Les 300 coups !

300 par Frank Miller

Première publication le 10/11/2014. Mise à jour le 22/10/16

AUTEUR : CYRILLE M

VO : Dark Horse 

VF : Rackham

Ca c'est du logo ou j'irai dîner en enfer !

Ca c’est du logo ou j’irai dîner en enfer ! © Dark Horse

300 est une mini série écrite et illustrée par Frank Miller et colorisée par Lynn Varley. Elle a été originellement publiée par Dark Horse. Un film célèbre en été adapté par Zack Snyder. Cet article portera sur la BD.

Nous sommes en Grèce, 480 ans avant J.C. Refusant de prêter allégeance au puissant envahisseur Perse, le Roi des Spartes, Léonidas, décide d’aller combattre une armée à lui tout seul ou presque. Peut-on vraiment parler encore de comics ici ? Le format de l’oeuvre est à l’italienne, le sujet est loin de toute ville et se passe en antiquité. Solidement documenté, 300 propose un sujet très original, que Miller avait déjà utilisé dans le troisième tome de sa série Sin City.

Sin City, tome3

Sin City, tome3 © Dark Horse

Ils sont fous, ces Spartes !

Ils sont fous, ces Spartes ! © Dark Horse

Nous y suivons le roi des Spartes se battre avec sa garde personnelle (les fameux 300) contre plus de dix mille perses venus envahir l’ouest. C’est l’histoire des Thermopyles (The Hot Gates en anglais), un étroit passage incontournable.

Frank Miller détourne une histoire vraie pour créer une leçon sur le courage – à sa sauce. Comme dans Sin City, peu de choses semblent réalistes. Les hommes sont presque infatigables et incroyablement résistants et forts, Xerxès présente une impressionnante collection de piercings, chaque acte devient une ombre angoissante ou éclate de lumière, toujours pour le même résultat : magnifier le moment.

Un accueil sparte : violence et cruauté

Un accueil sparte : violence et cruauté © Dark Horse

Sur bien des points, 300 se révèle contradictoire. Les Spartes défendent la raison, la logique, la démocratie et la justice grecque, celle qui est censée avoir eu une portée historique sur l’évolution de la civilisation humaine entière. Or ils se montrent arrogants, méprisants, racistes et sans pitié aucune. Ils sont nus la majeure partie du temps mais se moquent des Athéniens « amateurs de garçons ». Ils se battent pour la liberté mais parlent comme des soldats. Chaque titre de chapitre en atteste : honneur, devoir, gloire, combat, victoire.

Le sang coule en abondance, les tortures sont légions, on se sert du corps des soldats morts pour faire rempart, et pourtant tout est pensé, la stratégie et la raison prévalent : Léonidas se sert des Thermopyles pour transformer une immense armée en une chaîne d’hommes qui foncent à l’abattoir. Il use aussi de l’orgueil de Xerxès pour lui faire commettre des erreurs. Les seuls moments de douceur sont tenus par les femmes. Et encore, ce sont des femmes fortes, des spartiates. On est en plein survivalisme et dans l’eugénisme, puisque le seul personnage difforme est rejeté. Les Spartes prônent l’endoctrinement aveugle et l’entraînement incessant. Voilà de quoi sont faits les soldats d’élite.

Peur de rien

Peur de rien © Dark Horse

Mais 300 est une histoire, un conte. La victoire finale décrite n’est pas un haut fait d’arme, mais ce qu’il devient : une histoire inspirante pour garder sa liberté, coûte que coûte. Une histoire pour former de nouveaux soldats prêts à mourir… En ce sens, 300 peut être pris pour une ode au combat pour la liberté. Mais après Gandhi et les manifestants pour la paix, ce discours semble bien réactionnaire.

Essayons cependant de nous replacer dans le contexte. Nous arrivons à l’aube d’une civilisation nouvelle. Les hommes survivent sans doute plus qu’ils ne vivent. Dans la forme, Miller se montre donc guerrier, transformant son texte en pamphlet de tribune de foot. Pour la gloire, pour l’honneur, nous avançons, nous chargeons, nous combattons. Mais ce n’est rien à côté de l’explosion graphique.

Pour la gloire, nous chargeons.

Pour la gloire, nous chargeons © Dark Horse

Un seul mot semble avoir été retenu pour la bible d’étude de 300 : iconique. Sur ses planches en paysage, Miller fait poser tout le monde, y compris la vague de Hokusaï. Lynn Varley y est pour beaucoup. La terre, le sang, l’eau et le soleil vivent et irradient sous ses couleurs, tout comme la chaleur et le froid, la pierre et le fer. La couverture et son logo « 300 » tracé en sang et tout en angle donnent le ton.

Nous sommes dans l’épique. Il n’y a pas de milieu, pas de recours. Miller force le trait sur tout, sur ces fameux Spartes qui vivaient dans les pires conditions pour former leur discipline. Des prêtres guerriers, inflexibles et sûrs de leur valeurs. Des femmes aussi dangereuses que des hommes.

Léonidas, tu me rends folle

Léonidas, tu me rends folle © Dark Horse

Si on extrapole, on peut donner beaucoup de rôles à chaque partie. Les Perses sont-ils l’impérialisme américain, se posant partout, inondant d’or les plus corruptibles ? Ou l’Amérique est-elle représentée par Léonidas, ultra-rigide ? Doit-on déjà y voir la peur de l’islamisme, alors que 300 a été élaborée bien avant le 11 septembre 2001 ?

Zack-je-ralentis-toutes-mes-scènes-d’action-Snyder a adapté 300 en film, très fidèlement, parfois plan par plan. Esthétiquement agréable, il ne donne pas beaucoup à penser, mais à jouir d’une violence stylisée. Il sera sans doute l’inspirateur de la série Spartacus des années 2000 (que je déconseille). Pour la bande dessinée 300, c’est un peu pareil. Profitez surtout du spectacle.

——-
La BO du jour : Cette moitié de At The Drive In est moins intéressante que l’autre qui forme Mars Volta, mais elle est diaboliquement efficace !

63 comments

  • Tornado  

    Bruce a très bien parlé.

    Moi-même je ne suis pas d’accord avec tout ce que dit Cyrille dans son article ci-dessus et je chambre régulièrement Bruce à propos du Batman de Miller.
    Sur nos goûts musicaux non plus je ne suis pas d’accord avec eux dans la moitié des cas.
    En revanche je prends plaisir (je peux même dire « j’adore ») discuter avec eux par le biais de nos commentaires. Ce sont deux personnes dont j’ai remarqué les commentaires sur Amazon il y a maintenant des années. Et je suis souvent aller lire ce qu’ils écrivaient parce que, même si je n’étais pas d’accord, j’aimais ce qu’ils écrivaient (sans oublier l’ami Présence évidemment).

    J’adore le travail de Frank Miller et je ne pense pas qu’il soit facho. Et je peux même dire que je suis exaspéré à l’idée qu’on puisse penser qu’ils soit facho.
    En règle générale, je prends volontiers la défense des minorités.
    Je soutiens la cause des gays car je pense qu’ils sont libres de faire ce qu’ils veulent tant qu’ils n’emmerdent personne et que je trouve que les homophobes sont souvent des cons (mais pas toujours car il y a hélas des gens très bien qui sont homophobes).
    Je prends régulièrement la défense des immigrés car en tant qu’enseignant je suis amené à côtoyer des gamins issus de l’immigration ainsi que leurs parents qui sont des gens formidables. Et aussi parce que je trouve que les racistes sont souvent des cons (mais pas toujours car il y a hélas des gens très bien qui sont racistes, et un sacré paquet de gens des cités issus de l’immigration qui sont des cons).
    Et pour aussi surprenant que cela puisse paraitre, je prends souvent la défense des gens qui piquent des coups de gueule contre la société laxiste et contre la bienpensance (oui, du genre de Frank Miller), car je trouve qu’une société qui ne donne que dans le social et l’angélisme c’est autant de la merde qu’une société qui ne donne que dans la répression et libéralisme, et que je trouve que les bienpensants sont souvent des cons (mais pas toujours car il y a hélas des gens très bien qui sont bienpensants).

    Si vous ne l’avez pas encore compris, je prêche par l’absurde depuis tout à l’heure, afin d’illustrer mon idée que si l’on commence par agresser via Internet tous ceux qui ne pensent pas comme nous, on est pas prêts d’arriver à quoi que ce soit…
    Pour ma part je préfère discuter avec des gens sympas et éviter de m’engueuler avec des gens que je ne trouve pas sympas. C’est aussi simple que ça.
    Les coups de gueule ? Pourquoi pas ! Mais gentiment, alors…

    • Marti  

      J’en parlais je sais plus où dans un commentaire récemment (ici ? Sur Comixity ?), mais je ne pense pas que Miller soit un facho. Un vieil aigri un peu réac’ peut-être (je me base surtout sur ses propos concernant le mouvement Occupy Wall Street pour dire ça), mais il ne semble pas prôner les valeurs apparentées au fascisme… encore que facho veut dire tout et rien de nos jours !

      Un vrai commentaire sur 300 arrive de ma part, il se dit trop de choses intéressantes dans les commentaires pour ne rien dire, et j’ai un attachement particulier à cette oeuvre pour plusieurs raisons !

      • Jyrille  

        Comment ça un « vrai » commentaire ? Le mien c’est un fake, c’est ça ?

        FACHO !

        (Je déconne évidemment. Merci Tornado pour ton mot, ainsi qu’à toi, Bruce, encore 😉 )

        • Marti  

          Le pire c’est qu’après avoir posté mon commentaire je me suis dit « j’espère que ce sera pas mal interprété », vu que je voulais évidemment dire que je ferai un « vrai commentaire » en opposition au tout rikiki que j’ai posté qui n’aborde pas ce que j’ai envie de partager avec vous… Vu que j’ai le don pour toujours arriver après la bataille (pour rester dans le thème), autant que je réfléchisse avant de poster des âneries !

          • Jyrille  

            Je suis d’autant plus pressé de le lire, après toutes ces émotions. J’ai très peu lu d’articles ou de chroniques ou d’interviews sur cette bd.

  • Tornado  

    Et sinon, suis-je le seul à a-do-rer les deux films ayant adapté les comics 300 ?
    Non, sérieux, je suis vraiment hy-per fan des deux films (vivi, même du 2eme). Et j’ai pris un pieds rare à les voir au cinéma. Du pur divertissement, mais avec une mise en forme conceptuelle viscérale unique. Le pied total sur grand ecran !

    • Jyrille  

      Je nai vu que le premier. C’est du Zack Snyder je ne suis pas fan mais ce n’est pas désagréable.

    • Matt  

      Non, t’es pas seul, j’ai bien aimé le premier. Mais j’ai toujours pensé que le 2 c’était de la merde commerciale et je n’ai jamais osé le regarder. Les suites, je me méfie toujours. Peut être que j’ai tort ?
      Par contre je ne suis pas aussi enthousiaste que toi. L’aspect visuel est quand même parfois d’assez mauvais gout je trouve. Trop léché, photoshopé, avec des torses huilés musclés sans un poil. Pour le coup on est loin du côté plus crade du Conan de Milius.
      Mais ça vient peut être du fait que ce style photoshopé est devenu un standard depuis, et que ça m’agace. surtout sur les affiches de films qui se ressemblent toutes et qui reprennent cette esthétique de pub pour parfum…

      • Tornado  

        Oui, c’est un trip particulier. Ça ne fait pas dans la demi mesure et c’est justement ça qui me plaît.
        Du coup je ne parlerais pas de « photoshopee » mais plutôt de stylisme baroque ou d’esthétique maniériste. Il faut vraiment se laisser porter par le trip, sinon, effectivement, c’est imbuvable.

        • Matt  

          Ouais mais tu triches, toi. Tu connais les termes techniques pour expliquer les styles artistiques^^
          Pour le coup tu vois, je suis dans le cas où j’ai vu le film avant la BD donc la question de fidélité d’adaptation trop proche du comics qu’on reproche parfois au film (d’après ce que j’ai compris), je m’en foutais.

          • Tornado  

            Et bien dans ce cas précis il se trouve que je n’ai pas lu le comics non plus (à cause d’un truc tout con : j’ai horreur du format à l’italienne ! ) j’ai aimé les film comme un trip au cinoche. Un divertissement pur, mais sincère et original. Une expérience quoi.

          • Jyrille  

            Pour le comic, tu loupes une expérience graphique unique. Rien que pour ça, sans la lire, tu devrais te pencher dessus, je pense.

          • Tornado  

            Cherche pas, c’est un truc à la con. Je deteste lire à l’envers et donc je ne lis pas de mangas. Et je déteste le format à l’italienne. Et comme je ne peux pas tout lire, ça suffit à me faire passer à aut’chose…

          • Matt  

            Lire à l’envers je comprends…même si on s’y fait franchement. Et tu loupes des trucs. Mais bon…on a déjà du te le dire, tu n’as surement plus envie de l’entendre.

            Mais c’est quoi le souci du format à l’italienne ? Le seul truc que je vois c’est que c’est chiant à ranger des les étagères. Ou plutôt que ça prend plus de place que nécessaire à moins de poser des trucs par dessus.

          • Tornado  

            Faut pas chercher disais-je. C’est juste une question d’habitude, de caprice, de confort. Et d’un âge ou l’on sait ce que l’on aime sans être obligé de sortir de sa zone de confort. Je n’arriverai peut-être jamais à finir ma pile de lecture. Alors les trucs qui ne me font pas envie, tu penses…

          • Bruce lit  

            Le format à l’italienne est surtout chiant à caler dans les étagères

  • JP Nguyen  

    Moi aussi, je n’ai vu que le premier. Je comprends l’avis de Matt mais, en l’espèce, le parti pris esthétique était raccordd avec l’oeuvre de Miller : une approche plus naturaliste et réaliste aurait causé un décalage bizarre.
    Enfin, perso, je préfère toujours le comicbook, avec un passage sur la fin qui me colle des frissons malgré le côté cliché et tous les dévoiements possibles dès lors qu’on soutient qu’il faut mourir pour une cause juste.

    • Jyrille  

      Je suis d’accord avec Tornado et JP pour le parti pris esthétique nécessaire.

    • Matt  

      Ah mais je suis d’accord avec vous aussi sur la nécessité de l’esthétisme comic book.
      C’est juste que je suis moyennement fan du résultat.

  • Matt  

    Coucou les zamis, je passais sur cet article.
    J’ai lu tous les commentaires. C’est donc ici dont on parlait de la polémique avec Neault. (non, je ne vais pas parler de ça)
    Je voulais juste dire que je suis mitigé concernant les BD et films « historiques ». Je ne sais jamais sur quel pied danser.
    Je sais que la BD ou le ciné n’ont pas pour vocation d’instruire en restituant exactement les faits historiques. Mais d’un autre côté je ne saisis pas le but des libertés prises par rapport aux faits dès lors qu’on choisit de causer d’une personnalité historique. Et si le ton du film est réaliste et sérieux, on est tenté de croire que ce qu’on nous raconte est véridique. Donc ça devient mensonger pour les néophytes qui connaissent mal l’histoire.

    Dans le cas de 300 et de son aspect comic book stylisé, je pense que ça empêche de prendre le film au sérieux sur cet aspect car on sent bien que le but n’est pas d’instruire. Mais d’un autre côté j’aime les films en costumes filmés dans des décors naturels loin des fonds verts et de l’imagerie factice et hyper stylisée. Mais du coup le côté réaliste donne l’impression que les faits racontés sont réels…
    C’est problématique pour moi, je ne sais jamais comment juger ces films.
    Dumas disait « On peut tromper l’histoire. A condition de lui faire de beaux enfants.  »
    Et d’un autre côté si je vois le film Cleopatre avec Liz Taylor, que je passe un bon moment, mais que j’apprends après que y’a plein d’incohérences et de libertés prises, je suis frustré…
    Je n’ai pas osé voir les films Elizabeth avec Cate Blanchett à cause de cette peur du « faux » par exemple. (je ne sais pas ce que valent les films non plus en tant que films)
    Enfin bref voilà voilà…c’est quoi votre avis là dessus ?

    • JP Nguyen  

      Mon avis, comme ça à chaud, sur ta question, Matt, c’est qu’à la limite, il vaut mieux un truc comme 300, ultra-stylisé et loin de la réalité historique (qui est franchement difficile de connaître plus on s’éloigne dans le temps…) plutôt que des trucs qui se veulent plus « réalistes » et qui trompent tout le monde. Par exemple, sur la 2nde Guerre Mondiale, les américains prennent fréquemment des libertés avec la vérité historique : sur des films comme Soldat Ryan, Fury ou une série comme Band of Brothers… Mais comme c’est plus proche de nous et que la reconstitution visuelle est plus « facile », on aurait tendance à prendre certains faits pour argent comptant… Il y a parfois des trucs assez crispant comme U-571, où les américains s’attribuent un fait de guerre qui revenait en fait… aux britanniques ! Ce ne sont pas toujours d’aussi grosses « erreurs » : genre la Easy Company qui libère un camp alors qu’en fait ils sont arrivés après la libération par un autre régiment ou bien la prise du « nid d’aigle » d’Adolf Hitler qui leur est historiquement disputée par 2 autres unités et qui dans la série leur est « donnée ». Mais ces inexactitudes devraient nous mettre la puce à l’oreille… Si on peut falsifier la vérité pour des évènements pas si lointains, alors des trucs dans l’antiquité…
      Gladiator de Ridley Scott est historiquement faux mais l’histoire a un bon gros souffle épique.
      Donc, à mon avis, on peut regarder/lire des fictions historiques pour le fun mais faut surtout consulter d’autres sources à côté si on souhaite connaître la « vérité » historique (qui est toujours imparfaite, car soit encore en cours de recherche, soit écrite par les vainqueurs etc.)

      • Jyrille  

        Complètement d’accord avec JP. D’ailleurs le film 300 est très fidèle au comic et semble donc totalement faux, loin de la réalité, surtout stylisé et iconique.

        Je dois dire tout de même que sans avoir vérifié les faits, le Soldat Ryan et Fury sont de très bons films de guerre. Et j’adore Gladiator. Mais je ne prends pas ça comme argent comptant, surtout que l’on ne sait pas vraiment comment se passait l’époque, on ne peut que se l’imaginer, avec plus ou moins de précisions.

        • Matt  

          Oui m’enfin si on prend Pearl Harbor de Michael Bay, au delà du fait que le fil est mauvais, il prend la liberté de montrer les américains comme les pauvres victimes dont les hopitaux sont mitraillés par les japonais alors qu’ils n’auraient jamais fait ça…et lors de leur riposte ils ne tuent évidemment aucun civil japonais (alors qu’ils se sont pas privés dans la réalité)
          C’est juste imbuvable pour moi ce patriotisme de merde.
          Donc ne pas prendre ça pour argent comptant ok…mais certaines libertés prises sont juste dégueulasses.

          • JP Nguyen  

            Je suis d’accord avec toi, Matt, certaines entorses à la vérité sont très dérangeantes… Mais c’est la propagande américaine, leur « soft power »… Par exemple, sur la guerre du Vietnam, comme la quasi-totalité des films produits l’ont été par des américains, la guerre du Vietnam c’est souvent « la sale guerre perdue par les amerloques, avec des vétérans traumatisés et des familles qui ont perdu leur fiston GI ». Mais toutes les victimes vietnamiennes, on en parle pas des masses. Et si les américains étaient les « méchants », les communistes du nord, une fois arrivés dans le sud, c’étaient pas non plus des Gentils Organisateurs…
            Au final, un film n’est qu’une histoire. L’Histoire est toujours plus complexe (et ce principe peut se décliner pour les comics, un film sur Spider-Man, ça ne peut pas couvrir tout ce qui a été fait sur le perso, les différentes approches etc.)

          • Matt  

            Merci pour tes réponses. Tu as bien raison et c’est en partie pourquoi je n’aime pas les films de guerres historiques (ça et puis le fait que c’est trop « testostéroné » avec que des mecs qui se tapent sur la gueule…oui c’est le principe de la guerre mais c’est chiant^^)
            Full metal Jacket est peut être l’exception puisque même si ça reste du côté américain, on voit bien comme les soldats étaient des gamins parfois pas malins qu’on a endoctrinés. Apocalypse Now est aussi un peu dans cette veine. Les autres films de guerre m’ont tous emmerdé. Enfin j’aime bien Schindler’s list ou le pianiste mais ce sont des films qui se déroulent pendant des guerres mais pas sur le front^^

            Je crois qu’un autre souci, ce sont les films ou BD qui ne développent pas les personnages et qui donnent surtout l’impression de relater des faits avec un fort parti pris sur quel camp a raison ou tort. Ceux-là donnent l’impression de vouloir informer, et donc si c’est faux, ça parait vraiment déplacé.

          • Bruce lit  

            Le soldat Ryan a le mérite de remettre l’horreur de la guerre au centre du spectacle avec cette putain de scène du débarquement.
            Apocalypse Now est moins un film sur le vietnam que la folie de la guerre. Ceux de Kubrick, de Cimino, de De Palma ou de Oliver Stone font quand même la place belle à la mauvaise conscience américaine qui n’en ressort pas grandie. Même s’il est vrai que la population vietnamienne sert de chair à canon ou d’ennemi sans personnalité, reconnaissons tout de même au cinéma américain cette honnêteté à pouvoir se commenter. IL n’y a pas des masses de films espagnols sur la période Franco, de films français sur la guerre d’Algérie ou de films allemands sur le III reich.
            Le film VIetnam a ouvert la voie à un genre au cinéma que j’aime beaucoup, tous ces films sont des classiques. j’adore notamment le premier Rambo. C’est un ambiance que l’on retrouve dans le Punisher de Ennis justement.
            Matt, je ne saurai que te conseiller Both Sides de Jason Aaron qui explore les points de vue américain/vietnamien de la guerre.

          • Matt  

            Ah ok je vais lire cet article, merci.

        • Matt  

          Disons qu’il y a des libertés plus ou moins graves, mensongères ou insultantes. Il y a des libertés prises dans la BD Murena, mais j’apprécie beaucoup le fait que ce soit mentionné dans un lexique en fin de chaque album. Le fait aussi que tel ou tel évènement soit basé sur la version de tel ou tel historien.
          J’ai beaucoup plus de mal avec les appropriations d’exploits des américains que JP mentionne. Enfin j’aime pas les films de guerre de toutes façons.

      • Chip  

        « Mon avis, comme ça à chaud, sur ta question, Matt, c’est qu’à la limite, il vaut mieux un truc comme 300, ultra-stylisé et loin de la réalité historique (qui est franchement difficile de connaître plus on s’éloigne dans le temps…) plutôt que des trucs qui se veulent plus « réalistes » et qui trompent tout le monde. »

        J’abonde. Bon, en revanche, ça veut dire qu’on se souvient qu’une oeuvre qui évoque le passé parle avant tout du présent et du rapport de son auteur au monde, et c’est là qu’on voit que l’ironie qu’on trouvait encore dans le DKR de Miller est complètement passée à la trappe, et effectivement le fond idéologique et le discours sont au mieux confus.

        Je le passe volontiers à 300 (la BD) à cause du résultat, visuellement éclatant, mais il reste toujours cet arrière-goût amer du fait que ce point de repère acte pour moi le déclin artistique et mental de Miller et annonce qu’il sombrera bientôt dans l’autocaricature pathétique.

  • Jyrille  

    Complètement d’accord avec JP. D’ailleurs le film 300 est très fidèle au comic et semble donc totalement faux, loin de la réalité, surtout stylisé et iconique.

    Je dois dire tout de même que sans avoir vérifié les faits, le Soldat Ryan et Fury sont de très bons films de guerre. Et j’adore Gladiator. Mais je ne prends pas ça comme argent comptant, surtout que l’on ne sait pas vraiment comment se passait l’époque, on ne peut que se l’imaginer, avec plus ou moins de précisions.

  • Jyrille  

    Je ne trouve pas d’autres endroits où on parle de 300 ici, est-ce que Tornado en avait fait un article ? Bref, je viens de voir le second film, « La naissance d’un empire » et je me suis bien ennuyé. C’est aussi stylisé que le premier, et il fait encore plus bd. Iconiquement, ça fonctionne, mais ces combats navals (car il s’agit de ça) n’ont aucune sorte de réalisme, et le sang gicle bien trop, trop souvent. Après, c’est fun, évidemment, avec de faux décors grandioses. Gros point positif du film : Eva Green. Nom de dieu de bordel de merde.

    • Bruce lit  

      Il n’ y a jamais eu d’article sur le film Cyrille 😉

      • Jyrille  

        Ah ah ! Une mission pour Tornado, un double article sur les deux films !

  • Marti  

    J’essaie de faire ça quand j’ai le temps, je suis un peu overbooké en ce moment, ça m’apprendra à être encore à l’école à mon âge…

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *