Où Sont Passés les Noëls d’Antan ?

Les contes et légendes du cinéma de papa

Par TORNADO

Comme un parfum des Noëls d’antan… © Filmedia

Comme un parfum des Noëls d’antan…
© Filmedia

Cet article est dédié aux vieux films féériques des années 50 et 60 : Les contes, les légendes et la fantasy à la papa. Nous n’y trouverons pas les films de Ray Harryhausen puisqu’un article leur a été entièrement dédié. Mais il y en eu d’autres et ce sont ceux-là que nous allons explorer aujourd’hui. La liste ne sera pas exhaustive et se focalisera au contraire sur cinq films en particulier.
Alors, faites-vous un bon chocolat chaud, allumez le sapin car c’est Noël avant l’heure chez Bruce Lit. Comme au temps où vous étiez encore des enfants…

Au programme :
1. JACK LE TUEUR DE GEANTS
2. LES AVENTURES DE TOM POUCE
3. LES AMOURS ENCHANTEES
4. LES SEPT VISAGES DU DR LAO
5. DARBY O’GILL ET LES FARFADETS

19 janvier 1982

Il fut un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre. En ce temps là, nous regardions la DERNIERE SEANCE sur FR3 et Eddy Mitchel (qui ne chantait pas mais s’improvisait présentateur d’un véritable cinéma de quartier reconstitué) nous offrait des films déjà vieux pour l’époque, mais qui enchantaient nos mardi soirs puisque le lendemain il n’y avait pas école, qu’on pouvait donc regarder la télé et qu’il nous proposait des films qui sortaient de l’ordinaire. Des films familiaux, mais dans des tas de registres différents, allant du traditionnel western aux films de cape et d’épée, en passant par le fantastique, la science-fiction et l’épouvante. En bref, du cinéma de genre ! (l’émission était en réalité dirigée par Patrick Brion, le créateur du CINEMA DE MINUIT).
Beaucoup de futurs geeks ont vu naitre leur passion à ce moment là, alors qu’ils enregistraient religieusement ces films sur VHS, qu’ils se les repassaient jusqu’à l’usure de la bande magnétique, revoyant en boucle LE CHIEN DES BASKERVILLE de la HAMMER, L’ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR (en 3D !) de la UNIVERSAL, DES MONSTRES ATTAQUENT LA VILLE et ses fourmis géantes et autres SURVIVANTS DE L’INFINI avec son martien belliqueux au cerveau hypertrophié…

C’est le 20 décembre 1983, quelques jours avant Noël donc, que l’émission diffusa LE 7° VOYAGE DE SINBAD. Mais le 18 janvier de la même année, JACK LE TUEUR DE GEANTS était déjà venu nous émerveiller.

Mais quel est le genre de ces derniers films, en fait ? Et bien c’est celui du conte, de la féérie. Du spectacle susceptible d’être regardé pendant les vacances de Noël au coin du feu et des guirlandes lumineuses. Pour boxer dans ce genre là, il faut qu’il y ait des créatures fantastiques, des lutins, des dragons, des êtres bizarres d’un autre monde, des ogres, des pantins animés, des légendes et, par-dessus tout, des effets spéciaux !
Le mètre-étalon du genre est sans doute LE VOLEUR DE BAGDAD réalisé par David & Alexander Korda en 1943. Un chef d’œuvre (britannique) du conte des 1001 nuits magnifié par une atmosphère envoûtante et une généreuse dose d’effets spéciaux inédits pour l’époque, avec Conrad Veidt (L’HOMME QUI RIT, le modèle avéré du Joker de Gotham city, c’était lui) dans le rôle du méchant vizir et le jeune Sabu (star de l’époque qui incarna également le premier Mowgli de l’histoire du cinéma) dans le rôle du voleur. Mais il faut attendre 1958 et LE 7° VOYAGE DE SINBAD pour découvrir que la magie du cinéma est sans limites et que le KING KONG de 1933 n’était pas le seul miracle du 7° art dans la perspective de matérialiser les créatures et les mondes fantastiques les plus inouïs.
Ainsi les films que nous avons choisi répondent à tous ces critères, avec plus d’entrain, d’élégance et de conviction que tous les autres films de la même époque, et peuvent donc prétendre à être rangés dans votre filmothèque à côté de ceux du grand maître Harryhausen, pour être sortis la veille de Noël, comme au temps du bon vieux temps…

Moult monstres ! ! © United Artists

Moult monstres ! !
© United Artists

1. JACK LE TUEUR DE GEANTS (JACK THE GIANT KILLER) – 1962

Le pitch (une adaptation d’un conte populaire médiéval du même nom) : Au moyen-âge, dans le royaume de Cornouailles, un sorcier maléfique nommé Pendragon convoite le trône du bon roi Marc. Il envoie un géant afin qu’il kidnappe la princesse Elaine, mais le monstre est tué par un jeune fermier téméraire du nom de Jack. Du haut de son château, perché sur une île lugubre, Pendragon fomente un nouveau plan…

LE 7° VOYAGE DE SINBAD avait rencontré un tel succès que le producteur Edward Small, qui avait refusé de le produire, s’en était mordu les doigts. Il entreprit ainsi le tournage de JACK LE TUEUR DE GEANTS dans le même esprit. On y retrouve le même réalisateur (Nathan Juran), le même acteur principal (Kerwin Mathews) et le même acteur dans le rôle du méchant (Torin Thatcher). En revanche, on ne retrouve pas Ray Harryhausen (qui n’avait sans doute pas digéré qu’on lui ait claqué la porte au nez), remplacé par Jim Danforth, l’un de ses fans…
Pour l’anecdote, c’est Danforth lui-même, après que la postproduction se soit enlisée dans moult tentatives ratées d’incruster des monstres dignes de ce nom, qui alla quémander qu’on lui laisse sa chance, sans aucun CV !

Fréquemment, on peut lire ici et là que JACK LE TUEUR DE GEANTS est une pâle copie du 7° VOYAGE DE SINBAD et que ses effets spéciaux, qui tentent laborieusement d’imiter ceux de Ray Harryhausen, sont d’une laideur sans nom. Avec le recul, et sachant que Jim Danforth dut tout reprendre à zéro avec des délais et des moyens ridiculement étriqués, ces critiques paraissent très injustes. Car si le temps n’a visuellement pas épargné le film qui possède aujourd’hui un côté extrêmement suranné, il lui a procuré un charme fou, rehaussé par quelques séquences d’anthologies qui ne sont pas forcément celles qui figurent sur le cahier des charges. Ainsi, le bal des sorcières qui descendent du ciel pour kidnapper la princesse sur le bateau sensé la mener au couvant, est une merveille d’inventivité et de poésie gothique, qui parvient à procurer quelques frissons sous les mélopées lugubres du compositeur Paul Sawtell.

La bande-annonce qui montre tout !

A l’arrivée, JACK LE TUEUR DE GEANTS est un enchantement à nul autre pareil qui tient la dragée haute à tout le genre du conte cinématographique car à l’époque, nul autre film n’enchaina autant de morceaux de bravoures et de créatures fantastiques dans un seul métrage. Du géant cornu à la Wyvern (une chimère au corps de dragon, à la tête de chien et à la queue de serpent !), des sorcières au serpent de mer (avec son étrange corps où l’on hésite entre les queues, les pattes et les tentacules !), du géant à deux têtes à la cohorte de guerriers de fer, jusqu’au leprechaun enfermé dans sa bouteille qui prodigue ses enchantements, en passant par le superbe château ténébreux et ses dédales infernales, voilà un spectacle qui marqua durablement les jeunes téléspectateurs qui découvrirent la chose lors de sa diffusion à la DERNIERE SEANCE, en première partie de soirée avant LES SURVIVANTS DE L’INFINI !

Ne nous mentons pas : JACK LE TUEUR DE GEANTS est une bluette naïve d’un manichéisme comme on n’en fait plus, où les gentils sont vraiment très gentils, les méchants vraiment très méchants, et ce malgré la transformation (temporaire) de la belle princesse en sorcière sado-maso semblant jouir de sa conversion aux ténèbres. Mais pris comme tel, on peut quand même l’apprécier à sa juste valeur tant il mérite sa place dans le panthéon des fééries classiques du 7° art.

Petit par la taille, grand par le talent ! © Metro Goldwyn Mayer

Petit par la taille, grand par le talent !
© Metro Goldwyn Mayer

2. LES AVENTURES DE TOM POUCE (TOM THUMB) – 1958

Entre 1958 et 1964, George Pal, réalisateur également spécialisé dans les effets spéciaux image par image (célèbre pour ses PUPPETOONS, des jouets animés) nous a offert une série de cinq films fantastiques : LES AVENTURES DE TOM POUCE, LA MACHINE A EXPLORER LE TEMPS (1960), ATLANTIS, TERRE ANGLOUTIE (1961), LES AMOURS ENCHANTEES (1962) et LES SEPT VISAGES DU DR LAO (1964).

L’histoire de TOM POUCE, tout le monde la connait : Un couple de paysans n’ayant jamais réussi à avoir d’enfants se voit offrir trois vœux par la Reine de la forêt après que le mari, bucheron de son état, ait accepté d’épargner le vieux chêne. Leur vœu le plus cher est ainsi d’avoir un fils, fut-il aussi petit que le pouce…

Disney’style !

Ce petit film féérique d’un autre temps, aux effets spéciaux surannés mais aussi poétiques que ceux de KING KONG, possède un charme à nul autre pareil. Semblable à un dessin animé des studios Walt Disney de la même époque, il dégage une atmosphère au parfum délicieusement enfantin, à l’innocence presque surnaturelle.
Et puisque l’on parle de Walt Disney, ces AVENTURES DE TOM POUCE apparaissent presque comme une sorte de remake du PINOCCHIO de 1940. La trame de l’histoire est quasiment la même, où l’on retrouve la fée offrant un fils pas comme les autres à quelqu’un n’ayant jamais eu d’enfant. Où le fils en question est livré à ce monde trop grand pour lui, où les bandits ont vite fait de l’utiliser à des fins malveillantes (Grand Coquin le renard et Gédéon le chat ayant laissé la place à Ivan & Anthony, respectivement interprétés tout en méchanceté chafouine par Terry Thomas & Peter Sellers, qui s’adonnent à l’exercice avec truculence), et où la bonté séminale finit par triompher des obstacles de la vie.
On notera toutefois un ton beaucoup plus léger et un environnement plus limité que celui du dessin animé de 1940 (qui était particulièrement sombre et effrayant pour un conte à destination des enfants). Le film de George Pal s’apparentant quant à lui à un véritable divertissement familial inoffensif, sur fond de comédie musicale enjouée et lumineuse.

Sur le volet de la comédie musicale, LES AVENTURES DE TOM POUCE s’articule sur les numéros animés des Puppetoons (ici des jouets qui se réveillent, comme dans les futurs TOY STORY, afin de participer à l’action), mais surtout sur les prouesses du formidable Russ Tamblyn, l’acteur qui incarne le personnage principal. Très bon dans l’interprétation du rôle, parfait dans les chorégraphies, éblouissant lors des prouesses physiques bondissantes, la future vedette de WEST SIDE STORY porte le film sur ses (petites) épaules et dégage une candeur à toute épreuve.
Avec ses décors de carton pâte sentant bon le théâtre de marionnettes grandeur nature, son atmosphère féérique d’antan et sa poésie visuelle à l’innocence et à la sincérité sans bornes, ce premier film du cycle féérique du grand George Pal est tout simplement l’un des plus beaux représentants de son genre et de son époque. Peut-être trop léger et trop naïf pour être un chef d’œuvre, il peut trôner sans honte sur les étagères de toutes les filmothèques pour amateurs de contes de Noël à l’ancienne.

Voyages en Bavière. © Metro Goldwyn Mayer

Voyages en Bavière.
© Metro Goldwyn Mayer

3. LES AMOURS ENCHANTEES (LES MERVEILLEUX CONTES DE GRIMM – WONDERFUL WORLD OF BROTHERS GRIMM) – 1962

THE WONDERFUL WORLD OF BROTHERS GRIMM (titre original) a été tourné à l’origine en cinérama. Un procédé révolutionnaire visant à projeter les films en version panoramique dans un format large inédit. Une idée des producteurs destinée à faire revenir les spectateurs au cinéma à l’époque où ces derniers découvraient la télévision et restaient enfermés chez eux à la regarder ! Pour des raisons de technique trop complexe et de budget déraisonnable, le procédé du cinérama (qui utilisait trois caméras pour un résultat assez maladroit puisque la limite entre les trois projections demeurait visible, apparentant l’image à un tryptique !) fut abandonné après seulement deux films particulièrement ambitieux tournés en 1962 : LA CONQUETE DE L’OUEST et LES AMOURS ENCHANTEES, que George Pal coréalise pour l’occasion avec Henry Levin.

Le pitch : Le film illustre une version romancée de la vie des frères Grimm. De manière astucieuse, le scénario alterne le quotidien de Wilhelm et Jacob Grimm, linguistes et philologues engagés par le duc de Bavière, et les fééries collectées par Wilhelm.
Dans cette version, Jacob (Karlheinz Böhm) est un écrivain sérieux et professionnel, consciencieux et besogneux, tandis que Wilhelm (Laurence Harvey) est un rêveur qui ne pense qu’à collecter les contes pour enfants que racontent les vieilles femmes du pays. Pendant que Jacob nourrit à lui seul toute la famille, Wilhelm ne cesse de tout gâcher à cause de sa passion pour une littérature qui ne rapporte rien.
A trois reprises, un conte est intégralement raconté et mis en image :
- Une princesse (Yvette Mimieux) s’évade la nuit pour aller danser dans la forêt. Elle est suivie par un paysan (Russ Tamblyn) dissimulé sous un manteau d’invisibilité. Ce dernier a relevé le défi du roi : Découvrir le secret de la princesse ou… avoir la tête tranchée !
- Un savetier ne finit jamais son travail puisqu’il préfère fabriquer des jouets pour les orphelins de son village. Hélas, la ruine le guette. Heureusement, il est sauvé au dernier moment par ses jouets qui prennent vie par magie…
- Un chevalier pourfendeur de dragon (Terry Thomas) préfère envoyer son serviteur au combat afin de ne prendre aucun risque, pour au final profiter de la gloire au dépends du dit serviteur. Mais le destin lui réserve une mauvaise farce…

Un film d’un autre temps !

Pour réaliser le film, deux équipes : Henry Levin et ses sbires s’occupent des scènes de la vie des frères Grimm, tandis que George Pal et ses collaborateurs mettent en boîte les trois contes de fées.
Henry Levin a toujours été un metteur en scène soigné mais un peu terne, sauf lorsque son travail était chapeauté par un producteur entreprenant. C’était par exemple le cas du VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE (1959) et ça l’est encore sur notre film, qui brille manifestement de la patte de George Pal, également producteur de l’ensemble…
Les scènes « naturalistes » illustrant la vie des frères Grimm sont d’un romanesque de carton pâte mais elles exhalent un savoureux parfum de naïveté et d’innocence « disneyenne » (même si Walt Disney n’a encore rien à voir là dedans). Tournées dans la ville de Rothenburg, en Bavière, elles bénéficient de l’atmosphère pittoresque de cette splendide ville médiévale toute en colombages et rues pavées sinueuses fleurant bon l’esprit de Charles Dickens.
Les trois séquences féériques portent la marque de George Pal et affichent des effets spéciaux image par image pleins de charme et de poésie, dans la lignée de Willis O’Brien et Ray Harryhausen. Mention spéciale aux Puppetoons du conte sur le Savetier et au dragon cracheur de feu facétieux de L’Os Chantant, segment aussi drôle que spectaculaire, dans lequel l’excellent Terry Thomas cabotine de manière truculente dans le rôle du chevalier pleutre et fourbe qui envoie son serviteur combattre le monstre à sa place !
Quant aux décors, ils bénéficient également du charme bavarois puisque les contes sont en partie tournés dans les châteaux de Hohenschwangau et de Neuschwanstein, ce dernier étant célèbre, comme tout le monde le sait, pour avoir servi de modèle à celui de LA BELLE AU BOIS DORMANT version Disney !

Ce film honteusement oublié (il n’en reste que deux copies au monde et aucun DVD en dehors de l’Italie !) constitue ainsi le clou de la carrière cinématographique du réalisateur George Pal, dont il représente l’aboutissement artistique et stylistique. Grand spectacle ambitieux et généreux s’imposant peut-être comme le plus grand représentant de son genre dans l’histoire du cinéma, LES AMOURS ENCHANTEES risque tout de même de ne pas passer auprès des nouvelles générations habituées aux images virtuelles et à l’action tonitruante. Il pourra également paraître extrêmement naïf et « balourd » (dans le sens d’une lourdeur propre à ce romanesque de carton-pâte évoqué plus haut) pour les réfractaires à ce genre de cinéma fantastique suranné et enfantin. En revanche, pour ceux qui l’on découvert, enfants, à la télévision (c’était un mardi soir autour de 1980, il me semble…), le souvenir et la nostalgie demeurent si vivaces que la magie du spectacle opère toujours de manière aussi délicieuse.
Encore un excellent candidat pour les fêtes de Noël…

Hé ho ! De là-haut ! © Metro Goldwyn Mayer

Hé ho ! De là-haut !
© Metro Goldwyn Mayer

4. LES SEPT VISAGES DU DR LAO (7 FACES OF DR LAO) – 1964

Le pitch : Dans une petite ville du far-West, un riche propriétaire terrien nommé Clint Stark (Arthur O’Connell) joue de son influence pour racheter les propriétés des habitants, et ainsi devenir le maitre de la ville pour le jour où le chemin de fer viendra la traverser. Face à lui, un jeune homme pugnace nommé Ed Cunningham (John Ericson) utilise son journal, le Daily Star, afin d’encourager les gens à ne pas céder à ses menaces.
Alors que le village est sur le point de se disloquer, un mystérieux chinois nommé Dr Lao arrive et installe son cirque ambulant peuplé de créatures étranges. D’apparence frêle et farfelue, le bonhomme va peu à peu révéler aux habitants qu’il ne faut pas se fier aux apparences…

Ce petit classique du conte familial se taille une place de choix dans la mémoire des cinéphiles. Certes, les effets spéciaux datés de Jim Danforth (vu plus haut dans JACK LE TUEUR DE GEANTS) et son décor de carton-pâte ne rivalisent pas vraiment avec la splendeur visuelle des films estampillés Harryhausen, mais le superbe script de Charles Beaumont et Ben Hecht (d’après le livre de Charles G. Finney), ainsi que le jeu de l’acteur Tony Randall (qui incarne le Dr Lao mais aussi toutes les créatures de son cirque, à savoir le Yéti, Merlin l’enchanteur, Apollonius de Tyana, le dieu Pan et la gorgone Méduse !) portent le film au niveau de l’excellence.
Quant aux effets spéciaux, certes kitsch, ils véhiculent également toute la poésie de ce type de film et la scène finale avec le monstre du Loch-Ness est un petit bonheur d’animation à l’ancienne.

Un temps où personne ne craignait les spoilers !

Si le film dissimule une jolie dose de moralisme et de bons sentiments, il ne tombe jamais dans la niaiserie ni dans le racolage facile. Ce bon vieux Dr. Lao recadre ainsi les citoyens d’Abalone avec une rigueur à la limite de l’évangélisme, mais les émancipe également avec un sens des libertés qui annonce celles de la décennie à venir… Et lorsque la belle Angela Benedict (interprétée par la bien nommée Barbara Eden) rencontre le dieu Pan et qu’il lui joue sa musique en tournoyant autour d’elle, la jeune femme, qui jusqu’ici demeurait frigide, s’empresse de rejoindre le héros de l’histoire, dans un élan libertaire de passion fougueuse et animale !
On reconnait cependant le penchant de George Pal pour la bonne morale et l’importance de la pensée religieuse. Et notre Dr. Lao n’est finalement que l’allégorie de cette pensée ! Mais, encore une fois, le sens de l’équilibre du réalisateur, son art de la poésie visuelle et son superbe script tirent l’ensemble vers le haut et, comme le dit le personnage au petit garçon à la fin de l’histoire : « Chaque fois qu’en ramassant une poignée de terre tu ne vois pas de la terre mais un mystère, un miracle au creux de ta main, tu fais partie du cirque du « Dr. Lao »…

LES SEPT VISAGES DU DR LAO est, au final, un grand classique du conte de fées dont l’aspect suranné n’a d’égal que sa perfection. Un petit chef d’œuvre dans son genre et son époque, aussi bien dans le fond que dans la forme.
Ironie du sort, cette petite pépite du cinéma fantastique rencontra un échec commercial cuisant et la plupart des projets de George Pal furent abandonnés à partir de là, comme, entre autre, la première adaptation cinématographique de BILBO LE HOBBIT (fort heureusement, il connut un petit regain d’énergie au moment de produire l’édifiant DOC SAVAGE ARRIVE !)…

La magie Disney. Cette fois c’est pour de bon. © Walt Disney

La magie Disney. Cette fois c’est pour de bon.
© Walt Disney

5. DARBY O’GILL ET LES FARFADETS (DARBY O’GILL & THE LITTLE PEOPLE) – 1959

Le pitch : XIX° siècle. Le vieux Darby O’Gill, garde-chasse de son comté d’Irlande, est mis à la retraite forcée par le propriétaire, Lord Fitzpatrick, qui souhaite le remplacer par un homme plus jeune. Afin de subvenir aux besoins de son foyer, Darby se met en tête de s’emparer du trésor des farfadets, dont il est seul à connaitre l’existence et l’emplacement du royaume, sur la colline de Knocknasheega. C’est sans compter sur Brian, le Roi des farfadets, qui n’a pas l’intention de se laisser berner par le vieux bonhomme…

Notre dernier film est une production Walt Disney et il est réalisé par Robert Stevenson, l’homme à tout faire du studio qui s’occupait de mettre en scène la plupart des succès de l’époque qui sortaient du cadre de l’animation. De MARRY POPPINS à L’ÎLE SUR LE TOIT DU MONDE en passant par la série des COCCINELLES, cet honnête artisan du 7° art nous aura offert une belle collection de films familiaux et aura régné, mine de rien, sur le genre pendant près de vingt ans.

DARBY O’GILL ET LES FARFADETS est une œuvre qui a miraculeusement bien vieilli. Certes, là encore, la chose n’est pas dénuée de naïvetés. Vous n’aurez par exemple jamais vu Sean Connery aussi gnangnan. Le futur James Bond trouvait ici l’un de ses premiers rôles et, même s’il y est déjà fort charismatique, il participe volontiers de la naïveté ambiante en incarnant un jeune premier sympathique qui n’hésite pas à pousser la chansonnette en déclarant son amour à la jolie bergère ! Autant dire que l’agent secret 007 était encore bien loin, quand bien même DR NO allait être tourné à peine trois ans plus tard !

Enter Sean Connery…

Le film vaut surtout pour sa féerie et son ambiance qui tient tout autant des contes de Noël que de la nuit d’Halloween. Les scènes où le vieux Darby O’Gill (Albert Sharpe, truculent en diable) pénètre dans le royaume des farfadets sont irrésistibles et émerveillent tout naturellement le cinéphile le plus blasé et le plus endurci. Les joutes verbales entre Darby et le Roi des farfadets (Jimmy O’Dea, tout aussi truculent) sont superbement écrites et rythmées. Et le tout est enrobé d’une mythologie irlandaise de carton-pâte au charme suranné qui s’impose délicieusement par le fait que tout le monde a un jour fantasmé cette verte Irlande dans ce cadre précis de légendes celtiques où rien n’est oublié, de la lande hantée aux vieilles tours en ruine sous le clair de lune, en passant par le pub, ses pintes de bière brune et sa chaleur humaine communicative (alors que le tout a été tourné dans les studios Disney, en Californie).

Mais la plus grande réussite du film tient de ses effets spéciaux et de ses mate-painting. Toutes les images où les minuscules farfadets sont mis en scène dans des décors à échelle « réelle » sont bluffantes et n’ont pas pris une ride soixante ans plus tard ! La scène hystérique où les farfadets s’en vont à la chasse sous l’emprise de la musique que leur joue Darby (lequel fait bondir son archet sur son violon à une vitesse surnaturelle) est une prouesse visuelle encore aussi impressionnante aujourd’hui qu’elle l’a sûrement été à l’époque. Quant à la séquence du carrosse de la mort qui descend du ciel sous un orage bleu et violet, on retrouve toute l’ambiance et l’esthétique effrayante du ballet des sorcières de JACK LE TUEUR DE GEANTS, pour la vision d’une Irlande mythologique qui bascule soudain dans la nuit noire d’Halloween.

Toute la magie du film opère dans cet équilibre unique en son genre : L’espace d’un film, vous êtes transportés dans le temps, à une époque déjà lointaine de l’histoire du cinéma, où l’on produisait des films de genre aujourd’hui tombés dans le registre du kitsch. Et le miracle de DARBY O’GILL ET LES FARFADETS se joue dans la perception intacte qu’il procure au spectateur : un émerveillement qui fonctionne aujourd’hui exactement comme il a dû fonctionner à l’époque. Et ils ne sont pas légions, les films qui peuvent prétendre réussir une telle prouesse.

Il y eut bien d’autres films (dont une palanquée de pseudo-peplums et autres nanars italiens) dont je vous propose une liste ci-dessous (avec les étoiles évaluatives). Mais dans la perspective de les comparer à ceux de Ray Harryhausen et à leur lot de féerie incomparable propre à fêter la nuit de Noël, ce sont assurément nos cinq films choisis qui peuvent relever le défi.
LA FLEUR DE PIERRE (Alexandr Ptushko, 1951) ****
LE TOUR DU MONDE DE SADKO (Alexandr Ptushko, 1953) ****
ULYSSE (Mario Camerini, 1954) **
LE GEANT DE LA STEPPE (Alexandr Ptushko, 1956) ****
LES TRAVAUX D’HERCULE (Pietro Francisci, 1957) **
HERCULE ET LA REINE DE LYDIE (Pietro Francisci, 1959) ***
HERCULE A LA CONQUETE DE L’ATLANTIDE (Vittorio Cotafavi, 1961) *
L’EPEE ENCHANTEE (Bert I. Gordon, 1961) ***
LES AMOURS D’HERCULE (Carlo Ludovico Bragaglia, 1961) *
BRIGADOON (Vincente Minelli, 1965) *****
LES 1001 NUITS (Henry Levin & Mario Bava, 1962) ****
CAPITAINE SINBAD (Byron Haskin, 1963) ****
HERCULE, SAMSON ET ULYSSE (1964) *
LE TRESOR DES NIEBELUNGEN / SIEGFRIED L’INVINCIBLE (Harald Reinl, 1966) ****
JACK ET LE HARICOT MAGIQUE (Gene Kelly, 1967) ***
LE VOLEUR DE BAGDAD (Arthur Lubin, 1967) ****
L’EXTRAVAGANT Dr DOOLITLE (Richard Fleisher, 1967) ***
LA PORTE MAGIQUE (1969) ****
Ray Harryhausen :
LE 7° VOYAGE DE SINBAD (1958) *****
LES VOYAGES DE GULLIVER (1960) ****
JASON ET LES ARGONAUTES (1963) *****
LE VOYAGE FANTASTIQUE DE SINBAD (1974) ****
SINBAD ET L’ŒIL DU TIGRE (1977) ***
LE CHOC DES TITANS (1981) ****

——

Allez c’est Noël, on regarde et on écoute ses classiques…

35 comments

  • Bruce lit  

    1er constat à chaud avant d’aller travailler : Tom Pouce est un X-Man ! (voir sa ceinture)

  • Eddy Vanleffe  

    Bon ça donne envie de voir tout ça…^^
    j’aime beaucoup les peplums et j’ai convaincu ma fille de regarder Jason et les argonautes il n’y a pas longtemps…
    J’ai aussi un souvenir ému du « nanar » Hercule et la reine de lydie tout simplement parce qu….il passait à la tv régulièrement tout simplement….
    j’ai récupéré Ulysse que tu ne sembles pas apprécier, c’est avec Kirk Douglas, non?
    En tout cas c’est un bonheur de lire le Tornado amoureux de ces vieux films…^^

    Me permettrais tu de faire quelques copier/coller pour mon projet d’article sur Avengers de Roy Thomas?
    Ce n’est qu’une taquinerie bien sûr… ^^

    Tu m’as bien hypé pour Jack le tueur de géants et ce docteur Lao…

  • Matt  

    Tiens bah moi aussi j’ai bien envie de voir Jack et le tueur de géants…que je n’ai jamais vu figure toi !! Surement parce que j’ai du lire que c’était une pâle copie du 7eme voyage de Sinbad.
    Mais y’a rien à faire…ces effets en stop motion, je trouve ça hyper charmant. Même si ça ne semble pas être du niveau de Harryhausen, la bande annonce m’a bien fait envie^^

    J’ai du mal à expliquer pourquoi je ressens ça, parce que ces films n’ont pas bercé mon enfance. Je les ai connus tard. Mais le stop motion me donne cette sensation de « cinéma proche du peuple » ou le cinéma que tu peux faire dans ton garage avec de la patience et des bricolages artisanaux. C’est curieux à expliquer mais je trouve ça authentique. Alors qu’un film avec 3 tonnes de CGI, je vais juste avoir l’impression de regarder un dessin animé ou un jeu vidéo dans lequel on aurait collé quelques acteurs.
    Dans tous les cas on sait que c’est faux, que ce soit bien fait ou non…et du coup quand c’est les quelques bestioles qui détonnent avec le reste, ça me parait plus réel que lorsque ce sont des acteurs qui détonnent avec tout le reste (décors, créatures, etc)

    Pas besoin d’aller chercher hyper loin non plus. Jurassik Park, le seigneur des anneaux, il y a beaucoup de maquillages et d’animatroniques. Mais bon voilà à côté un film comme Avatar qui a été encensé dans tous les sens…bah ça ne m’impressionne pas. Je ne trouve pas ça mal fait…mais j’ai le sentiment d’être devant un dessin animé en fait. Ou un jeu vidéo. C’est moins charmant, moins réel…j’sais pas…

    • Eddy Vanleffe  

      Alors Matt ce jour est à marquer d’une pierre blanche..^^
      Je suis tout à fait d’accord avec toi.
      ces films bénéficient même peut-être d’un « trop plein de CGI »…
      après 54 marvels qui ressemblent en effet de plus en plus à des dessins animés, ça me repose les yeux de voir un film en « images par images » (terme qu’on utilisait avant qui foutre de l’anglais partout…hashtag-stopmotion^^)
      nostalgie peut-être pas des films en eux même mais aussi de la dernière séance et de ce bon Vieux Eddy Mitchell passionné dans ses commentaires. on avait l’impression qu’il connaissait tout le monde même le perchiste…

      • Matt  

        Oui nostalgie d’une autre façon de faire du cinéma. En bricolant, tout ça.
        Aujourd’hui tu filmes des mecs sur fond vert et tu rajoutes tout après : décors, créatures, etc.
        C’est pas forcément de mauvais films mais ça fait jeu vidéo quoi. T’as pas l’impression de regarder un lieu qui existe ou un décor de studio fabriqué à la main. T’as juste l’impression que des mecs ont été collés dans une cinématique de jeu.
        Et j’aime bien les jeux^^ Mais parce qu’on peut jouer ! L’esthétique « réaliste » jeu vidéo par contre…ça n’a guère d’attrait en dehors d’un jeu. Sauf si c’est quelque chose de très stylisé graphiquement, cartoonesque ou quoi.
        Mais l’esthétique photo-réaliste n’a aucun intérêt quand tu peux avoir…juste un vrai décor à la place.
        Dans un jeu, pas possible, car on doit jouer et contrôler des persos dans ces décors. Mais en film, tout est mis en scène et tout se passe d’une seule façon possible, donc avoir des décors en 3D…boaarf…

  • Bruce lit  

    Bon…
    Dire que dans une autre vie, je me prétendais Cinéphile, rien ne serait être plus faux depuis que je vous fréquente. Je n’ai dû voir aucun de ces films, parce que déjà enfant, ces films ne me faisaient pas rêver. j’étais déjà attiré par les films adultes et ceux-ci me paraissaient déjà trop vieux pour mon âge. Ni les Coccinelles que tu cites, ni les Zorro, Davy Crockett du Disney Chanel ne trouvaient grâce à mes yeux. Je trouvais les affiches trop ringardes. Même aujourd’hui, ça ne me parle pas.
    Par contre j’aimais beaucoup le cinéma muet de Charlot, Buster, Laurel et Hardy et surtout Harold Lloyd. J’adorerais voir ça sur Netflix. On a revu les déménageurs de Piano avec les enfants, on était morts de rire.
    Il faut dire aussi que, Tornado en parle un peu en début d’article, je faisais partie des enfants qui n’avaient pas le droit de regarder la télé le soir. Extinction des feux après le DA de FR3 juste avant les jeux de 20 heures. Mais ça ne me manquait pas, parce que je lisais, lisais, lisais.
    Aujourd’hui ces films manquent sans doute à ma culture. Je pense qu’un mec comme Bill Willingham a dû les dévorer pour avoir envie d’écrire FABLES.
    Ton article me rappelle La Dernière Seance. J’aurais juré sans te lire que tout ça passait chez Dionnet. Eddy dans mon souvenir c’était surtout des Westerns.

    • Matt  

      « On a revu les déménageurs de Piano avec les enfants, on était morts de rire. »

      Ah oui le Laurel et Hardy ou ils se fatiguent à monter un piano par l’escalier ?^^ Énorme celui là.

      • Bruce lit  

        Et surtout accessible grâce à Youtube

        • Matt  

          Ouais bon moi j’ai le DVD comme tous les trucs que je chéris^^

          Et ces vieux films kitsch, pour moi c’est un peu comme voir une pièce de théâtre en fait. T’as des décors en carton et tout, mais tu t’en fous t’es là pour l’histoire, la musique, l’aventure.
          Personne ne se plaint d’effets spéciaux tout pourris dans une pièce de théâtre.
          En film ça rebute tout le monde par contre…même en les remettant dans leur contexte.

          Moi je me demande plus souvent « mais comment ils ont fait ça ? » dans un vieux film que dans un récent vu que tout le monde sait que de nos jours, il n’y a plus de limites et que tout peut être fait à l’ordi.

    • Matt  

      « Dire que dans une autre vie, je me prétendais Cinéphile, rien ne serait être plus faux depuis que je vous fréquente.  »

      *siffle innocemment*

      Bon tu connais bien Hitchcock, Kubrick, Scorcese, tout ça…les grands occidentaux en fait.

      Question cinéma de genre, vieux films, films moins connus mais fondateurs de la pop-culture (comme les Harryhausen…que tu les trouves kitsch ou pas^^), ou films étrangers (du moins asiatiques) y’a du rattrapage à faire ouais^^

  • Présence  

    Je n’ai vu aucun de ces films, et je ne garde qu’un souvenir très flou de la dernière séance, dont je devais au mieux voir l’introduction d’Eddy Mitchell, mais sans pouvoir voir plus que le début du premier film. Il faut croire que je devais avoir cours le lendemain matin. :)

    Chacun des commentaires de ces 5 films est un trésor de présentation : le dessous des cartes des incrustations de monstres dans Jack le tueur de géants, l’analyse comparative entre les aventures de Tom Pouce et Pinocchio, l’explication de la technique du Cinérama pour Les amours enchantés, la passion fougueuse d’Angela Benedict, la merveilleuse technique de mate-painting pour Darby O’Gill et les farfadets. L’équilibre est parfait entre les aspects techniques et le ressenti de merveilleux généré par ces films. En creux se dessine toute une période du cinéma, avec un genre à succès porté par les producteurs et apprécié (plus ou moins de ce que tu écris) par le public. Il est probable que ce même public bouderait aujourd’hui ces films de genre, même réalisés avec des moyens modernes, et sans surenchère d’effets spéciaux numériques.

  • Tornado  

    Vous parlez de la Dernière Séance… C’est justement l’ouverture de l’article ^^
    A cette occasion j’ai redécouvert des extraits et je me suis fait la réflexion que si une chaîne proposait de rediffuser cette émission en entier, ou même si c’était proposé en coffrets DVD comme ils font avec certaines émissions de variété, (les Numéro 1 de Marity & Gilbert Carpentier, le Benny Hill Show, etc.), j’adorerais ça !

    Pour la comparaison avec les comics old-school, c’est compliqué à expliquer. Pour moi ces films possèdent un charme fou. Ils parlent encore à l’enfant qui est en moi. Tandis que les vieux comics de super-héros je trouve qu’ils font vulgaires, lourds et sont mal fichus. Mais bon, à force d’en discuter avec vous, je vois bien que tout ceci, apparemment, est très subjectif.

    @Eddy : Le ULYSSE c’est bien celui avec Kirk Douglas, oui. Les ** servent à le différencier d’autres films qui sont meilleurs, en tout cas moins cheap. Mais en soi c’est également un film qui possède un certain charme. Il est loin d’être irregardable pour ceux qui aiment ce genre de film.

    Je recommande chaudement LE VOLEUR DE BAGDAD de 1943. C’est un film magnifique (en technicolor) qui a été restauré et édité dans une très belle version blu-ray. Celui-là est un des plus beaux et possède un charme fou. Il faut impérativement le voir en VO par contre. C’est tout simplement LE FILM qui m’a fait passer à la VO. C’est en le voyant comme ça que j’ai saisi l’intérêt de voir une oeuvre en VO.
    Aujourd’hui je ne suis pas réfractaire à la VF. Et je ne suis pas un inconditionnel de la VO. Mais si je suis tombé amoureux d’un film ou d’une série en VO, je ne pourrais plus les voir autrement. Et inversement pour la VF, c’est pareil.

    • Matt  

      Le voleur de Bagdad est très chouette en effet. Une sorte de Aladdin (niveau histoire, ça doit être tiré de la même légende) avec des effets certes bien vieillots, mais plein de charme.
      Le grain de l’image pique un peu les yeux parfois quand même sur le DVD. Je sais pas ce que donne la restauration.
      Avoir le film en 1080p, je m’en fous, mais si les couleurs sont plus jolies et le grain moins grossier, ça m’intéresse^^ (donc même le nouveau DVD tiré de la même restauration que le blu-ray doit être plus joli)

      • Tornado  

        Oui, il est très net. Je le sais parce que je me suis gouré (voulant me mater enfin le blu-ray, je me suis regardé le film en me disant mouais, c’est beau, mais ça fait DVD. Ça fait un très bon DVD, mais ça fait DVD. Et en fait j’avais mis le DVD au lieu du blu-ray ! ^^). (oui parce que la version restaurée c’est un combo blu-ray + DVD)

        • Matt  

          Il me tente bien du coup^^
          Et tu as vu le livre de la jungle avec le même Sabu ?

          • Tornado  

            Ah oui ! Il est aussi beau, avec la même ambiance. Normal, c’est réalisé par la même équipe !

          • Matt  

            Et les mille et une nuits ?^^

  • Kaori  

    Tornado qui réussit à mettre d’accord Eddy et Matt, c’est effectivement un miracle de Noël :D

    Bon, sinon, ben…
    Je n’ai vu absolument aucun de ces films. Et je n’ai pas dû regarder beaucoup de films de la dernière séance, n’ayant jamais été attirée par les vieux films (en dehors des comédies musicales…) et en plus, à 4 ans je ne regardais pas la télé le soir… Mes premiers films du soir, c’était en 1990 et c’était toutes les sagas de la fin des années 80 : Indiana Jones, SOS Fantômes etc…

    Ce qui est marrant en regardant les extraits, c’est qu’autant les 4 premiers, je ne vois que les effets spéciaux et ça ne me fait pas du tout rentrer dans le film, autant le dernier j’ai complètement oublié que c’était des effets spéciaux !
    Bon, le thème des farfadets n’est pas ce qui m’intéresse le plus, mais la bande annonce était plaisante à regarder !
    Ah et Tony Randall est bluffant, quand même !!

    • Matt  

      Eh oh…on a quand même quelques goûts en commun avec Eddy, sur les films asiatiques, tout ça…

      Moi plus ça va, moins ça me dérange les vieux effets spéciaux. En fait pour moi ils sont au service de l’histoire et des personnages. Si tout le film est prenant, c’est pas gênant les effets datés ou un peu ratés.
      Par contre si le film est un prétexte à montrer des effets mais avec des persos ou une histoire nazes ou vulgaires ou racoleurs, comme une démo technique, ça a intérêt à être nickel sinon ça ne passera pas en effet^^

    • Matt  

      A chaque fois que je fais un article sur le Japon, ou même le giallo, il est content Eddy^^

  • Tornado  

    Ah ! moi les effets spéciaux, c’est mon dada. Et je trouve que les effets spéciaux qui se voient, c’est comme une jolie fille qui a un petit défaut : C’est le petit plus, le petit détail charmant qui va la rendre plus jolie encore…
    Sans vouloir dire « c’était mieux avant », les effets spéciaux numériques actuels, très souvent, trop souvent, sont justement lisses comme une jolie fille à qui on aurait gommé son petit défaut : Elle aurait perdu de son charme…
    Voilà, c’était mon 1/4 d’heure poète…

    • Matt  

      Pas faux.
      Surtout qu’en fait, tu vois quand même qu’on lui a gommé son petit défaut, comme avec les chirurgie esthétiques ou tu te dis « moui…mais ça fait poupée de cire »^^

  • Patrick 6  

    Ah ! Ca c’est un article de Noël ou je ne m’y connais plus !
    Bon déjà ça commence fort avec une référence littérale à la Dernière séance ! Ah si je me rappelle de Mr Eddy (alias le père de Tornado) ! Mine de rien il a diffusé un nombre incroyable de chef d’œuvres ! Je me souviens tout particulièrement de la diffusion de La créature du marais ! Les lunettes bicolores étaient du reste données dans plusieurs programmes télé (preuve du succès de cette émission)
    Concernant ton article on va aller vite : je n’ai vu aucun de ces films (ni même entendu parler d’ailleurs) !
    Tes explications ont éveillé mon intérêt pour chacun d’entre eux, même si j’avoue un net penchant pour Jack le tueur de géant et son franc coté Harryhausenien !
    Bon ceci dit c’est bien joli tout ça mais maintenant que tu nous as donné envi de voir ces films commen va t-on faire vu qu’on ne peut les voir nulle part ??

    • Matt  

      C’est vrai qu’il ne semble même pas y avoir de DVD français pour Jack et le tueur de géants.
      Mais on a des adresses avec Tornado pour trouver des films^^ Faut faire des demandes en MP

  • Matt  

    Sinon pour moi la grande différence entre les vieux films et les comics old school, la voici :
    Dans une BD, tu n’as techniquement aucune contrainte. Rien ne t’empêche de mettre peu de texte, d’écrire des dialogues intelligents, de bonnes intrigues. Les BD franco belges des années 60 sont mille fois mieux écrites que les comics Marvel ou DC de la même époque. Bien moins balourdes, des personnages qui ne dictent pas ce qu’ils font à l’image, etc. Un Yoko Tsuno enterre complètement un épisode de Captain America de la même époque. Sur la forme. Et…le fond aussi (si on parle de Yoko Tsuno)
    Et c’est pas une question de budget, de difficulté, rien. Dans les 2 cas c’est un mec (ou 2 même sur un comics) qui écrit une histoire.
    Je précise que j’aime aussi certains comics old school, et que je suis conscient des restrictions du comic code et des exigences littéraires réclamées par l’héritage stupide de Whertam. Mais niveau résultat, on a quelque chose qui pouvait être bien mieux, même à l’époque. Quelque chose de daté et balourd même pour l’époque puisque les mangas ou BD françaises des années 70 c’était autrement mieux fichu. (je ne parle pas de ressenti personnel. Si vous adorez Spidey, les X-men, etc…vous passerez outre la narration d’époque. Mais dans les faits…elle était moins bonne.)

    Les vieux films, eux, sont kitschs visuellement parfois. Mais tu prends un vieux Hitchcock, un vieux film de monstre Universal comme la momie de 1933, le redoutable homme des neiges de la Hammer, et t’as des films plus intelligents et aux dialogues plus travaillés que certains films d’aujourd’hui. C’est juste que l’aspect visuel fait daté. Les vieux films ne sont pas forcément niais ou mal écrits. Juste pas au top de la technologie. Enfin si en plus. Ils sont au top de la technologie de leur époque. Leur reprocher de ne pas être visuellement à la hauteur des films d’aujourd’hui serait complètement stupide.
    Du coup ça passe bien mieux pour moi aussi les vieux films. Car on sent bien qu’ils faisaient au mieux, et que ce n’était pas un problème de talent, d’exigences éditoriales débiles ni rien.
    Et je ne parle même pas du fait que des choses se sont perdues avec le temps dans le cinéma : le sens de l’aventure en lieu et place de l’action.
    Trop d’explosions toutes les 5min aujourd’hui. A l’époque on savait mieux doser ça. Le public d’aujourd’hui est un effrayant junkie qui a besoin qu’on lui agite des clés sous le nez sans arrêt pour rester concentré sur le film sans baisser les yeux sur son smartphone^^

    • Tornado  

      Dans mes bras ! :D

    • Matt  

      Tiens t’as vu que Netflix veut proposer (ou propose déjà, je sais plus) un mode de visionnage des film à 1,2 ou 1,5x la vitesse normale…
      C’est une hérésie pour moi. C’est…n’importe quoi.
      C’est pour regarder plus vite, consommer plus, assimiler sans se faire chier, etc. C’est une idée de merde mais assez effrayante sur les mentalités des spectateurs qui vont utiliser ça. C’est comme s’empiffrer comme une gros dégueulasse de plats gastronomiques, ou…supprimer des images d’une BD pour que ça raconte le truc plus vite.
      Et la vision du réalisateur…?

      • Tornado  

        Mon dieu quelle horreur !!! Alors là moi choqué ! Vraiment ! On vit dans un monde de fous…
        Plier des oeuvres déjà existantes à notre rythme ? Ben voyons… Et dans 10 ans, quand les gens seront habitués, on devra regarder un film en accéléré ? N’importe quoi ! Pétition !

    • Jyrille  

      Je suis complètement d’accord avec ton analyse, Matt. D’ailleurs, j’ai revu 12 hommes en colère il y a quelques années, c’est toujours un film coup de poing. J’avais également été très marqué par un vieux film avec Spencer Tracy, accusé d’avoir provoqué un incendie je crois… Bref, c’était en noir et blanc et pas forcément super bien filmé, mais c’est un excellent film.

      Quant à la fonction pour aller plus vite, je peux comprendre. La plupart des séries sont réalisées à la chaîne, c’est une industrie, et les gens ne s’intéressent pas forcément aux images ou aux acteurs, juste aux histoires (et ça, c’est à cause de GoT !). Je ne le ferai jamais, et je pense que mes enfants non plus (ils n’ont pas été éduqués comme ça ^^) mais je pense que ce ne sera jamais la norme. La plupart des gens préfèrent voir un film à vitesse normale…

  • Jyrille  

    Mon dieu, mais oui ! La dernière séance ! Houlala la madeleine, j’avais occulté cette émission que je regardais pourtant souvent. Je me souviens de La créature du Lac noir, nous étions tous avec nos lunettes 3D de l’époque dans le salon des grands-parents… A part ça, je me souviens surtout des Tex Avery et des autres dessins animés, d’ailleurs je dois encore avoir une VHS avec un Bugs Bunny d’anthologie enregistré sur FR3 pendant une Dernière séance, celui où il joue seul au base-ball :

    https://www.dailymotion.com/video/x6tj0co

    Si je me souviens bien, ils les passaient en VOSTFR.

    Par contre je n’ai vraiment aucun souvenir des autres films que tu cites, si ça se trouve je les ai vus… Mais je ne les ai pas enregistrés en VHS ! J’aurai gagné du temps, vu que mes connaissances en vieux films ne proviennent quasiment que de ce blog. Ton article m’apprend donc une tonne de choses, comme d’habitude. Et son enthousiasme me donnerait envie de me cacher sous un plaid sur le canapé et de regarder ces vieux films. BRIGADOON me dit quelque chose. Mais bon, va savoir.

    Je me souviens cependant avoir vu des kilomètres de films avec mon oncle, tard, lors du Cinéma de minuit aussi : L’arrangement de Elia Kazan avec Kirk Douglas, des westerns avec Randolph Scott, des Macistes… Je me souviens bien de LA MACHINE A EPLORER LE TEMPS, il était très beau esthétiquement parlant.

    En parlant de féérie, je me suis rendu compte il y a deux ans que je ne connaissais quasiment pas de films de noël. Depuis, j’essaie de rattraper mon retard, j’en ai vu quelques-uns, dont LA COURSE AU JOUET avec Schwarzy : il est très bien.

    Je n’avais jamais entendu parler du Cinerama je pense, c’est étrange, ça existe en DVD ? L’image est la même que dans la bande-annonce, en forme concave ?

    Sur la dernière affiche, on jurerait Jean Gabin en haut à gauche. C’est très perturbant.

    La BO : un grand classique, j’aime bien.

    • Matt  

      Il est très bien La machine à explorer le temps^^

      Tiens d’ailleurs quelqu’un connait Les naufrageurs des mers du sud ? apparemment il était passé dans cette émission.
      Bon sinon moi j’entame une nouvelle phase de découvertes de films méconnus qui bénéficient de nouvelles belles éditions DVD/blu-ray avec à voir :

      -Les survivants de l’infini (de la SF à la Star Trek, et pas de la baston débile, datant de 1955.)
      -La sentinelle des maudits (film d’horreur de 1977)
      -La flibustière des antilles (film de pirates de Jacques Tourneur de 1951)
      -Cérémonie sanglante (un conte gothique espagnol de 1973)

      Il faut que je revoie aussi Le moulin des supplices (1960) de Giorgio Ferroni. Je l’avais vu dans une qualité dégueulasse et ça m’a pourri mon visionnage.

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