Pérennité assurée (Punisher de Mike Baron)

Punisher par Mike Baron, Klaus Janson, Whilce Portacio

Par PRESENCE

VO : Marvel

VF : Semic

T'as vu mon gros engin ? © Marvel

T’as vu mon gros engin ? © Marvel

Cet article porte sur les épisodes 1 à 10 de la première série mensuelle Punisher, initialement parus en 1987/1988, tous écrits par Mike Baron. Les épisodes 1 à 5 sont dessinés et encrés par Klaus Janson qui en assure également la mie en couleurs. Les épisodes 6 & 7 sont dessinés par David Ross, avec une mise en couleurs de John Wellington et un encrage de Kevin Nowlan pour le 6, et de John Beatty pour le 7. Les épisodes 8 à 10 sont dessinés par Whilce Portacio, encrés par Scott Williams, et mis en couleurs par John Wellington. Ces épisodes s’accompagnent de l’épisode 257 de la série Daredevil, écrit par Ann Nocenti, dessiné par John Romita junior, encré par Al Williamson et mis en couleurs par Max Scheele.

Épisodes 1 & 2 – Punisher s’attaque à un bâtiment abritant un laboratoire de crack, avec un bazooka. Après son attaque, il va se recueillir devant le mur du mémorial de la guerre du Vietnam, sur lequel il retrouve le nom de Curtis Hoyle, un lieutenant sous les ordres duquel il s’est retrouvé. En remontant la filière du crack, il se retrouve prisonnier ligoté sur une chaise et torturé à la gégène. Son enquête l’emmène jusque dans une hacienda en Bolivie. Épisode 3 – Frank Castle prend un peu le vert à Marion dans le Missouri. Il se retrouve à assister à une attaque de banque, ce qui l’amène à infiltrer un groupe de suprémacistes blancs. Épisodes 4 & 5 – Frank Castle se rend dans la base de Microchip (David Lieberman) pour lui passer commande d’un nouveau van. Il fait la connaissance de son fils Louis Frohike, surnommé Microchip junior. Plus tard, alors que Castle passe commande auprès de son fournisseur d’armes Martin, celui-ci est abattu par un individu qui ne survit pas à la riposte de Casle. Il avait dans sa poche un flyer vantant les bienfaits du révérend Samuel Smith. Cette enquête l’emmène en Guyane.

Épisodes 6 & 7 – Punisher est tranquillement chez lui dans un entrepôt à l’écart quand il entend la benne à ordures ménagères. Il sort, flingue à la main, et découvre 3 individus compactés dans la trémie. Son enquête l’entraîne sur la piste de trafiquants de matière radioactive, vendant du plutonium à des terroristes arabes et à faire équipe avec Rose Kugek, une agente du Mossad. Épisodes 8 & 9 – Punisher enquête à Wall Street sur une OPA louche et des meurtres de sans-abris. Épisode 10 + Daredevil 257 – Alfred Coppersmith s’est fait licencier du laboratoire pharmaceutique où il travaillait, suite à une automatisation des chaînes de production. Il s’est mis à empoisonner des médicaments de cette entreprise. Daredevil et Punisher sont sur sa trace, chacun de leur côté.

Les gentils autochtones vont me divertir.  © Marvel

Les gentils autochtones vont me divertir.
© Marvel

Après le succès de Punisher: CIRCLE OF BLOOD (1986) de Steven Grant, Mike Zeck et John Beatty, l’éditeur Marvel met en chantier un série mensuelle consacrée à ce personnage qui mène une guerre contre toute forme de crime, et qui exécute froidement les coupables. Il décide d’en confier l’écriture à un scénariste d’une quarantaine d’années, ayant relancé la série Flash à zéro pour DC Comics l’année d’avant. Mike Baron est essentiellement connu pour ses 2 séries indépendantes :NEXUS avec Steve Rude, série rééditée en omnibus par Dark Horse, et BADGER avec Jeff Buttler et Bill Reinhold. Il a écrit les aventures du Punisher dans cette première série mensuelle, pour les épisodes 1 à 44, 46 à 48, 50 à 63, 76 et les numéros annuels 1 à 4. Pour cette série, il reprend les idées directrices établies par Steven Grant : Frank Castle est un individu avec une connaissance professionnelle des méthodes combats, un militaire entraîné et costaud, mais aussi faillible et humain. Son comportement devient moins obsessionnel que la version de Grant. Dès la première histoire, le scénariste continue de s’émanciper des conventions de superhéros. Castle intervient bien avec sa tenue à tête de mort, mais il peut s’agit d’un simple gilet pare-balles avec une tête de mort réalisée à la bombe à peinture.

En outre, Punisher n’est pas cantonné à New York, pouvant aussi bien poursuivre son enquête à l’étranger (Bolivie, Guyane) que dans des villes de province. Baron reprend l’idée mise en œuvre par Grant & Zeck, que Punisher a une vie sexuelle, même s’il ne la recherche pas activement. Dès l’épisode 4, il ajoute un personnage secondaire : David Lieberman, surnommé Microchip, ainsi que son fils dans le même épisode. Ils assurent la logistique de Frank Castle. Ce dernier devient un vigilant à la justice expéditive qui s’attaque à des trafiquants de drogue, à des manipulateurs criminels, à des suprémacistes, à des terroristes, à des tueurs occasionnels. Baron semble piocher dans la source inépuisable des gros titres et des faits divers, se tenant à l’écart des individus dotés de superpouvoirs, à l’exception de Daredevil, le temps d’un épisode.

Gégène  © Marvel

Gégène
© Marvel

De mission en mission, le lecteur constate l’efficacité létale de Punisher, son absence d’ami, son absence de pitié pour les criminels en tout genre, sa faillibilité. Le scénariste malmène son héros, que ce soit des coups sur la tête, frappés par derrière, ou même la torture avec un génératrice électrique. Il sait donner de la consistance à chaque opération criminelle, avec des détails spécifiques comme le fait que Castle retrouve des compagnons d’arme du Vietnam, un prédicateur au toucher magnétique et peut-être bénéfique, une rose poussant au milieu d’une décharge, une mystérieuse combattante des services secrets, un garde du corps japonais massif comme un sumo, un gadget destructeur à base de technologie. À chaque fois, le lecteur se laisse emporter par l’intrigue, et observe Punisher enquêter et débiter du criminel, pour une sensation cathartique très efficace.

Après le choc visuel des dessins de Mike Zeck et leur intensité (le regard fou de Castle), les responsables éditoriaux choisissent de faire appel à Klaus Janson qui avait encré, puis fini les dessins de Frank Miller sur la série Daredevil, leur donnant une apparence rugueuse et brut, y compris lors des quelques apparitions de Punisher. Il a conservé ce détourage au contour irrégulier, cette façon de rendre compte de la banalité des lieux, de la normalité des civils, et de la forme de folie qui habitent les criminels, ainsi que de la froideur de Frank Castle. Le résultat est très convaincant dès le premier épisode. Même s’il utilise encore de ce de là quelques nuances de couleurs un peu criardes, Klaus Janson dépeint un monde normal assez consistant et varié, des individus plausibles avec des tenues vestimentaires adaptées et normales. Lors des scènes d’action, il reste dans un registre très descriptif, sans l’exagération malsaine de Mike Zeck, avec une saveur factuelle qui fait ressortir la froideur de Castle. Au fil des épisodes, le lecteur découvre des scènes mémorables : Punisher armé d’un bazooka pour s’attaquer à un laboratoire de crack, Punisher soumis à la gégène, Punisher perçant un réservoir d’engin de chantier, la première apparition du révérend Samuel Smith rayonnant littéralement, ou encore Vicki White s’approchant du lit de Castle en se déshabillant.

Microchip et son fils  © Marvel

Microchip et son fils
© Marvel

Après 5 épisodes marquants, Klaus Janson cède sa place à David Ross. Ce dernier reste dans un registre descriptif, mais plus aéré, avec des dessins moins détaillés moins abrasifs. Cette caractéristique est accentuée par l’encrage lissé de Kevin Nowlan, très sophistiqué mais pas forcément adapté à la nature du récit. L’épisode 7 est encré par John Beatty qui avait encré Mike Zeck sur la minisérie. Le lecteur retrouve des expressions décalquées sur celles dessinées par Zeck, mais sans sa force narrative, sans l’impact de ses compositions. Les 3 épisodes suivants sont dessinés par Whilce Portacio, encore débutant. Ses dessins marient une approche descriptive et réaliste dotée d’un bon niveau de détails, avec la minutie, et parfois la vivacité des dessins de Jim Lee, impression renforcée par l’encrage de Scott Williams qui deviendra par la suite l’encreur attitré de Jim Lee.

Portacio se montre convaincant, avec des cases plus agréables à l’œil que celles de Janson, mais sans perdre la brutalité de ce monde, à la fois par des mouvements plus vifs, à la fois par l’encrage de Williams qui ajoute des petits traits dans les contours pour marquer les textures. Portacio est beaucoup plus à l’aise que David Ross pour représenter la violence dans ce qu’elle peut avoir de brutale ou de sadique. Là encore, le lecteur ressort de ces 3 épisodes avec des images mémorables en tête : Castle en faux agent fédéral, le garde du corps japonais massif, le dispositif à crochet perforant monté sur une planche à roulette, les coups échangés entre Daredevil et Punisher.

Le match Baron / Nocenti  © Marvel

Le match Baron / Nocenti
© Marvel

L’épisode 10 et l’épisode 257 de Daredevil racontent la même histoire, mais du point respectif de chaque héros. La coordination entre Mike Baron et Ann Nocenti est exceptionnelle. Le lecteur découvre d’abord la version du Punisher, avec sa volonté de mettre définitivement hors d’état de nuire un individu devenu toxique pour la société. Frank Castle est partisan d’une justice expéditive et définitive, punissant les criminels, prévenant toute possibilité de récidive. Puis il découvre la position de Matt Murdock, défendant une société imparfaite, mais avec des règles et un appareil de justice constitué, nécessaire même s’il est perfectible. L’odieux criminel de l’épisode du Punisher acquiert une épaisseur avec le portrait qu’en dresse Ann Nocenti, laissant au lecteur la responsabilité de la faire la part entre une exécution cathartique, et la mise en œuvre d’une justice qui reconnaît l’imperfection des êtres humains. Une confrontation d’idéologie intelligente et pertinente.

Mike Baron réussit sa mission de créer les spécifications d’une série mensuelle dédiée au Punisher, un individu tuant sans remord, et évoluant dans un monde sans superpouvoir (ou presque). Il mérite sa place dans l’histoire du Punisher, après Gerry Conway, John Romita senior et Ross Andru qui ont créé le personnage en 1974, Steven Grant & Mike Zeck qui lui ont insufflé une épaisseur tragique en 1986. Prochain créateur majeur dans le développement du Punisher : Chuck Dixon en 1992.

T'es coupable, t'es mort. © Marvel

T’es coupable, t’es mort. © Marvel

39 comments

  • David  

    Il y a eu une revue Punisher dans la collection Version Intégrale chez Semic qui n’a duré que 6 numéro et reprenant ces épisodes, de mémoire. Pourquoi Panini n’a jamais fait une Intégrale de cette série quand on sait combien le Punisher est apprécié ? Ça reste un grand mystère. Merci pour l’article, Présence.

    • Présence  

      Merci pour ce complément d’information car je n’avais aucune idée de l’état de la VF de ces épisodes.

      J’ai moi-même pris grand plaisir à me replonger dans ces épisodes à l’occasion de la sortie d’un Epic Collection. Je croise les doigts pour qu’arrive bientôt un Epic Collection pour le War Zone de Chuck Dixon & John Romita junior.

    • JB  

      Il y a également le RCM Echec au Caïd qui reprend les épisodes sur la lutte contre Fisk

  • Surfer  

    Des épisodes que je ne connais pas !
    Ils on l’air intéressants puisqu’ils semblent contribuer à développer le personnage et sa caractérisation.
    Tu parles de l’introduction de Microchip du van et de la logistique de combat.
    Rien que pour cela, ces épisodes méritent de figurer dans ma bibliothèque.
    On va attendre une éventuelle réédition.

    • Présence  

      Oui, la première série mensuelle, l’envol de la popularité de Punisher, et Mike Baron qui trouve le bon dosage pour le rendre viable, assez éloigné de l’univers partagé Marvel.

  • Nikolavitch  

    outre cette VI, Semic avait sorti les épisodes de Portacio dans un Récit complet, Echec au Caïd.

    • David  

      Tout à fait, Alex. Et après, on n’a pas dû avoir grand-chose avant le catastrophique Punisher ange de Wrightson dans l’écurie Marvel Knights pré-Ennis. Les épisodes de Jim Lee du Punisher War Journal ont été traduits ensuite par Panini dans un Marvel Best of mais le reste du Punisher des années 90 est inédit en France.

  • Nicolas  

    Beaux souvenirs de jeunesse, l’Essential en noir et blanc m’a vraiment fait aimer le Punisher. Comme quoi, pas de mauvais personnages, juste l’art et la manière de les faire vivre.

    • Présence  

      Pareil : Mike Baron avait un ton bien à lui dans son écriture, et savait faire fonctionner le personnage.

  • Eddy Vanleffe  

    Bon c’est une période du Punisher que je ne connaissais pas du tout à l’époque.
    premier constat c’est incroyable à quel point Klaus Janson pouvait se placer dans la continuité graphique de Miller sur DD…On peut voir d’ailleurs ce que doit le diable rouge à l’encreur.
    deuxième constat.Portacio, j’ai toujours autant de mal.
    Bravo pour ce panorama qui finalement donne pas mal envie.

    • Présence  

      La continuité graphique de Miller : à l’époque, je trouvais que Klaus Janson était fortement influencé par Miller, mais sans la force de ses prises de vue et de ses cadrages. Il m’aura fallu du temps (et la lecture du blog de Phil Cordier) pour mesurer l’apport de Janson.

      • Eddy Vanleffe  

        oui Phil Cordier…on peut y rester des heures… :)

  • Bruce lit  

    Alors question : Frank tente t’il de se suicider ? TIrer avec un lance roquettes à cette distance sur la couverture, c’est s’assurer de servir de soupe pour les rats…Pareil, il fait comment pour garder son équilibre au bout d’un ficelle sachant qu’il porte sur un bras une cinquantaine de kilos sans transpirer…

    Bon, j’ai lu ces épisodes et je n’arrive pas à entrer dedans : je pense que je déteste les dessins de cette époque, les couleurs, l’encrage. Tout me fait horreur, il n’y a que le DD de Romita Jr pour me convaincre.
    Je ne garde de tout ça que l’épisode avec DD qui effectivement est fabuleux.
    Finalement, je n’arrive à lire en Punisher proto Ennis, que la mini de Jim Starlin.

    • Présence  

      Il est vraisemblable qu’il y ait beaucoup d’affectif de ma part dans ces épisodes : Cercle de Sang, puis cette série incarnaient une évolution du personnage en direct, vers des histoires plus adultes, une maturation du personnage, en même temps que je grandissais.

  • Tornado  

    Ohlala ! Mais moi j’ai tellement envie de découvrir ces épisodes !
    Les planches le montrent bien : Influencé par Miller, pas de bulles de pensées, pas de slips en dehors du Punisher lui-même (dont cette version du costume est aujourd’hui très kitsch quand même)… C’est bon pour moi : Je guette, mais alors je guette VRAIMENT une intégrale Paninouille de ces épisodes ! (en espérant qu’ils mettent celui de Daredevil dedans parce qu’ils sont capables de ne pas le mettre…).

    @Présence : Toi qui es d’ordinaire amateur de runs d’auteurs, je jurerais presque que, pour le personnage du Punisher, tu es prêt à faire une exception, à savoir lire pour le personnage avant de lire pour l’auteur (encore que je pense que tu n’es pas prêt, quand même, à supporter celui de Bernie Wrightson ! :D ).

    • Présence  

      Version du costume aujourd’hui très kitsch quand même : avant de relire ces épisodes, j’avais le souvenir que Mike Baron affranchissait rapidement Frank Castle de ses gants blancs et de ses bottes blanches… mais en fait non. Il le fait dans la première histoire avec la tête de mort peinte sur un gilet pare-balle, puis il fait la concession avec les artistes de conserver le costume qui fait encore superhéros.

      Punisher : oui, à l’époque je lisais pour le personnage, et mon intérêt s’est émoussé avec sa dilution dans des projets de plus en plus farfelus. J’avais lu la minisérie illustrée par Bernie Wrightson, et je n’ai pour l’instant aucune envie de la relire (même pas une petite tentation :) … pour une fois). En ce moment, tu as raison, il y a une part de moi qui veut relire les principales étapes de son développement. Donc j’attends les premiers épisodes War Zone de Dixon & Romita. Mais quand même, malgré tout le bien qu’en a dit David, je n’ai pas envie de relire les épisodes Jim Lee & Carl Potts. Je dirais donc que c’est entre les deux : entre le goût pour le personnage, et entre les auteurs emblématiques.

    • matt  

      « Toi qui es d’ordinaire amateur de runs d’auteurs, je jurerais presque que, pour le personnage du Punisher, tu es prêt à faire une exception, à savoir lire pour le personnage avant de lire pour l’auteur »

      C’est pas exactement ce que tu fais aussi ?^^
      Moi aussi je fais pareil…mais en sens inverse : je fuis ce personnage^^
      Tu vois l’impression que ce personnage me laisse, c’est celle que je ressens devant un Death Wish 3. « Tuer tous les vilains c’est cool, tout ça, et vive les flingues. » On m’a dit 100 fois que c’est plus subtil que ça, mais j’y peux rien, chez moi le personnage est instantanément détestable. Si encore il en chiait, qu’il chialait parfois comme un Murdock ou Parker, qu’il ne prenait pas des poses cool avec des flingues, ça passerait mieux. La façon dont il est « iconisé » et présenté comme invincible, on dirait une mascotte de la NRA.

      • Tornado  

        Je pense que ma position est la suivante : Je vais rechercher une histoire sur un personnage que j’aime. Mais pas par n’importe quel auteur…
        Donc d’abord le personnage, mais ensuite aussi l’auteur. Je ne me risque plus, maintenant que j’ai « étudié » l’histoire des comics, à lire sans réfléchir à ce que je vais lire…

        • Présence  

          Mon critère de choix est surtout les créateurs, parfois un thème ou un genre littéraire particulier, et à de rares occurrences un personnage… sauf quand je souhaite élargir mon horizon de lecture.

      • Présence  

        @Matt

        Tuer tous les vilains c’est cool, tout ça, et vive les flingues. – Pour moi, le personnage du Punisher est dans la caricature, ou plutôt un fantasme : exterminer les méchants, les criminels, les ordures. En le voyant comme un fantasme, il m’est impossible de le prendre au premier degré. Mes convictions intimes est que tuer un individu représente un crime impardonnable, et que l’utilisation d’armes à feu ne résout rien. Je ne peux pas prendre au sérieux Punisher avec un bazooka : comme le fait remarquer Bruce, ça ne tient pas la route. Même imparfait, je préfère un système de justice constitué à une justice expéditive. Du coup Punisher devient pour moi un exutoire simpliste, mais très cathartique.

        • matt  

          Je comprends l’idée du fantasme.
          Comme dit Tornado, c’est cathartique, tout ça.
          Mais en fait ça marche pas chez moi. Pas avec un personnage iconique qui prend la pose. Je n’aime pas les personnages super forts qui se la pètent un peu. Et d’une certaine façon, ça te laisse penser que pour punir les méchants, il faut être un Terminator.
          Je préfère voir un Matt Murdock taper du méchant du coup. Il n’est pas parfait, il galère souvent, déprime.
          Castle est mort à l’intérieur, c’est une machine. Il n’a rien d’attachant ou d’admirable.
          Est-ce un moyen de ne pas le prendre au sérieux de le rendre super puissant et sans émotion ? Peut être. Mais chez moi ça le rend agaçant, en train de faire la leçon, de s’opposer aux héros qui ne veulent pas tuer.
          Il y a un truc qui ne colle pas dans tout ça. Pourquoi je serai du côté du mec qui est pour la peine de mort et se bat contre un Daredevil beaucoup plus humain ?

          En mode grosse parodie potache, je pourrais trouver ça drôle à la limite.
          Mais ces comics m’ont l’air bien sérieux.
          Et vu les convictions de certains américains vis à vis de la peine de mort ou de la libre circulation des armes à feu, je ne peux pas m’empêcher de voir le Punisher « sérieux » comme une glorification de leurs idées de merde.

          • Présence  

            Castle est mort à l’intérieur : oui, c’est aussi comme ça que je le ressens.

            En mode grosse parodie potache : il y a deux ou trois histoires comme ça dans Punisher Marvel Knights, mais c’est du Ennis qui n’est pas américain.

        • matt  

          Et puis un mec super fort qui punit facilement les salauds, ça donne l’impression que c’est facile.
          Si ça semble facile, en quoi c’est satisfaisant comme catharsis ?
          T’es plus content quand t’as réussi un truc difficile non ?
          Le Punisher devrait être un mec comme Murdock

          • Présence  

            Facilement : tout est relatif. Il encaisse beaucoup, à commencer par cette séance de torture avec un générateur électrique.

          • Bruce lit  

            @Matt
            Il existe une histoire qui te plairait : Punisher tue par erreur un car de groupe scolaire et sombre dans les remords. C’est la fameuse mini de Starlin non publiée en VF.

          • JB  

            @Bruce Tringale : Punisher: Ghosts of the Innocents. Le premier numéro (sur 2) finit avec Castle en position fœtale, hanté par les gosses dont il a contribué à provoquer la mort

          • Présence  

            La version courte pour Punoihser: Ghosts of Innocents

            Ces 2 épisodes contiennent une histoire correspondant à l’état de Punisher dans les années 1990, avant que Garth Ennis ne lui donne ses lettres de noblesse, mais après que Steven Grant, Mike Zeck, Steve Baron, Klaus Janson et Chuck Dixon en ait fait un anti-héros d’action particulièrement efficace et sans pitié. Sous réserve d’être conscient des caractéristiques de cette version, le lecteur découvre une histoire où Jim Starlin a insisté lourdement pour que Punisher soit dans un mode encore plus suicidaire et sans pitié que d’habitude. Tom Grindberg a réussi à digérer les influences des dessinateurs précédents, et se concentre sur la narration plutôt que sur les effets de posture, pour un récit rentre-dedans et rapide.

            La version longue

            https://www.babelio.com/livres/Starlin-The-Punisher–The-Ghosts-of-Innocents/1061110/critiques/1668546

  • JP Nguyen  

    J’ai lu quelques uns de ces épisodes en VF dans les revues SEMIC de l’époque… Même si je serais curieux de les relire, je pense que ma préférence, pendant cette ère révolue de Castlemania, irait au run de Carl Potts et Jim Lee dont j’ai toujours un article en jachère…

    • Présence  

      Castlemania : joli.

      Je suis très curieux d’un article sur les épisodes de Lee & Potts : je me demande si ça vaut le coup que je les relise.

      • PierreN  

        « Lee & Potts »

        Réédité d’un bloc (un tpb récent).

        • JP Nguyen  

          @Présence : ton commentaire m’a motivé pour terminer mon article. Je viens de l’envoyer au Boss. RDV la saison prochaine pour lire ma critique du run Potts/Lee !

          • Présence  

            Merci. Je suis allé consulter le recueil évoqué par PierreN : il comprend les épisodes 1 à 19.

  • Jyrille  

    J’adore la première légende. Simple, classique, mais ça marche toujours.

    Encore une fois, je salue tes capacités à présenter clairement de quoi il s’agit, de condenser autant d’informations, et également d’appliquer ta sensibilité de lecteur à l’objet.

    L’épisode 257 de DD est-il celui où l’on voit une case de l’article de JP sur les cases noires du diable rouge ? Car du coup je serai curieux de lire cet épisode version Punisher ! En y repensant, vu que je ne connaissais pas les épisodes de Nocenti avant, cet épisode particulier a sûrement servi de base pour la première rencontre entre DD et le Punisher dans la série Daredevil de Netflix, en début de saison 2.

    « à la gégène »… Tu mets du Audiard dans tes articles maintenant ? :D Je ne connaissais pas le mot « trémie », merci.

    Sur les trois premiers scans, j’ai l’impression de vraiment reconnaître Klaus Janson. Par contre les scans suivants font partie des types de dessin dont je ne raffole pas, question de goût. Peut-on avoir autant de muscles que ça (avant-dernier scan) ? ^^

    Et toujours pas de BO…

    • Présence  

      Merci Jyrille pour le gentil retour.

      Oui, c’est le même épisode 257 évoqué par JP Nguyen.

      Gégène : je suis allé vérifier, c’est un mot d’argot militaire. Il n’es donc pas spécifique à Michel Audiard.

      Les dessins suivants sont de Whilce Portacio, quelques années avant la création d’Image Comics, alors que Jim Lee et Rob Liefeld poussaient l’esthétique superhéros assez loin en termes de muscles. :)

      • Jyrille  

        Merci pour les précisions ! On peut ainsi dire que Portacio fait du proto Jime Lee ?

        • Eddy Vanleffe  

          ils partageaient un studio à l’époque je crois…
          ils partagent la partie graphique d’un épisode des X-Men; celui qui suit les pérégrinations de Gambit et Ororo redevenue enfant à la Nouvelle Orléans

          • Jyrille  

            Merci Eddy.

            Autre chose, toujours en pensant aux séries télé, si c’est la première apparition de Microchip, alors cela a aussi servi de base à la première saison du Punisher sur Netflix.

          • Présence  

            La création de Microchip : on peut supposer que la création personnage permettait d’avoir une 2ème personnage récurrent dans la série (parce que les criminels ne font pas de vieux os), et que ça permettait aussi à Mike Baron de tirer Punisher vers un peu plus de réalisme (toute proportion gardée) avec une personne s’occupant de la logistique.

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