Le roi de la peur

Encyclopegeek : Les adaptations Ciné-TV de Stephen King

1ère publication le 19/02/16- Mise à jour le 21/10/18

AUTEUR : TORNADO

Cet article portera sur l’œuvre de Stephen King dans le registre des adaptations, principalement au cinéma et à la télévision…

L’illustration de couverture est utilisée avec l’aimable autorisation du dessinateur Fabrice Le Henanff. Merci à lui. 

Le monde du King : Aimeras-tu avoir peur ? (C) Fabrice Le Hennanf

Le monde du King : Aimeras-tu avoir peur ?
(C) Fabrice Le Henanff

Maître du fantastique et de la peur, grand Manitou des geeks, spécialiste du suspense et des ambiances à mystères, celui que l’on surnomme le « King » est avant tout un créateur littéraire de premier plan. Boudé par l’intelligentsia et l’élite du monde de la littérature dite « sérieuse » (celle qui n’aime pas la littérature de genre et plus généralement le domaine du fantastique), le bonhomme n’a pas attendu d’être reconnu par ses pairs écrivains pour nous livrer une œuvre d’une richesse sans égale dans la création contemporaine.

Parce qu’il plait avant tout aux jeunes et aux geeks, aux fans d’histoires à donner le frisson et à tous les garnements du monde entier, sa présence dans les pages virtuelles mais non moins réelles de Bruce Lit était d’emblée une évidence. Cet article sera d’ailleurs complété de quelques autres mettant en lumière, à chaque fois, une de ses œuvres en particulier.

Je vous propose aujourd’hui un tour d’horizon afin d’explorer les thèmes de prédilection qui parcourent l’œuvre de l’écrivain. Et ce à travers quelques films soigneusement sélectionnés…
Alors soyez prêts à trembler dans vos chaumières, pauvres mortels !

Premières versions, au cinéma et à la Télé… © Warner Home Video / Warner Bros.

Premières versions, au cinéma et à la Télé…
© Warner Home Video / Warner Bros.

1) Préambule

Pourquoi les films ? Et pourquoi pas directement les livres ?
J’entends d’ici les puristes grincer des dents tout en se préparant à m’immoler sur l’autel impie de la dénaturation, parce que les œuvres de Stephen King, ce sont avant tout ses romans et ses nouvelles !

C’est vrai.

Toutefois, cela fait maintenant quarante et un an que ses écrits sont publiés et pas moins de trente neuf ans qu’ils sont adaptés sur un écran, qu’il soit petit (la télévision) ou grand (le cinéma) !
Les adaptations de l’œuvre de Stephen King, ce sont avant tout des noms prestigieux comme ceux de Stanley Kubrick, John Carpenter, Brian De Palma, David Cronenberg, Tobe Hooper, George A. Romero ou Rob Reiner. Aucun doute, la chose est depuis longtemps sortie du cadre du livre pour devenir des images, des icones totalement épanouies dans l’art multimédia et la culture geek. Au point que l’écrivain lui-même se soit adonné à l’exercice de ses propres adaptations à maintes et maintes reprises, allant même jusqu’à s’essayer à la mise en scène (le film Maximum Overdrive), au jeu d’acteur (Creepshow) et à l’écriture du scénario (nous y reviendrons plus loin).

Ainsi, on peut l’écrire, le dire et même le crier sans risque : Stephen King et les adaptations, ce sont des épousailles réussies qui s’apprêtent à fêter leurs noces d’or. Et il est fort probable que ce mariage survive à l’écrivain lui-même, tout comme ses livres…
Si aujourd’hui il n’est nullement question de minimiser la valeur des livres pour eux-mêmes (certains étant de toute manière quasiment inadaptables), il est néanmoins possible de célébrer celle de leurs adaptations comme une communion de tous les médias (on en trouve également au rayon des comics), et un terrain de prédilection pour nous, les geeks…

Premières versions, au cinéma et à la Télé… © Warner Home Video / Warner Bros.

Deuxièmes versions, uniquement à la Télé
© Warner Home Video / Warner Bros.

Les pendules ayant été remises à l’heure, on peut à présent se pencher sur ce qui fait la richesse de l’œuvre de notre écrivain favori : Ses thèmes.

Les histoires écrites par Stephen King, ce sont effectivement des thèmes constamment recyclés en boucle. Parmi eux, on trouve en premier lieu ceux de l’enfance et de la séparation entre le monde des adultes et celui des enfants. Deux thèmes liés qui vont traverser l’œuvre et revenir à maintes reprises, qu’ils soient développés de manière frontale ou au contraire sous-jacente, voire traités en arrière-plan. De la même manière, on va souvent retrouver celui des relations entre la littérature et le réel (l’écrivain donnant corps à ses fictions par le pouvoir de l’écriture), celui du problème des addictions (Stephen King ayant souffert d’une longue et pénible période d’alcoolisme et autres dépendances), ainsi que le charme vénéneux de la région du Maine, les dissonances au sein de la cellule familiale, la critique sociale par le biais de la vie dans les petites villes, et enfin celui de la maison maudite…
Ainsi, plus d’une nouvelle ou un roman traite du mal qui s’immisce dans le quotidien d’une bourgade, utilise le décor de la forêt comme métaphore de la peur de l’inconnu, et fait naître le mal incarné dans une comptine pour enfants…
la science-fiction et les extraterrestres sont toujours abordés non pas comme une fin, mais comme un moyen de développer, par exemple, la peur de grandir ou encore, et c’est le thème le plus savoureux de tous, cette parabole sous-jacente qui dénonce la fragilité de l’équilibre social américain, où les aspects négatifs de la nature humaine en général sont exacerbés face à la moindre perturbation surnaturelle…

Je vous propose à présent de visiter quelques films emblématiques, histoire de vérifier la thèse selon laquelle l’œuvre de Stephen King est d’une richesse sans commune mesure et qu’elle demeure, comme nous l’aimons chez Bruce Lit, une preuve bien réelle que la culture geek, c’est de la culture tout court…

Premières versions, au cinéma et à la Télé… © Warner Home Video / Warner Bros.

Au départ : des livres, simplement
© Warner Home Video / Warner Bros.

2) Ça : Homme des années 80…

Adaptation du roman fleuve de Stephen King, Ça est un téléfilm réalisé en 1990 par Tommy Lee Wallace, diffusé à l’origine en deux parties sous sa forme télévisuelle.

Soyons honnêtes : « Ça » a beaucoup vieilli. « Ça » ne fait plus vraiment peur et trahit son âge, vieillissement prématuré accentué par sa forme télévisuelle. Mais pour autant, la force du roman de Stephen King est toujours présente et, si l’on a aimé un tant soit peu le film à l’époque, on se laisse volontiers reprendre par la main tout au long de ces trois heures qui s’écoulent sans ennui et sans temps mort, car le script est superbe, parfaitement découpé et dialogué.
Les effets spéciaux ont beau être obsolètes (aïe aïe aïe ! cette araignée géante dans le combat final…), le soin apporté aux décors dans la partie « années 50″ et la mise en image des apparitions surréalistes du clown maléfique demeurent très réussis.
Tel un vieux film fantastique rendu kitsch par le poids des ans, Ça est sans doute réservé à un public de nostalgiques l’ayant découvert à l’époque de sa sortie. Mais en lui-même, il s’agit d’un téléfilm de haute volée, réalisé avec sincérité, qui adapte assez librement le roman originel, tout en parvenant à préserver l’esprit initial du récit de Stephen King.
Ça fait d’ailleurs partie de ces films sur l’adolescence qui auront marqué toute une génération de jeunes spectateurs au cours des années 80, avec Stand by Me (un autre Stephen King !), Les Goonies, et Explorers, à travers lesquels les adolescents se reconnaissaient et avec lesquels ils tissaient des liens inviolables…

L’enfance de l’art de faire peur… avec un clown ! © Warner Home Video

L’enfance de l’art de faire peur… avec un clown !
© Warner Home Video

Avec son récit teinté d’autobiographie, Stephen King a écrit une parabole proprement géniale sur le passage entre l’enfance et l’âge adulte. Car derrière cette malédiction qui s’abat tous les trente ans sur cette petite ville du Maine, se cache en réalité la métaphore la plus incisive sur la difficulté de grandir, principalement lorsque l’on est différent. C’est ainsi que les « Sept Paumés », sept enfants de onze ans réunis par leurs différences et leurs faiblesses (le gros, le binoclard, le bègue, le noir, la fille, l’asthmatique et le juif), vont s’allier afin de vaincre « Ça », une entité maléfique qui s’en prend aux plus faibles lorsqu’ils sont esseulés et fragiles.
A maintes reprises, il est montré que les habitants de Derry, la petite ville (fictive et reprise dans d’autres récits de l’écrivain, tel Dreamcatcher) dans laquelle se déroulent les événements, se détournent du mal lorsqu’ils le voient, même sous sa forme la plus anodine. C’est ainsi que tout le monde préfère ignorer les vies absolument sinistres de nos sept petits héros et laisser le mal s’immiscer là où on ne fait que l’apercevoir…

« Ça » incarne donc aussi bien la peur de grandir, notamment dans un monde cruel qui écrase les êtres un tant soit peu différents, que la cécité d’une société qui s’est détournée des valeurs humaines élémentaires (l’entraide, la protection du plus faible) en se réfugiant dans l’ignorance, par pure lâcheté. Le « clown maléfique » n’est en somme que la matérialisation d’un mal domestique, tapi en chacun des habitants, qui s’abreuve à la source des maux les plus anodins, afin de grandir et de gagner en puissance…

La dure vie des sept paumés !

La dure vie des sept paumés ! © Warner Home Video  / source Stephen King Wiki 

C’est en retrouvant ces valeurs élémentaires que nos jeunes héros vont réussir à vaincre « Ça » une première fois. Mais sans doute encore trop faibles puisque non accomplis, ils devront revenir trente ans plus tard, adultes, réaliser le combat final.
Là encore, il y aurait beaucoup à dire sur ces quadragénaires modèles en apparence (ils pratiquent tous un métier prestigieux), mais toujours meurtris par leur adolescence effroyable, au point qu’ils aient préféré l’oublier, tout en étant incapables de se consacrer à leurs propres enfants, qu’ils n’ont jamais eu… Il faudra donc qu’ils retournent à la source de leurs maux pour affronter « Ça » de nouveau, afin d’accomplir leur victoire contre la vie. Mais hélas, tous n’y parviendront pas…

C’est ainsi que malgré ses défauts d’œuvre vieillissante au look suranné, Ça réussit le tour de force de préserver l’esprit et la portée philosophique du roman de Stephen King, au contenu à priori inadaptable, sachant qu’avec tout ce que j’ai évoqué plus haut, je n’ai sans doute fait qu’effleurer la richesse thématique qui se cache dans le sous-texte ! Pour cette première raison, il mérite sa place au panthéon des meilleures adaptations du maître du fantastique, quand bien même il n’est qu’un téléfilm. Et pour ceux qui l’ont découverts dans leur jeunesse, sa place d’œuvre culte…

Une nouvelle adaptation, cinématographique cette fois, est prévue depuis quelques années. Sans cesse repoussée, elle est aujourd’hui programmée pour être tournée à l’été 2016.

Grippe-sou, l’éternel clown qui fait peur !

Grippe-sou, l’éternel clown qui fait peur ! © Warner Home Video / Source : Bloody Disgusting! 

3) The Shining : Light my fire

a) Version 1980

Tout le monde a vu ce film culte aujourd’hui, non ?
Réalisé en 1980 par le grand Stanley Kubrick, il s’agit de l’une des premières adaptations cinématographiques d’un roman de l’écrivain (le deuxième, après Carrie).

Une petite famille (le père, la mère et le tout jeune fils) s’installe pour l’hiver dans un grand hôtel de luxe qui n’est ouvert que l’été. Car Jack Torrance (le père), qui sort d’une douloureuse période d’alcoolisme, voit ainsi l’opportunité, en acceptant la maintenance de l’hôtel durant sa période hivernale de fermeture, de reconstruire sa vie auprès de ses proches. Jack projette également, en dehors de ses moments de travail de maintenance, de se mettre à l’écriture.
Jack est un homme de bonne volonté mais son tempérament colérique l’a jusqu’ici desservi. C’est le terreau sur lequel l’hôtel Overlook, doté d’une conscience et habité par des esprits malveillants, va s’appuyer afin de le posséder. Mais l’esprit de l’hôtel convoite surtout Danny, le fils de jack. Car Danny possède le « Shining » (le « don de lumière »), une faculté de médium extrêmement puissante, qui le rend sensible aux forces surnaturelles et lui permet de voir l’avenir. Si l’hôtel parvenait à tuer Danny et à intégrer son esprit au sien, il pourrait ainsi posséder ses pouvoirs…
En plein cœur de l’hiver et alors que l’hôtel est quasiment inaccessible en raison de la neige qui l’isole, Jack finit par devenir un danger pour sa famille…

De célèbres images de terreur…

De célèbres images de terreur…© Warner Home Video /  Source : Mentalfloss 

Stephen King écrit son roman Shining, l’Enfant Lumière en 1977. C’est sa troisième publication et, avec le recul, on s’aperçoit qu’elle canalise déjà une grande partie de ses thèmes récurrents.

L’écrivain y développait une intrigue horrifique qui n’était finalement que le vernis derrière lequel il dressait une éprouvante mais passionnante toile de fond sur la détérioration de la cellule familiale. L’hôtel, qui isole cette famille du reste du monde social et la confronte à elle-même, canalise ainsi toutes les menaces qui pulvérisent son équilibre (l’alcoolisme, les déviances du quotidien comme la maltraitance de l’enfant due aux colères parentales, l’effritement des sentiments amoureux, la précarité financière et la perte de confiance) en les exacerbant, afin de déverser sa malveillance naturelle, comme une métaphore de cette détérioration.
Kubrick n’a gardé que la surface de cette passionnante toile de fond, se focalisant essentiellement sur la perte de repères des personnages et leur basculement vers la folie. A ce titre, le réalisateur n’a évidemment pas son pareil pour magnifier une simple épure de la trame du roman initial. Ne gardant que quelques éléments du script originel, il parvient ainsi à en proposer une relecture simplifiée mais dont les effets purement cinématographiques tirent l’ensemble par le haut.

Avec un tel réalisateur, tout est affaire de mise en scène conceptuelle. Le thème du labyrinthe, véritable métaphore de l’esprit torturé des principaux personnages, s’impose ainsi de manière physique et allégorique, comme une mise en abîme : Dans l’esprit des personnages, dans les couloirs de l’hôtel, dans le jardin. Il est décliné partout.
L’équilibre entre la présence et l’absence des habitants de l’hôtel est également mis en scène de manière complexe et maniaque : Tandis que les fantômes n’apparaissent dans le cadre que de manière ponctuelle mais centrée, les vivants se reflètent sur tous les coins de l’image par un jeu de reflets de tous les instants (sur les miroirs, dans les fenêtres, etc.). Soit une façon purement cinématographique de développer certains des thèmes puisés ici et là dans le roman initial, auxquels s’ajoutent des effets horrifiques saisissants, qui n’ont pas pris une ride contrairement à la plupart des films d’horreur de la même époque…

Le labyrinthe de l’esprit…

Le labyrinthe de l’esprit… © Warner Home Video / Source : Curbed 

C’est un fait établi : La peur en iconographie ne survit pas au poids de l’âge, et le cinéma, qui allie l’image et le son (deux vecteurs de peur s’il en est), n’échappe pas à cette règle indéniable : Ce qui nous faisait peur il y a des décennies ne nous fait plus peur aujourd’hui. La peur « vieillit » mal, car elle est dépassée dans le temps par de nouvelles itérations.
Mais ce Shining de 1980 demeure toujours assez effrayant, et ce malgré une image surannée qui semble directement surgir des années 70 ! Les effets sont pourtant simples, voire archétypaux quand on y pense : Deux petites filles fantomatiques qui apparaissent brutalement dans un couloir au tournant d’un virage ; des flots de sang qui dégoulinent d’un escalier ; un gros plan sur le visage d’un enfant déformé par la peur ; une vieille femme décrépite qui avance vers la caméra en exultant d’un rire sépulcral ; une musique à faire pâlir d’angoisse un mur de pierre… Mais effectivement, rien que d’y penser on en frissonne d’angoisse ! Au point que, bien des décennies plus tard, la plupart des réalisateurs de films d’horreur continuent de réutiliser de tels effets !

Mais cette débauche de trouvailles cinégéniques s’oppose à une certaine « trahison » de l’intrigue imaginée par Stephen King. Raison pour laquelle de nombreux lecteurs n’ont pas apprécié cette adaptation, qui fait l’impasse sur beaucoup trop d’éléments issus du roman, et en transforme beaucoup d’autres. Il convient néanmoins de préférer la version longue et ses 25 mn supplémentaires rajoutées au montage, qui ramènent beaucoup d’éléments jadis écartés en provenance du roman, réhabilitant ainsi un certain nombre de détails le rendant plus proche du roman initial.

Stephen King regrettera néanmoins ce manque de fidélité envers son œuvre, au point qu’il sera l’initiateur d’une nouvelle adaptation en 1997 (près de vingt ans plus tard), dont il écrira le scénario en personne, en plus de produire le film et de superviser sa mise en scène. Le résultat sera à la fois très différent et très complémentaire de la version de Stanley Kubrick, substituant à l’expérience sensorielle de l’un (la première version de 1980), la richesse thématique de l’autre…

B) Version 1997

En 1997, une nouvelle adaptation voit ainsi le jour sous la forme d’une mini-série en trois parties de 87 minutes réalisée par Mick Garris, un habitué des adaptations de l’écrivain (on lui doit notamment La Nuit déchirée, Le Fléau, Riding The Bullet, Desolation et Bag of Bones !).

Beaucoup plus longue que la première version, cette seconde mouture développe ainsi davantage les thèmes de son auteur, notamment celui de la maison maudite, ici transformée en hôtel de luxe…
King a imaginé un cadre édifiant pour illustrer cette descente aux enfers : Construit par un homme malfaisant et dont l’histoire est parsemée de tragédies, de suicides suspects et de meurtres atroces, l’hôtel a fini par tisser des liens malsains et surnaturels avec l’esprit de ses défunts clients, des mondains jouisseurs à la morale déviante. Ainsi, cette construction de l’homme devient le réceptacle de toutes ses malveillances inconscientes, qui se retournent contre les âmes égarées et se déchainent lorsque celles-ci sont isolées et en proie à leurs propres tourments.
L’écrivain reprendra ce dernier thème bien des années plus tard, lorsqu’il imaginera le scénario de la mini-série télévisée Rose Red dont nous reparlerons plus bas…

Une famille modèle ?

Une famille modèle ?© Warner Bros / Source : Imdb 

Cette mini-série télévisée ne doit pas être considérée comme un remake du film de Stanley Kubrick, mais plutôt comme une nouvelle adaptation voulue la plus fidèle possible par Stephen King lui-même, très impliqué dans sa conception.

Si l’écrivain respectait la version de Kubrick pour ses qualités strictement cinématographiques, il ne cachait pas sa déception en termes d’adaptation. Il souhaitait depuis longtemps s’atteler à une nouvelle version, afin que ses propres thèmes soient bien présents et que toutes les scènes évacuées ou transformées par le réalisateur de 2001 : l’odyssée de l’espace soient restituées de manière fidèle et développées en harmonie avec sa propre vision du récit.
Ainsi, de nombreux détails absents de la version de 1980, ou différemment exploités, sont cette fois repris scrupuleusement, l’ensemble étant rendu possible étant donné la très longue durée du téléfilm (plus de 4h15 !).

Si la forme télévisuelle de cette nouvelle adaptation joue forcément en sa défaveur, avec une mise en scène un peu froide et des effets spéciaux assez limités (et ce malgré un budget conséquent de 25 000 000 $), le résultat n’en est pas moins extrêmement réussi. A la base de cette réussite, il y a évidemment l’écriture généreuse de Stephen King, qui soigne comme à son habitude la caractérisation des personnages principaux, qui vibrent d’une humanité riche et complexe. Le personnage de Jack Torrance (quand bien même Steven Weber ne parvient pas à nous faire oublier Jack Nicholson) s’impose ainsi comme un individu aux multiples facettes, capable d’embrasser une multitude de sentiments ambivalents.
Les acteurs sont tous de solides artisans et le casting est dans l’ensemble très réussi, avec une magnifique interprétation de Rebecca de Mornay (la mère) et une présence habitée du tout jeune Courtland Mead (le fils). Pour le reste, les vétérans Melvin Van Peebles, Eliott Gould et Pat Hingle complètent ce casting de manière optimale.

Un père modèle ?

Un père modèle ? © Warner Bros / Source : Arrêt Sur Séries 

Les spectateurs les moins impressionnables pourront toujours faire la fine bouche, mais le résultat est pour le moins prenant et angoissant. Et ces trois parties vous réservent de grands moments de terreur glaçante et viscérale, avec des instants bucoliques et envoûtants traversés de fulgurances tétanisantes (le sommet étant évidemment atteint à l’intérieur de la « Chambre 217″).
La mini-série avance ainsi inexorablement vers une descente aux enfers qui met à rude épreuve les nerfs et la résistance du spectateur, qui assiste à la destruction de la famille Torrance comme s’il en faisait partie, vivant ses tragiques et épouvantables événements de l’intérieur, isolé avec elle au milieu des neiges angoissantes et infranchissables du Colorado.
La peur va et vient au rythme des séquences et, paradoxalement, s’intensifie lorsqu’il ne se passe rien. Je m’explique : Si les apparitions des esprits de l’hôtel ne sont pas effrayantes (à l’exception de la femme de la « Chambre 217″ et de quelques fantômes masqués), toutes les scènes où la menace est hors champ sont quasi-insoutenables. Et c’est dans ces moments d’attente interminable, lorsque l’on se demande ce qu’il va se passer au son d’une musique angoissante au plus haut point, que le cœur se met à battre avec d’autant plus d’empressement…
Le film est ainsi extrêmement bien rythmé et équilibré, et l’on suit ces quatre heure quinze avec une addiction sans faille.
Certainement l’une des adaptations des romans de Stephen King parmi les plus réussies.

Que cache donc la chambre N°217 ?

Que cache donc la chambre N°217 ? © Warner Bros / Source : No Real Danger 

4) Salem’s Lot : Quand on arrive en ville…

Le pitch : L’écrivain Ben Mears est de retour à Jerusalem’s Lot, sa ville natale, dans le Maine. Il compte écrire un roman autour de la maison des Marsden, un vieux manoir abandonné, isolé sur la colline qui surplombe la ville. Mais il apprend que la maison vient d’être vendue par un promoteur à deux étrangers : Richard Straker & Kurt Barlow, des antiquaires.
Lorsqu’il était enfant, Ben était entré dans la maison alors qu’elle était encore habitée par ses propriétaires. Et il avait assisté, par un incroyable concours de circonstances, à la mort de ces derniers. Comme pour exorciser ses vieux démons, Ben entreprend l’écriture de son roman afin de tirer un trait définitif avec ces douloureux souvenirs.
Peu à peu, tandis que le mystérieux Kurt Barlow n’a pas encore fait son apparition, certains enfants de Jerusalem’s Lot commencent à disparaitre dans des conditions étranges. Le mal serait-il de retour à Marsden House ?

Comme ce fut le cas pour Shining, Les Vampires de Salem (Salem’s Lot en VO) a connu deux adaptations. Soit deux téléfilms fleuves, le premier datant de 1979, et le second de 2004, tous-deux initialement diffusés en deux parties.
La première version est réalisée par un Tobe Hooper encore auréolé de son Massacre à la Tronçonneuse qui s’implique dans une adaptation très ambitieuse, de même que ses deux stars, James Mason et David Soul, notre « Hutch » bien aimé !
Au départ prévue pour durer quatre heures, cette adaptation est réduite à une durée de 184 minutes, souffrant au final d’un montage donnant au film un aspect un peu incomplet. Sans doute très effrayant lors de sa première diffusion, notamment grâce à des maquillages et des effets horrifiques saisissants, il souffre désormais du poids de l’âge et affiche une patine kitsch qui risque de déplaire aux jeunes générations.

Pour autant, cette première version demeure relativement fidèle au roman initial et elle bénéficia à l’époque de l’adoubement de Stephen King, l’élevant au rang des meilleures adaptations des œuvres de l’écrivain.
Replacé dans son contexte, le film est effectivement très honorable et se regarde avec plaisir. Bien qu’il y manque un certain nombre d’éléments en provenance du roman (notamment tous les souvenirs d’enfance de Ben Mears), il bénéficie d’une production ample (décors impressionnants, bande-son de grande qualité) qui lui permit d’ailleurs d’être diffusé dans les salles de cinéma (notamment en France), hélas dans une version tronquée de 112 minutes assez calamiteuse, qui resta la seule visible jusqu’à la sortie du DVD en 2007, offrant au film la mauvaise réputation qu’il ne méritait pas !
Pour l’essentiel, Les Vampires de Salem version 1979 demeure un modèle pérenne puisqu’il va initier le principe des mini-séries télévisées, servant de terrain idéal aux adaptations des plus longs romans de Stephen King. Un modèle toujours utilisé de nos jours.

L’enfant vampire. Monstre ou victime ?[/caption]

La seconde adaptation se décline également sous la forme d’un téléfilm de 181 minutes, réalisé en 2004 par Mikael Salomon.

Cette seconde version est excellente en tout point. Dans la mesure évidemment où les puristes ne doivent pas non plus espérer une transposition littérale du roman…
Le casting haut de gamme additionne la présence de Rob Lowe (Ben Mears), Donald Sutherland (Richard Straker), Rutger Hauer (Kurt Barlow) et James Cromwell (le père Donald Callahan). La réalisation est ambitieuse et bénéficie des moyens à la hauteur de l’entreprise.
La musique est particulièrement somptueuse, gothique et lugubre à souhait. Composée par Patrick Cassidy et Christopher Gordon, avec la présence de Lisa Gerrard (du groupe Dead Can Dance) pour les vocalises, elle mérite à elle seule le détour (le CD est une grande réussite dans le genre). L’atmosphère lugubre du score sied d’ailleurs parfaitement à la noirceur et à la mélancolie du roman de Stephen King, à cette ambiance unique qu’exhale l’état du Maine et cette partie du nord de l’Amérique, perpétuellement baignée de pluies et de brumes.

Le film en lui-même est à la fois très classique entant qu’histoire de vampires, et totalement envoûtant (c’est quand même une histoire de Stephen King !). Dominé par la voix-off de Rob Lowe qui retranscrit littéralement le texte de l’écrivain, il se déroule sans temps mort et résiste bien au poids des ans, puisque je la regarde toujours aussi volontiers à peu-près une fois par an, généralement lors des fêtes d’Halloween…
Bien évidemment, son format télévisuel possède ses limites et ce n’est pas un film d’auteur. Inutile, donc, de chercher à le comparer à du Stanley Kubrick. Il ne s’agit que d’un divertissement, gentiment horrifique, mais racé et superbement mélancolique.
Comme de coutume avec les œuvres de l’écrivain, les personnages sont très habités et les lieux suintent une aura mystérieuse à l’atmosphère unique en son genre. Atmosphère parfaitement rendue par le film de Mikael Salomon.

Marsden House, la maléfique…

Marsden House, la maléfique… © Warner Bros / Source : Universal Monsters Universe 

Dans la perspective de l’œuvre de Stephen King et des thèmes dont nous parlions plus haut, il est aujourd’hui impressionnant de relever, à travers cette simple histoire de vampires, l’épaisseur et la richesse du sous-texte. Et de constater à quel point certains des thèmes récurrents de l’auteur de Carrie viennent former sa structure littéraire.
Parmi tous ces thèmes qui reviennent en boucle dans les lignes du maître du fantastique, trois sont particulièrement à l’œuvre dans les lignes de Salem’s Lot :

- le thème du Passage douloureux de l’enfance à l’âge adulte (à l’œuvre dans Ça ou Stand By Me) est pleinement incarné par le personnage du jeune Mark Petrie, le seul à survivre à l’épidémie. De même que les souvenirs de Ben Mears le ramènent à sa douloureuse expérience en la matière, symbolisée par son entrée dans la maison des Marsden, comme un rite de passage traumatisant entre les deux âges…

- Le thème de l’Ecrivain en quête de rédemption est également très représenté. Comme ce sera aussi le cas à maintes reprises (La Part des Ténèbres, Désolation ou Sac D’Os), King met en scène le personnage d’un écrivain qui cesse d’écrire, sortant ainsi du confort de l’imaginaire afin de lutter contre le mal de façon concrète. Une manière pour l’auteur lui-même de signifier, entre les lignes, ses regrets et ses angoisses de ne pas vivre pleinement le réel durant toutes ces longues heures passées à écrire…

- Enfin, et davantage encore que les autres thèmes précités, celui de la Ville consumée par le mal et de la Maison maudite comme point névralgique de ce mal, traverse Salem’s Lot comme une fulgurance. Là encore, on retrouve cette thématique dans bien d’autres œuvres de l’écrivain, qu’il s’agisse de ses romans ou de ses scénarios directement écrits pour le cinéma ou la télévision (Le Bazaar de l’Epouvante ou Les Tommyknockers pour la ville, Shining ou Rose Red pour la maison).

 Retour aux sources du mal, pour l’écrivain Ben Mears (Rob Lowe)…

Retour aux sources du mal, pour l’écrivain Ben Mears (Rob Lowe)… © Warner Bros / Source : Stephen King Wiki 

Dans Salem’s Lot, la maison Marsden, véritable personnage à part entière, est devenue maudite depuis que ses habitants ont tissé avec elle des liens malsains (ils y sacrifiaient des enfants). Elle sera le centre d’une déflagration, une réaction en chaine qui contaminera la ville entière, répandant le mal comme une épidémie. Voilà donc que les habitants de Jerusalem’s Lot, jadis éprouvés par les abominations perpétrées à Marsden house, abominations qu’ils préférèrent ignorer plutôt que d’affronter le mal, doivent désormais assumer les retombées de la malédiction qu’ils refusèrent de lever par le passé.
Soit une manière symbolique, une parabole pour exprimer les maux de nos sociétés, notamment lorsque les valeurs humaines élémentaires (entraide et protection du plus faible) sont abandonnées par la communauté, qui préfère se réfugier dans la cécité et l’ignorance, dans la lâcheté la plus totale…
C’est dire toute la richesse du script de Stephen King, qui s’élève bien au delà d’une simple histoire de vampires pour embrasser le terrain de la fable, voire du mythe, alors que l’écrivain n’en était, en 1975, qu’à son second roman à peine…

5) Rose Red : La maison du diable !

Rose Red est une mini-série télévisée réalisée en 2002 par Craig R. Baxley et diffusée à l’origine en trois segments d’une durée de 1h25 environ. Le scénario est rédigé par Stephen King en personne. Il s’agit d’un scénario original, que le romancier a écrit spécifiquement pour le tournage de la mini-série (il ne s’agit donc pas de l’adaptation de l’un de ses romans).
A l’origine, King souhaitait écrire le remake du film La Maison du Diable, réalisé en 1963 par Robert Wise (au vu de ses thèmes de prédilection, on comprend pourquoi !). En 1990, le romancier approcha Steven Spielberg mais les deux hommes ne s’entendirent pas du tout sur le résultat. Stephen King se détourna du projet et Spielberg le produisit de son côté avec le réalisateur Jan de Bont. Hantise sortit ainsi en 1999 et se traine depuis l’une des pires réputations (complètement justifiée !) de nanar de l’histoire du cinéma d’épouvante…

Au début des années 2000, Stephen King est victime d’un accident de la route. Choqué, il entame une thérapie en reprenant son projet de maison hantée à la base. S’il préserve le point de départ du script de La Maison du Diable (un professeur de parapsychologie invite un groupe de personnes possédant des aptitudes psychiques à intégrer une maison réputée hantée afin de mener une expérience paranormale), qui était à l’origine un roman de Shirley Jackson, il dévie ensuite de cette ligne narrative pour développer sa propre intrigue. Il reprend alors le décor d’une véritable maison possédant la réputation adéquate (la mystérieuse « Maison Winchester », dont l’intérieur est aménagé de manière complètement incohérente, un peu comme si la maison s’était construite elle-même de façon capricieuse !), qu’il déplace de la Californie à Seatle.

 Pas de bon film d’épouvante sans une bonne musique d’épouvante…

Pas de bon film d’épouvante sans une bonne musique d’épouvante… © Warner Bros

Ensuite, King va jouer sur les poncifs du genre en préparant une campagne publicitaire basée sur le fameux postulat « inspiré d’une histoire vraie », qui est devenu l’apanage des films de maison hantée (on se souvient d’Amytiville la Maison du Diable dont certains pensent encore qu’il s’agissait quasiment d’un documentaire !). Il laisse alors finement entendre qu’il existe quelque part « le journal intime d’Ellen Rimbauer », la jeune femme qui habita le manoir Rose Red, dans lequel de nombreuses personnes disparurent de manière mystérieuse, et qui est devenue sa principale source d’inspiration…
Par delà les réseaux sociaux, la rumeur se répand et Rose Red devient ainsi la nouvelle maison hantée sur laquelle il faut compter ! La production demande alors à l’écrivain Ridley Pearson d’entamer la rédaction du roman Le Journal d’Ellen Rimbauer, qui narre la genèse de Rose Red et dont l’adaptation télévisuelle (excellente aussi) sera tournée en 2003 !

Ainsi s’est développé le projet de cette histoire que Stephen King rêvait d’écrire depuis son enfance.
Le film est plutôt réussi du haut de ses 4h15 ! L’atmosphère est envoûtante à souhait, notamment grâce au décor de la maison qui, évidemment, demeure le personnage principal du récit.
Plutôt que de reprendre les codes de la peur suggérée comme l’avait magistralement développée Robert Wise dans La Maison du Diable, King va multiplier les divers effets d’épouvante sans le moindre complexe et jouer sur tous les codes cinématographiques de la peur : Maison qui tremble, pièces qui se transforment, silhouettes fantomatiques qui se déplacent trop vite pour que l’on puisse les voir (comme dans le sublime Les Innocents réalisé par Jack Clayton en 1961), apparitions fantomatiques sous forme vaporeuse ou au contraire sous l’apparence de zombies décharnés, zoom précipités sur le visage horrifié des protagonistes, travellings contrariés jouant sur les courtes focales (le fameux « trans-trav » d’Alfred Hitchcock !), musique ténébreuse, statues effrayantes qui paraissent habitées par les démons, envahissement des éléments hostiles de la nature (plantes et racines, abeilles, corbeaux)… Tout y passe !

Welcome to Rose Red…

Welcome to Rose Red…© Warner Bros / Source : écranlarge 

A l’arrivée, le résultat est extrêmement classique dans le fond et ne fera peur qu’aux spectateurs les plus facilement impressionnables. Mais les qualités de l’ensemble se trouvent ailleurs : Soignant la caractérisation de ses personnages en prenant bien soin de les développer de l’intérieur et de contourner les archétypes du genre (point de manichéisme primaire), Stephen King maintient un suspense constant grâce à une écriture riche et dense, qui évite les dénouements attendus.
Comme à son habitude, l’écrivain parvient à injecter une toile de fond pleine de sens en imaginant cette maison construite avec des pierres du vieux continent transportées dans le « nouveau monde », dont la mise en chantier est initiée par un homme mauvais, qui épouse une femme qu’il va peu à peu souiller de ses déviances (souvent sexuelles). Eprise de sa maison davantage que de son mari, la jeune femme va tisser des liens malsains avec la demeure, qui développera de manière vengeresse et ostentatoire toutes ses malveillances inconscientes (soit le même thème abordé de manière plus ou moins proche dans Shining et Salem’s Lot)…

Malgré un casting assez lisse (si l’on excepte les personnages de Nick et Emery, incarnés par des acteurs plus habités que les autres) et une fin manquant de surprise et de panache, le film vaut le détour et s’impose comme une solide itération sur le thème de la maison hantée, qui en propose un florilège assez édifiant. Bien filmé, superbement photographié et parsemé d’effets spéciaux très réussis, Rose Red s’inscrit au panthéon des films de maison hantée avec une force certaine qui contentera les amateurs de frissons surannés et d’ambiance ténébreuse, le tout construit autour d’une script soigné et généreux. Et si l’ensemble manque d’originalité, il ne manque pas de charme…

 La quintessence de la maison hantée.

La quintessence de la maison hantée © Warner Bros/ Source : écranlarge 

6) The Night Flier : La plume de la nuit

L’air de rien, ma sélection est frustrante car j’aurais envie d’ajouter encore un certain nombre d’adaptations afin de nourrir mon sujet !
Dreamcatcher, les Tommyknockers, Désolation, La Tempête du Siècle, Stand By Me, La Part des Ténèbres, Le Bazaar de l’Epouvante, Bag Of Bones sont autant de films et de téléfilms qui apporteraient de l’eau à mon moulin sur le terrain des thèmes littéraires qui parcourent l’œuvre de Stephen King.

Je terminerai néanmoins par The Night Flier (Les Ailes de la Nuit en VF), petit film sans prétention qui figure pourtant parmi mes préférés dans le registre des adaptations du maitre du fantastique.
Il s’agit d’un film d’horreur réalisé par Mark Pavia en 1997. La nouvelle homonyme de Stephen King (intitulée Le Rapace Nocturne en VF !), avait été publiée dix ans plus tôt dans le recueil Rêves et cauchemars.

Le synopsis : Richard Dees est un journaliste qui officie pour le tabloïd « Inside View », un journal spécialisé dans les images choquantes et les meurtres les plus abjects. Il réussit à obtenir les meilleurs sujets (c’est-à-dire les pires au niveau du contenu abominable) de par son tempérament sans concession, cynique et grâce à sa vitesse de déplacement (il possède un petit avion particulier).
Il s’intéresse désormais à une série de meurtres commis par un sérial-killer qui se déplace également grâce à un biplan et fréquente les petits aéroports où il massacre certains des habitants. Apparemment, le meurtrier, qui se fait appeler Dwight Rainfield (« Dwight » = le prénom de l’acteur ayant interprété le personnage de Rainfield dans le Dracula de 1931, avec Bela Lugosi), se prend pour un vampire…

Une affiche originelle qui ne spoile pas du tout l’apparence du monstre…

Une affiche originelle qui ne spoile pas du tout l’apparence du monstre… © New Line Cinema

A l’origine, The Night Flier fait partie intégrante de l’œuvre de Stephen King et développe l’un des thèmes favoris du romancier, où la littérature se mêle au réel, l’écrivain donnant corps à ses fictions par le pouvoir de l’écriture. Le personnage de Richard Dees incarne ainsi la face damnée de l’écrivain, c’est-à-dire le journaliste people, le journaliste à scandale, celui qui met sa plume au service de ce que l’écriture possède de moins noble, afin d’attirer le lecteur par des procédés racoleurs et sordides qui lui permettent de vendre un maximum de papier sans la moindre déontologie.

Au bout d’un moment la question va alors se poser, implacablement : Et si Dwight Rainfield était une création directement issue de ce jeu macabre de la course au fait divers toujours plus choquant et effroyable ? Un postulat fascinant, que le script va utiliser afin de maintenir un suspense croissant…
Ainsi se développe une réflexion vertigineuse à base de similitudes entre la presse à sensation et le vampirisme, renouvelant par la même occasion le mythe des créatures suceuses de sang ! L’analogie entre le journalisme et le vampirisme devient alors évidente dès lors que sont mis en lumière les procédés détestables et la soif de sang de certains journalistes de tabloïd parmi les moins scrupuleux…

Et si Dracula avait un avion ?

Et si Dracula avait un avion ?© New Line Cinema / Source : Radiator Heaven 

Le film en lui-même pourra ne pas plaire à tout le monde. Tout d’abord il est particulièrement gore et violent, porté par des personnages plutôt déplaisants. A ce titre, le choix de confier le rôle principal à Miguel Ferrer (le fils de José Ferrer) est un coup de maître, l’acteur faisant preuve d’un charisme à toute épreuve en réussissant à incarner un personnage à la fois antipathique et fédérateur, auquel le spectateur s’attache malgré sa personnalité extrêmement négative.
L’atmosphère du film (soutenue par une musique à la fois mélancolique et inquiétante) est envoûtante et réussit parfaitement à retranscrire celle des histoires de Stephen King, qui évoluent la plus-part du temps dans les paysages angoissants de l’état du Maine, au nord de l’Amérique.
La mise en scène manque sans doute de relief et le résultat oscille entre la production cinématographique, le téléfilm et la série TV haut de gamme. Mais si je devais choisir, je dirais que le film, dans la forme et dans le style, s’apparente à un excellent épisode de la série X-Files, ce qui en soit est une qualité !

Pour ma part, il s’agit d’un film que j’adore et de l’une des adaptations du King parmi mes préférées. Ainsi, bien que The Night Flier s’apparente à une bonne petite série B davantage qu’à un grand film fantastique, je le trouve vraiment très réussi.

Ainsi s’achève ce tour d’horizon.
J’espère humblement avoir apporté ma pierre à l’édifice consistant à démontrer à quel point l’œuvre de Stephen King est riche et que nous nous frottons ici à l’un des principaux créateurs littéraires de notre temps.
C’est dire oh combien l’intelligentsia ayant conspué le bonhomme depuis maintenant plusieurs décennies est à côté de la plaque et comme le mépris affiché de l’élite intellectuelle pour le genre fantastique (et horrifique) est tenace.
Heureusement que la nation geek ne s’est pas laissé avoir et a célébré l’écrivain au point qu’il soit devenu une icône culturelle destinée à briller au firmament des auteurs phares de notre domaine de prédilection, aux côtés d’Edgar Alan Poe, H.P. Lovecraft, Arthur Conan Doyle, Robert E. Howard, Michael Moorcock et J.R.R. Tolkien…

Petit anecdote : King est également, comme un grand nombre de geeks, un musicien amateur. Il a ainsi fondé un groupe de rock (entant que guitariste) avec Matt Groening et le chanteur Al Cooper (et d’autres écrivains que je ne connais pas) : Rock Bottom Remainders !

Bien évidemment, on pourrait encore étendre le procédé et aborder les domaines de la bande-dessinée avec des créations comme American Vampire ou Stephen King : N auxquelles il est associé. De même que les adaptations de ses romans de plus en plus nombreuses qui voient le jour sous ce medium, comme Le Fléau (12 tomes chez Delcourt), La Tour Sombre (une quinzaine de tomes pour une série toujours en cours de publication), ou encore des transpositions comme Creepshow par Bernie Wrightson ou des projets associés à son fils Joe Hill (Road Rage, chez Panini). Et puisque l’on parle de Joe Hill, ce n’est pas la moindre des « créations » de Stephen King que ce fils prodige qui nous a déjà offert la fabuleuse série Locke & Keys, ici déjà chroniquée à plusieurs reprises…
Alors que Dieu prête vie à cette famille fantastique, passée maîtresse dans le domaine de la peur…

Quand Maître King fait le clown…

Quand Maître King fait le clown…  Source : Stephen King France 

142 comments

  • Matt  

    Moi je dirai même qu’il manque les meilleurs^^ (sorry hein)
    La ligne verte, Misery, The mist, Dolores Claiborne, les évadés, Dead Zone.
    Je n’ai pas encore vu Jessie et 1922. Il suffit que je décide d’être honnête et limiter les téléchargements pour que ces foutus films ne sortent plus en DVD/blu-ray mais uniquement sur Netflix. Et j’ai pas Netflix. Et je n’en veux pas.

  • Matt  

    Je n’aime pas cette soi disant modernité qui te dit qu’en gros, t’as aucun contrôle sur ce que tu paies. Tu paies un abonnement pour des films que tu ne posséderas jamais, qui disparaissent parfois de leur catalogue même si t’avais peut être encore envie de le voir.
    Au final tu paies comme pour la télévision, mais beaucoup plus cher. Et t’as aucun contrôle sur les programmes. Certains films foutent le camp.
    C’est un peu comme les jeux vidéo dématérialisés. Le jour ou ils ferment le magasin en ligne, t’auras plus accès aux téléchargements des jeux que t’as payé. Et quand ils décident de retirer le jeu de la vente, c’est fini. Des fois ils font une mise à jour de la console et hop le jeu ne marche plus car il n’est plus maintenu à jour.
    Je n’aime pas tout ça. Au final si un jour Netflix s’arrête, t’auras dépensé des milliers d’euros psur plusieurs années et t’auras plus rien.
    Alors certes pour le prix tu as accès à plein de choses. Mais la quantité je m’en fous. Je dirais même que ce « trop plein » de choses fait que tu peux passer une heure à ne pas savoir quoi regarder.

    Pour continuer, l’audience à son importance sur Netflix, donc on peut facilement imaginer que les films qui marcheront le mieux resteront et les autres disparaitront. Ce qui fait qu’on aura peut être des merdes comme les films Transformers à vie, mais que certains films japonais sous-titrés ne plairont à personne.

    C’est la télé, quoi, c’est pareil. Juste plus moderne puisque tu choisis quand tu veux ce que tu veux voir. Mais t’es complètement dépendant de leurs choix commerciaux.

    En gros c’est pas pour moi^^ Je préfère un DVD qui aura aussi quelques bonus et que je pourrais garder et regarder quand je veux sans risque qu’il disparaisse. Tant pis si ça fait de moi un dinosaure collectionneur de supports physiques.

  • Matt  

    Et on peut prêter les supports physiques aussi^^

    Netflix c’est encore prévu pour que chacun paie sa part dans son coin. Comme les jeux vidéo qu’on ne peut même plus revendre à présent qu’ils sont souvent liés à un compte personnel (à l’ère du recyclage c’est beau d’être obligé de jeter…)
    Tu vas me dire qu’on peut enregistrer sur DVD un film de Netflix mais à ce compte là c’est pareil qu’avoir un DVD quoi^^ Sauf que t’as un truc fait à l’arrache moche sans jaquette.
    Donc autant avoir un DVD qui sera mieux fichu (les DVD gravés ont un temps de vie bien plus limité que les DVD pressés du commerce)

  • Tornado  

    Alors prochainement il n’y aura pas non plus les meilleurs films (La ligne verte, Misery, The mist, Dolores Claiborne, les évadés, Dead Zone), désolé (à moins que d’autres que moi en aient préparé mais je ne suis pas au courant).
    Mais d’autres très bons films d’après le King ont déjà été chroniqués sur le blog (Stand By Me, Carrie). Il faut juste attendre que le boss les remette en ligne.
    M’enfin, dans l’article ci-dessus, tu as quand même Shinning…

    • Bruce lit  

      Jessie est aussi au programme de la semaine….

      @Matt : Mon épouse m’a offert un abonnement Netflix. Je n’en attends rien question cinéma, par contre pour les séries c’est idéal pour de jeunes parents épuisés dont les enfants dorment à 21h30. A cette heure là, impossible de me revoir Mort à Venise ou encore un marvel…C’est ce qui, je pense, séduit au format série.
      Voici une décennie que je n’achète plus de DVD par manque de place et de temps. Je suis plus attaché à mes Bds et mes disques. C’est aussi nigaud que ça. Mais je comprends ton point de vue.

      • Matt  

        Netflix est bien pour des consommateurs qui regardent et oublient, ou ne veulent rien garder.
        Et hélas le public de ce genre est de plus en plus grand. Il consomme du film et des séries au kilomètre de manière passive et végétative avec une offre abondante qui crée des besoins^^
        ça ne me fait pas envie.
        Je me procure des films pour pas trop cher et je sélectionne. Je n’en ai pas des milliers même si je suis un fan de cinéma.

        • Bruce lit  

          Moui….
          C’est plus facile pour moi que de télécharger des séries, me faire flasher par Hadopi, synchroniser les sous titres. Enfin la configuration de ma maison fait qu’il m’est plus agréable de voir mes séries sur tablettes que sur mon home DVD qui fera sursauter les gosses au moindre coup de feu.
          Mais je le redis : je suis d’accord avec toi. Je ne pourrais pas faire ça avec la musique par exemple au contraire d’un certain -BEEP- qui m’a surpris en bazardant tous ses disques pour les écouter en ligne.

          • Matt  

            Je ne disais pas que tu étais un consommateur végétatif^^ Mais il y en a.
            Et si tu ne veux rien conserver, j’imagine que ça peut avoir son avantage plutôt que de télécharger ou acheter.
            C’est juste pas mon truc.
            Je n’aime pas non plus qu’on me propose trop de trucs. Si on se pointait chez moi avec un camion contenant 1000 BD, et qu’on me disait « choisis, t’as 30 minutes » (parce qu’au delà, c’est ridicule, il sera l’heure d’aller dormir et t’auras rien trouvé à lire encore^^) ben je vais avoir une réaction de rejet. Trop de trucs, trop de besoins artificiellement créés comme quand on te bombarde de publicités.

            Je préfère me balader sur des sites, lire des articles ici, entendre un pote me parler d’un film, et je vais juste aller voir celui là.
            Je ne suis pas un consommateur de séries non plus.

          • Matt  

            ça m’amuse davantage aussi de partir en quête de l’objet rare^^
            J’ai chopé (et informé Tornado à ce propos) un blu-ray region free qui contient le director’s cut de la petite boutique des horreurs de Frank Oz, avec sous titres français et tout. Acheté auprès d’un vendeur anglais bien sûr puisque cette version du film (avec la « bad ending » géniale) n’est pas sortie chez nous.

          • Matt  

            Il n’empêche Bruce que le « c’est plus facile » nous perdra tous^^

            Je n’aimais pas le blu-ray parce que je le prenais pour une menace pour le marché du DVD et donc la pérennité des films méconnus qui n’ont jamais bénéficié de restauration HD…mais en fait la bataille a déjà changé.
            Maintenant c’est le streaming centralisé et dématérialisé qui menace tous les supports individuels.
            On ne possédera plus rien, on paiera pour du vent mais ce sera facile parce qu’au final ça prendra moins de place. Et en attendant les sociétés privées nous imposeront leurs programmes et constitueront un profil psychologique des habitants en fonction de ce qu’ils regardent.
            Ces profils pourront être partagés sur les réseaux sociaux parce que c’est « fun » de tout partager^^, ou les diffuseurs vendront les profils à des firmes comme Google pour mieux cibler les goûts des gens.
            Ou encore ces profils stockés dans un cloud que des gens insoupçonnés pourront consulter pourront être réquisitionnés par les gouvernements pour une surveillance quelconque.
            Mais tout sera plus facile, on fera 3 clics sur une télécommande et sans bouger de nos fauteuils spécialement conçus pour obèses, on accédera à tous nos loisirs et nos préférences…absolument pas confidentielles. Mais pour le confort, ne sacrifierons-nous pas nos libertés et notre intimité ?^^

            Euh…ah pardon, ma parano aurait-elle repris le dessus ?^^

          • Tornado  

            Qui ?

  • Matt  

    C’est vrai Shining est bien aussi.
    Même si King n’en était pas content et qu’il a fait une mini série que j’ai trouvé looonnngue et pénible^^ (ça bavarde autant qu’il écrit dans ses romans, ce qui n’est pas le bon choix au cinéma pour moi, il ne fait rien passer par l’image à part de lamentables effets spéciaux en CGI de Playstation 1^^)

  • Tornado  

    Je ne suis pas d’accord pour la version TV de Shining (mais c’est écrit dans l’article), sauf pour la qualité des effets spéciaux…

    Je vais me faire « Jessie » et « 1922″ d’un jour à l’autre. Ainsi que, peut-être, la saison 1 de Castle Rock…

    • Matt  

      Je sais que t’es pas d’accord mais alors moi vraiment, avec tous les efforts du monde, ses mini séries comme Tommyknockers, langoliers, je les trouve plus kitsch que les films des années 30. Il y a des acteurs qui surjouent, des effets ridicules…et comme ça a été fait dans les années 80/90, je peux pas prendre à au sérieux.
      Un tuyau avec des dents en CGI qui attaque la caméra ? Punaise la créature du lac noir me fait plus flipper que ça^^

      • Tornado  

        Remarquerais-je un little soucy de ta part avec les années 80 ? « Conan le Barbare », « Indiana Jones & le Temple Maudit », certaines adaptations de Stephen King…
        C’est amusant : Plus on commence à se connaitre avec les copains du blog, plus on s’aperçoit qu’on a tous des « couaks » très personnels ici et là. Moi avec les comics de super-héros old-school, Bruce avec la SF et l’Heroic Fantasy… Des éléments qui paraissent incohérents pour les autres, alors que de notre côté, on les perçoit comme naturels ! :D
        Les films (ou téléfilms) kitsch des années 80 ne sont pas, pour moi, moins bons que ceux des décennies précédentes…

        • Matt  

          Bah je sais pas, pour moi c’est une époque où les effets spéciaux étaient devenus meilleurs. Regarde The thing de Carpenter !
          Et y’a ces machins qui débarquent après. Alors oui ok le budget n’est pas le même, mais c’est peut être l’utilisation des CGI qui n’ont pour moi aucun charme et qui ont terriblement vieilli qui me révulse.
          T’as déjà vu le film « la mutante » ? Bon le film en lui même est assez naze déjà mais bon dieu la créature en CGI à la fin !! Une cinématique de jeu vidéo. Je préférerais 30 fois voir une bestiole de Harryhausen des années 50 qui bouge moins bien que ce machin tout lisse et fake sorti d’un cartoon ou d’un jeu vidéo. ça me sort du film complètement.

          Pour moi les téléfilms de King ne sont pas représentatifs des années 80. Ils sont clairement beaucoup plus cheap, avec des acteurs qui en font des caisses parfois (je me suis pas remis du cinglé des Langoliers encore. Et ces boulettes de viande à la fin…désolé mais je me marre moi là devant^^ On n’est pas loin de Flash Gordon quoi.

        • Matt  

          Conan le barbare c’est clairement Arnold qui me pose souci. Il me fait marrer, sorry^^
          Le film est beau visuellement, la musique aussi, et tout. Je n’ai pas envie d’être sévère avec le film mais je n’arrive pas à prendre Arnold au sérieux.

          Le 2eme Indiana Jones c’est aussi les acteurs…ou les personnages secondaires qui m’agacent vraiment. « oh là là j’ai peur de ceci et de cela, et je crie encore, et je me plains, et… » pfiou que c’est lourd. Et à côté de ça, le film est plus gore et violent. Étrange mélange de comédie « slapstick » et de scènes plus sombres qui ne marche pas vraiment sur moi.

        • Matt  

          Après je ne suis peut être pas si fan de King que ça aussi. Que ce soit IT, ou les Langoliers, je trouve déjà les concepts de base difficiles à prendre au sérieux. Qu’il y ait une réflexion sur l’enfance et des rapports intéressants entre les personnages est une chose, mais l’aspect horreur est complètement ridicule (pour moi)

          Ensuite dans ces films fauchés, le concept déjà difficile à accepter est mis en image n’importe comment (l’araignée géante dans IT est, d’après ce que j’ai compris, un truc plus vague et laissé à l’imagination, façon Lovecraft, dans le bouquin) Et dans le téléfilm on a des personnages adultes qui sont venus avec…un lance pierres (sérieux ? Même une pelle c’est mieux) pour bousculer un machin en caoutchouc. C’est aussi les actes des personnages qui sont poilants. Qu’est-ce que des adultes foutent avec un lance pierres pour combattre un démon ?

          Les langoliers et les Pacman géants qui grignotent la réalité c’est…j’ai pas de mots…un nuage noir qui engloutit l’horizon aurait été plus inquiétant que ce cartoon fendard à la fin.
          Oui j’assume je trouve ça bien plus kitsch que les gothiques italiens, les films de la Hammer ou les films de la Universal. Clairement.

        • Matt  

          Euh…je ne veux pas te vexer hein, au passage^^ Je précise.
          Mais ces films me font marrer comme des nanars en fait. Je peux difficilement faire comme si je trouvais qu’ils fonctionnent en tant que films.

        • Matt  

          Oserais-je dire que je trouve ces films plus infantiles que ceux des décennies précédentes ? ;-)
          Dans un sens je crois qu’en effet dans les années 80 et 90 il y a eu une période plus « beauf » avec un côté bourrin du genre « on va tout régler avec nos poings, même les démons on va juste taper plus fort dedans »
          Avec des effets spéciaux moins réussis que ceux de Harryhausen 30 ans avant. Les films de cette période que j’aime ce sont ceux avec des effets à l’ancienne comme The thing, The blob, les Cronenberg. Le début des CGI c’est juste trop moche pour moi maintenant. Je fais quelques exceptions comme Deep Rising mais ce n’est pas un film que je prends bien au sérieux non plus, donc ça passe.
          Mais effectivement je crois que même si les années 80 ont des perles, elles ont aussi des films cheap avec des acteurs à la ramasse comme les vendredi 13 et autres slashers boiteux avec des teenagers qui ne savent pas jouer. C’est un peu l’ère des direct to video avec des trucs bien cheap.
          Mais bon il y avait aussi Joe Dante, Cronenberg, Carpenter, donc je ne suis pas anti années 80/90

  • Tornado  

    Pas vexé du tout. Tes arguments fonctionnent. C’est juste que le charme de ces films me font passer un bon moment malgré les défauts (je ne parle pas des Langoliers, dont j’ai aussi trouvé la fin ratée). Mais par exemple je trouve que « Ça » ou « les Tommyknockers » ont du charme par delà leur aspect kitsch. Je trouve que c’est bien raconté, bien joué et bien prenant pour des téléfilms qu’on remet dans leur époque. Il y a une ambiance. Mais effectivement le final de « Ça » avec l’araignée est raté. Mais, avant, il y a quasiment 3h de film réussi !
    Mais bon, voilà quoi : Il y a des trucs qui fonctionnent ou qui ne fonctionnent pas avec nos grilles de lecture respectives. Moi c’est la forme des comics de super-héros old-school qui ne fonctionne pas dans 99% des cas.

    • Matt  

      « Mais, avant, il y a quasiment 3h de film réussi ! »

      Alors…autant je peux t’accorder que la partie avec les enfants fonctionne assez bienn autant je trouve que les adultes jouent comme des patates. Et il y a des effets de style comiques, comme les transitions des flash back.
      Tim Curry est quand même comique tu ne trouves pas ? Volontairement en plus, il a l’air de s’amuser. Mais je ne sais pas si c’était l’effet voulu^^

      Toujours pas vu le remake. En fait j’ai peur de ne pas être réceptif au concept tout court. C’est trop tarabiscoté ce démon qui fait peur sans tuer, qui se change en clown pour attirer les enfants (mais qui conserve pourtant un visage flippant…ça attire les enfants les clowns flippants ?)

      Les tommyknockers pour être complètement honnête, c’est celui dont je me souviens le moins. C’est un truc avec des aliens qui rendent les gens d’une ville super intelligents ou doués dans un domaine ? Je sais plus où ça va ni comment ça se termine. Même si je me souviens d’un…rouge à lèvres laser.

    • Matt  

      Tornado, t’as déj vu « Hercule à New York » ?
      Après ce nanar, c’est plus possible de prendre Arnold au sérieux^^

  • PierreN  

    « ses mini séries comme Tommyknockers, langoliers, je les trouve plus kitsch que les films des années 30″
    « comme les vendredi 13 et autres slashers boiteux avec des teenagers qui ne savent pas jouer.  »

    Justement, c’est ce qui est prévu pour les prochains jours du thème de la semaine.

  • nicolas  

    Bravo pour l’article!!!!

    J’ai été longtemps un inconditionnel de King.
    J’ai commencé à le lire à mes 11 ans (je vais bien rassurez vous…)…..la couverture avec le clown m’avais attiré…..J’ai dévoré par la suite ses 40 premiers romans environs.
    J ai usé la cassette vidéo de « ça » tellement je l’ai regardé et malgré que ce film ai vieillit, je le regarde toujours avec un plaisir nostalgique.

    Cela fait bien longtemps que je n’ai pas lu un de ses bouquins mais en tout cas, il fait parti des auteurs qui ont marqué mon chemin littéraire…..

    Merci pour ce joli flash back ;)

  • Jyrille  

    ATTENTION SPOILERS

    Avec Zoé nous sommes donc allé voir CA CHAPITRE 2 en avant-première à une Horror Night. C’est beaucoup moins fun que mes nuits de l’épouvante de mes souvenirs. Il y avait plein de filles déguisées en clown, des ballons un peu partout dans la salle, un peu de déco, et une affiche sur chaque siège. En préambule, une tête animée nous raconte quelques anecdotes sur le film et le tournage, c’est toujours intéressant. Ainsi je n’ai pas vu le caméo de Tim Curry (le premier Clown du film de 1990) mais on voit bien Stephen King himself qui joue dedans.

    Le film dure 2h39, ce qui est un format honorable et ambitieux, et de ce côté c’est plutôt réussi, on ne s’ennuie jamais. Les acteurs jouent plutôt bien, même les jeunes, et au niveau effets spéciaux, il n’y a rien à dire.

    Mais cela ne fait jamais peur (à part peut-être la séquence chez la grand-mère) et tout cela ressemble au final à un produit. Est-ce parce que je ne serai jamais un fan de King ? Est-ce parce que je me souvenais finalement très bien de l’histoire (je l’ai lu et ai vu le film de 1990 mais pas le chapitre 1) ? Je n’ai été étonné ou surpris qu’à deux reprises : la toute première scène, qui dépeint de façon très réaliste une agression homophobe, et une séquence dans le labyrinthe de glace d’une fête foraine assez angoissante.

    Par moments j’ai cru voir un remake des Goonies (ce qui est un peu le postulat de base et est typique des films des années 80 avec E.T., Explorers etc…), je n’ai jamais craint pour les personnages car ils ne sont pas attachants, et je n’ai pas vu de cinéma. Il y a plus de vision et de culture ciné dans Captain America 2 des frères Russo qu’ici. CA CHAPITRE 2 reste un film pour ados, voire pour enfants qui n’ont pas froid aux yeux.

    Mais ce n’est pas mauvais pour autant, le temps passe assez vite et la meilleure partie, qui tient dans le milieu du film, lorsque chaque personnage est isolé et fait face à ses souvenirs, reste très agréable à suivre.

    • Matt  

      Déjà d’après ce que j’ai compris, t’as même pas besoin de voir le chapitre 1. Les gosses ont tellement plu au public dans le chapitre 1 qu’ils ont décidé de les remettre dans le chapitre 2 qui en départ ne devait être que les adultes.
      Et donc au final le chapitre 1 ne sert plus à rien, ils font même de la rétro continuité en montrant des trucs qui se sont produit avec les enfants qu’on ne voit même pas dans le chapitre 1.
      Bref oui c’est un produit calibré aussi pour plaire^^ Et comme ça fait des aller retours entre le présent et le passé (comme dans le bouquin) ça rend le premier film redondant.

      Enfin moi j’ai pas vu, mais je relais ce qu’on m’a dit^^
      Et aussi qu’en effet c’est un parc d’attraction d’Halloween plein d’effets exagérés pas loin d’un Evil dead 2 fun que d’un film qui ferait vraiment peur.

      • Jyrille  

        Comparer le film à Evil Dead 2 est exagéré. L’humour du film est celui des films MCU ou des romans de King, rien de parodique du tout et un ton très adulte (ado surtout). De même il n’y a pas d’abus dans les effets, ils n’apparaissent qu’à propos. De ce côté le film est très respectueux et bien dosé. Mais ça manque de cinéma.

  • Jyrille  

    Et rectification le film dure 2h49.

    • Matt  

      Sauf qu’on parle pas d’un blockbuster là si ?
      j’ai pas lu le bouquin, je demande.
      Mais une durée pareille, de l’humour façon MCU, une impression de film calibré, et ce qu’on m’a dit sur les effets…ça fait pas rêver. ça fait pas du tout film d’horreur en tous cas. Après bon…je pense que le bouquin ne me plairait pas non plus, ça m’a l’air trop bancal ce délire d’enfants qui battent un démon à coups de « même pas peur » ça sonne comme un épisode de « chair de poule »^^ (qui est quand même un truc pour les très jeunes)

      • Jyrille  

        Pour moi, c’est un blockbuster. L’humour reste classique, avec des vannes que j’ai déjà entendues, chez les humoristes actuels ou de vieilles séries. Le livre ne fait pas peur non plus, mais il est bien plus cru que les films. On y parle plus de sexe par exemple. Et c’est surtout une sorte de cliché d’une période de l’enfance que King a dû connaître, ça rappelle un peu STAND BY ME. A la lecture, j’avais le sentiment que chaque enfant représentait une partie de King lui-même. Le livre est très long et s’attache beaucoup au social, au caractère de chaque enfant, à leurs traumatismes. C’est le club des ratés après tout…

        Ici cet aspect est un peu effleuré : il y a une agression homophobe, un mari qui bat sa femme, une gamine qui doit se faire violer par son père… mais c’est suggéré et/ou traité très rapidement.

  • Tornado  

    Ah… Matt : celui qui critique le mieux les films d’horreur qu’il n’a pas vu ^^

    Je l’ai enfin vu hier soir.
    J’ai beaucoup aimé.
    Oui, c’est un film grand public. Une « horreur consensuelle » qui ne fait peur qu’à ceux qui ne sont guère familiers des films d’horreur les plus flippants. C’est très gentillet coté horreur afin de rester grand-public, mais il y a des fulgurances (Cyrille les a toutes relevées plus haut).
    Je ne vois que les haters pour vraiment critiquer le film en mal. C’est du cinéma d’entertainment de très bonne qualité, généreux et amoureux de son sujet. Ce n’est ni du cinéma d’auteur, ni du cinéma d’horreur hardcore. C’est vraiment grand-public mais respectueux de son sujet.
    Ce n’est pas parfait (il y a effectivement quelques redites par rapport au premier opus, et l’affrontement final est à la fois redondant de celui du premier film, et vraiment très long). Mais dans un cinéma hollywoodien dominé par le cahier des charges et les impératifs d’un blockbuster, je ne vois pas comment on peut faire mieux dans l’ensemble.
    Pour moi c’est cent fois meilleur qu’un film du MCU. C’est moins vulgaire et moins éparpillé niveau coeur de cible.

    • Matt  

      « Je ne vois que les haters pour vraiment critiquer le film en mal.  »

      ça c’est de la triche comme argument^^ Déclarer que celui qui n’aimera pas sera un hater de toutes façons.
      Moi ça ne m’attire pas du tout. Je me fous pas mal d’horreur « mainstream »

      « Mais dans un cinéma hollywoodien dominé par le cahier des charges et les impératifs d’un blockbuster, je ne vois pas comment on peut faire mieux dans l’ensemble. »

      On te dit la même chose pour les films de super slips et tu dis que tu comprends mais refuses artistiquement d’accepter des films dominés par un cahier des charges.
      Mais là si.
      Moui…
      Moi tout ce que je vois, c’est que c’est un genre qui te plait davantage donc tu supportes mieux les impératifs de production. Mais au final c’est subjectif et un peu de la mauvaise foi de dire que ça marche là mais pas dans des films de super héros^^ C’est juste tes goûts.

    • Matt  

      Je peux le faire aussi moi hein^^ « Avengers Endgame c’est respectueux du genre super héroïque et vu le nombre de personnages mis en scène et des impératifs d’un film qui coute aussi cher, je vois pas comment on ferait mieux. Faut être un hater pour ne pas aimer »

      C’était quoi mes arguments là, à part des opinions personnels et une technique de défense toute moisie envers ceux qui n’aimeraient pas ?^^

      Peace hein ! Copain ! Je déconne^^ (mais tu vois où je veux en venir)

    • Matt  

      Et tout film est critiquable, sans forcément être un hater de mauvaise foi.
      Je n’aime pas certains classiques, on a tous nos préférences.
      Et tu sais que certains tics de mise en scène usés jusqu’à la moelle me gonflent dans le ciné d’horreur (du genre les machins qui sautent sur la caméra avec une note de musique bien forte pour faire sursauter^^, on en a déjà parlé. Tu aimes, tant mieux. Pas moi.)

  • Tornado  

    Alors à la différence des articles, mes commentaires de bas de pages sont 100% subjectivité ! :)
    Mais pour la différence entre cette adaptation de Stephen King et les films du MCU je persiste et signe : Les films du MCU sont vulgaires et bling-bling. Ils sacrifient trop de leur matériel, de leur âme et de leur intégrité au cahier des charges. En comparaison, cette version de Ça je la trouve beaucoup plus intègre, plus épurée, plus directement concernée par son sujet. Les auteurs du film aiment le matériel qu’ils adaptent. Ça se sent. Je n’ai pas du tout cette sensation avec la plupart des films de super-héros contemporains.

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