Jeux drôles et plus si affinités

Encyclopegeek : Les jeux de rôle des contributeurs la Bruce Team

Un scénario improvisé par EDDY VANLEFFE; CYRILLE M et JP NGUYEN
Les mondes imaginaires
© Caza, Casus Belli

Cet article vous propose une revisite d’un loisir qui eut ses heures de gloire dans les années 80-90 et qui défraya aussi la chronique des journaux télévisés français, friands d’amalgames simplistes et de faits divers sensationnels : le jeu de rôle !

Pour vous en parler, un JPN qui ne fera pas le PNJ, un Eddy Vanleffe qui bouillonne déjà d’énergie derrière son écran de maître de jeu et un Cyrille M. qui s’occupe des bières.

JP Alors que nous vivons les jours incertains de la Crise Sanitaire (celle-là, même DC ne l’avait pas osée), en me retournant sur les années 2010, je ne peux m’empêcher de songer qu’il s’agissait d’une sorte d’âge d’or de la geekitude, avec les Super-Héros devenus omniprésents dans la culture populaire mainstream et les multiples conventions avec Cosplay.

Pourtant, le Schtroumpf Grognon en moi n’était pas entièrement convaincu par cette mode et cette façon d’afficher sa passion. Sans doute suis-je imprégné de cette « honte » de lire des super-slips depuis ma plus tendre enfance et particulièrement lors de mon adolescence, dans des années 90 où lire des comics était loin d’être tendance.

Mais il y a pire ! A l’époque, et pendant une quinzaine d’années, j’ai fait du Jeu de Rôle ! Si les comics étaient ignorés ou traités à l’emporte-pièce par les médias, le JdR avait carrément mauvaise presse et on lui prêtait bien des tares, et les tarés qui vont avec.

Des dés (pas DD mais D6, D8…) de toutes les couleurs et de toutes les formes !

Eddy Tout à fait. Mireille Dumas avait fait grand bruit dans Bas les masques à l’époque en présentant les joueurs comme de schizophrènes suicidaires sympathisants d’extrême droite quand on n’insinuait pas l’idée qu’on profanait des tombes la nuit. Résultat de tout ça ? Fermeture du club au lycée entre la seconde et la première. Ça ne nous a pas arrêtés pour autant. Je me suis toujours demandé comment on pouvait trouver dangereux une poignée de jeunes adolescents avec leurs livres épais sous le bras et leurs dés bizarres qui jouent aux chevaliers et aux sorciers ?

JP Pour contrebalancer le tableau négatif et caricatural du JdR qu’ont dressé les médias français dans les années 90, on a pu se consoler avec des évocations plus positives de ce loisir, dans des films ou des séries américaines, dans E.T., BUFFY et plus récemment STRANGER THINGS.

Eddy Ou le film espagnol LE CŒUR DU GUERRIER qui date de 2000.

Cyrille Oui oh comme toujours, il faut trouver un bouc émissaire. Le hard rock et ses titres passés à l’envers, les jeux de rôle, soi-disant des crypto-sectes satanistes, les jeux vidéo qui rendent dingues et perturbent la vision de la réalité… Depuis, le JdR est devenu un effet nostalgique sans polémique, plutôt un effet comique, comme on peut le voir dans le film LES BEAUX GOSSES de Riad Sattouf.

The three geek stooges

JP Le Jeu de Rôle, mécékoidon ? Ben, un jeu, avec des joueurs, qui jouent des rôles. Il y a aussi un gars (ou une fille) qui ne joue pas avec les autres, le/la MJ (Maître/Maîtresse de Jeu) et qui déroule une histoire (un scénario) à l’intérieur de laquelle les PJ (Personnages Joueurs) évoluent. Ces PJ croiseront sans aucun doute de nombreux PNJ (Personnages Non Joueurs), même s’ils se retrouvent sur une île déserte : à coup sûr, ils se feront au moins charger par des sangliers géants.

Prenons le jeune JP, par exemple. Ado boutonneux pesant 40 kilos tout mouillé, il pouvait, par le truchement de ce loisir, se mettre dans la peau de Karl Blitzkrieg, féroce spadassin ferraillant contre des créatures du Chaos dans le monde de Warhammer…

Ah oui, j’ai oublié de vous dire que les personnages, ils évoluent dans un monde imaginaire, pouvant aller de la classique Heroïc Fantasy au Space Opera, en passant par le post-apocalyptique ou encore les années 20 et les ambiances polars ou fantastiques. Parce que bon, tant qu’à jouer un rôle, autant choisir des archétypes qui envoient un peu du rêve plutôt que de jouer le pharmacien du coin ou le proviseur du collège…

Et donc, JP, dans la peau du brave Karl, il avait une feuille de personnage décrivant ses caractéristiques (Force, Dextérité, Intelligence etc.) et ses compétences (équitation, maîtrise des armes à deux mains, esquive, langues parlées / écrites…)  et avec des dés à 6 mais aussi 4, 8, 10, 12 ou 20 faces (sans parler du dé à 100 faces (en abrégé D100), composé de deux dés à 10 faces, l’un faisant les dizaines et l’autre les unités), il déterminait la réussite des actions qu’il entreprenait. Outre le hasard impitoyable des dés, qui pouvait le mener de vie à trépas, il y avait le MJ qui pouvait lui coller tout un tas de contrariétés dans les pattes, sans oublier les autres joueurs de la table, car dans un scénario, il n’est pas rare que les avis sur la direction à prendre divergent.

Des écrans de jeu ! Des feuilles de personnage ! Des extensions ! Des campagnes !

Eddy Et oui tout à coup et en moins de trois quarts d’heure (temps de préparation moyen d’une feuille de personnage), je devenais ainsi Cronan Buhr, un démon envoyé par le dieu chaotique Annarch pour… on se le demande encore, tiens ! Bref c’était un démon rebelle avec de longs cheveux noirs corbeaux et de petites cornes bleues. Son épée nommée Yamlin était en fait un autre démon plus faible qui cherchait à le dominer. Ça donnait un conflit permanent au personnage et avant qu’on ne me le fasse remarquer, oui nos lectures du moment se voyaient beaucoup dans nos personnages et nos scénarios.

Cyrille Dans mes personnages joueurs préférés, j’avais un ancien joueur de football américain, un afro-américain hyper balèze avec des dreads serrées qui répondait au doux patronyme de Bad News. Je l’adorai ! C’était dans CHILL, un jeu d’épouvante plutôt porté sur la bagarre et les films des années 80. En plus c’était un personnage pré-tiré, c’est-à-dire que je ne l’avais pas créé moi-même mais qu’il faisait partie d’un panel de personnages écrits par les auteurs du jeu. Cela permet de commencer plus rapidement les parties, car créer un personnage peut prendre parfois jusqu’à une après-midi complète ! Surtout si vous n’y aviez pas pensé auparavant, si vous ne lui aviez pas inventé un background, une histoire personnelle, un passé, des traits de caractère etc…

Le plus facile des jeux de rôle, avec une illustration de Guillaume Sorel à gauche
© Casus Belli

JP Oui, il fallait faire preuve d’un peu d’imagination pour se projeter dans tous ces mondes aux mille dangers inconnus. C’était un temps où les jeux vidéo n’avaient pas atteint le niveau graphique que nous leur connaissons désormais. La résolution des images et la puissance limitée des processeurs rendaient encore peu attrayante l’immersion dans des mondes virtuels via des consoles ou des ordinateurs. Du coup, le JdR occupait l’espace, sans autre écran que celui du MJ (l’écran est le panneau de carton dépliable derrière lequel le MJ pouvait planquer ses notes, consulter les tables et les règles du jeu, et lancer les dés pour les PNJ voire même les lancer pour les joueurs afin de leur donner ainsi encore plus de sensations).

En fait, les JdR, c’étaient des jeux de société aux règles un poil plus complexe qu’un Monopoly, où il fallait buter des orques plutôt que d’acheter des maisons et où le déroulement de la partie pouvait grandement varier d’une fois sur l’autre.

Enfin non, pour « buter des orques », je simplifie, c’est la version « bourrine » du JdR (autrement appelée grobill), avec un scénario de type PMT (Porte Monstre Trésor) à l’intrigue très fruste. Une partie de JdR, ça pouvait aussi être des intrigues politiques, des enquêtes, des quêtes plus personnelles pour écrire la légende de chaque « héros ». Et puis, surtout, il y avait l’interaction avec les autres joueurs de l’équipe, par personnages interposés, qui donnait une saveur particulière surtout lorsque tous se mettaient dans le jeu et dans la tête de leur PJ.

Les caractéristiques de quelques personnages DC
© DC Comics

Eddy En fait ce qui m’a plu dans le jeu de rôle, ce fut évidemment l’incroyable convivialité. C’est un jeu essentiellement participatif où le but n’est pas de battre son voisin (même si les canailles que nous étions, aimions bien nous trahir les uns les autres comme des hyènes), mais plutôt de collaborer pour une quête commune.  Ouvrir un livre de règles relevait du grimoire magique donnant accès à d’autres mondes. Cela pouvait être un univers prédéfini très précis comme dans L’appel de Cthulhu où nous étions projetés dans l’imaginaire de Lovecraft ou simplement celui que nous voulions… L’interactivité me grisait. Ainsi, à l’heure où il était temps de regagner nos pénates, nous arrêtions et pouvions reprendre exactement à l’endroit où nous avions arrêté.

Cyrille Tout comme Eddy, c’est la perspective de jouer avec les autres plutôt que contre les autres qui m’a directement plu. A bien y réfléchir, c’est logique vu le boulot que je fais maintenant… Je n’avais jamais pensé à faire le rapprochement. Mais également l’attrait pour les mondes fantastiques qui étaient mes lectures de l’époque : Lovecraft, Moorcock, Stephen King, Philip K. Dick, et bien sûr les bds. Voir tous ces univers enfin illustrés, rendus vivants par des règles basées sur des réflexions globales sur la vie, l’univers et le reste, c’était un cadeau pour tout pré-ado en recherche de sens. Le magazine Casus Belli était le fer de lance à l’époque, il m’en reste encore quelques-uns, mais notre bible était le concurrent des CHRONIQUES D’OUTRE MONDE. Un magazine qui a eu pas mal de soucis et a vu toute sa rédaction remplacée, à notre grand dam, puisque ce qui nous plaisait était le ton totalement libre des chroniqueurs. Ils avaient de l’humour vraiment drôle et pince sans rire, un peu comme dans Starfix, le magazine de cinéma qui paraissait à la même époque. Nous étions friands de VHS et de samedi après-midi passés dans le noir soit à jouer soit à regarder des actioners ou des films d’horreur (Re-animator bon sang) plutôt que de se défouler au grand air. De vrais nerds. C’est dans les pages de ce magazine que je découvris WATCHMEN. Ma vie en fut changée.

Extrait de l’Appel de Cthulhu
© Chaosium Inc., Jeux Descartes

JP Mine de rien, j’ai bien dû essayer plus d’une douzaine de jeux différents. Mais ceux que j’ai le plus pratiqués, ce doivent être STAR WARS, WARHAMMER et EARTHDAWN. Ce dernier est sans doute le moins connu. Il s’agissait d’un monde médiéval-fantastique avec un système de races/carrières permettant une grande diversité de personnages. Et vous, à quoi jouiez-vous ?

Eddy J’ai essentiellement joué à ADVANCED DUNGEONS AND DRAGONS 2, mon ami Alex le maître de jeu avait une imagination délirante. Si nous avions débuté avec les scénarios parus dans Casus Belli dont le célèbre (parmi les fans) MARIAGE DE L’EMPEREUR DEMON, que nous avions foiré dans les grandes largeurs, écrasant une citadelle volante dans la capitale du pays, par la suite il a élaboré toute une grande saga tout seul comme un grand où il montrait déjà des compétences pour l’intertextualité puisque Anubis pouvait parfois conduire la barque de Charon lorsque ce dernier était en RTT. J’ai fait un peu aussi de CYBERPUNK, RUNEQUEST, NIGHT PROWLER et ANIMONDE, jeu parodique mais excellent. Mordu, j’ai fait l’acquisition de IN NOMINE SATANIS/MAGNA VERITAS, un autre jeu parodique assez heavy metal dans l’ambiance, les démons sont des sales gosses et les anges des extrémistes. Et puis voulant construire mon propre univers, j’ai aussi voulu maîtriser GURPS (Generic Universal Role Playing System) où je pouvais mélanger horreur, espace, heroïc fantasy, cyberpunk, japon médiéval et western… j’en suis toujours à la conception de mon univers…

Je me souviens aussi de cette mode nommée « Storyteller » plus intuitive, plus racontée et moins jouée. Mais les joueurs étaient souvent des gens très sérieux et assez élitistes, prenant de haut toute forme d’humour et de décontraction. Bref, je n’ai jamais réussi à intégrer des clubs où l’on jouait à VAMPIRE LA MASCARADE ou LOUP GAROU L’APOCALYPSE. Dommage !

Cyrille De mon côté, nous étions surtout attachés à deux jeux de rôles basés sur le système de règles de la maison d’édition CHAOSIUM : STORMBRINGER, qui raconte le monde de Elric de Mélniboné par Moorcock, et L’APPEL DE CTHULHU (AdC en abrégé) d’après Lovecraft. J’étais également MJ à PARANOÏA, un jeu parodique et ouvertement cynique dans un avenir dystopique où les gens vivent en sous-sol dans des complexes déshumanisés, ont cinq clones, servent de chair à canon pour l’ordinateur central qui a TOUJOURS raison mais qui doivent cacher qu’ils font partie d’une société secrète (on a tous nos travers). Il y avait également CHILL, TRAUMA, IN NOMINE SATANIS/MAGNA VERITAS qui me plaisait pour son côté rock’n’roll et les Docs Martens des Anges, VAMPIRE : LA MASCARADE (très original et bien trop cultivé pour moi, mais à l’ambiance unique), CYBERPUNK (celui-là même qui est à l’origine du jeu vidéo CYBERPUNK 2077), HAWKMOON (autre adaptation de Moorcock), un peu de RUNEQUEST, quelques parties de DC HEROES, quelques parties de BERLIN XVIII, d’autres sur les franchises de JAMES BOND et STAR WARS mais aussi le plus simple jeu de rôle de tous les temps (quatre pages de règles !), une bonne alternative à GURPS : SIMULACRES, inventé par les collaborateurs de Casus Belli. J’ai même des extensions avec des scénarios à part, chacun dans un univers, notamment de cyberpunk, un monde que je vénère : je le trouvais déjà pertinent et visionnaire à l’époque. J’ai également des souvenirs de parties de DAREDEVILS, un jeu en anglais où nous étions des chercheurs à la Indiana Jones, et de ROLEMASTER, basé sur le SEIGNEUR DES ANNEAUX, mais là on était trop dans le classique de l’heroïc fantasy pour que cela nous passionne : trop long. Et puis surtout, les règles de ROLEMASTER sont imbuvables : il fallait parfois faire des racines carrées voire cubiques !

L’envers du décor : des tables et des règles derrière les écrans de jeux !
© DC Comics, West End Games Inc., R. Talsorian Games, Jeux Descartes, Oriflam

En parlant de règles, j’aimerai illustrer l’imagination de ces créateurs de jeux. STORMBRINGER et L’APPEL DE CTHULHU ont une particularité : leur version française a amélioré le système en ajoutant une caractéristique aux personnages, celle de la santé mentale (SAN en abrégé). Si un personnage perdait la moitié de son total de départ, il devenait fou. Ce qui renvoie directement à ce qui arrive dans les nouvelles de Lovecraft, mais également à celles de Moorcock : rencontrer un dieu du Chaos n’est pas naturel.

DC HEROES a lui aussi système de jeu original. Notamment les caractéristiques de ses personnages : il y en a 9, divisées en trois catégories horizontales et trois catégories verticales. En horizontal : physique, mental, mystique. En vertical : attaque, dégâts, défense. Chaque caractéristique est exponentielle : quelqu’un qui a 3 en Force sera deux fois plus fort que quelqu’un qui a 2. Superman a 25 en Force, Batman 12 en Intelligence et 10 en Dextérité, ce qui lui permet d’arrêter les balles à mains nues. Ce qui fait sens puisque dans un monde de super-héros, il faut bien trouver une alternative pour leurs capacités hors-normes.

A l’opposé, VAMPIRE tentait de s’éloigner de ces calculs et lancers de dés. Par exemple, les caractéristiques des personnages ne sont pas représentées par des chiffres, mais par un nombre de ronds vides à noircir. On a ainsi l’impression d’une certaine qualité dans une caractéristique, mais pas d’une quantité gravée dans le marbre.

JP Même si je pouvais apprécier des univers bien développés et des règles efficaces, je dois avouer que, déjà, dans mes jeunes années, j’affectionnais la bouffonnerie. Même si je m’efforçais de jouer correctement mes personnages, je résistais difficilement à placer des répliques décalées ou des commentaires humoristiques. Ainsi, lors d’une bataille impliquant des créatures magiques, je me souviens avoir casé : « Il faudrait invoquer l’élémental au milieu des troupes ennemies, car l’élemental est meilleur au cœur de la meule ! » Parfois, en tant que MJ, l’humour était involontaire, du fait de descriptions un peu trop improvisées (genre « Les cinq loups vous encerclent aux quatre points cardinaux » ou « Tu peux attaquer de dos celui qui te fait face… »). De votre côté, vos meilleurs souvenirs ?

Eddy Mes souvenirs c’est surtout la déconne, les potes et ces grandes épopées à la fois drolatiques mais réservant parfois des surprises plus ambitieuses. J’ai aimé que les Maître de jeu fassent évoluer mon personnage et qu’il finisse par lui trouver un foyer. Nous avons réussi à terminer l’histoire de Cronan et j’en suis assez fier. En tant que Maître de jeu j’ai été assez fiérot aussi de mener à bien une campagne entière pour MAGNA VERITAS. Mes anges dissidents protégeaient l’enfant d’un archange et d’un dieu nordique des autres archanges qui le considéraient comme une hérésie et les démons qui servaient aussi de mercenaires pour le paradis. En plus on avait des joueuses. C’était vraiment une bonne époque. Et cela nous a aussi donné l’envie de raconter un tas de choses… dans mon coin je n’ai cessé depuis de faires des bds ou des nouvelles, dont l’une basé sur Cronan.

Des magazines !

Cyrille On pouvait jouer des nuits entières. J’ai quelques moments marquants : la campagne (suite de scénarios qui ne forment qu’une seule grande histoire) LES MASQUES DE NYARLATHOTEP (AdC), particulièrement dure et difficile, avait tout pour devenir mythique. Nous étions quatre joueurs et un MJ. Chaque joueur avait entre deux et trois personnages à jouer tant ils tombaient comme des mouches (mon favori, un personnage qui avait le physique de Phil Collins et les compétences d’Indiana Jones, tomba dans le coma dès le second scénario, poignardé en plein ventre. Un sacré trauma pour moi). Celle des OMBRES DE YOG-SOTHOTH (AdC), où nous furent particulièrement brillants, mais bien trop en fait, déformés que nous étions par nos parties précédentes. La campagne LE VOLEUR D’ÂMES (Stormbringer), que je maîtrisais, mais avec difficulté, avaient de bons moments. Elle introduit un PNJ dont je suis tombé raide dingue tellement il était original et bien écrit. Je n’étais pas particulièrement un bon MJ, mais je me débrouillais mieux avec les jeux parodiques comme PARANOÏA. Mes participations aux JOUTES DU TEMERAIRE, alors que j’étais étudiant, me sont mémorables. Il s’agit d’une convention et d’un festival de jeux, où l’on croisait déjà des cosplayers, où je jouais avec des inconnus à de très bonnes parties de CYBERPUNK et MAGNA VERITAS, une pourrie de STORMBRINGER (qui pourtant dura de 21 heures à 7 heures du matin), où je croisais un dessinateur connu pour la première fois (Gassner) et où je vis, de loin, Gary Gygax, l’un des créateurs du concept du jeu de rôle. J’accrochais les affiches des Joutes chaque année dans ma chambre… Un vrai nerd je vous dis. Par contre je me suis vite rendu compte que je n’avais pas assez d’imagination pour écrire des scénarios : ceux que j’élaborais étaient trop linéaires et faciles, un peu comme cette partie de STAR WARS (et pourtant il s’agissait d’un scénario officiel) où nous étions des rebelles devant s’échapper d’un vaisseau de l’Empire : cela rappelait trop la partie centrale du tout premier film.

JP Même si ça fait des années que je n’ai plus joué, mes années JdR m’ont en partie façonné. En tant que joueur puis MJ, j’ai adoré explorer ces mondes imaginaires et j’ai gardé un certain goût pour l’Heroïc Fantasy. Si je poursuis l’introspection, je pense que ma tendance à privilégier les personnages d’un récit plutôt que l’intrigue proprement dite pourrait aussi venir de là. Et être Maître du Jeu, c’est à la fois une expérience proche de la déité, puisqu’on peut décider de presque tout ce qui arrive et une belle école d’humilité, puisque, quoiqu’il en soit, les joueurs ne feront jamais tout à fait ce que vous aviez prévu ! Peut-être même que mon fonctionnement avec le Rédac-Chef et mon habitude de ne jamais lui livrer ce qu’il suggère dans Figure Replay pourrait être une séquelle de mes vieux traumas de MJ… Peut-être aussi que Bruce Lit, le blog, est devenu ma table virtuelle autour de laquelle des amis se rassemblent pour faire vivre leur passion avec un scénario-prétexte comme point de départ ?

Eddy En conclusion, je voudrais quand même citer mon ami Alexandre avec qui ont on avait bâti le site : masog.net. Tout vient de cette rencontre. Faire connaissance en Seconde d’un mec capable de faire la différence entre les différents types de gladiateurs romains par leurs armes, de faire le lien entre religions hindoues et les fonctions dramatiques des gestes héroïques alors que le nom de Joseph Campbell ne nous disait rien, et aussi d’un tas de choses, fut une expérience exceptionnelle pour moi. Alex que j’ose encore appeler mon meilleur ami malgré les distances, fut le gardien des clés d’un univers où les crossovers étaient permanents entre chevalerie, shoggoths, sabres lasers grâce à ce septième sens libérant nos cosmos dans les pages de toutes sortes, qu’elles soient imagées ou non, en couleur ou non… la soif que nous abreuvions à ce tonneau des danaïdes qu’est la culture. Merci Alex et Fred, jouer aux démons et lire des pavés de règles ont été des plaisirs inégalés.

Des boîtes avec des livres dedans !

La BO du jour : très compliqué d’échapper au Donjon de Naheulbeuk

51 comments

  • Kaori  

    Bon, on a fait une campagne en famille… Je ne suis pas du tout une bonne rôliste. Je perds très vite patience, et les enfants font n’importe quoi, ce qui agace le MJ et moi-même ^^;

    Déjà, on n’est que 3, et on n’avait pris aucun guerrier… On s’est fait laminé par des squelettes… Non mais sérieux ! Ils sont sensibles à la magie, mais notre elfe est un peu fofolle et inutile, elle fait juste de la lumière… Les trolls, sans guerrier, c’est mort, du coup on a passé notre temps soit en fuite, soit blessé, ça m’a trop gavé !!

    On va refaire une campagne dans quelques minutes… C’est bien parce qu’ils seraient que 2 sans moi que j’y joue, j’ai le sens du sacrifice… (et je pense que même avec des amis, je serais toute autant mauvaise perdante 😀 )

    • Jyrille  

      Ah ah excellent Kaori ! Et bravo ! Vous utilisez quel jeu ?

      • Kaori  

        Deux jeux d’initiation, Chroniques oubliées.

        Ce soir, c’était « Cthulhu ». On était invités à une réception, dans les années 20, près de New-York, et on s’est retrouvé attachés dans une chambre. Victimes d’une secte qui voulait ramener un certain Shoggoth. Evan a sombré dans la folie parce qu’il n’avait plus de points de choc, et a fini attraper par la créature, moi aussi, tous les otages sont morts, et Lila qui est la seule à avoir réussi à s’échapper a fini à l’asile parce qu’elle est allée raconter cette histoire de monstre géant à la police, sans preuve ^^.

        Comme d’hab, j’ai fait que des 1, 3 ou 4, ça m’a gavé et on a fait n’importe quoi XD .
        Et comme d’hab, une histoire qui est censée durer 1h30 a duré 3h XD

    • Eddy Vanleffe  

      Ha Ha
      MON plus grand plaisir dans le JDR, c’est qu’il ne faillait pas forcément gagner ni vaincre un autre joueur…
      la plupart du temps je mettais le bordel dans les scénario du MJ….
      jouer avec des enfants, c’est pas évident, j’ai pas encore tenté avec Oriane parce qu’elle est entré dans sa phase je boude dès qu’on m’impose un truc….
      mais franchement, il faut lâcher prise…. J’ai jamais connu de « mauvais joueur » puisque l’important, c’était de se marrer….(ah si un copain n’était pas joyeux qu’on l’ai tué pour empocher les récompense de sa tête mis à prix)

      • Kaori  

        Alors moi je suis trop « figée » scénario… Je déteste foirer toutes mes actions et ne pas avoir les « bonnes infos ». Du coup je râle et je n’y mets aucune bonne volonté ^^

        • Eddy Vanleffe  

          Houlà oui rester figée, c’est pas vraiment la bonne façon… un MJ astucieux peut remettre l’équipe sur le droit chemin même quand ils foirent tout.
          le scénar n’est qu’une trame… ^^
          quand tu décris ta partie Chtulhu…ben c’est ultra fidèle à l’univers de Lovecraft, je doute que le scénar prévoyait une vraie victoire sans que celle-ci soit très lourde de conséquence… TOUS les héros de Lovecraft perdent et deviennent fous…
          quand je maitrisais sur IN NOMINE SATANIS, j’ai jamais suivi le scénar plus loin que l’amorce… et les infos qu’il devaient avoir chez un apothicaire et ben ils finissaient par l’avoir par le barman ou un interne en médecine ou dieu sait ce qu’il rencontraient…

        • Matt  

          J’allais le dire.
          Même sans avoir joué moi-même, j’ai suivi des parties sympas sur Internet qui partent en franche rigolade.
          Mais le rôle du MJ c’est certes un peu de mettre des batons dans les roues des joueurs, mais si possible sans jamais les tuer (bon après si des enfants font vraiment n’importe quoi, ça peut devenir difficile)
          Mais le MJ est censé avoir prévu pas mal de choses, même une mécanique de points de destin ou de trucs du genre qui permet d’éviter la mort (mais une seule fois par exemple)
          Les jets de dés sont iprévisibles, on peut avoir une poisse terrible, mais il ne faut pas que ça stoppe nette l’histoire en butant tous les joueurs^^

          Une partie d’1h30 qui en dure 3 par contre…ça me semble classique^^ Impossible de prévoir les prises de tête des joueurs dans des situations qui deviennent compliquées suite à une grosse poisse ou des décisions pas terribles.

          • Kaori  

            Là c’était un scénar non officiel du jeu, trouvé sur le net. Je ne sais pas si c’était prévu qu’on puisse survivre… Il fallait peut-être sacrifier les otages… On avait 3 bombones de gaz, mon fils en a utilisé 2 pour faire péter un mur alors que ma fille et moi avions échoué à trouver le levier pour ouvrir le passage secret. Si on avait utilisé nos points « choc » (qui donnent 10 points au lancé de dé), on aurait peut-être pu faire péter le Shoggoth… Bon, bref, ça a merdé et c’était pas sympa, j’en ai fait des cauchemars cette nuit ^^ .

            Je sais que le but de notre MJ c’est surtout qu’on fasse travailler notre imagination, qu’on soit créatif, mais j’avoue que c’est pas franchement ma tasse de thé ^^ . (la franche rigolade avec des gamins de 9 et 13 ans, c’est pas forcément la même que la mienne ^^)

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *