Stranger King (Ça)

ÇA – Part 1, par Andrés Muschietti

Treeemblez, petits enfants…

Treeemblez, petits enfants…

Par : TORNADO

Cet article portera sur la première partie du film Ça, réalisée en 2017 par Andrés Muschietti, d’après le roman éponyme de Stephen King.

Nous avons déjà consacré un article entier, ici, à la figure de Stephen King et aux nombreuses adaptations cinématographiques et télévisuelles de son œuvre.
Si vous faites un détour par l’article en question, vous y trouverez un passage entier dédié au téléfilm en deux parties (éponyme lui aussi) réalisé en 1990 par Tommy Lee Wallace. Nous en reparlerons aujourd’hui quoiqu’il en soit, puisqu’il apparait évident que la comparaison s’impose entre les deux adaptations.

Grippe-sou : le clown le moins drôle du monde…

Grippe-sou : le clown le moins drôle du monde…

Qui ne connait pas encore Ça, le récit fondateur de l’œuvre de Stephen King aux accents autobiographiques égrainés sur pas moins de onze-cents pages ?
Le pitch est le suivant : A Derry (petite ville imaginaire de l’état du Maine que l’on retrouvera dans d’autres romans de l’auteur, notamment The Dreamcatcher), en 1958, le petit Georgie disparait mystérieusement alors qu’il était parti jouer sous la pluie avec le bateau en papier que lui avait fabriqué son grand frère Bill.
Après ce terrible événement, d’autres enfants semblent subir le même sort.
Un peu plus tard, nous retrouvons Bill et ses six amis de onze ans (ils sont en tout six garçons et une fille), surnommés « les sept ratés » puisqu’ils sont la risée des jeunes de leur quartier à cause de leur « différence » respective (l’un est le bègue, les autres sont le gros, le binoclard, le juif, le noir, l’asthmatique chétif et la perdue sociale, qui vit avec un père alcoolique). Tous ont rencontré le clown Grippe-sou à un moment ou à un autre. Ce dernier est en réalité un démon qui hante le réseau d’égouts de la ville, et qui prend l’apparence d’un clown afin d’attirer les enfants esseulés dans le but pur et simple de les dévorer…

Les sept ratés vont l’affronter et lui résister grâce à leur union (puisqu’il est entendu que c’est l’union qui fait la force), malgré toutes les tentatives de celui qu’ils surnomment « Ça » de les isoler, puisqu’il cherche à incarner leurs plus obscures frayeurs, afin de les dominer. S’ils parviennent à le vaincre cette année là, ils ne le tuent pas pour autant. Il est en réalité parti se terrer dans son antre, sous une vieille maison abandonnée, d’où il revient à chaque fois, tous les trente ans…

Dans la seconde partie, nous retrouvons les sept amis trente ans plus tard. Ils vivent tous dans des endroits différents, loin de Derry. Sauf Mike. Celui-ci entre alors en contact avec les six autres en leur demandant de revenir dans la ville de leur enfance afin de respecter leur promesse de se réunir de nouveau, au cas où « Ça » serait de retour…

Les sept ratés, amis pour la vie.

Les sept ratés, amis pour la vie.

Ce premier chapitre du film d’André Muschietti reprend la structure chronologique du roman de Stephen King en respectant le découpage du récit en deux parties distinctes. Ainsi, nous suivons les sept ratés l’année de leurs onze ans, contrairement au téléfilm de 1990 qui débutait avec les adultes et faisait des bons dans le passé sous forme de longs flashbacks. C’est à la fois une belle preuve de fidélité au niveau de l’adaptation, mais en même temps une certaine source de frustration puisque, comme nous allons le voir, cela signifie qu’il faut dire adieu au terme de la première partie à ce groupe d’enfants pour le moins incroyablement attachants…

Ça ne vous rappelle rien ?

Ça ne vous rappelle rien ?

Avouons qu’il était attendu, ce film. Les rumeurs d’une adaptation cinématographique à la hauteur du sujet circulaient depuis plusieurs années et plus d’un fan de Stephen King s’interdisait d’aimer le téléfilm de Tommy Lee Wallace en le brûlant sur l’autel du kitsch qui « fait même pas peur ».
C’est injuste car, comme nous l’avons vu dans l’article idoine, cette première adaptation était aussi bien écrite que réalisée, s’écoulant pendant trois heures qui semblaient n’en durer qu’une. Certes, elle souffrait du poids de l’âge et de sa forme télévisuelle, mais elle parvenait à retranscrire l’essentiel d’une œuvre fleuve aux multiples niveaux de lecture.

Il n’empêche que les puristes souhaitaient que le roman soit adapté en bonne et due forme, avec les moyens d’un blockbuster…

C’est au début de l’année 2017 que l’excitation est montée d’un cran : En pleine postproduction de la première partie, Stephen King en personne assiste à une séance privée et s’empresse de relayer son enthousiasme sur les réseaux sociaux en répétant à qui veut bien l’entendre qu’il faut être rassuré, car le film est d’ors et déjà une réussite !
Ce postulat déchaîne les passions et, plusieurs semaines avant la sortie, le long métrage se pare d’une superbe réputation quand personne encore ne l’a vu ! Mieux : il parait qu’il est « vraiment flippant » ! C’est en tout cas suffisant pour lui assurer le succès. Et je peux d’ailleurs témoigner que la salle était pleine à craquer lorsque je suis allé le voir, puisque des dizaines de spectateurs arrivaient en panique pour occuper les dernières places dans les coins !

Alors, je fais peur ou pas ?

Alors, je fais peur ou pas ?

Ainsi donc cette adaptation serait à ranger dans le simple « nouveau film d’horreur qui fait sensation » chez les ados en mal de frissons primaires ? Ce serait quand même dommage de se contenter d’un tel raccourci quand on connait la richesse de l’œuvre originelle ! Et à partir de là, j’ai presque envie de dire que la question de savoir si le film fait peur ou non, qu’est-ce qu’on s’en tape !

A l’origine, Ça est une magnifique histoire sur la difficulté de grandir, une parabole proprement géniale sur le long et tortueux chemin qui mène de l’enfance à l’âge adulte, le tout mâtiné d’une réflexion profonde sur la cécité de nos sociétés modernes quant à ce même sujet. Et puis, surtout, Ça est un condensé des thèmes récurrents qui jalonnent l’œuvre du King, que ce soit l’Enfance, la Peur de grandir, la Séparation entre le monde des adultes et celui des enfants, les Dissonances au sein de la cellule familiale, la Critique sociale par le biais de la vie dans les petites villes, la Maison maudite entant que réceptacle de la décrépitude des hommes, le Mal qui s’immisce dans le quotidien d’une bourgade, la Forêt comme métaphore de la peur de l’inconnu, ou encore la Fragilité de l’équilibre social américain, ils sont tous là.

Encore une maison maudite !

Encore une maison maudite !

Derrière cette malédiction qui s’abat tous les trente ans sur cette petite ville du Maine se cache donc, en substance, une redoutable parabole sur la Difficulté de Grandir, surtout lorsque l’on est différent. Il est ainsi montré que les habitants de Derry se détournent du mal lorsqu’ils le voient, notamment sous sa forme la plus anodine, préférant ignorer les vies objectivement sinistres de nos sept petits héros en laissant le mal s’immiscer dans les endroits où cela ne se voit pas trop (et les héros en questions n’échapperont d’ailleurs pas à la formule consacrée puisqu’ils seront eux-mêmes, pendant trente ans, soumis au même déni en oubliant leur propre passé !)…
Le démon en forme de clown incarne donc aussi bien la Peur de Grandir dans un monde cruel qui écrase les êtres un tant soit peu différents, que la Cécité d’une Société qui s’est détournée des valeurs humaines élémentaires que sont la bienveillance, l’altruisme, l’entraide et la protection du plus faible. En se réfugiant dans l’ignorance et l’aveuglement par pure lâcheté, les habitants de Derry ont ainsi laissé grandir le mal, qui a pris la forme d’un démon qui se nourrit des êtres les plus fragiles. « Ça » n’est en définitive que la matérialisation d’un mal domestique, tapi en chacun des habitants, qui s’abreuve à la source des maux les plus bénins, afin de grandir et de gagner en puissance à chaque nouvelle apparition chronique…

Je suis métaphore…

Je suis métaphore…

Sur la question de cette toile de fond, il convient de reconnaître que le film d’Andrés Muschietti, du moins dans cette première partie pourtant essentielle à ce niveau, rate un peu le coche. Tandis que le téléfilm de 1990 multipliait les plans mettant en scène des adultes refusant de voir le mal (au sens propre comme au sens figuré) s’emparer des enfants de leur entourage, cette nouvelle adaptation préfère développer l’affrontement qui oppose le démon aux « sept ratés », en alignant les séquences où le clown se transforme, matérialisant in fine leurs peurs les plus intimes. Ce parti-pris, certainement plus spectaculaire sur le principe, débouche sur une succession de plans qui finissent par devenir répétitifs, notamment lors du climax dans la maison maudite. Qui plus-est, la mise en scène regorge d’effets de jump-scare aujourd’hui tellement ressassés qu’ils en deviennent presque gênants, un peu comme si l’on tentait d’effrayer le public en lui ressortant sans cesse les mêmes formules d’épouvante.

Les tentatives de rendre le film effrayant incarnent en définitive le versant le moins réussi de cette nouvelle adaptation. Une recette usée jusqu’à la corde qui échoue à nous mettre mal à l’aise, surtout lorsque l’équilibre entre le fantastique (ce qui demeure hors-champ) et l’horreur (ce que l’on voit ouvertement) finit par basculer sous les effets d’une séduction consensuelle, à travers une esthétique gothico-féérique à la Tim Burton (je pense en particulier à cette vieille maison hantée d’où l’on s’attend presque à voir sortir Edward Aux Mains D’Argent), alors que l’on devrait trembler face à la matérialisation de nos tourments les plus malsains et insondables…

C’est dommage car la première scène du film évitait magistralement cet écueil avec une séquence viscérale aussi choquante qu’efficace, laissant présager une dimension horrifique sans concessions jouant sur les contrastes, entre la figure aimable du clown et la cruauté sans limites de ses actes meurtriers. Une ouverture impressionnante, hélas la seule à ce niveau de terreur…

Serait-ce du Tim Burton ?

Serait-ce du Tim Burton ?

Et pourtant, malgré ces défauts rédhibitoires, il est impossible de résister à ce film !
Le fait que les événements se déroulent désormais en 1988, et non plus en 1958 comme dans le roman ou dans le téléfilm de Tommy Lee Wallace, doit ainsi nous mettre la puce à l’oreille : A l’époque où était diffusée la première adaptation de Ça à la télévision, on sortait d’une décennie marquée par le cinéma de Steven Spielberg et les films d’ados à l’atmosphère magique et envoûtante. Et le Ça de 1990 était le dernier d’une série de films qui avaient brillamment glorifié l’amitié adolescente en la puisant à la source de formidables aventures romanesques. E.T. l’Extraterrestre , Les Goonies , Explorers et Stand By Me  étaient autant de films qui avaient marqué leur époque et toute une génération de jeunes ados, qui se reconnaissaient dans ces personnages en rêvant de vivre les mêmes aventures tout en frissonnant à l’idée d’affronter les mêmes dangers.

Cette nostalgie des années 80 et des films d’ados de cette époque bénie en la matière (on pourrait y ajouter la trilogie Retour Vers le Futur, d’autres adaptations de Stephen King telles que Peur Bleue, ainsi que moult films d’horreur dont il serait laborieux de dresser la liste) a donné lieu à quelques fulgurances, ces dernières années. Cela a démarré officiellement avec Super 8 , le chef d’œuvre de J.J Abrams. Mais ça avait commencé avant si l’on considère également un comic book comme Marvel 1985  comme un hommage à toute cette période. Mais c’est surtout la série TV Stranger Things qui aura achevé ce retour aux sensations d’il y a trente ans, et à la Spielberg/King Touch de l’époque en particulier. Car, oui, on le voit bien avec le recul, ces deux auteurs furent les grands manitous de la littérature et du cinéma fantastique des années 80 et, s’ils n’ont jamais vraiment collaboré (ils ont bien essayé –voir l’article sur Stephen King publié ici même- mais sans succès), leur personnalité respective a clairement pris de l’ascendance sur la culture populaire de l’époque. C’est ce postulat que l’on retrouvait dans Stranger Things, et c’est pareil dans cette nouvelle adaptation de Ça, qui fait la part-belle à cet univers estampillé 80’s.

A défaut de Super 8…

A défaut de Super 8…

La filiation entre Ça version 2017 et Stranger Things est d’ailleurs tellement assumée que l’acteur Finn Wolfhard, hier le jeune héros de la série TV phénomène, incarne ici Richie, l’un des sept ratés ! Et non des moindres puisqu’il interprète l’un des personnages les plus charismatiques de ce petit groupe d’ados pas comme les autres !

L’intention est évidente : Tout le sel de cette nouvelle adaptation réside dans l’interprétation sans faille et dans la caractérisation optimale des sept jeunes héros, tous plus formidables et attachants les uns que les autres (même si l’actrice Sophia Lillis, qui interprète la jeune Beverly, est bien trop belle pour nous faire croire qu’elle est l’une des sept ratés !). En ces temps de blockbusters désincarnés, il est précieux de retrouver une telle générosité dans l’écriture de personnages de fiction. Et c’est tout à l’honneur de cette adaptation que de rendre justice au matériau originel puisque c’est précisément sur ce créneau, à savoir la richesse et l’épaisseur des personnages, que Stephen King a toujours excellé entant qu’auteur.

Hier dans Stranger Things, aujourd’hui dans Ça…

Hier dans Stranger Things, aujourd’hui dans Ça…

N’y allons pas par quatre chemins : cette première partie de Ça version moderne, si elle n’est pas un chef d’œuvre de l’histoire du cinéma, est une très chouette variation de l’œuvre du King à la sauce Spielberg. Bien loin de sa réputation factice de nouveau film d’horreur à sensation, le film d’Andrés Muschietti (au passage brillamment rehaussé par une superbe bande son signée Benjamin Wallfisch) s’impose tout naturellement par sa filiation dans le domaine respectable du cinéma populaire familial, avec une pointe de gore et d’épouvante, quelques notes dépressives et, en contrepoint, une incomparable chaleur humaine communicative en droite ligne des années 80. Et c’est bien là qu’est le drame : Dans la seconde partie, comment allons-nous faire pour nous passer de ces formidables sept « Goonies » ? Leurs relèves adultes respectives ont intérêt à assurer !

Beverly : Tout le monde est amoureux d’elle (sauf Ça, évidemment…)…

Beverly : Tout le monde est amoureux d’elle (sauf Ça, évidemment…)…

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C’est Halloween ! Et quoi de moins pire que de le passer avec le roi de la peur : Stephen King et Ça nouvelle version de It ?  Notre spécialiste Tornado fait le point.

BO :  Vous avez aimé Stranger Things ? Alors vous reprendrez sans doute volontiers un peu de ce main thème estampillé 80’s qui ira très bien avec ce nouveau « Ça » fait du même bois !

28 comments

  • PierreN  

    J’ai beau être un grand fan du cinéma d’horreur des années 80 et des productions Amblin de Spielberg & co, je ne peut m’empêcher d’être un peu méfiant devant cette tendance du revival de la pop-culture 80′s (sur ce sujet-là, la toile de fond du prochain blockbuster de Spielberg s’annonce très intéressante, et en phase avec le zeitgeist/ère du temps, Kung Fury, Synthwave, etc…), marqué par cette volonté de frotter le fan dans le sens du poil pour mieux l’attirer dans ses filets.
    Mais bon ça ne date pas non plus d’hier, comme le montre les jeux vidéos GTA, dont certains reprennent l’esthétique clinquante de Scarface et Miami Vice.

    Le patchwork de références 80′s de Stranger Things me paraît être de loin une approche un peu stérile, et plutôt qu’un succédané nostalgeek, je préfère encore revoir les oeuvres originales (les films fantastiques avec des gosses façon Monster Squad). Le tapage médiatique autour de cette série ne me pousse pas non plus à franchir le pas. À force de devoir subir une promo gorgé de hype sur le net, cela donne plus envie de s’en détourner qu’autre chose.
    Aurait-on encore là un exemple de cette fameuse théorie du retour de balancier culturel tous les trente ans (la série B 50′s, et son cortège de sous-textes sur les monstres et la Guerre froide, qui réinvestit le cinéma de divertissement des 80′s, où encore la Brit-Pop des 90′s et son lien direct avec les prédécesseurs des 60′s) ?
    Navré pour le hors-sujet, et très chouette article au passage, qui me rappelle que Wallace n’est pas seulement le réalisateur du sous estimé Halloween 3 (le seul qui n’appartient pas au genre du slasher, et où Myers brille par son absence).

    • Jyrille  

      Je te rejoins sur bien des points, mais Stranger Things, au-delà du tapage fatalement fatiguant et de l’hystérie exagérée générée, est une bonne série pas prise de tête et très agréable à regarder. Je la suis avec mes ados, ce qui est la preuve de son appartenance à un cinéma familial, comme les Marvel que j’aime.

  • Patrick  

    Ah… Je dois dire que ton passage sur les Jump-scare m’a un peu refroidi ! Ceux-ci étant habituellement la marque de l’horreur bas de gamme et sans imagination… La peur a peu de frais en somme.
    Je ne sais plus où j’ai lu que le jump-scare pouvait être comparé à l’éjaculation précoce ! La tension se crée au fur et à mesure que le film avance mais si elle est libérée trop tôt par le Jump-scare -SplaaaAAAsh- toute la tension disparaît ensuite et donc la peur avec elle ^^ Il faut tout recommencer ensuite…
    Moralité le Jump-scare doit être manié avec parcimonie et légèreté.
    J’irais quand même voir ce film quand il sortira au Japon (dans 6 mois si c’est comme d’habitude) mais sans aucune impatience…

    @ Pierre : Halloween 3 (et sa musique synthétique épouvantable) est quand même un monument du kitsch non ?

    • Jyrille  

      Les films sortent aussi tard au Japon ?

  • JP Nguyen  

    L’adaptation des années 90, vue sur M6, elle avait réussi à bien me foutre les jetons… (oui, je suis impressionnable…)
    Alors, à partir de là, je crois que bon, je vais sagement passer au large (mes filles sont trop petites pour regarder et elles sont aussi froussardes que leur papa).

    Je suis assez circonspect sur le revival des années 80 auquel on assiste depuis quelques temps déjà… Je suppose qu’il faut rester bienveillant au-delà du cynisme et de la logique de pompe-à-fric qui est partiellement à l’oeuvre derrière tout ça.
    Positivons : vous imaginez, dans 20 ans, quand il y a aura un revival du Loft, des Anges de la Téléréalité, des Marseillais et des Chtis ?
    Ca, ça me fait vraiment frémir ! ;-)

    • PierreN  

      « Je suis assez circonspect sur le revival des années 80 auquel on assiste depuis quelques temps déjà… Je suppose qu’il faut rester bienveillant au-delà du cynisme et de la logique de pompe-à-fric qui est partiellement à l’oeuvre derrière tout ça. »

      Si cela peut permettre l’émergence de magazines comme Rockyrama et la ressortie de certaines oeuvres comme Amazing Stories (avec le packaging douteux du coffret dvd, conçu pour attirer les fans de Stranger Things), cette mouvance a aussi du bon parfois…
      https://www.youtube.com/watch?v=4MC1uyHBbWI

      • Tornado  

        La hype, par définition, c’est insupportable pour n’importe quelle personne qui essaie de voir 5 mn plus loin que le bout de son nez. Je pense que nous ne sommes pas concernés par le phénomène ici, même si nous ne sommes pas des intellos.
        Néanmoins, pour l’instant, ces créations estampillées « 80′s » (désolé mais je ne connais aucun des termes anglais que tu cites ! ^^) sont toutes réussies. Big Brother n’est pas encore venu tout bousiller malgré les moyens alloués…

  • Matt  

    « qui prend l’apparence d’un clown afin d’attirer les enfants esseulés dans le but pur et simple de les dévorer… »

    ça c’est un truc que j’ai trouvé bizarre dès que les premiers trailers du film sont sortis. QUI peut être attiré par un clown avec cette tronche ? Je ne suis pas un fan du premier « ça » que je n’ai jamais trouvé réussi, mais au moins le clown ressemblait davantage à un clown susceptible d’attirer les enfants. Et seulement de temps en temps sortait des dents pointues etc. Là le clown a tellement une gueule flippante que…quel intérêt ?

    Je pensais pourtant que dans le roman (que je n’ai pas lu) ça faisait aussi plein de flash back comme dans le premier téléfilm.

    Sinon autant je suis réceptif à la métaphore du film (mais que je pense plus pertinente dans le bouquin car je la trouve inexistante dans le premier téléfilm), autant le concept même d’un démon qui se change en plein de trucs pour faire peur, je trouve ça un peu ridicule. Je veux dire…si le but ultime du démon c’est de manger les enfants, pourquoi il s’amuse à leur faire peur ? N’aurait-il pas fallu expliquer qu’il se nourrissait des peurs par exemple ?

    Je ne suis pas sûr d’aimer le concept même de cette histoire. Certes je n’ai pas lu le roman mais le premier téléfilm, je le trouvais mauvais et mal joué (les enfants ça allait, les adultes non…et la fin est d’un ridicule tétanisant. Pas à cause de l’araignée géante mal foutue mais des acteurs qui essaient de la combattre à coups de lance pierres comme des gosses de 6 ans). Bref ça n’ai jamais marché sur moi.

    Mais du coup je pourrais être tenté par le remake puisque l’original, je ne l’aime pas. Après voilà, pas sûr que cette histoire de King soit une de celles qui fonctionne sur moi. Je dois même dire que je trouve les quelques extraits que j’ai vu avec le clown qui se tortille pour faire peur assez comiques. C’est en effet cette manie des jump scare qui deviennent assez risibles maintenant.

  • Bruce lit  

    @Matt : ahaha…tu as l’esprit toujours aussi rationnel. On attend la réponse de Tornado sur ce coup-là !
    Je suis d’accord : j’ai toujours trouvé le clown de ça plus que flippant mais moins que celui de McDonald. Se pourrait’il qu’il y aurait une relation de cause à effet ? Le plus flippant étant involontairement le loge de KFC sans doute le plus sinistre de l’univers.
    Concernant le bouquin, je ne l’ai jamais lu les romans cale-armoire me faisant toujours fuir même si je ne suis pas contre lire un pavé de temps à autre, la concision me sied d’avantage. Le téléfilm : je me rappelle avoir vu ça sur la 6 quand la chaîne était au sommet de sa gloire avec X-Files notamment. Je n’en ai gradé qu’un très vague souvenir d’un truc assez mal joué dont je ne me rappelais plus l’article, les adaptations de King tendant à se ressembler au fil du temps.
    Du coup, non seulement ton article m’a affranchi la mémoire et m’a aussi persuadé de voir ce film dès que possible. Le concept des enfants-adultes me rappelle celui de 20 century boys de Naoki Urosawa. L’appel à l’empathie et la bienveillance me semblent d’ailleurs commun à ces deux auteurs comme tu le mentionnes dans ton papier.

    Le scan des enfants à vélo : je n’ai pas bien compris à quoi ta légende faisait allusion ? ET ?

    Une collaboration entre Spielberg et King : malgré beaucoup de points communs, je ne suis pas sûr que la sauce prenne entre les deux géants. J’attends toujours Spielberg sur la suite de TIntin par contre, 6 ans ça commence à être long !

    Stranger Things : qui veut me faire un article là-dessus ?

    • Tornado  

      @Bruce : Oui, on dirait un plan directement repris sur une scène de E.T.

  • Matt  

    Bah disons que pour moi, vouloir rendre le film plus flippant n’est pas forcément une bonne idée. Et Tornado le dit aussi « qu’est-ce qu’on s’en tape ? » Du coup pour moi le maquillage flippant du clown est un peu idiot car son objectif premier d’attirer les enfants tombe à l’eau. Il est con le démon ou quoi ? On n’attire pas en faisant peur^^ Sauf encore une fois s’il se nourrit des peurs et que ça le rend plus fort. ça expliquera d’ailleurs pourquoi il fait le pitre pour faire flipper les gosses. S’il voulait juste les bouffer, qu’est-ce qui l’empêche de se changer en mec normal, de kidnapper les gosses par la force et de les manger ?
    Le concept de fond, au delà de la métaphore, se doit aussi d’avoir un sens. Je n’ai pas lu le roman mais il parait qu’il y a aussi une histoire de gardien tortue géante issu de l’univers de la tour sombre qui serait l’adversaire de It ou je ne sais quoi…ça vire en lutte entre démons anciens faisant référence à l’univers de King. Mouais…je me dis juste que si la force d’un récit c’est l’histoire des enfants et la métaphore sur la peur de grandir, c’est pas la peine de partir en gros truc de fantasy compliqué.

  • Matt  

    Ce que je reproche aux films d’horreur américains c’est le fait de toujours se reposer sur la musique qui fait sursauter pour les jump scare et les maquillages effrayants comme ce clown moche. Parce que les jump scare ça a pris un coup de vieux et les maquillages, on trouve les mêmes dans le rayon « halloween » à la foirefouille. L’important c’est la mise en scène. Ne pas faire peur avec un visage, mais une situation.

    C’est ce que j’apprécie, par exemple, dans l’horreur asiatique et leur façon de jouer davantage sur le silence, l’étrangeté d’une situation ou des mouvements d’un personnage plutôt que sur un personnage avec un visage effrayant qui fait « bouh ! »

  • Présence  

    J’ai lu le livre il y a bien 30 ans, et je n’en ai gardé aucun souvenir. Cet article m’a permis de découvrir le terme de jump-scare.

    Je suis très impressionné par l’analyse comparative entre le thème principal du roman, et la manière dont les 2 cinéastes l’ont transposé et adapté. C’est très enrichissant de voir comment les réalisateurs peuvent inclure une touche d’auteur en déplaçant le curseur des composantes du roman, vers l’horreur visuelle, ou vers les manifestations de l’empathie.

  • Tornado  

    Tout comme Présence, j’ai lu le roman il y a très longtemps et il est difficile de recoller les morceau. Je me souviens qu’il s’agissait d’une édition en 2 tomes et dans mon souvenir il y avait 1) l’enfance, 2) l’âge adulte.
    J’ai entretemps racheté une version intégrale et je n’ai pas encore eu le temps de la lire à cause de toutes ces XXXXXX de BDs qui dorment sur mes étagères…
    En écrivant l’article, j’ai feuilleté cette intégrale et le roman est divisé en quatre grosses parties distinctes.

    Le clown de l’histoire se nourrit effectivement des peurs qui fait naitre chez les enfants. Ça le rend plus fort, et inversement il s’affaiblit s’ils n’ont pas peur de lui. Je me rends compte que je n’ai pas été assez précis sur ce détail dans mon article, notamment lorsque j’écris « dans le but pur et simple de les dévorer », car en définitive on ne sait pas trop ce qu’il fait de ces enfants que l’on retrouve à l’état de cadavres dans son antre. Peut-être que justement, il ne se nourrit que de leurs peurs. Je me rattraperai pour l’article sur le deuxième film en essayant d’être plus précis sur ce point…

    La gueule du clown ici fait-elle trop peur ? Alors là c’est du détail dont je me fous tellement que je ne l’ai même pas remarqué ! :D Franchement, ce genre de détail, dans un film fantastique, je n’y accorde aucune importance.

    • Matt  

      Ah ok c’est bien déjà. Je ne savais pas qu’il se nourrissait des peurs. ça paraît plus logique déjà.

      Pour l’apparence du clown…bah je ne dis pas que ça fout en l’air le film, mais si c’est pour attirer les gosses, y’a mieux quand même comme visage^^ Je trouve, sans en faire tout un plat, que c’est symptomatique de cette conception du film qui DOIT faire peur. Du coup même le clown censé attirer les enfants, on le rend flippant. Histoire que le célèbre clown populaire sur lequel toute le com du film est basée ne fasse pas trop mignon. Des fois que ça ne ferait pas sérieux.
      Je trouve juste ça dommage en fait. Les gens qui ont peur des clowns n’ont pas peur d’un clown zombie aux yeux arrachés ou je ne sais quoi…mais juste d’un clown normal et de son visage faussement joyeux.

      Enfin bref. Sinon je reste méfiant parce que ça parait difficile de s’intéresser à ce film sans la 2eme partie dont on ne sait rien encore. Et comme je l’ai dit, je me questionne sur la manière dont va être adapté cette histoire de démon araignée géante et de tortue géante gardien millénaire de je ne sais quoi…

    • Matt  

      Sinon j’ai un ami qui était en train de lire le bouquin qui me disait que ça n’arrête pas d’alterner entre le récit des adultes et des enfants. Avec des flashbacks.

      Et un extrait d’un site qui parte des différences entre le film et le roman :

      The Time Period

      The most immediate difference between the novel and the film is the time period. In King’s book, the action is set between 1984-1985, when the Losers Club are adults. Throughout the book there are numerous flashbacks to 1957-1958, when Bill’s younger brother, Georgie, is murdered and the gang take on Pennywise for the first time.

      But the film, perhaps banking on the wave of ’80s nostalgia triggered by “Stranger Things” (which also stars Finn Wolfhard), has the young Losers Club growing up during the 1980s, complete with New Kids on the Block jokes and nods to “Batman” and “Street Fighter.”

  • Tornado  

    Ah ben voilà… J’ai écrit un article truffé de couillonnades…

    • Matt  

      Mon intention n’était pas de te le faire remarquer. Juste de préciser.
      Après encore une fois, je ne connais pas le roman, mais je me dis que la structure en flashbacks doit quand même ôter une part de suspense, non ? Je veux dire…techniquement si les persos sont adultes, on sait qu’il ne peut rien leur arriver de fatal dans les flashbacks.

  • Tornado  

    Encore un détail… ;)
    N’empêche je regrette de ne pas avoir eu le temps de relire le bouquin. Ça m’aurait vraiment permis de comparer l’oeuvre d’origine avec les adaptations de manière plus sérieuse. Mais bon, ça reste un blog. Bruce ne va pas me mettre à la porte pour si peu… :D

    • Matt  

      Béh j’suis peut être chiant mais tous ces détails pour moi ça change l’effet que le film peut avoir sur moi. SI on veut me faire peur pour les personnages et ce qui peut leur arriver, ça ne marchera pas avec des flashbacks. Imagine un slasher ou tu vois les persos en pleine forme raconter leur aventure quand ils ont croisé un tueur fou. Tu sais déjà que personne ne va crever.
      Enfin c’est pas forcément le but du film de nous faire craindre pour la vie des persos. Je l’ai pas vu moi, je réfléchis juste à des trucs. Peut être que c’est mieux de ne pas suivre la forme narrative du bouquin pour le coup.

  • Jyrille  

    Tu m’apprends que ce film est en deux parties. Je ne l’ai pas vu (alors que Zoé oui) mais tu me donnes furieusement envie de le voir, surtout que j’aime bien ce revival des années 80. Ton article est splendide et on sent bien tout l’amour que tu portes à cette vision nostalgique de l’aventure adolescente de notre enfance. Je regarde Stranger Things avec mes ados, cela ne fait jamais peur et c’est très sympathique mais je ne la porterai pas aux nues, même si j’accroche plus à cette série qu’à Super 8.

    Tu as sans doute raison pour tout le reste car tout le monde me dit du bien de cette adaptation. J’ai beaucoup aimé ta liste des thèmes favoris de King, c’est tout à fait ça.

    Quant à la peur, je crains que ce ne soit plus possible désormais, celle-ci ne peut être que psychologique, comme la violence de Walking Dead ou de Games of Thrones. L’épouvante au cinéma ne pourra que se répéter…

  • Tornado  

    Qui sait… Le propre de l’artiste, parfois, est de surprendre là où on ne l’attend pas !

    Je ne porte pas non plus « Stranger Things » au nues (même si j’ai beaucoup aimé). Mais « Super 8″, par contre, oui (alors que je ne l’ai pas aimé du tout la 1° fois) !

    • Jyrille  

      Bon bon ok je devrai revoir Super 8 :) Je semble plus attiré par cette adaptation de Ca cependant car vraiment la photo a l’air superbe.

  • Tornado  

    « Super 8″ est davantage une oeuvre-somme (là où la nouvelle adaptation de « Ça » est surtout un blockbuster familial bien foutu). Un pic dans la création de J.J. Abrams. J’en ai écrit l’article ici-même, remember ? :)

    • Jyrille  

      Oui oui je m’en souviens ;)

  • Jyrille  

    Je viens de voir le second épisode de la saison 2 de Stranger Things et il y a un peu de Spielberg quand il fait La guerre des mondes et de Lovecraft dedans (une sorte de Cthulhu apparaît).

  • Tornado  

    Tu regardes déjà la saison 2 ??? Pfiou, j’y suis pas encore… :(

    • Jyrille  

      L’avantage d’avoir des ados ;)

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