Interview Fabrice Le Hénanff (Wannsee)

Interview Fabrice Le Hénanff

Propos recueillis par BRUCE LIT

Des français qui n’ont plus honte de se rallier au Front National.
La mémoire de Illan Halimi, martyr des gangs des barbares souillée.
Celle de Simone Veil que les Croix Gammées n’ont jamais fait taire.
Des Juifs pour qui il est dangereux de vivre en France…

Voilà un article qui, dans l’idéal ne devrait même pas exister en 2019. Pas plus que la BD WANNSEE de Fabrice Le Hénanf, qui raconte la conférence de 1942 qui décida en moins de 2 heures de La Solution Finale. L’historien Raoul Hilberg avait bien résumé le processus de l’horreur Nazie qui décréta aux Juifs au fil des années : « Vous n’avez plus le droit de travailler ici, Vous n’avez plus le droit de vivre ici, vous n’avez plus le droit de vivre tout court. » Ce processus, à l’heure où l’extrémisme  et le populisme voit de nouveau ses bottes cirées par l’inertie  politique et l’injustice est brillamment décrit dans cet album.  Il enfonce des portes ouvertes tout en faisant son devoir de mémoire, au moins chez Bruce Lit.

Une histoire rouge-sang. (c) Casterman

Une histoire rouge-sang.
(c) Casterman

Bonjour Fabrice. Avant de rentrer dans le vif du sujet, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour, Fabrice le Hénanff, 47 ans ,originaire de Bretagne et auteur de BD depuis 2001.

WANNSEE est un projet atypique : raconter comment dans une banlieue de Berlin, 15 hauts fonctionnaires du Troisième Reich ont élaboré en moins de deux heures La solution finale qui aboutira au carnage des chambre à gaz et des fours crématoires. Comment t’est venue cette idée et surtout qu’est ce qui t’a fait croire que ce projet trouverait preneur dans la France d’Alain Soral et de Dieudonné ?

J’ai travaillé sur plusieurs projets qui n’ont pas abouti en compagnie de scénaristes, mais en parallèle je conservais dans mes cartons différents projets personnels. WANNSEE en faisait partie. J’en avais parlé chez Casterman vers 2015 mais sans vraiment insister à l’époque, puis je m’y suis remis sérieusement en 2016 et mon éditeur s’est montré intéressé.

Ce qui m’a toujours trotté dans la tête était de parler de la solution finale en BD. Après 2 albums réalisés sur la seconde guerre mondiale (OSTFRONT/WESTFRONT )je ne pensais pas aborder ce sujet tout de suite ,j e ne voulais pas être catalogué comme un auteur qui ne produit que des bd sur cette période. La solution finale mais pas spécialement l’épisode de Wannsee je voulais aborder le processus d’extermination en BD. Je connaissais la conférence mais sans plus.

Quelle a été la réaction des maisons d’éditions à qui tu présentes le sujet de WANNSEE ?

Peu d’enthousiasme …J’ai contacté Casterman et d’autres éditeurs (certains ont répondu d’autres n’en on même pas pris la peine , les joies de l’édition…). Je n’avais pas d’autre piste scénaristique à cette époque. Quelques propositions avec des planches d’essai. Le projet a finalement été pris chez Paquet et chez Casterman à condition que je modifie mon style graphique. Voilà le départ de WANNSEE, plus proche d’abord pour les couleurs d’OST FRONT. Je suis passé ensuite au sépia. Pour en arriver à la dernière phase avec un graphisme plus tableau, plus torturé avec du flou. On s’est arrêté sur ce dernier style.

La conférence de la mort © Casterman

Si je te dis que WANNSEE est la parfaite illustration du chapitre Exécuteurs de l’ouvrage de l’historien Raul Hilberg : EXÉCUTEURS,VICTIMES,TÉMOINS tu serais d’accord ?

Je n’ai pas lu l’ouvrage ,mais si on parle de personnes lambdas qui deviennent des « monstre » alors oui on est dans le sujet.

On ne peut pas dire que tu fuis la difficulté : alors qu’il est de plus en plus difficile voire risqué d’enseigner La Shoah dans nos écoles, tu écris et dessine un One Shot dessus ! Et sans aucune scène d’action ou compromis spectaculaire. WANNSEE, c’est d’abord une entreprise comptable de l’extermination des juifs d’Europe ?

Oui un cabinet comptable macabre, là les ressources humaines de cette entreprise envoie les gens à la mort. L’autre challenge de l’album c’était le huis-clos. Le lecteur assiste à une réunion qui ressemble à celle d’un Conseil d’Administration. Mais on remplace le prix du baril ou les stock options par le sort de toute une population. Des éléments de la solution finale sont déjà en place, mais la conférence de Wannsee démontre, justement, en impliquant différents ministères, que l’on y travaille et que l’on est prêt à passer au stade industriel. Et cette réunion va sceller le sort de millions de personnes ! De plus, on en a une trace écrite, rédigée peu après en comité restreint, et aujourd’hui conservée à la villa qui est devenue un lieu de mémoire et d’enseignement.

Raoul Hilberg et Primo Levi pointaient que la spécificité du génocide juif est que, même aux dernières heures du Reich, tous les ministères étaient réquisitionnés pour oeuvrer à la Solution Finale. Quel a été ton travail de documentation sachant que beaucoup d’archives ont été détruites et/ou, on le voit dans ton livre, falsifiées par Eichmann et Heydrich ?

C’est une réunion administrative. Voilà ce qu’on va faire. On emploie des mots comme évacuer pour tuer.Je ne pense pas que le terme falsifié convienne, le travail d’Heydrich et Eichmann est d’utiliser certains termes pour masquer cette entreprise criminelle. Dans l’album on revient sur Babi Yar près de Kiev, ce ravin où s’est appliquée la Shoah par balle sur des dizaines de milliers de Juifs. WANNSEE c’est aussi montrer qu’ils étaient arrivés au bout de ce système-là. Il fallait passer à autre chose et c’est la solution finale, le stade industriel en planifiant de gazer 60 000 Juifs par jour. Tout l’état, le Reich doit suivre. Tout est décidé, calculé.Il a fallu d’abord trouver le texte d’origine, le protocole de Wannsee et voir ce qu’il y avait à l’intérieur. Cela se limite à quinze pages. Le challenge était de mettre tout le texte dans l’album, suivre le déroulement des débats.

L’aigle et ses proies © Casterman

Nous sommes de la même génération. Je me rappelle avoir rencontré au collège un survivant d’Auschwitz venu enseigner aux gosses que nous étions les dangers de la haine. Ma vie s’en est trouvée changée. Quel a été ton premier contact avec La Shoah ?

Pour moi cela a été la visite avec mon école d’une exposition de peintures qui m’a marqué ,j’avais 12 ans à l’époque. Je pense que ce peintre était David Olère.

Sur ta page Facebook, on voit que tu es fan de comics. Quel a été sur toi l’impact des Xmen de Claremont ?

Toute ma jeunesse Claremont et Byrne ! Et surtout Dieu crée, l’homme détruit de Claremont et Brent Anderson. J’ ai commencé à lire STRANGE et autres publications Lug vers 1984; découverte de Byrne et surtout un peu plus tard le Dardevil de Miller. Donc à la base une culture « comics » qui c’est achevée en 1999 peu de temps avant que je décide de faire de la bd mon métier. Cela a surtout influencé mes découpages. Planches cadres et hors cadres.

Comment as-tu abordé le volet graphique de WANNSEE ? J’y ai vu beaucoup d’influence de Kent Williams….

Kent Williams ? Non, plus Sienkiewicz et Kubert.

Tout l’album est centré autour de nazis qui parlent autour d’une table. Comment découper ces dialogues et les rendre visuellement intéressants ?

Une salle, une table autour de laquelle se concentre l’album: le huis-clos. Une fois qu’on à tourné autour de la table il faut trouver d’autres cadres .
Pour l’aspect statique, j’ai joué sur les champs et contre-champs, les différents plans, des scènes de la Shoah et de ce qui était déjà en cours, des images extérieures de la villa…

Il s’agissait donc de varier les plans mais aussi de créer quelques coupures. Le début de l’album permettait l’arrivée et la présentation des personnages, s’enchaînaient la mise en place de la situation et une première pause. On sort, on fume une cigarette et j’en profite pour raconter la Shoah par balles. La réunion ne sert de toute façon à rien, tout est écrit et on s’en fiche du consentement des uns et des autres. Il m’importait aussi de parler de la question des métissages également abordée lors de cette conférence. Quant à Auschwitz, il n’y a pas de preuve qu’ils aient parlé de ça.

Il était une fois, une bande d'enculés... ©Casterman

Il était une fois, une bande d’enculés…
©Casterman

Ce refus du spectaculaire dans ton album de ce carnage sans précédent, c’est l’influence de Claude Lanzmann ?

Sans doute ,comment représenter la Shoah? Essayer d’éviter le voyeurisme, comment représenter ces nazis? Cela à été la problématique tout au long de l’album.

As-tu rencontré un problème de lettrage ? Les pages 18-19- 31 semblent avoir un lettrage plus appuyé que pour le reste de l’album…

Non ,je viens de refeuilleter l’album je ne vois pas de différences , il y a eu une relecture ,des phrases ont été modifiées des rires supprimés.

Si je peux me permettre une critique, je trouve que les 20 premières pages d’exposition du récit sont fastidieuses. Le récit ne décolle qu’avec l’arrivée de Heydrich, la « star de l’histoire » en … avion !

Pas évident de présenter 15 personnages,cela vient aussi du fait que dans ces 20 premières planches je me cherchais graphiquement .

Heydrich, Eichmann : comment écrire ces personnages abjects et répugnants sans te laisser contaminer par la haine ?

C’était parfois très pesant. J’ai coutume de dire qu’un album de BD, on vit avec pendant toute sa réalisation, de la première ligne du synopsis jusqu’au dernier coup de pinceau de sa dernière case. Pendant tout ce temps, je me suis enfermé dans la même pièce que ces dirigeants nazis, et ça devenait oppressant. Heureusement, je suis revenu à autre chose, à d’autres couleurs. Mais j’ai appris beaucoup de choses avec WANNSEE et je ne pense pas, par exemple, que je dessinerai encore de la même manière en BD.

Le seul personnage à témoigner d’un zeste de scrupules est Kritzinger, le seul dignitaire à avoir témoigné de remords à Nuremberg au cours duquel il fut acquitté. As-tu éprouvé de l’empathie envers lui parmi tous ces monstres que tu écris ?

Aucune.il s’est couché comme les autres mais pour faire durer la sauce je devais y glisser un peu d’opposition, un ressort, mon poil-à-gratter. En réalité, il ne s’est rien passé et, quand bien même, Heydrich aurait dit : fermez-la !

Les Damnés.... Ex-Libris  © Le Hennanf / Casterman

Les Damnés….
Ex-Libris
© Le Henanf / Casterman

Ce qui distingue les Nazis de WANNSEE, c’est à quel point la déshumanisation du Juif est intégrée. Ils organisent « l’évacuation » de la question juive de manière rationnelle sans haine, ni passion. Il s’agit de se montrer audacieux et original pour massacrer vite et bien ! On y retrouve le ton froid et distancié de Robert Merle dans LA MORT EST MON MÉTIER…

Oui. Comme je l’ai dit nous sommes en face d’une sorte de conseil d’administration . Cette réunion est essentiellement organisée pour « mouiller  » l’ensemble des ministères du Reich dans l’organisation de la solution finale .Et ils vont aller au delà des espérances de Heydrich.

Ce que tu montres très bien également, c’est que tous ces fieffés officiers du Reich se détestent tous copieusement mais surmontent leur haine réciproque pour le mal commun…

Leur haine réciproque vient de la nuit des longs couteaux à cela s’ajoute les ambitions personnelles. 

Heydrich est un homme pressé : pourquoi cet empressement à organiser la solution finale en moins de deux heures ?

Wannsse n’est qu’un réunion parmi d’autres ce n’est pas là que s’est décidée la solution finale, elle est déjà en place mais techniquement cela reste « archaïque ». L’armée allemande connait ses premiers revers sur le front de l’est et le temps presse pour liquider les juifs d’Europe. 

La mort est leur métier. Ex Libris © Fabrice Le Hennanf / Casterman

La mort est leur métier.
Ex Libris
© Fabrice Le Henanf / Casterman

Tu sembles objectif en dessinant Heydrich, sa beauté froide. On dirait parfois une star de cinéma. La peur de romantiser le nazi est là ?

Oui toujours. C’est un des pièges quand l’on dessine un nazi,le risque d’une représentation malsaine.

Les personnages évoluent sous des couleurs cendrées : simple souci esthétique crépusculaire ou allusion aux cendres des victimes ?

Pas un souci esthétique,c’est la suite, pas forcément logique. Une étape importante. Casterman m’a ici poussé à me sortir les doigts du …, à y aller. WANNSEE, je le vois comme un album spécial, avec un graphisme lui aussi spécial. Je pense qu’il va être important pour la suite. Il y aura un avant et un après. C’est un album plus crayonné, au traitement plus léger pour mieux plonger vers les ténèbres. À la réflexion, je pense que je me rapproche des caméléons dont il était question dans mon premier album. Dans le sens où j’ai essayé de trouver une réponse graphique à chaque album. La peinture dans H.H. Holmes, l’hyper-réalisme dans WESTFRONT  et OSTFRONT…Ici, il m’a fallu du temps pour trouver la bonne façon de faire. Sans encrer, je ne suis pas bon dans cet art. Mais là où je palliais les défauts de mon dessin par la couleur; j’ai voulu, dans Wannsee, le remettre en avant, ne pas le masquer.

MAUS, YOSSEL, AUSCHWITZ de Pascal Crocci, les BD sur la Shoah ne sont pas si nombreuses. En as tu d’autres à conseiller à nos lecteurs ?

LA 27è LETTRE , ACHTUNG ZELIG de Rosenberg et IRENA de Morvan.

La puissance du silence. © Casterman

La puissance du silence.
© Castermanj

Une composition m’a impressionné : celle de la rafle de Babi Yar en Ukraine : au blabla incessants de ces salopards, tu opposes le silence des victimes dans une séquence où leur supplice est décliné dans chaque branche de l’étoile de David….

Cette planche m’a donné du fil à retordre sur sa réalisation et surtout elle a retardée la sortie de l’album de plus de 2 mois car elle posait problème à la rédaction de Casterman. À la base, il devait y en avoir plus mais c’est la seule qui soit restée. Hormis la composition, c’est le seul symbole de tout l’album pour les Juifs. Et une étoile jaune un peu plus loin. Il y avait tellement de croix gammées qu’à un moment je devais montrer la victime…

Tout au long de l’album un chat et un rat jouent à cache dans les pattes des nazis. Un clin d’oeil à MAUS ?

Oui un clin d’oeil, ils me permettaient de sortir de table, de quitter la complaisance et d’avoir d’autres vues, d’autres pièces à explorer. En plus, avec une dimension symbolique, certes pas des plus fines. Cette idée m’est venue vers la fin de l’album, en me souvenant du film Pour l’exemple que j’avais vu il y a très longtemps et dans lequel des soldats anglais, dans leurs tranchées, organisaient le procès d’un rat qu’ils accusaient de leur voler leur nourriture, de les contaminer, de souiller leurs affaires, etc. Le timing était le bon et je pouvais intégrer à ma grande histoire une autre plus petite, avec cette symbolique un peu lourdingue, du chat chassant le rat et parvenant à l’attraper. Ma crainte étant qu’il me reste assez de pages pour aborder la question des métisses.

Quel a été l’accueil de la communauté juive de France à ton album ?

Je n’ai pas de retours, même de la part de mon ancien scénariste pour l’album MODIGLIANI.

Que dire à tous ces négationnistes qui banalisent ce crime contre l’humanité ? 

Rien ,il y a une loi pour cela ,la loi Gayssot de 1990.

Quels sont tes projets en cours ?

J’ ai de nombreux projets de scénar. Là je viens de proposer BLIGH aux éditeurs ,j’attends … J’ai mis 2 ans pour placer WANNSEE mais là je n’ai pas les moyens d’attendre aussi longtemps alors il faudra peut être me résoudre à changer de métier.

Les révoltés du Bounty, la suite. ©Fabrice Le Hénanff

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La BO du jour : La brutalité Nazie décrite dans la plus brutale des chansons

40 comments

  • Patrick 6  

    La vache la semaine commence fort !
    Je me demande si la chronologie de publication sur le blog a été choisie avant le résultat des élections (bon en même temps on ne peut pas dire que son résultat fut une grosse surprise non plus… mais bref).
    Pour en revenir à la BD si le sujet ne se prête pas vraiment à l’hilarité et à la gaudriole j’ai un peu peur que la BD ne soit un peu trop étouffante (voir fastidieuse comme tu le dis).
    Cependant je dois dire que je suis curieux de voir comment l’auteur a pu rendre captivant une réunion montrant des officiers nazis discutant autour d’une table.
    Quoiqu’il en soit pour ce que j’en vois le traitement des couleurs est somptueux (et en effet évoque un peu un coté « cendre »). Une entreprise courageuse et ambitieuse manifestement.

    • Bruce lit  

      @6 : oui la programmation n’est pas le fruit du hasard…
      En consultation chez ton copain consommateur d’alcool préféré.

  • Eddy Vanleffe  

    En format BD, même si cela n’a rien à voir, ça me rappelle 12 hommes en colère où dans un huis clos l’enjeu de la discussion est la mort ou la vie…

    • Bruce lit  

      Quelle superbe référence Eddy, 12 HOMMES EN COLERE fait partie de mes films culte, un des rares que j’ai encore en DVD. C’est effectivement un point de vue intéressant, un miroir inversé du chef d’oeuvre humaniste de Sidney Lumet à la différence quand même que l’issue de WANNSEE est juste une formalité et que personne n’a à redire à l’extermination de 6 millions d’être humains au nom d’une idéologie abjecte dont ils étaient les fiers représentants. Chez Lumet, il y a de colère, certes, mais c’est un processus démocratique complètement impossible dans le Reich où tout opposant aurait soit exécuté soit acculé au suicide.
      Il n’y a aucun colère émotive chez les nazis de WANNSEE :il s’agit, conformément à la volonté de Hitler, de rationaliser la haine pour légaliser de manière pragmatique un génocide, ce qui en fait sa spécificité.
      Merci en tout cas pour ce point de vue comparé dont je suis friand.

  • Matt  

    La dernière déclaration de l’auteur n’est pas très fun non plus. ça semble vraiment galère ce métier.
    Et c’est quoi toutes ces allusions aux soucis avec l’éditeur ? Je suppose que l’auteur ne peut pas nous le dire mais…il y a des histoires de censure sur ce genre de sujets ?
    ça me fait penser aux images de guerre mondiale, du 11 septembre, qui se font détecter par le robot youtube et qui ont pour conséquence de rendre ces vidéos non-éligibles pour la publicité (en gros les vidéos ne rapportent plus rien, ni au youtubeur, ni à youtube, et donc elle disparait des radars, des recommendations, etc.)
    On dirait qu’il y a une politique du « on cache ce qui est arrivé, on oublie le passé » qui devient sérieusement craignos. Et qui colle aussi avec le résultat des élections…

  • Matt  

    Bon après les élections…on peut encore blâmer la désorganisation de la gauche comme d’hab hein. S’ils étaient plus unis au lieu de se chamailler sur des différences à hauteur d’à peine 10% de leur programme, ils auraient fait un meilleur score.

  • Chip  

    Je me permet de rappeler à votre mémoire Conspiracy (2001) de Kenneth Brannagh, dont le sujet est également la conférence de Wannsee. Je trouve que la romantisation de la figure d’Heydrich est bien traitée : il y est tour à tour autoritaire, charmeur, menaçant, glacial, jouant des ambitions et des lâchetés des participants, et terrifiant d’un bout à l’autre. Ca pourrait poser le problème de déresponsabiliser les autres, mais je pense que cet angle des petits calculs et couardises en regard des enjeux sonne juste (et je glisse aussi une recommandation pour « L’ordre du jour » de Éric Vuillard sur ce thème, qui n’en a pas besoin mais je m’en fous, je le fais quand même, qu’est-ce tu vas faire?).

    Les planches sont magnifiques.

    • Bruce lit  

      @Matt : concernant les soucis avec l’éditeur, je ne saurais te dire.
      @Chip : tu m’apprends l’existence de ce film. Je suis très intéressé, merci.

      • Nicolas  

        L’auteur de Wannsee a pris beaucoup de séquences de dialogues de Conspiracy pour son album. En le lisant j’ai eut l’impression de revoir le film.
        Un album essentiel pour apprendre et comprendre.

        • Bruce lit  

          Rhhooo, mais comment j’ai pu passer à côté de ce film !

  • Jyrille  

    Je n’avais jamais entendu parler de cette bd, merci Bruce pour la découverte ! J’adore les scans, les dessins me parlent, c’est vraiment très beau. Mais le sujet me rebute, je n’ai jamais réussi à relire MAUS ni YOSSEL d’ailleurs… Je possède ACHTUNG ZELIG, c’est un album très étrange, et plutôt drôle, je dois le relire. Peut-être à l’occasion, en tout cas je sais désormais de quoi il retourne et je découvre le travail de Fabrice Le Hénanff.

    J’aime toujours lire des interviews, je trouve ici que tu as encore plus de liberté de ton que d’habitude, c’est de la belle ouvrage.

    La BO : j’adore. Et j’en ai déjà parlé ailleurs sur le site ;)

    • Matt  

      Ouais comme Jyrille, moi ce sujet…bon…
      Maus j’aime pas les dessins, et en plus je peux parier d’avance que je ne le relirai pas 2 fois.
      Ne croyez pas que je veuille faire comme si tout ça n’existait pas hein, j’ai des films sur le sujet (le pianiste, la liste de Schindler, etc.)
      Mais ça me botte pas en BD. Et je ne veux pas non plus 30 oeuvres sur le sujet.

    • Bruce lit  

      C’est un album assez court Cyrille.
      Sur la liberté de ton, je n’ai pas l’impression d’être autrement que d’habitude. Mais il est vrai que ce sujet m’habite et que j’ai beaucoup lu dessus.
      Sur la BO je me demandais si c’était importun de mettre Slayer, un groupe que je n’ai jamais vraiment aimé. En écoutant encore et encore la chanson que trouve réussie, je ne comprends pas que la chanson ait pû être interprétée comme pro-nazie : il n’y a aucune équivoque dans les paroles.

      • Eddy Vanleffe  

        ce qui m’a frappé en relisant l’interview, c’est qu’alors que tes questions font résonances et des angoisses et de thèmes actuels, l’auteur répond de manière technique, logistique et très factuels…
        comme s’il ne voulait pas vraiment répondre quand aux intentions d’un tel album…
        ça m’a fait bizarre à la lecture et limite tu vends le sujet mieux que lui…

    • Chip  

      Pour tous les refractaires à Maus : je comprend que vous y alliez à reculons, cependant il y a toute les chances qu’il soit différent de l’idée que vous vous en faites – je pense notamment à la personnalité du père de Spiegel et et sa vie après les camps. Les doutes de l’auteur sont incorporés à l’oeuvre, et c’est bien parce que tout ça déborde de thématiques et d’humanité complexe que Maus est considéré comme un chef d’oeuvre, pas juste parce que le thème central est lourd.

      Bref, c’est intense, mais ça vaut le coup.

  • Tornado  

    Une interview menée tambour battant par un connaisseur !
    On en apprend encore et toujours sur ce qui reste probablement le drame le plus terrible de notre espèce, commis, comme on peut le voir ici, par une civilisation intellectuelle et cultivée, ayant atteint le point de non retour en confondant les valeurs inviolables de l’humanisme, au sens noble, avec un humanisme dégénéré où l’homme, placé au centre de l’univers, pourrait tout se permettre, y compris de violer l’inviolable…

  • Surfer  

    La représentation graphique des personnages est la copie conforme de photos d’archives que l’on peut retrouver sur le net. L’impressIon d’objectivité et de beauté froide dans le dessin d’Heyrich n’est que la réalité de sa réelle apparence !
    Ce n’est pas l’auteur qui impose cette allure de star de cinéma.
    Cette bd me fait penser à un excellent téléfilm de Frank Pierson de 2001 qui s’appelle Conspiration et qui traite du même sujet sous le même angle . Je me demande si l’auteur ne s’en est pas fortement inspiré ?

  • Surfer  

    Oups.. le téléfilm Conspiracy avait déjà été évoqué dans les commentaires par @Chip. Désolé. Cependant petite rectification tout de même: ce n’est pas un film de Kenneth Brannagh mais un téléfilm de Pierson avec K. Brannagh dans le rôle d’Heydrich.
    Qui , par ailleurs, est remarquable.

    • Bruce lit  

      @Tornado : l’horreur du nazisme nous rappelle que la culture, l’érudition ou l’amour de l’art, rien de tout ça n’échappe à la perversion. La culture n’est plus un outil d’élévation de l’esprit mais de domination politique (j’allais écrire intellectuelle, mais c’est encore autre chose).
      @Surfer : décidément tout le monde ici a vu ce film !
      La beauté de Heyrich : absolument, Le Hennanff le peint tel qu’en lui-même. Il aurait pu aussi choisir de la caricaturer ou de le ridiculiser comme Goya dans ses tableaux de la monarchie espagnole qui lui avait passé commande.
      @Eddy : Je pense, sans vraiment le connaître, que Fabrice Le Hennanff, n’est pas quelqu’un de très loquace et qu’il s’exprime mieux par son art que dans celui de la conversation.

      • Eddy Vanleffe  

        l’aparté sur la culture.. je ne suis pas vraiment d’accord…
        on peut détourner la culture à des fins de propagande, c’est certain.
        on vit une époque qui culpabilise justement la culture en voulant en faire un instrument d’élitisme difficile à obtenir, ardu à garder et inutile socialement…
        mais ça arrange bien les prochains nazis quels qu’ils soient, justement parce que la culture et l’instruction sont les seuls boucliers que je connaisse face à la horde capable de voter n’importe quoi parce que c’est celui qui aboie le plus fort qui a raison… la culture fait peur parce que justement elle ouvre les débats et cherche sans arrêt des réponses et ne doit pas se satisfaire
        d’opinions sans arguments…
        je répète comme un mantra autour de moi qu’il n’y a pas de petite culture ni de grande culture…
        que je participe à un blog qui dit que la culture geek à la culture tout court!
        la preuve en est que la bd qui nous intéresse aujourd’hui nous amène a des sujets et des réflexions qui vont bien au delà du simple divertissement.

        croire par contre que cela nous met à l’abri de l’horreur est illusoire.

        • Matt  

          Je suis bien d’accord avec ça tiens !
          La culture est toujours une question d’élévation de l’esprit, Bruce. On veut juste te faire croire que c’est de la merde parce que si tu la rejettes (et que tu méprises les gens cultivés…qui ne sont pas forcément des bourgeois d’ailleurs), tu deviens plus facile à manipuler…

          • Jyrille  

            Oui, d’accord avec Mattie et Eddy.

    • Chip  

      Comme quoi il faut toujours tout vérifier avant de publier :) Merci pour la rectification.

  • OmacSpyder  

    Un article qui n’épargne pas. Cette interview remet en perspective cette BD aux planches assez hypnotiques. Les deux ex-libris ainsi que la planche avec l’étoile de David sont impressionnants d’évocation tout en silences. Un peu à l’image de leur dessinateur.
    L’interview met très bien en avant cette bureacratie de l’horreur ordinaire. Cette technocratie usant de sémantique pour semer la déshumanisation à grande échelle. Une véritable arme de destruction massive.
    Dans une autre mesure nous sommes confrontés à une technocratie qui utilise la sémantique à des fins politiques de déshumanisation. Y compris, peut-être surtout d’ailleurs, dans le domaine des rapportshumains. Ainsi les notions de désir et de souffrance sont remplacés par celles de co-construction et de droit de l’usager. Ou du moins ce glissement sémantique comme un glissement de terrain fait disparaître des éléments moteurs pour les remplacer par des éléments mécaniques. Ici il est aussi question de mécanique. Comme le mentionne l’article : industrialiser. On dit aujourd’hui « optimiser ».
    S’il y a bien entendu des différences de degrés et d’échelles, ramener l’humain au centre dans tous les aspects de la vie est une tâche digne de Sisyphe. Mais comme disait Camus, « il faut imaginer Sisyphe heureux ».
    Je suis bien heureux de lire ce jour ce genre d’article!

    • Présence  

      Cette semaine, j’ai écouté une personne qui montrait comment il s’opère également un glissement sémantique insidieux vers le vocabulaire de l’entreprise capitaliste, à commencer par l’expression de Bien profiter (de sa journée, de sa sortie, comme dans la recommandation : Profite bien !) comme s’il fallait absolument en tirer une bonne rentabilité.

    • Bruce lit  

      @Eddy, Matt et Omac : Il doit bien y avoir un psy ou un sociologue pour avoir écrit que tout langage est politique (à cette heure de la journée, après la vaisselle, la culture c’est ce qui reste quand on a tout astiqué…).
      Je ne crois pas que nous soyons si en désaccord que ça Matt et Eddy. A très moindre échelle, nous abordons sur notre petit site l’utilisation de la culture -aussi- pour rabaisser, dominer, humilier : c’est Tornado qui s’insurge contre les Sachems des Comics, c’est Eddy qui ne supporte pas que Rock’n’Folk ait écrit l’histoire du rock en tout révisionnisme, c’est notre ami Mattie-Boy qui s’est senti rabaissé par des sachant en métal.
      Bien entendu, tout ceci reste bon enfant et ne tue personne.
      Mais.
      La culture et le langage sont intrinsèquement liés n’est ce pas ? Et qui oserait dire que le langage n’est pas une arme ? Qu’en un mot pour reprendre le film RIDICULE il est possible de louer DIEU pour ensuite prouver qu’il n’existe pas. Il est donc possible pour tous les manipulateurs et les tyrans de transformer la culture en culture de la haine. Le reich n’a pas été soutenu que par des chômeurs désespérés. On y trouvait aussi des prix nobel de littérature, de chimie, de physique, des artistes brillants et prestigieux. Ces ambassadeurs de la culture et du savoir ont aussi à répondre des crimes nazis.
      Est-ce à dire que la culture rabaisse l’homme ? Non, pas du tout. Mais le savoir, on le sait depuis la bible, est une arme chargée qui peut se retourner contre son créateur (à ce titre la fin de PREACHER est géniale).
      UN livre a mieux décortiqué que moi la violence nazie : AURAIS JE ETE VICTIME OU BOUREAU ? de Pierre Bayard. Dans cet Essai brillant , l’auteur met en scène son avatar virtuel pour se demander si compte tenu de son histoire personnelle et familiale , il aurait penché pendant la deuxième guerre mondiale du côté des collabos ou des héros.
      Loin de tout manichéisme et hypertrophie du moi, Bayard se sert de ce thème pour aborder ce qui transforme un individu ordinaire en tortionnaire ou résistant ; l’interaction entre tous ces éléments : la situation sociale( ce que l’individu a à perdre et à gagner dans le conflit) , les valeurs morales , la capacité à saisir son destin au vol (ce que Bayard appelle « la ligne de bifurcation » ) , l’empathie envers les souffrances de l’autre , le rapport à la mort , à l’autre, à la nation et à Dieu .

      Pour ce faire il convoque les exemples à la fois cinématographiques ( le Lacombe Lucien de Louis Malle ) , sociologiques ( la fameuse expériences de Millegram ) , historiques ( les génocides au Rwanda , au Cambodge ou de la Shoah qui transforment des individus en monstres ou en héros ) et littéraires ( Romain Gary résistant de la première heure et Milena Jesenska , maîtresse de Kafka , qui , remplie des écrits révoltés de son amant fera fléchir ses tortionnaires nazis- toute l’histoire dans Milena).
      Une lecture érudite sans être pénible , profonde sans être plombante capable de rappeler ce que l’homme peut avoir de pire mais surtout de meilleur en lui. Omac, ce livre est pour toi.
      La résistance et les Justes, l’héroïsme ça existe et cette période même floue en a été pourvue. Sans celui de mon grand père, je ne vous parlerais pas aujourd’hui. Je suis infiniment heureux de vous avoir su si concerné par cet article qui fait sens de tout le boulot d’une vie de rechercher sur le sujet.
      Merci !

      • Matt  

        « Est-ce à dire que la culture rabaisse l’homme ? Non, pas du tout. Mais le savoir, on le sait depuis la bible, est une arme chargée qui peut se retourner contre son créateur »

        Mais en fait je pense que ça n’a rien à voir avec la culture. T’as des gens bien et t’as des connards, cultivés ou non. Donc oui t’auras des gens dangereux cultivés intelligents qui se serviront de la culture pour rabaisser, humilier. T’en as d’autre qui ne le feront pas.
        Tout peut devenir une arme ; la télé ça pouvait être un fantastique média d’information et de culture. Il s’est passé quoi ? Des jeux télévisés stupides, de la télé réalité qui flatte le voyeurisme des spectateurs, et autres conneries. (mais y’a ARTE quand même^^)
        Internet pareil. Tu rapproches les gens, tu facilites les échanges, tu véhicules des informations et de la culture…ouais…mais t’as aussi 70% de sites porno, de réseaux sociaux voyeuristes, d’appels à la haine, des guerres de l’information avec le piratage, les attaques virales et autres.
        En fait…l’homme transforme tout en arme.

          • Matt  

            Nan mais toi tu dis que la culture n’est PLUS pour élever l’esprit. Constat pessimiste qui ne te ressemble pas. Béh si, ça peut l’être. A toi d’en bien user, comme on dit.^^
            Mais en effet il n’y a aucune discipline « bonne » dans le sens ou tout peut être détourné et mal utilisé.

      • Matt  

        Et puis…

        « Le reich n’a pas été soutenu que par des chômeurs désespérés. On y trouvait aussi des prix nobel de littérature, de chimie, de physique, des artistes brillants et prestigieux. »

        Désolé si je fais mon troll, mais donc…y’a pas d’artistes brillants parmi les chômeurs désespérés ?^^ Et chômeur désespéré = antithèse de l’homme cultivé et instruit ? Hum…pas terrible comme rapprochement. Il y a des bourgeois incultes et des pauvres intellectuels^^

  • Présence  

    Je suis confondu d’admiration devant l’habileté et l’intelligence des questions, et par la richesse des réponses. Il est possible de ne lire que les questions et d’en retirer une bonne idée de la réussite de l’album et des difficultés rencontrées sur 3 axes : l’acceptation par un éditeur, le défi de rendre visuellement intéressant une réunion dans un espace clos, et le dosage entre recherches préparatoires et humilité pour réaliser une bande dessinée sur un sujet historique sensible où chaque image et chaque phrase seront scrutés à la loupe, et à l’aune des autres ouvrages sur le même thème.

    Les réponses brossent un portrait détaillé du projet, de l’intention, des difficultés techniques et éditoriales pour aboutir à une image complexe à partir de plusieurs points de vue, sans qu’à la fin on ait l’impression d’avoir lu la BD. Une interview de haut vol. Bravo à l’auteur et à l’intervieweur. Je n’aurais jamais imaginé que Fabrice Le Henanff soit un lecteur de comics, même si ‘javais rapproché le rendu de certaines planches de celui de Bill Sienkiewicz.

  • Matt  

    Tiens au passage ça me fait penser que ma mère a « mon métier est la mort ». Elle a eu sa période Robert Merle. Elle m’en avait parlé. Je ne lui ai ps emprunté pour le lire cela dit…

    • Bruce lit  

      LA MORT EST MON METIER ;)
      Un livre dur de Robert Merle qui romance l’autobiographie de Rodolf Hoss, le commandant d’Auschwitz. Un livre glacial qui raconte le quotidien d’un mec qui dormait à Auschwitz tous les soirs avec ses enfants après avoir massacré ceux des autres…

      • Matt  

        Ce qui fait peur il parait, c’est que le mec ne semble ni haineux ni empathique. Genre il fait un boulot quoi. Si c’est pas de l’endoctrinement ça…

        • Bruce lit  

          Ses derniers mots ?
          Je regrette l’extermination des juifs. Ce que nous avons fait n’a pas servi l’antisémtisme mais n’a fait que renforcer la juiverie et leur cause.

  • Kaori  

    D’abord merci à toi Bruce de rafraîchir les mémoires.
    J’ai parfois l’impression que les générations à venir ne sauront rien de tout ça, ne seront plus marqués par l’horreur, que tout cela s’éloigne peu à peu.
    Que dire quand on voit que personne ne semble plus choqué ni même surpris des résultats d’hier.
    Ça y est, on y est, dans cette banalisation. La dédiabolisation a donc fonctionné.
    Hier encore, je n’y croyais pas. J’avais encore de l’espoir. « Non, pas en France, plus jamais. »
    Et aujourd’hui…

    Alors merci à toi et à M. Le Henanff de venir faire le devoir de mémoire par cette très bonne interview et ces images subjugantes.
    Le réalisme de ces dessins est édifiant, d’une beauté à la fois froide et horrifique.
    Comme ce qu’ont fait ces « hommes ». Il n’y a plus aucune humanité là-dedans.
    Présence et Omac l’expriment très bien : on s’éloigne du champ lexical de l’humain pour ne parler que de chiffres, de rentabilité.

    La question de la culture est très pertinente.
    Comment des hommes cultivés peuvent commettre de tels actes ? Avoir de la culture n’induit pas le fait d’avoir du cœur. Je rejoins Matt sur ce coup-là. Mais je crois surtout que, plus que la culture, c’est le pouvoir qui pervertit les hommes. Et on a accès au pouvoir par la culture.

    Concernant l’oeuvre de Bayard, (dont ton résumé m’évoque forcément « Né en 17 à Liedenstadt »), c’est une question que je me pose régulièrement.
    Comment surmonter la peur, la lâcheté, l’instinct de survie aussi, pour sauver des vies ?
    Ce n’est pas si facile d’être un héros.

  • JP Nguyen  

    Désolé, je rentre tard et ma connexion internet de la maison est en panne.

    Une interview éclairante sur un de tes sujets de prédilection.
    Question : pourquoi avoir choisi l’interview directe et pas le format article /interview ?

    Sur la question de la culture… La bêtise et l’ignorance crasse sont autant à éviter que les élitistes de la culture. Les premiers diront que l’art, ça ne vaut rien et les seconds affirmeront que seul leur goût est le bon…
    Mais la culture ne préserve pas du mal, il y a bien du y avoir des tas de salauds bien cultivés et aux goûts sophistiqués…

    • Bruce lit  

      Question : pourquoi avoir choisi l’interview directe et pas le format article /interview ?

      Parce que je me suis rendu compte que j’avais déjà tellement écrit sur le sujet que je risquais de me répéter. En me relisant, je réalise cependant que mon article est dans les questions.

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