L’âme du groupe (Review Harbinger#4)

Harbinger  Perfect Day par Joshua Dysart et collectif

Beaucoup de choses à l'esprit

Beaucoup de choses à l’esprit©Valiant Comics

AUTEUR : PRESENCE

VO : Valiant

VF : Bliss Comics 

Ce tome fait suite à Harbinger wars (épisodes 0 et 11 à 14) qu’il vaut mieux avoir lu avant. Il comprend les épisodes 15 à 19, initialement parus en 2013, écrits par Joshua Dysart. Barry Kitson a dessiné les épisodes 15, 16, 18 et 19.

L’épisode 17 a été dessiné par Clayton Henry. L’épisode 15 a été encré par Stefano Gaudiano et Mark Pennington. Les dessins de l’épisode 16 ont été complétés par Mark Pennington et Brian Level. Riley Rossmo a dessiné quelques pages des épisodes 18 et 19, l’encrage a été assuré par Mark Pennington et Brian Level pour ces épisodes.

Après les affrontements ouverts en plein Las Vegas des Harbinger Wars, le groupe de Peter Stanchek (appelé Renégats) a bien mérité un peu de détente à Venice Beach, Los Angeles. Les Renégats se composent de Peter Stanchek, Charlene Dupre, Kris Hathaway, John Torkelson et Faith Herbert. Dans la première séquence, ils prennent le soleil sur la plage. Puis John investit la scène d’un concours de monsieur Muscle, sous le regard amusé de ses copains. Ils font un tour de grand roue dans la même nacelle. Puis ils décident d’aller s’amuser chacun de leur côté, John conduisant un gros Hummer, Charlene et Kris vont s’éclater dans une rave, Faith et Peter survolent Los Angeles pour profiter de la vue.

Vol de nuit

Vol de nuit©Valiant Comics

Ces quelques jours de repos sont interrompus par un raz de marée sur la rave, avec l’océan qui parle à Kris. Puis ils se retrouvent projetés dans la réalité que John Torkelson s’était bâtie dans le tome 2 : un domaine d’Heroic Fantasy, dont il est le roi barbare (une sorte de Conan) suivi par une équipe de caméras. Pendant ce temps-là, Toyo Harada supervise la prise en charge des psiots (individus doués de pouvoirs psychiques) qui constituaient la Génération Zéro (pendant les Guerres Harbinger).

À la découverte de la première séquence, le lecteur va vérifier dans le tome précédent, comment il s’était achevé. Le scénariste prend son lectorat à rebrousse-poil. Certes les quelques jours de détente sont les bienvenus, et sont également mérités. Mais l’océan qui s’adresse à Kris Hathaway dépare fortement par rapport aux règles établies de la série, le retour dans le royaume de John aussi. Fort heureusement, les activités de Toyo Harada sont plus conformes aux éléments établis dans les 3 tomes précédents.

Écoute la mer

Écoute la mer©Valiant Comics

Joshua Dysart s’étant montré d’une constance impeccable depuis le début, le lecteur lui accorde sa confiance et se dit qu’il va se laisser porter malgré cette intrigue dissonante. En lisant les pages de crédits, il a en plus le plaisir de constater que 4 épisodes sur 5 ont été dessinés par Barry Kitson, dessinateur méticuleux, propre sur lui et généralement plus impliqué dans les décors que Clayton Henry. La lecture du premier épisode atteste du degré d’implication de cet artiste, mais aussi que les encreurs ont imposé leur patte sur ses dessins. Alors que la couverture donne une bonne idée de la finesse des traits de Kitson quand il s’encre lui-même, l’intérieur montre qu’il a été demandé à Gaudiano et Pennington de conserver une unité d’apparence avec les tomes précédents, c’est-à-dire avec des traits plus épais.

Effectivement, Barry Kitson réalise des dessins présentant une bonne densité d’informations visuelles. Le lecteur peut éprouver l’impression de se trouver aux côtés des 5 amis sur une plage bien fréquentée, dans les gradins à assister aux facéties de John, ou encore au milieu de danseurs s’éclatant sur une sono techno. Kitson trouve le bon dosage pour faire passer l’humour potache du début (par exemple, John faisant mine de d’avoir des relations sexuelles avec le Hummer). Il fait l’effort nécessaire pour que le royaume d’Heroic Fantasy soit bien développé et consistant, là encore avec l’humour nécessaire (quand le scénario prévoit des sirènes ressemblant à Kim Kardashian). Le lecteur peut quand même regretter que l’encrage gomme les nuances des expressions des visages, avec un trait un peu gras, au tracé un peu pâteux.

Il m'a énervée

Il m’a énervée©Valiant Comics

Les séquences de rêve mettant en scène Peter Stanchek dans les épisodes 15 & 16 sont dessinées et encrées par Riley Rossmo, un artiste à la forte personnalité graphique, voir par exemple Drumhellar, ou Rasputin, ou encore Bedlam 1. Le lecteur retrouve toute la saveur de ses dessins, très vivants, avec une forme discrète d’autodérision, en phase avec la nature de ces séquences. En particulier, cet artiste rend à merveille la jeunesse des personnages dans ce passage onirique. L’épisode 17 est dessiné par Clayton Henry qui s’encre lui-même. Les dessins y gagnent en esthétique. Par contre le lecteur peut constater en effectuant la comparaison avec les épisodes de Barry Kitson que les informations visuelles sont moins denses, et un peu plus douces dans leur approche.

Avec les 3 premiers tomes, Joshua Dysart avait dressé le portrait de jeunes adultes, refusant de se soumettre aveuglément à l’autorité de Toyo Harada. Il a développé patiemment un équilibre des pouvoirs, dans une construction adulte, s’émancipant des archétypes des histoires de superhéros. Toyo Harada n’est pas un méchant souhaitant s’enrichir par la force ou devenir maître du monde en imposant sa volonté par la force de ses capacités. Peter Stanchek n’est pas un individu altruiste, ayant décidé de combattre le mal, et d’enfiler un costume moulant et voyant. Ce tome reprend bien cet état de fait, à commencer par les surnoms de superhéros attribués par Faith (Harbinger pour Peter, Flamingo pour Charlene, Torque pour John et Faith pour elle-même) qui ne sont plus utilisés.

En mode décontracté avec Riley Rossmo

En mode décontracté avec Riley Rossmo©Valiant Comics

Aussi le lecteur est particulièrement déstabilisé quand le monde d’Heroic Fantasy sert d’environnement 2 épisodes durant. Par contre, il peut continuer de voir Toyo Harada agir dans le monde réel. Dysart avait déjà réussi la prouesse d’expliquer comment le Projet Rising Spirit (projet gouvernemental américain pour développer des psiots au service des États-Unis) avait pu se développer malgré la présence d’Harada. Ici il montre qu’Harada n’est pas tout puissant et que lui aussi a ses limites. En particulier l’épisode 18 montre une des journées de ce psiot de niveau Oméga, donnant des exemples de ses activités et expliquant à quoi il emploie son temps. Il s’agit à la fois de montrer qu’il s’occupe de nombreux dossiers, mais aussi en même temps de donner une idée de ce que sont ces dossiers, et en quoi ils participent à l’objectif principal de ce dirigeant d’entreprise.

Le scénariste ayant pris soin de développer chaque personnage secondaire, le lecteur voit revenir Ingrid Hilcraft au premier plan, avec plaisir. Son engagement et sa dévotion à Toyo Harada prennent une forme concrète surprenante qui ajoute encore une couche à sa personnalité. De ce point de vue, Dysart se montre à nouveau très habile pour rester à distance d’une série de superhéros traditionnelle se limitant à des affrontements entre superhéros et supercriminels. Les actions de Peter Stanchek et celles de Toyo Harada se révèlent une fois encore incompatibles et en opposition. La narration n’a pas pour objectif d’aboutir à une confrontation physique spectaculaire.

Il y a un psiot qui s'est lâché

Il y a un psiot qui s’est lâché ©Valiant Comics

Dès le début de ce tome, une question revient : quel est le but des Renégats ? Dans le tome 2, Kris Hathaway avait assuré son emprise sur Peter Stanchek, et les autres avaient accepté de se joindre à eux faute de mieux. Lorsque le lecteur les retrouve sur la plage, la question de leurs motivations se pose à nouveau. Ils ne sont pas des fins stratèges comme Harada, ils ne disposent pas d’une organisation avec des ressources matérielles et budgétaires. Leur raison de rester ensemble est même assez mince. C’est toute l’intelligence du scénariste que de ne pas éluder ces questions. Du coup, le lecteur les voit comme des rebelles à une autorité (celle de Toyo Harada, effectivement discutable), mais sans programme concret.

En parallèle lorsqu’Harada montre qu’il met à profit ce que lui a appris l’expérience de la vie, son positionnement, ses convictions et ses choix apparaissent comme logiques et pleins de bon sens. Il a bâti quelque chose avec le temps, en vue d’un objectif clair. Il a pu essayer d’autres méthodes qui ont montré leur limite, et il poursuit avec une autre méthode plus autoritaire. Le lecteur ne peut que se rallier à la rébellion de Stanchek, mais il ne peut pas pour autant condamner ou trouver idiot les choix d’Harada.

Bienvenue dans mon monde

Bienvenue dans mon monde ©Valiant Comics

Dans ce nouveau tome, Joshua Dysart semble laisser de côté Charlene Dupre, cantonner John Torquelson au rôle de ressort comique, et Kris Hathaway à celui de ressort dramatique. Par contre, Faith Herbert ressort à nouveau comme un personnage essentiel dans l’équipe des renégats. Alors qu’il aurait été tentant et facile de lui faire jouer le rôle de l’Auguste en ridiculisant ses convictions, sa morale un peu simpliste (et même son physique), elle apparaît comme l’âme du groupe. Joshua Dysart le fait de manière discrète en arrière-plan, mais c’est bien Faith qui constitue le compas moral du groupe.

Les 2 premiers épisodes ne demandent pas une augmentation de la suspension consentie d’incrédulité de la part du lecteur, mais une augmentation de sa confiance dans l’auteur. Sous réserve de lui accorder, il découvre que Joshua Dysart continue d’écrire une histoire intelligente de superhéros, qui n’en est pas une. Il s’agit plutôt d’un récit d’anticipation, basé sur le fait que quelques individus sur Terre possèdent des pouvoirs psychiques. La mise en images reste compétente, avec une amélioration pour les 4 épisodes dessinés par Barry Kitson (des dessins plus concrets et plus détaillés).

Si, si : il y a une explication à la présence de Willy E. Coyote

Si, si : il y a une explication à la présence de Willy E. Coyote ©Valiant Comics

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« Cœurs Vaillants » 3/6
Un méchant aux motivations humanistes contre un héros narcissique. Une vision du monde autoritaire mais juste contre une volonté de bien faire chaotique. Non, on ne parle pas des élections françaises mais du tome 4 passionnant de « Harbinger ».
Présence distribue les tracts sur la Bruce Lit Avenue

La BO du jour : La plus belle chanson de Lou Reed

36 comments

  • Jyrille  

    Bon ben je passe encore…

    • Présence  

      En fait, Bruce vous a préparé une semaine de temps partiel pour que vous puissiez vous reposer. 🙂

      • Jyrille  

        Ah ah ! Ce fut effectivement le cas… je n’avais même pas vu ton commentaire 😉

  • Jyrille  

    La BO est parfaite 🙂

    • Bruce lit  

      Et bien parlons de Lou Reed ? Qui aime Lou Reed ?

      • Jyrille  

        Moi ! Enfin surtout chez le Velvet. En solo j’en connais peu. J’imagine que tu as le Rock and roll animal avec Steve Hunter qui en compose le premier titre ?

      • Présence  

        Non merci pour Lou Reed, avec la seule exception de Walk on the wild side, et la reprise de I’m Waiting for the Man par Vanessa Paradis.

  • Matt  

    C’est pas cool pour Présence mais bon ouais…si j’ai passé hier, je ne vais pas lire celui-ci.
    Je reviendrais rendre justice au travail d’écriture de notre collègue quand j’aurais moi-même lu la série.

    • Présence  

      C’est normal. Moi-même, je préfère éviter les commentaires quand je suis très attaché à une intrigue.

      Bonne découverte.

      • Matt  

        C’est un peu le piège avec les multiples articles pour une même série. Le premier, on va forcément le lire. C’est celui qui va donner envie. Si on en écrit un 2eme…ben il y a peut être les convaincus du premier article qui vont attendre de lire le truc eux-mêmes^^

        • Présence  

          Je n’aurais pas parlé de piège, mais d’utilisation différente. Le cas présent est assez particulier dans la mesure où l’éditeur Bliss Comics a choisi (de manière très pertinente au vu de l’historique de la publication de ce titre par Panini, comme l’expliquait Florent Degletagne dans son interview) de faire une intégrale regroupant les 6 tomes.

          Pour une autre configuration, à titre très personnel, je trouve que ce type de commentaires tome par tome fait défaut pour les séries de superhéros Marvel ou DC, par exemple si le premier tome ne m’a pas enthousiasmé, et que j’hésite à poursuivre. Il y a également le cas où le premier tome démarre très fort, mais où on est en droit de se demander quelle tournure va prendre la série dans les tomes suivants.

          Bruce m’ayant indiqué qu’il avait été enthousiasmé par cette lecture, je lui avais soumis un commentaire par tome, en lui laissant le choix (c’est sa prérogative) de publier ou non. Le site de Bruce présente de nombreux avantages par rapport à beaucoup d’autres (à commencer par la qualité de vos articles), mais il se prête moins bien que d’autres à exposer une série sur plusieurs jours. Le métier de responsable éditorial n’est pas une sinécure…

          • Jyrille  

            Par contre, ce type d’article a valeur de référence par la suite, si la lecture est effective. Si je lis une bd que vous avez chroniqée, je retourne sur l’article pour voir si j’ai bien tout compris, si je retrouve les mêmes sensations, si certains détails m’ont échappé.

          • Bruce lit  

            Il n’ y a pas d emode d’entrée unique pour le blog. Quotidienne ? Facebook ? Groupes ? Fidèles, erratiques ou occasionnels ? Episode ou synthèse ? Chaque formule a ses avantages et ses inconvénients.
            Personnellement c’est en lisant tes commentaires tpb par tpb que j’ai été persuadé de reprendre The Boys. Ce que je n’ai jamais regretté.
            En ce qui me concerne, la synthèse m’est plus facile que tpb par tpb. Tiens d’ailleurs peu convaincu par le volume 27 de Walking Dead et tout à ma préparation du numéro 1000, je ne commenterai pas cet arc.

            @Cyrille : Lou Reed
            Je ne suis pas un fan hardcore du velvet, même si j’aime bcp l’ablum loaded. J’adore le Berlin, un peu moins Transformer. Après je picore un peu de NY par ci, un peu de MAgic and Loss par là, mais sa discographie ne m’a jamais passionné.

          • Présence  

            C’est une démarche que j’ai déjà effectuée que de retourner voir un article du site, pour bénéficier d’un point de vue complémentaire, formulé à partir d’une sensibilité et d’une expérience différentes de la mienne. C’est toujours très enrichissant de pouvoir confronter son ressenti à celui des autres, et regarder ce qu’on a lu avec les yeux d’un autre.

          • Wildstorm  

            Si si, « piège », c’est le bon mot pour qualifier les articles de Presence^^ 😀

          • Tornado  

            La trilogie Transformer/Berlin/Rock’n Roll Animal me parait tout de même assez incontournable. Du Velvet, je ne garde que quelques rares titres, comme les jolies ballades du genre Sunday Morning. Le reste, expérimentations sous drogue et larcens cauchemardesques, je ne supporte pas bien…
            J’aime bien What Goes On.

  • Bruce lit  

    Ma lecture de l’intégrale de Harbinger remonte désormais à juin 2016 sur ma plage croate. Beaucoup de des détails évoqués me paraissent désormais brumeux, mais je plussoie totalement avec ton article : je me rappelle du plaisir surprenant pour les instants Faith Berbert. Cette fille pas très jolie, pas très maline, encore moins puissante est effectivement l’âme du groupe, la personne qui convainc le lecteur que les Harbinger ne sont que de petits trous du cul.
    Comme toi, j’ai été happé par le suspense par l’accroissement du suspense des affrontements entre les jeunes inexpérimentés et le vieux renard Toyo Harada. Un vilain qui m’évoque un mélange de Tony Stark et Magneto. Tu as lu la préface de Dyssart sur mon Facebook ?

    • Présence  

      Oui, grâce à toi, j’ai pu la lire en anglais et en français. J’ai été assez surpris de découvrir qu’effectivement Joshua Dysart avait regardé du côté des X-Men comme source d’inspiration, ce dont je n’étais pas entièrement convaincu parce que je ne l’avais pas tant ressenti que ça à la lecture (en particulier du fait de l’absence d’un équivalent de Charles Xavier).

      J’ai bien aimé son explication sur la manière dont il avait extirpé la substantifique moelle de la version Jim Shooter & David Lapham. Enfin j’ai souri de contentement en découvrant qu’il reviendrait pour quelques épisodes. Son anecdote sur la manière dont Faith Herbert s’est incarnée en apportant la lumière dans son bureau était très jolie. C’éest une préface très enrichissante, sans être nombriliste.

  • Tornado  

    Houlah, mon post a été posté n’importe où !
    Alors, juste pour Lou Reed :

    La trilogie Transformer/Berlin/Rock’n Roll Animal me parait tout de même assez incontournable. Du Velvet, je ne garde que quelques rares titres, comme les jolies ballades du genre Sunday Morning. Le reste, expérimentations sous drogue et larcens cauchemardesques, je ne supporte pas bien…
    J’aime bien What Goes On.

    • Jyrille  

      Moi j’adore tout le Velvet. De Lou Reed, je suis d’accord avec toi : Transformer, Berlin et Rock’N’Roll Animal.

  • Tornado  

    Pour ce qui est de la série Harmbinger, je ne suis pas encore certain d’être vraiment intéressé. J’ai sérieusement revu à la baisse mes achats en termes de comics et de BDs du fait que mes étagères croulent sous des centaines de tomes que j’ai encore jamais lu. On ne peut pas tout lire et encore moins tout acheter ni même tout stocker. Et je déménage d’ici l’été prochain, alors inutile de charger la mule. On verra. Contrairement à Matt, je lis chaque article.

    • Matt  

      Eh ! Matt il lit pas mal d’articles quand même^^ C’est juste que des fois, il veut éviter les spoilers.

      Je comprends ton point de vue sur les étagères. Moi je fais en sorte de ne pas exploser les miennes. De temps en temps, c’est bien de faire un point et voir ce qu’on ne relira pas (même si c’était bien) pour y revendre. En effet on ne peut pas tout lire. Et surtout tout RELIRE. Car l’intérêt quand même d’acheter c’est d’avoir un truc qu’on aura envie de relire. Et des fois, on tombe sur de bonnes BD mais dont l’intérêt de relecture n’est pas forcément là.

  • Tornado  

    Dans la perspective de mon déménagement prochain, j’essaie de faire le point en question, et de revendre un maximum de choses. Et parfois je relis d’anciennes BDs exprès pour être sûr de ne pas vouloir les garder (et va-s-y que les BDs qui dorment sur mes étagères continuent de dormir, avant d’aller bientôt dans les cartons de déménagement !). Le problème s’impose très vite : J’ai quasiment envie de tout garder. Pfff… 🙁
    Bon, je vais quand même me séparer de la Saga du Phénix ! 😀

    • PierreN  

      « Bon, je vais quand même me séparer de la Saga du Phénix ! »

      D’ailleurs, n’avais-tu pas prévu d’évoquer ton rejet de cette histoire, histoire d’officialiser une bonne fois pour toute ton divorce avec le old-school ?
      Là par contre, il y a plus de défenseurs de cette arc qui risquent de monter au créneau, plus qu’avec l’anthologie Dr Strange en tout cas (heureusement que Tornado ne manque pas de répondant).

    • Wildstorm  

      « Bon, je vais quand même me séparer de la Saga du Phénix ! »
      Tu fais bien^^ Sans le début du run, cette histoire ne sert pas à grand chose 😉

      • Tornado  

        Je vais faire l’article sur la saga du Phénix noir, Bruce m’a donné le feu vert. Je promets d’être… Vous verrez bien ! 😉

  • JP Nguyen  

    Bon, ben j’ai choppé les 3 premiers tomes en VF édition Panini à ma médiathèque et lu ça pendant la pause déj et le trajet retour.
    Verdict après une première lecture rapide : c’est bien mais la qualité inégale des dessins est un point faible. J’ai beaucoup aimé le Unknown Soldier de Dysart (dont j’ai proposé à Bruce de faire la chro, il faudrait que je m’y mette mais je préfère faire des teamups et des FR avant) et sur cette série, je retrouve certaines de ses qualités : il construit des épisodes et des histoires solides, à des années lumières de la décompression bendisienne. Sur Harbinger, les personnages ne m’attirent pas des masses. Les meilleurs sont Harada et Faith. Les autres font un peu trop souvent de la figuration, tandis que Peter Stancheck a un charisme de moule.
    Je vais relire ça mais entre le non coup de coeur et les dessins pas toujours au top, j’hésite encore à me prendre l’intégrale… Après, les dessins de Harbinger sont bieeeennn plus potables que d’autres séries qui auraient pu être géniales mais affligées de graphismes boiteux, je pense à Rising Stars de JMS, notamment).

    • Bruce lit  

      @Jp : la non personnalité de Peter est justement la composante de la série. C’est un personnage qui ne gagne pas en profondeur au fil des épisodes mais auquel le lecteur parvient finalement à apprécier. A l’inverse des Xmen, il maîtrise son pouvoir dès le début mais l’apprentissage ne le rend ni plus noble, ni plus grand. Par contre, il se rend coupable de viol dès le premier arc et cherche sa rédemption. Et c’est ce qui le rend interessant. Pas attachant. Interessant.

    • Présence  

      Si le cœur t’en dis, je te suggère de lire l’introduction rédigée par Joshua Dysart pour l’édition Bliss Comics, disponible sur le site de Bliss et sur le facebook de Joshua Dysart. Cela permet de bénéficier de l’éclairage des intentions de l’auteur, ce qui ajoute de la saveur à la lecture.

      A la lumière de vos réactions, je me dis que cette série souffre d’être un peu le cul entre 2 chaises : l’ambition et la savoir-faire d’un véritable auteur, dans une forme qui est celle des comics industriels produits à la chaîne.

      • JP Nguyen  

        J’ai lu le texte de Dysart hier soir, quand Bruce l’a liké ou partagé sur FB. Dans les VF de Unknown Soldier, j’ai aussi lu ses textes en fin de volume et c’est un auteur qui, contrairement à certains de ses persos, est assez attachant. Il admet volontiers qu’il bosse pour une industrie principalement dévolue au divertissement mais il tente d’injecter quelque chose de plus dans ses oeuvres… Oui, c’est un véritable auteur.

        Ceci dit, une BD, c’est un tout, et quand les dessins sont un peu trop en dents de scie, ça a tendance à me faire décrocher de l’histoire. Et au passage, je persiste à dire que l’illustration choisie pour l’intégrale Bliss! n’est pas la plus chouette qu’on pouvait trouver…

        • Présence  

          La couverture choisie par Bliss Comics fait un peu graff(iti), certainement pour attirer un public plus adolescent, effectivement en décalage avec l’esthétique globale de la série, et des comics Valiant. Ce n’est pas non plus ma préférée, mais ce n’est pas moi l’éditeur qui choisit la stratégie d’habillage pour vendre assez d’exemplaires afin d’être rentable.

          • Jyrille  

            Cette couverture fait très manga. Je l’aime bien personnellement mais j’attends de la voir en vraie.

      • Jyrille  

        « l’ambition et la savoir-faire d’un véritable auteur, dans une forme qui est celle des comics industriels produits à la chaîne » : il y a de ça, en effet. Je voulais également souligner que je viens de découvrir que Harbinger est un vrai mot anglais : il signifie présage.

  • Jyrille  

    Je viens de finir cette partie et comme toujours ton article est impeccable : j’ai pensé exactement les mêmes choses à la lecture, que ce soit pour les dessins des rêves de Peter ou pour cette intrigue étrange où il fallait faire confiance en l’auteur. Jusqu’à présent, je peux dire que je suis assez épaté par la satisfaction que me procure cette lecture, qui ressemble effectivement plus à de la SF que du super-héros. Cependant, j’ai toujours un peu peur que cela ne dépasse pas le niveau d’un excellent divertissement.

    Quant à la BO, elle est magnifique.

    • Présence  

      Bah, de temps en temps (non, en fait le plus souvent), un simple divertissement me suffit, surtout s’il est bien fait comme celui-là. En outre dans ce genre de série, il est toujours possible d’y voir une illustration de l’insertion de jeunes individus dotés de talent particuliers, dans la société adulte qui ne les attend pas forcément, et qui se sait pas comment mettre à profit ces talents, qui ne sait pas fournir de soutien constructif pour un plein épanouissement. Mais bien sûr, ces capacités extraordinaires dont disposent les psiots sont aussi une manière de mettre en scène des individus avec un don, de renforcer leur côté exceptionnel, catharsis agréable pour le lecteur de se dire que lui aussi est unique, lui aussi peut être un individu d’exception, et pas un gugusse de plus sur une planète qui en compte par milliards.

      Outre tous ces points de vue tout fait, ce qui m’avait particulièrement séduit dans ce tome était dans l’ambivalence de Toyo Harada et de Peter Stanchek, 2 psiots se servant de leur talent, mais avec des conséquences sur les autres. Il est facile de cantonner Toyo Harada au rang de méchant, mais il échappe à ce cliché à chaque apparition. Joshua Dysart joue avec l’idée d’un individu surdoué capable ayant déjà testé les modalités d’action classiques pour améliorer l’humanité, et prenant sur lui d’utiliser ses capacités pour faire quelque chose de constructif, même si cela veut dire l’imposer aux autres, faire leur bonheur malgré eux. En cela je trouve la catharsis encore plus agréable.

      • Jyrille  

        Je crois, à lire tes sentiments et tes besoins, que je pense exactement de la même façon. Merci Présence.

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