L’AMOUR PHYSIQUE EST SANS ISSUE (Review : BIG BANG SAIGON)

 

Big Bang Saigon  par Maxime Peroz et Hughes Bartbang_01

AUTEUR : 6 PATRICK FAIVRE

VF : La boîte à bulles

Cet article portera sur la BD de Maxime Peroz et Hughes Barthe éditée en janvier 2017 par La boite à bulle.

Le pitch : Maxime âgé de 25 ans est un Tanguy en puissance. Tout juste diplômé des Beaux-Arts, il vit encore chez ses parents et n’a aucune perspective professionnelle devant lui.
Il vit d’autant plus mal son désœuvrement qu’il est issu d’une famille de voyageurs : son père est né au Sénégal, a vécu à Madagascar et aux Nouvelles-Hébrides. Son grand père quant à lui était militaire de carrière et a longtemps vécu au Vietnam.

C’est ce dernier qui sera paradoxalement l’élément déclencheur de la destinée de Maxime.
En effet son aïeul, durant son temps en Cochinchine, avait entamé une liaison avec une jeune femme Vietnamienne et un enfant était né de cette union. Qu’est devenu ce fils illégitime après le retour de son grand-père en France en 1954 ? Cette question obsède manifestement Maxime ! Puisqu’il ne peut trouver la réponse dans sa famille (de son vivant sa grand-mère avait fait régner l’omerta sur la question), il décide d’en avoir le cœur net et de partir à la recherche de ce demi-oncle vietnamien !

Le temps pour lui de réunir l’argent nécessaire en acceptant un job et le voici parti à  Ho Chi Minh City. Arrivé sur place il trouve refuge dans un petit hôtel à 7 dollars la nuit. Il est immédiatement séduit par le rythme bouillonnant de la vie Vietnamienne. D’autant plus qu’il ne tarde pas à rencontrer Benoît, un Français expatrié, avec qui il fait régulièrement la tournée des bars.

Gooood morning Vietnam !

Gooood morning Vietnam !

Si sa vie sur place est épanouissante, en revanche, au niveau de ses recherches généalogiques, c’est un désastre complet ! Peu à peu Maxime tire un trait sur son espoir de retrouver mère et enfant.

Cependant deux jours avant son retour en France, Maxime fait la connaissance d’Akiko, une japonaise, enseignante au Vietnam. Aussitôt c’est le coup de foudre et le début d’une belle histoire d’amour ainsi que d’une passion brulante.
C’est ballot si près du départ !

Rentré en France le jeune homme découvre les joies du manque en même temps que celles du cyber sex. Cependant le palliatif est bien amer et le couple prend le risque de voir leur amour se consumer bien plus tôt que prévu. A partir de là Maxime n’a plus qu’une seule obsession : retourner au Vietnam et retrouver son amante aux appétits sexuels insatiables…

Parler ? Pourquoi faire ?

Parler ? Pourquoi faire ?

Graphiquement le dessinateur Maxime Péroz a opté pour une colorisation dichotomique : le bleu froid pour l’Europe et le jaune chaleureux pour l’Asie. L’auteur n’a du reste pas peur des paradoxes puisque son style mélange le dépouillement le plus complet et le souci névrosé du détail ! Ainsi sur certaines pages sans le code couleur il est impossible de savoir où se déroule l’action tant tout est centré sur les personnages au détriment du moindre décor ! Par contre sur la page suivante figure un dessin de rue extrêmement fouillé et à la précision frisant la maniaquerie ! (On imagine très bien que ces croquis ont été réalisés sur place par le dessinateur).

La cohabitation des deux genres est un peu schizophrénique mais force est de constater que le mélange fonctionne dans une belle élégance et qu’aucun des deux styles ne vient parasiter l’autre !

Schizophrénie graphique

Schizophrénie graphique

Un premier regard sur les planches du dessinateur pourrait laisser craindre que son trait (volontairement) naïf puisse nuire à l’expression des sentiments des personnages, mais il n’en est rien. Le gros nez du personnage principal ne gâche en rien son expressivité.

De plus, disons le Péroz, dessine fort bien le Kâma-Sûtra ! La passion entre les deux amants est très bien rendue. Les scènes « explicites » – pour ne pas dire totalement crues – sont nombreuses mais ne sont jamais gratuites pour autant. Elles accompagnent parfaitement la relation entre les personnages en soulignant la tension sexuelle, puis son inévitable affadissement avec le temps…

Le Kâma-Sûtra pour les nuls

Le Kâma-Sûtra pour les nuls

Le scénariste Hughues Barthe et le dessinateur Maxime Péroz se sont rencontrés il y a 20 ans de cela, alors qu’ils prenaient tous deux des cours de bande dessinée à Audincourt. Ce ne sera pourtant qu’en 2013, en découvrant les carnets de voyage de Péroz, que Barthe aura l’idée de lui écrire une histoire sur sa vie au Vietnam.

On ne saura probablement jamais si cet ouvrage est totalement autobiographique ou simplement « autofictionnel », mais au final peu importe. L’histoire fonctionne que la fameuse Akiko ait existée ou non.

Le récit s’attarde autant sur la cruauté de la séparation que sur la joie des retrouvailles, sans oublier l’interrogation constante sur l’étiolement du désir… Avec en filigrane l’éternelle question : la passion n’est-elle pas un miroir aux alouettes dont il ne restait plus rien une fois les joies de la chair explorées jusqu’à plus soif ?

Plus qu’un récit de voyage cette BD est avant tout une quête initiatique. Parti au bout du monde chercher un parent, c’est avec lui-même que Maxime aura finalement rendez-vous, même si entre temps il sera passé par la case sexualité débridée (sans jeu de mot svp).
En évitant l’accueil du simple « aventures sexuelles en pays exotique » les auteurs jonglent à la fois sur le tableau de la passion et sur celui du développement personnel.
Une belle réussite.

Waoh l’autre j’ai même pas un gros nez ni rien !

Waoh l’autre j’ai même pas un gros nez ni rien !

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Parti sur les traces d’un secret de famille, un jeune français découvre l’amour, le sexe et la frustration au Vietnam. Patrick Faivre vous détaille les 64 façons de lire cet ouvrage érotique de Maxime Peroz et Hughes Bart.

La BO du jour :  Quelle que soit la force des sentiments et du sexe, le temps ronge l’amour comme l’acide…

31 comments

  • Matt  

    Bon ben ça a l’air gentillet mais c’est clairement pas pour moi. Trop réaliste, trop « tranche de vie » sans vraiment de grande originalité graphique. Je dirais trop minimaliste même si le terme est un peu galvaudé. En fait c’est surtout que je m’en fiche un peu de ce genre d’histoires. ça peut être mignon, je n’en doute pas mais d’un autre côté c’est un peu comme découvrir l’histoire de Mr Dupont ou Durand et sa découverte du sexe, à quel âge il s’est émancipé, etc. ça ne m’intéresse pas en fait.

    Et j’irai même jusqu’à dire (mais je vais peut être trop loin, tu me diras^^ C’est mon côté parano) qu’il y a un petit côté « de quoi je me mêle ? » dans ces histoires. ça me fait penser à ton article sur la BD à propos du geek qui vit avec ses jouets (me souviens plus du titre). On se demande à force si c’est pas des BD qui veulent donner des leçons sur ce qu’il faut faire ou pas pour mieux mener sa vie. Ici se bouger le cul, voir le monde pour trouver une femme et rentrer dans le moule comme tout le monde.

  • Présence  

    Décidément tu as le chic pour proposer des bandes dessinées qui sortent de l’ordinaire et où pourtant il est possible de voir apparaître des points communs, comme avec Mariée par correspondance, ou l’anthologie Frédéric Boilet.

  • Matt  

    Bon moi je précise que je dis ça parce que tu utilises le terme « Tanguy » dans l’article. Etle truc, c’est que j’ai vu le film. Et Tanguy il m’a paru très bien comme mec. Il est intelligent, il a un boulot, une vie sociale, des copines…il est même presque trop parfait. Sauf qu’il a juste du mal à couper le cordon. A mon sens, ce film peut servir à tout sauf décrire ce qui ne va pas dans notre société. Parce que franchement, quand les gens utilisent le terme de Tanguy pour parler de leurs gosses qui ne font pas ce qu’il faut, j’ai envie de leur dire « ben s’il a tout réussi comme le Tanguy du film, qu’il est indépendant financièrement et qu’il vous aime autant, estimez-vous heureux putain ! » C’est pas comme si c’était un glandeur qui n’a jamais fait d’études et qui glande devant la TV toute la journée en vivant au crochet de ses parents. Donc c’est quoi la « honte » ? D’avoir du mal à quitter ses parents ? Mais ça j’ai envie de dire que c’est un problème entre lui et ses parents, personne n’a à fourrer son nez là dedans. Tanguy le dit d’ailleurs lui-même dans le film : dans certains pays plusieurs générations vivent ensemble et s’entraident plutôt que de payer une nounou pour les gamins et une maison de retraite pour les vieux. Bien sûr tout le monde n’a pas forcément envie de se coltiner sa famille 24/24 mais encore une fois…ça les regarde, c’est une histoire de famille. Et les familles sont toutes différentes. Dans le film ça gonfle les parents. Bon…mais peut être que des parents vieillissant seraient contents que leur fils soit dans le coin pour eux.
    Je ne comprends pas que ça ait évolué en un tel phénomène de société cette histoire de Tanguy. Si les gens ont que ça à foutre de pointer du doigt des gens exemplaires qui ont juste du mal à quitter leurs parents, ben ça craint.
    Je crois que c’est ce que je crains dans les histoires de type « chroniques sociales », que ce soit en film, BD ou autre. Elles peuvent véhiculer des jugements ou être écrites par des gens qui ont des idées bien arrêtées sur ce qu’est la « normalité » dans la société.

    Je prends ça trop à coeur ? Bah…mes parents ont divorcés quand j’avais 10 ans, j’ai mal connu mon père, je suis revenu vers lui quand il a fait sa dépression et ma mère et moi l’avons fait hospitaliser. Je vivais chez lui, et j’ai eu à mon tour besoin de lui quand j’ai perdu mon boulot. Et j’ai déjà eu droit à l’appellation de Tanguy qui vit chez son père. J’avais juste envie de baffer la personne qui m’a dit ça en lui disant de s’occuper de son cul.

    • Bruce lit  

      @Matt : j’ai eu suffisamment au boulot de parents qui foutaient dehors leurs filles enceintes pour ne pas saluer ton sens de la solidarité familiale. Pour ma part (au cas où vous ne l’auriez pas remarqué), j’aime l’idée qu’on puisse se construire une famille d’amis. C’est aussi ce volet que j’appréciais aussi bien chez les FF que chez les X-Men.
      Maintenant, le sujet te tient à coeur et la vie des aidants à domicile est aussi indispensable que méconnu. Je pense que cette appellation de Tanguy concerne quand même la génération des années 90 qui s’installent chez leurs parents par pure paresse ou manque d’ambition. Dans mon souvenir, aucune tragédie sociale ne frappe Tanguy. Il a juste du mal à couper le cordon, ce qui n’a rien de dramatique, c’est juste drôle. Je sais, Tanguy c’est moi ayant quitté le cocon familial à 27 ans (l’âge où moururent Jim Morrison ou Kurt Cobain; pour le vivre vite et mourir jeune, on repassera).
      Tanguy marque à mon sens le proto-geek. L’homme enfant au milieu de plein de choses. C’est enfin, un film de Chatillez, provocateur notoire. Rassure-moi : toutes les grands-mères ne sont pas des Tatie Danielle ?

      @Patrick 6 : et un manuel de plus sur la sexualité des femmes asiatiques, c’est une obsession non ? Moi j’aime bien cet universalisme tout comme les voyages. C’est peut-être mon seul regret d’être établi : si je le pouvais, je passerais ma vie à voyager à aller à la rencontre des autres. Mais ce serait un blog Autour du monde que vous liriez :).
      Je suis très curieux de lire ça. J’aime beaucoup le dessin du coït avec une femme plus petite. C’est à la fois drôle et mignon. Le dessin me plait beaucoup.
      Et synchronicité, ton article (sans doute le plus court de ta carrière ici), annonce celui sur Gainsbourg de demain. C’est une belle première partie !!!

      • Matt  

         » j’ai eu suffisamment au boulot de parents qui foutaient dehors leurs filles enceintes pour ne pas saluer ton sens de la solidarité familiale. »

        Je ne comprends pas du tout cette phrase.
        Parce qu’il y a des cons, alors c’est inutile d’être solidaire avec sa famille ?

        « Je pense que cette appellation de Tanguy concerne quand même la génération des années 90 qui s’installent chez leurs parents par pure paresse ou manque d’ambition. »

        Mais ça sort d’où ça ? C’est pas du tout le Tanguy du film. Et ça regarde qui de toutes façons ? C’est pas à chacun de s’occuper de son cul, non ? Bon tu vois t’es parti à 27 ans. Si je te disais que t’as fait le feignant sans ambition tu me dirais de fermer ma gueule non ? Qu’est-ce que j’en sais de ta vie ? De quel droit je porterais un jugement ?

        • Bruce lit  

          Pas du tout Matt, eh, cool…..
          La famille peut être une prison pour beaucoup et l’obligation de solidarité une double peine. C’est tout.
          Je suis le premier à reconnaître avoir été feignant car bien installé dans ma famille que j’aimais et qui m’aimait.
          Je te le redis : la solidarité familiale est aussi utile que consacrée par la loi. Elle dépend aussi de nos sociétés. En Equateur par exemple, elle est bcp plus forte qu’ici. Personne ne vit dans la rue. Mais les familles sont plus dévorantes que chez nous.
          Je sens que ce sujet te tient à coeur Matt. Mais vraiment, ne te courrouce pas. Personne ne te juge, on est entre copains et l’article de Patrick est souriant comme à son habitude.

        • Matt  

          Je ne m’agace pas (bon ok un peu) mais le « je ne salue pas ta solidarité » je l’ai peut être pris de travers oui.

          Tout ce que je veux dire, c’est que c’est à chacun de gérer ce genre de situation. Et pas à la société (ou des gens qui ont des idées bien arrêtées) de pointer du doigt telle ou telle famille. Si la famille devient trop dévorante, peut être qu’il faut y remédier. Mais c’est leur problème.
          Certains s’en accommodent aussi. La maladie de mon père a été dévorante en 2012 pendant que je suivais une formation en alternance à Lyon (donc beaucoup de boulot) J’habitais à Vienne mais j’allais chez mon père fréquemment et il me plombait le moral. ça a été une épreuve. Mais bon au final il a eu un traitement, ça va mieux, il a passé un moment à l’hôpital.
          Certains à l’époque me disaient « vis ta vie, laisse le » mais enfin mon père il fait aussi partie de ma vie, j’avais peut être envie de faire un truc pour lui. C’est quoi ce raisonnement de « laisse crever les vieux » ? (bon ensuite c’est moi qui a très mal vécu ma perte de boulot en 2015 et qui a eu besoin de soutien, comme tu le sais…)

          Après chacun fait ce qu’il veut, je ne condamne pas forcément le mec qui aurait choisi de se tirer loin pour vivre sa vie. Moi il s’avère que j’étais célibataire donc c’est pas comme si j’avais eu mon père à gérer en plus d’enfants. Chaque cas est différent et je supporte très mal que des gens viennent donner des leçons en fonction de schémas familiaux. C’est encore une histoire d’étiquettes. On se dit « lui il a tel age il s’occupe de son père, tsss il se fait dévorer » ou « lui il vit chez ses parents et il a 27 ans, tss la feignasse »
          ça peut venir des études aussi. J’ai un pote qui a quitté ses parents pour étudier à Paris. Il a donc techniquement quitté le nid mais il n’était pas indépendant financièrement. Ses parents lui payaient un appart là bas parce que les logements étudiants à 700€ par mois à Paris c’est n’importe quoi ! Il n’aurait pas pu se débrouiller seul. Imaginons 2min qu’il n’ait pas eu besoin de partir loin pour ses études et il serait resté chez ses parents pour des raisons…d’absence de pognon. Et j’ai un autre pote qui vit encore chez ses parents. Il a déjà vécu seul en appart, mais il est revenu pour des raisons qui lui appartiennent. Et si ça ne dérange ni lui ni ses parents, pourquoi on l’emmerderait avec ça ?
          Moi ma mère n’avait pas les moyens de me payer un logement, et mon père de son côté aidait toujours mon frère financièrement. Ma première formation rémunérée, je touchais 300€ par mois alors aurais-je pu aller habiter ailleurs ? J’étais pas étudiant, et les bourses ça vole pas bien haut non plus parfois.
          Bref il y a 1000 cas différents, 1000 raisons…et ça ne me viendrait même pas à l’esprit de te reprocher un truc. Si tu considères avoir été feignant, ben ma foi…si tu le dis. Mais personne d’autre que toi n’a le droit de le dire sans connaître ton histoire.

          • Bruce lit  

            Matt, vraiment ma phrase était claire : Je salue ton sens de la solidarité.

          • Matt  

            hum…non, c’est pas ce que tu as écris^^

          • Matt  

            Ah…quoique…ah les phrases négatives c’est pas bien pour le sens ! Mea culpa alors, j’suis con^^

          • Matt  

            Mais tu enlèves le « ne pas » et ça a le même sens que tu voulais donner. En étant moins ambigu.

            Je pinaille mais ne dit-on pas « j’ai eu TROP de problèmes pour NE PAS saluer ton idée… » et « j’ai eu SUFFISAMMENT de problèmes pour saluer ton idée » ? Le mélange des deux ça fait pas un contresens ? Ou alors j’suis parano…

      • Matt  

        ça me tient surtout à coeur car j’ai beaucoup souffert du jugement des autres et que je suis toujours en traitement pour essayer de prendre plus de recul et de me foutre davantage de ce que pensent les cons.

  • Eddy Vanleffe  

    je sais que je vais passer pour un « pisse vinaigre », mais ça ne me branchepas trop les histoires « autobiographique » à la Amélie Nothomb.
    Me, myself and I.
    Bon ça leur évite des frais médicaux de se livrer en bouquin mais je ne trouve pas ça intéressant.
    c’est vrai que je cultive une certain forme d’indifférence pour ce qui se passe chez mon voisin et j’ai horreur qu’on vienne fourrer son nez dans les miennes, donc les tranches de vies nombrilistes, c’est pas ma came.

    Mais j’aime le parti pris des couleur et le contraste entre les décors et les personnages. Ca rappelle un peu les manga d’ailleurs…

    • Matt  

      Voilà pareil.
      Surtout que comme je l’ai dis ça me donne parfois l’impression que les gens veulent montrer ce qu’ils ont appris, ce que telle ou telle expérience leur a appris sur comment qu’il faut faire les choses dans la vie. ça peut être une histoire modeste mais ça peut aussi tomber dans le « je vais vous apprendre un truc »

  • OmacSpyder  

    Il y a mille et une façons d’écrire une quête initiatique, et ton article décrit bien ce passage entre la recherche d’un secret de famille et la découverte de la sexualité à travers la rencontre de l’autre sexe. Après tout, Star Wars, ça serait aussi une affaire de famille où on vient fourrer son nez!
    Le passage des décors fouillés au mininimalisme voire l’absence semble à travers ton scan permettre un focus plutôt qu’une dissociation. Comme un plan rapproché sur l’intimité des personnages qui est universelle, soit quand le décor n’est plus utile. La scène de relation sexuelle évoque bien cette idée quand le personnage de perd dans un no man’s land. Se perdre pour se trouver..?
    Je crois qu’il y a à la fin de ton article une petite coquille qui transforme « l’écueil » en « accueil », ou est-ce un lapsus? Mais en effet la question est bien de savoir comment l’autre nous accueille en dépit de nos écueils!^^
    Pour le gros nez, j’ai plutôt l’impression que la photo confirme, vue par un asiatique, que l’auteur a un nez occidental, donc gros pour leur représentation. Est-ce un mythe? Ou cela vient – il dire que l’une a un gros appétit sexuel et l’un un gros appendice? ;)
    Par ailleurs, cette bd a le mérite de montrer de façon assez naturaliste la sexualité d’une femme, sans tabou ni exagération. Comme tu l’écris, elle a un appétit sexuel. Et alors? Elle l’exprime sans tabou ni gêne, mais le récit semble réserver cependant une place à la pudeur, venant dire ainsi que pour la sexualité, on ne peut jamais tout montrer, quoi qu’on dise. Et que plus on montre, plus peut-être le mystère de cette affaire demeure.
    Les amours près du départ ne sont-ils pas une métaphore de la difficulté à se séparer? N’avez-vous pas remarqué que les liens affectifs se tissent dans l’enfance toujours juste avant de partir, comme une répétition générale de la séparation plus grande à venir? Ce personnage, Maxime, est attachant. Il pourrait être celui qui développe la maxime : pour te trouver toi-même, pars pour mieux revenir.
    Un article agréable comme un petit voyage de poche pour un joli récit. Merci!

  • Tornado  

    Etant moi aussi réfractaire aux histoires naturalistes, il est peu probable que je lise un tel album. Quoiqu’il en soit, je constate que l’article déclenche le débat, ce qui est quand même la preuve que la chose recèle une certaine profondeur…

    Tanguy ? Jamais vu. Mais j’en ai entendu parler 1000 fois, sans jamais vraiment avoir compris de quoi ça parlait exactement. Il parait que c’est un phénomène de société ces jeunes qui restent chez leurs parents ? Ah. Bon. Personnellement je ne connais pas une seule personne qui pourrait illustrer ce cliché. Moi ? Je me suis barré vite fait à 19 ans après trois ans d’internat au lycée (autant dire que je me suis barré à 15 ans), et en même temps je n’ai jamais renoncé à mes parents. Et aujourd’hui, depuis six mois, j’habite en face de leur maison avec ma femme et mes enfants, dans la même propriété (bon, OK, mes parents sont dans leur maison de campagne 6 mois par ans et donc je ne les vois pas tout le temps, mais bon…).
    Je me souviens que lorsque je suis revenu dans le sud après plusieurs années passée à Lille, j’ai vécu chez eux pendant un an le temps de me refaire financièrement (j’avais 31 ans).
    Tous les gens que je connais ont suivi un parcours un peu dans le même genre, en partant plus ou moins tôt, plus ou moins tard, en revenant parfois, sans pouvoir rester longtemps (une fois le cordon coupé, il est coupé). Enfin voilà, quoi. Je ne trouve pas le cliché.

    • Matt  

      Bah en gros voilà Tanguy c’est un mec avec un boulot, qui est bilingue en chinois, qui s’est trouvée une chéris, qui gagne son fric, mais qui ne peut pas se séparer trop longtemps de ses parents car ça lui fait peur. Et depuis on balance ça aux gens qui restent chez leurs parents, comme si ‘était le seul truc à retenir. Et sans se poser la question « pourquoi ? » Il y a surement des glandeurs oui, qui refusent de se débrouiller, de se trouver un job pour alléger la charge de leurs parents…mais c’est pas du tout le cas dans le film. Et à côté comme tu le soulignes il y a des gens qui reviennent chez leurs parents pendant un temps (ou chez l’un d’eux pour moi, vu qu’ils sont séparés) pour diverses raisons que la vie nous réserve avec la précarité du travail, la maladie, etc. Mais les gens sont là « oooh il est chez son papa le Tanguy ! » ça me gonfle, qu’est-ce que ça peut leur foutre ? Ils sont si fiers de ne plus avoir aucune relation avec leur parent et de ne plus jamais leur demander de l’aide ?
      Pour moi ça illustre vraiment l’individualisme de notre société. Et je me demande si cette idée de surtout ne jamais faire la connerie immature de revenir chez ses vieux ne viendrait pas de cette logique du profit encore. Après tout…plus les gens s’éloignent et se séparent, plus ils dépensent (logement, nounou, maison de retraite, etc)

  • Eddy Vanleffe  

    Tanguy, c’est surtout une comédie avec des gags drôles et des acteurs excellents (André Dussolier).
    je ne pense pas que c’était destiné à devenir une thèse sur l »adulescence » :)
    La popularité du truc l’a juste gréffé comme symbole d’un fait de société (très simplement tout ce que décrit Tornado, c’est à dire la difficulté de faire sa vie, financière, foncière, sentimentale de plus en plus tard) qui est bien plus complexe qu’un film. mais notre époque se gargarise de raccourcis de ce genre…
    En fait même, je ne pense pas qu’il y ait un grand rapport entre cette BD et le film, juste une vague sensation de parenté…
    peut-être un détail sur lequel qu’il ne faut pas forcément focaliser.
    De tout manière, c’est le côté « je raconte ma life » qui me laisse sur le carreau…

    • Matt  

      Oui je sais mais je me laisse emporter comme souvent^^
      Et je n’ai rien contre le film en lui-même. Mais que Tanguy soit devenu un symbole d’un mal de société, ça me parait absurde. Surtout que beaucoup voudraient un fils comme lui je pense, c’est loin d’être un raté.

  • Patrick 6  

    @ Tous : Ahah je ne m’attendais pas du tout que ce soit la partie « Tanguy » qui focalise votre attention ^^ (Mince, le Kamasoutra, l’érosion du désir, etc… ça ne vous branche pas ?)
    Je précise en plus de ce qui a été dit précédemment, que je n’ai pas de problème personnel avec les Tanguys (vu que j’ai pris mon propre appart relativement tard, 25 ans) mais simplement il est dans l’ordre des choses de « quitter le nid » à un moment donné…

    @ Matt : Je ne suis pas spécialement fan des autobiographies dans le sens où dans la vie rien n’est jamais scénarisée (en clair il ne se passe rien la plus part du temps, c’est long et on s’ennuie un peu ^^) ici il s’agit d’une « autofiction » les auteurs ont donc construit leur récit avec une introduction, un développement et une conclusion. Moralité l’histoire ne serait guère différente si elle avait été inventée à 100%.
    En tous cas ce qui est sûr c’est qu’en aucun cas ils ne veulent « donner de leçon » ils racontent leur histoire, mais elle n’a pas de vocation universaliste… (Du reste vu la fin de la BD on a absolument pas envie de suivre son/leur modèle !)

    @ Présence : « il est possible de voir apparaître des points communs » Je vois Absoooooolument pas de quoi tu parles ^^
    (Mince ça s’est vu, je suis grillé !)

    @ Bruce : Obsession ? Penses-tu ^^ (Bon il faut vraiment que je fasse un article sur les femmes Africaines ou Islandaises sinon je vais passer pour un monomaniaque)
    En tous cas c’est bien la première fois où je suis chargé de faire les préliminaires pour toi ^^

    @ Eddy : C’est amusant que tu parles d’Amélie Nothomb car précisément je suis en train de finir un reportage sur les lieux de tournages du film « Tokyo fiancée » inspiré de l’un de ses romans ! Le hasard n’existe manifestement pas !
    Après je pense que bien souvent les auteurs glissent des éléments autobiographiques dans leurs œuvres mais de manière moins affichée disons… En tous cas comme je le disais plus haut, ici l’élément autobiographique n’est finalement pas réellement prédominant.

    @ Omac : Quel écueil cet accueil ! Le correcteur automatique m’a manifestement joué des tours…
    Ahah autrement oui une légende urbaine associait autrefois la taille du nez et taille l’appareil génital masculin, le nez/patate du personnage est donc peut être une métaphore sexuelle ^^
    (Breaking news : Asterix et Obelix avaient des gros kikis)
    Blague à part, tu as tout à fait raison «plus on montre, plus peut-être le mystère de cette affaire demeure ». Il y a toujours une part indicible dans un couple, qui fait que, même passé au microscope, il ne peut être compris que de l’intérieur !

    @ Tornado : Tanguy suite, hum je dois dire ne m’être absolument pas renseigné sur la question (qui en réalité m’indiffère totalement ^^) mais il me semble que statistiquement parlant les jeunes partent de plus en plus tard du domicile parentale. Le film était supposé illustrer ce phénomène sociétal à travers un exemple plausible. Le personnage principal reste chez ses parents nullement guidé par la nécessité matérielle mais uniquement par le confort. Sans être un chef d’œuvre le film était plutôt amusant et léger.

    • Matt  

      C’est ma faute le Tanguy, je lance des débats partout^^

      • Patrick 6  

        Matt Tu es le Bruce Banner du blog ! Ton secret ? Tu es toujours en colère ^^

        • Eddy Vanleffe  

          Perso le seul truc qui m’ait mit en colère, c’est THOR RAGNAROK. :)
          J’ai vécu ce film comme un crachat en plein visage…
          Il faut que je me soigne.

          • Matt  

            Moi j’ai vu la BA et ça m’a suffit. Quand j’ai vu Thor avec les cheveux rasés et Loki qui jongle avec des couteaux pour avoir l’ai cool sur fond de musique rock, je me suis dit « houlà…ça veut se la jouer gardiens de la galaxie avec des dieux, je passe »

            Seul truc cool : Cate Blanchett a toujours la classe.

          • Patrick 6  

            @ Eddy : Le parti pris de la comédie est parfaitement inattendu pour un film de Thor, mais je dois dire que contre tout attente j’ai passé un bon moment ! Autant je m’étais mortellement ennuyé avec le 2 autant celui-ci était fun ! Alors oui on voit bien que les Gardiens de la Galaxie sont passés par là mais j’ai envie de dire « tant mieux » ^^

          • Matt  

            Moui moi j’ai eu la sensation que justement la formule des gardiens ne peut pas marcher pour tout. Et en voyant les dieux se la jouer cool moderne, j’ai pris peur. Mais bon…c’était qu’une BA, je n’ai pas vu le film.

          • Eddy Vanleffe  

            @patrick
            Je sais tout le monde me dit ça…mais quand même il y a un truc qui me fait sortir du jeu. c’est clairement un film fait pour ceux qui n’ont pas aimé les deux premiers (tout est expédié à la blague façon Scary Movie)…
            Il y a quand même des gens qui ont aimé ces films… pas assez mais pas non plus de quoi avoir honte.
            Imaginez que dans le prochain Star Wars , Luke fasse des moulinets avec son sabre laser et se coupe une oreille pendant que Chewie mette le casque de Dark Vador en imitant son souffle, comme ça, pour se marrer…
            Je crois que les fans vont s’étrangler…
            et puis les blagues à base de je suis le plus forts des Avengers! Non, c’est moi…on dirait une cour de récré ou un film dont on n’ a gardé que l le bêtisier.
            En tout cas, il a été fait par un mac qui n’aimait pas son matériel et ça se voit…( The three warriors…)

          • Bruce lit  

            dans le prochain Star Wars , Luke fasse des moulinets avec son sabre laser et se coupe une oreille pendant que Chewie mette le casque de Dark Vador en imitant son souffle
            Ce blog attire de drôles de gens avec de drôles d’idées !

      • Matt  

        Mais j’suis pas énervé enfin ! C’est compris ? Sinon je m’énerve.

        Ahem…on va juste dire que je prends les trucs à cœur et que c’est la passion qui parle, j’suis énervé contre personne^^

  • JP Nguyen  

    Par rapport à la fin du tout premier commentaire de Matt : « rentrer dans le moule comme tout le monde. »
    Il me semble que dans la BD chroniquée, il s’agissait plutôt de rentrer dans LA moule…
    Désolé.
    Sur le film Tanguy, même si certaines scènes sont drôles, je fais le même reproche que pour pas mal de films français, c’est assez bobo-bisounours et ne reflète pas vraiment la société. Si certaines personnes restent chez leurs parents, ce n’est pas forcément du à une potentielle immaturité, mais plutôt à des facteurs économiques. Après, les réalités sont multiples et parfois complexes, comme évoquées par Matt.

    Pour revenir à la BD et répondre à Patrick : « le Kamasoutra, l’érosion du désir, etc… ça ne vous branche pas ? » Euh, en fait, pas plus que ça… Mais je crois que l’article a suffisamment titillé ma curiosité pour que je jette un œil dessus si l’occasion se présente…

    • Patrick 6  

      Ah c’est du joli JP ^^ En tous cas je vois cette histoire de moule t’aura donné la fritte !
      Par contre je plaide non coupable : non je ne t’ai rien titillé du tout ! Ce n’était pas moi ! Je sais bien que l’on dit aux innocents les mains pleines mais… non ;)

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