Nouvelle génération d’ennemis (X-Men by Jonathan Hickman Vol. 3)

X-Men by Jonathan Hickman Vol. 3

Un article de PRESENCE

VO : Marvel Comics

VF : Panini

Une couverture qui impose Cyclops, par Leinil Yu
© Marvel Comics

Même s’il est numéroté 3, ce tome fait suite à X OF SWORDS (2021) qui contient les épisodes 12 à 15 de la série. Celui-ci regroupe les épisodes 16 à 20, initialement parus en 2021, écrits par Jonathan Hickman. Phil Noto a dessiné et encré l’épisode 16. L’épisode 17 a été dessiné par Brett Booth et encré par Adelso Corona. Les épisodes 18 & 19 ont été dessinés et encrés par Mahmud Asrar. L’épisode 20 a été dessiné et encré par Francesco Mobili. La mise en couleurs a été réalisée par Phil Noto pour l’épisode 16, Sunny Gho pour les épisodes 17 à 20. Les couvertures ont été réalisées par Leinil Francis Yu. Le tome contient également les couvertures variantes réalisées par Iban Coello, David Finch, Ernanda Souza, Peach Momoko, Jen Bartel, Mike del Mundo (magnifique portrait de Mystique).

Cable (Nathan Summers), Prestige (Rachel Summers) et Cyclops (Scott Summers) contemplent l’île Krakoa repousser gentiment l’île Arakko : le temps est venu pour cette seconde d’inverser son portail externe pour ramener l’intégralité de son territoire. Le portail entre en activité, les trois mutants se cachent les yeux devant l’intensité de l’éclat lumineux et quand ils peuvent à nouveau regarder ils constatent la présence de la masse imposante d’Arakko, maintenant complète. Mais voilà que la jonction entre les deux îles ne s’opère pas. Cable formule la situation de manière explicite : il n’y a pas de sentiment amoureux entre ces deux îles.

D’un côté, le lecteur peut éprouver une forme de frustration : pour le troisième tome consécutif, le scénariste papillonne d’une histoire courte à une autre, plutôt que de passer à la phase suivante, en mettant à profit toutes les amorces constituant autant de promesses dans Power of X / House of X. D’un autre côté, ça repose un peu après Sword of X qui compte 23 épisodes répartis sur 9 séries différentes et quelques numéros spéciaux. Tout ne se passe donc pas comme prévu entre Krakoa et Arakko, deux mutantes à la forme particulière, alors que tout semblait devoir les réunir. Comme à son habitude, Hickman sait mettre à profit des éléments déjà présents dans la mythologie des X-Men en les développant dans une direction originale, ou en y ajoutant des ingrédients inattendus. C’est tout naturellement que Douglas Ramsey joue un rôle de premier plan dans ce récit, pour pouvoir interpréter les dires de Krakoa. Le lecteur de longue date sourit en voyant Krakoa prendre Doug dans sa main comme s’il allait fusionner avec lui, à l’instar de ce que pouvaient faire Warlock et lui dans les New Mutants.

Un amour contrarié
© Marvel Comics  

La suite de cet épisode constitue une ouverture dans la ligne directe de la série X-Men : coexister avec une autre race pas forcément commode, et le risque d’une autre forme d’agression, mais aussi de discrimination, installant une nouvelle ramification prête à l’emploi pour de futurs scénaristes. Cet épisode bénéficie de dessins propres sur eux, avec une belle complémentarité avec la mise en couleurs et les traits encrés, du fait que l’ensemble est réalisé par le même artiste. Le scénariste ne l’a pas gâté à toutes les pages, puisqu’il se retrouve à dessiner beaucoup de têtes en train de parler, sans action. Noto finit par opter pour une disposition en gaufrier de 3 rangées de 3 cases pour 4 pages de têtes en train de parler, la variété venant avec l’alternance des interlocuteurs.

Alors que le commerce intergalactique faisait progresser la paix siècle après siècle, ce progrès semble en passe d’être réduit à néant car la monnaie d’échange galactique s’écroule, et les empires s’effondrent dans son sillage. Les principaux empires sont pris dans la tourmente : Shi’ar, Brood, Kree, Skrull, Wraith, Kymellia. Pour ajouter aux troubles, la majestrix Xandra Neramani a été enlevée par une faction non identifiée. Deathbird (Cal’syee Neramani) décide de requérir l’aide des X-Men. Elle ne s’attendait pas à ce qu’ils soient en capacité de se téléporter dans l’instant. Grâce au portail de Krakoa, Cyclops (Scott Summers), Marvel Girl (Jena Grey) et Storm (Ororo Munroe) débarquent sur Chandilar, la planète trône de l’empire Shi’ar. Ils sont accueillis par Smasher (Izzy Kane). Marvel Girl demande à voir le personnel du palais pour qu’elle puisse faire une repasse de détection par télépathie, même si Oracle de la garde impériale s’est déjà livrée à l’exercice.

Hommage aux odyssées spatiales à la Dave Cockrum
© Marvel Comics

Avec cet épisode, Jonathan Hickman reprend une intrigue qu’il avait laissée en jachère dans un précédent épisode. Il y ajoute la présence de Smasher, Sunspot et Cannonball, personnages présents dans les épisodes de la série New Mutants qu’il avait écrits, et déjà présents de manière épisodiques dans la saison des Avengers écrite de sa main. Il s’agit donc d’une mission de sauvetage menée tambour battant avec un déroulé basique : les X-Men identifient les ravisseurs, se rendent dans sa base et foncent dans le tas. En face, un rebelle qui souhaite se venger des morts causées par l’empire Shi’ar, donc une motivation plutôt légitime, même si la méthode laisse à désirer. Le lecteur voit revenir un artiste des années 1990 : Brett Booth. Il dessine avec encore une influence visible de ces années-là, évoquant Marc Silvestri, avec une petite touche de Walt Simonson du fait des costumes de Jean & Scott datant des premières années de X-Factor. Il a une dizaine de pages de combat à mettre en scène, ce qu’il fait avec fougue, se reposant sur le coloriste pour rajouter des effets spéciaux afin d’apporter les éclats d’énergie et de remplir les fonds de case avec des camaïeux pour masquer l’absence de décors. Un épisode énergétique, moins consistant que le premier en termes d’intrigue.

Retour en Amérique du Sud dans le Caveau : Wolverine (Laura Kinney), Darwin (Armando Muñoz) et Synch (Everett Thomas) ont pénétré dans la place forte. Leur mission : en apprendre plus sur les enfants du Caveau, et la menace potentielle qu’ils représentent. Le trio a bien conscience que l’écoulement du temps dans le Caveau est déphasé par rapport à celui du monde réel, passant plus vite à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ils savent aussi que les autochtones disposent tous de pouvoir, ne sont pas des mutants et ne vont pas les accueillir chaleureusement, d’autant qu’ils effectuent une mission d’espionnage.

Bienvenu au Caveau
© Marvel Comics

Les enfants du Caveau ont été créés en 2006, par Mike Carey et Chris Bachalo dans le numéro 188 de la seconde série X-Men. Il s’agit d’une idée originale, inventive comme purent l’être celles de Grant Morrison. Cette communauté n’est réapparue qu’une seule fois par la suite, car il s’agit d’un concept ambitieux pas facile à manier. Hickman s’en est souvenu, et raconte une mission périlleuse pour trois mutants afin de recueillir des informations sur ces ennemis potentiels. En cours de route, il explique la composition de l’équipe, fort bien trouvée, reposant sur le principe osé et décrié de résurrection maîtrisée sur l’île de Krakoa. Il joue avec l’écoulement du temps en utilisant à la lettre le concept imaginé par Carey, du grand art, pour un récit claustrophobe, haletant, imprévisible, conte un ennemi au départ peu efficace, capable d’apprendre et mettant à profit sa montée en compétence. Les dessins sont sympathiques et compétents. L’artiste maîtrise à merveille l’art de l’économie, sans jamais que ses pages ne paraissent vides ou bâclées, avec une utilisation peut-être un peu trop régulière des cases de la largeur de la page. Au fil des années qui passent, un lien affectif se tisse entre les trois mutants, de manière discrète et subtile, apportant une charge émotionnelle dramatique, très touchante.

Mystique (Raven Darkholme) va trouver Forge dans son atelier pour lui demander une arme puissante. Il donne son avis sur ce qu’elle recherche réellement et finit par décider de l’arme qu’il va concevoir pour elle, et construire. Une fois cette arme entre les mains, elle va trouver Magneto et Professeur X pour clarifier les paramètres de sa mission. Elle explique que l’arme en question va créer un minuscule trou noir lui permettant de détruire la forge spatiale d’Orchis. En échange de quoi, ses deux interlocuteurs devront tenir leur promesse et faire passer Irene Adler en tête de liste des personnes à ressusciter. Xavier admet qu’ils ont peut-être péchés par méfiance en lui donnant des ordres trop précis, alors qu’ils auraient dû faire confiance à ses compétences.

J’ai besoin d’une arme inattendue.
© Marvel Comics  

Le scénariste reprend un autre de ses fils d’intrigue laissé en jachère, ou plutôt deux : l’idée fixe de Mystique de ressusciter son amante, la menace d’Orchis avec la création d’une sentinelle ultime de type Nimrod. Pour cette dernière, il reprend le concept imaginé en 1985 par Chris Claremont, et illustré par John Romita junior. Il réalise à nouveau une intrigue dans le genre de la science-fiction, avec une mission de type impossible, et une agente très spéciale. Les dessins sont un peu moins agréables à l’œil que ceux d’Asrar, mais avec un niveau de détails plus élevés. La mission est haletante, avec un enjeu émotionnel fort côté Mystique, mais aussi du côté des ennemis, et Nimrod réserve une grosse surprise dans l’utilisation de ses capacités technologiques. Le lecteur dévore l’épisode d’une traite, assistant à ce qu’il est venu chercher : la naissance d’un ennemi redoutable, dans un thriller tendu, avec des personnages générant des réactions émotionnelles en lui.

Décidément, la série X-Men écrite par Jonathan Hickman n’aura pas été celle attendue. Il raconte quatre missions inventives mettant à profit la riche mythologie des titres X-Men, sans en devenir abscons, avec une solide fibre imaginative de science-fiction, des personnages différenciés, chacun avec leurs motivations et leurs émotions. Il bénéficie d’équipes artistiques bonnes, voire excellentes pour Phil Noto et Mahmud Asrar. Lorsqu’il découvre la dernière page de l’épisode 20, le lecteur prend conscience que le scénariste a bel et bien tenu les promesses implicites dans House of X, mais sous une forme semblant dispersée.

Quelque part Nimrod se prépare, par Leinil Yu
© Marvel Comics

La BO du jour

Une île tout de suite plus sympathique que celle des autres fachos.

50 comments

  • Surfer  

    C’est toujours un immense plaisir de te lire Présence. Garce à toi je me tiens informé de ce qui se passe dans l’univers Marvel 👍.
    Depuis quelques années je lis beaucoup moins leurs publications. Cependant j’essaie toujours, tant bien que mal, de garder un lien. Et tes articles me le permettent.
    Merci beaucoup 😉.
    Déjà 3 volumes pour les X-Men Hickman 😧.Ca va tellement vite…j’ai l’impression qu’il a commencé son Arc hier.
    Sur ce ce dernier tome je te sens un peu plus mitigé :

    « D’un côté, le lecteur peut éprouver une forme de frustration : pour le troisième tome consécutif, le scénariste papillonne d’une histoire courte à une autre, plutôt que de passer à la phase suivante, en mettant à profit toutes les amorces constituant autant de promesses dans Power of X / House of X. »

    Tu évalues tout même avec 5 étoiles 😧. Pour moi 5 étoiles cela veut dire PARFAIT

    Ta bienveillance te tuera 😀😀😀 ou finira par te décrédibiliser.😞

    • Présence  

      Je crains que la décrébilisation me guette. 5 étoiles : ça veut dire que j’ai pris plaisir à ma lecture, car la perfection n’est pas de ce monde. 🙂

      3ème tome : c’est le dernier. La série s’est arrêtée, a été relancée avec Gerry Duggan au scénario. Hickman revient une dernière fois pour la minisérie Inferno dont je ne manquerai pas de proposer un commentaire à Bruce.

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour Présence,

    pour ton information en VF The Children of the Vault a été traduit parLes Enfants de la Voûte.

    J’ai lu ces épisodes. J’ai trouvé cela décousu, froid et interminable. Echec patent de Jonathan Hickman a écrire un titre X-Men. Aucune dynamique de groupe, on passe d’un épisode à l’autre sans réel lien. D’ailleurs je veux bien que l’on joue sur les fait que les X-Men sont désormais nombreux sur l’île et que Hickman a même déclaré que tous les mutants devraient apparaitre (même furtivement) dans sa reprise, mais quand même le titre principal il est sur qui ? sur quoi ? Une succession de one shot ou stand alone où le lecteur, quand il est encore là, essaye tant bien que mal de trouver des liens.

    L’épisode dessiné par Noto : je n’aime pas Phil Noto et les histoires sur les deux îles ne m’intéressent pas. De la branlette intellectuelle pour amateurs de plantes.

    Brett Booth : influence Jim Lee surtout dont il reprend des pauses de ces numéros de Uncanny X-Men et X-Men. Episode classique. Symapthique à lire mais comme tu le soulignes, l’absence de véritable trame ne permet pas de s’y intéresser réellement

    J »ai trouvé poussif les deux épisodes où les 3 X-MEN sont dans la Voute. Narration décousu, long, et je n’ai pas été convaincu par la fin, trop compliqué ou trop simple je ne sais pas. Finalement comment ils arrivent à revenir dans leur timeline d’origine ?

    Sur Mystique : trop out of characters. Alors oui on crée du lien avec le début de HoW/PoX mais Xavier et Magneto en fachos cela ne le fait pas. Et finalement pourquoi Mystique va toute seule chercher des infos. Vu qu’ils sont désormais immortelles, autant y aller avec un bus entier de mutants, les plus puissants.

    Finalement je trouve Hickman toujours aussi à l’ouest sur les X-Men. Pire il c’est piégé tout seul dans une direction radicale qui ne pouvait mener pas mener bien loin en continuant à appeler ce titre X-Men.

    • Bruce lit  

      Marry Me Fletch’ !
      Ai-je bien lu ? La seule préoccupation de la famille Summers est de veiller à l’accouplement…de…2…îles ?

    • PierreN  

      « mais quand même le titre principal il est sur qui ? sur quoi ? »

      Le plan initial pour ce titre :

      Jonathan: « I dig the whole Summers clan, but the original idea behind the book was kind of a travelogue for Krakoa, with Cyclops being our guide. It was supposed to just be 12 issues and very different when it was first planned out, and that obviously changed a lot by the time I got to write issue one. »

      https://aiptcomics.com/2021/08/30/x-men-monday-123-jonathan-hickman/

      • Fletcher Arrowsmith  

        Super, faire du titre X-MEN un guide de voyage pour randonnée. Mais quelle idée pourrie. Comment l’éditeur a pu valider cela.

      • Présence  

        Merci pour cette explication et ce lien.

        Je trouve que c’était une idée originale et qui sort des sentiers battus, les autres scénaristes se chargeant très bien de faire des séries mutants plus conformistes.

    • JB  

      Il est quand même apparu que l’immortalité n’était pas parfaite avec le sort de Rockslide.

      • Fletcher Arrowsmith  

        Une goutte d’eau dans le plan de Hickman. En fait ils restent « immortelle », c’est leur âme et leur mémoire qui peuvent être altéré selon le moment (la sauvegarde) ou le lieu où ils meurent (Outremonde pas bien ; ils suffit de ne pas y aller :)).

        • Présence  

          Promis : je soumets l’article sur Way of X à Bruce, car cette histoire de résurrection est développée plus avant par un scénariste solide : Simon Spurrier.

    • Présence  

      Les Enfants de la Voûte : merci. Je tente une traduction en aveugle, et je tombe à côté de la plaque parce que je ne lis plus de VF.

      Aucune dynamique de groupe, on passe d’un épisode à l’autre sans réel lien. – C’est également mon ressenti. Cette série me donne la sensation que Jonathan Hickman s’est gardé des morceaux ponctuels qu’ils souhaitaient réaliser lui-même et que la continuité ou la cohérence globale se trouve dans les autres séries. Ce n’est pas ce à quoi on peut s’attendre d’un titre X-Men, mais le plaisir du divertissement était au rendez-vous en ce qui me concerne. Je plaide coupable. 🙂

    • Matmout G.  

      Juste pour la petite précision : l’appellation « The Children of the Vault » était initialement traduite en VF en « Les Enfants de la Crypte » puis « Les Enfants de la Voûte » avant de devenir « Les Enfants de la Chambre Forte » à l’occasion de leur réapparition récente durant l’ère Dawn of X 🙂

      • Présence  

        Merci.

        Bon, avec autant de changement, finalement, je n’avais aucun chance de tomber juste. 🙂 🙂 🙂

  • JB  

    Ah, il est possible qu’on reparle sous peu de Carey ^^ Honnêtement, Hickman est égal à Hickman. Je trouve ses X-Men aussi froids et impersonnels que ses Avengers, mais je ne déteste pas ce titre. Le X-Force de Benjamin Percy m’irrite bien plus dans le genre out-of-character. Dans X-Men, j’ai du mal à trouver une véritable personnalité à la plupart des protagonistes.

    • Présence  

      Super ! J’attends l’article sur les X-Men de Mike Carey avec impatience, car je l’avais trouvé inégal à la longue, peut-être soumis à trop de contraintes éditoriales.

      Hickman est égal à Hickman : comme j’aime bien son écriture, j’ai bien aimé ses X-Men, logique. 😀

      • Bruce lit  

        Question sincère : Pourquoi Hickman ne les a pas ces contraintes éditoriales ? Chiffres de vente ?

        • Eddy Vanleffe  

          mais il a des contraintes..lui il prévoit un truc en douze épisodes et pouf ça fait quatre ans que ça dure… ^^ donc on peut voir qu’on lui a imposé un tas de trucs et de modifs entre-temps…

        • Présence  

          Jonathan Hickman est en première ligne pour assumer les contraintes éditoriales, y compris des demandes de changement d’autres scénaristes. Les coulisses ne devaient pas être tristes, qu’il s’agisse d’info ou d’intox.

          Hickman : So, during the pandemic, when the time came for me to start pointing things toward writing the second-act event, I asked everyone if they were ready for me to do that, and to a man, everyone wanted to stay in the first act.

          https://screenrant.com/xmen-jonathan-hickman-leaving-line-after-inferno-comics/

  • Eddy Vanleffe  

    le talent de présence est souvent de savoir bien nous expliquer les tenants et les aboutissants d’intrigues complexes clarifiées ainsi pour le lecteur frileux qui pourrait s’y intéresser.
    Pourtant ici, j’ai du mal à comprendre le bordel…Sorry, c’est pas ta faute je crois mais au fait que Hickman a vraiment un machin complexe dans sa tête qu’il a du mal à exposer.
    enfin comme je le pense depuis un certain nombre d’années, lire les X-Men de Hickman c’est comme revoir son oncle qui nous bassinait avec son admiration pour Alain Krivine sur une photo de campagne derrière Zemmour.
    ça fait un schisme trop grand pour pouvoir avoir mon adhésion.

    so long mutants, it’s been a wild ride… a long long time ago… ^^

    • Présence  

      Hickman a vraiment un machin complexe dans sa tête qu’il a du mal à exposer : je pense qu’il y a de ça, à partir d’un autre point de vue. Sur la page de présentation, Hickman est présenté avec le titre de Head of X. Pour ma part, après une ou deux tentatives d’un autre série (Fallen Angel, Wolverine), je me suis rendu compte que je n’avais pas envie de disposer d’une vision globale sur tous les titres mutants. Du coup, je choisis en fonction du scénariste : c’est ainsi que j’ai lu les deux premiers tomes de S.W.O.R.D, et Way of X. Or ils interconnectés dans la mesure où ils apportent chacun leur part à l’édifice global, ce qui peut donner une impression de complexité ou de manque de consistance quand on ne lit qu’un seul titre.

      • Eddy Vanleffe  

        une façon assez insistante de vouloir nous faire acheter la gamme en entier…
        c’est d’ailleurs un peu l’aveu implicite que fait Panini en compilant l’ensemble à l’intérieur du même bouquin bimensuel avec un chapitrage présent à chaque numéro (parce qu’il y a un ordre de lecture dans l’ensemble) .
        je ne critique pas Panini qui a sans doute fait un choix essayant de concilier les compétitste et le prix astronomique que ça aurait pu coûter en une dizaine de format 100%

        • Fletcher Arrowsmith  

          Panini adapte ni plus ni moins l’offre VO à la différence qu’en VO il y a deux types de recueil :

          – des tomes proposant l’ensemble de la saga par ordre chronologique mixant plusieurs séries => c’est ceux là que PANINI a adapté (sans rien changer)

          – des tomes par séries pour ceux qui ne sont pas intéressés par les autres séries. Panini a pour l’instant fait le choix de ne pas les adapter. Je pense que cela viendra un jour, à minima X-MEN.

          • Présence  

            J’ai bien aimé cette politique éditoriale en VO. Elle m’a permis d’acheter le premier tome de la saga par ordre chronologique pour tester. Article sur le site :

            http://www.brucetringale.com/enorme-potentiel-dawn-of-x-1/

            Résultat du test : je préfère m’en tenir aux épisodes de Hickman et un ou deux autres et je suis passé aux tomes par série, X-Men, Fallen Angel, S.W.O.R.D., Way of X…

          • Eddy Vanleffe  

            je crois que Panini devait faire un choix, dans le cas contraire, ils auraient été accusé de « noyer le marché »

  • Surfer  

    Un petit mot ce la BO qui vient d’être postée : très bon morceau…👍👍👍. Je ne connais pas bien la discographie solo de Gilmour. En allant vite fait sur mon application Discogs je m’aperçois que je n’ai aucun album de lui. Par contre le FLOYD est le 3ème groupe le plus présent dans ma collection (11 albums) derrière les STONES (21 albums) et les BEATLES (29 albums).

    • Présence  

      La BO : un choix de Bruce qui pourra certainement t’en dire plus sur ce morceau.

    • Eddy Vanleffe  

      29 Beatles? Bravo!
      alors si je compte j’en ai 20 et je croyais tout avoir… ^^

      • Surfer  

        Salut Eddy
        pour les BEATLES j’ai la discographie officielle en vinyles (certains originaux en mono) en CDs version remasterisée, les compilations ( Album rouge et album bleu) les Past Masters 1 et 2. L’album live at The BBC… et The BEATLES FIRST en vinyle original (a l’époque Ringo n’était pas encore le batteur). Quand on aime on ne compte pas.
        D’autant plus que je dois avoir la discographie complète de Lennon, de McCartney et des Wings (la plupart en vinyles originaux)
        Quand on ai

        • Surfer  

          Quand on aime on ne compte pas😉👍

  • Kaori  

    J’ai bien aimé cet épisode avec the children of the vault. Et j’ai été choquée par la fin de l’épisode avec Mystique. Mais c’est tout. Je suis d’accord avec JB : Hickman présente des personnages froids, vides de leur personnalité, mais pas autant out of character que B. Percy qui m’horripile au plus haut point ! Enfin du coup ces X-Men là me sont passés au-dessus. Ils ne m’ont pas transportée, pas intéressée… Pas de liens entre les personnages, pas d’interactions, de causes et de conséquences. Sauf cet épisode avec Synch et Wolverine/Laura… Encore qu’on n’a toujours pas de conséquences.

    • Eddy Vanleffe  

      C’est pour ça que c’est froid et déconnecté… quand SYNCH est mort, on avait un drama très appuyé sur le love triangle entre lui Monet et Jubilé.
      QUID? où sont elles quand il revient? (vraie question …j’ai pas lu) du coup d’où sort Laura?

    • Présence  

      Je reconnais bien volontiers que je me suis détaché de la continuité des personnages, de leur histoire personnelle trop contradictoire après avoir été triturée par trop de scénaristes, sous l’influence de trop de responsables éditoriaux.

  • Matmout G.  

    Bravo et merci pour cette rétrospective toujours aussi passionnante et limpide d’épisodes qui, à mon goût, ne sont ni passionnants ni limpides ^^

    D’accord avec mes petits camarades sur le caractère désincarné des personnages tels qu’écrits par Hickman : Jean pourrait être Emma, Cyclope pourrait être Xavier, X-23 pourrait être Logan que ça ne changerait RIEN au schmilblick. Cet auteur n’en a strictement rien à carrer des personnages qu’il écrit, tant qu’ils servent son intrigue.
    J’ai presque été surpris de ressentir un brin d’émotion à la fin du diptyque consacré à l’expédition dans la Chambre Forte avec ce début d’idylle entre X-23 et Synch, plutôt bien écrit pour le coup.

    Pour le reste, beaucoup de blabla pseudo-technofuturiste d’une rare arrogance, qui m’ennuie quand même pas mal, au final. Rendez-nous Bendis ! :p

    • Présence  

      Ah non !!! Je n’échangerais pour rien au monde les épisodes de Bendis contre ceux d’Hickman. 😀

      Je peux comprendre que les caractéristiques d’écriture de Hickman ne plaisent pas à tout le monde. En même temps, ça fait réfléchir si Benjamin Percy fait encore pire à base de contre-sens sur leur personnalité.

  • Jyrille  

    Merci Présence pour la suite de ces aventures. Enfin bon je ne lirai jamais ça mais c’est marrant de voir l’évolution, tu es le gars qui raconte le film, je prendrai presque des pop corn.

    Content de voir en tout cas que Hickman ne fait pas non plus n’importe quoi avec ses préceptes.

    La BO : sympa, ça sonne un peu plus prog que d’habitude, mais pour sûr très Floyd dans le son.

    • Présence  

      Concernant Hickman, je trouve courageux de sa part d’avoir pris le pari de maintenir un cap en travaillant avec plus d’une demi-douzaine de scénariste sur autant de séries mensuelles, sans compter des miniséries. Toutefois, je n’ai pas eu le courage de lire toutes les séries pour évaluer le taux de réussite dudit pari. Au boulot, je ne fournis pas le popcorn, mais j’offre volontiers un carré de chocolat à ce qui me rendent visite dans mon bureau.

      • Jyrille  

        Je préfère de loin le chocolat en plus !

  • Matt  

    Coucou

    Bon…honnêtement je n’ai fait que survoler l’article. Je ne parviens plus à m’intéresser à tout ceci. C’est tellement loin des persos que j’ai apprécié que je préfère encore me replonger dans les années 90 malgré les défauts qu’il y avait.
    C’est devenu un tel foutoir au niveau des persos, des réincarnations, de l’idéologie derrière, c’est un peu comme s’il s’agissait juste d’un autre univers alternatif de super héros et ce n’est plus possible pour moi de m’y intéresser.
    Cela fait déjà un moment que je dis ça sur le Marvel moderne mais parfois je me dis qu’une mini série pas trop liée à la continuité peut être sympa. Même des what if ou des trucs comme Spider-man NOIR.
    Mais la licence X-men reste dans des sagas interminables et super tordues et malgré les transgressions énormes, liées à la continuité historique. Et ça me parait à des années lumières de ce que c’était, je jette l’éponge.

    • Présence  

      C’est devenu un tel foutoir au niveau des persos, des réincarnations, de l’idéologie derrière : je me dis aussi que ce sont les nouvelles générations qui s’approprient tant bien que mal (en devant composer avec les diktats éditoriaux, la continuité de plus en plus lourde bardée de contradictions internes) ces personnages et qui s’adressent à des lecteurs plus jeunes. Or je constate chaque jour à quel point je suis de plus en plus déconnecté de la vie quotidienne de mes enfants, de leurs aspirations, de leurs attentes.

      • Eddy Vanleffe  

        c’est vrai ça …c’est pour ça que je ne fais pas l’effort de vouloir coller..
        la nouvelle génération s’est réapproprié le truc, je ne me sens pas obligé de la suivre.
        dommage que le système ne leur permette pas de créer et capitaliser sur leurs idées. ils sont obligés de déglinguer les persos établis.

        • Bruce lit  

          Sauf que.
          A l’inverse, il était possible d’être raccord sur les personnages de comics quelles que soient les époques. On pouvait les aimer pour les mêmes valeurs, malgré les dessins, les changements éditoriaux ou les runs.
          Il m’est impossible de me reconnaître dans les héros Marvel. Ils ont trop changé et moi pas assez.

          • Eddy Vanleffe  

            je suis assez d’accord mais le système actuel es tune sorte de cage fermée.
            les marques sont indélébiles mais les idées sont trop différentes.
            il faudrait qui’lls réussissent à produire de nouvelles icônes aptes à doucement remplacer les anciennes.
            là on c’est un mélange on est obligé de garder les X-Men mais on en fait une secte d’illuminés… le scénar de Hickman n’est pas mauvais en soi, c’est juste que c’est pas du X-Men
            en indépendant, ils font 10 000 exemplaires quand il sont au top et du coup pour avoir de la visibilité il reconfigurent les persos existants…
            On le sait en ce qui concerne la diversité par exemple…Bon ben les personnages MILLESTONE qui ont été conçus pour améliorer ça, ne parviennent pas à s’imposer… Miles MOrales si…

          • Matt  

            Mais oui c’est ça aussi.
            BOn d’une part : je vois pas ce que les nouvelles générations peuvent voir comme message inspirant dans des personnages fachos qui vivent en communauté comme des dieux au dessus de tout.

            Et d’autre part : même s’il y avait quelque chose à en tirer, quelle est la plus-value de faire ça en gardant la même continuité et en faisant des références de 60 ans pour un nouveau lectorat ?
            Qu’ils rebootent tout l’univers 616 et en fassent le monde qu’ils veulent peuplé de gens de tous les extrêmes si ça leur chante.

          • Présence  

            @Bruce

            Il était possible d’être raccord sur les personnages de comics quelles que soient les époques. On pouvait les aimer pour les mêmes valeurs : je n’avais pas envisagé la question sous cet angle-là. Il y a deux caractéristiques qui me viennent à l’esprit.

            Pour les valeurs sûrement, mais elles étaient déjà en décalage avec les moyens : les superhéros sont par essence des individus qui cognent jusqu’à temps que le problème se résolve, ou jusqu’à temps que l’adversaire soit soumis (certes sans le tuer). De ce point de vue, c’était déjà un divertissement qui ne correspondait pas à la complexité de la vie réelle, à une méthode de résolution de conflit acceptable. Je les aimais pour leurs valeurs, par pour leurs méthodes, même si elles étaient moins extrêmes et qu’ils ne tuaient pas.

            Avec ce point de vue en tête, je me demande si les lecteurs des années 1970 ou 1980 estimaient qu’il y avait eu trahison dans l’interprétation de personnages vieux d’une trentaine ou d’une quarantaine d’années comme Superman, Batman ou Wonder Woman. Je e me souviens pas avoir lu d’analyse ou d’articles sur le sujet, mis à part sur la version remaniée de Superman par John Byrne. Maintenant que j’y pense, la version de Wonder Woman par George Pérez était remaniée pour des lecteurs des années 1980. Elle reniait des valeurs véhiculées par la version des années 1940 de William Moulton Marston.

          • Bruce lit  

            Je ne crois pas que l’on se comprenne. Pour moi il y a confusion entre valeurs et concept.
            Le super héros est un concept d’un individu qui se hisse au dessus des autres par magie, violence, mutation etc. Que va t-il faire de ses pouvoirs ? Comment va-t-il vivre tout ça ? Chez les Xmen, DD, SPider-Man le pouvoir est une source de souffrances et de rejet. Rom doit sacrifier son humanité, Iron Man doit apprendre à ne plus être un connard. Tout comme Strange. Hulk lui est une malédiction sur pattes.
            Voilà le concept.

            Comment nos héros vont décider du bien et du mal et surtout entretenir ce pouvoir ? Un code : Batman, Punisher – Une éthique : Charles Xavier qui pourrait laver le cerveau de la planète pour arriver à ses fins – Spider Man qui jure de ne jamais voler malgré ses problèmes de frics – Les Xmen une force médiane entre extrémistes de gauche (les mauvais mutants anarchistes) et extrémistes de droite (les humains fachos).
            Nous sommes ici sur le terrain des valeurs.
            Des valeurs dont on parle tous les jours à la radio avec le conflit Ukrainien. Ce qui reste face aux armes, la guerre et l’injustice.
            Ce sont ces valeurs qui nous permet de pardonner à ces individus qui décident de passer outre la loi.

            Or comme le dit Matt, voici presque 20 ans que le nihilisme règne chez ces héros. Mis à part Spider-Man, ces personnages sont aussi veuls, cruels, cyniques que l’oligarchie régnantes dans ARCANE. Ils me dégoutent.

          • Présence  

            @Matt

            Qu’ils rebootent tout l’univers 616 : vu la manière dont DC Comics a rebooté son univers ces dernières décennies (Crisis on infinite Earths mis à part), j’aurais tendance à croire que les responsables éditoriaux ne sont capables de mener à bien une telle entreprise en installant une nouvelle cohérence pérenne. A la réflexion, le MCU a réussi dans cette entreprise… à voir dans la durée. La gamme Ultimate y est parvenu pendant plus d’une dizaine d’années avant de crouler sur sa propre continuité.

          • Présence  

            @Bruce

            Merci pour cette distinction entre concept et valeurs, je n’avais pas envisagé les choses sous cet angle-là.

  • JP Nguyen  

    @Présence : merci pour ce topo qui, comme d’habitude, aide à se faire une bonne idée de ce qu’on pourrait trouver dans cette lecture. Sur le coup, je pense que ça ne correspond pas à ce que je recherche en ce moment.

    @Matt : « je vois pas ce que les nouvelles générations peuvent voir comme message inspirant dans des personnages fachos qui vivent en communauté comme des dieux au dessus de tout. »
    Hum, je mettrais bien un bémol sarcastique en faisant référence à tous les « followers » des stars et des influenceurs sur les réseaux sociaux…
    Ce qui est quand même bien chiant, avec la radicalité du relaunch d’Hickman, c’est que les X-Men sont à présent ultra-communautaristes, en renonçant au « vivre ensemble » pour un « vivre à côté » qui me semble assez difficile à avaler pour le reste de l’univers pseudo-partagé…
    Tiens, j’ai vu qu’ils vont faire un event avec les Avengers, les X-Men et les Eternals… Et pourquoi pas les Inhumains ? Ah non, leur série télé avait fait un bide…

    • Présence  

      N’oubliez pas le guide. 😀

      Le communautarisme des X-Men : mais ça fait combien de décennies qu’ils sont persécutés par les humains ? En tant que lecteurs chevronnés, on sait que c’est une phase qui durera un certain, avant que le mouvement de balancier ne ramène la situation antérieure. C’est aussi un changement qui permet d’avoir des histoires un peu différentes durant cette phase.

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