Le choc des Titans (Les jeunes titans chez Artima)

Encyclopegeek: Les Jeunes Titans

Le premier numéro de New Teen Titans version Artima

Le premier numéro de New Teen Titans version Artima©DC

Article de 6 PATRICK FAIVRE

1ère publication le 22/01/16- MAJ le 01/08/19

Les années Artima

Je vous parle d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaitre… En ce temps-là, figurez-vous belle jeunesse, que les comics en France étaient répartis entre 2 éditeurs principaux : Lug et Artima (et plus marginalement par Sagedition pour Batman et Superman).

Artima (traduisez Artisan en Imagerie) était aussi connu sous le nom d’Aredit. Il éditait un peu de Marvel (généralement les séries dont LUG n’a pas voulu) mais surtout du DC.
Leurs publications sortaient uniquement en kiosque, l’heure des albums en librairie n’a pas encore sonnée, il faudra attendre bien des années pour cela.
Artima sera tout d’abord spécialisé dans les pockets en noir et blanc, puis dans les albums de 66 pages en couleur.

C’est dans ce contexte que l’éditeur publiera à compter du mois de mai 1982 la série Les Jeunes Titans (New Teen Titans en VO). Le comics original comptant 25 pages, la revue regroupe donc deux épisodes, complétés par de courtes histoires (souvent d’un intérêt moindre) d’autres personnages DC.

Les tarifs sont alors nettement plus élevés que chez leur concurrent Lyonnais. A l’époque un Strange coûtait 6,50 francs (0,99€) pour 80 pages pour 12 francs pour les albums Artima  ! Presque le double pour une pagination inférieure ! Il faut dire que le papier était de meilleure qualité chez Artima que chez Lug, mais paradoxalement la finition n’était pas du tout supérieure ! En effet les pages se décollaient régulièrement de la couverture, les couleurs bavaient un peu et surtout la typographie étaient épouvantable ! Les gros caractères d’imprimeries utilisés amputaient systématiquement une partie du texte ! Quand dans la VO un personnage prononçait 3 phrases, en VF il n’en prononçait plus que deux ! Inutile d’espérer une traduction fidèle dans ces conditions.

La typographie version Artima : textes tronqués ou sortant de la case

La typographie version Artima : textes tronqués ou sortant de la case©DC

Bref, tout ça pour vous dire que suivre les séries Aredit/Artima nécessite d’une part un solide budget comics (un désastre pour l’argent de poche des ados de l’époque) et d’autre part une sérieuse motivation eu égard aux défauts de l’édition et de ses délais de parution erratiques (de 5 à 6 mois entre chaque numéro !). Les jeunes lecteurs ne s’y trompent d’ailleurs pas et rares sont les séries à faire long feu chez l’éditeur !

Les Vengeurs et Les Jeunes Titans compteront parmi les exceptions notables en matière de longévité. Concernant cette dernière neuf numéros seront publiés dans le format « Artima DC Super stars » (me demandez pas) de 1982 à 1984, soit les épisodes 1 à 18 de la série originale, puis la série sera rebootée dans la collection un peu moins prestigieuse « Aredit DC » sur 26 numéros (mensuels cette fois) de 1985 à 1987, date du dépôt de bilan de l’éditeur.

Comparatif VO / VF… Artima une maquette douteuse.

Comparatif VO / VF… Artima une maquette douteuse.©DC

La genèse

Le concept des Jeunes Titans n’est pas nouveau et date des années 60. En effet à l’époque bon nombre de Super héros sont affublés de Sidekicks teenagers, de Batman à Flash en passant par Aquaman… Le but étant de favoriser l’identification du jeune public au héros. C’est donc très logiquement qu’en 1964 les pontes de DC ont l’idée de regrouper les plus populaires d’entre eux, à savoir Robin, Kid Flash et Aqualad, dans les pages d’un même comics The brave and the bold #54.
Le trio verra ses rangs s’étoffer d’un quatrième membre en la personne de Wonder Girl à compter du numéro 60. Le quatuor s’appellera à partir de ce numéro les Teen titans !

Survol des Teen Titans version 1

Survol des Teen Titans version 1©DC

Le but clairement affiché est de crée une Justice League of America version Junior. Bien que peu originale la recette est cependant efficace puisqu’ils obtiendront leur propre magazine à compter de 1966. Divers héros viendront compléter ponctuellement le quatuor dont la fille du joker ( ! ) et Speedy, le disciple de Green arrow.

43 numéros furent publiés avant que la série ne marque un premier break en 1973. Un come back fut tenté 3 ans plus tard avec reprise de la numérotation au 44. Mais le retour fut éphémère et la série sera abandonnée au numéro 53 en février 1978.

De pas si nouveaux et pas si jeunes Titans

Dans les années 80 si le temps réel était de mise chez DC les ados des Teen Titans seraient désormais des adultes d’âge mur, mais par la magie des comics ils ont à peine vieilli depuis leur origine !

Un nouveau départ !

Un nouveau départ !©DC

Len Wein éditeur chez DC et Marv Wolfman, scénariste, ont l’idée de relancer la série comme une réponse aux X-Men alors à l’apogée de leur gloire chez Marvel (avec notamment l’arc du Phénix noir).
Reprenant le coté soap-opéra que Claremont applique aux X-Men, Wolfman a l’envie de rendre les Jeunes Titans plus humains, plus fragiles, des ados à problème en somme. La résolution de leurs problématiques personnelles étant finalement aussi intéressante que leurs combats contre leurs ennemis.

Selon le scénariste cette histoire lui permettra d’allier le meilleur de Marvel : action, soap opéra et le meilleur de DC : intrigue et script ! Contre toute attente Wolfman réalisera l’exploit de concurrencer la franchise mutante de Marvel au point de la dépasser, au moins pendant un temps, en terme de vente !

Attaque de Titans !

Attaque de Titans !©DC

Le casting de l’équipe se composera de 4 anciens et 3 nouveaux personnages crées pour l’occasion :

-Raven : Elle est une empathe capable de se téléporter et de faire sortir son âme via un corps astral. Elle est la fille d’une mère humaine et d’un père démoniaque, le terrible Trigon ! Lorsque celui-ci entreprend de conquérir la terre elle fuit vers notre monde afin de chercher des héros capable de contrecarrer ses plans. Elle s’adresse tout d’abord à la JLA mais Zatanna sentant la part démoniaque de Raven refusera son aide. Elle n’a plus d’autre choix que de créer sa propre équipe : Les Jeunes Titans !

-Robin (en guise de Cyclope) est le leader de l’équipe bien qu’étant le moins puissant des Titans, il n’a tout simplement aucun pouvoir !. Un peu comme Lliandra contactera d’abord le professeur Xavier via ses rêves, Raven enverra des rêves prémonitoires à Robin avant de se manifester devant lui.

-Kid Flash, alias Wally West, a quitté le métier de héros pour se consacrer à ses études. Pour le convaincre de rejoindre le groupe Raven n’hésitera pas à manipuler les sentiments du jeune homme pour le faire tomber amoureux d’elle ! (oui et les empathes peuvent faire ça, incroyable non ?). La fin justifie manifestement les moyens pour Raven.

Wonder girl et Starfire : Perez met le paquet pour séduire le lecteur !

Wonder girl et Starfire : Perez met le paquet pour séduire le lecteur !©DC

-Wonder girl, alias Donna Troy : Après la mort de ses parents dans un incendie, la jeune fille fut recueillie par Wonder Woman et conduite à Paradise Island. Elle y acquerra les pouvoirs d’une amazone grâce au Purple Ray.

-Starfire, alias Koriand’r : C’est une princesse extraterrestre originaire de la planète Tamarran. Elle est capable de voler et de projeter de l’énergie solaire. Pourchassée par sa sœur maléfique, Blackfire, elle doit fuir sa planète et trouver refuge sur terre. Elle intégrera les Jeunes Titans après que ceux-ci l’aient sauvé des mercenaires envoyés par sa sœur.

-Changelin, alias Garfield Mark Logan (ex-Beast boy de la Doom Patrol) : Atteint dans son enfance par une maladie rare appelée Sakutia il reçu un traitement expérimental qui lui donna la couleur verte ( ! ) et la possibilité de se transformer en n’importe quel animal. La vie n’a pas forcément été rose pour lui puisque ses parents sont morts, sa mère adoptive sera tuée et son père adoptif quand à lui deviendra un fou homicidaire qui tentera de l’éliminer… Ambiance.
Le garçon est occupé à sortir une blague toutes les 30 secondes pour cacher sa nature désespérée.

-Cyborg, alias Victor Stone : Fils de scientifiques il fut victime d’un accident durant une expérience visant à ouvrir un portail dimensionnel. Gravement mutilé il ne dut la vie sauve qu’à l’intervention de son père qui lui greffa de nombreuses prothèses de sa conception. Devenu mi-homme mi-machine Victor ne se remit jamais complètement de sa transformation.

La Perez’s touch !

Bien que travaillant encore pour Marvel (notamment sur les Avengers) George Perez est associé au projet. Le dessinateur avouera plus tard n’avoir accepté la série que comme un « job » pour rendre service à Marv Wolfman et Len Wein. Pour lui il était inimaginable que la série dure plus longtemps que 6 mois ! Contre toute attente ces 6 mois se transformeront en 5 ans pour le dessinateur et 16 ans pour le scénariste ! Qui dit mieux ?

 Les jeunes Titans personne n’y croit, même pas eux même !

Les jeunes Titans personne n’y croit, même pas eux même !©DC

De fait le premier numéro se vendit bien, sans pour autant atteindre des scores remarquables et par la suite les ventes ne cessèrent de baisser ! La déception est de taille au sein de DC comics. Cependant à la surprise générale la série trouva son public à compter du numéro 6 qui fut un immense succès ! Un joli pied de  nez aux partisans de la rentabilité immédiate : le plus gros succès des années 80 de la firme a pris son temps pour s’installer !

Du reste Perez confessera n’avoir pris au sérieux son travail qu’à compter du numéro 8. D’une part puisque cet épisode est le premier à prendre le temps de décrire une véritable psychologie aux personnages, c’est l’un des épisodes les plus émotionnels de la série. D’autre part ,c’est aussi pendant qu’il dessinait cet épisode que le dessinateur rencontra sa femme ! On peut donc comprendre que ce numéro soit particulièrement cher à son cœur !

And so the story begins

La toute première apparition des New Teen Titans aura lieu dans les pages du comics distribué gratuitement dans les comics shop DC Comics presents #26 en octobre 1980. Dans cette courte histoire de 14 pages Robin découvre à sa grande surprise la nouvelle formation des Titans… Il s’agit en réalité d’un rêve envoyé par Raven pour le convaincre de former une nouvelle équipe ! Étonnement cette histoire ne fut jamais traduite en Français par Artima. Ce qui n’est pas le moindre des paradoxes puisque l’éditeur disposait de 16 pages libres à l’issus des deux premières histoires, il aurait donc tout à fait pu l’y incorporer ! La politique éditoriale d’Artima restera pour toujours un mystère…

Deathstrok the terminator le premier ennemi des Jeunes Titans !

Deathstrok the terminator le premier ennemi des Jeunes Titans !©DC

Outre le recrutement de l’équipe, aucun temps mort ne sera permis pour les 6 premiers numéros. Tout d’abord dés le deuxième épisode, un ennemi majeur des jeunes Titans sera introduit : le très charismatique Deathstroke, the terminator (nous sommes en 1980 soit 4 ans avant la sortie du film de James Cameron, ne cherchez donc pas de rapport !). Concernant l’édition Français son nom sera curieusement traduit par  Le Mercenaire.
Slade Wilson, alias Deathstroke, était un soldat de l’armée Américaine; suite à une modification génétique il utilise désormais 90% de ses capacités cérébrales ! (La Lucie de Luc Besson n’a plus qu’à bien se tenir)
Les rapports entre l’équipe et le vilain ne seront pas sans évoquer la relation X-Men/Magneto, un méchant charismatique pas si méchant que cela et ouvertement tourmenté…

Les deux épisodes suivants introduiront ensuite les Fearsome Five (traduit une fois n’est pas coutume de manière inepte par Les Malfaisants de la galaxie – On ne rigole pas merci) dirigé par le Doctor Light. Conçu pour être le pendant négatif des jeunes Titans, un peu comme les Terrifics pour les Fantastic Four. A la nuance prés que les Terrifics n’arriveront jamais à rien tandis que les Fearsome Five battront les Jeunes Titans à deux reprises !
Du reste ce sera une des grandes spécialités des Jeunes Titans : se prendre des branlées à répétition ! Ratatinés par les Fearsome five, laminés par Trigon et enfin ridiculisés par la JLA ! Mince des héros qui perdent ! Quasi de l’inédit chez DC (ainsi que chez Marvel d’ailleurs) ! Les héros n’en seront que plus humains et leurs adversaires que plus redoutables !

Une grande spécialité des Jeunes Titans : se faire maraver !

Une grande spécialité des Jeunes Titans : se faire maraver !©DC

On passera ensuite au plat de résistance avec l’avènement du père de Raven, le terrible Trigon ! Paradoxalement son arrivée coïncidera avec le seul épisode de toute la période qui ne sera pas produit par Perez ! En effet, le numéro 5 sera dessiné par Curt Swan, le vieux briscard du DC bien connu pour son travail sur Superman et Superboy.

Ceci dit l’absence de Perez se fera cruellement sentir car la naïveté du trait de Swan contraste grandement avec la noirceur de l’histoire ! Le décalage est criant et pas forcément très bien venu…

Trigon vu par Curt Swan

Trigon vu par Curt Swan©DC

On peut déplorer qu’un vilain de l’envergure de Trigon soit expédié en deux numéros seulement (il est banni dans une autre dimension à l’issu du numéro 6) alors que son potentiel le rend bien plus effrayant et redoutable que cela. Même si on se doute qu’on le reverra par la suite, on reste cependant sur sa faim avec cette histoire un peu rapidement envoyée…
C’est le principal défaut de ces premiers épisodes : le rythme l’emporte sur la profondeur des personnages et la complexité de l’intrigue… Ce travers sera corrigé à partir des épisodes suivants.

En effet, le huitième épisode intitulé A day in the life sera tout simplement un numéro sans vilain ! Le moyen de faire plus ample connaissance avec les héros et leurs personnalités complexes. Nous les suivons dans leur vie quotidienne et leur relation affective extra-Titans. Un épisode intimiste.

Love story et soap-opera feront bon ménage sous la plume de Wolfman

Love story et soap-opera feront bon ménage sous la plume de Wolfman©DC

Après un épisode reprenant un ennemi mineur de Green Lantern (dont Wolfman est un grand fan) le Marionnettiste, s’engage ensuite l’arc le plus long et complexe de la période, qui s’étalera sur 6 épisodes (une performance pour le tandem Wolfman/Perez coutumiers des histoires résolues en un épisode, fut-il de 25 pages).

Cette histoire commencera avec le retour du Terminator et se poursuivra à Paradise Island. Changelin blessé suite aux blessures infligées par le sus-dit vilain est conduit agonisant sur l’ile de Wonder Woman pour être soigné. Il se réveillera entouré de femmes sublimes (paradis) mais avec l’interdiction de faire un pas vers elles (enfer !).

Ensuite Wolfman qui voue une passion sans limite pour les légendes antiques, qu’elles soient Grecques ou Romaines, va s’en donner à cœur joie en faisant s’affronter les Titans immortels de la mythologie avec ceux du DC ! Une excellente histoire (un des plus épisodes les plus vendus de la série) où le mythe est revisité avec l’affrontement de Cronos et de son fils Zeus !
Pour le coup Wolfman respectera les grandes lignes de la mythologie et la psychologie des divinités principales. Perez quant à lui illustre à merveilles les dieux aux allures de statues antiques !

Koridand’r peut apprendre un langage par simple contact des lèvres… Parlez-vous Français Mademoiselle ?

Koridand’r peut apprendre un langage par simple contact des lèvres… Parlez-vous Français Mademoiselle ?©DC

L’arc se terminera en beauté sur une bataille Homérique entre les Jeunes Titans appuyés des survivants de la Doom Patrol (traduit en VF par Patrouille Z, me demandez pas…) contre la redoutable Madame Rouge (en Français dans le texte) et le général Zahl. Au cours de cet épisode, Changelin sera particulièrement mis en avant et sortira enfin de son personnage de pitre en dévoilant une face beaucoup plus sombre…
C’est sans doute l’épisode contenant le plus d’action, ça pète de tous les cotés et les vilains tombent dans tous le sens ! Cette fin d’arc permet de démontrer si besoin était que Perez est aussi bien à l’aise pour dessiner l’intime que l’action débridée ! Du grand art.

A compter du 16éme épisode Wolfman affichera clairement son intention de revenir aux récits complets d’un épisode. Dans ce numéro, une nouvelle fois pas de vilain mais simplement un gigolo venu séduire Starfire… Tirant d’avantage vers le soap-opéra la série s’orientera vers l’exploration des rapports humains.
Bien que très classique sur le fond (l’héroïne est séduite par un vil perfide qui va mourir après s’être repenti de ses mauvaises actions) le comics se laisse cependant lire avec plaisir.

Conflit de génération vu par le DC

Conflit de génération vu par le DC©DC

Le dernier épisode publié par Artima sera le 18éme qui voit le retour d’un des Jeunes Titans première mouture, le Starfire original. Un épisode où il est question d’un virus propagé par une certaine « Maladi » (sans E s’il vous plait). L’épilogue de cette histoire sera aussi tragique qu’émouvant.
L’éditeur Français conclura ainsi en beauté sa parution.

Si cette édition ne fut pas sans défaut, loin de là hélas, on peut néanmoins être reconnaissant à Artima/Arédit d’avoir traduit dans nos contrées cette série majeure des années 80. Sans eux la série serait tout simplement restée inconnue pour les francophones ! Sans compter que, contrairement aux éditions LUG, aucune censure n’était effectuée.
Merci donc à eux, mais si un jour ils reprenaient leurs éditions surtout que quelqu’un leur dise de revoir leur typographie !

Les Jeunes Titans aiment leurs propres comics !

Les Jeunes Titans aiment leurs propres comics !©DC

23 comments

  • Père Huck  

    Pour ce qui est de la différence de prix avec un Strange , elle est normale.
    Les albums Arédit « Artima Color » n’entrait pas dans la même catégorie que Strange.Que de la BD , pas de pages variétés , les albums arédit étaient les concurrents directs des albums FF et L’araignée chez Lug.
    C’est sous la pression de Marvel que Arédit passera au format comics couleurs pour ses publications.
    Arédit a choisi ce format album qui n’entrait pas dans la catégorie « publication pour la jeunesse » car ça leur permettait d’avoir moins de soucis avec la Commission de Surveillance.
    La Commission était beaucoup moins regardante sur les albums que sur les revues , elle ne demandait aucune censure dans ces publications , mais la TVA était beaucoup plus élevé (Multipliée par trois par rapport à une revue ).D’où la différence de prix avec Strange.(Au passage Lug aurait pu publier les FF de Lee/Kirby et les Spider-Man de Lee/Ditko sans aucune censure dans leurs albums , mais ça n’était pas la politique d’édition de l’éditeur lyonnais qui , contrairement à la légende qui circule sur le net , se foutait complètement des comics).
    Si Arédit a choisi la publication la plus onéreuse , c’est pour éviter les problèmes avec La Commission qui avait cet éditeur à la réputation sulfureuse dans le collimateur depuis la fin des années 60.
    Commission qui ne lâchera jamais Arédit puisque le 16 Décembre 1980 , elle décide de frapper la revue « L’inattendu » d’une interdiction de vente aux mineurs.(C’est la série Black Panther qui déplaisait à cette Commisssion à l’époque).

  • Patrick 6  

    Oui la différence de prix s’explique en partie par la censure Française (que Lug subissait en effet de plein fouet), cependant les pages qui se décollent, les textes tronquées et les couleurs qui bavent sont les conséquences directes des choix stratégiques hasardeux d’Arédit.
    Bon au final si l’éditeur n’était pas sans défaut (loin de là) il aura au moins eu le mérite de faire connaître l’univers DC dans l’hexagone.

  • Chip  

    Je n’ai finalement découvert la série que récemment : outre les problèmes de diffusion d’Arédit, le fait que l’éditeur n’engage aucun contact avec le lecteur (courrier, texte d’annonce de parution plutôt que couverture) ne m’avait pas encouragé à sortir de ma zone de confort.

    Plus de 30 ans plus tard, je profiterai de la réédition chez Urban à la fin du mois pour faire découvrir à mes enfants, qui auront intérêt à apprécier le trait de Pérez. Non mais.

  • Eddy Vanleffe  

    J’aime beaucoup cette série même si je n’ai pas le même affect que pour les X-Men et que l’affect c’est important quand on relis du vintage (ceci dit c’est pareil pour certains trucs comme Natacha, Aria ou des trucs comme ça…)…
    très bonne équipe de bons personnages, esprit de camaraderie très poussée…et puis ils ont assumé leur donner des vie d’adultes à la longue… (avec des pères de familles et tout…)

    • JB  

      J’ai commencé fort les Jeunes T., perso. Starfire est torturée par sa soeur pendant tout un album alors que Cyborg est à moitié détruit. Sacré différence avec les album Spidey par exemple

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