Kon-Lankhul (Lady Boy vs Yakuzas)

Lady Boy Vs Yakuzas par Tohifumi Sakurai

Du Grindhouse ! Du Vrai !

Du Grindhouse ! Du Vrai !

AUTEUR BRUCE LIT

VO : Futashaba

VF: Akata

Lady Boy Vs Yakuzas est une série complète en 5 tomes écrite et dessinée par Toshifumi Sakurai parue en 2013. Il s’agit d’une lecture aussi drôle qu’éprouvante en matière de sexe, de gore et de trash à réserver à un public très averti malgré le floutage des sexes. 

Le sens de lecture est japonais et il convient de saluer l’admirable traduction de Yuta Nabatame.

Par peur des morpions, pas l’ombre d’un spoiler asexué ne viendra s’incruster dans votre slip.

Le pitch : Il était une fois, 100 pervers en slip à la poursuite d’un transsexuel malgré lui.
Uh?
Oui, vous avez bien lu ! Notre héros Kozo est un yakuza porté sur la quéquette. Tant et si bien qu’il culbute, tour à tour la femme puis la fille de son patron.
Pour se venger, celui-ci castre son employé et le transforme en femme !

Elle est où ma bite ?

Elle est où ma bite ?

Transformé en Bimbo, notre héros est parachuté sur l’île Kon-Lankhul (oui !) où vivent 100 pervers sexuel. Commence alors le plus atypique des reality-show : l’île infestée de caméra va suivre le calvaire de Kozo poursuivi par des criminels qui doivent la violer pour retrouver leur liberté

Ce qui devait n’être qu’une formalité tourne bientôt à un invraisemblable survival : Kozo trouvant des alliés inattendus avec des psychopathes en quête de rédemption. Notamment son père, ex-amateur de revues pédophiles qui tente de racheter ses fautes auprès de son fils !

A vos marques ? Prêts ? Violez !

A vos marques ? Prêts ? Violez !

…..
Vous êtes encore là ?
Vous voulez encore me fréquenter ?
Vous n’allez pas me dénoncer à la police ?
Parce que c’est là que ce manga prend une tournure insensée: un survival passionnant, truffé d’humour noir et scato, de violence exacerbée mais aussi (et surtout) porté par un talent hors du commun qui raconte une véritable histoire.

Lady Boy Vs Yakuzas enfonce son gode (of war) bien profond dans tous les tabous de la société : l’hygiène ? Un criminel est transformé en PQ humain. L’amour ? La sexualité n’est envisagée que comme un moyen de domination et de souffrance. Le viol ? une routine pour ces personnages qui se servent du corps de l’autre comme outil de satisfaction.

Rien ne sera épargné à Kozo pour lui enlever sa nouvelle virginité

Rien ne sera épargné à Kozo pour lui enlever sa nouvelle virginité

Ce qui serait tout simplement vomitif et nauséeux dans un Crossed de Lapham est ici impitoyablement drôle et à lire au dixième degré.  A aucun moment Sakurai ne tente de magnifier ses ordures ou de les rendre ambivalentes. Mais il s’amuse comme un fou à imaginer dans une fiction le comportement gaffeurs poussé à l’extrême des pire pervers sexuels.  Plutôt que des les repousser, Sakurai explore à fond leur potentiel comique.

En fait Sakurai pourraît être le Garth Ennis Japonais. Voilà ! C’est dit ! C’est le manga qu’il aurait pu écrire, peuplé de psychopathes d’humeur tellement joviales que l’on quitte immédiatement tout réalisme de ces perversions complètement folles et…drôles.  L’outrance atteint un niveau maximum lorsque Kozo accepte pour survivre un rapport sexuel avec son père qui ne l’a pas reconnu. Comme le détective Soap avec sa mère dans le Punisher.

Une Splash Page un peu cérébrale...

Une Splash Page un peu cérébrale…

Pourtant il est impossible pour qui est capable de surmonter ses limites du mauvais goût de ne pas déceler un véritable d’auteur. Aux dessins d’abord, le graphisme de Sakurai est un mélange de réalisme et de caricaturiste troupier. Tout est volontairement disproportionné : les seins de Kozo sont évidemment énormes, on se demande encore comment il lui est possible de s’enfuir ses talons sur le sable.  Comment prendre au sérieux cette armée de psychopathes en slip, à l’anatomie plus maltraitée que chez Rob Liefeld, ces cous plus allongés qu’une Ndébélé, ces doigs de pieds aussi pointus que des pointes de flèches, ces nez qui coulent à chaque contrariété ?

Comment résister à l’humour dévastateur de ce survival iconoclaste ? Ces vilains aux mines patibulaires qui meurent dans des conditions grand-guignolesques. On se rappelle encore du Russe de Ennis transformé en femme sur une île de criminels et du plaisir obscène à les voir mourir.

Notre héros avant sa femelle transformation et son patron au nez qui coule

Notre héros avant sa femelle transformation et son patron au nez qui coule

Mais surtout derrière l’obscénité et le chaos, il y a le travail, une méthode, une discipline. Celle d’un auteur au parcours atypique qui a réalisé des enquêtes gonzo pour des magazines sulfureux : il a testé les bars SM, une falaise où les hommes éjaculent dans le vide, a eu des relations sexuelles avec une mamie de 78 ans et une autre femme de 160 kgs.

Concernant ces criminels sexuels, l’homme a récupéré des milliers de photos de faits divers pour retenir 100 physionomies pour sa BD. Il fait l’effort de leur donner un état civil et une histoire.  Kozo commence l’histoire comme une bimbo décérébrée. Sauf qu’entre deux gags, il est possible de percevoir la justesse de de son regard, une certaine intelligence et une réelle douleur d’avoir à affronter son père. Car derrière tout ce saint-cirque, l’histoire d’un père qui tente de sauver la vie de son enfant marqué par ses perversions est aussi imprévue que…touchante !

Which side are you on ?

Il y a un vrai scénariste pour réussir ce cocktail inhabituel de viol de tabous et d’ironie distancée : un gars qui réussit à tenir 5 volumes, à réussir à maintenir en vie Kozo contre 100 tueurs en multipliant les coups de théâtre, les alliances contre-nature (sic), massacres et prises de conscience. Alors oui, Sakurai va très loin dans la transgression des limites, dans le pipi-caca et la violence, mais Sakurai sait doser son récit, y injecter des dosettes d’émotion, d’introspection et de jouer parfaitement avec les codes du survival façon Battle Royale. Dont il pourrait être l’héritier le plus intéressant.

Avec son arrière fond Grindhouse, son ultraviolence souvent hilarante, Lady Boy Vs Yakuzas obtient sans efforts sa place dans le Top 5 des meilleurs mangas lus cette année. Il y a sûrement plus respectable (le très surestimé Chisoboke qui a fini au bac à solde) plus sentimental sur le changement de sexe (le très beau et très conseillé Dans l’intimité de Marie), mais en 2017 lire un manga qui n’a peur de rien, ni de personne et ressuscite les frissons de plaisir de mes vieux Garth Ennis, donne envie de refaire un petit tour à Khon-Lhankul.

Un couteau contre un hélico

Un couteau (no ken) contre un hélico

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La BO du jour : Pour des raisons évidentes : 

27 comments

  • Matt  

    Bon je connaissais ce manga de réputation.

    « Ce qui serait tout simplement vomitif et nauséeux dans un Crossed de Lapham est ici impitoyablement drôle et à lire au dixième degré.  »

    Le problème c’est que moi j’ai un souci avec le concept du changement de corps. Je vous rappelle que j’ai hésité à lire Superior spider-man à cause des possibilités tordues du concept que j’avais juste imaginées et qui sont en fait très sages dans la série (normal, c’est de la BD mainstream). Le changement de corps ou la transformation du corps (donc de sexe aussi) contre la volonté d’un individu me met mal à l’aise.
    Je ne sais pas si vous connaissez le roman « mygale » de Thierry Joncquet qui serait l’inspiration du film « la piel que habito » de Almodovar. Bon ben le roman est différent et bien plus dérangeant que le film ! Un mec se venge sur un type qui a rendu sa fille folle suite à un viol et le détruit psychologiquement jusqu’à le réduire à un sous-homme, puis le transforme en femme (c’est un chirurgien) pour le/la reconstruire psychologiquement ensuite. C’est…traumatisant. Le plus tordu c’est que les 2 personnages sont des ordures, on ne sait plus qui est dans son droit (enfin si…personne !) et au final le tortionnaire se met à aimer sa victime, et réciproquement. C’est tordu, malsain ,dérangeant.
    Et tout ça fait que…je ne peux pas rigoler devant le concept même.

    En plus tu ne m’aides pas en disant que c’est le même humour que Ennis. ça risque de ne pas marcher sur moi. Encore que l’aspect de très mauvais goût et plutôt con me fait aussi penser à la BD Necron de Magnus que j’ai chroniquée.

  • Matt  

    J’ajoute que dans « mygale » le mec force aussi cet homme devenu femme à se prostituer. Un récit de vengeance qui n’a rien de drôle et qui déroute vraiment tant on ne sait plus qui on déteste le plus, avant de voir que ces 2 ignobles personnes se méritent l’une l’autre dans une relation particulièrement tordue.
    C’est un bon bouquin mais que je ne lirais pas forcément 2 fois.
    Là j’ai bien compris que c’est con et à prendre au dixième degré mais bon…pas sûr que ça m’amuse à cause du concept ou d’un humour à la Ennis que personnellement je trouve cruel.
    Or, moi, quand on va dans la transgression délirante et trash, faut que ça me fasse marrer. Sinon c’est gerbant. Et je ne sais pas quoi penser du volet « touchant » dont tu parles. Si au final ça se prend plus au sérieux que prévu, comment concilier ça avec le dixième degré ?

  • Patrick 6  

    Ahah l’île Kon-Lankhul ! N’importe quoi ^^ Tu m’avais déjà parlé de ce manga qui effectivement me parait être un gros délire (la nana qui court en soutif et en talon sur la plage poursuivie par des psychopathe toute érection dehors… la classe absolue).
    J’aime bien l’idée de pousser son délire absurde jusqu’au bout et de ne (vraiment) pas faire dans la nuance, cependant j’ai un peu de mal avec les dessins qui ont un petit comique troupier (ou barbouillé par un gamin immature au choix).
    La transgression c’est bien mais encore faut-elle qu’elle aille quelque part, sinon c’est juste de la déviance sexuelle étalée sur 5 tomes… Est-ce le cas ici ? Je n’en sais rien, mais ton article me donne au moins envie de savoir si effet elle se fait « prendre » par les Yakuzas en chaleur ^^

  • Présence  

    Comme dirait quelqu’un, ce manga dort sur mes étagères. Le fait qu’il ne compte que 5 tomes va peut-être le faire remonter dans la pile.

    Avec ce que tu expliques, c’est finalement cohérent que l’auteur ait choisi de conserver la pixellisation des organes sexuels, plutôt que de verser dans le hentaï non censuré, le cœur du manga n’étant pas les prouesses sexuelles.

    • Bruce lit  

      @Présence : moui….je trouve que la pixelisation ou les cache sexe ruinent un peu esthétique de tout ça. Je peux comprendre que des parents n’aient pas envie que leurs gamins trouvent en kiosque des scènes X au Japon (ou ailleurs), et oui, je sais à quoi ressemblent Penis et Vagins donc je peux imaginer la chose. Cependant, comme d’habitude il est quand même fou que l’on puisse dessiner un mec se faire exploser la cervelle….Comme dit dans l’article, les mangas c’est mon espace de subversion. J’aimerai l’imaginer en dehors des règles (sic) habituelles. Tiens, puisque on parle de cervelle Présence, j’ai lu le dernier WD et il t’attend…

      @Pat : Notre ami(e) passe à la casserole effectivement mais moins que l’on puisse imaginer . La scène d’inceste (drôle à mourir) est déjà suffisante je pense. Quant aux dessins, le bon goût n’est effectivement pas de mise.

      @Matt : oh la la ! La piel que Habito : ça m’a l’air encore plus tordu ça….Même pas en rêve, j’irai voir ce truc. C’est du Almodovar je crois non ?
      Le volet touchant : puisque presque personne va lire ce manga voire cet article… Le père du héros s’est rendu coupable de maltraitance pendant son enfance. Cet histoire est aussi celle d’une rédemption réelle d’un personnage qui se fraye un chemin vers le pardon de son enfant via des situations toujours plus grotesques. Il y’ a quelques moments improbables d’émotion dans ce grand n’importe quoi à prendre au millième degré.

      • Matt  

        Bah j’ai tout dit : c’est un roman de Thierry Joncquet adapté par Almodovar. Donc c’est pas l’idée de Almodovar à la base^^

        Le roman m’a un peu retourné alors l’idée de la punition par le changement de sexe et le viol…comment dire…je ne suis pas sûr de pouvoir trouver ça fun. Mais en fait j’en sais rien. C’est compliqué l’humour.

      • Matt  

        Si le cinéma te fout la trouille, tu peux lire le roman mygale^^ Mais je te préviens, pour moi ce fut pire que le film. Mais c’est pas mauvais du tout hein !

        Le truc avec les concepts tordus, c’est que soit ça marche en tant que truc d’horreur volontairement déroutant et malsain, soit ça marche en tant que truc délirant drôle. Mais encore faut-il que ce soit bien fait. Parfois un truc qui veut faire dans l’horreur déstabilisante va juste enchainer les scènes de torture trash et ce sera juste gerbant et dans la veine d’un Crossed de Lapham. Et dans le registre de l’humour, il suffit que ce ne soit pas assez grotesque ou que l’humour soit trop cruel et ça peut s’avérer pas drôle, et donc involontairement désagréable et malsain.

  • Tornado  

    Pitch très intéressant comme d’habitude. Et moi j’aime le trash et l’absurde, alors…
    Bon, cela dit, je ne lis pas de manga. Mais l’article est cool et rien que les scans m’ont déjà bien fait marrer. C’est sûr qu’il y a du Ennis for ever là dedans ! :D

  • Matt  

    « Je peux comprendre que des parents n’aient pas envie que leurs gamins trouvent en kiosque des scènes X au Japon (ou ailleurs), et oui, je sais à quoi ressemblent Penis et Vagins donc je peux imaginer la chose. Cependant, comme d’habitude il est quand même fou que l’on puisse dessiner un mec se faire exploser la cervelle »

    Alors…vu que j’aime bien les débats, on va en parler^^
    Je pense que c’est un faux débat cette histoire de « on peut voir de la violence mais pas de sexe » parce qu’au delà du côté « tabou » ou « choquant » des 2 concepts, il faut se poser la question du pourquoi on montre ceci ou cela.
    La violence on la montre en général pour choquer ou mettre mal à l’aise dans une BD d’horreur. Le sexe c’est plutôt pour titiller, exciter. Du coup pourquoi on montrerait des scènes de sexe dans une histoire d’horreur ? De la nudité à la limite oui quand par exemple une victime se retrouve obligée de fuir en tenue d’adam ou Eve, il serait ridicule de prendre le temps de les faire s’habiller…mais là encore est-ce nécessaire de voir en détails leurs organes génitaux ? ça n’a pas d’intérêt à part un aspect un peu gratuit et racoleur pour exciter le spectateur. Si on vivait dans une société où il est naturel de voir les gens à poil, je dirais que c’est ridicule de les cacher oui, mais bon c’est pas le cas. On s’habille tous parce que si on se baladait tous à poil, il y aurait de sales histoires je crois..
    .
    Après bien sûr, si le sujet de la BD est le sexe, il est logique de montrer des scènes et de ne pas faire le prude. Le sexe peut aussi servir à décrire les mœurs d’une autre époque (ça ne me choque pas dans Murena par exemple). Mais selon le sujet de l’œuvre, le sexe peut paraitre racoleur.
    Mais attention ! La violence aussi ! Et je l’ai déjà dit que parfois je trouve les abus de violence déplaisants et racoleurs. Surtout que c’est comme si on prenait son pied devant, et moi je ne trouve pas ça spécialement kiffant l’ultra violence…
    Après il y a les œuvres délirantes dans lesquelles ont peut voir de la violence « fun » car extrêmement exagérée au point où ça devient ridicule et comique. Genre le film Braindead avec des poumons qui courent etc. Donc on pourrait se dire « on peut aussi faire des scènes de sexe délirantes alors » Sauf que…vous savez comment faire vous ? En général le cul c’est pas délirant. ça ne devient jamais vraiment comique. Les situations peuvent l’être mais l’acte en lui-même…pas vraiment. Ou alors ça devient de l’horreur grotesque avec des viols.

    J’en parle d’ailleurs vite fait dans un article que tu m’as dit publier cette semaine. Si je vois une scène de sexe dans un film d’action que je regarde avec de la famille par exemple, ça va me gêner. T’es censé faire quoi ? Mater la bave aux lèvres devant tout le monde ? Faire comme si ça n’existait pas et que tu ne matais pas ? Je veux dire…souvent ça sert à rien, c’est gratuit pour titiller…et t’as pas forcément envie d’être titillé devant tout le monde. Après si le film traite dès le départ de sujets sexuels, tu sais que tu ne vas pas le mater en famille^^ Donc ça a davantage sa place.

  • Matt  

    En gros les 2 n’ont pas le même but et on ne peut pas dire que si l’un a sa place dans une histoire, alors l’autre aussi sous prétexte que c’est pas plus choquant. Ce n’est pas le problème. Il s’agit de savoir si c’est pertinent de le montrer ou pas.
    Dans le même film d’action dont je parle dans mon exemple, une scène de violence pourra montrer à quel point le méchant est cruel pour qu’on se sente investi dans la quête du héros pour qu’il arrête ce salaud. Empathie, etc.

    • Bruce lit  

      La représentation de la violence tient à tellement de paramètres, Matt. Je plussoie à tout. La violence à l’écran ne me dérange pas plus que ça lorsque cela apporte à l’histoire. Par contre, je ne supporte pas le sadisme. Une des raisons pour laquelle j’ai abandonné Game of Thrones et les longues tortures de Théon. Même si le mec est une ordure, je n’ai, et c’est aussi vrai dans la vie aucun plaisir à voir un être humain souffrir. Il existe une vidéo de la capture de Kadhaffi et son exécution. Le mec a largement mérité son sort, personne ne le pleure, mais sur la vidéo, ce n’est plus qu’un tas de chair tabassé par une centaine de personne qui pleure…C’est juste monstrueux, et peut-être ce genre de choses ne soulagera que les familles de victimes. Moi, ça me donne juste des hauts-le-coeur.
      Dans GOT aussi, je n’ai pas supporté la complaisance des scènes de meurtres notamment celle représentant le « poignardage » d’une femme enceinte. Mais il n’y a pas de règles absolues. Je peux supporter le viol dans Orange Mécanique parce que c’est habilement ficelé (sic).

  • Eddy Vanleffe  

    Le sexe au cinéma et en BD ne se situent pas à mon sens dans le même registre.
    Le fait qu’un action est dessinée et forcément esthétisée de manière à provoquer une réaction bien précise.
    Bien souvent ce la ira dans le sens de l’excitation mais là on va être dans le hentaï pur et dur(si je puis dire…).
    Mais çà peut-être la répulsion, le dérangement ou la tendresse.
    Dans Maison Ikkoku, la scène, très pudique il est vrai ,participe vraiment aux ressorts de l’histoire dans son ensemble. elle s’intègre parfaitement dans la dramaturgie.
    Ici, on est dans l’absudre avec un situation complètement impensable dès le départ, qui part en vrille encore plus.
    on est dans un rire « sale gosse » ayant le gout du transgressif comme pouvait l’être Fluide Glacial. ça provoque l’hilarité en se débarrassant des inhibitions. C’est totalement décalé en BD ça passe bien meixu qu’en film parce que c’est pas la même relation (on lit rarement en famille…) et personne n’a été « exhibé », de ce fait le voyeurisme laisse place à une sorte de contrat entre l’auteur et le lecteur. il juste être averti de ce qu’on lit et de ce qu’on va lire.

    • Bruce lit  

      C’est tout à fait ça Eddy. Du dessin à l’histoire tout est démultiplié. du coup, c’est un plaisir de rouler sans ceinture de sécurité, rien n’est dangereux ou menaçant. Reste au lecteur de savoir s’il a envie de passer un contrat avec une maison aussi peu recommandable….

    • Matt  

      Oui en BD ça passe mieux parce qu’en film le gore est faux. Mais faudra m’expliquer comment tu représentes des scènes porno « pour de faux ».^^ Et on ne va pas forcer les acteurs à coucher ensemble.

      Le seul truc, c’est que cette distance par rapport à la BD est aussi dangereuse. Le sadisme parlons-en ! C’est pas sadique de prendre son pied à violer ? Et les hentaï sont bourrés de truc gerbants avec des nanas violées et humiliées qui pleurent et je ne sais même pas trop comment on peut se distancer de ça au point de trouver ça excitant. Rationaliser en se disant que personne n’a été réellement violé dans la vraie vie est une chose, mais prendre son pied devant…
      Je suis d’accord sur les scènes de torture de Théon que j’ai trouvées étirées comme si le réal ne savait pas quoi faire de ce perso. Et je n’ai pas aimé.
      Le truc c’est que je ne pense pas que j’aimerais davantage en BD ! Parce que d’un côté le personnage de BD meurt ou souffre réellement alors que l’acteur du film fait semblant. Et ne me dîtes pas « mais il n’existe pas le perso de BD. » Oui merci ok…mais vous ne vous êtes jamais attaché à un perso de BD ?

      Je peux être tout aussi choqué, voire même plus, par la violence d’une BD que d’un film. Du coup j’ai du mal à me dire que les perversions sexuelles passeraient mieux en BD…
      Sauf oui bien sûr si c’est totalement con. J’ai moi-même chroniqué Necron sur ce blog je vous le rappelle^^ Mais bon déjà c’est dans la catégorie « BD érotique/porno » Alors peut être que Ladyboy aurait du montrer plus de sexe, mais se ramasser une catégorisation moins « grand public ». Justement parce que dès l’instant qu’on montre des actes sexuels, ben c’est comme ça, ça rentre dans la case « porno » et ça limite le public visé.

    • Matt  

      Après si vous me dîtes « pourquoi il n’existe pas une catégorie interdite aux – de18 ans pour des œuvres vraiment très gores ». Et je dirais que ça existe…en Amérique. Chez nous il y a bien le -16 ans mais ça va pas plus loin je crois. Après le -18 c’est pour le porno.
      Peut être qu’il faudrait oui.
      Après d’un autre côté l’ultra violence, je ne pense pas que ça donne des idées de meurtre à tout le monde, n’en déplaise à ceux qui veulent toujours reprocher les pires crimes à la BD ou au cinéma.
      Par contre voir des scènes de sexe explicite réalistes, ça peut donner des idées…voire fausser les idées des plus jeunes sur la sexualité.

  • OmacSpyder  

    Ce Battle Royale version Sex and Sins est un drôle d’odni! Objet de Désir Non Identifié. Voilà ce qui fait courir le monde, celui du spectacle : le désir et l’exhibition. Et l’objet qu’on a (entre les jambes) ou qu’on n’a pas.

    Forcément c’est caricatural puissance 1000 mais est-ce que ce récit en roue libre ne vient pas confirmer que ce qui fait tourner le monde, c’est l’affaire sexuelle. Et que ce qui fait tourner un monde déjanté, c’est un sexe dérégulé. La perversion du monde se transforme en perversions sexuelles. Et le mec viril « qui en a » se transforme en une bimbo qui est un objet de satisfaction sexuelle.
    Et si l’homme viril était celui qui était plus près du féminin que du masculin? Ça serait intéressant à approfondir… Et si la virilité était une masculinité au père manquant? Ici la reconnaissance, aux deux sens du terme, est questionnée. Comment ce père peut reconnaître ce fils devenu un objet sexuel et comment le héros peut accepter ce père dont l’objet de désir sexuel sont les enfants?
    Comme toute caricature, si elle est bien faite, elle questionne un peu. Tout comme elle questionne le lecteur qui prend plaisir à cette lecture, fût-ce au motif du côté décalé. La question homme/ femme est toujours d’actualité. Et est traversée par des questions de genre, de corps, d’identité.
    Sasquatch dans Alpha Flight venait déjà questionné cette question d’identité et du corps sexué. Mais ça c’est un autre article… ;)

  • Matt  

    Je rajoute juste une chose en disant que si on peut trouver cohérent de montrer un mec se faire exploser la tête dans un comics pour ado, mais pas un acte sexuel explicite (j’entends par là vraiment porno, avec tous les détails) c’est parce que pour moi l’un tient à un fantasme délirant irréaliste (oui ok la violence existe mais les gamins jouent aux cowboys avec des pistolets à eau depuis leur jeune âge, et à des jeux vidéo ou on tape des ennemis sans que ça les transforme en gros sadiques) alors que l’autre tient du réalisme et parle de chose qu’ils vont connaître ou ont connu, et qu’en faire une représentation trop tordue peut être plus choquante.
    Bon vous montrer bien Star wars à vos gamins non ? Y’a plein de morts et Luke il se fait couper la main pourtant. Vous leur montrer un porno ? Non. Bah voilà^^

  • Matt  

    Et surement qu’Omac il pourrait m’aider à mieux expliquer.^^
    Sauf si j’ai tort…mais il me semble bien qu’on accepte de montrer la mort, les combats, la violence bien plus facilement que le sexe à des gosses.

  • OmacSpyder  

    Alors, pour répondre à ta requête (sans bégayer), Matt, tentons cette explication :

    Lorsque le fantasme précède la réalité, tout se tient. Et la vision imaginaire est cathartique.
    Lorsque la réalité précède le fantasme, ça chamboule tout. Et la vision de ce que l’on ne peut digérer est traumatique.

    • Bruce lit  

      @Matt : montrer un porno à ma fille ? Tiens, j’y ai pas pensé :)
      Plus sérieusement le porno a pour finalité l’excitation sexuelle voire plus…Par contre, si je devais tomber sans le savoir sur une scène érotique, je serai moins mal à l’aise car je sais les mots à employer. Mais pour l’instant, ça n’arrive pas puisque la plupart du temps, les films que l’on regarde ensemble, je les connais déjà. Lorsque on a vu tous les deux Les Dieux sont tombés sur la tête elle rigolait bcp sur le burlesque et ne comprenait rien à la partie guerre du film. Ce We elle a feuilleté Betty Boob (elle me pique les livres de ma bibliothèque) et m’a demandé pourquoi cette femme pouvait retirer ses cheveux et son néné. C’est super enrichissant ce genre de conversation, ça ne me fait pas peu du tout.
      Je te conseille vraiment Dans la peau de Marie, un seinen complet en 5 volumes que j’ai beaucoup aimé pendant les événements que tu sais. Il s’agit d’un jeune homme qui gâche sa vie à ne rien faire. Un jour qu’il regarde cette fille Marie, il devient elle. Mais elle, qu’est elle devenue ? C’est tendre, et très bien amené sans aucune violence, ni scène glauque. Suite aux événements que tu sais (bis), je n’ai pas pu le chroniquer.

      @Omac : Sasquatch ? Un prochain poils sur le divan ? (dis comme ça, ça ne passe pas…).
      Tout comme elle questionne le lecteur qui prend plaisir à cette lecture, fût-ce au motif du côté décalé

      Un reste de mon éducation catholique ? J’aime quand le haut devient le bas, l’apôtre le traître et ici le prédateur, la proie. J’ajoute que cet article a été rédigé cet été bien avant les scandales Hollywoodien ;)

      • OmacSpyder  

        @Bruce : nul besoin d’éducation catholique pour être soumis au refoulement et aux interdits. Mais disons que ces lectures permettent une transgression inoffensive…
        Une inversion des rôles, c’est comme une petite perversion récréative^^
        Pour Sasquatch : pas loin, mais pas ici ;)

        • Bruce lit  

          Ah oui, une annonce :
          Mesdames et Messieurs, monsieur Spyder sera au sommaire du prochain Scarce avec un article sur la divion Alpha !

          • OmacSpyder  

            Merci pour la pub^^
            Un tout tout petit article oui…
            ( Psst….Tu as oublié le « si » dans « division », le « si… » qui rend tout possible! ;) )

  • Matt  

    Je note pour « dans l’intimité de Marie » (ouais, c’est pas la peau…et ça donne un sens plus coquin)
    Mais bon hein…j’ai dit que les changements de corps j’aimais pas. C’est fini de vouloir me bouleverser, oui ?
    Et puis il semble qu’il y ait 9 tomes.

    • Bruce lit  

      Ah oui au temps pour moi. C’est un lapsus presque volontaire tellement je trouve le titre un peu cucul. La série est effectivement en 9 tomes. Aux éditions Akata. Les mêmes que LAdy boy…

  • Matt  

    Bon et puis au passage il faut signaler quand même que les hentaï japonais (dont la vocation est donc l’excitation sexuelle vu que ce sont des pornos…même si parfois c’est difficile à accepter tant c’est violent et à base de viols atroces….) eh ben ils sont pixelisés aussi au niveau des parties intimes. C’est une loi là bas. C’est plutôt absurde mais c’est peut être tout simplement la raison de la pixelisation du manga aussi, aussi trash et déjanté soit-il.

  • Eddy Vanleffe  

    J’ai eu tort de citer le mot « hentaï » dans la conversation.
    parce que j’ai tendance à employer ce terme par extension pour la BD porno en général alors que c’est en fait très précis dans l’imaginaire des gens (tentacule soumissions bizarres etc… :))

    Mais en fait le « sexe »n’est pas forcément représenté de manière à choquer et à perturber.
    Ladyboy, c’est clairement déconnecté du réel.
    Quand Matt relie de manière aussi serrée la notion de voir, c’est déjà susciter l’envie dans un domaine plus que dans l’autre. je ne suis pas forcément convaincu.
    Je ne pense pas que les clients du Hentai/porno etc soient plus des violeurs en puissance que les fans de SAW des serial Killer.
    Tout ce que je peux dire, c’est que L’Empire des Sens(qui me fait penser à La grande Bouffe) m’a moins gêné que Hostel, Ichi The Killer ou Saw ou tout le torture porn avec lesquels j’ai vraiment du mal.
    Bon quand y’a les deux…
    La violence à des enfants? Le problème est plus devenu « comment éviter d’en trop montrer? »

    Le sexe? On ne montre pas mais on ne fait qu’en parler à longueur de journée dans n’importe quel média (radio/TV/Internet…). Le ver est dans la pomme…

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