My Generations

Une histoire de générations !

Une histoire de générations ! ©IDW

Star Trek : Compte à rebours par Mike Johnson et David Messina

AUTEUR : TORNADO

VO : IDW

VF : Delcourt

Star Trek : Compte à Rebours (Star Trek Countdown en VO) est une mini-série réalisée en 2009 par le scénariste Mike Johnson et le dessinateur David Messina, d’après le script d’Alex Kurtzman et Roberto Orci chez IDW.  Le récit, publié en VF chez Delcourt, est conçu afin de servir de prologue à la toute nouvelle saga cinématographique initiée par le réalisateur J.J. Abrams.

Il s’agit donc du prologue officiel au film Star Trek de 2009, imaginé par les mêmes scénaristes, avec une réelle cohérence afin d’opérer une transition logique entre l’ère de Star Trek The Next Generation et celle de la nouvelle saga, située dans le passé !

Cela peut paraitre compliqué, mais l’univers de Star Trek est revenu à son point de départ sans que cela ne constitue un reboot ! Le premier film de J.J. Abrams commençait en l’an 2233. Un gigantesque vaisseau romulien surgi d’un trou noir et venu du futur anéantissait le USS Kelvin, causant la mort du capitaine George Kirk, le père du futur commandant de l’Enterprise. Ce faisant, la continuité de toute la saga repartait de zéro, mais avec une toute nouvelle destinée !

Par ailleurs, le belliqueux vaisseau romulien n’avait pas franchi le trou noir tout seul. Il avait été suivi par le vieil ambassadeur Spock. Ce dernier se trouvait ainsi projeté dans son propre passé, se retrouvant face à une version de lui-même plus jeune… Contrairement à ce que certains prétendent, il ne s’agit donc pas -à proprement parler- d’une suite des séries ou des films précédents, ni d’un reboot (une remise à zéro) de la franchise. Il s’agit en fait de la création d’une « réalité parallèle », offrant à la saga un tout nouveau départ…

Star trek ou la parabole des conflits générationnels…

Star trek ou la parabole des conflits générationnels… ©IDW

Mais les spectateurs ne savaient pas tout de l’histoire de Néro, le romulien ivre de vengeance venu du futur. Son histoire et celle du vieux Spock avait été suggérée par quelques bribes de dialogue, sans nous fournir plus de détails. Compte à Rebours s’emploie ainsi à développer tous ces événements, offrant aux fans de l’univers Star Trek l’opportunité de dire adieu à leurs anciens héros, avant de retourner avec les nouveaux !

Il faut bien considérer le projet : Cette mini-série s’adresse avant tout aux fans et aux habitués de la saga, notamment de la dernière en date : Star Trek: The Next Generation. Il s’agit ainsi de réviser ses classiques : Tout a commencé avec Spock. Ce dernier avait passé les dernières années de sa vie à œuvrer pour la paix entre son peuple et celui des romuliens (double épisode de Star trek Generation intitulé Redemption qui sert de lien entre les saisons 4 et 5, et autre double épisode de la saison 5 intitulé Unification). Compte à Rebours s’emploie ainsi à développer ce volet. Mais il permet également de réunir Spock et les trois piliers de la série Generation qui s’étaient séparés, à savoir Picard (devenu ambassadeur sur Vulcain), Data (à présent capitaine de l’Enterprise) et Worf. Le lien entre cette période et la toute nouvelle est ainsi d’une cohérence optimale, permettant in fine aux fans de profiter une dernière fois de ces personnages qu’ils auront suivi durant de nombreuses séries et autres films, et ainsi de découvrir ce qu’ils sont devenus.

Picard, Data, Spock. Ils sont venus ils sont tous là !

Picard, Data, Spock. Ils sont venus ils sont tous là ! ©IDW

L’histoire commence un peu après les événements du film Star Trek X : Nemesis, alors qu’une étoile, proche de la planète Romulus, menace de se transformer à tout moment en supernova. Les conséquences seraient terribles car, après avoir anéanti Romulus, la nova causerait des dégâts considérables à travers toute la galaxie.

Spock propose alors au parlement de Romulus une alternative : Utiliser la mystérieuse « matière rouge », une substance capable de générer un trou noir qui aspirerait ainsi la menace. Il est suivi dans son projet par Néro, un mineur romulien qui voit en l’ambassadeur vulcain le seul espoir afin de sauver sa femme et son enfant à naitre. Hélas, à cause de l’inaction des classes dirigeantes, le malheur se produit. Néro et ses plus proches compagnons jurent alors de se venger…

Néro passe du côté obscur…

Néro passe du côté obscur… ©IDW

D’un point de vue strictement artistique, cette mini-série est à la fois très réussie et un peu superficielle. Tout y est bon, du graphisme soigné (chaque figure étant immédiatement reconnaissable) au scénario fluide et efficace. La caractérisation des personnages est fidèle aux histoires classiques, tout en demeurant assez peu développée. Il faut dire que quatre épisodes, c’est très peu pour approfondir un tel script. D’un autre côté, le tout est emballé avec un tel soin et une telle justesse qu’il est difficile de s’en plaindre. Certes, le dessin de David Messina est quelque peu désincarné et demeure complètement inféodé au cahier des charges de la franchise consacrée, mais il sert bien le propos.

Le premier film de J.J. Abrams (car il y en aura un second encore meilleur !) était une grande réussite (sauf évidemment pour les puristes qui considèrent que seule la version de Gene Roddenberry est acceptable…). Il était le fruit du travail collectif d’une poignée d’auteurs passionnés par leur sujet (Abrams et les scénaristes Alex Kurtzman et Roberto Orci). Compte à Rebours bénéficie ainsi de la participation des scénaristes du film de 2009 et s’impose également comme une création de passionnés. L’espoir perdure : Il existe encore des moments où certaines créations grand-public bénéficient d’une âme, initiées par des auteurs auxquels les majors offrent une grande liberté…

En conclusion, Compte à Rebours constitue un prologue digne d’un réel intérêt, qui apporte de l’épaisseur au film de 2009 tout en permettant aux fans de faire le lien avec les anciennes sagas de manière parfaitement cohérente. Il reste que, si on la prend comme une œuvre autonome, cette mini-série ne possède guère d’intérêt artistique en dehors de l’univers de Star Trek, et reste un produit strictement adressé aux fans… nombreux, cela va de soit !

Star Trek : Moult générations !

Star Trek : Moult générations ! ©IDW

10 comments

  • Présence  

    Je suis épaté par la capacité de Tornado à rendre intelligible la nature du projet, à expliquer les éléments de continuité indispensables pour comprendre de quoi il s’agit, à définir le public cible de cette histoire, et à me captiver, alors que mon intérêt pour Star Trek est proche de zéro (je n’ai même pas essayé de lire les épisodes réalisés par John Byrne).

  • Yuandazhukun  

    Je ne connaissais pas ce prologue en comics…Eh minute !! je vais pas commencer à acheter du star trek en comics !!! J’ai pas les moyens ! En tout cas c’est très tentant…sur les scans Medina a l’air de faire du bon boulot j’aime beaucoup….Une fois de plus merci pour cet article instructif Tornado ! J’ai une question qui a rien à voir…a quand un article sur le hellblazer de Mike Carey (perso je suis un immense fan j’espère pas le seul…) ? Je suis pas gêné moi sans déc….

  • Bruce of the galaxy  

    C’est bon, pas la peine d’insister, je vais les voir tes Star Trek !!!!

  • Tornado  

    @Présence : Si tu ne lis plus Byrne alors, dans quel monde vit-on ! 🙂

    @Yuandazhukun : J’ai lu une partie des épisodes de Carey. Mais il y a trop longtemps que je les ai lus pour écrire quelque chose dessus. Il faudrait faire les yeux doux à Présence pour ça, car il doit certainement avoir l’intégralité dans ses cartons…

    @Bruce : Je te connais, tu es un public bien trop difficile pour que ça puisse te plaire autant qu’à moi. Tu vas certainement trouver qu’il y a quelque chose qui ne va pas et/ou trouver des personnages insupportables et/ou ne pas aimer tel ou tel traitement, et/ou etc. 😀
    Garde tout de même à l’esprit qu’il s’agit d’un travail de passionnés, ce qui est quand même devenu rare à Hollywood ! Car Alex Kurtzman et Roberto Orci, les deux scénaristes, sont des purs « trekkies », des vrais fans de la saga. Et Abrams joue finalement les chefs d’orchestre avec une impertinence qui peut effectivement agacer (remember Mark Millar), mais qui reste ultra maitrisée.

    • Bruce lit  

      @Yuandazhukun : par modestie, Torando ne dit pas qu’un article de Hellblazer est déjà dans les cartons. CA arrive, ca arrive ! Dommage que tu n’aies pas connu les prémices de Bruce Lit où l’on publiait 3 articles par jour……C’est moche de vieillir….

      @ Tornado : Dis tout de suite que je suis chiant, mauvais public, snob, de mauvaise foi ! Euh…. rayez la mention inutile…..

  • Yuandazhukun  

    P…Pr…Présence ?? d’ici un an ou deux ce serait possible un article du Hellblazer de Carey tu crois ?

    • Présence  

      D’ici 1 an ou 2… Pas sûr, parce qu’il se trouve que j’ai un trou de 2 tomes au beau milieu des épisodes de Mike Carey. Je ne peux donc faire autrement que de croiser les doigts et de prier que DC/Vertigo n’arrête pas la nouvelle édition VO de la série sous prétexte que la série télé n’a pas marché.

      Pour l’instant le dernier tome annoncé (parution prévue en janvier 2016), reprend les épisodes 118 à 128. Mike Carey a écrit les épisodes 175 à 215, donc on n’y est pas encore.

      N’étant pas entièrement confiant dans la pérennité de la politique de réédition de DC/Vertigo, j’ai fini par céder à la tentation, et acheter les premiers épisodes d’Azzarello (146 à 150) en VF (une compulsion impossible à résister, car ils sont dessinés par Richard Corben).

  • Yuandazhukun  

    Bruce oui mais lequel de Hellblazer , commençant à connaitre légèrement Tornado ça sent le hellblazer de Ennis…je le lirai avec passion…par contre j’en foutrai plein la gueule à Dillon je préviens d’avance…

    • Bruce lit  

      Ah oui, ça risque de barder car Tornado est le fan ultime de Steve Dillon ! LA preuve ici !

  • Yuandazhukun  

    Ok Présence un jour peut-être alors ça me va ! Les éditions toth sont plutôt pas mal le grand format met bien en valeur le boulot des dessinateurs (je parle pour Corben et Frusin car pour Dillon ça change rien, non je m’acharne pas j’ai pas commençé encore !).

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