les Avengers, et en face les bébés X-Men vont se rassembler autour de Cyclops. Ils sont prêts pour l’affrontement.

Avant de se lancer dans la réalisation complète (histoire et dessins) d’une minisérie, Skottie Young avait déjà écrit un numéro spécial, mettant en scène des versions encore plus jeunes (en âge de porter des couches) des mêmes superhéros, basé sur une même opposition entre Avengers et X-Men, avec un point de départ encore plus enfantin (un X-Man a piqué le doudou d’un Avenger). L’histoire est encore plus squelettique, avec des affrontements allant crescendo au fur et à mesure que s’ajoutent des personnages supplémentaires. Il ne s’agit donc encore pas d’une histoire à lire pour son intrigue.

Le studio Gurihiru : des dessins moins comiques

Le studio Gurihiru : des dessins moins comiques©Marvel Comics

Sasaki et Kawano (les 2 artistes composant Gurihiru) dessinent avec le même entrain que Young, le même niveau de détail, et les mêmes déformations. Mais leurs dessins ne disposent pas du même niveau d’exagération, ni du même degré d’inventivité dans les postures, et les crasses que se font les personnages. Du coup la narration en devient plus enfantine, en perdant la saveur de l’exagération comique.

Le lecteur se rend compte qu’il a du mal à sourire devant ces enfantillages dessinés de manière trop aseptisée. 3 étoiles (parce qu’il y a quand même cette image de Galactus en train de prendre un biberon d’un genre très particulier).

La couverture variante de John Tyler Christopher, tout aussi amusante

La couverture variante de John Tyler Christopher, tout aussi amusante©Marvel Comics

24 comments

  • Matt & Maticien  

    Très drôle. L’aspect bourgade + bagarre m’a fait penser à Asterix. Je doute qu’il y ait un lien mais le côté jubilatoire de la bagarre m’y fait penser.

    Quand j’ai lu que Captain America se prenait « une balle dans la tronche », j’ai été un peu surpris car j’ai pensé à une balle d’arme à feu. J’ai bien ri en voyant l’illustration après.

    • Présence  

      Malgré un aspect très vivant, cette histoire est d’un niveau très inférieur aux Astérix de René Goscinny et Albert Uderzo.

  • redwave  

    C’est moooocheee!!! Faut renvoyer Skottie Young! Beurk!

    • Présence  

      Les mots me manquent pour pouvoir répondre à ces arguments.

      • Bruce lit  

        Je suis très partagé. Je trouve les dessins plutôt mignons, nettement plus intéressants en tout cas que les séries que Youn a illustrées jusqu’à maintenant. Certaines mimiques des personnages sont tout bonnement irrésistibles.
        MAIS (il est chiant ce Bruce Lit…)
        La démarche me pose problème : On pourrait mettre celà sur le compte de l’humour, de l’auto parodie de Marvel quant à un Crossover où l’on a pas l’air de beaucoup rigoler.
        Je me rappelle d’un One Shot où Lobdell tournait en dérision son Age of Apocalypse notamment….

        Il n’empêche que je trouve la démarche d’un cynisme incroyable : car finalement il s’agit de vendre un produit se moquant du produit tout en finalement reprenant ce qui en garantit le succès. Je m’explique : Finalement ce crossover a le même déroulé que les crossovers officiels sérieux : un prétexte bidon pour se foutre sur la gueule. Sauf que finalement, ce n’est pas moins ridicule ces enfantillages de Skottie Young que 90 % des Crossovers Marvel.
        Ce qui achève finalement de décrédibiliser les personnages : il est donc possible de désacraliser complètement les personnages Marvel en inventant un crossover dans le crossover, en représentant des personnages majestueux comme Galactus, en se rappelant que désormais ils sont cantonnés à des querelles de bac à sable et que cette histoire n’est finalement pas plus pire qu’une autre…..

        • Présence  

          Cynisme incroyable en vendant un produit se moquant du produit tout en finalement reprenant ses ingrédients – Entièrement d’accord sur la recette, formulée bien plus synthétiquement que je n’aurais su le faire.

          Désacraliser les personnages – Ce produit s’inscrit dans une forme de version différente des personnages qui sont propriété intellectuelle de Marvel (un peu comme les Ultimates de Bendis hier dans Ultimate End), une déclinaison de plus, une autre interprétation. Au vu du graphisme adopté, de la situation, de la tranche d’âge des personnages, je ne pense pas qu’il puisse y avoir confusion pour quelque lecteur que ce soit, sur le fait qu’il s’agit d’un What if? ou autre Elseworlds. Ce ne sont pas les « vrais » personnages.

          Marvel désacralise ses propres personnages. – Je ne sais pas s’il faut y voir le stade ultime du bac à sable, ou une attitude auto-réflexive de la part de Marvel. J’y vois le stade ultime de la marchandisation. Sous couvert de la parodie, la loi permet à tout auteur d’utiliser l’apparence d’individus ou de personnages (plus risqués dans ce dernier cas) pour les tourner en dérision. Quitte à accepter une parodie de ses personnages, l’éditeur Marvel préfère la publier lui-même et récolter les bénéfices financiers qui en découlent. Ce qui m’a profondément surpris dans les séries satellites à Secret Wars 2015, c’est que les responsables éditoriaux n’ont pas mégoté sur les moyens. Pour Little AvX Marvel, ils ont fait appel à Skottie Young. En lisant ces épisodes, j’ai eu la conviction que ce projet ne pouvait être viable que réalisé par cet artiste, et pas un autre. D’une certaine manière, Skottie Young a le droit de jouer avec les personnages Marvel, en leur appliquant sa vision artistique (qui peut plaire ou non). Le lecteur obtient finalement un récit Marvel dans lequel le créateur a eu les mains libres pour que sa vision s’y exprime. On peut ensuite regretter la futilité du projet, ou son côté fun (ou l’apprécier pour une histoire rigolote, premier degré, pour tout public).

  • Bruce lit  

    « C’est la guerre ! » 2/3
    Mais quelle mouche a piqué Présence ? Après Millar et Bendis, il continue à se faire l’avocat du diable et à défendre maintenant un autre crossover dans le crossover « Secret Wars » : le remake de Avengers Vx Xmen par…Skottie Young, le spécialiste ès infantilisme Marvel ?!. Tout son plaidoyer chez Bruce Lit !

    La BO du jour : les mondes Marvel s’entrechoquent. Les héros se disputent ! BASTON ! https://www.youtube.com/watch?v=xk7PqE5u4-s

  • Tornado  

    Mais il m’en veut Présence ! 🙁

    Moi tout pareil que Bruce, mais en pire.
    C’est non seulement cynique, mais étrangement fétichiste aussi. La plupart des lecteurs fans de Skottie Young achètent des comics sur lesquels il a illustré une couverture variante, avec rien de lui dedans.
    C’est une chose qui me gène dans le monde des comics : Certains lecteurs achètent une série non pour lire une histoire, mais pour un « état d’esprit ». C’est fétichiste.
    Et c’est également extrêmement cynique : On sait qu’on lit du bidon, mais on aime ça. On lit une BD qui caricature les défauts d’une BD qu’on aime mais dont on sait qu’elle est nulle même si on l’aime. Et on l’aime même si elle est nulle. Pourquoi ? Parce qu’on ne lit qu’un état d’esprit…
    Il y a des moments, je crois que Marvel pourrait raconter une histoire où Toto va au marché déguisé en Captain America, et que ça marcherait quand même si l’état d’esprit est là… Ah ! on me signale que je viens de décrire une histoire de Deadpool en fait ! 😀

    Bon, tout ça n’a rien à voir avec le commentaire de Présence, qui est argumenté, sincère, et qui s’élève heureusement au dessus du simple fétichisme cynique.

    • Présence  

      J’ai eu peur un moment : après avoir été révélé comme un sadique, je suis passé près d’être fétichiste en plus. 🙂

      Indépendamment de toute velléité de bagarre de bac à sable, je ne suis pas sûr d’avoir compris ton argumentaire. Il me semblait que ce qui compte n’est pas forcément l’histoire (ou l’intrigue), mais la manière dont elle est raconté. Or Skottie Young raconte vraiment avec un ton qui lui est propre, avec une vraie personnalité et c’est vrai que j’ai apprécié son état d’esprit. D’ailleurs, j’ai acheté ce tome pour lire du Skottie Young, sans aucun intérêt particulier pour le récit, sans aucune illusion sur la valeur d’une éventuelle de l’intrigue, uniquement pour l’état d’esprit de son auteur.

      • Tornado  

        Oui, c’est la manière de raconter une histoire qui est importante pour moi. Mais parfois, on ressent un truc qui ne passe pas. Je me souviens que cela t’est arrivé avec du Millar par exemple : Tu trouves qu’il y a un élément qui n’est pas sincère. Ben voilà. C’est ce que je ressens avec le Skottie Young. Le truc, c’est que ce n’est pas lui qui me dérange (ce qu’il fait, il le fait bien), c’est l’entente qui lie l’éditeur avec certains de ses lecteurs sur un élément qui ne va pas niveau éthique. Ça ne joue pas uniquement sur l’effet parodique. Il y a aussi une forme de fétichisme larvaire, une certaine complaisance dans l’événementiel bling bling en toc. C’est de la surface, de la surface, rien que de la surface. Du vide. Ce n’est pas ce que j’appelle de la création artistique. Plutôt un consensus commercial. J’ai horreur de ça. Même si c’est bien fait.

        • Présence  

          Merci d’avoir explicité. Le rapprochement avec mon ressenti sur certaines œuvres de Mark Millar m’a fourni une référence me permettant de comprendre ton propre ressenti.

  • JP Nguyen  

    Bon, dans la mini Civil War Bruce Lisienne, I am with Présence.
    Pour moi, c’est de la parodie, alors comme dit plus haut, autant exploiter directement le filon côté Marvel.
    Dans le même genre, j’avais bien apprécié les Mini Marvels par Chris Giarrusso :
    http://www.amazon.fr/gp/product/0785142843?ref_=cm_cr-mr-title

    • Présence  

      Très bien vue cette référence à la Civil War ! L’esthétique de ces Mini Marvels ne me tente pas du tout.

      • JP Nguyen  

        C’est sûr, c’est moins « joli » que Young. Un trait plus simplifié encore, plus dans l’esprit « strip » (à la base, c’étaient d’ailleurs des strips dispersés dans des comics normaux). Mais pour un connaisseur de l’univers Marvel, c’est savoureux car bourré de références et donc très drôle. Je t’incite à y jeter un œil (ou deux) si tu en as l’occasion…

        • Tornado  

          Purée, Civil War chez Bruce Lit ! 😀 Ahahahah !!! Présence & JP contre Bruce & Tornado ! Qui se range à nos côtés ??? 😀

  • JP Nguyen  

    Pour rester dans la parodie, connaissez-vous « Sticky Pants » ?
    Des gags à l’origine publiés en blog puis édités en livre…
    http://lycracacolle.canalblog.com/
    C’est de la parodie française de super-héros, orientée sous la ceinture.
    On y voit le gros membre de Hulk mutiler ses partenaires sexuelles, Batman et Robin s’adonner à des réjouissances sodomites etc.
    Pour ma part, en le feuilletant en librairie, j’ai parfois souri mais je dois avoir un côté prude, je n’ai pas vraiment été conquis. Pour le coup, je trouve que c’est un détournement plus avilissant des héros de ma jeunesse. Et puis, avec le côté répétitif, ça entretient certains clichés (la relation Batman-Robin, qui n’avait pas besoin de ça, depuis les délires de Wertham…)

    • Tornado  

      C’est parfois rigolo, mais souvent crado et gratuit. La parodie est un art difficile.

    • Présence  

      Même réaction que Tornado. J’ai lu le premier tome à la FNAC en 5 minutes. Quelques gags sont rigolos, mais la plupart sont trop littéraux à mon goût, trop premier degré. En fait ça m’a rappelé une interview dans laquelle un scénariste ou un responsable éditorial évoquait les blagues échangées dans les bureaux de Marvel : c’était exactement les mêmes blagues de cul, du même niveau.

      Comme toi, je trouve aussi que c’est avilissant surtout pour les personnages féminins, à commencer par Wonder Woman.

  • Jyrille  

    Je vais rejoindre Présence et JP : la parodie est un art difficile. Je n’ai jamais rien lu de Skottie Young mais tous les dessins que j’ai pu voir de lui laisse transpirer un vrai savoir-faire et une sincérité. J’ai également pensé à un Astérix en voyant ces scans, est-ce le Devin ou en Hispanie, ou les jeunes gaulois imitent leurs parents et se foutent sur la tronche ? Bref, ça a l’air marrant et réussi, mais je n’investirai pas là-dedans.

  • Romain Bouvet  

    Que j’ai du mal avec ce titre. Je n’arrive pas à dépasser le statu quo de bac à sable. Et les dessins je n’aime pas du tout.

    • Présence  

      Comme l’on dit Bruce et Tornado, c’est effectivement une exagération des travers des crossovers Marvel : que des superhéros qui passent leur temps à se taper dessus. Je suis très sensible à l’énergie des dessins de Skottie Young qui me semblent bien transcrire l’état d’esprit d’un enfant tout entier à ce qu’il fait. Pour moi, c’est cette dimension qui fait l’attrait du récit et qui me permet de dépasser l’intrigue de bagarre de bac à sable. Il m’est également déjà arrivé de rester insensible à des dessinateurs encensés par le lectorat, et du coup toute la narration s’en trouve insipide et dénuée d’intérêt.

  • Eddy Vanleffe  

    Ce truc est une parodie sans le moindre talent à mes yeux.
    blagues faciles sur les aveugles ou sur Bruce qui doit faire pipi…
    Où est Gotlib?
    C’est juste pas drôle et donc raté en fait.

    • Présence  

      Il est vrai que si ton horizon d’attente est celui de la Rubrique à brac, Skottie Young ne joue pas dans la même cour. Je reste sous le charme de la vivacité de ses dessins, certainement mon âme d’enfant. 🙂

  • Eddy Vanleffe  

    Je concède les dessins, mais j’ai quand même eu l’impression d’avoir acheté et lu…Rien!
    Un scénariste avec un vrai talent pour le dialogue et les situations acides aurait été la bienvenue.
    Je renvoie à ce sommet : « Sergio Aragonnés massacres Marvel » qui était un parodie sans concession et jamais rééditée parce que Marvel l’aurait mal pris à l’époque.

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