Le loup mourra-t-il dans sa peau ? (The wolf Among us)

The wolf among us par Telltale Games

1ère publication le 16/02/17- Mise à jour le 10/07/18

Qui n'a jamais voulu incarner le grand méchant loup ?  ©Teltale Games

Qui n’a jamais voulu incarner le grand méchant loup ? ©Teltale Games

AUTEUR : MATTIE-BOY

Tous les scans de cet article ©Teltale Games.

L’article d’aujourd’hui sera consacré au jeu-vidéo de Telltale Games : The wolf among us sorti en 2013 sur à peu près toutes les consoles récentes.
Telltale Games est un studio qui se spécialise depuis des années dans l’adaptation d’univers de comics ou de films en jeux-vidéos d’aventure ( Batman , Jurassic Park , Game of thrones , Walking Dead , etc.).

Il ne s’agit pas d’adapter une histoire précise du matériau de base, mais de raconter une nouvelle histoire se déroulant dans cet univers. C’est le cas ici. « Mais de quel comics ou film est tiré ce jeu ? » allez-vous me dire. Eh bien de Fables la série de Bill Willingham.

Cet article contiendra deux niveaux de spoilers. Tout d’abord il y aura quelques spoilers légers qui ne vous dévoileront pas la fin. Puis à un certain moment de l’article je vous préviendrais d’un spoiler qui risque de vous en dévoiler une partie. Si je le fais, c’est parce que je vois un intérêt d’en parler afin de vous faire apprécier toute la saveur de l’histoire.

Je vais être honnête tout de suite : je n’ai pas lu les comics, et cela m’intéresse moyennement car c’est très long. Je ne pourrais donc pas parler des similitudes du jeu avec les comics.
L’avantage par contre, c’est que je vous proposerai ici une vision objective sur l’œuvre en question (enfin…une critique est toujours subjective, mais au moins non-influencée par les comics).

Un casting riche. De gauche à droite : Barbe-bleue, la Bête, tante Greenleaf, Belle, Snow White, la petite sirène, euh…Johann le boucher, et Grendel. Et bien sûr le grand méchant loup contre le bûcheron en dessous

Un casting riche. De gauche à droite : Barbe-bleue, la Bête, tante Greenleaf, Belle, Snow White, la petite sirène, euh…Johann le boucher, et Grendel. Et bien sûr le grand méchant loup contre le bûcheron en dessous      ©Teltale Games

Alors de quoi s’agit-il déjà ? Vous l’aurez compris, c’est un jeu d’aventure. Un type de jeux basés sur des énigmes à résoudre et qui reposent énormément sur leur univers, leurs personnages et leur ambiance. Comme une BD finalement. Et c’est encore plus vrai pour l’orientation prise par Telltale dans leurs jeux. Il y a peu d’énigmes. Principalement des choix de dialogues ou d’actions qui altéreront la progression de l’histoire ou changeront vos relations avec les personnages. Bien entendu, le but premier de ces jeux est de raconter une histoire. Donc les différents choix proposés ne changeront pas le scénario. Plutôt la façon d’arriver à la fin. Des personnages pourront mourir, d’autres vous détesteront ou vous aimeront, et par conséquent les dialogues changeront beaucoup. Il y a aussi des QTE (quick time event) dont j’avais parlé dans l’article sur God of War. Il s’agit d’appuyer au moment voulu sur le bon bouton lors d’une séquence vidéo interactive pour éviter de se prendre un coup, laisser s’enfuir un ennemi, etc.
Passons donc à l’histoire.

Bigby, alias le grand méchant loup, est le shérif de Fabletown, un quartier de New York dans lequel les Fables (les personnages tirés de contes) se sont réfugiées après avoir été chassées de leur monde. Depuis des siècles ils vivent discrètement parmi les humains. Certains ne peuvent pas vivre à Fabletown parce qu’ils ressemblent à des animaux. Ils vivent donc à l’écart, dans une ferme (qu’on ne voit jamais dans le jeu mais apparemment c’est dégradant pour eux de vivre là bas). Blanche-Neige est une des responsables de cette communauté dont les méchants d’autrefois ont été amnistiés. C’est grâce à cela que Bigby a un rôle de maintien de l’ordre. Ça, c’est le pitch des comics qu’on comprend rapidement dans le jeu. Par exemple, Collin, un des 3 petits cochons se tape l’incruste chez Bigby et nous permet de comprendre que vivre à la ferme lui déplait. Blanche-neige est l’assistance du maire de Fabletown, le roi Cole. Sauf qu’ici, Cole est temporairement absent et c’est Icabode Crane (de Sleepy Hollow ) qui en assure le remplacement. C’est un insupportable péteux qui joue au petit chef.

Bigby et son squatteur favori

Bigby et son squatteur favori       ©Teltale Games

Il existe cependant pour les Fables qui en ont les moyens, la possibilité d’avoir recours à un sort appelé Glamour qui leur permet de prendre une apparence humaine pour se fondre parmi les humains. Ces sorts sont préparés par des sorcières et coûtent en général une blinde.

Notre histoire commence avec Bigby qui empêche le bûcheron, complètement saoul, de tabasser une Fable prostituée. Après un combat épique, Bigby demandera à la jeune femme de venir faire une déposition au plus tôt (après avoir été cordial ou complètement insensible, les choix de dialogues vous permettant de vous la jouer défenseur des femmes ou mec froid et sévère). Plus tard dans la soirée, Snow (le jeu est en anglais…il s’agit de Blanche-Neige) se rend chez Bigby pour lui annoncer qu’elle a trouvé une tête coupée devant sa porte en venant le voir. C’est la tête de cette pauvre fille qui s’avérera être Faith, le vrai nom de Peau d’âne.
Elle ne sera pas la seule victime. Quelqu’un exécute des prostitués. Et ces filles portent un curieux ruban autour de leur cou. Un ruban qui semble les empêcher de parler car face à certaines questions, elles ne sont capables que de répondre « ces lèvres sont scellées ». Même le miroir magique de Blanche-Neige (le conte), rangé aux archives d’investigation ne saura que répondre la même phrase lorsqu’on lui demandera de nous montrer certaines victimes.

La mystérieuse Faith

La mystérieuse Faith ©Teltale Games

Les filles elles-mêmes ont peur de défaire ce ruban comme si leur vie en dépendait. Et si c’était vrai ? Pourquoi la tête de Faith a-t-elle été coupée à l’endroit même du ruban ? Bien entendu, tout est plus compliqué que prévu. Le bûcheron qu’on pourrait prendre au premier abord comme le suspect principal n’est qu’un pauvre imbécile qui avait trop bu mais qui n’a pas un si mauvais fond. De plus, tout vient encore se compliquer quand Bigby retrouve la tête coupée de Snow.

Quoi ? Snow White, morte ? Mais comment est-ce possible? Forcément ceci ne dupera pas les connaisseurs des comics, mais moi j’y ai cru un instant. Non, elle n’est pas morte. Après un coup de frayeur très efficace, on comprendra que la tête était celle d’un troll ayant pris l’apparence de Snow au moyen d’un glamour.

Ce troll était d’ailleurs la sœur d’un autre troll féminin dont la piste va nous conduire à l’autre partie très intéressante de ce jeu. En parallèle à l’enquête, il y a la quête personnelle de Bigby qui ne tient plus à être haï par tout le monde. A cause de son passé, la communauté de Fabletown le craint et les altercations et bagarres de bar seront difficiles à éviter pour obtenir la coopération de certains témoins. Ce sera un vrai frein à l’enquête. Si certains personnages nous semblent suspects et désagréables, on se rendra compte plus tard qu’ils sont tristes et inquiets pour certaines Fables qui vivent dans la misère et dont l’administration (donc le maire, Bigby, Crane et Snow) se désintéressent. En réalité, c’est surtout qu’ils ont du boulot par-dessus la tête, qu’ils ont du mal à trouver d’autres solutions qu’envoyer certaines Fables à la ferme alors que ça ne les enchante pas. En gros, chaque « camp » a ses arguments, et face aux bonnes intentions de Snow qui ne suffisent pas se dresse la frustration des minorités pauvres qui se sentent abandonnées par l’administration de Fabletown.

Snow se retrouve à devoir autopsier son sosie

Snow se retrouve à devoir autopsier son sosie ©Teltale Games

Ce sera au joueur de choisir s’il veut tenter l’approche en douceur en se montrant moins brutal, ou s’il veut faire le bourrin à s’engueuler avec tout le monde. Pour ma part, je l’ai joué gentil. Mais ce qui est fort dans ce jeu, c’est que les personnages sont très travaillés et le conflit intérieur de Bigby qui veut bien faire mais a un tempérament un peu bestial se transmet au joueur. C’est pourquoi à certains moments, parce que cela semble approprié pour le personnage, vous serez tenté d’utiliser une méthode d’interrogation plus brutale. Ce qui est bien aussi, c’est que vous pouvez faire quelques boulettes sans que cela vous discrédite totalement. Vous pourrez vous excuser auprès de Snow qui désapprouve cette attitude, mais à condition de ne pas péter un câble trop souvent. Par contre, vos choix vous poursuivront.

Personnellement, lors d’un passage du jeu, lorsque Bigby est acculé et se fait tirer dessus par Tweedle Dee et Tweedle Dum, j’ai craqué et alors que Bigby lâche la bête en lui et se transforme, j’avoue avoir choisi qu’il tue Tweedle Dum. Bon…forcément on nous le reproche un peu jusqu’à la fin après…mais bon…Snow m’a pardonné donc ça va. Légitime défense, bon sang ! En tous cas, le rôle de Snow dans la rédemption de Bigby est assez bien défini. Le joueur lui-même n’a pas envie de faire disparaitre les espoirs qu’elle place en nous.

You messed with the wrong guy !

You messed with the wrong guy ! ©Teltale Games

A un moment de l’histoire, l’intrigue nous emmènera vers le Crooked man, un homme puissant qui profite de la misère de certaines Fables en les aidant apparemment à subvenir à leurs besoins là où l’administration ne le peut pas, mais évidemment il y a une contrepartie. Le Crooked man est un peu un parrain mafieux. Le mac des prostituées travaille d’ailleurs curieusement pour lui.

La fin nous propose une sorte de procès très intéressant face à de nombreux membres de la communauté. Faut-il enfermer, tuer ou jeter le coupable dans le puits magique (un puits qui mène en dehors de ce monde) ? A-t-on assez de preuves ? Bigby doit-il respecter les règles et montrer à Snow qu’il a changé, ou doit-il se préoccuper d’avoir la confiance des minorités qui exigent une mise à mort impitoyable pour les crimes impunis ? Un vrai dilemme moral qui vous fera hésiter à choisir. Car aucun choix n’est facile ou sans conséquences. Et je me rends compte que j’ai oublié un détail : vous avez un temps limité pour répondre dans tout le jeu. A peine quelques secondes. Comme dans la vie où on ne peut pas toujours réfléchir 2h avant de répondre à quelqu’un. Donc on peut aussi faire une erreur en choisissant un peu vite ou en réagissant à chaud.

Snow White, support émotionnel de Bigby

Snow White, support émotionnel de Bigby ©Teltale Games

A présent je vous propose de parler juste d’un élément de la fin. Vous entrez donc en zone spoilers massifs. Pour l’éviter, rejoignez la prochaine phrase en rouge.

Je ne vais pas révéler les raisons des meurtres ni qui les a commis précisément (croyez-moi, ce n’est pas parce que j’ai mentionné le Crooked man que vous savez tout). Non, je tiens juste à mentionner un élément qui a engendré des théories sur le net et qui montre que l’histoire est bien ficelée. A la fin, une des « filles au ruban » qui a survécu prononcera les mêmes mots que Faith au début du jeu lors de sa rencontre avec Bigby. « Vous n’êtes pas aussi mauvais que les autres le prétendent ». Et même avec une voix un peu différente. Bigby se souviendra de la voix de Faith et du fait que déjà à l’époque, il avait l’impression de la connaître mais sans avoir jamais vu son visage. Vous aurez ensuite le choix de la laisser partir ou de la suivre. C’est un faux choix, car quel qu’il soit, le jeu se termine là.

Cette fin nous pousse à réfléchir. Par exemple, lorsque « la » troll déguisée en Snow est retrouvée morte, le glamour était sur son corps, et pourtant sa tête en était détachée. Le glamour fonctionne donc encore tant qu’il est quelque part sur le corps. Et le corps de Faith n’a jamais été retrouvé. Seulement sa tête. Se pourrait-il que ce soit une tête travestie en celle de Faith ? Se pourrait-il que la fille de la fin soit Faith déguisée ? La spécialité de Peau-d’âne n’est-elle pas justement de cacher sa beauté sous une autre peau ? J’ai adoré cette fin sans réponse claire. Et elle a du sens quand vous connaissez la nature des crimes et la raison pour laquelle la tête de la présumée Faith a été posée devant l’appartement de Bigby au début. C’était clairement un message pour le mettre sur la piste des vrais coupables.
Bref…une histoire maitrisée de bout en bout qui nous prouve que dans les jeux aussi, on trouve du très bon en terme de narration.

 Vous sortez de la zone spoilers à présent.

Différents choix de dialogue pour des approches contrastées

Différents choix de dialogue pour des approches contrastées ©Teltale Games

Au-delà de l’histoire, c’est aussi les personnages très expressifs qui font le charme de ce jeu.
Nous avons déjà parlé de Bigby qui est un personnage très soigné, un détective un peu hard-boiled au regard dur mais qui n’a pas un mauvais fond (enfin…ça dépendra aussi de votre façon de jouer). Snow est bien sûr son love interest. Même s’il ne se passe rien entre eux, on sent que Bigby en pince pour elle et qu’elle lui permet de ne pas franchir la limite. Il y a Beauty et Beast qui seront de la partie en tant que témoins. Mr Toad le concierge qui se promène toujours sans glamour et qui abuse de la patience du shérif, et plein d’autres (Holly la barwoman, Grendel, the Jersey devil) qui viennent rendre vivante cette communauté de freaks. Mention spéciale à Bloody Mary, le bras droit du Crooked man, qui est assez flippante. Elle nous offrira d’ailleurs la séquence d’action la plus spectaculaire du jeu.

Les choix sont aussi intéressants. J’ai déjà parlé de ceux qui changent les relations. Mais il y a aussi ceux qui sauvent ou causent la perte de personnages secondaires. Par exemple, à certains moments, vous aurez deux destinations possibles et vous pourrez choisir dans quel ordre vous y rendre. Par exemple chez le mari de Faith (le prince Lawrence) ou alors dans l’appartement du bûcheron. Si vous vous rendez d’abord chez le bûcheron, le prince Lawrence se sera suicidé lorsque vous arriverez chez lui par la suite. Si vous y allez en premier, vous pourrez le sauver (et encore…faîtes preuve de tact quand vous lui annoncez la mort de sa femme).

Le Crooked man et sa cinglée de garde du corps Bloody Mary qui nous poussera dans nos retranchements

Le Crooked man et sa cinglée de garde du corps Bloody Mary qui nous poussera dans nos retranchements ©Teltale Games

Alors bien sûr, si l’histoire peut continuer jusqu’à la fin avec Lawrence mort, on se doute qu’il n’apporte pas grand-chose à l’intrigue. Il n’empêche que vous le reverrez par la suite et qu’il y a une certaine satisfaction à savoir qu’on a aidé plus de gens et qu’on peut ainsi parler à plus de personnages.

Parlons enfin de la partie graphique qui contribue grandement à l’ambiance.
Le style graphique utilise le cel-shading. Quèsaco ? Un procédé intimement liée à l’éclairage dynamique d’objets 3D qui se caractérise par des contours marqués et une palette de couleurs réduite, comme dans les dessins animés traditionnels. Cela contribue beaucoup à nous donner l’impression d’évoluer dans un univers tiré de comics.
Il faut savoir qu’en 3D, ce n’est pas aussi simple de créer des styles différents comme en dessin. On peut jouer sur les textures pour donner des effets différents, mais les textures sont statiques, c’est comme du papier peint. Pour que l’éclairage reste dans la même veine que les textures cartoon, on utilise le cel-shading.

Une ambiance visuelle réussie

Une ambiance visuelle réussie ©Teltale Games

La première utilisation du cel-shading revient à Sega, avec le jeu Jet Set Radio sorti en 2000. Un procédé qui permet d’ailleurs aux jeux de mieux vieillir car justement les limitations techniques sont masquées par cet aspect « dessin » intemporel du rendu.

Mais bon le cel-shading seul ne fait pas tout. Il y a un réel travail sur les ombres et sur la palette de couleurs utilisée. Beaucoup de couleurs chaudes : rouge, orange, avec des tons bleu, violet et rose prédominants. Cela donne une atmosphère chatoyante telle celle d’un conte mais qui véhicule aussi une certaine agressivité dans ces rues éclairées aux lueurs des néons multicolores. Le jeu est pas mal violent d’ailleurs. Il y a des morts, du sang, des allusions sexuelles et comme les Fables sont des personnages apparemment difficiles à tuer, certains d’entre eux s’en prennent plein la tronche.

Pour certaines Fables, une hache dans la tête c'est juste une grosse migraine

Pour certaines Fables, une hache dans la tête c’est juste une grosse migraine ©Teltale Games

Le doublage (notamment la voix d’Adam Harrington pour Bigby) est de très bonne qualité. A noter que les sous-titres français ne sont pas disponibles sur toutes les consoles. D’ailleurs, et c’est un scandale, ces jeux ont visiblement du mal à se faire une place chez nous. A croire que cela n’intéresse personne. Pas mal de jeux de Telltale sur PC ont seulement eu droit à des traductions faites par des fans. C’est évident que ces jeux se privent d’un public en ne proposant des VF qu’au compte-gouttes.

Et enfin, la BO bien sûr. Les musiques sont vraiment dans le ton, très appropriées à l’ambiance. Il y a beaucoup de morceaux calmes, posés mais qui laissent planer une sensation de menace teintée de mystère et de mélancolie. D’autres morceaux plus rythmés seront bien évidemment là pour mettre en valeur les scènes d’action.
En gros, c’est un jeu de très bonne facture qui peut plaire tout simplement aux amateurs de bonnes histoires. Et les excellentes critiques qu’il a reçues sont méritées. Un petit chef d’œuvre. Et qui se suffit à lui-même. Même si un second jeu se profile pour 2017.

Si vous connaissez Bloody Mary, vous savez qu'elle a un truc avec les miroirs. Impossible de l'espionner à son insu. Une intelligente façon de mêler les éléments magiques à l'enquête.

Si vous connaissez Bloody Mary, vous savez qu’elle a un truc avec les miroirs. Impossible de l’espionner à son insu. Une intelligente façon de mêler les éléments magiques à l’enquête. ©Teltale Games

——

La BO du jour : Quoi de mieux qu’un morceau de la BO du jeu ?

20 comments

  • Présence  

    Voilà un article qui semble fait pour moi, tellement il apporte des réponses à des questions que je me suis posé. J’avais bien noté l’existence d’un comics portant le même titre dont la direction a été confiée à Matthew Sturges, le coscénariste de Bill WIllingham sur la série Jack of Fables. Ton article m’a permis de comprendre d’où sort ce comics que je n’ai pas lu parce que je n’apprécie pas l’écriture de Sturges.

    Ensuite j’ai découvert un type de jeu que je ne connaissais pas. Je n’imaginais pas qu’il est possible de d’avoir une aventure dont on est le héros sous forme vidéoludique. Du coup, je comprends mieux le choix de Telltale pour le nom de la société de production du jeu. Enfin je découvre une explication claire du principe de Cel-shading, terminologie que j’avais déjà vu ailleurs, sans bien comprendre ce dont il retournait. Je vais me coucher moins bête ce soir.

    Aucun choix n’est facile ou sans conséquences. – À la lecture de ton article, on perçoit bien comment les choix comportementaux ont des conséquences sur les autres personnages. Du coup, ça fait comme si ce jeu avait une dimension pédagogique quant à la responsabilité morale de nos actes, à l’impact émotionnel de nos propos et de leur incidence sur chacun de nos interlocuteurs. Merci pour cette découverte.

    • Matt  

      Merci pour ton retour.
      Ce type de jeu ne date pas d’hier mais rarement tous les éléments sont présents dans un seul jeu. Il existe depuis bien longtemps des jeux d’aventure avec des énigmes et une histoire construite qui représente l’intérêt principal du jeu, mais souvent les choix de dialogues étaient là pour l’humour et pas pour prendre une décision irrévocable. Il était toujours possible de dire tout ce qu’on voulait aux personnages.
      De même, les choix irrévocables existaient dans des jeux de type RPG (jeux de rôle), souvent pour décider si on allait être gentil ou méchant. Et les conséquences qui vont avec (on finit l’aventure seul comme un pourri qu’on est, ou avec plein de potes)
      Telltale a mixé les deux pour faire des jeux qui sont proches du film interactif avec plusieurs chemins possibles pour arriver à la fin.
      Dans le premier Walking Dead le jeu, il y avait encore pas mal d’énigmes mais plus ça va moins ils en mettent. Je trouve ça un peu dommage car finalement on ne joue par énormément, on suit une histoire comme dans un film à choix multiples, mais c’est très prenant car bien raconté.

    • Matt  

      Concernant ton analyse sur les choix, je dirais qu’en effet les choix sont intéressants à ce niveau là. Ce que je reproche parfois à certains jeux c’est de n’offrir que des choix de type « gentil » ou « méchant ». Genre je sauve le mec ou je le laisse crever. Je parle poliment ou j’insulte. Résultat : je n’arrive jamais à jouer le rôle du méchant parce que ça ne m’amuse pas. Dans les jeux Telltale et quelques autres RPG mieux foutus (Deus Ex) les choix sont plus subtils pour choisir une approche. On peut mentir à un ami pour préserver quelqu’un, ou trahir la personne. Quel est le choix le plus méchant ? Dans les 2 cas on ment à un ami, ou on ne tient pas sa promesse à un autre. On peut s’énerver pour intimider mais sans avoir l’intention de faire du mal, etc. ça a des conséquences, et le temps limité pousse parfois à réagir un peu trop à chaud face à un mec déplaisant, une agression, etc…mais c’est très satisfaisant. Et il est plus facile de s’amuser à y rejouer en faisant d’autres choix sans avoir l’impression de forcement jouer soit le gentil, soit le méchant.

  • Pistolet à Bulles  

    Merci pour ton article qui décrit vraiment bien l’expérience vidéo ludique que l’on peut vivre avec ce superbe jeu. J’ai vraiment adoré cette aventure. Vraiment fidèle à l’oeuvre de Fables, elle constitue une superbe introduction à cet univers riche et dense. J’ai consacré une de me vidéo dessus. Je me permet de poster le lien ici pour ceux que cela intéresse : https://youtu.be/ovxF0_FvWj0

    • Matt  

      Merci à toi pour ton retour. C’est d’autant plus appréciable que peu de visiteurs s’expriment, et encore moins sur les articles de jeux vidéo.
      Intéressante ta vidéo. Je ne me suis hélas jamais intéressé à la série de comics. Je ne doute pas qu’elle a des qualités mais 150 épisodes, ça me refroidit direct. C’est pareil pour Walking Dead, je me suis contenté des jeux de Telltale.

      • Tornado  

        150 épisodes… et moult spin-offs !
        Moi je me suis fait piéger, à cause de menteurs qui assuraient qu’on pouvait s’arrêter quand on veut, ce qui est complètement faux.
        Heureusement, j’adore la série et je ne le regrette pas. Heureusement.

        • Matt  

          Oh ! Tornado sur un article de jeu vidéo !
          Qui parle des comics bien sûr, mais éh, ne soyons pas trop gourmands^^

          Je sais pas ce qui est pire. Aimer ou ne pas aimer une série si longue. Si on n’aime pas, on peut s’arrêter. Tu me diras que si on aime, on n’a pas le désir d’arrêter. Mais perso je recherche des BD que je pourrais relire avec plaisir. Je n’aime pas accumuler 30 tomes. Je ne me plonge pas dans les séries super longues parce que je sais que je ne les relirais pas. Comme pour certaines séries live ou animées : quand ça fait 600 épisodes, no way ! Génial ou pas, je ne veux pas investir tant de temps dans quelque chose dont je me débarrasserais après faute d’avoir envie de reprendre à zéro un jour. Et donc pour des BD à 15€ le tome, sachant que je les revendrai après, je ne veux pas investir tant d’argent dedans.
          Et j’ai revendu Sandman. Je ne dis pas ça en l’air. J’ai aimé, mais c’est long et complexe et je ne pense pas avoir envie de relire la série un jour.

          • Tornado  

            Hé ! Hier on parlait de musique et de cinéma sur un article de comics (et je ne sais d’ailleurs toujours pas si j’ai réussi à piquer ta curiosité sur la filmographie de Blake Edwards) !

            Pour ce qui est du jeu vidéo, je l’ai déjà dit : J’y suis complètement allergique. Ne pas y voir de mépris pour les amateurs, juste un désintéressement profond (je déteste le jeu, dans toutes ses formes, et même quand ce n’est pas sur un écran. Et il m’a d’ailleurs fallu batailler afin d’abandonner la pétanque, ce qui est resté longtemps incompris dans mon entourage de gens du sud où il s’agit quasiment de quelque chose d’obligatoire).
            Du coup, je confesse que j’ai abandonné ton article au moment où tu es entré dans le vif du sujet. C’est un peu comme me demander de fréquenter un blog de mathématiciens, de fans de mécanique ou de joueurs de golf. Ce n’est juste pas mon truc.

            Je comprends totalement ta méfiance envers les séries trop longues, et c’est vrai que je me demande parfois si j’aurais le courage de relire un jour toute la série Fables (que je n’ai toujours pas terminée au passage). Et tu as raison de comparer ça à des séries TV trop longues. Par exemple, je repousse sans cesse le moment où je me replongerai dans l’intégrale des X-files, car ça reste extrêmement chronophage.
            Mais en même temps, je ne me vois pas y renoncer. Je suis trop fan !

          • Matt  

            Ah tiens j’ai eu l’intégrale X-files pour 40€ il y a quelques mois…
            Je dirais que ça reste un peu différent parce que là pour le coup tu t’arrêtes quand tu veux. J’ai fini par tout regarder mais il y a 5 ou 6 ans de ça quand j’ai regardé pour la première fois (ben ouais, j’étais trop petit quand ça passait à la TV. Ou du moins c’est ce qu’on me disait, que j’aurais peur etc.) je m’étais arrêté à 4 saisons.

            Pour les jeux vidéo…bah je ne peux pas dire que je comprends ton aversion parce ça emprunte beaucoup au cinéma quand même (enfin en tous cas dans le cas présent, on n’est pas dans un jeu Tetris)…mais je respecte tes goûts^^
            Mais si ça s’étend à tout type de jeu, tu fais comment avec les gosses qui veulent jouer ?? Déjà qu’il a fallu que je m’habitue à jouer avec mes neveux alors que je ne suis pas allergique à l’idée…

            Blake Edwards, ouais pourquoi pas. Mais je ne me vois pas acheter ces films comme ça sans me faire une idée. Il faudrait que je passe du côté obscur.
            Et c’est mal.
            Et j’ai surtout une connexion 4G dans ma cambrousse, donc avec du download limité par mois…du coup j’évite.
            Donc à l’occasion…

          • Bruce lit  

            Blake Edwards : les deux premiers de la Panthère Rose sont incontournables.
            GOT : un spectacle d’une très grande qualité dont j’ai fini par me lasser à la fin de la saison 4. Les personnages ne me manquent pas. A vrai dire, je me suis senti emporté par la Hype et n’ai jamais accroché avec eux. Ca reste du haut de gamme, mais je m’en fous des Stark et Lannister. C’est devenu physique. Je ne peux plus supporter de les voir.

            Les séries à rallonge : il n’y a pas de règles absolues. Aporès tout je ne regrette pas de m’être investi dans des années de DBZ ou ST Seiya. Et je les revois fréquemment avec plaisir.
            X Files : alors là, non… Impossible. Ces intrigues qui partent dans tous les sens pour aboutir au fiasco total du départ de Mulder et l’explosion de l’homme à la cigarette avec une esclave enchainée à ses pieds..;Non….

            Dexter a été formidable jusqu’à la saison 4 avant 5 ans de purge par la suite. En fait, oui, si le show est de qualité, je veux bien lui offrir plein d’heures de ma vie. Comme pour The Shield. Si c’est du foutage de gueule comme Californication….ou Fables nope…

            Maintenant, il est vrai que je ne me sens pas de rattraper toute a continuité de Superman ou Batman. Simplement par manque d’envie.

          • Tornado  

            Non non non. Même si ça emprunte au cinéma, ça reste du jeu. C’est un plaisir qui m’est complètement étranger. Un peu comme la pub à la radio ou à la TV. Mon cerveau opère un zapping total.

            Il m’arrive de jouer avec mon fils (des jeux de société). Mais je fais une exception. Je le fais pour lui. Et c’est déjà bien suffisant !
            Sinon, je l’aide fréquemment à construire ses playmobils, mais ça, ça me va…

          • Matt  

            Tiens tu vois je me suis lassé de Game of Thrones aussi. Toujours pas vu la saison 6.
            Je ne me force même pas à ne pas aimer les longues séries à suivre, mais ça finit par me lasser.
            Jamais fini de lire les Harry Potter non plus parce que je devais attendre entre chaque sortie de bouquin…et un jour j’étais passé à autre chose et je m’en foutais de lire le dernier sorti. Je n’ai même pas vu les derniers films.
            X-files a l’avantage de proposer plein d’épisodes « stand alone ». Si ça me prend de vouloir regarder la saison 4 comme ça sans commencer par la 1ere, je sais que je ne serais pas largué. Sauf peut être sur les quelques épisodes qui constituent la trame de fond (qui est un sacré bordel de toutes façons)

          • Matt  

            @Bruce : Ben tu vois pour X-files, les épisodes stand alone qui n’ont rien à voir avec les extraterrestres sont ceux que je préfère. Il y en a de très bons quand même.
            On est d’accord que la trame de fond part dans tous les sens, revient sur ce qui a été dit, puis en fait non c’était vrai, puis machin meurt avant qu’il soit révélé que non il est vivant…et on ne pige plus RIEN !

          • Bruce lit  

            Voilà !
            Oui, les histoires stand alone étaient chouettes. MAis au final, on voulait que l’intrigue avance, voir s’il y avait un plan. Alors qu’il n’y a avait aucun.

          • Jyrille  

            Pour X-Files, je suis d’accord avec vous : les épisodes stand alone sont les meilleurs. Celui sur le passé de l’homme à la cigarette est génial par exemple. Mais sur l’intrigue principale on ne comprend vraiment rien. De toute façon je n’ai pas dû aller plus loin que la saison 3.

            Par contre, et alors que je n’étais pas du tout client de Game of Thrones (je trouvai que les histoires étaient du foutage de gueule, à tuer tous les persos systématiquement, à ne finir aucune intrigue, tout en étant ébahi par les costumes, les décors, les acteurs, la réalisation) et me suis arrêté à la saison 3. Et puis, des amis en ont reparlé et cela m’a intrigué, j’ai donc recommencé. Et comme toujours, cela m’a profondément ennuyé, toute la saison 4, jusqu’aux deux derniers épisodes. Là, j’ai trouvé qu’il y avait enfin du changement chez les personnages, que l’intrigue avançait. J’ai enchaîné avec la saison 5 et à partir de là je suis devenu accro, je me suis tout fait jusqu’à la fin de la saison 6 en moins de trois semaines. Tu serais étonné Bruce !

  • Bruce Lit (sur son telephone)  

    Tu as reussi une double gageure Matt : me donner envie de reprendre ma vieille.passion le jeu video et de me rappeler des premiers episodes de Fables á l epoque où je trouvais ca genial avant ma grande deception.
    Le cell shading est superbe. Je me rappelle.avec bonheur avoir decouvert XIII via le.jeu PS2qui etait aussi une grande reussite. La preuve que les portages BD peuvent être reussis.o
    J aimais.bien les scenar alternatifs, les choix a faire en situation de crise comme.le.SPlinter Cell où Fisher etait agent double.
    Deus Ex etait effecteviment ecxeptionnel.

    • Matt  

      Eh bien tant mieux si j’ai titillé ta curiosité^^
      Le jeu XIII était bien aussi oui, j’y avais joué à l’époque.
      Deus Ex je parlais du premier sorti en 2001. Les autres sont peut être bien fichus aussi mais pour le coup je ne peux pas en juger.
      Je n’ai pas précisé que dans ce jeu je n’ai pas « réussi » à mourir. J’ignore si on peut. Souvent les jeux d’aventure sont des jeux dans lesquels on peut juste rester bloqués face à une énigme. Mais les jeux Telltale peuvent aussi être mortels, notamment dans les Walking Dead ou je me suis souvent fait attraper par un zombie lors des phases d’action en ratant une QTE.
      Ici, il y a aussi des phases d’action mais je n’ai jamais raté suffisamment de QTE pour mourir.

  • Bruce Lit (sur son telephone)  

    Excellent titre, by the way.

  • Jyrille  

    Et bien merci Mattie Boy, ce jeu a vraiment l’air chouette, et je rejoins Présence quant à tes explications. Je suis toujours client d’analyses sur les jeux vidéos, qui restent en dehors de mon monde mais me semblent plus que jamais nécessaires pour comprendre le monde qui nous entoure, notamment les choix cinématographiques et visuels qu’on nous assène.

    Hier soir, j’ai pu tester le dernier Resident Evil version Virtual Reality avec le casque : c’est super flippant ! L’immersion est totale, et j’ai franchement eu très peur lorsque le zombie de la femme du personnage m’a attaqué. L’ambiance est très glauque et prenante. Dans un film normal, ce serait un peu ridicule ou déjà vu, mais là, on est dedans, c’est horrible. J’ai eu mal aux yeux au bout d’une vingtaine de minutes, sans doute dû à un réglage non optimal du casque : l’image est un peu floue par endroits. En tout cas c’est bluffant et perturbant.

    • Matt  

      C’est sympa que Resident Evil revienne au survival horror. Les derniers jeux étaient passés du côté action à la Michael Bay, mais là ils semblent tenter à nouveau de faire de l’horreur flippante.
      Je n’y ai pas joué cela dit. Je n’ai pas de console high tech avec casque VR ni rien. Je joue surtout sur console portable pour le côté pratique. Tiens là si je m’ennuie, je me mets au lit, j’allume un jeu, je joue 20min, hop…pas besoin de s’installer devant la TV etc.

      The wolf among us existe d’ailleurs sur la PSvita de Sony, console portable en fin de vie mais assez puissante pour faire tourner de jolis jeux comme celui-là.
      Et c’est dommage que ce « monde » comme tu dis soit considéré souvent comme un truc d’abrutis. Car oui, il y a des jeux bêtes et violents…mais en films et BD aussi. Mais il y a aussi des jeux magnifiques qui ne pourraient même pas être aussi bons au cinéma justement parce que ces jeux proposent des choix, des routes différentes et qu’ils sont bien plus longs qu’un film.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *