Le chant du bourreau (1989)

L’homme de l’année : 1989 par Pécau, Gin et Scarlett

Un placement de BRUCE LIT

VF : Delcourt

Une superbe couverture de Nicolas Sinner. ©Delcourt

Une superbe couverture de Nicolas Sinner.
©Delcourt

L’HOMME DE L’ANNÉE est une série en 16 épisodes indépendants consistant à mettre en scène un homme, héros ou salaud, qui aura marqué l’histoire du monde de l’an 09 à 1989. Ce volume, scénarisé par Jean-Pierre Pécau et dessiné par Gin s’attarde sur Tank Man, l’homme qui en l’espace d’une minute arrêta les chars de la place Tienanmen lors de la révolution sanglante chinoise.
1989 propose à son lecteur de découvrir qui était Tank Man, l’une des plus grandes énigmes de l’histoire contemporaine.  

Il n’est pas nécessaire de connaître son histoire chinoise sur le bout des doigts pour apprécier 1989, l’ouvrage étant très pédagogique dans sa remise en contexte sociale et politique.

Inutile de monter…sur vos grands chevaux : cet article sera garanti sans spoilers !

Une image dans toutes les mémoires

En voici un projet aussi passionnant que casse-gueule ! Raconter l’histoire d’un modèle de courage et de résistance dont on ne sait ni le prénom, ni la vie, la mort et, encore moins le contenu des sacs en plastique qu’il portait ce jour-là. Les historiens jusque  la CIA se sont  interrogés sur l’identité de Tank Man, un personnage faisant office de Soldat Inconnu chinois : était-ce un résistant ?  un leader de l’opposition chinoise ? ou tout simplement un civil qui, revenant de ses courses (la fameuse hypothèse des sacs en plastique) a décidé de se révolter face à la violence du pouvoir communiste ?

1989 rappelle des faits effrayants : parler du printemps de Pékin est toujours tabou et dangereux en Chine, tous les accès à Wikipedia de toutes les langues ont été verrouillés,  le nombre de morts des manifestants jamais officiellement communiqué. Pour la postérité, Tank Man restera un homme sans visage, dos à la caméra d’un reporter américain, Jeff Widener, qui, du haut de la terrasse de son hôtel, immortalise ce qui a été désigné par beaucoup comme l’un des 10 clichés les plus célèbres de tous les temps.

Les vidéos de l’époque montrent Tank Man évacué par trois hommes quittant à jamais le champ de l’Histoire pour en ouvrir d’autres : des supputations, des hypothèses ou des théories du complot : comment sur une place infestée de snipers ayant pour ordre de tuer les manifestants d’une balle dans la tête, un homme a pu narguer le pouvoir chinois au vu et au su du monde entier ? Les 3 hommes qui l’évacuent sont-ils des militaires en civils qui l’exécutent immédiatement ou de simples passants qui facilitent son extraction ? Qu’est devenu le conducteur du char que Tank Man escalada ? Toutes ces questions restent entières à tel point qu’un dissident chinois en 2019 a adressé au président Xi Jinping une pétition pour que soit dévoilé  le sort de cette icone populaire.

Qui était Tank Man ?  ©Delcourt

Qui était Tank Man ? Sa fiancée et son père vont en deviser.
©Delcourt

1989 ne se défile pas et l’ensemble des questions trouvent leurs réponses à l’issue d’un huis-clos de 60 pages auxquelles Jean-Pierre Pécau choisit de donner une tonalité Shakespearienne. 10 ans après les événements la petite amie de Han, Tank Man à l’état civil, rencontre sur son lit de mort le responsable militaire qui a ordonné le massacre. Il s’agit bien évidemment d’une mise en scène dramatique pour faciliter la lecture de cette bande dessinée : chaque personnage va confesser à l’autre son vécu du Printemps de Pékin en se heurtant au mépris et à l’incompréhension de l’autre.

Lee est une jeune femme traumatisée qui a vu sa jeunesse et son fiancé fauchés par la violence. Sheng, l’ombre jaune reste, même mourant, un vieillard opiniâtre et arrogant sûr d’avoir agi dans l’intérêt de son pays. Jean-Pierre Pécau ne fait rien pour nous le rendre ambigu ce qui est somme toute paradoxal au vu de la situation oedipienne qu’il choisit de mettre en scène : Han serait le fils du tortionnaire de Tienanmen !
1989 est donc le récit entre bourreau et victime, façon JEUNE FILLE ET LA MORT autour d’un dénominateur commun : Han.

1989 ne surjoue pas la fiction dramatique : Han est dépeint, dans les rares pages où il apparaît, comme un individu normal, le lecteur pourrait dire sans grand intérêt, tant rien n’est dévoilé d’autre sur lui qu’il aime le cinéma et les crèmes glacées.  C’est le principal reproche que l’on pourrait adresser à 1989 : Han est le grand absent de cette histoire, la sienne.
Bien évidemment, c’est le pouvoir chinois qu’il faut blâmer, pas le scénariste qui fait avec le peu d’informations dont il dispose pour donner vie à un homme qui, sans cette photo aurait pu être effacé de toutes les mémoires.

Mais 1989 s’inscrit dans un concept visant à révéler les histoires derrière l’Histoire et pour le coup, on ne peut pas dire que l’objectif soit atteint. Non seulement, Han reste un inconnu pour son lecteur mais, à force de vouloir exacerber le tête à tête théâtral entre Lee et Sheng dans une dynamique qui rappelle souvent la construction de HYGIÈNE DE L’ASSASSIN (un monstre face à une femme qui s’avère aussi dangereuse que lui), Pécau perd de vue son héros qui en perd même ses fameux sacs plastiques au moment de son face à  face avec le Tank.

La marque rouge... ©Delcourt

La marque rouge…
©Delcourt

C’est une frustration inexplicable : alors que les dessins de Gin décrivent aussi bien le decorum du drame, la violence des combats, que les couleurs de Scarlett facilitent l’immersion du lecteur de ce printemps rouge sang, Pécau semble refuser de scénographier la confrontation entre Han et les Tanks. La bande dessinée aurait pu enfin montrer la fameuse scène sous un autre angle, choisir quel dialogue Han asséna au conducteur du char, jouer sur les expressions de son visage face au danger. Quant à la révélation de son sort, si Pécau choisit l’hypothèse la plus optimiste, il l’expédie de manière expéditive le temps d’une page sans citer ses sources comme s’il se désintéressait du héros qu’il a choisi de nous présenter.

Un autre de ses albums cette année, toujours chez Delcourt souffre du même tic d’écriture : COEUR DES TÉNÈBRES qui déplace le fameux roman de Joseph Conrad, de la jungle du Vietnam à la révolution française. Dans les deux cas, la construction, souvent assez brillante de l’histoire semble d’avantage intéresser Pécau que sa finalité. On admirera le talent du scénariste pour sa mise en contexte, ses dialogues comme on déplorera une certaine roublardise à ne pas pouvoir  aller jusqu’au bout de son histoire. Sans doute qu’un petit cahier en annexes autour de ses sources aurait été utile.

1989  est d’avantage un récit à deux voix souvent passionnant des tractations du pouvoir pour mater la rébellion des étudiants que la bio de ce Han Solo…On y apprend notamment qu’une partie de l’armée soutenait les étudiants et comment les journalistes sur place ont vécu les événements.
Mais, malgré tous les efforts de synthèse déployés, Pécau donne parfois l’impression de survoler son histoire à l’inverse d’un Fabrice Le Henanff jusqu’au boutiste dans la description clinique et comptable des atrocités de la SHOAH.

Le 04 juin 1989, j’ai 16 ans, nous sommes alors à un mois du bincentaire de la révolution française et comme beaucoup, je suis subjugué par ce que je découvre à la télé : une soixantaine de kilos de chair désarmée face à des tonnes de métal. Le lycéen que je suis ne peut qu’éprouver de l’empathie pour le peuple chinois et nourrir le fol espoir que la pression mondiale de ces images fera flancher Pékin. Des sanctions internationales qui ne dureront pas longtemps et pour lesquelles, bien entendu, le pouvoir n’a jamais été sanctionné.

Si 1989 ne remplit pas exactement son office, il n’en demeure pas moins un témoignage majeur et illustré de cette Histoire toujours prompte à écraser sous ses chenilles la révolte populaire sans pouvoir réprimer toutes les étincelles d’espoir où qu’elles se trouvent : des fenêtres du Sniper à celles où la liberté prend son envol…

Un huis-clos qui nous éloigne souvent de Tienanmen. ©Delcourt

Un huis-clos qui nous éloigne souvent de Tienanmen.
©Delcourt

Je dédie cet article à la mémoire du Dr Li WIENLANG, un ophtalmologue chinois, qui, pour avoir alerté les autorités de son pays sur l’imminence du Corona Virus, a été emprisonné pour troubles à l’ordre public.

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La BO du jour :

In Tiananmen Square
Lost my baby there
My yellow rose
In her bloodstained clothes

23 comments

  • Surfer  

    On est de la même génération et j’étais juste un peu plus âgé lorsque j’ai vu ces images à la télé.
    Un choc pour un jeune adulte qui commence à réfléchir par lui même et a prendre conscience du monde qui l’entoure.

    Je pense qu’aucun sniper n’a tiré sur le manifestant car le pouvoir en place savait pertinemment que la scène aurait pu être filmée !
    Avant cet événement la révolution chinoise était déjà trop médiatisée au goût des dirigeants chinois.
    Tu imagines s’il y avait eu un meurtre en direct en plus !

    Faire une BD sur ces événements n’est évidemment pas une chose aisée ! On ne connaît pas grand chose du personnage !
    Il aurait peut-être fallu partir d’un postulat un peu plus romancé. Broder une fiction qui n’a rien d’historique mais qui évoque simplement les faits.
    Et je suis d’accord, il faut aussi rendre hommage au personnage en le mettant plus en avant. C’est lui le héros !

    Jolie dédicace à Li Wienlang.
    Tout les morts qui auraient pu être évités si on l’avait écoutée !
    Mais on va encore nous dire qu’il ne faut pas trop chercher les pou à la Chine : c’est une grande puissance et, à l’heure actuelle, c’est le pays où la recherche médicale est la plus active!

    Décidément je ne comprendrai jamais rien aux Terriens. Vivement que je retourne sur Zen La.

  • Tornado  

    Très bon article comme d’habitude, avec toujours cette volonté de concision, mais du coup je n’ai pas bien saisi le sens de quelques phrases :
    - « qui aura marqué l’histoire du monde de l’an 09 à 1989. ». l’ »an 09″ ?
    - « Une série en 16 épisodes ». De 60 pages ?

    J’avais le même âge que toi à l’époque de cet événement mais je n’en ai strictement aucun souvenir. Il faut dire qu’à 16 ans je ne regardais pas les infos. J’étais à l’internat avec des punks…
    Je me souviens par contre de la chute du mur de Berlin. On avait dû en parler en cours d’histoire-géo.

    La BO : Je continue de trouver qu’AMUSED TO DEATH est un album pénible. Et je continue de ne pas être d’accord avec cette idée répandue qu’il s’agit du chef d’oeuvre de la carrière solo de Waters. Je lui préfère THE PROS AND CONS Of ITHCHIKING, quand bien même il est plus léger (je n’écoute pas les paroles), et même IS THIS THE LIFE WE REALLY WANT ?, et même les quelques chansons de WHEN THE WIND BLOWS (en fait un seul album est moins bien qu’AMUSED TO DEATH pour moi, c’est RADIO K.A.O.S.). Mais on en reparlera quand j’aurais fini mon billet sur le monsieur…

    • matt  

      « - « Une série en 16 épisodes ». De 60 pages ? »

      Je crois qu’il s’agit d’une collection e 16 tomes. Et 1989 dont nous parle Bruce est l’un des 16 tomes. Les autres doivent parler d’autres « hommes de l’année »

    • Présence  

      La série L’homme de l’année : je ne connaissais pas. Un concept intriguant : revisiter l’Histoire au travers de personnages dont on n’a pas retenu le nom, comme Le soldat inconnu (1917), l’homme qui trahit Jeanne d’Arc (1431), l’homme qui hurla Merde à Waterloo (1815), l’homme qui tua Che Guevara (1967), l’homme à l’origine de l’affaire Dreyfus (1894), l’homme qui publia le manifeste du parti communiste (1848), l’homme à l’origine du grand incendie de Londres (1666), la muse qui inspira la statue de la Liberté (1886), etc.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Homme_de_l%27ann%C3%A9e_(bande_dessin%C3%A9e)

  • matt  

    Je ne sais pas trop quoi penser de tout ça.
    D’un côté je n’aime pas trop quand on romance et qu’on invente complètement des trucs pour broder autour d’un fait dont on ignore tout. ça fausse complètement ce qui aurait pu se passer, et si un jour on apprend la vérité et que la BD était à côté de la plaque, t’auras plus qu’à la mettre à la poubelle^^

    Mais d’un autre côté, si tu n’inventes rien, tu ne racontes rien.
    Du coup je me demande si au contraire je n’apprécierai pas cette approche « qui ne va pas au fond des choses » de l’auteur. ça peut être frustrant mais ça peut aussi se voir comme une certaine pudeur à ne pas trop trahir l’histoire.
    Enfin je sais pas…
    Et c’est surement pour ça que je ne lirai pas cette BD.

  • Bruce lit  

    @Surfer : l’hypothèse du Sniper est bien celle que tu mentionnes. La BD explique que les consignes données étaient de ne pas tuer « Les têtes de serpent ». Que le pouvoir chinois aurait laissé faire pour montrer ensuite à quel point cette communication était inutile face à leur puissance. On est raccord avec l’article de Présence d’hier.

    @Tornado La thématique de la série, c’est L’homme de l’année. Les auteurs choisissent celle qu’ils veulent couvrir et le personnage à mettre en avant. Chaque épisode fait 60 pages. Je n’ai pas lu les autres années.
    Roger Waters : il a toujours été repproché à Pro et Conn de n’être pas assez musical. C’est quand même l’album construit principalement sur deux accords. Son concept est nébuleux, on n’y comprend pas grand chose, mais il y a de beaux instants d’émotions, la guitare de Clapton et de chouettes enchaînements.
    Sur Amused to death, la voix est beaucoup plus abîmée et l’objectif est clairement d’humilier les « 3 muffins » en leur montrant qui est le patron. C’est un album que j’adore mais clairement à deux vitesses, avec une face Roger Waters et des chansons sans queue ni tête, et la face deux absolument magnifiques.
    Nigel Godrich lui a dit pour son dernier disque que ses albums solo étaient interminables et que IS THIS THE LIFE WE REALLY WANT ne devrait pas dépasser 40 minutes et qu’il ne voulait plus de solo de guitares pour faire « à la Gilmour ». Il a réussi à le faire accoucher d’un album dépouillé, ce qui n’était pas gagné d’avance !

    @Matt : on le voit, toute adaptation est une trahison. Mais j’adore l’histoire surtout vulgarisée, n’ayant pas vocation d’historien. Même romancée, il y’ a toujours une part de repère historiques mémorables. Qui ne se l’est pas pétée sur la rome antique en lisant Asterix ?

    • matt  

      « Qui ne se l’est pas pétée sur la rome antique en lisant Asterix ? »

      Euh…moi^^
      On se doute quand même que c’est très faux Astérix^^

      Sinon disons que j’aime bien ce que fait Dufaux dans Murena en citant des sources dans un lexique et expliquant qu’il existe diverses versions et qu’il en a choisi une. ça permet d’avoir des repères qui, même s’ils sont faux, sont cités dans un lexique comme une des théories possibles. C’est mon côté maniaque, j’aime bien quand les choses sont clairement dites.
      On découvrira surement d’ailleurs dans 10 ans que la moitié de ce qu’on sait sur Néron était faux ou un truc du genre…mais si la BD te cite des sources d’une certaine époque et les diverses théories dans un lexique, on t’annonce clairement la couleur et tu sais ce qui est flou, ce qu’on pense savoir, etc.
      Evidemment qu’un auteur doit choisir une version pour son histoire, mais du coup je trouve que c’est une bonne chose de mentionner les autres possibilités ou théories dans un lexique.

      • Tornado  

        A l’époque, tout ce que Gosciny mettait dans Asterix (ou dans Lucky Luke) était vrai. C’était rigoureusement documenté. C’est juste qu’aujourd’hui, toutes ces découvertes ont été contredites par les trouvailles plus récentes ^^
        Du coup, tout ce que l’on voit dans les péplums, y compris dans GLADIATOR, un péplum relativement récent, a été révisé et contredit. Mais à l’époque, on pensait que tout ça était fidèle à la réalité.
        Par extension on peut aussi imaginer que tout ce qui est avéré aujourd’hui sera peut-être également révisé dans un avenir plus ou moins proche…

        • matt  

          C’était pas déjà connu que les gaulois n’avaient pas ce type de casques à cornes et tout ça à l’époque ?

          Enfin bon après Astérix a un autre intérêt que le côté historique^^ C’est de la comédie. Donc ça passera toujours bien.
          Une BD purement sérieuse et réaliste, ça fait toujours plus mal quand tout devient « faux » ensuite.

          • Eddy Vanleffe  

            non mais Tornado rigole, Asterix était déjà un gros délire, rien que pour les uniformes romains…
            le truc qui est très bien trouvé avec Goscinny est toutes les références qu’il fait entrer en collision pour créer l’effet comique.

            une bD qui décrit très bien l’évolution du savoir est Alix. au début c’est pas hyper réaliste et l’auteur creuse au fur et à mesure des tomes, on peut le voir notamment sur les vêtements, les armes etc.. Jacques Martin était très maniaque et dès qu’il voyait un truc « innacurate » il le modifiait par la suite…

          • matt  

            « Jacques Martin était très maniaque et dès qu’il voyait un truc « innacurate » il le modifiait par la suite… »

            Le pauvre heureusement qu’il est mort parce que sinon il aurait eu du boulot pour le restant de ses jours^^ Tous les ans on découvre des trucs faux^^

          • Eddy Vanleffe  

            non C’était sa passion, être minutieux, reproduire fidélement les bâtiments… c’étaient des furieux.
            L’école du journal de Tintin devenu le Lombard montre parfois des travaux
            je pense à Vasco où l’auteur reproduit une Italie de la fin du moyen âge…
            c’est statique et dessiné sur des vignettes souvent réduites par rapport aux critères actuels mais c’est du boulot de moine copiste…

      • Eddy Vanleffe  

        oui Murena est sublime, et le parti pris est de plus ou moins réhabiliter Néron…
        le boulot de documentation est sérieux et il est agréable de lire un truc plus nuancé …
        dans les livres d’historiens récents, on retrouve cette même sensibilité.
        de toute façon il est reconnu que les historiens antiques étaient des propagandistes qui chantaient des hagiographies ou qui vouaient aux gémonies les personnes dont ils parlaient.. l’exactitude n’tait pas leur préoccupation première. il est reconnu depuis longtemps que Néron a été au contraire très efficace et zélé dans la gestion de l’incendie de Rome, donc on le voit mal mettre le feu lui même…mais bon… ^^

  • Présence  

    Je me souviens d’avoir la couverture de cette bande dessinée et de ne pas m’y être arrêté à cause du logo Série B. Je ne comprenais pas l’intention de l’éditeur de parler d’un événement aussi emblématique que celui de l’inconnu de la place Tienanmen, dans une série B.

    L’article du jour me permet de bien comprendre la raison d’afficher qu’il s’agit d’une série B : un modèle de courage et de résistance dont on ne sait ni le prénom, ni la vie, la mort et, encore moins le contenu des sacs en plastique qu’il portait ce jour-là. Un exercice d’écriture vraiment pas facile. Pourtant il semble nécessaire d’effectuer un devoir de mémoire.

    • Bruce lit  

      La série B. Oui je vous ai pas dit, j’ai lancé mon label chez Delcourt ! J’ambitionne bien évidemment d’être l’homme de l’année, le seul problème étant de déterminer laquelle…

      • Jyrille  

        Série chez Delcourt regroupe également les titres Carmen McCallum et Travis (et j’aime beaucoup Travis).

  • Eddy Vanleffe  

    D’un côté j’aime l’histoire mais je suis méfiant quand une bd touche l’actualité (par là j’entends des trucs de mon vivant)…
    souvent les auteurs veulent prouver un truc et n’y parviennent que par leurs personnages fictifs dramatisés et donc de fait ne prouvent rien d’autre que ce tient de leurs fantasmes.
    je suis sur qu’il va falloir argumenter cette dernière phrase.
    rien d méchant, ils sont sûrement près de la réalité mais ils inventent sur le vrai. donc la part d’info/intox est brouillée…
    pourtant le dialogue entre les deux protagonistes donne sans doute matière à réflexion.

    la métaphore-parabole- de la SF me parle souvent bien plus que le triturage de l’actualilté

  • Jyrille  

    Je ne connais pas ces auteurs, ni cette série, mais le sujet titille forcément notre curiosité. Car oui, j’avais ton âge à ce moment-là, je ne me souviens que vaguement de l’ambiance à cette époque, ce qui est sûr c’est que nous étions tous en admiration devant Tank Man, que nous assistions à un moment historique (tout comme le 11/9 et la chute du mur de Berlin).

    Je ne suis pas certain d’être intéressé par la bd, surtout que tu en pointes les limites, même si les dessins ont l’air bon. A l’occasion peut-être.

    Ce que je retiens surtout, c’est qu’il faut vraiment que le lise Au coeur des ténèbres, cela fait trop longtemps que je tourne autour.

    La BO : ça va.

  • Kaori  

    C’est dingue… J’ai été marquée par ces images. J’avais 10 ans. Et je croyais que ces sacs en plastique étaient des pompons de pom-pom girl !! Je trouvais ça hyper fort comme symbole :D
    J’ai entendu ou lu quelques années plus tard que ce jeune homme avait été retrouvé mort, mais visiblement la source n’était pas fiable puisqu’il est dit ici que personne ne sait réellement ce qu’il est devenu… Rien d’étonnant cela dit, quand on voit comment cela se passe encore aujourd’hui, 30 plus tard…
    Bravo pour la dédicace en fin d’article, tout à fait appropriée.

  • Vindicator  

    Sympa la revues et le clin d’oeil aux xmen

  • Bruce lit  

    @Vindicator : le titre est bien évidemment un clin d’oeil aux Xmen. Bien vu .
    @Cyrille : je me rappelle encore du 11/09 et pour cause, c’étaient les 20 ans de ma femme.
    @Kaori : l’hypothèse de 1989 est que Tank Man est encore vivant et s’est fondu dans l’anonymat.
    Matt a raison de demander des sources que je ne crois pas du tout à cette possibilité. Si les Etats Unis ont bien pu retrouver et flinguer Ben Ladden, je ne vois aucune raison pour qu’un simple civil échappe à un pouvoir totalitaire soucieux de venger son honneur.

  • JP Nguyen  

    Sur ce coup, le sujet m’intéresse plus que le dessin. J’avais vu un docu sur le printemps de Pékin (sans doute l’année dernière, à l’occasion du 30ème anniversaire).
    Au delà la répression qui a tué la révolution, c’est surtout le blackout et la réécriture de l’histoire qui est fascinante/effrayante.
    Mais bon, ça se trouve, on ne voit pas la poutre dans notre oeil…

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