Mon fils, ma bataille (L’appel)

L’appel par Laurent Galandon et Dominique Mermoux

Ultramoderne solitude

Ultramoderne solitude

Article de AUTEUR : BRUCE LIT

VF : Glénat

L’appel est un album complet écrit par Laurent Galandon et dessiné par Mermoux publié en 2016 chez Glénat. L’album aborde de manière brillante et non manichéenne le radicalisme islamiste.

Avant de commencer cette review, je tenais à dire que le terrorisme est bien sûr une chose monstrueuse et que l’égarement des terroristes n’excuse en rien leurs actions monstrueuses.  Et  que les victimes sont avant tout celles qui sautent sur les bombes ou canarder dans une foule.

Je tenais enfin à dire que j’ai hésité avant d’écrire cet article. Je suis sûr de mes convictions et n’ai aucun problème avec celles différentes des miennes. Cependant,  aucun commentaire n’appelant à la haine ne sera toléré. C’est dit !

Cet article est garanti sans spoilers.

Tous, en tant qu’être humains, nous sommes confrontés à notre confusion entre le besoin de justice et celui de vengeance.  Claremont n’a eu de cesse de le répéter dans ses Xmen : Plus ça change, plus c’est la même chose. Dans notre village global, nous partageons désormais nos angoisses, nos doutes et nos indignations face aux scandales politiques, à la corruption, aux gaspillages de l’argent public ou des ressources de la planète, ainsi que tous les racismes et xénophobies.

Plus ça change, plus c’est la même chose, oui : face à la pauvreté, le chômage, l’interminable conflit israelo-palestinien l’ascenseur social bloqué à la case merde in France, Balavoine prophétisait déjà en 1980 face au candidat Mitterrand que ces maux non traités feraient le terreau de la délinquance et du terrorisme. Ce qui a changé, c’est que le 05 janvier 2015, deux de ces banlieusards mitraillaient Charlie Hebdo et soulevaient une émotion internationale face à l’assassinat de la liberté de presse.

"Le désespoir est mobilisateur, et lorsqu'il est mobilisateur il devient dangereux"

« Le désespoir est mobilisateur, et lorsqu’il est mobilisateur il devient dangereux »

Plus c’est la même chose….,  Cabu, Charb et Wolinski enterrés, les terroristes neutralisés, on avait envie d’oublier que la France avait bénéficié d’une incroyable impunité en matière de terrorisme. D’oublier les gosses tués à  Toulouse parce que Juifs.  Et l’hyper casher. L’antisémitisme ne datant pas d’hier, notre quotidien savait s’en accommoder. Et puis vint le 13 novembre, l’ouverture de la chasse : à partir de là, les amateurs de bars, de rock, de sports, de feux d’artifice, de messe étaient condamnés à mort par des gamins radicalisés.

Mis à part les extrémistes français convaincus qu’être né de l’autre côté de la méditerranée préfigurerait une prédisposition au meurtre, un certain consensus se fit : pour reprendre l’axiome de De Beauvoir, on ne naît pas terroriste, on le devient.  Et c’est exactement ce processus que L’appel décortique avec brio.

je suis venu te dire que je m'en vais et tes larmes n'y pourront rien changer

je suis venu te dire que je m’en vais et tes larmes n’y pourront rien changer

Cécile est une mère célibataire réservée et une infirmière pleine de compassion pour ses patients. Pour amortir son crédit immobilier, elle bosse de nuit laissant seul son fils de 18 ans Benoît, bien sous tout rapport. Un jour comme un autre, celui-ci lui disparaît en lui laissant un message vidéo : convaincu d’être un soldat de la paix, il est parti faire le djihad en Syrie.  En attendant l’appel qui viendra lui dire ce que son fils est devenu, Cécile mène son enquête pour découvrir les raisons de sa radicalisation puis aux façons de le sauver de lui-même.

L’appel est un album admirable d’intelligence et de délicatesse qui sait déjouer toutes les embûches casse gueule que le sujet pouvait amener. Comme souvent après ces drames, c’est la sidération pour les proches qui n’ont rien vu venir : certes, il était un peu renfermé, mais il aimait, boire, s’amuser, faire la fête, le contraire d’un intégriste. Et plus ça change, moins c’est la même chose : entre guitare et fusil, ces gamins vont mal choisir pour combattre leur révolte et défendre leur idéal d’un monde plus juste.

Cécile à la recherche de son enfant

Cécile à la recherche de son enfant

Lorsque commence l’histoire, Benoit est un p’tit blanc qui traîne avec ses deux potes arabe et noir. Lorsque Sofiane se fait serrer en train de dealer par des flics, il décède d’une crise d’épilepsie. Alors que la famille du gamin appelle à la paix sociale et s’en tient à l’accident, Benoit a la rage : si Sofiane est mort, si tout le monde s’en fout, c’est parce qu’il est arabe.  Via internet, il va subir un lavage de cerveau d’un frère musulman qui va exacerber chez lui la fraternité des combattants de l’islam, une vie romantique faîte de combats contre l’impérialisme juif et américain, la dépravation des mœurs occidentales indifférente à la mort des enfants Syryens dans un eden d’amitié et de sexe facile.

Galandon évite le piège de la stigmatisation anti-arabe en faisant de son héros un joli garçon aux yeux bleus. Face à lui des musulmans souvent pacifiques et modérés qui l’appellent au calme.  Galandon réussit à rendre un vrai scénario et non pas un catalogue sociologique du mal des banlieues. Car cette histoire, c’est surtout celle de Cécile, une jeune femme attachante qui refuse extérioriser son chagrin, de perdre pied et de sombrer dans le désespoir. C’est l’histoire d’une mère de notre époque sur qui une catastrophe inattendue dévaste la vie comme auparavant la drogue ou le sida le faisaient pour les générations précédentes.  C’est l’histoire d’une femme admirable qui ne se laisse aller ni à la haine ni à l’auto-apitoiement et qui refuse d’abandonner son fils malgré son basculement dans la folie meurtrière. C’est enfin un regard social pénétrant sur les familles de ces nouveaux criminels qui, la plupart du temps, sont pointées comme défaillantes et coupables, une accusation qu’essuyèrent en leur temps les mères d’enfants autistes ou schizophrènes.

Affronter le regard de l'autre

Affronter le regard de l’autre

En cela le verdict de l’appel est…sans appel : ces gens ne sont pas des monstres. S’ils l’étaient ils seraient faciles à arrêter et repérer. Ils sont comme nous mais They’re not like us. Benoît est un garçon banal qui va entrer dans la banalité du mal, qui va être victime de sa colère et de la manipulation de gourous de secte qui va le manipuler pour faire de lui ce qu’il souhaitait combattre  : un pourvoyeur d’injustice et de chagrin. Un chemin popularisé tout de même dans la culture geek par la radicalisation du jeune Anakin Skywalker...

Galandon enchaîne ainsi de jolies séquences avec de l’âme à l’intérieur : la découverte des connexions dangereuses, la tétanisation d’une mère qui apprend que son fils vient d’épouser une gamine de 14 ans, la solitude grandissante d’avec le monde, le dilemme de dénoncer sa propre chair à la police.

Les liaisons dangereuses

Les liaisons dangereuses

Il trouve en Mermoux un binôme parfait avec son trait discret et ses trames de gris. Son dessin est celui de l’entre deux : ni trop réaliste pour ne pas rebutter le lecteur d’un récit pas folichon, ni trop enfantin qui nuirait à la rigueur de l’entreprise.  J’ai beaucoup aimé l’habileté de la mise en scène entre chaque retrouvailles Skype où Cécile passe de la dominée qui subit le choix de son fils à la dominante en tentant le tout pour le tout pour ramener son fils à la raison.  Quant à la couverture, elle est de très bonne composition tout à la solitude anonyme de Cécile, son ombre qui évoque le voile de son chagrin, son absence de bouche son mutisme et lettrage élégant du titre.

Avec sa tension et ses séquences admirablement construites, sa fin douce amère aussi surprenante que cousue de fi blanc, L’appel parvient à dépasser son sujet initial pour raconter les tranches de vie de personages qui portent en eux autant notre propension à la compassion qu’au monstre silencieux. Peut-être un ouvrage qui parlerait désormais d’avantage aux gamins de nos école que les bouquins de Pagnol…Plus, ça change….

Des musulmans représentés sous un jour humain

Des musulmans représentés sous un angle humain

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On ne naît pas terroriste, on le devient.  Le processus de radicalisation d’une jeune français bien sous tous rapports et ses conséquences sur sa mère : L’appel un album brillant et courageux de Laurent Galandon et Dominique Mermoux à la une de Bruce Lit.

La BO du jour : ça fait longtemps que t’es parti maintenant….

66 comments

  • Patrick 6  

    Un sujet très compliqué. Le thème a manifestement été traité sous le même angle que le film « Le ciel attendra » (3 filles embrigadées par internet tentent de partir en Syrie, une échoue mais les 2 autres réussissent… Les parents découvrent la chose à posteriori avec sidération).
    Difficile d’imaginer que la radicalisation puisse se faire dans des familles dites « normales » sans qu’elles ne rendent compte de quoi que ce soit, invisible sous leur nez. Et pourtant…
    Bon après il faut relativiser car je crois que d’une part en 2017 les départs pour la Syrie sont quasi tombés à zéros et que même au plus fort de la vague Djihadiste (quand c’était encore « Allah mode ») on parlait de 500 départs par an… Une goutte d’eau en somme, mais il a suffi hélas de seulement deux d’entre eux pour décimer Charlie hebdo…
    Bref il est bon que la bd ou le ciné s’approprient le sujet pour expliquer le phénomène, mais hélas aucune solution n’a été apportée à ce jour par les pouvoirs publiques et la spirale de la haine désormais bien enclenchée n’est pas prête de se terminer.

    Pour finir je me rappelle très bien des propos de Balavoine tenu devant le candidat Mitterrand. Je me rappelle surtout de l’air vaguement gêné du futur président qui avait tout simplement botté en touche (après une séance de blabla démagogique) préférant partir sur son discours de politique politicienne… Voilà qui résumait bien le personnage.

    • Bruce lit  

      @Pat6 :en travaillant sur l’article cet été, je me suis passé quelques Balavoine. Et même s’il y a eu une période où son côté beuglard et donneur de leçon m’ont exaspéré, je suis fan !
      Je ne connais pas le Ciel attendra. C’est bien ?
      @Tornado : Merci

  • Tornado  

    Belle entreprise que celle qui consiste à ne pas voir les choses en noir et blanc mais au contraire à regarder en face la complexité de notre monde. Il suffit parfois de posséder tout simplement cette sensibilité pour changer les choses, ou au moins les faire évoluer…

    Comme d’habitude, la BD naturaliste ne m’attire pas. Je pense plutôt me tourner vers le cinéma avec « Le Ciel Attendra », car je m’accommode mieux de ce genre de sujet sur ce dernier medium.

    « Un chemin popularisé tout de même dans la culture geek par la radicalisation du jeune Anakin Skywalker… »
    Purée, c’est bien vu ! Je n’avais jamais fait le rapprochement ! :(

  • Présence  

    Je n’avais jamais entendu parler de cette BD, merci pour cette présentation. Tu en fais très bien l’article.

    Comme Patrick 6, je pense qu’il est bon de dire les choses, sur différents supports. A la lecture de l’article, les différents points évoqués me parlaient déjà. En tant que parent, c’est vraiment un défi et une angoisse que d’essayer de faire en sorte que ses enfants disposent d’assez de jugeote pour évaluer la gravité d’une action, d’un engagement, alors qu’ils ont accès libre à une source infinie d’informations et de propagandes par internet.

    En ce qui concerne les attentats, il est assez édifiant de consulter les pages wikipedia sur le sujet pour se rendre compte de leur nombre à travers le monde, et pas juste en France ou dans le monde occidental, vois page ci-dessous. Aujourd’hui j’ai du mal à passer par la gare Saint Lazare (au moins 2 fois par jour en semaine) sans penser au carnage que causerait un attentat suicide à cet endroit, ou dans les grands pôles d’échange du métro ou du RER. C’est une notion qui fait partie du quotidien. Je me souviens encore de l’attentat du RER B à saint Michel du 25 juillet 1995.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d%27attaques_terroristes_islamistes

  • Matt  

    Comme Tornado, je préfère le cinéma pour ce genre de sujet. En BD j’aime certes le scénario mais surtout le dessin (sinon je vais lire un roman). Et du coup ces BD naturalistes conceptuelles aux graphismes minimalistes, ça ne m’attire pas du tout. Contrairement à vous qui allez toujours chercher des trucs ultra sérieux et conceptuels quand il s’agit de franco-belge on dirait^^ Y’a pas que les comics pour le divertissement vous savez.
    Mais bien sûr le sujet mérite qu’on en parle.
    Je me demande vraiment comment on peut se faire embrigader. Qu’est-ce qui peut attirer les gens ? J’avais tendance à penser qu’il fallait déjà que ces jeunes aient de sacrés problèmes pour se réfugier là dedans mais ça ne semble même pas nécessaire. Faut croire qu’il y a des gens doués pour laver le cerveau.

    • Bruce lit  

      @Matt : et bien à l’inverse de la scifi, je préfère la BD pour traiter de sujets sociaux. Le social j’y baigne toute la journée depuis 20 ans, le soir j’ai envie d’autre chose.
      J’ai pris cette BD au pif par ce que en ocaaz’ et que je trouvais très chouette la couverture et le lettrage.
      Tu as lu le manga Charisma, Matt. C’est assez passionnant puisqu’on y décrit étape par étape l’endoctrinement et comment des gens biens sous tous rapports se font avaoir.

      • Matt  

        « Le social j’y baigne toute la journée depuis 20 ans, le soir j’ai envie d’autre chose. »

        Et…c’est pour ça que tu aimes pourtant lire une BD sociale le soir ?^^ J’ai pas tout compris.

        En film non plus ce n’est pas ce que je préfère quand c’est trop réaliste. J’ai l’impression de regarder les infos. Mais graphiquement ça reste du film au moins, ça peut être très bien joué par des acteurs talentueux, etc. En BD si ce n’est pas attirant visuellement, il y a très peu de chance que ça m’intéresse.
        Non je n’ai pas lu Charisma encore. Je l’ai noté sur ma liste mais je ne peux pas tout acheter. Faudrait que je me mette aux médiathèques.

      • Matt  

        Et c’est aussi pour ça que j’adore la scifi en BD. Les possibilités visuelles sont bien supérieures au cinéma qui réclame un pognon monstre pour obtenir un rendu intéressant…et qui par conséquent se hasarde moins à tenter des concepts délirants.

  • Eddy Vanleffe  

    Le parallèle entre le Djihad et star wars est saisissant.. :)
    C’est peut-être un tort d’avoir faire d’Anakin une sorte de héros tragique d’ailleurs…
    et l’exonérer d’un massacre d’enfant même à posteriori sous forme de spectre est pour moi juste un faux pas.

    par contre je peux voir aussi la difficulté par rapport aux enfants autistes, schizophrène à un détail près..;celui du choix. choix qui doit dévaster les parents mais un choix est une chose d’adulte.
    même imbécile, même immature, c’est ainsi.
    je ne peux imaginer l’abîme de souffrance dans laquelle peuvent être plongés ces parents mais me projeter trente secondes dans cette situation est juste insupportable.
    surtout que je n’ai aucune tolérance pour l

    • Eddy Vanleffe  

      zut
      je disais que je n’ai aucune forme de tolérance pour la religion. pour moi la pensée qu’un sadique nous regarde nous massacrer les uns les autres en son nom depuis plus de deux mille ans est juste intolérable.
      La foi(n’importe laquelle) ayant fait un retour spectaculaire dans la rue, les cour d’école, les familles la vie en générale a fait que je suis moins à l’aise en général avec les gens. Je ne comprends pas et je vis mal notre époque.
      Pour moi le seul dieu, c’est Lemmy… :)
      du coup c’est en regardant les infos que j’ai impression d’être en pleine SF

      • Matt  

        Tous les croyants ne sont pas des fanatiques, et je pense que croire en quelque chose aide les gens à ne pas se sentir abandonnés dans les moments les plus difficiles.
        Évidemment on ne peut pas se forcer à croire donc ça ne marche pas pour ceux qui sont imperméables au concept. Mais je ne pense pas que la religion soit mauvaise en elle-même pour les gens sains qui ne détournent pas les écritures. A la base elles prônent toutes la paix.
        Et je ne suis pas croyant hein, c’est juste mon avis sur la question. Et je ne suis pas forcément non plus très à l’aise avec les croyants.

        • Bruce lit  

          Oui.
          J’aime beaucoup lire la Bible tout en étant déconnecté de la foi. La religion a tué et créé beaucoup. Tout comme La révolution Française. Ou….le Rock :)
          Le massacre de Charles Manson prouve une chose : si on assassine en écoutant les Beatles, la musique la plus pacifique qui soit, on peut tuer au nom du Christ.
          Les massacres n’ont d’ailleurs pas attendus l’avènement des religions monothéistes.
          Et les Incas avant d’être décimés par les Espagnols avaient asservi tout le continent sud-américain.

          • Eddy Vanleffe  

            j’ai lu de gros passages de la bibles parce que je suis passionné de ce que j’ai tendance à appeler « folklore » (pour différencier de culture ou de religion aussi), j’ai donc lu avec effarement le livre de Job, des bouts du Deutéronome, une ou deux évangiles etc…
            Mais non Matt, le cliché de dire que les religions ne sont conçues pour le mal…est faux.
            TOUT l’ancien testament est un combat de savoir comment un peuple élu peut sans vergogne envahir ses voisins , les massacrer, parce que toutes les tribus décrites sont passés à la moulinettes de la guerre et le peuple israélien aussi si s’écarte un tant soi peu du droit chemin.
            il faut savoir que dans les premiers écrits, Dieu et tout même le mal. ainsi nous avons une autre lecture de phrases telles que ; tu ne provoqueras pas ton Dieu jaloux et vengeur!
            la relation avec le divin est des plus malsaines dès le début.
            Jesus a toute pas sympathie parce que je pense en effet qu’il pensait ce qu’il disait, mais le fanatisme médiéval et réforme/contre réforme ont été constitutifs d’un Etat d’esprit qui m’a rien de miséricordieux. les conséquences sur la géopolitique mondiale se font encore sentir aujourd’hui (Amerique du sud, moyen orient)
            l’islam est souvent citée comme plus tolérante parce à l’époque de notre « déclin intellectuel », L’islam fut au contraire brillant, un phare dans la civilisation faisant progresser la médecine, les arts etc…)
            mais le livre compare sans cesse les trois religions révélées avec une notion très précise de leur supériorité à celle des autres. le seul livre dans lequel on classait ainsi les populations fut rédigé en prison dans les années 30. un livre qui promet l’enfer à ceux qui ne veulent pas se soumettre n’est pas exactement l’idée que je me fais de la tolérance, de l’amour etc…
            effectivement si on peut tuer pour les Beatles, qu’attendre de trucs qui promeuvent la guerre avec autant de zèle qu’Auchan ses consoles en fin d’année.
            si les incas, ont massacrés le reste des autres populations, ce n’est pas pour des raisons religieuses par hasard?

          • Matt  

            Oui bon je ne connais pas tout j’avoue.
            Je sais que la Bible version juive était plus violente avec un Dieu vengeur.
            Mais il y a quand même les commandements qui disent de ne pas tuer…donc de là à commettre des crimes au nom de la religion, y’a une déformation des écritures !
            Après les mœurs de l’époque n’étaient pas les mêmes et je ne suis pas sûr que tout devait être pris à la lettre. Il y a une bonne partie de folklore comme tu dis. Les dieux grecs étaient aussi de gros enfoirés dans les légendes sans que ces légendes soient conçues pour que les hommes agissent de la même façon. Il y avait un côté père fouettard genre « soyez sages ou les dieux vont s’énerver ». De nos jours bon…c’est le père Noël qui n’apporte pas de cadeaux aux enfants, c’est moins violent^^

      • Bruce lit  

        @Eddy : Si Lemmy est Dieu, euh, le Diable c’est qui ?
        Anakin est un héros tragique parce que de fiction. Et que nous connaissons ses motivations, ses souffrances.
        J’ai vu que désormais s’organise dans des cinémas des procès de Dark Vador. Des instants de douce folie auquel j’aimerais une fois assister à l’occasion.
        Bon pour moi, Anakin est coupable, car responsable de ses actes.

        Ce qui est par contre intolérable pour moi c’est cette expo à Berlin sur le musée des Martyrs où figure un terroriste du Bataclan….
        Comme je le dis dans l’article, on ne naît pas terroriste, on le devient.
        Savoir que l’un d’entre eux a appelé sa mère pour lui dire adieu avant de mourir est assez émouvant car on retrouve un réflexe d’être humain. Mais il aura tué froidement des innocents qui n’auront pas eu cette chance…
        Une fois que le passage à l’acte est accompli, il n’y a plus rien à pardonner. Mais oui, il faut essayer de comprendre car contrairement à ce que disait Valls, comprendre n’est pas pardonner.

        @Matt : je lis mes BD uniquement le matin dans mon train ;) . Le midi des livres rock. Et avant de me coucher, inconditionnellement depuis toujours une histoire des Xmen.

        • Matt  

          Ah oui comprendre n’est pas pardonner, c’est évident pour moi. Toutes les fictions ou autres ouvrages qui cherchent à expliquer les agissements de tueurs, ce n’est pas là pour qu’on les excuse mais pour qu’on comprenne d’où ça vient. Pour savoir ce qui déclenche ça.
          Après certaines personnes qui souffrent beaucoup ne feront jamais de mal et d’autres feront des choses horribles sans qu’on estime qu’il y ait une raison valable, mais il y a plein de raisons possibles. Naïveté, fragilité émotionnelle, traumatismes divers, rancœur envers quelque chose, frustration, etc. Beaucoup pensent qu’en réfléchissant à tout ça on victimise les assassins, mais non, il ne s’agit pas de se dire « oh les pauvres malheureux » mais de comprendre d’où viennent ces phénomènes de société. Dans l’espoir (peut être vain mais sait-on jamais ?) de les limiter.

          Après tout ,on vit dans un monde où tout le monde marche sur la gueule de son voisin, où on se nourrit de trucs toxiques qui nous rendent malades, tout ça pour faire tourner la machine à fric. Pourquoi je parle de ça ? Parce que ça devrait être perçu comme des crimes aussi, mais là personne ne se dit que ça craint. Tant qu’il s’agit de faire du pognon chacun se dit « bah oui mais le monde tourne comme ça, c’est normal ».
          Comprendre comment les gens peuvent avoir la haine envers un système, ça peut aussi être utile à voir les problèmes de nos sociétés. Mais bien sûr il ne s’agit pas d’excuser des gens qui tuent n’importe qui.

        • Matt  

          Une histoire des X-men par soir ? Mais tu fais comment ? Tu relis les mêmes en boucle ?^^

          • Bruce lit  

            Mmmmm
            Je les feuillette, je cherche des détails, des liens, des incohérences…..
            Tiens hier soir j’étais sur le run de Seagle et Joe Kelly.

          • Matt  

            Je ne sais même pas quelle période c’est ça…
            La fin des années 90 ?

          • Bruce lit  

            Lobdell part en 1997 des Xmen. Lui succèdent alors Seagle et Joe Kelly et remplacés par Alan Davis puis le come back infructeux de Claremont sur la franchise qui fit sa gloire.
            Lobdell revient alors en 2001 pour une dizaine d’épisodes et préparer le terrain au Gland Morrison…

          • Matt  

            De cette période je crois que j’ai juste 2 revues : Magneto’s war ou il obtient Genosha (un peu bizarre d’ailleurs de filer un pays à un terroriste) et l’histoire avec Mystique qui descend son fils Graydon Creed…et Moira.

          • Bruce lit  

            La décision de filer Genosha est une manipulation politique : Magnéto menace d’inverser les poles magnétiques. L’ONU lui donne une chance d’avoir sa propre nation mutante en échange d’arrêt de ses attaques. Le pari est fait aux Nations Unies que Magneto se plantera et qu’ils pourront récupérer le pays. Ceci arrive avant que les Sentinelle anéantissent la vie sur l’île.
            La mort de Creed : c’est X-Factor et pas X-Men ;)

          • Matt  

            Oui je me souviens pour Magneto mais je me disais « woah l’ONU file un pays pour faire cesser les attaques ? En général les terroristes n’arrivent même pas à avoir un avion dans les films… »^^

            J’ai cette revue avec la mort de Moira. On voit pas Creed crever dedans ? Faudrait que je rejette un oeil sur ce que ça raconte :

            http://www.bulledair.com/index.php?rubrique=album&album=revue_x_men60

          • Bruce lit  

            Alors je sais pas parce que c’est en VO que je les ai lus. Mais dans mon souvenir Creed meurt avant puisque c’est ensuite Kelly qui se présente aux Elections avant de se faire abattre à son tour.

          • Matt  

            Ah peut être qu’elle descend Kelly alors et qu’il est juste mentionné qu’elle a descendu Creed avant. C’est Mystique aussi qui se fait Kelly ?

          • Bruce lit  

            Non, de mémoire, il s’agit d’un groupe extrémiste humain.

            Je sais que la Bible version juive
            -Tousse, tousse- On dit l’ancien Testament ;)

            @Eddy : Les incas étaient un peuple de conquérants. Il s’agissait tout simplement d’obtenir un maximum de territoire comme tous les autres peuples du monde. Ce faisant, ils ont digéré une partie des savoirs faire des peuples conquis notamment autour de la culture de légumes en si haute altitude. L’arrivée des espagnols a été vue pour beaucoup de peuplades indienne comme une bénédiction pour se libérer de l’Empire Inca. On connaît la suite….
            Je suis d’accord avec toi sur la violence absolue du premier testament. Si Dieu traite son peuple favori en enterrant vivant les adorateurs du Veau d’Or, on a pas envie de se demander ce qu’il réserve à ceux qu’il n’aime pas. Il s’agit d’un Dieu coléreux et jaloux.
            Le nouveau Testament avec la figure de Christ marque le premier reboot de l’histoire de l’humanité :)
            Il s’agit de remettre à plat les relations entre un Dieu et ses obligés. C’est aussi et surtout un message qui reste moderne malgré les 2000 ans qui nous sépare de Jésus.
            Pour le reste, il ne faut pas oublier que La Bible, c’est plusieurs livres dans un livre écrit sur un millier d’année.
            C’est comme si nous avions un livre appelé Philosophie qui commencerait avec Platon et finirait avec Nietzsche. Un beau bordel ou tout et son contraire serait dit.

          • Matt  

            rooh ça va le puriste hein^^
            Quoi c’est raciste d’en parler comme ça, c’est ça ? on peut plus dire les choses différemment sans choquer ?^^

            Bon j’ai trouvé :

            https://comicvine.gamespot.com/the-uncanny-x-men-388-dreams-end-part-1-the-past-i/4000-65166/

            Elle essaie de tuer Kelly dans cet épisode contenu dans la revue mentionnée. Peut être qu’elle échoue, me souvient plus. Et elle doit mentionner avoir descendu Creed.

          • Bruce lit  

            Je vérifie ce soir pour Mystique. Tu vois on ne lit jamais assez les Xmen.

            Je ne suis absolument pas puriste des histoires de religion. Je serai incapable de t’expliquer comment on part de La Bible pour arriver à La Torah.

        • Eddy Vanleffe  

          Le diable, c’est Justin Bieber :)

  • OmacSpyder  

    Un article sur une BD qui présente le mérite de montrer comme tu le présentes l’ordinaire de la situation d’endoctrinement, sans bruit ni fureur, à bas bruit dans un moment de quête d’idéal que certains vont instrumentaliser.
    Prendre le regard de cette mère en détresse face à cette situation inconcevable est un choix intéressant car permettant un pas de côté face au thème complexe et délicat.
    Sur la culpabilisation des parents, les mères en l’occurrence, d’enfants autistes, il y eut en effet des interprétations abusives quant à l’interrogation du lien mère- enfant. Ici la question de la relation se pose à nouveau dans cette autre forme de déconnection de la réalité. Comme un lien insuffisamment sécurisant qui amène l’enfant à fuir vers d’autres cieux, psychiques ou idéologiques. Je comprends et rejoins l’interrogation parentale de Présence.
    Cette reprise du leitmotiv des X-men « Plus ça change, plus ça reste pareil » est un fil rouge qui éclaire en quoi chaque génération doit faire face au malaise de ses adolescents, pris dans leurs transformations aux prises avec les mutations sociales et civilisationnelles, confrontés à la perte des figures d’autorité et à la quête de sens, fût-il absolu ou radicalisé.
    Parlant de figures d’autorité et de détresse, le portrait de cette mère célibataire sonne juste. Une mère combative mais une figure paternelle absente, vide que certains se font une vocation de remplir par des idéaux prêt-à-porter.
    L’appel : un titre sobre et qui résume à lui seul les vecteurs irrépressibles auxquels les adolescents et jeunes adultes sont confrontés et qui contraste d’autant plus quand une société véhicule une inquiétante vacuité.
    On ne naît pas terroriste on le devient : une évidence qu’il est bon de rappeler. Non pour les dédouaner, ni pour nous culpabiliser individuellement, mais pour nous rappeler collectivement à notre responsabilité de tenter de comprendre pour éventuellement mieux prévenir ces sursauts du vide.

    • Bruce lit  

      Sursauts de vide : très belle sortie Omac. La révolte des Djihadistes est une révolte qui tourne mal. On lance plus des pavés, on insulte plus les flics : on les flingue. Et tous les autres avec. Pour ce siècle, le terrorisme va nous amener à nous interroger sur le sens de la vie. Je m’en serais personnellement passé…

      @Matt : après vérification l’assassin de Robert Kelly est bien un humain qui accuse Kelly de traîtrise sous les yeux impuissante de Cable. Se déroule en même temps la mort de Moïra Mc Taggert attaquée par ta copine bleue qui a aussi poignardé Rogue.

      • Matt  

        Elle est charmante hein ?^^ Elle fait pareil avant Messiah Complex en flinguant Rogue. Mais sans toucher les points vitaux. C’était même pour la sauver tout ce bazar avec le bébé. Avec des mamans comme ça…euh…

        « Pour ce siècle, le terrorisme va nous amener à nous interroger sur le sens de la vie. Je m’en serais personnellement passé… »

        Certains cyniques diraient que plusieurs siècles en arrière la vie ne valait pas grand chose non plus, et aujourd’hui on célèbre des anniversaires de massacres.
        Tiens d’ailleurs c’est un peu chiant ça à force. Non pas qu’il ne faille pas en parler, mais ça sent la manipulation de l’opinion publique et les arguments politiques tout ça. On ne fait pas tout un fromage quand des petites filles se font violer et assassiner par des pervers. Il n’y a pas non plus de ligne directe d’aide pour les victimes de viol à la sécu, alors qu’il y en a pour les victimes d’attentat.
        Non pas que je veuille minimiser la chose, mais c’est pas du bourrage de crâne politique tout ça ? Certains en prennent plein la gueule sans qu’on s’en soucie mais les rescapés d’attentat politiques sont limites indemnisés par l’Etat.

  • Jyrille  

    Jamais entendu parler mais cela a l’air aussi admirable que ton article. Je ne suis pas du tout certain d’avoir envie de lire ça, mais il faut avouer qu’entre la couverture et le dessin subtil et léger, cela pourrait être une bonne surprise… Mais bon, je fuis quand même la réalité depuis quelques temps, en bd en tout cas… Même les très bons Catharsis de Luz et La légèreté de Catherine Meurisse (superbe) sur l’après Charlie, je les ai lus mais je ne les veux pas chez moi. Plus tard peut-être.

    La BO ? Une chanson magnifique. En tant qu’enfant de divorcés, elle me touche beaucoup.

    Sinon rien à voir, mais j’en ai déjà marre de Johnny… Ils parlent de faire une marche ce week-end à Paris. Genre Charlie. Je suis Johnny.

    • Matt  

      Hem…ça rejoint ce que je disais. Si c’est politique ou si t’es une star, ça prend des proportions que je trouve embarrassantes. Évidemment que la mort de n’importe qui c’est triste et tout ça…mais merde un peu de mesure ! C’est insultant pour ceux qui meurent dans l’indifférence générale. C’est du matraquage médiatique pour faire de l’audimat tout ça.

    • Bruce lit  

      Je ne suis pas d’accord.
      Nos civilisations sont guidées par des symboles, des héros , des figures. ET Johnny en était une. Qu’on l’aime ou pas. Avec llui le rock se mélange au people.
      Il aura été celui qui succéda à Piaf, Chevalier et Tino Rossi.
      A l’inverse d’un Claude François, il est vraiment devenu Rock après les yésyés avec des albums formidables comme Géneration Perdue , Johnny ou mon préféré Derrière l’amour.
      Les gens qui meurent dans l’indifférence générale cherchent souvent des symboles pour témoigner de leurs luttes Matt. Il est impossible pour le cerveau humain de traiter de manière équitable toute la misère du monde. C’est d’ailleurs ce que dit Balavoine dans vivre ou survivre : toute la misère du monde n’est rien à côté d’un Adieu.
      Notre vision du monde est subjective.
      Je retrouvais beaucoup de James Dean en Johnny. Ce fut mon premier chanteur lorsque chez ma grand mère bourgeoise je découvrais qu’il la faisait chier….
      Je comprends l’overdose médiatique, bien sûr. Mais rendez-vous compte : ce type a accompagné notre vie pendant 60 ans ! Il a a commencé à 15 ans ! Avant les Beatles !
      Nous sommes sur un site de super héros et les super héros nous les aimons pour ce que nous projetons en eux et ce qu’ils nous renvoie.
      Je ne l’ai jamais vu sur scène parce que je déteste la musique dans les stades mais j’avais beaucoup de tendresse pour le personnage et j’ai vraiment, vraiment beaucoup de peine. Johnny c’était le seul mec que Jagger, Mac Cartney connaissaient. Brian Setzer l’a accompagné sur scène. Comme Carl Perkins. Cyrille, si l’overdose te passe, je te conseille vraiment le dernier live Reste Vivant Tour.
      C’est juste super rock, avec Yarol Poupaud de FFF à la guitare. C’était l’année dernière et le fait de savoir cet homme mourrant capable de dégager autant d’énergie est juste impressionnant. Il n’y a que le rock pour faire vivre ainsi.

      • Matt  

        Mouais…
        Mais non. Pour moi toutes les chaines qui te matraquent la gueule, c’est trop pour moi. ça me gonfle. Tu crois qu’il serait content le mec ? Capitaliser autant sur la mort d’une personne, c’est de l’exploitation. C’est de l’opportunisme. Qu’on soit fan ou pas. Toi tu pars du principe que ce sont des émissions programmées avec le cœur par des gens qui en ont quelque chose à foutre ? Sans doute suis-je trop cynique pour y croire alors.
        Et à côté les grands de la BD qui bossent aussi depuis 40 ans et ont fait rêver plein de gens, ils font une note en bas de page d’un journal.

        • Bruce lit  

          Matt
          Tu mélanges tout.
          Johnny était le seul artiste français de remlir un stade. Seul. Face à Muse, Guns’n’roses ou les Stones.
          C’est toi même qui dit qu’il ne faut pas juger Deadpool à l’exposition médiatique.

          • Patrick 6  

            @ Bruce : Jojo n’était pas le seul à remplir les stades, il y a encore Indochine pour ça ^^ Je pense que si demain la France donne des funérailles nationales à Nicola Sirkis tu comprendras mieux notre situation actuelle ! Bref on ne va pas en parler pendant 3 plombes, personnellement je rend hommage au grand professionnel qui a su gérer sa carrière de main de maitre (notamment à base de collaborations plus que douteuses : Goldman, Bruel…Rock’n’roll attitude à n’en pas douter !). Au delà du fait que ce gars n’a jamais fait du rock (euh à ses débuts ? mais je n’en suis même pas sur) je lui reproche surtout de n’avoir jamais RIEN crée et s’être contenté de suivre bovinement (ou opportunément au choix) les modes, sans jamais à aucun moment trouver/créer son propre style. Un bon exécutant en somme.

          • Bruce lit  

            Bon les gars vous êtes mes amis et je vous adore, mais là vous me contrariez….
            Que vous n’aimiez pas Johnny, que la pression médiatique vous gonfle et que vous ayez envie d’entendre autre chose, c’est normal, légitime, humain.
            Mais pour le reste, je vous demande de me croire quand je vous dis que Johnny est rock. PAs au sens de Sonic Youth ou des Cure. Mais la famille du rock est vaste les amis. On y trouve les Smiths (je n’ai jamais compris pourquoi les jérémiades de Morrissey avait de Rock’nroll), Daho, Françoise Hardy, Manson, que sais-je….la liste est longue.
            Le rock est ainsi : il faut accepter que les gens aient la carte du club. On aime ou pas. C’est une famille. Et moi je peux très bien vivre sans visiter le cousin Morrissey. Je me fous de ses chansons, de ce qu’il est, de ce qu’il vit mais je lui reconnais une influence, une aura, un courant.
            C’est ce que vous me refusez et c’est pas très sympa. Je pense connaître un peu l’histoire du rock. Et connaître mieux que vous les disques de Johnny puisque vous ne les écoutez pas.
            Si on rentre dans les détails de chaque artiste, on peut les sortir un à un du club rock. C’est ce que vous faîtes inconsciemment avec Johnny et sans aucune volonté de me faire du mal. Mais c’est ce que vous faîtes quand même…
            Bowie : Quand il fait Let’s Dance, c’est de la variétoche non ? Quand il collabore avec Puff Daddy, c’est aussi naze que Bruel, non ?
            Alice : incarne le shock rock et a chanté avec Keisha….ça vaut bien toutes les Segara du monde
            MacCartney : quand il chante Yersterday c’est du rock ou de la (superbe) variété ?
            Iggy : a joué dans des films de merde, notamment pour Luc Besson (Arthur 3). Alors il est plus rock ?
            Springsteen : peut -être musicalement le plus proche de Johnny. Sa chanson Street of Philadelphia, c’est du rock ça ? Il braille dans la plupart de ses chansons, je déteste son groupe de pompiers mais il sait faire dans l’intimiste. Il remplit le stades et ne fait pas dans la nuance. C’est du rock. Je n’aime pas, mais oui, c’est du rock.
            Nick Cave : -tousse- quand il invite Kylie Minogue qui est quand même aux antipodes du monde du Rock, tout le monde trouve ça génial (à juste titre). Mais si Johnny chante Je te promets de Goldman, une superbe ballade slowrock, ce n’est plus du rock…Grr !
            Christophe : il commence à chanter comme Hérvé Villard sur Aline mais désormais qui oserait dire que Les Mots Bleus c’est pas du rock ?
            Tiens Depeche Mode : leurs débuts, Cant get Enough, c’est assez ridicule quand même. Mais par la suite, le mec qui dit que Violator c’est pas du rock, il a l’air con non ?
            Daniel Darc : l’amateur des Stooges et de Lou Reed a chanté avec…Superbus quoi !

            J’espère être convainquant. Johnny a TOUT inventé en matière de rock français Patrick. Les concerts hystériques, les fauteuils pétés, les tournées cocaïnées, les groupies, le cul. Qui gueulait sur scène avant lui ? Ah oui, Brel ! Brel c’est rock sans l’être. C’est génial, mais c’est un pionnier. Allez trouver une gamme de blues ou une guitare électrique chez le grand Jacques. Libre après aux autres de faire autrement. De dire comme les Clash que Elvis est un con. Mais ils peuvent le dire parce que Elvis est rock justement.
            Quand le KIng chant Just cant help falling in love with you, c’est sirupeux et sentimental, mais on reste dans la mythologie rock. Un truc dont Pagny, Bruel, Garou et toute la racaille n’approcheront jamais en rêve.
            Quant au phénomène d’identification, si ça ne marche pas pour vous, euh tant mieux. Je le redis : j’aime les personnages, les romans de vie. Lorsque la vie construit une mythologie, qu’il y a mille et mille choses à raconter sur quelqu’un, moi ça me fait rêver. Que l’on parle encore (un peu) de James dean 70 ans après sa mort, c’est quelque chose. C’est un voyage intellectuel que de chercher l’homme derrière la légende.

            Bon, je vous laisse. Johnny a fait du rock, a fait de la merde,oui, mais c’était un personnage, une icône française que l’on aime ou qu’on le déteste.

        • Matt  

          Mais je ne juge pas Johnny là. Je juge l’exposition médiatique justement.
          Et qu’on en parle, ok. Mais pas sur tous les programmes bon sang ! C’est embarrassant. Même un mec dont je suis fan, s’il faisait à ce point la une de partout je me dirais que c’est too much, comme si d’un coup il n’y avait plus que ça d’important au monde.

          • Jyrille  

            Sur l’exposition médiatique, je rejoins un peu Matt : c’est vraiment trop. Ce matin sur Inter c’était n’importe quoi… Mais je ne pense pas que ton argument sur les gens inconnus qui meurent soit recevable. Johnny était effectivement une icône, il fait partie de notre histoire, de notre inconscient, il fait partie du patrimoine, tout comme Cloclo et Sardou. Impossible de le nier.

            Par contre, Bruce, je persiste à dire que ce n’est pas du rock. C’est de la variété. Et tous les Yarol Poupaud du monde (que j’adore hein, j’ai vu FFF dans une toute petite salle sur la tournée Free for fever) n’y changeront rien. Ce sont des musiciens de haute voltige, mais trop propres, ou qui jouent de la musique trop propre pour être rock. C’était peut-être la révolution en 62 mais après c’était déjà une star, et malgré son parcours chaotique, il aura une image de rocker plus qu’une musique de rocker. C’est ma perception du rock… et Johnny aura toujours été pour moi une autre figure trop aimée par un public de fans totalement énamourés, chose que je ne comprendrai jamais et que je trouve destructrice. C’est comme ça qu’on forme les religions.

            Après, j’ai beaucoup d’affection pour Johnny, mais sa mort ne me touchera jamais. Pour ma part, j’ai plus subi Johnny qu’autre chose – jusqu’à maintenant. Si j’en ai le courage, j’écouterai d’autres titres, mais je te l’ai déjà dit : l’énergie seule n’est pas une preuve.

        • Matt  

          Bon et puis le fait qu’il remplisse un stade ne m’impressionne pas. Les footeux le font tout le temps, et dieu sait qu’ils sont tout sauf des symboles pour moi.
          Mais bon encore une fois j’ai rien contre Johnny moi. Je suis pas fan mais bon il ne m’a rien fait. Sauf que j’ai un problème avec les médias, ça oui.
          Marre de cette manipulation larmoyante qui nous lave le cerveau aussi. Oui c’est regrettable une mort. Mais sous couvert de rendre un hommage, j’ai bien la sensation que ces émissions sont faites pour capitaliser sur le chagrin des fans qui vont restés pendus à leur télé et générer du pognon.
          Désolé. Je respecte ton chagrin et je ne veux pas choquer mais cette overdose médiatique me rend malade.

        • Matt  

          @Bruce & Jyrille : Bon j’ai jamais compris les symboles moi, alors je vais arrêter, peut-être qu’il y a un truc que je ne saisis pas, je veux bien le reconnaître.^^
          On n’a pas le même rapport à la musique. Je peux aimer ce que les chanteurs font, mais souvent leur vie n’a rien d’exemplaire, ce sont même parfois d’odieux personnages, alors en aucun cas je ne m’intéresse à eux en dehors de leur musique. Donc la notion de symbole pour le star-system…ça ne marche pas sur moi.
          Alors désolé si je vous ai vexés. C’était surement pas le meilleur moment pour râler là dessus.

          • Jyrille  

            T’inquiète, no offense Matt. Comme toi je préfère faire la distinction entre la personne et l’artiste ou son oeuvre. Mais il faut reconnaître quand quelqu’un est populaire et pèse. Tu parlais des footballeurs, ce sont les meilleurs ambassadeurs pour la jeunesse. Un ami me parlait des galactiques (les joueurs vedettes de Barcelone) comme étant de vrais rock-star, ou du moins, les nouvelles rock-star, puisque que comme Bruce me le faisait remarquer, le cirque rock a disparu. Le rock redevient une passion de mélomanes puisqu’ils ne sont plus populaires…

          • Matt  

            Ouais mais bon…popularité n’est pas forcément gage de qualité non plus. Enfin chacun ses goûts hein, mais moi ça m’échappe ce concept de symbole à cause d’une popularité toute subjective.
            Pas besoin d’aller chercher parmi les personnes inconnues pour trouver des artistes moins populaires qui meurent sans faire tout un foin à la télé. Ils ne méritaient pas le même soulèvement national parce qu’ils avaient moins de fans ? Mouais…tout ça m’échappe.

          • Matt  

            On idolâtre quand même de sacrés trous du cul parmi les footballeurs non ?
            La victoire des muscles sur l’intelligence. Les jeux du cirque^^ Pendant que des chercheurs détenteurs de prix nobel font une note en bas de page quand ils meurent.
            Bref j’arrête.^^

  • Matt  

    @Bruce : Euh moi j’ai rien dit sur son rock machin hein. J’y connais que dalle dans les genres de toutes façons. Il est rock si tu veux.
    C’est juste que c’est too much l’exposition médiatique. Que ce soit une icône ou pas, personne ne devrait à ce point monopoliser les médias quand des mecs plus importants ont droit à 30 secondes d’antenne quand ils meurent. Surtout quand ce qu’il a inventé c’est…les fauteuils pétés, les tournées cocaïnées, les groupies et le cul. Woah ça mérite une statue. Les mecs qui ont fait progresser les recherches sur le traitement du sida, il peuvent se la mettre dans le fondement leur statue mais bon bref…
    Encore une fois c’est moi qui comprend que dalle à ces stars érigées en divinités. Je comprends l’influence qu’ils peuvent avoir mais pas au point où ça puisse justifier des funérailles nationales. Les auteurs de BD y ont droit ? Les réalisateurs de films ? Les chercheurs ? N’importe qui d’autre qui ne montre pas sa gueule à la TV ? Pourtant certains ont marqué leur temps. Mais…ils ne chantaient pas, on ne sait pas qui ils sont. Et même si leur héritage est plus sain que les tournées cocaïnées…ben tant pis, on les oublie et on érige en héros la rock star. Dis j’y connais rien au rock mais c’est pas censé être des marginaux ? Des rebelles hors du moule qui font leur truc sans chercher forcément à plaire à tout le monde ? C’est pertinent d’en faire un héros national et un exemple pour tous ?

    Bref désolé, mon but n’était pas de te blesser mais pour moi les médias c’est de la merde, c’est de la manipulation destinée à engranger du fric. Il avait beaucoup de fans donc parler de lui va faire péter l’audimat et exploser la vente de ses disques. Vive la mort, c’est commercial.

  • Eddy Vanleffe  

    100% d’accord avec le taulier sur ce coup-là…. :)
    Le battage médiatique était prévisible à la mesure de l’artiste et de l’émoi suscité.
    On aime bien ne pas aimer Johnny mais bon il fait parti du fond culturel commun, c’est comme ça.
    Je déteste Michael Jackson mais c’est pareil puissance 1000, il est devenu un mythe.
    En France, Johnny est le premier et sans doute le seul à pouvoir supporter la comparaison de ce genre de personnage.
    ceux qui n’aiment pas ce bon vieux Johnny n’ont qu’à faire le dos rond et attendre que la vague passe…

    Johnny Pas rock? le mot n’existait même pas avant lui dans l’hexagone. Dans cette période où l’import se faisait essentiellement en faisant des reprises en français, il a littéralement importé Elvis et son disque que ma petite maman avait quand j’étais petit « les rock les plus terribles » date de 1964. accompagné par un groupe anglais « Joey and the showmen », il donne des versions très punchy de standards comme Roll over Beethoven, Long tall sally, susie Q, Carol etc…
    il n’ a pas crée ces chansons mais puisqu’il n’en a crée aucune, quelle différence!
    Même philippe Maneuvre adoube ce disque. :)

    • Matt  

      Prévisible, bien sûr.
      Mais comme je le dis, ce n’est pas une question d’être fan ou pas. Je trouve que c’est too much. Je râle juste sur les médias de notre société, voilà; j’ai le droit^^ Certains le font en BD critiquer. Ben moi j’ouvre ma gueule et c’est tout. J’étais fan de Christopher Lee, j’aimais le jeu d’acteur de Jean Rochefort…mais s’il y avait un un tel mouvement médiatique pour eux j’aurais été embarrassé aussi. D’un seul coup c’est un Dieu, le monde cesse de tourner, etc. ça me gonfle. Pour moi c’est commercial, c’est pour faire de l’audimat, etc.
      Bref j’arrête. Je me porte mieux quand je ne regarde pas les actualités…

      • Eddy Vanleffe  

        C’est passager…
        Dans un an, les fans seront toujours chagrinés, le reste du pays ne se souviendra plus de l’ampleur. ils diront juste: ça a fait du bruit….
        on sera passé à autre chose.
        Je considère les hommages aux mondes des arts relativement normal, c’est hors norme mais la société ne vit plus selon des normes familiales concentriques.
        De plus en plus de gens vivent isolés, fâchés ou tout simplement avec des manques intimes affectifs que viennent combler des œuvres et l’aspect humain qui vont avec celles ci: leurs auteurs, leurs personnalités…
        le jour ou Stan lee ou même Dorothée disparaîtront, je serais ému.
        Sera-ce bizarre, je ne le sais, mais je le ressens.
        parce qu’ils auront signifié quelques chose dans mon parcours, peut être plus qu’un cousin éloigné.
        Johnny a touché énormément de gens et ceux là ont besoin de cette période « un peu spéciale de deuil public ».
        les médias se greffent dessus évidemment, mais bon ils le font déjà de leurs vivants en décrivant la couleurs de leur caca dès qu’ils vont chez le médecin.
        si tu un truc indécent, c’est le battage autour de sa maladie qui m’a interpellé…
        moi, je ne suis pas trop le truc, mais je comprends l’impact que ça peut avoir et comme le monde ne tourne pas autour de mes goûts, ben….
        j’aurais pas une émission sur Lemmy… :(

        • Bruce lit  

          @Eddy : My hero ;)

          J’imagine que tu avais vu le film Lemmy ?

        • Matt  

          Ouais m’enfin le président qui dit que c’était un héros. Merde quoi. Un héros de quoi ? Il chantait, se droguait…quel héros ! Personne n’est parfait certes, et je ne lui reproche pas d’avoir fait ça…mais ça ne mérite pas une telle valorisation posthume.
          J’ai été peiné quand Ray Harryhausen est mort. Parce que le bonhomme avait ma sympathie avec sa passion qu’il mettait dans son travail et sa vision du cinéma. Ainsi que son héritage. Mais si on avait parlé de lui pendant 2 jours sur toutes les chaînes, j’aurais trouvé ça indécent. Même pour lui. C’est de l’exploitation post-mortem.

          Oui je sais que les médias en font des caisses et décrivent la couleur du caca des gens…mais justement c’est ce que je reproche^^ Vous seriez d’accord avec moi dans n’importe quel cas mais quand c’est post mortem c’est comme si je souillais sa mémoire en vil méchant insensible que je suis. Bah…non, c’est pas mon but. Pour moi si on reproche des choses aux médias, il ne faut pas d’un seul coup trouver ça normal quand ils vont dans notre sens parce que ça nous arrange. On exploite votre chagrin ! Révolution !

          Ahem…euh…pardon^^

          • Bruce lit  

            Matt, enfin…
            C’est pas parce que Marcon le dit, que c’est faux.
            ON est dans la tradition du rock et de ses héros. C’est aussi simple que ça. Tu tiens le discours de beaucoup d’ennemis de la culture populaire sans le savoir/vouloir.
            La musique se ressent sans se comprendre. La physique, la médecine, la science non. La politique aussi. C’est souvent très technique derrière les petites phrases.
            Nous sommes donc dans la culture populaire Matt. Une culture fait et comprise par des gens qui n’ont aucune utilité sociale à la base. Aucune entrée en université ou dans les hauts milieux. La culture académique méprisait le rock comme les comics en développant les mêmes arguments que les tiens tu sais : quelles est l’utilité sociale, la légitimité, la manipulation médiatique de ces gens là ?
            Johnny est né orphelin de père et mère. Par la seule force de son envie, il est devenu une icône. L’homme de rien devenu quelqu’un. C’est l’histoire de nos super héros. Notre histoire. Tu as le droit de ne pas t’y reconnaître. Mais c’est un fait.

          • Matt  

            Ah non ne m’attaque pas via la politique de Macron, hein ! Ce n’est pas à cause de lui que je trouve son constat faux. C’est juste que je trouve qu’une figure politique qui qualifie de héros un mec qui n’a rien fait de spécial à part réussir sa propre vie, c’est abusé. Les super héros ils sauvent des gens au moins.^^

            Non je ne dénigre pas pas la culture populaire. J’adore ça. C’est juste que malgré le fait que je sois fan de plein d’auteurs, je n’irais jamais dire que ce sont de grands héros modernes qui méritent des funérailles nationales. Il faut rester les pieds sur terre enfin ! Les mecs qui ont inventé les antibiotiques qui ont permis de soigner la tuberculose méritaient davantage ça pour les bienfaits apportés aux gens, tu ne crois pas ?
            Il ne s’agit pas de condamner la culture populaire en la traitant d’inutile. Mais de reconnaitre tout de même que le boulot de ces gens n’en font pas des héros. Ils apportent peut être du réconfort avec leurs œuvres mais si à côté de ça les gens qui sauvent des vies à l’échelle planétaire désintéressent complètement le public, ça me paraît indécent d’en faire des caisses pour un chanteur. Surtout qu’encore une fois, ça concerne uniquement les chanteurs tout ça. Les auteurs de BD, réalisateurs de films…les gens s’en branlent ! C’est quoi alors ? Une idolâtrie d’une image, d’un visage ?

            Des gens qui partent de rien et réussissent leur vie, il y en a d’autres. Mais s’ils deviennent chercheurs, ils ne seront pas des héros. Donc cet exemple de ta part ne marche pas vraiment.

            Je ne comprends pas c’est tout, je n’admire personne à ce point là. Je ne me reconnais dans aucun de ces comportements qui me paraissent complètement exagérés. Je ne veux pas vexer les gens. C’est juste…démesuré.

          • Matt  

            Tiens regarde les youtubeurs que tu n’aimes pas m’ont parfois apporté plus de réconfort et de rires qu’un mec comme Johnny que je n’aime pas. Et déjà tu es choqué que ces gens aient des millions de vues. Tu vois le problème ?^^ ça t’échappe qu’ils puissent avoir leur niche de fans mais tu ne comprends pas mon point de vue sur Johnny ?
            Pourtant selon nos vécus, un mec inconnu peut avoir plus de signification affective pour moi s’il m’a fait marrer. Mais si on faisait d’un youtubeur un grand héros national tu réagirais comment ?^^

          • Matt  

            Et si tu me dis qu’un youtubeur n’apporte rien et surfe sur les modes…il semble que ce soit aussi un débat pour Johnny d’après les propos de Patrick^^
            Quant à remplir les stades, les films Marvel remplissent des cinémas et tu sais que ce n’est pas forcément gage de qualité.

            Enfin ouais ça m’échappe tout ça. Je vais arrêter (mais faut que t’arrête aussi de me relancer^^) parce que je ne partage pas du tout avec toi ce rapport à la musique et cette admiration des gens derrière la musique. Des fois c’est même des gros cons alors bon…difficile pour moi d’accepter tout ça sans être perplexe.

          • Bruce lit  

            Oui. Chacun restant sur ses positions, il est effectivement temps de s’arrêter parce que le sujet me tient trop à coeur et que nous sommes désormais bien loin de L’appel.

  • Tornado  

    Pareil pour Cyrille sur ce point : Johnny ? Purée, je l’ai nettement plus subi qu’autre chose. Je crois que j’aime deux ou trois chansons, le reste m’indiffère ou m’horripile (bon, j’avoue que Bruce m’a fait écouter un extrait de son dernier album et c’était pas mal). Donc…
    L’abattage médiatique d’hier et d’aujourd’hui (de demain ?) me saoule. Mais bon. franchement, je n’allume pas la télé ou je change de station. C’est pas si compliqué à éviter… Je laisse passer la vague en toute indifférence, en fait.

    Par contre pour ce qui est de savoir si c’est du rock ou pas, là j’avoue que je m’en contrefout comme de savoir si mon voisin du bas de la rue achète telle ou telle marque de papier-toilette… Mais au fait ? En quoi c’est une qualité être « rock » ? C’est juste un style non ? Non parce que moi je préfère écouter certains trucs de variétés que certains albums rock, hein ! Je préfèrerais 1000 fois écouter un album de Michael Jackson qu’un album de n’importe quel groupe de punk, par exemple. Et pourtant, du rock, j’en écoute plein aussi.
    En quoi c’est une qualité donc ? Je pose franchement la question.

    • Eddy Vanleffe  

      aucune à mon sens…
      c’est simplement une sorte de réponse aux réflexions du type: Johnny c’est même pas du rock, plutôt de la variété.
      On peut répondre: peu importe! ou les deux ou encore le fait que si Johnny c’est aussi du rock, indubitablement.
      Pour ma mère Johnny, c’est du rock mais certainement pas tous les trucs des années 70-80-90…parce que pour ma mère, le rock, c’est un rythme précis qui se danse de façon précise comme le « mash-potatoes », le twist etc…

      @matt
      si des gens voudraient lui faire des funérailles en grande pompes contrairement à des youtubeurs, c’est parce que son succès fut massif, populaire et qui’l a traversé le temps et de là peu importe que tu n’y soit pas sensible.
      va dans la rue et demande qui est « le chef-Otaku », Le »fossoyeur de films », Ginger Force » ou même Norman, tu n’auras pas le même impact.
      a ce point-là c’est juste arithmétique.

      • Matt  

        Ouais mais de là à en faire un « héros ». C’est la conception de Millar des héros alors. Le self-made man qui a réussi à être riche et célèbre, à se taper plein de femmes et à être glorifié malgré la drgue et autres dérives^^
        Je ne le pointe pas du doigt, mais pour moi c’est un homme avec ses défauts et ce qu’il a fait ne lui donne pas le titre de héros.
        Ma vision des héros c’est plutôt les gens qui soignent, soutiennent, sauvent des vies. Bruce avec son métier se rapproche même davantage du héros pour moi qu’un chanteur, et je ne dis pas ça pour lui passer de la pommade pour qu’il me pardonne mes critiques^^
        Un succès massif ne change pas une personne en héros pour moi, c’est aussi simple que ça.
        Allez on passe à autre chose ? Je ne veux pas vous fâcher moi^^

  • Patrick 6  

    @Tornado tu soulèves deux points intéressants :
    1/ il faut comprendre qu’à l’instar de Goldman ou Bruel nous avons tous subis Jojo 1er comme tu le soulignes. Que ça nous plaise ou non on s’est tous mangé ses clips en veux tu en voilà ! (Jusqu’à indigestion me concernant). Je pense que ça explique largement mon/notre rejet, indépendamment de son… talent.
    2/ Qu’est ce que le Rock ? Pour le coup chacun a sa définition, me concernant je vois le Rock comme un mouvement contestataire et dérangeant avec une volonté d’intégrité musicale (tout le contraire de Jojo donc selon moi, l’intégrité et la contestation à St Tropez j’ai du mal à y croire). Pour le reste je suis d’accord avec toi le débat de savoir s’il est rock ou pas n’est pas capital en soi et n’a même aucune importance (dans le sens ou j’aime des choses qui ne sont absolument pas rock, Nina Simone est en fond musical de ce mail) mais, je vais me répéter, c’est le coté « suiveur de mode » du Belge qui me dérange surtout…
    @ Bruce : Oui, même s’il me sort par les yeux, je suis en effet obligé de reconnaître qu’il est devenu une icône… J’ai vu une vidéo où il chantait avec Bruel, Obispo et C.Maé (ahahah) et les 3 rigolos n’avait clairement pas le quart du charisme de Jojo alors qu’ils chantaient la même soupe ! Je lui reconnais ce talent là.
    (Pour le reste oui oui on va prendre notre mal en patience et attendre que la vague médiatique passe)

  • Jyrille  

    Bruce, tu m’as convaincu. En fait, je rejoins simplement les derniers avis de Tornado et Patou : disons que Johnny faisait du rock, mais que ce n’est pas le mien. Pas celui qui est contestataire ou émouvant, celui qui me touche, mais un rock institutionnalisé. Cela fait longtemps que j’ai laissé tomber l’article sur cette définition du rock qui me tient à coeur, mais un jour peut-être j’y arriverai.

    Comme tu le dis, à un moment ou un autre, tous les artistes ont fait de la soupe, à commencer par ceux qui ont une longue carrière. Et celle de Johnny est remarquable, toujours dans les bons coups ! La preuve avec la chanson que tu as mises sur FB, Rendez-vous en enfer, qui sonne comme du Alice Cooper. C’était franchement pas mal. Laetitia m’a fait découvrir Derrière l’amour, elle est chouette aussi. Tu cites un tas de trucs avec lesquels je suis d’accord, Je te promets est une des rares chansons que je connais de lui que je trouve vraiment chouette.

    Mais comme Tornado, je préfère écouter de la variété que j’aime. Goldman, ça dépend franchement. C’est lui qui a écrit Quelque chose de Tennesse non ? Superbe morceau. Mais comme j’ai subi Jojo, comme certains de nos aînés ont subi Cloclo en pleine période punk, je ne peux pas aimer l’oeuvre de Johnny. J’ai vu les pleurs de Michel Drucker à la fin de son émission, j’en avais les larmes aux yeux car c’est un homme qui perd un de ses amis.

    Alors foutons-nous des définitions, Johnny faisait du rock, mais pas le mien, et je suis triste pour tous ceux que ça touche, à commencer par ses proches.

    Pour le reste, les Champs-Elysées et la télé, attendons, même si je trouve ça exagéré, je peux comprendre. On en rit tellement depuis des années, du deuil national lorsque cela serait arrivé. Et on y est. Et c’est presque le cas. Mais voilà, c’est mérité, c’est une part de nous, on n’a pas le choix. En fait, on a très très rarement le choix.

    Juste pour conclure sur certains de tes exemples : oui, Brel faisait de la chanson, mais il sonne plus rock pour moi. Oui, Streets Of Philadelphia c’est du rock. A sa sortie, j’ai haï ce titre, et maintenant je le trouve indispensable. Le rock pour moi n’est pas un style, mais un esprit. Le rap, c’est du rock. Mozart, c’est du rock. Bashung c’est du rock. Christophe, je ne sais pas, c’est de la belle variété. Et j’aime des titres de Sardou. En fait, je le disais dans ma chro sur Etienne Daho en citant Best : abattons les frontières imbéciles.

    • Bruce lit  

      Merci du fond du coeur pour ton honnêteté Cyrille.
      Tenessee est une magnifique chanson. Mais elle est de Michel Berger.

      • Jyrille  

        De rien, merci à toi… Tu vois je suis nul en Johnny, je ne connais pas bien ses auteurs…

  • Père Huck  

    Pour ce qui est du Rock , Johnny se définissait comme un « Chanteur de variétés revu et corrigé par le Rock ».
    Pour les puristes , Johnny a été Rocker pendant les années Vogue (1959/1960).Quand il part chez Phillips en 1961 , pour eux il trahit le Rock.Et si chez Vogue , il composait pas mal , chez Phillips ce sera beaucoup d’adaptations et des styles plus « grand public » comme le Twist , le Madison et autres Mashed Potatoes.
    L’année 1964 a été une année très Rock.Johnny qui cherchait depuis longtemps un bon guitariste fera la rencontre de Joey Greco aux USA.Le guitariste donnera un son très électrique à l’album « Les Rocks les plus terribles » et à l’album de 1964 dont beaucoup de sessions ont été enregistrées à Nashville.
    L’album de 1969 sans titre à la base , mais depuis référencé sous le titre « Rivière… ouvre ton lit » ou « Je suis né dans la rue » , est une bombe.Les « Small Faces » Steve Marriott et Ronnie Lane qui ont apprécier sa reprise de « My way of giving » / « Je n’ai jamais rien demandé » vont bosser avec Johnny sur cet album.En tant que musiciens sur « Voyage au pays des vivants » , « Je suis né dans la rue » et en tant que compositeurs pour « Amen » , Réclamations » et « Regarde pour moi ».Et c’est Jimmy Page qui joue sur les trois compos des Small Faces.Ce sera la dernière session des Small Faces , le groupe se séparera et Steve Marriott reprendra les titres « Regarde pour moi »/ »What you will » et « Réclamations »/ »Bang » avec son groupe Humble Pie.(La signature de Ronnie Lane disparaît sur les titres version Humble Pie).C’est officieusement Peter Frampton qui venait voir Johnny pendant l’enregistrement de l’album qui jouerait le riff du début de « Je suis né dans la rue ».
    Peter Frampton qui joue aussi (crédité cette fois) sur l’album de 1971 « Flagrant délit » considéré comme l’album le plus Rock de Johnny .Et comme l’album de 1969 aimé par ceux qui aiment le Rock sans aimer Johnny (Voir le déteste).
    L’album de 1975 « Rock à Memphis » , que des standards Rock n Roll avec les musiciens de Memphis et Jerry Lee Lewis venu assister à l’enregistrement de « Qu’est ce que tu fais à l’école »/ »High school confidential ».
    En 1984 (Les enfants du Rock) les Stray Cats annulent un de leur concert pour jouer avec Johnny une version de « That’s all right mama ».Et une autre de ‘Johnny B. Goode » avec Johnny et Carl Perkins
    En 2001 Johnny est le seul invité non anglophone a participé à l’album hommage au studio Sun Records « Good Rockin’ Tonight The Legacy of Sun Records ».Il y chante « Blue suede shoes » (Album inédit en France).
    je pourrais citer d’autres titres et albums Rock dans la carrière de Johnny.
    Pour moi Johnny a toujours été Rock.Seulement il ne s’est pas limité à ça.Mais il en a fait du très bon.
    Pas sur qu’il aurait fait une si longue carrière si il s’était limité au Rock.Eddy Mitchell qui chantait « Et s’il n’en reste qu’un , je serai celui-là » est devenu plus crooner que rocker pour pouvoir durer.

    @Jyrille
    « Quelque chose de Tennessee » C’est Berger pas Goldman :-) (Et c’est Peter Frampton à la guitare sur le titre)

    • Bruce lit  

      Merci Huck pour ces explications que je suis bien en mal de fournir faute de connaissances suffisantes. Pour info, j’avais demandé à Huck connu sur FB il y a quelque temps déjà de me faire un article soit sur Johnny, soit sur Marilyn Manson….
      Il a en a écrit une partie (infime) ici du coup.

      Concernant le volet à controverse de ces jours-ci, l’actualité people qui a pris le dessus depuis sa mort ne m’intéresse pas. Je ne vois en lui que le chanteur et du coup, entendre parler tous ces spécialistes de la musique parler de rock sur de grandes ondes oblitère tout le reste et me passionne.
      VOilà, c’est clos !

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