La politique, c’est d’abord une affaire d’imaginaire (La communication politique)

La communication politique par Christian Delporte & Terreur Graphique

PRESENCE

VF : Le Lombard – La petite bédéthèque des savoirs

Votez pour moi

Votez pour moi ©La petite bibliothèque des savoirs

Il s’agit d’une bande dessinée de 56 pages, en couleurs. Elle est initialement parue en 2017, écrite par Christian Delporte, dessinée et mise en couleurs par Terreur Graphique (Fred Lassagne). Elle fait partie de la collection intitulée La petite bédéthèque des savoirs, éditée par Le Lombard.

Cette collection s’est fixé comme but d’explorer le champ des sciences humaines et de la non-fiction. Elle regroupe donc des bandes dessinées didactiques, associant un spécialiste à un dessinateur professionnel, en proscrivant la forme du récit de fiction. Il s’agit donc d’une entreprise de vulgarisation sous une forme qui se veut ludique.

Cette bande dessinée se présente sous une forme assez petite, 13,9cm*19,6cm. Elle commence par un avant-propos de David Vandermeulen de 6 pages. Il commence par évoquer l’échec du discours, en ce sens que les mots prononcés servent à habiller des actions qui n’ont pas abouti ou qui ne se font pas, c’est-à-dire un programme politique d’amélioration de la société irréalisable.

Ayant ainsi donné le ton, il évoque le parti pris de Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592) d’écrire en français en délaissant le latin, la langue sérieuse. Son avant-propos va l’amener à évoquer successivement Georg Christoph Lichtenberg (1742-1799), Hugo von Hofmannsthal (1874-1929), Karl Kraus (1874-1936), Viktor Klemperer (1881-1960), George Orwell (1903-1950) et la novlangue, comme autant d’individus s’étant défiés des possibilités d’abuser du langage pour travestir la réalité, certains ayant même utilisé ces possibilités pour leur propre production écrite, tous en ayant analysé une dimension.

Joseph Napolitan : le précurseur

Joseph Napolitan : le précurseur ©La petite bibliothèque des savoirs

La bande dessinée commence avec l’ouverture d’une agence à Springfield aux États-Unis, en 1956, d’un genre nouveau, pour un métier inédit. Jospeh Napolitan (1929-2013) vient d’inventer le métier de conseil en communication politique, Political Consultant comme il est indiqué sur sa porte. Il mettra à profit ses services à l’occasion d’une centaine de campagnes électorales dont celles de John Fitzgerald Kennedy, et même celle de Valéry Giscard d’Estaing. La bande dessinée revient alors en 1932, le Parti Démocrate faisant appel pour la première fois à une agence de communication. Il évoque ensuite les travaux d’Ernest Dichter (1907-1991) un psychologue et un expert en marketing, et la façon dont ses théories ont été transposées au domaine politique.

À partir de là le récit établit le constat du nombre et de la variété de métiers d’une équipe de campagne électorale : d’abord les organisateurs (conseils en relations publiques, collecteurs de fonds, agents publicitaires), ensuite des collecteurs et analystes d’information (sondeurs, statisticiens, psycho-sociologues, informaticiens, politologues, démographes, chercheurs en marketing), enfin des spécialistes des médias (journalistes, rédacteurs de discours, conseils en médias, spécialistes du mailing, producteurs et réalisateurs de films, acheteurs de places, graphistes). Pour compléter ce dispositif, vient l’outil indispensable qu’est le sondage qui connaît son essor grâce à George Gallup (1901-1984).

Une armée au service de l'homme politique

Une armée au service de l’homme politique ©La petite bibliothèque des savoirs

À la fin de l’ouvrage, le lecteur se dit qu’il s’agissait d’une lecture vraiment facile, pas si technique que ça, baignant dans une ambiance agréable et détendue, avec des pointes d’humour rigolotes, sans être dans un registre systématiquement moqueur ou dépréciateur des hommes politiques passés en revue. Terreur Graphique est un professionnel aguerri de la bande dessinée, auteur entre autres de Ces gens-là (2017), Lorsque j’ai un peu trop picolé la veille… (2016), Rupture tranquille (2011). Il réalise les détourages de forme d’un trait rapide qui donne une impression de spontanéité du fait qu’il est un peu tremblant, d’une épaisseur un irrégulière, avec quelques petits traits rapides pour marquer la texture, les plis des étoffes, ou encore les traits des visages. Cela aboutit à des dessins qui donnent à la fois l’impression d’une bonne densité d’informations visuelles, tout en gardant une lisibilité immédiate et facile.

Cette impression visuelle donne un sentiment de facilité et de désinvolture. Pourtant le lecteur s’aperçoit rapidement que derrière cette apparence simple, il y a un savoir-faire impressionnant. Pour commencer tous les personnages politiques sont immédiatement reconnaissables qu’il s’agisse de François Fillon, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, François Bayrou, ou encore Alain Juppé (cet ouvrage date de début 2017), ou d’hommes politiques historiques ou étrangers comme John Fitzgerald Kennedy, Barack Obama ou encore Tony Blair, Donald Trump, Vladimir Poutine. En outre, le lecteur reconnaît immédiatement les références culturelles, par exemple les couvertures de magazines hebdomadaires comme Paris Match. L’artiste ne se contente pas d’en reproduire rapidement le logo, il en copie aussi la mise en forme et en parodie les gros titres (très savoureux, soit dit passant). Il y a également d’autres références culturelles, par exemple à des acteurs (John Wayne) ou des animateurs télé (Michel Drucker, Thierry Ardisson).

Des parodies moqueuses

Des parodies moqueuses ©La petite bibliothèque des savoirs

Très rapidement également, le lecteur observe que Christian Delporte ne s’est pas contenté d’écrire un texte qui a ensuite été confié à un dessinateur, et bonne chance à lui pour le rendre visuel. Il est visible que les 2 auteurs ont collaboré pour réaliser une bande dessinée visuelle, où les images apportent des informations complémentaires au texte, et dans laquelle le texte peut s’appuyer sur ce qui est montré, sans avoir à le redire, sans donner l’impression de suivre son propre développement en semblant ignorer la composante visuelle. Ce niveau d’interaction fait de cet ouvrage une véritable bande dessinée et pas simplement un texte illustré à postériori. Qui plus est, la variété des situations atteste que la narration a été pensée dans son ensemble. Du coup le lecteur se retrouve face à des images aussi variées qu’inattendues, allant d’une ménagère remplissant son frigidaire, à de jeunes adultes affalés dans un canapé en jouant à un jeu vidéo, en passant par un individu conduisant son tracteur, ou encore une comparaison avant/après intervention d’un communicant pour Dilma Rousseff (1947-).

La légitimité de Christian Delporte à écrire un tel ouvrage saute aux yeux en consultant sa bibliographie, avec des ouvrages comme Une histoire de la séduction en politique (2013), Les grands débats politiques : Ces émissions qui ont fait l’opinion (2012), Une histoire de la langue de bois (2011). Il s’agit ici, bien sûr, d’un ouvrage de vulgarisation et pas d’une étude universitaire sociologique ou économique sur la communication politique. D’ailleurs le lecteur se dit que cet ouvrage ne fait finalement que présenter des faits et des idées qui relèvent du bon sens. Mais il lui suffit, une fois sa lecture terminée de rouvrir la bande dessinée à n’importe quelle page, pour (1) sourire devant le ton enjoué des dessins, (2) se rendre compte de la densité de fond du propos. La première qualité de cette présentation est donc sa forme très ludique et agréable, évacuant toute impression de lire un cours magistral, ou un réquisitoire à charge. La deuxième qualité réside dans le fait que les auteurs n’ont pas pris le parti du Tous pourris. Il n’y a pas de jugement de valeur explicite sur les individus faisant carrière d’homme politique, ni sur leur programme ou leurs convictions, et presque pas sur la nécessité d’une communication politique.

L'expressivité : un défi pour certains

L’expressivité : un défi pour certains ©La petite bibliothèque des savoirs

Christian Delporte a construit sa présentation à partir d’un point de départ systémique. La réalité est que sans professionnels de la communication (sans une petite armée des communicants), l’homme politique ne peut pas acquérir d’existence à l’échelle nationale. Ce n’est pas une critique, c’est un constat. Ensuite, l’auteur expose les mécanismes de la communication politique, au travers d’exemples divers et variés, d’un point de vue métier. Il établit ainsi que d’un point de vue systémique que l’homme politique souhaitant faire une carrière politique et gagner des élections doit passer sous les fourches caudines de la communication politique, au sens métier du terme. C’est soit ça, soit pas de carrière. L’ouvrage passe alors en revue les différentes composantes et les différents aspects d’une communication politique : les différents métiers qui y sont associés (des organisateurs aux différentes spécialistes des médias), les sondages, les slogans, le storytelling, l’art de la petite phrase, le relooking, l’occupation des médias, le langage corporel et l’art de désigner du doigt, la présence sur les réseaux sociaux, etc.

L’auteur utilise plusieurs hommes politiques de premier plan pour illustrer chacun de ses points : le slogan La force tranquille passant de Valéry Giscard d’Estaing à François Mitterrand (le courant politique n’ayant pas d’incidence sur son efficacité), Silvio Berlusconi construisant une histoire forçant l’empathie de manière presque magique, Tony Blair occupant les médias en fabriquant l’événement à un rythme épuisant et en leur donnant le rôle de coproducteur de son récit, Vladimir Poutine incarnant l’autorité et l’efficacité, Nicolas Sarkozy séduisant les journalistes pour mieux influencer leurs papiers. Il évoque également l’art consommé avec lequel les conseillers de Barack Obama ont su lui construire une image, ou encore la manière dont le relooking de Dilma Rousseff l’a transformé d’une personne compétente à une candidate en bonne et due forme.

La force tranquille

La force tranquille ©La petite bibliothèque des savoirs

Le lecteur découvre avec plaisir chaque nouvelle tactique, et chaque nouvel artifice, dans une présentation vivante, non dénuée d’humour et convaincante. Ce n’est pas tant qu’il découvre ces méthodes et ces procédés, c’est que les auteurs les rappellent avec verve et clarté. C’est d’ailleurs l’objectif d’un ouvrage de vulgarisation qui permet au lecteur de découvrir un sujet, mais qui n’a pas pour objet de l’approfondir. Néanmoins à la fin de l’ouvrage, le lecteur a conscience que la variété des exemples aboutit à un panorama complet qui évite l’écueil de la prise de position politique. Le lecteur en a donc pour son argent. Même celui qui s’est déjà intéressé au sujet bénéficie d’un passage en revue de plusieurs décennies (pas toujours chronologique, par exemple la gestion de la paucité des interventions du président Mitterrand est exposée hors chronologie) qui dresse une image assez complète des différentes facettes de cette communication.

S’il n’y a pas de parti pris politique, le lecteur constate une tendance lourde de parti pris sur la fonction de cette communication. Elle ne sert qu’à faire exister l’homme politique, en le rendant le plus agréable possible, indépendamment de ses qualités et de ses autres compétences. Christian Delporte montre bien comment le temps des orateurs est passé, et que la communication politique a pour objet de gommer les traits les plus clivants de chaque candidat. Il y a donc une forme de moquerie sous-jacente, à voir ainsi une communication qui a pour objectif de transformer l’homme politique ou le candidat en produit de consommation. Mais ce jugement de valeur est mis en perspective par un petit rappel d’une évidence : les politiques sont l’expression des sociétés dans lesquelles ils vivent.

Ce tome 14 de la petite bédéthèque des savoirs est une grande réussite qui atteint son objectif de vulgarisation, avec une vraie bande dessinée, drôle, instructive, concrète avec des exemples parlants, sans oublier d’exposer les principes de cette communication dans leur contexte.

Une analyse systémique

Une analyse systémique ©La petite bibliothèque des savoirs

 

—–
LA BO du jour: malgré toute la communication à l’oeuvre, la dernière campagne a laissé un arrière goût de haine….

40 comments

  • Eddy Vanleffe  

    un petit précis en Bande dessinée qui vient apporter une solide base factuelle s
    sur’un domaine qu’on devine instinctivement vicié.
    Merci Présence pour le topo… intéressant.

    • Présence  

      Une solide base factuelle, et une forme très vivante : le meilleure des deux mondes.

  • Bruce lit  

    La gestion de la paucité des interventions du président Mitterrand La paucité ?
    Voilà un ouvrage que j’aimerais bien lire la communication et la politique étant deux sujets qui me passionnent. C’est impressionnant : pour un bouquin de 2017, la plupart des stars de la BD ont disparu : Fillon , Sarko, Valls… Son dessin est très réussi : la position de Valls qui tire la gueule sur trois cases me rappelle Herr Starr devant son miroir de Preacher.
    Riens, c’est rigolo, j’ai vu un film sympa hier : LES LENDEMAIN QUI CHANTENT qui aborde justement la communication politique de Mitterand à Jospin. Ce que l’on y voit, comme ce que tu décris, c’est que très vite, les agences de communication se transforment en mercenaires de l’image, des barbouzes sans foi ni loi qui vont communiquer pour le candidat payeur et non en fonction de leurs convictions politiques.
    Très intéressé également par la manière dont Laporte utilise Hugo Von Hoffmansthal dont LA TOUR a été longtemps mon livre de chevet.
    Merci

    • Présence  

      Paucité : propriété de quelque chose d’être en petit nombre (définition wiktionnaire)

      D’une manière générale, j’aime beaucoup la collection de la petite bédéthèque des savoirs, et je trouve ce tome en particulier, très réussi, à la fois en termes de BD, à la fois en termes de vulgarisation.

      J’avais également beaucoup aimé la série documentaire Paris à tout prix (4 épisodes) d’Yves Jeuland : un accès dans les coulisses de l »équipe de campagne des différents candidats, très révélateurs.

  • Surfer  

    Je suis friand de ce type d’ouvrages.
    L’avant propos a l’air intéressant.

    Ce qui est sympa avec la vulgarisation c’est qu’elle permet de se familiariser de manière ludique à un sujet.
    D’autant plus que la communication en politique n’est pas un thème facile à appréhender.
    Le médium BD est, en ce qui me concerne, un outil/vecteur idéal pour ce type d’exercice.
    C’est toujours intéressant de consolider sa culture générale facilement. D’avoir des notions sur des sujets que l’on ne trouve pas particulièrement passionnants. Car ces sujets sont pourtant essentiels à notre intégration et à la compréhension de notre société.

    Les dessins caricaturaux permettent effectivement de reconnaître tout les personnages évoqués. Ils sont agréables et drôles.
    J’ai, cependant, un peu de mal avec le lettrage. Il me rend la lecture des textes désagréable.

    Merci pour la découverte de cette collection que je ne connaissais pas. Il va falloir que je me renseigne sur les autres thèmes traités. 14 tomes déjà !

    La BO, je suis agréablement surpris…Pour un groupe de Punk… Ça passe !!!
    Comme quoi, on n’est pas obligé de gueuler pour se faire entendre ;-)
    Demandez à Macron qui en a fait l’expérience avec son discours surréaliste où il braillait comme un hystérique: CE QUE JE VEUX…. :-) :-)

  • Tornado  

    Excellent article, qui accompagne les exemples (parfois c’est l’inverse : les exemples accompagnent l’article !) gorgés d’humour tout en finesse d’une BD qui a vraiment l’air d’être une réussite, effectivement.
    Rien qu’en lisant l’article, j’ai appris plein de choses. Je savais par exemple que la politique était un métier, accompagné d’une importante dose de com, mais certainement pas à ce point ! Franchement ça devient n’importe quoi : si cette communication sert à gommer les traits de caractère du candidat, on commence d’emblée par un mensonge ! Je trouve ça effarant… :(

    La BO : (@Bruce) Bon, ben je déteste ce genre de rock qui fait exprès d’être sale…

  • Bruce lit  

    @Tornado : j’avais acheté ce disque des Libertines pour sa pochette. je l’adorais. En réécoutant la chanson, je continue de la trouver bonne, sans grand interêt, mais bonne. Doherty dans sa meilleure imitation de Johnny Rotten n’a pas grand chose pour te séduire il est vrai.

    • Tornado  

      @Bruce : Ben…disons que pour moi il n’y a pas plus de sincérité là dedans que dans des trucs où on dit facilement qu’il n’y a aucune sincérité… :)

      @Présence : Ouais. Ben c’est bien flippant :(

      • Présence  

        Étrangement, la tonalité de l’ouvrage n’est ni cynique ni désespérée, mais descriptive et enjouée, à l’opposé d’une vision simpliste de type Tous pourris. Les phrases de conclusion :

        Les hommes politiques seraient-ils devenus des marionnettes dans les mains des communicants ? En dernier ressort, c’est le politique qui décide, et le communicant ne fait que mettre en musique sa stratégie pour accéder au pouvoir ou le conserver. Pas plus que la politique, la communication n’est une sens exacte. Car si l’opinion publique mène le monde, comme l’écrivait Tocqueville, personne, pas même un virtuose de la communication ne peut prétendre la connaître.

      • Eddy Vanleffe  

        Les Libertines…pas moyen …, :)

        • Présence  

          Promis : c’est pas moi qu’ais choisi la musique. :)

          • Eddy Vanleffe  

            mais je sais qui est le coupable :)
            je fais mitonner un petit dossier sur Michel Sardou moi, tu vas voir… :)

          • Présence  

            Ce n’est pas sympa : chaque fois que je lis son nom, j’ai Les lacs du Connemara dans la tête pour deux heures.

          • Eddy Vanleffe  

            Terre….
            Brûlée…..

            Putain c’est vrai!

            j’aurais pas dû, j’aurais du dire Pierre Perret ou Annie Cordy…
            (juste pour rajouter le zizi et la bonne du curée dans le juke-box mental… )
            plus cruel que le tueur de Saw!

          • Présence  

            Merci maman, merci papa
            Tous les ans, je voudrais que ça r’commence
            You kaïdi aïdi aïda.

            //

            Qu’est-ce qu’y a sous ton grand chapeau ? [...]
            Mais, moi j’aime ça
            Quand ça fait ding ding di gue ding
            Comme une samba

          • Bruce lit  

            Ce Corona-Merdus a vraiment des effets désastreux…
            Je ne suis pas sûr que Présence finisse la saison…

          • Présence  

            Je ne crains que tu ne sois contagieux : tout a commencé avec Michel Sardou dans l’interview d’Alex Sindrome.

  • Présence  

    La politique est un métier : ça résume bien le constat. Politicien d’envergure nationale, c’est même une armée de métiers qui permet au candidat d’aller plus loin.

    Cet ouvrage date de 2017 : depuis Donald Trump et Boris Johnson ont pulvérisé toutes les barrières en termes de mensonge et de manipulation, reléguant les manœuvres de communication de nos hommes politiques à des déclarations d’enfants de chœur.

  • Jyrille  

    J’aime bien le trait de Terreur Graphique. Je lui ai acheté un original que j’ai offert à Zoé (elle aimait bien). J’ai commencé à lire ton article qui m’a tout de suite intéressé, mais entre temps je suis retourné en ville et du coup je l’ai acheté (avec le second tome de Walter Appleduck, le second tome de Nausicaä et la trilogie du Bronx de Will Eisner. Par conséquent je finirai ton article plus tard :D

    La BO : sympa.

    • Présence  

      Je suis très curieux de ton avis sur chacun des 3 romans graphiques composant la trilogie du Bronx.

  • matt  

    Mais que peut-on trouver de passionnant à la politique ?
    ça me rappelle mes brèves études d’économie…où on t’apprend en gros comment le monde est conçu sur la base du conflit, et pour niquer les gens.

    • Présence  

      Pour mon cas personnel qui n’engage que moi, je trouve intéressant de découvrir comment les choses fonctionnent. La petite bédéthèque des savoirs est un support que je trouve très agréable, et j’ai succombé à ma curiosité.

      • matt  

        Oh je comprends ça.
        Désolé si j’ai dit ça de manière un peu abrupte^^
        C’est juste que pour ma part, lire ça va me dégouter du genre humain, donc…je ne trouve pas ça passionnant. C’est informatif c’est sûr. Mais il y a bien des sujets plus prioritaires pour ma part.
        Mais oui j’imagine que ça peut servir de savoir certains trucs dans la vie…aussi révoltants soient-ils.

  • matt  

    Je suis outré par ce genre de trucs.
    Bon ça n’enlève rien à la qualité de l’article, et à l’intérêt informatif de la BD bien sûr^^
    Mais punaise…

  • Kaori  

    Coucou tout le monde !

    Hum, alors voilà bien un livre que je ne lirai jamais, malgré les éloges de Présence.
    Pour le coup, je suis comme Matt : la politique me donne de l’urticaire, mon cerveau passe en mode *off* dès que ce mot apparaît…
    Je conçois qu’on puisse s’y intéresser, même si ça me parait toujours étrange…

    • Présence  

      Je ne me suis pas intéressé à des sujets politiques du jour au lendemain, et, plus jeune, mon appétence pour eux était quasi nulle. J’y suis venu par le petit bout de la lorgnette : le spectacle de ces individus qui promettent monts et merveilles, tout en rabaissant leurs opposants plus bas que terre. J’étais fasciné par leurs convictions affichées (Ah… Georges Marchais, Arlette Laguiller, François Mitterrand, Jacques Chirac, et tant d’autres) : des individus pas lisses, pas consensuels, donnant l’impression d’être en représentation permanente. Je suis fasciné par les monstres que sont Donald Trump et Boris Johnson, et encore avant dans une catégorie différente mais tout aussi terrifiante Margaret Thatcher. Voilà des individus représentant le gouvernement et prenant des décisions, pour Trump, Johnson et Thatcher, allant à l’encontre de l’intérêt du peuple, avec leur assentiment. Fascinant comme un accident de voiture.

      Il y a également dans l’exercice du pouvoir, ou plutôt dans les luttes de pouvoir une dimension paranoïaque hallucinante : des stratégies déployées pour contrer l’autre, des affaires qui ressortent au bon moment (mais à qui profite l’affaire ?), des tragédies incompréhensibles dont on sent qu’il manque des bouts pour comprendre (le suicide de Pierre Bérégovoy, les circonstances hautes en couleurs du décès de Félix Faure, les quatre présidents des Etats-Unis morts assassinés). A chaque fois, la réalité dépasse la fiction, pour un divertissement atterrant parce que ces de nos vies qu’il s’agit.

      Il y a plusieurs façons de considérer la politique, et souvent la réalité dépasse la fiction.

      • Bruce lit  

        La fascination de la politique et de ses représentants : Le sujet par excellence du théâtre de Shakespeare où les pires ordures sont représentées sous leur angle faillible et humain. MCBETH est certainement ma pièce préférée : l’histoire d’un vertueux que le pouvoir rend dingue.
        Il y a la conquête du pouvoir et son exercice. Caligula, César ou Commode étaient tous des empereurs populaires et pleins de bonne volonté avant que les complots et les intrigues ne les fassent basculer dans la folie sanguinaire.

      • matt  

        Moui bah…qu’on aime ça dans la fiction ok.
        Mais dans la vraie vie ça a trop de répercutions désastreuses pour que je trouve ça « passionnant »
        ça ne me donne aucunement envie de comprendre ces gens.
        Et d’ailleurs la fiction nous montre les vraies intentions des gens et comment ils perdent pied. Grâce à des scènes qui se passe dans leur intimité, ou des monologues intérieurs, ou des choses qui permettent de comprendre comment ils sont au fond d’eux.
        Dans la vraie vie, on ne sait jamais ça. On ne sait rien de ces gens. On ne sait pas ce qu’ils pensent, ce qu’ils sont vraiment. Des vertueux qui deviennent dingues ? Ou de gros enculés dès le départ ?
        De plus, même un vertueux qui vit dans un milieu de riche sera toujours sur une autre planète que le bas peuple. La France est toujours une monarchie, avec ces types qui vivent dans des palais et se gavent de homards. Hallucinant. Je ne peux pas voir grand chose de vertueux là dedans.

  • JP Nguyen  

    Le sujet pourrait m’intéresser, le dessin est adapté, en revanche le lettrage manque de lisibilité…
    Et depuis la parution de cette BD, les standards ont encore changé. Croyez-vous que Trump prend le temps d’écouter des conseillers de com’? J’ai l’impression qu’il y va à l’instinct, raconte ses conneries et plus c’est gros plus ça passe…
    Regardez aussi notre porte-parole du gouvernement : elle ne sert pas à grand chose et n’est pas trop prise au sérieux.

    • Présence  

      Je partage ton avis : Donald Trump a repoussé les limites de l’obscénité. Il ment effrontément, rejette systématiquement la faute sur tous les autres, se place en victime, claironne que lui et son gouvernement (mais surtout lui) sont les meilleurs qui aient jamais existé face à des crises comme jamais personne n’en a affronté, se montre populiste sans aucune honte, tout en menant une politique qui permet aux riches de devenir plus riches, et les autres… quels autres déjà ? Je me pince à chaque fois qu’il prononce un mensonge grossier, toute honte bu, sans aucune appréhension d’être rappelé à l’ordre ou contredit. Il s’agirait d’un personnage créé par un auteur, personne ne le prendrait au sérieux.

  • Eddy Vanleffe  

    Pour être un peu plus sérieux.
    je ne suis pas un passionné de politique , mais on ne peux pas s’en désintéresser à moins d’être profondément indifférent à ce qui compose nos contraintes qui sont dictées la plupart du temps par la politique, qu’on le veuille ou non.
    la gestion de la crise du corona? et bien elle est conditionnée par l’idéologie dominante de nos gouvernants, qu’on l’approuve ou pas. coupe de budget public dont nous pâtissons? le devenir des instances « repères » de notre société comme l’enseignement, la philosophie de l’emploi, la sécurité du territoire, la justice,etc… tout ça est assujetti à la politique. quelque part on ne peut donne les clefs des grands portefeuilles et se dire, on s’en fout après, parce que c’est faux.
    même contre notre nature, on devra s’intéresser à la politique ou c’est elle qui s’occupera de nous…
    j’ai formé mon identité avec les « vieux » de ma famille avec les Charlie Hebdo, les Hara kiri qui traînaient… je buvais la parole des humoristes politiques comme Coluche, Desporges, Le luron, Font et Val (notez bien qu’il ne sont pas tous du même bord-sans jeux de mots) et bien sur les Renaud, Sting, U2 etc…
    j’en ai pris, laissé etc… mais je suis quand même très attaché à mes bases, ce sédiment constitutif …
    je parle à mes collègues qui ont souvent une vingtaine d’années de moins et qui n’ont aucune conscience politique et qui sont déconnectés au point de ne pas savoir faire la différence entre anarchie, extrême droite, fascisme, collectivisme etc… du coup , ils ne votent pas ou peu, en ont rien à foutre et n’ont absolument pas peur de Marine Lepen qu’ils n’identifient pas à un danger quelconque, enfin pas plus que les autres… C’est un peu effrayant.

    • Kaori  

      Vaste débat.
      Je vote depuis peu. Depuis que je suis fonctionnaire en fait, et que donc la politique a un impact direct sur ma vie. Avant cela, je suis restée traumatisée par un événement banal en classe de CM1, où un de mes camarades a posé la question « Madame, ça veut dire quoi la gauche et la droite ? » Ce jour-là, pour la première fois de ma vie, mon esprit est parti et je n’ai pas écouté ce que répondait la maîtresse… On était en pleine réélection de François Mitterrand.
      C’est tout con mais pendant plus de 15 ans j’ai été persuadée que je ne pouvais donc rien comprendre à la politique puisque je n’avais pas entendu la réponse à LA question cruciale.
      Aujourd’hui, je pense qu’elle a dû dire un truc bateau du genre la gauche c’est le socialisme et la droite c’est le capitalisme, et ça n’aurait rien changé à ma vie ^^;
      Mais ça m’a bien conditionnée par la suite parce que tout le monde parlait de gauche et de droite et que je ne comprenais absolument pas ce que ça voulait dire !!!

      Après ça, j’ai voté, j’ai cru que ça pouvait changer les choses. Et j’en suis revenue… Je vote toujours mais sans aucune illusion de l’impact que je peux avoir en tant que citoyenne…. Ok je choisis mais je n’ai aucun pouvoir sur les décisions que les politiques prendront…

      • Eddy Vanleffe  

        Kaori, je suppose que tu n’as ni le temps ni l’envie de débattre de tout ça…
        le problème avec la politique, c’est quà mon sens on ne peut pas l’éviter…
        tu abordes le sujet du vote. il appartient à chacun de faire ce qu’il veut là aussi…
        Je suis persuadé que nous vivons dans un système où le vote a été orthonormé pour limiter la sphère d’influence du peuple à un domaine où toutes variables peuvent être maîtrisées…
        De ce point de vue, le vote peut paraître inutile…
        « A quoi bon contrôler le vent quand il souffle sur les musées » chantait Thiéfaine
        Néanmoins, quand je parle de politique, je pense plus à des convictions, une conscience et le fait de na pas s’étaler dans le mur sans l’avoir vu venir… ^^

        • Kaori  

          @Eddy : le temps, ça va, j’en ai plus que quand je suis chez moi ^^ (j’ai 2 élèves…….)
          L’envie… Bah, chaque fois que j’aborde politique, ça finit toujours que je ferme ma bouche et je garde mes idées parce que 1- je ne sais pas tout, 2- mon point de vue est forcément subjectif, 3- je suis fonctionnaire…
          Je suis d’accord que tout est politique, et je dirais que ça me gave. Parce que c’est un domaine que je ne maîtrise pas et qui me paraît comme une autre langue.
          Et quand je regarde les hommes politiques et la vie politique, et le système politique, ben…. c’est plus une désespérance qu’une passion dévorante de vouloir comprendre…

          • Eddy Vanleffe  

            sur les hommes poilitiques, on est d’accord (je crois d’ailleurs à une très large majorité) mais au bout du compte ils n’incarnent qu’un fragment de ce qu’est la politique. on fait tout passer par eux, mais c’est pas forcément un bien…^^
            complexer sur un « savoir « joue » forcément contre toi et certains comptent dessus pour contraindre à un silence qu’ils jugent harmonieux.
            en tant qu’enseignante , je suis désolé mais tu mieux placé que beaucoup pour avoir une vision des besoins dans ce domaine, de ce qui ne va pas etc… je ne dis pas qu’il faut un prof pour gérer l’enseignement en France mais ça fait de toi une actrice au cœur du problème,
            moi je me fait des idées sur ce qu’on apprends à nos gosses, toi tu le sais et tu sais même pourquoi puisque vous en avez parlé en réunions etc…
            je connais mieux le fonctionnement de la santé à mon niveau que d’autres… (la tarification à l’activité, je suis incollable^^)
            ensemble, on se posera de meilleurs question sur ces questions là que certains hommes politiques sur BFM.
            tu n’es pas « ignorante » si certains concepts te paraissent fumeux, c’est peut-être qu’il le sont.. ^^
            pour la bd, on voit surtout la « peoplisation » de la vie politique internationale et les conséquences sur nos cerveaux…
            c’est bien foutu.

          • Kaori  

            Oui, je suis bien placée pour critiquer la politique des gouvernements concernant l’Education Nationale. Est-ce que ça change grand-chose ? Non. Je suis fonctionnaire de l’Etat, donc au service de l’Etat (et pas au service des parents, mais ça, c’est un autre débat…), j’applique les lois qu’on me demande d’appliquer, je n’ai aucun regard sur les programmes.
            Alors oui j’ai mon opinion, mais si je ne suis pas d’accord, qu’est-ce que ça change ?
            Les grèves n’ont aucun poids (si ce n’est d’alléger nos comptes en banque), les manifestations sont devenues des haut-lieux d’agression, et au final dans 2 ans on aura encore un bignoufiard qui voudra tout révolutionner en remettant au goût du jour ce qui se faisait il y a 15 ans…
            Tu ne fais pas grève –> t’es un lâche ou un soumis, mouton etc.
            Tu fais grève –> t’es un râleur doublé d’un fainéant.

            Ma seule demande c’est de pouvoir faire mes choix et d’avoir mes propres opinions et qu’on me foute la paix !

            Voilà pourquoi ça m’emmerde la politique. Et les débats en général. Les gens sont persuadés d’avoir raison et veulent t’imposer leurs idées.
            Et respecter le fait que l’autre puisse penser différemment, on croirait que c’est impossible.

            Alors je m’énerve sûrement sans raison, je ne sais pas pourquoi ce sujet m’agace à ce point, et sûrement aussi que je suis à côté de la plaque, mais tant pis.
            Juste j’estime que mon pouvoir est limité à ce que j’apporte au jour le jour à mes élèves et leurs parents, et ça me suffit. Le reste, je ne m’y retrouve pas.
            Et en fait, je crois que je préfère ne pas savoir que ce que je fais ou ce que je dis, c’est politiser, vu comme ça m’agace ;) .

        • Présence  

          Nous vivons dans un système où le vote a été orthonormé pour limiter la sphère d’influence du peuple. – J’ai aussi parfois la sensation que la machine de guerre capitaliste a su s’approprier les outils de la démocratie pour son propre profit, de la communication au lobbying, avec des techniques marketing éprouvées, dépouillant ainsi insidieusement le peuple de son pouvoir.

    • matt  

      @Eddy :

      Entre avoir besoin de connaître et comprendre certaines choses pour pouvoir vivre en société, et être passionné par le truc, il y a un fossé quand même^^
      Oui c’est utile de savoir des trucs concernant la politique.
      Mais après niveau épanouissement personnel…

      • Eddy Vanleffe  

        comme je dis pas une passion mais une conscience ne serait-ce pour savoir de quel mouvance on est …

Répondre à Eddy Vanleffe Annuler la réponse.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *