ENTRE DEUX CHAISES…(SUPERMAN TERRE UN + BATMAN TERRE UN)

SUPERMAN TERRE UN + BATMAN TERRE UN par Collectif

Un article de TORNADO

VO : DC Comics

VF : Urban Comics

Les mêmes, mais différents ?
© DC Comics

Cet article porte sur deux graphic novels : SUPERMAN EARTH ONE et BATMAN EARTH ONE (titres VO).

Il s’agit uniquement de la critique des tomes #1 respectifs car, à l’heure où j’écris ces lignes, ces itérations comportent aujourd’hui trois tomes chacunes.

A noter qu’il existe également WONDER WOMAN EARTH ONE (trois tomes également, par Grant Morrison & Yannick Paquette), ainsi que GREEN LANTERN EARTH ONE (pour ce dernier, l’article du premier tome est disponible ici-même).

My name is Kent… Clark Kent.
© DC Comics


SUPERMAN TERRE UN :

En 2010, l’éditeur DC Comics inaugure la ligne EARTH ONE. Il s’agit premièrement de moderniser les grandes figures de son univers, hors de toute continuité existante, de manière exclusivement adulte, exactement comme Marvel Comics l’avait fait quelques années auparavant avec sa ligne ULTIMATE (ULTIMATE SPIDER-MAN, ULTIMATES, etc.). Il s’agit ensuite d’inaugurer une nouvelle manière de promouvoir des comics, non plus sous la forme de fascicules mensuels (plus tard regroupés en recueils), mais directement sous la forme d’albums complets, diffusés dans les librairies tout-public.

Tout commence avec SUPERMAN EARTH ONE, dont les deux premières « saisons » ont été regroupées généreusement dans un seul volume par les éditions Urban Comics.
Ces deux premiers récits, qui se suivent, ont été écrits par le scénariste J.M. Straczynski (en abrégé JMS) et dessinés par Shane Davis, respectivement en 2010 et 2012.
Mon commentaire prendra en compte la différence entre les deux parties : La première remet les origines de Superman au goût du jour (et servira largement à alimenter le scénario du film MAN OF STEEL, réalisé en 2013 par Zack Snyder). La seconde développe les débuts du personnage et son installation au cœur de Métropolis.

Commençons par les origines (premier récit) : De mon propre point de vue, c’est une catastrophe absolue ! J’adore JMS (son AMAZING SPIDERMAN constitue littéralement ma version préférée du personnage), et mon avis n’engage que moi, mais je trouve qu’il a fait tout ce qu’il ne fallait pas faire dans cette optique de modernisation du mythe !
Depuis qu’il est sorti du rayon des lectures interdites aux plus de neuf ans, le personnage de Superman ne supporte plus la demi-mesure en termes de traitement narratif. Trop sérieux, ça ne passe pas ; trop léger, c’est pareil. C’est probablement la figure super-héroïque la plus difficile à manipuler, tant elle est connotée, monolithique et sclérosée dans son costume (en slip) à la fois obsolète et indissociable de l’inconscient collectif.
JMS ne transforme pas assez les éléments de la mythologie de son personnage pour en proposer une relecture véritablement convaincante. Le début de l’intrigue est parfait : Clark Kent arrive à Métropolis. C’est un tout jeune homme esseulé et perdu. JMS traite sa caractérisation de manière neuve et réaliste, insistant sur des éléments évidents : Clark souffre de sa différence, qui l’isole. La mélancolie, le doute et le sens du devoir l’envahissent comme autant de sentiments liés à son éducation catholique, culpabilisante mais altruiste. Hélas, tout ça ne va pas durer bien longtemps. Rapidement, JMS nous balance une invasion extraterrestre de type INEPENDANCE DAY et tout s’écroule ! En quelques pages, nous sommes passés du récit intimiste et réaliste à du Grand-Guignol bling-bling. En quelques instants, Clark Kent devient Superman et la transition est tellement abrupte qu’elle en devient risible. Quel était l’intérêt de s’attarder sur le côté réaliste du traitement (inédit) pour retomber d’un coup dans ses travers les plus fantaisistes ?

Superman voit rouge.
© DC Comics

A partir de là, JMS va complètement rater son alchimie entre l’homme et le mythe, tout en jonglant avec les flashbacks sur l’enfance de Clark au petit bonheur la chance, laissant la part-belle aux apparitions iconiques de Superman qui deviennent embarrassantes tant elles sont en décalage avec le traitement naturaliste du personnage civil.
Pire encore : JMS va nous refaire le coup du costume (avec slip dehors) cousu par Maman Kent, qui lui confectionne le sigle en forme de « S » parce qu’elle le trouve « super ». Soit la même idée grotesque que dans la mini-série réalisée par John Byrne en 1986 ! Comment est-il possible qu’un scénariste de la trempe de JMS soit retombé dans cette faute de script d’une naïveté arriérée ? Le film de Richard Donner, qui date de 1976, l’exposait pourtant de manière pérenne : Sur la planète Krypton, le « S » est l’emblème (abstraite) de la famille El, et c’est l’héritage de Kal El, le véritable nom de Superman, que la presse surnommera ainsi précisément parce que ce symbole ressemble à un « S ». Bon sang, ce n’est pas Maman Kent qui l’a inventé !!! Ou comment anéantir l’une des trouvailles les plus cohérentes de toute la mythologie du personnage, alors qu’on est censé écrire une version plus moderne et réaliste que les précédentes !!!

Cette première saison est pour moi un plantage total, qui hésite constamment entre le réalisme et le Grand-Guignol, entre l’infantilisme des comics de base et le traitement naturaliste des comics modernes. Et les incohérences ridicules s’amoncèlent jusque dans le Daily Planet, que le jeune Clark Kent intègre avec une interview de Superman imbuvable de bons sentiments sirupeux, indignes d’une relecture effectuée par un des meilleurs scénaristes de sa génération.
Une horreur !

Et BIM BAM BOUM…
© DC Comics


Heureusement, il y a la deuxième saison.
Enfin, JMS semble s’être aperçu de ses errances et revient à ce qui faisait le sel des premières pages de la première saison : Le lecteur suit le parcours de Clark Kent. Il vit son quotidien, de manière simple et crédible. Superman affronte des menaces qui se développent lentement et naturellement, sans anéantir le parcours du personnage, qui choisit de fréquenter des gens simples, car il a besoin de vivre au cœur de Métropolis pour des questions de logistique. La Forteresse de la solitude est également développée tout en douceur, avec un humour diffus qui tempère les questionnements logiques que le jeune Superman vient à se poser en de telles circonstances. Bref, les personnages EXISTENT sans être mangés par l’action, qui vient quand elle doit arriver.
De ce fait, JMS développe un feuilleton au long-court (ce qui est plutôt paradoxal dans cette logique de parution en graphic novel), entre la série-TV SMALVILLE et une version moderne du super-héros. Son Clark Kent est exposé à la manière d’un Peter Parker, dans son quotidien naturel de jeune homme tiraillé entre les responsabilités qu’impliquent ses pouvoirs et sa vie affective. Il côtoie des gens ordinaires lorsqu’il est dans le civil, et des créatures extraordinaires lorsqu’il endosse son costume.
Quand on y réfléchit, tout cela n’a rien d’original, sauf que le personnage n’avait encore jamais été traité de la sorte.
Encore une fois, on peut regretter que les changements apportés à cette relecture soient un peu le cul entre deux chaises, pas assez radicaux pour mériter son statut moderne, avec une narration trop décompressée pour honorer ce nouveau format. Mais le ton est désormais plus juste, qui expose un Superman très humain, qui se pose les bonnes questions (en admirant le courage des êtres humains qui affrontent la vie sans pouvoirs !) et rencontre des dangers qui ne semblent pas étrangers au récit.

Le dessin de Shane Davis est très beau, mais il y a quelque chose qui ne va pas, car ce dernier s’est également laissé prendre au piège de la demi-mesure. S’il parvient à croquer un Clark Kent moderne et vibrant d’humanité, son Superman souffre d’un traitement souvent trop naïf et iconique qui fait que les deux ne s’accordent pas du tout. Toutes les planches qui exposent l’Homme d’acier dissonent dans une mauvaise alchimie entre le traitement adulte du background et les postures stéréotypées du personnage dans son costume de super-héros. Peu à peu, il semble s’en apercevoir, notamment à la fin de la deuxième saison, lorsque Superman apparaît menaçant derrière ses yeux rouges, un peu à la manière dont le dessinateur Lee Bermejo l’exposait dans le très correct SUPERMAN : LEX LUTHOR (sur un scénario de Brian Azzarello), sans pour autant parvenir au même niveau d’incarnation viscérale.
Pour le reste, il portraitise assez bien les personnages secondaires, en donnant à sa Loïs Lane les mêmes traits que Debrah Morgan, la sœur du gentil psychopathe DEXTER !

Quoiqu’il en soit, en termes de relecture des origines, on est loin de la réussite simple et exemplaire de la version Geoff Johns & Gary Frank.
Honte aux maquettistes d’Urban Comics, qui ont parsemé cette édition d’un nombre incalculable de fautes d’orthographe !!!

Et maintenant, place à la chauve-souris…
© DC Comics

BATMAN TERRE UN :

Malgré la flopée de critiques dithyrambiques, je m’inscris en faux : Cette nouvelle itération des origines de Batman est trop consensuelle pour mériter un statut de relecture. Comme le SUPERMAN, cette nouvelle version est à la fois trop conforme au mythe tel que nous le connaissons, et en même temps pas assez identique. Les personnages, à l’exception d’Alfred, sont les mêmes que ceux que nous avons l’habitude de voir dans les aventures de Batman, mais en même temps paraissent les trahir, comme de mauvais acteurs. Je n’arrive pas bien à saisir l’intérêt de cette demi-mesure : On fait la même chose mais pas tout à fait exactement la même chose. Pour le coup, toute cette entreprise me paraît bel et bien flotter le cul entre deux chaises.

Ainsi, ce Batman est plus réaliste que les autres. Mais il arbore le même costume et la même cape, et de ce fait n’a jamais été aussi peu crédible. On est loin du traitement naturaliste de la trilogie cinématographique de Christopher Nolan.
Ses origines ont rarement été aussi bâclées. Le meurtre de ses parents est expédié en une planche peu inspirée. Sa jeunesse est passée à la trappe. On apprend qu’il a été entrainé par Alfred sans parvenir à saisir le contenu réel de cet entrainement. Quitte à proposer une relecture de ces événements, autant nous les développer. Ainsi, a-t-on l’impression que les auteurs nous disent : « Pour plus d’informations sur ces éléments, prière de vous référer aux histoires déjà existantes » !
Toutes ces ellipses opèrent un vide scénaristique qui désincarne complètement les relations entre les personnages. A aucun moment je n’ai éprouvé une quelconque émotion pour la relation entre Bruce et Alfred. Et encore moins pour le reste du casting. Sur l’ensemble, le récit manque cruellement d’épaisseur.

Une relecture d’un dynamisme palpitant…
© DC Comics

Grant Morrison avait réussi l’exploit de nous offrir une relecture de l’univers de Superman en forme d’épure avec ALL STAR SUPERMAN. Le récit était elliptique mais en même temps suffisamment conceptuel pour être une relecture dense et originale d’un matériau qui ne subissait, dans le fond, aucune trahison.
Mark Millar, à l’opposé, avait complètement réinventé les Avengers avec sa série ULTIMATES en réussissant le tour de force qu’ils soient tous reconnaissables, et en même temps complètement différents, aussi bien dans leur tempérament que dans leurs relations entre eux. En découlait un récit moderne et révolutionnaire, qui venait ajouter un nombre incroyable de thèmes à une mythologie vieille de quarante ans.
Quel est le parti-pris de BATMAN TERRE UN ? Quel est son concept ? En quoi consiste sa relecture ? Peut-on savoir ce que ce récit apporte au mythe de Batman ?

Pour enfoncer le clou, je suis également obligé d’égratigner les fans du dessinateur Gary Frank. A l’instar d’un Darick Robertson, voici un dessinateur qui possède suffisamment de personnalité graphique pour que l’on reconnaisse immédiatement son style. Mais à côté de cela, et bien que certaines planches soient très réussies, qu’avons-nous : Des personnages au physique et aux expressions similaires (Alfred est-il le sosie de Gordon ? Batman est-il le sosie de Superman ?). Des tics expressifs caricaturaux (aucun être humain au monde n’aurait le regard aussi ahuri que son Harvey Bullock !!!). Des vignettes complètement ratées (détails bâclés, mains atrophiées, postures ridicules). Avec Geoff Johns, son scénariste, Frank nous livre quand même un paquet de planches au découpage fort peu inspiré. A maintes reprises, je me suis dit que, de ce point de vue, on était à des années-lumières de la classe narrative de Frank Miller, qui livrait sur son BATMAN ANNÉE UN une série de planches découpées au cordeau, avec une intensité narrative jamais égalée depuis. Les premières pages de BATMAN TERRE UN souffrent d’emblée de cette comparaison, où l’on surprend immédiatement ses auteurs en train d’essayer de maitriser l’art séquentiel, pour un résultat finalement plat et pataud. Le comble est atteint avec la page 116, où l’on voit Batman combattre le méchant Happy Birthday dans une planche particulièrement affreuse !

Une fois n’est pas coutume, je viens de rédiger un article à charge. Pour un lecteur en quête de comics super-héroïques au premier degré, ces deux tomes pourront se lire d’une traite. Mais pour un lecteur exigeant venu chercher une vraie relecture des deux premiers super-héros de l’histoire, il en sera pour ses frais. Bac à soldes…

Happy Birthday Batman !
© DC Comics

La BO :

Quand on s’ennuie en lisant des comics, heureusement qu’il y a la musique…

14 comments

  • Eddy Vanleffe  

    Bravo Tornado!

    La gamme TERRE-UN a été pour moi encore un projet qui tente de faire une sorte de laboratoire à idée pour de futures trilogies de films.
    format: chaque tome est un graphic Novel qui tente l’intrigue en trois actes à l’intérieur de trilogies.
    On a donc des univers simples, clés en main expurgé de mythologie, épaisseur et d’une dramaturgie un tant soit peu novatrice. la modernisation n’est que cosmétique sans réelles idées.
    Bien évidemment c’est à caque fois TRES bien dessiné (Teen Titans je ne suis pas sûr^^).
    la seconde course aux fantômes est de vouloir faire réaliste pète plus haut que son cul.
    Clark Kent met donc un hoodie et Batman devient Pierre Richard qui se casse la gueule,ne sait pas sauter, glisse, rate ses cibles, Bref c’est will-E-Coyotte! le pompon c’est Wonder Woman où Grant nous assène un discours méta tellement lourd à insister que les amazones sont une île de lesbiennes qu’on lit le truc en chantant à tue-tête: « C’est à Canary Bay… HOU HOU !  »
    la subtilité c’est à la poubelle , validant à avec ce nouveau ton adulte (mais gogol) les récits plus naïfs mais élaborés
    Bref des récits fait pour ceux qui n’aime pas le super héros et qui veulent de beaux livres « exception culturelle » dans leur bibliothèques.
    j’ai trouvé cette collection médiocre à tout point de vue!

  • Présence  

    Je me souviens de nos discussions au sujet de ces deux tomes. J’avais également été un peu déçu par cette version de Superman, pas sur les origines, mais sur les composantes superhéroïques, avec un récit écartelé entre l’aspect réaliste et les énormités enfantines inhérentes aux superhéros. J’avais également bien aimé la façon dont il décrit Clark Kent en proie à la solitude.

    Par contre, nos avis divergent pour le tome 2 : je l’avais trouvé à côté de la plaque. L’histoire de l’affrontement contre le monstre est basique et stéréotypée, en total décalage avec l’ambiance réaliste souhaitée par les auteurs. Straczynski succombe à son travers habituel : raconter une histoire qui prépare plus la suivante qu’elle ne fournit de divertissement immédiat. Shane Davis réalise des illustrations très satisfaisantes pour les scènes dépourvues de superhéros ou de combats, peu intéressantes dès que Superman apparaît. J’étais resté sur ma faim parce avec l’impression que tout ce qui a été construit ne constitue que des fondations pour la suite. En plus difficile d’accepter le trouble bipolaire entre cet individu (Clark Kent) souffrant d’une solitude bien humaine, et ce superhéros tellement altruiste qu’il en devient un saint.

    Batman : nos attentes n’étaient pas les mêmes. J’étais en mode Lecteur en quête de comics super-héroïques au premier degré, et j’ai lu ce tome d’une traite. Je me rends compte que c’est finalement ce que j’apprécie dans l’écriture de Geoff Johns : il n’a pas la prétention de vouloir écrire un récit intellectuel ou conceptuel, juste une bonne histoire. C’est pour ça que Three Jokers a bien fonctionné avec moi : pas de prétention de se mesurer à Alan Moore ou Frank Miller, juste du superhéros bien fait. Je peux comprendre que ce manque d’ambition puisse être frustrant.

    • Eddy Vanleffe  

      Chez Geoff Johns je devine, non pas une ambition personnelle de vouloir dépasser untel ou untel mais avec la fonction qu’il occupe au sein de DC depuis un certain nombre d’années, une certaine nécessité de redémarrer les choses de zéro. et pour ça il faut dépasser les monuments, non pas en terme de qualité mais simplement dans un réflexe de survie, il faut passer à autre chose. c’est ce qu’ils tentent de faire depuis 2011, réinventer le DC universe. ils ont fait 52, ils ont fait final crisis, multiversity, puis Flashpoint conduisant au NEW 52 osant même mettre de coté les year One puis même les Watchmen et les killing joke etc…
      en les réécrivant, les noyant et les banalisant histoire d’en faire des histoires comme les autres, (ce qu’elles étaient au départ d’ailleurs)
      a terme on devrait écrire d’autres histoires et aller de l’avant, chose que le comics en général a le plus de mal à faire.
      Pour les mutants c’est pareil, il réussir à dépasser Claremont juste pour dégager l’horizon…. J’aime pas ce que fait Hickman mais c’est bien ça qu’il accomplit en ce moment.

      • Présence  

        Je n’avais jamais pensé à ces histoires en ces termes : ton analyse me convainc.

        C’est très paradoxal : banaliser les histoires exceptionnelles. D’un côté, c’est peine perdue, parce que Watchmen, Arkham Asylum et Batman Year One continue de se vendre comme des petits pains, et que DC met en œuvre une politique patrimoniale. D’un autre côté, c’est à la fois une logique de flux (il faut réussir à refourguer de la nouvelle camelote), à la fois une stratégie de nouveauté accueillir les nouvelles générations.

  • Bruce lit  

    Mince, encore des relectures d’origines…
    Je dirais pourquoi pas vu que si je dis je m’en fous, de toute manière, Présence trouvera une manière de me refourguer ça…
    J’aime bien les origins story, et chez les héros DC je crois que c’est ce que je préfère lui. Si l’on voit Superman vivre comme Peter Parker, qu’il apprend ses pouvoirs et jouer sur le fait d’intégrer un être surnaturel dans le quotidien, je suis toujours bon public pour ce type de récit. Moins pour des ennemis caractérisés d’un univers avec lequel j’ai peu d’affinités.
    Sur le BATMAN, si toi le grand fan de ULTIMATES, tu n’as apprécié ce récit, je risque de passer mon tour malgré les dessins de Gary Frank. Pourtant il ne semble pas inspiré d’après ce que tu écris…
    Bon, je ne ferme pas la porte, mais j’irais pas chercher la clé pour autant.

    La BO : je ne connaissais pas et ce que j’en ai écouté ne me donne pas envie d’aller plus loin.

  • Lecture-DC.fr  

    Personnellement, je n’ai pas encore l’intégralité de la gamme Terre Un. En fait j’ai repris les comics avec le Tome 1 de Batman Terre Un et ça m’a donné envie de faire mon projet d’ordre de lecture qui a maintenant un blog.

    Donc je pense qu’il est bien pour quelqu’un qui ne connait pas les comics et notamment ceux de Batman. Par contre je suis d’accord avec toi, il n’y pas le même ressenti, ni la même émotion qu’avec Batman Année Un de Miller. Au final, si un néophyte devait commencé du Batman, je lui dirais de commencé directement par Batman Année Un.

    À l’époque (il y a 2 ans), je n’avais pas le même regard sur mes lectures donc il faudrait que je le relise (j’ai prévu de faire un article de ce genre comme toi), mais ce n’est pas ma priorité du moment ^^

    Du coup je suis complètement d’accord avec ta conclusion 🙂

    • Jyrille  

      Bienvenue Lectures-DC !

  • Bob Marone  

    Pas lu le Superman.

    En revanche j’ai lu le Batman (ainsi que son tome 2). Je partage beaucoup de tes constats, mais ma conclusion est plus favorable. Effectivement, cette relecture des origines et des personnages est loin d’être révolutionnaire. Les modification sont subtiles dans le tome 1 (et pour tout dire n’apportent pas grand chose), peut être un peu plus rafraîchissantes dans le tome 2. Pas de recréation mythique. Pas de stylisation renversante à la Bernie Whrightson ou à la Kelley Jones. Comme tu le soulignes il y a des dessins parfois curieux (j’ai passé 5 minutes à essayer de savoir à qui étaient les jambes des 2 femmes de la p. 56…). Le terme demie mesure que tu emploies est particulièrement adapté. Un bon jet d’eau bien tiède.

    Pourtant, j’ai trouvé l’ensemble efficace. Je crois tout simplement que j’ai bien aimé suivre une histoire contenue, à la fois « modernisée » et ultra-classique, sans la fatras qui entoure parfois le personnage, et le tout avec une unité de dessin. J’ai éprouvé le même plaisir qu’en lisant un vieil épisode d’un Batman Poche. C’est comme si le manque d’ambition de la série devenait une qualité.

    Et finalement, BTU a quand même une modeste postérité. Il me semble que certains éléments ont nourri la série GOTHAM (Alfred, ancien commando du SAS, le Pingouin maire etc.).

  • Surfer  

    Si j’ai bien compris, j’ai bien fait de ne pas m’être intéressé à TERRE UN.
    Je dois avoir le nez creux quand même !
    J’ai même fait l’impasse sur le BATMAN et pourtant je suis un inconditionnel du personnage ! Je dois avoir dans ma bibliothèque toutes ses grands sagas.
    Ton article met bien en lumière ce pourquoi mon instinct m’avait écarté de ces récits.

    La signification du S de SUPERMAN !!!! L’idée était tellement bonne dans le film ! Elle est tellement ridicule dans ce comic ! 😩

    La BO: j’aime bien . Comme d’hab. avec toi TORNADO j’ai rarement de mauvaises surprises. Mes oreilles te disent merci..👍😉

  • Tornado  

    Merci à tous pour les retours. Je pense n’avoir rien à ajouter tellement j’ai tout dit dans l’article et qu’en gros vous me donnez raison 🙂 (et tous vos arguments, dans leurs subtiles variations, sont recevables, par ailleurs)

    La BO : Je n’arrive pas à comprendre comment on peut aimer le ROME de Danger Mouse et pas ce chef d’oeuvre absolu de groupe jazz-pop postmoderne (mon GROS coup de coeur de ces derniers mois). Perso j’y perçois exactement les même sensations. Voilà 🙂 🙂 🙂 🙂

  • Jyrille  

    Et bien merci Tornado pour la présentation pointue et argumentée ! Sacré boulot d’analyse. Je suis très heureux que tu cites des oeuvres postmodernes (j’ai bon ?) que j’adore et qui en effet remettaient bien à jour ces supers (All-Star, Year One, Ultimates). Tu as lu le Busiek sur Superman (Identité secrète) ?

    En tout cas je trouve tous les scans affreux. Ce n’est pas du tout ma tasse de thé, comme dessin. N’est pas Jim Lee qui veut (et en plus, ce n’est pas non plus ce que je préfère comme genre de dessin. Mazzucchelli me renverse à chaque relecture de Year One).

    La BO : tu l’avais déjà postée pendant nos discussions musicales, je trouve ça très bon, vraiment va falloir que je trouve ça. Tu as essayé l’album Silent Witness de Overhead que je t’avais conseillé à ce moment-là ?

    • Tornado  

      Ah oui Overhead a fini sur mon I-Phone (uniquement cet album d’ailleurs, pas le reste). C’était top.

      Sinon j’ai honte mais je n’ai toujours pas lu Identité Secrète… 🙁

      • Jyrille  

        Cool pour Overhead ! Leurs albums suivants ne sont pas pareils en effet. Et si tu savais tout ce que je dois lire…

  • JP Nguyen  

    Bon allez, je tente de reposter mon commentaire (plantage à 18h) :

    Donc j’ai lu les deux tomes 1 mais je ne me souviens pas bien du Superman (pourtant je l’ai encore dans ma bibli)
    En gros : bof, et le costume « pseudo réaliste », « un peu à la Bermejo mais moins beau » ben ça envoie pas du rêve.
    Tu me donnerais plutôt envie d’essayer la version Superman de Johns/Frank (duo qui t’a pourtant déçu sur le Bats Earth One).
    Et je refais de la pub pour Superman : Birthright, qui n’était pas parfait mais pas mal du tout par Waid et Yu (j’en ai relu un bout, il y a des séquences émotions).

    Pour Batman, c’est pire, même si je n’étais pas aussi sévère que toi sur Gary Frank

    La fin de mon com Amazon de l’époque :
    « Il est paradoxal de constater qu’à l’heure où les effets spéciaux n’ont quasiment plus de limites au cinéma, une BD de Batman se restreigne autant sur les aspects extraordinaires du personnage. Il n’y a quasiment pas de vrai morceau de bravoure où Batman dépasse sa condition humaine pour incarner le Chevalier Noir, la créature de la nuit, enfin, le type qui fout les jetons aux truands de Gotham depuis 1939, quoi !

    Bref, cette BD ne m’a pas fait rêver car l’essence du personnage de Batman est quelque peu absente. A trop vouloir faire son cinéma, Geoff Johns a raté son comic-book. « 

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