Fragilité (The Walking Dead- Rest in peace)

Walking Dead 32 : La fin du voyage par Robert Kirkman, Charlie Adlard, Stefano Gaudiano

Un article de PRESENCE

VO : Image Comics

VF : Delcourt

Ai-je bien agi ?  © Delcourt

Ai-je bien agi ?
© Delcourt

Ce tome fait suite à The Walking Dead Volume 31(épisodes 181 à 186) qu’il faut avoir lu avant.  En VF, l’épilogue sera publié en janvier.

La gouverneure Pamela Milton est en train de s’adresser à l’ensemble de la communauté du Commonwealth pour évoquer la tentative d’assassinat dont elle a été la cible et indiquer qu’elle a été sauvée par l’intervention de Rick Grimes. Elle lui donne la parole pour qu’il puisse s’adresser directement à la foule. Il évoque les tensions existant au sein de la communauté et promet d’œuvrer à des solutions pacifiques. À Alexandria, Magna indique à Siddiq qu’elle souhaite qu’il rejoigne Hilltop. Au Commonwealth, Mercer rentre chez lui et constate que Juanita Sanchez s’apprête à partir. Devant son incompréhension, elle lui raconte comme était sa vie avant les zombies et pourquoi elle ne se sent pas à l’aise dans cette ville. À Hilltop, depuis l’étage de sa maison, Carl Grimes regarde Sophia discuter en marchant avec Josh. Carl a le sourire aux lèvres, et il doit s’en expliquer avec Lydia. La conversation se termine mal, Lydia partant fâchée. Peu de temps après en banlieue du Commonwealth, Mercer est en train de débiter du zombie pour se passer les nerfs. Laura abat un des zombies avec un fusil et évoque avec Mercer comment mettre cette frustration à profit.

Au Commonwealth, Michonne rejoint Rick Grimes en terrasse pour évoquer les circonstances dans lesquelles il a tué un homme pour sauver Pamela Milton. Siddiq arrive devant les fortifications de Hilltop et se fait ouvrir par les hommes de faction, guère à leur tâche. Dans son bureau, Maggie explique à Siddiq, Jesus, Aaron et Dante qu’elle est inquiète que Rick Grimes ne soit pas encore revenu et qu’elle n’a aucune confiance en Pamela Milton. Elle leur demande de se rendre au Commonwealth pour récupérer Rick Grimes. Carl Grimes exige de les accompagner, car il s’agit de son père. Au Commonwealth dans les vestiaires de la police, Mercer commence à évoquer devant ses hommes la possibilité d’une action armée pour déposer Pamela Milton. Lance fait irruption avec des gardes armés et fait arrêter Mercer.

Rick Grimes m'a sauvé la vie.  © Image Comics

Rick Grimes m’a sauvé la vie.
© Image Comics

En octobre 2003, sort le premier numéro de la série mensuelle The Walking Dead. 16 ans plus tard, en juillet 2019 sort le dernier épisode, le numéro 193. Aucune surprise pour ce dernier tome : c’est du Kirkman / Adlard / Gaudiano / Rathburn. Ce dernier est passé maître dans l’art de donner l’impression d’avoir mis en couleurs les planches, uniquement avec des nuances de gris soulignant les reliefs, accentuant la distinction entre les différents éléments de chaque case, développant l’ambiance lumineuse. Stefano Gaudiano est toujours aussi habile à combiner le respect des traits de l’artiste, tout en apportant un degré de précision et de description plus important. S’il ne fait pas l’effort d’y penser, le lecteur peut oublier que ce n’est pas Charlie Adlard qui réalise ses planches tout seul. Enfin ce dernier a conservé toute l’efficacité qui le caractérise : lisibilité immédiate, dessins choc fonctionnant parfaitement, et mise en scène un peu facile des dialogues.

Enfin Kirkman est égal à lui-même avec une narration efficace, des moments choc, et une dramatisation appuyée. Bien évidemment ce dernier tome est l’occasion de faire apparaître la majeure partie des principaux seconds rôles encore vivants. Le scénariste n’a pas oublié les zombies, avec l’irruption d’une harde qu’il convient de combattre et de neutraliser. Le lecteur trouve ce qu’il est en droit d’attendre pour une fin de récit au long cours, y compris un dernier épisode (193) plus long (70 pages) et une postface de l’auteur qui explique la raison pour laquelle il a mis fin à la série, et qui revient sur quelques éléments de contexte créatif.

Image choc pour moment choc  © Image Comics

Image choc pour moment choc
© Image Comics

À l’issue de ce tome, le lecteur ressent que le récit est bel et bien arrivé à son terme, qu’il n’appelle pas de suite. Il a dévoré ces nouvelles péripéties, Kirkman n’ayant pas perdu la main pour les rebondissements et l’horreur, Adlard étant toujours aussi efficace pour donner à voir la soudaineté, la violence, les tensions entre les personnages, les émotions, la souffrance affective. Le scénariste est toujours aussi exigeant avec le dessinateur, en particulier pour les dialogues longs et copieux. Ce tome est assez bavard dans certaines séquences, Kirkman abordant une dernière fois les thèmes principaux de la série. C’est ainsi qu’il est question du droit à la différence et de l’importance du comportement des parents vis-à-vis de leurs enfants au travers du récit de Juanita Sanchez. La relation parent-enfant est également illustrée par le comportement de Pamela Milton envers son fils Sebastian, des souvenirs de Sophia pour Maggie. Bien évidemment, la situation au Commonwealth continue d’évoluer : le ressentiment d’une frange de la population vis-à-vis du gouvernement de Pamela Milton est exacerbé par le discours de Rick Grimes et l’exemple qu’il donne. Le scénariste revient sur des prises de position qu’il a déjà affichées, à commencer par la volonté de trouver des solutions non-violentes, et équitables. Mais il ne fait pas du surplace. Rick Grimes peut enfin clamer que les personnes ne sont plus des morts en marche, faisant écho à une déclaration à l’opposé en début de série.

Comme à son habitude, Rick Grimes dégage un charisme impressionnant et prend des postions bien tranchées. D’un côté, le lecteur peut être un peu frustré par Rick expliquant à Carl que ce n’est pas dur de savoir comment bien agir : il suffit de suivre ses convictions. C’est un peu court comme compas moral pour prendre les bonnes décisions. De l’autre côté, il voit que Rick Grimes est prêt à beaucoup de sacrifice pour assurer la pérennité du Commonwealth : Robert Kirkman met en lumière l’importance de préserver ce qui est a été construit. Non seulement il est plus facile de détruire que de construire, mais en plus il faut savoir voir et apprécier ce que l’on tient pour des acquis. La société n’est pas parfaite, mais ce degré de civilisation a été chèrement acquis et reste fragile. Le lecteur prend un grand plaisir aux moments geek du récit : la reconquête des territoires grâce au train, le moment de bravoure d’Eugene Porter et Stephanie, le retour en masse des zombies, Magna soufflant dans l’olifant, l’évasion de la prison…

Juste une sensation  © Image Comics

Juste une sensation
© Image Comics

Dans le même temps, il retrouve la sensibilité politique de l’auteur, toujours aussi intelligent dans ses propos. Chaque confrontation idéologique se fait sous la forme d’une situation de conflit physique pleine de suspense, sans abêtir le propos ou en diminuer la pertinence. À 2 reprises, des forces armées sont en opposition dans les rues du Commonwealth, prête à faire feu. Le lecteur ressent à la fois la peur de voir la situation dégénérer dans un conflit armé entre les troupes de Mercer et les civils, un amusement quand un civil traite Mercer de fasciste, un plaisir ineffable quand Rick Grimes prend la parole pour décrire la situation à Mercer, la faisant apparaître sous un jour totalement différent.

Ainsi à l’issue des 6 épisodes (187 à 192), le lecteur se trouve repu et rassasié, et entame la coda. Que sont-ils devenus ? Plusieurs années dans le futur, il retrouve les personnages ayant vieilli, et la reconstruction de la civilisation ayant progressé. Kirkman & Adlard montrent que les zombies sont devenus une espèce en voie de disparition avec un sens de l’ironie très taquin, et que les plus jeunes enfants n’ont jamais connu un monde avec les zombies. La qualité narrative et intacte, mais le prétexte (un individu a tué un zombie, propriété privée exhibée dans une roulotte ambulante) semble bancal, et les retrouvailles avec les personnages ayant survécu sont étrangement superficielles et peu satisfaisantes. Il se dégage un nouveau thème : celui du passé appartenant à l’Histoire, et déformé entre mythologie (la tentation de déifier Rick Grimes) et conte pour effrayer les enfants, la réalité de l’horreur des zombies et de leur dangerosité s’amenuisant avec le temps qui passe.

Il faut un peu de temps pour voir se dégager le véritable enjeu de ce dernier épisode. Au fil des rencontres, le même thème revient évoqué sous des angles différents : les risques mettant en danger la pérennité de la civilisation. Comme à son habitude, Robert Kirkman préfère mettre en scène plutôt que de se lancer dans un exposé magistral. Le risque évident est celui de l’oubli : l’effondrement très rapide de la civilisation. D’ailleurs, le lecteur se dit que finalement les auteurs ne seront pas revenus sur l’origine de l’épidémie zombie. Quoi que… Au fil des rencontres, il s’agit bel et bien de mettre en scène des comportements, des convictions qui minent, qui mettent en péril ce qui permet à chaque société de fonctionner, le petit grain de sable qui vient rompre l’équilibre instable permettant la vie en communauté, qui amène les individus à adopter des automatismes comportementaux induisant des habitudes dénuées d’esprit critique, un mode vie où il suit le troupeau en mettant son esprit critique en veille…comme un zombie.

En refermant ce dernier tome, le lecteur se rend compte qu’il a versé une larme, peut-être pour une mort terrible, peut-être pour une relation interpersonnelle (Carl devant trouver comment vivre dans l’ombre des faits accomplis par son père, hauts faits devenus autant d’événements historiques), peut-être pour la prise de conscience de la fragilité de la société et de la civilisation. Il quitte à regret Rick Grimes et tous les autres, tout en respectant le choix de Robert Kirkman. Il salue des auteurs qui se montrés d’une régularité remarquable et d’une intégrité exemplaire, et d’une grande ambition, racontant un récit de genre en utilisant ses conventions au premier degré sans condescendance, tout en développant des thèmes compliqués avec conviction et intelligence.

Comportement sans réflexion  © Image Comics

Comportement sans réflexion
© Image Comics

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WALKING DEAD s’achève : laissons le mot de la fin à Présence !

La BO du jour : Oedipe, mort et libération aussi bien pour Kirkman que chez Morrison

37 comments

  • Matt  

    Oh sans blague ? Ils se sont enfin dit que ce serait bien de faire une fin ?
    Bah punaise…

    • Présence  

      Je sens comme un soupçon de moquerie dans ta remarque. :)

      Je suis impressionné par une telle décision de mettre un terme à la série, alors qu’elle continue à être dans les 10 meilleures ventes comics chaque mois, et qu’elle doit avoir écoulé autant de tomes 1 que Watchmen. C’est ce qui m’a conduit à employer le terme d’intégrité dans le dernier paragraphe.

    • Matt  

      Oui bah c’est bien nouveau comme idée pour Kirkman.
      A-t-il réussi à en avoir marre de raconter la même chose ?^^

      Moi c’est typiquement le genre de truc que je ne lirais pas et dans lequel je n’investirai jamais. Pour me faire lire ça il faudrait tout m’offrir à la limite. Et encore…ça prendrait tellement de place qu’il y a peu de chance que je veuille y garder. C’est comme une série TV super longue ce truc. Peu m’importe que ce soit bien fait au final. Déjà parce que c’est pas ma came de base, ensuite parce que c’est toujours la même chose (même le cinéma se répète encore et encore avec les apocalypses zombies), et enfin parce que je sais que je me lasse des trucs très longs, quels qu’ils soient.
      Alors que je sais que d’autres lecteurs pourraient suivre une même série interminable toute leur vie…(pour moi on n’est pas loin de l’addiction maladive mais faut pas que je dise ça trop fort, ça peut les fâcher^^)

      • Présence  

        Il faudrait tout m’offrir à la limite. – C’est exactement ce dont j’ai bénéficié (merci chef) : Bruce me les a tous prêté au fur et à mesure. Je te confirme qu’il y a eu un effet addictif en ce qui me concerne. Seul le temps dira s’il y a des séquelles et que c’était maladif.

    • Matt  

      Une série qui n’a pas de fin; je me sens comme prisonnier, pris en otage, et je me sens con aussi parce qu’au final personne ne m’oblige à continuer. Mais c’est étudié pour maintenir les fans dans un état de dépendance. Parfait pour le commerce. Alors après ça n’empêche pas que ça peut être bien fait, mais je fuis ce genre de production maintenant.
      J’ai déjà donné avec des séries comme Saint Seiya qui reproduit exactement le même schéma du sanctuaire d’arc en arc mais en réussissant malgré tout à maintenir sa base de fans qui en redemande.
      J’irai même jusqu’à dire que je ne trouve pas ça sain comme mode de consommation des œuvres. Ni en tant qu’intégrité artistique.
      Après je ne juge pas ceux qui aiment ça, hein.
      Mais moi ça me rend réellement frustré et agacé à chaque fois que quelque chose dure, encore et toujours sans nécessité. Je ne suis plus client de ça depuis longtemps et je supporte à peine ce genre de trucs.

      • Présence  

        C’est étudié pour maintenir les fans dans un état de dépendance. – En ce qui concerne Marvel et DC, c’est ce qui est régulièrement évoqué ici même par la majeure partie des contributeurs : une utilisation systématique et artificielle de tous les trucs et astuces marketing pour entretenir cet état. C’est ce qui m’a conduit à suivre plutôt des auteurs que des personnages, en croisant les doigts pour qu’ils parviennent à conserver un peu de leur intégrité artistique dans ce contexte de contraintes mercantiles.

        • Matt  

          Oui mais je dis juste au dessous que justement il y a des « runs » chez Marvel. Rarement de 32 tomes^^
          Si je vais vers de l’indépendant qui ne joue pas sur le marketing, c’est pas pour me taper une série annoncée comme interminable par volonté.
          Alors là ok il a enfin fini. Mais bon…32 tomes, no thanks.

    • Matt  

      D’ailleurs même les trucs Marvel, techniquement j’y suis revenu après des années d’abandon quand j’ai appris le concept des « runs » d’auteurs^^
      A savoir des périodes plus ou moins longues qu’on peut suivre sans avoir à lire toute la série de tel personnage depuis 1962.
      Et il est plus simple de sauter des périodes entières, des runs entiers, c’est plus ou moins étudié comme ça dans le mainstream super héroïque.

      • Eddy Vanleffe  

        le fan de super héros est schizophrène…il faut l’accepter et l’assumer…
        il veut suivre un perso « ad vitam eternam » et il veut que les auteurs le transfigure à chaque run…
        je préfère les auteurs qui arrivent à se fondre et se faire « oublier » tout en mettant leur génie au service du bouquin.
        Intellectuellement je ne peux pas(plus) faire des débats et sortir des runs inférieurs et supérieurs.
        Dans les fait c’est évident que certains sont mieux réussis..;mais tu trouveras toujours un gamin qui a commencé les X-Men avec Austen et qui aura craqué sur le triangle amoureux Annie-Alex-Lorna… il sera le seul au monde mais je suis certain qu’il existe et c’est la règle du jeu de ce « genre »… sa richesse aussi quelques part…

        je reviens à Walking Dead… je pense qu’au contraire d’un truc de super héros, c’est une oeuvre d’auteur et rien d’autre. il y en a des courtes et des longues… ce qu’il fait avec la figure du zombi est original, imaginatif et il pousse la métaphore bien plus loin que n’importe quel film. il y a plein de lectures possibles et c’est vraiment une lecture qui ne laisse pas le cerveau en jachère…
        mêm si je m’aime pas tout dedans, c’est vraiment le plus gros « creator owned » actuel…

        • Présence  

          Je trouve aussi que Robert Kirkman a su mettre à profit la forme longue pour développer ses thèmes d’une manière qu’il n’est pas possible de faire dans des formats plus courts.

  • Eddy Vanleffe  

    Un splendide feuilleton maîtrisé de bout en bout par son auteur qui a su tenir la ligne qu’il s’était fixé…
    je suis admiratif d’un tel boulot…

    • Présence  

      Il m’aura fallu beaucoup de temps pour accepter de lire cette série, et beaucoup d’insistance de la part de Bruce (encore merci chef). J’en ai acquis une même admiration pour Kirkman, au point de me lancer dans son autre série au long cours : Invincible (en suivant les recommandations de Darkseid Sam de Comixity). Je suis bien parti pour lire les 25 tomes (seulement 144 épisodes).

      • Eddy Vanleffe  

        Pour celui qui AIME le genre super héros mais qui se lasse des « aberrations » marvel/DC et leur morts qui reviennent etc, INVICIBLE est une série-univers à elle toute seule cohérente, pertinente sur la perception du rôle du héros actuel par le public, une vraie chanson d’amour à tous les personnages du genre Peter Parker, Clarck Kent ou tout jeune adulte qui vie deux vies à la fois ( la métaphore du comment être un adulte ET un bon fils).
        un vrai bon comics qui donne la pêche!

        • Matt  

          J’ai aussi un souci avec ça^^ Purement personnel.
          la raison pour laquelle je lis du super héros c’est en partie par nostalgie et pour retrouver des personnages que j’aime suivre. Du coup si on sort complètement d’un univers que je connais…ben j’ai aucune envie de lire du super héros. Pourquoi faire ? C’est pas particulièrement super intéressant sur le concept. Je vais plutôt me lire un polar, un truc de SF, etc.
          Au final Harbinger m’a bien déçu, surtout avec sa fausse fin pourrie qui délaisse les persos principaux. Ah il fallait lire la reprise par un autre auteur ? Hors de question.
          Authority, Planetary ça va. Déjà c’est court. Ensuite c’est différent, on est à peine dans le super héros (en tous cas rien à voir avec un Spider-man) tant les mecs sont au dessus de tout et tiennent les dirigeants politiques par les couilles…

          Mais même là déjà, je sentais que si je gardais Authority ou Planetary, je ferais l’impasse sur d’autres séries de « super »
          Y’a autre chose à lire, hein, y’en a marre des super.^^

          • Eddy Vanleffe  

            la réponse est simple à mon avis (et sans la moindre agression de ma part): tu n’aimes pas le « super héros », tu as aimé des Spider-Man et le « starlin Universe » et d’autres choses aussi, j’ai pas fait l’inventaire, mais voilà le genre ne te plait pas…
            comme tu dis tu préfère des polars, du Méd-fan etc…
            Et c’est cool…
            Ça ne change pas les qualités de INVINCIBLE ou même SAVAGE DRAGON ou encore ASTRO CITY qui sont largement mieux foutues que des trucs Marvel relaunchés 25 fois les dix dernières années…

          • Présence  

            Savage Dragon et Astro City : 2 exemples où une série est devenue le mode d’expression de leur auteur. Erik Larsen et Kurt Busiek aiment le genre superhéros avec les conventions de genre associées, et ils racontent ce qu’ils veulent dedans, avec une plus grande diversité thématique pour Busiek. Astro City, c’est ce qui a fait dire à Neil Gaiman que les superhéros ne sont pas un genre, mais carrément un média au travers duquel il est possible d’aborder n’importe quel sujet.

          • Matt  

            Je ne pense pas que « je n’aime pas » le super héros. Ce serait bizarre pour un mec qui a du Iron Fist, du DD, du Spidey, du cosmique partout chez lui^^
            On va plutôt dire que j’ai aimé un univers dans lequel j’ai aussi un peu grandi. J’ai accroché aux personnages, et en lisant du cosmique d’ailleurs j’ai pas trop l’impression de lire du super héros.
            Ce n’est pas que le genre me fait fuir, c’est qu’il ne m’intéresse pas vraiment en dehors de cet univers que j’ai appris à aimer depuis tout gosse.
            Et c’est sans doute aussi pour ça que la continuité bordélique ne me dérange pas plus que ça (j’en fais abstraction, ou je me crée plutôt ma propre continuité sans me soucier de la mort et résurrection de tel bonhomme qui aurait eu lieu dans un run que je n’ai pas lu ou pas aimé)

            Mais en effet, connaissant très mal DC par exemple, j’ai aucune envie de plonger dedans. ça risque d’être le même bordel et comme je n’ai aucune affinité avec cet univers, ça ne fait pas envie.

            Mais je ne suis pas non plus rebuter par le genre. Juste que si ça se passe dans un univers qui ne m’est pas familier, et avec tout ce qu’il y a d’autres à lire, je vais plutôt me tourner vers d’autres genres. Je n’ai pas envie d’avoir uniquement du super sur mes étagères.

          • Eddy Vanleffe  

            quand je dis que tu n’aimes pas le « Super héros » je ne veux pas non plus dire que tu rejettes le genre, mais plutôt que ce n’est pas le genre qui s’amène à lire tel ou tel titre…
            si on prend un exemple que tu abordes: DC fait du très bon cosmique par exemple…
            j’ai bien aimé COSMIC ODISSEY par exemple par Starlin et Mignola (des petits nom quoi…^^)
            et je te fais l’impasse sur tout ce qui est green Lantern de Geoff Jones qui est à mon sens un truc un peu simple parfois (les couleurs et les émotions) mais qui crée à chaque page une mythologie qui fonctionne. mais c’est long
            donc on passe…^^
            DC a longtemps été un terrain en jachère en France mais SEMIC a eu l’intelligence de traduire des trucs clés, en piochant dans les récits autonomes sans prise de tête. je conseille donc sans aucune arrière pensée tout SEMIC book sur DC. (à part HEURE ZERO, incompréhensible même pour ceux qui suivent, même pour les auteurs etc…)…
            je m’attache très vite aux persos quelques pages me suffisent en général…
            et j’aime plein de truc possible dans le super héros (magie/sf/fantastique/polar et pourquoi pas mixer tout ça?)
            je ne lis pas que ça non plus, mais c’est un genre que j’aime pour lui même comme j’aime les films d’horreur pour le genre en même temps que pour chaque film…

          • Matt  

            Alors vu comme ça en effet c’est pas vraiment le genre qui m’attire et me pousse à lire des trucs.
            Disons que j’ai déjà beaucoup de trucs de super héros dans mes étagères. ça doit représenter la moitié de ma bibliothèque de BD, alors bon…stop quoi^^
            ça vient du format certes, avec des runs assez longs (le DD de Waid, en termes de nombre de pages c’est 4 séries franco belge de 4 tomes chacune par exemple.
            Du coup j’ai peut être plus de BD variées en franco belge mais en nombre de pages, place dans l’étagère et durée des séries, le super héros me bouffe la moitié de mes étagères.
            Donc forcément j’ai aussi envie de remplir mes étagères d’autre chose. Et je pense aussi avoir fait le tour du genre avec ce que j’ai. Il n’y a qu’un attachement envers des persos comme Spidey, tout ça, qui peut me pousser à chercher des aventures de super héros. Mais si possible courtes maintenant^^

          • Matt  

            Sinon Eddy, c’est quoi les semic book dont tu parles ? Ce sont des revues ?

            J’étais allé voir par curiosité dans quoi les Birds of prey avaient été publiés, et j’ai rien trouvé…
            Y’a pas de correspondance VF sur la page comicsvf de la série.

            https://www.comicsvf.com/us/918.php

          • Eddy Vanleffe  

            http://www.comicsvf.com/fc/91.php

            voilà le lien sans le https…

            ce qu’ils ont produit en DC est souvent assez continuity free et avec un solide éditorial…
            Semic a vraiment fait de son mieux pour réintroduire le truc

            la plupart des bouquins ont été réédité chez Urban mais disons que sur comics VF tu peux voir si le bouquin est intéressant et voir s’il existe chez Urban ou à prix abordable sur une boutique en ligne…
            si un domaine te branche-pour la curiosité ne serait-ce-demande-moi.
            je partage avec plaisir.

          • Eddy Vanleffe  

            oups voilà le lien BOP chez Comics VF.

            https://www.comicsvf.com/fs/17836.php

            je crois les doigts pour que Urban fasse un « archives ». ils ont fait suicide squad alors… ^^

          • Matt  

            Je ne comprends pas trop ce que ça publie les Semic Birds of Prey. D’habitude c’est mieux recensé. On dirait 4 pauvres revues qui publient 2 épisodes chacune (ce qui est très peu)
            Enfin je m’en fous, je ne veux pas me procurer la série mais c’est pas toujours évident de trouver les publications Semic, c’est super mal renseigné.

          • Eddy Vanleffe  

            pour BOP ce sont des revues de eux épisodes publiant les one-shots et les mini séries avant l’ongoing qui démarra après. c’est pas clair en statistiques mais c’est le début de leur histoire…

  • Jyrille  

    Je passe juste pour dire que je devrai lire ce tome bientôt, je reviendrai donc lire l’article après…

    La BO : un de mes premiers émois rock après avoir découvert et être devenu fan de Genesis. Je pense toujours à Apocalypse Now en écoutant ce titre.

    • Présence  

      Attention, cet article aborde également l’épilogue qui n’est pas contenu dans le tome VF et qui ne sortira qu’en janvier 2020.

      • Jyrille  

        Merci de la précision ! Donc je vais vraiment attendre…

  • Bruce lit  

    Content que tu aies aimé.
    Je me réserve l’article de conclusion et bilan de la série pour le mois de janvier. C’est vraiment dommage pour les lecteurs VF ce saucissonnage qui ampute totalement à mon sens la conclusion de sa puissance émotionnelle. Delcourt a été, comme tous les lecteurs de la série, prise de court, ils ne pouvaient pas faire autrement.
    Pour ma part, je suis persuadé que WD garde un potentiel immense et reste persuadé qu’un spinoff ou une autre série avec d’autres personnages est possible.

    • Présence  

      Merci encore pour m’avoir convaincu de lire cette série, et me l’avoir prêtée gracieusement et en VO en plus.

      Comme toi, je pense que la séparation VF entre les épisodes 192 et 193 risque d’être préjudiciable à l’impact émotionnel du dernier.

      Spinoff ? – Je rejoindrais l’avis de Matt : je n’en ai pas besoin. Robert Kirkman indique avoir dit tout ce qu’il souhaitait exprimer avec ces 193 épisodes. Du’un point de vue d’auteur, un spinoff donnerait l’impression de rallonger la chose uniquement pour maximiser les profits. S’il veut vraiment des spinoffs, le lecteur peut se tourner vers les séries télé, ou les autres séries comics de Robert Kirkman… ce que j’ai fait avec Invincible. Il est vraisemblable que je reconsidérerai ma position sur ses autres séries, même Outcast.

  • Kaori  

    N’ayant lu aucun volume, me contentant de la série tv, je me demande comment cela va pouvoir être transposé, sans *BIP*.
    Parce que bon, j’ai hâte qu’elle arrive à son terme, cette série (pire, on a une saison de retard…).

    Par contre, vous avez titillé ma curiosité avec la série INVINCIBLE…

    • Présence  

      J’ai lu les 9 premiers tomes : une histoire de superhéros qui progresse rapidement, dans un univers autocontenu, une utilisation experte des conventions du genre superhéros, et un jeu sur les attentes et les présupposés du lecteur du même niveau que pour The Walking Dead, sans oublier une intrigue très divertissante.

      • Kaori  

        Merci pour ces précisions Présence :)

  • Tornado  

    Punaise. 32 tomes. Et donc 32 articles (ou commentaires) de la part de Présence ! (sans oublier le tome sur Negan). C’est très impressionnant. Pour ma part j’aurais attendu et j’aurais fait un article à la fin !
    Je n’irai donc jamais au bout de cette série. N’ayant jamais lu le comics et n’ayant vraiment pas l’intention de le faire, je me suis également arrêté à la saison 8 pour ce qui est de la série TV. C’est trop long et trop éprouvant. Huit ans que ça dure. Je jette l’éponge.

    Je m’interroge sur la série INVINCIBLE. Il est tout à fait possible que Delcourt la réédite en intégrale. Auquel cas je pourrais être tenté. Et bien que je ne sois pas, quant à moi, un vrai fan du genre super-héros, tout ce que j’ai entendu sur cette série, ses qualités d’écriture, ses thèmes, sa tonalité intense, j’ai l’impression que ça pourrait me plaire, dans un genre feuilletonesque qui a l’air bien attirant.

    • Présence  

      Oui, 32 articles, et sans cet exercice de coucher mes idées sur papier (enfin dématérialisé) je n’aurais pas su percevoir la profondeur de l’écriture de Robert Kirkman. Je serais passé à côté des subtilités du discours politique.

      Sur la série Invincible, je pense que je n’aurais pas été en mesure d’en apprécier les nuances si je n’avais pas appréhendé les spécificités de l’écriture de Robert Kirkman sur The Walking Dead avant. Je suppose que cette série doit apparaître comme du superhéros sympathique pour les néophytes Pour les habitués des comics de superhéros, il es visible que Robert Kirkman se livre à un jeu sur les attentes du lecteur, sur sa connaissance des trucs et astuces, sur son intime conviction que c’est ça qui se produire… et en fait non.

      • Tornado  

        Oui, c’est précisément le concept qui m’interpelle.

        • Bruce lit  

          Et plein de monstres et de scifi…

          • Présence  

            Il y a une bonne dose de supercriminels de pacotille et d’extraterrestre exotiques, sans oublier un martien très attachant.

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