Tellement différents et tellement humains (Astro City)

Astro City 12 – Lovers quarrel par  Kurt Busiek & Brent Anderson

Amoureux au boulot

Amoureux au boulot©Vertigo

AUTEUR : Présence

VO : Vertigo

VF : /

En 1995, Kurt Busiek (scénario), Brent Anderson (dessins) et Alex Ross (conception graphique) lancent une nouvelle série de superhéros : Astro City, indépendante de tout autre univers partagé. L’ambition de Kurt Busiek est de développer une ville avec des quartiers reconnaissables, et de raconter des histoires de superhéros dans lesquelles la dimension humaine est prépondérante.

Ce tome fait suite à Private lives (épisodes 11 à 16) qu’il n’est pas nécessaire d’avoir lu avant. Il comprend les épisodes 18 à 21, 23 et 24, initialement parus en 2015, écrits par Kurt Busiek dessinés et encrés par Brent Anderson, avec une mise en couleurs d’Alex Sinclair, et des couvertures d’Alex Ross. Ce tome comprend 2 histoires indépendantes.

– Episodes 18 à 21 – ça faisait 45 ans que Black Rapier exerçait le métier de superhéros et le temps est venu pour lui de mettre un terme à sa carrière. C’est ce qu’il explique devant une assemblée de ses pairs, en indiquant que même le sérum qui le maintenait jeune a ses limites. Après avoir écouté le discours, Crackerjack (Eugene Wallace) et Quarrel (Jessica Taggart) rentrent chez eux, en intervenant pour mettre un terme à un cambriolage en cours de route. Eux non plus ne sont plus tout jeunes, et la question de l’avenir s’impose à eux.

Les adieux d'un superhéros à la communauté

Les adieux d’un superhéros à la communauté©Vertigo

Jessica Taggart repense au chemin parcouru, depuis sa jeunesse dans une humble maison de l’Est du Kentucky, élevé avec ses frères par leur père Doolittle Taggart (premier Quarrel du nom) jusqu’à son arrestation, et à sa relation tumultueuse avec Eugene Wallace, la découverte de la véritable source d’argent de son père, les relations avec le groupe de superhéros Honor Guard, et plus particulièrement avec M.P.H. (Michael Hendrie).

Kurt Busiek l’a dit et répété : les histoires de superhéros peuvent s’apparenter à un genre (comme le polar, le roman à l’eau de rose, la science-fiction) avec lequel il est possible de raconter toutes sortes d’histoire, aux thématiques diverses et variées. En abordant ce nouveau tome d’Astro City, le lecteur se demande bien quels seront les thèmes développés par l’auteur. La séquence d’ouverture place le récit sous le signe de la fin de l’exercice d’un métier (celui de superhéros), de la fin d’une carrière parce que l’individu n’a plus les compétences requises, en l’occurrence des capacités physiques qui vont en s’amenuisant (à commencer par les réflexes).

Panser ses blessures

Panser ses blessures ©Vertigo

Le mode narratif de Kurt Busiek aborde ce thème de manière réaliste. Les superhéros existent, ils ont pour vocation d’arrêter les criminels disposant de superpouvoirs et de mettre fin à toutes sortes d’invasion, de type extraterrestre ou extradimensionnel. Ils peuvent disposer d’une identité secrète ou pas. à partir de ce postulat de départ, les récits d’Astro City respectent les conventions du genre en la matière : superpouvoirs pyrotechniques, combats physiques, exploits, altruisme, costumes moulants plus ou moins colorés. Sur ces bases, le scénariste parle de ce que bon lui semble. Ici il s’agit du constat effectué par des individus entre 40 et 50 ans qui sont confrontés à la réalité de leur âge. Ils ne sont plus à la hauteur dans les combats physiques, ce qui les met en danger.

Une autre particularité de la narration de Kurt Busiek est de ne pas se vautrer dans le pathos, dans les lamentations, ou les regrets stériles. La vie continue, il faut faire avec. Le lecteur voit donc 2 superhéros effectuer leur boulot de combattre les supercriminels, et il a également le droit à l’envers du décor. Ils sont à la fois archétypaux, et à la fois uniques dans leur histoire personnelle. Busiek invite le lecteur dans l’intimité de 2 individus, dans leur construction personnelle, dans leur relation unique et pas très conventionnelle. En 4 épisodes, le lecteur a fait connaissance avec 2 individus à la forte personnalité façonnée par leur milieu, par leur vécu. À l’opposé des superhéros industriels figés dans leur canon, ou d’histoire d’aventure avec des superhéros à la personnalité interchangeable, il s’agit de 2 personnes dont les actions découlent de leur histoire.

Moment de détente à la maison

Moment de détente à la maison ©Vertigo

L’air de rien, Kurt Busiek montre une relation de couple sortant de l’ordinaire dans laquelle chacun des 2 partenaires vit sa vie, recherche son équilibre, tout en bénéficiant de cette relation mutuelle. L’auteur réalise une description de couple sensible et intelligente, sortant des clichés du genre, sans romantisme exagéré, sans sentimentalisme, sans lunettes roses. Il montre aussi 2 professionnels qui s’adaptent à leur prise d’âge, pour mettre à profit leur savoir-faire et rester dans la course. Sous les costumes hauts en couleurs, il y a 2 personnes attachantes, dans leurs différences, dans leurs caractères, dans ce qui les unit, et dans leur respect l’un pour l’autre.

De la même manière que Kurt Busiek raconte son histoire en douceur, Brent Eric Anderson évite d’être trop agressif. C’est une véritable gageure quand on œuvre dans le genre superhéros dont l’un des attraits principaux est d’en mettre plein la vue, et pourtant ça marche. Comme le scénariste, le dessinateur respecte les conventions du genre, à commencer par les costumes colorés (celui de Crackerjack, blanc, rouge et vert), ou ceux conçus pour inspirer la crainte (l’armure plus sombre de Quarrel, verte et noire). Les acrobaties entre les buildings accrochés à un filin relèvent de la voltige gracieuse. Anderson s’amuse avec l’apparence du grand criminel Gormengast, en piochant dans les caractéristiques visuelles de Jack Kirby. Il évoque aussi Neal Adams par quelques poses des personnages. Comme pour Busiek, il ne s’agit pas de plagiat, mais de citations respectueuses, intégrées de manière naturelle à la narration.

Un conquérant extraterrestre de plus

Un conquérant extraterrestre de plus ©Vertigo

L’artiste se plie à l’obligation de dessiner de la technologie d’anticipation. Elle n’est pas très détaillée, mais elle n’est pas passepartout non plus. Il y a assez de détails pour que les bidules dessinés semblent fonctionnels. Il met en scène les différents superhéros lors des confrontations de groupe, ou lors des réunions avec l’équipe Honor Guard. À nouveau, Anderson reproduit les stéréotypes propres aux superhéros (celui avec une supervitesse, celui issu de la mythologie égyptienne), tout en conservant les spécificités des superhéros d’Astro City (à commencer par la prévenance compassée de Samaritan).

En dehors du monde des superhéros, l’artiste dessine ses personnages avec des proportions réalistes, dans un monde à l’apparence prosaïque, sans être fade. Lorsque que le récit évoque l’enfance de Jessica Taggart, les dessins montrent une maison modeste, mais spacieuse, à l’écart de la ville, au milieu des arbres, avec un pneu pour balançoire. Les enfants de Roscoe Taggart sont en pantalons de toile ou en salopette, les pieds nus. Il n’y a pas de sentimentalisme jouant sur le misérabilisme, juste la description d’un ordinaire sans superflu. Anderson dessine des vêtements divers et variés, adaptés aux circonstances et à la condition sociale des personnages.

Une bonne vieille base sous-marine

Une bonne vieille base sous-marine ©Vertigo

Dans le civil, les individus ont des gestes normaux, sans emphase particulière. Le lecteur se retrouve ravi d’être aux côtés de Jessica et Eugene, attablés dans leur salon, en train de les regarder manger une pizza avec une bonne bière, comme s’il était en train de la partager avec eux. Ailleurs, il s’assoit dans un fauteuil d’une maison de repos proprette, sans afféterie, en face d’une personne âgée venant d’écarter son déambulateur pour tailler la bavette avec son visiteur. Anderson sait rendre compte de ce moment banal, avec sensibilité, sans misérabilisme ou condescendance. C’est également une preuve de la richesse et de l’ouverture du récit que d’intriguer avec une telle adresse une séquence totalement improbable dans l’ordinaire des comics Marvel ou DC.

Une fois de plus le lecteur adulte ressort enchanté de ce tome d’Astro City. Kurt Busiek et Brent Anderson lui ont raconté une histoire sans effets de manche, évoquant une phase difficile à négocier de l’existence humaine, celle ou les quadragénaires ou quinquagénaires font le constat de la diminution de leurs capacités physiques, où ils doivent réévaluer leur existence, en tirer les conséquences. Ce thème est abordé en respectant toutes les conventions les plus délirantes des comics de superhéros (criminels mégalomanes, superpouvoirs pyrotechniques), sans une once de moquerie ou de mépris. 5 étoiles.

Les couvertures imparables d'Alex Ross

Les couvertures imparables d’Alex Ross ©Vertigo

– Épisodes 23 & 24 – Sticks est venu à Astro City auditionner pour un poste de batteur dans un groupe de rock. Alors que son audition démarre, un feu se déclare dans un bâtiment voisin. Il sort dans la rue et utilise ses capacités un peu particulières pour sauver 3 personnes encore coincées dans le bâtiment. Quand il revient pour terminer son audition, tout le monde est parti et elle semble bel et bien annulée. Toutefois, les membres du groupe sont encore là et ils lui proposent de venir crécher chez eux, en attendant qu’il se trouve un appartement. Sticks est un gorille doté de conscience et de parole.

Dès les premières pages, le lecteur se remémore cet épisode exceptionnel qui mettait en scène Loony Leo, un personnage de dessin animé à la forme de lion, vivant dans la réalité quotidienne d’Astro City (voir l’épisode 13 dans Family album), avec une personnalité évoquant celle d’Humphrey Bogart. Bien sûr dès qu’il voit un gorille doté de conscience, le lecteur pense à Gorilla Grodd (ou à Solovar), un personnage récurrent de la série The Flash (Barry Allen, DC Comics). Mais il sait que ce gorille parlant sera unique, car si Kurt Busiek ne cache pas ses inspirations et aime faire des hommages, ses créations restent très personnelles.

New York, euh non Astro City et le club de Loony Leo

New York, euh non Astro City et le club de Loony Leo ©Vertigo

Effectivement, l’histoire personnelle de Sticks n’a en commun avec celle de Gorilla Grodd, que de provenir d’une cité cachée des humains. Pour le reste son histoire et ses aspirations sont uniques et spécifiques. À nouveau Kurt Busiek s’empare d’un cliché des comics de superhéros (des années 1950 même) et en fait un personnage avec une belle profondeur psychologique. Il ne joue pas sur le fait que sous une apparence d’animal se cache un cœur d’or (ce n’est pas Hank McCoy), il montre plutôt que les aspirations de Sticks sont contrariées alors qu’il reçoit toute l’aide qu’il peut attendre.

À nouveau Busiek évite le sentimentalisme et insère un humour gentil et affectueux, sans une once de niaiserie. Le lecteur sourit de bon cœur quand Sticks laisse ses pensées vagabonder, en étant sur le toit d’un immeuble et qu’il est interrompu par quelqu’un lui demandant si ce toit est pris (ou réservé). C’est de l’humour 100% superhéros, mais également plein d’empathie et de respect pour le personnage.

Un conseil d'un superhéros avec de l'expérience

Un conseil d’un superhéros avec de l’expérience ©Vertigo

Comme d’habitude, le scénario de Busiek exige d’Anderson qu’il maîtrise toute sorte de scènes. Cela commence par le vaisseau flottant de la First Family survolant la foule, un moment évoquant les Fantastic Four faisant de même à bord de leur Fantasticar. Puis on passe à des musiciens de rue avec des percussions sur des bidons en plastique, pour continuer par un dessin de batterie en pleine page, avec Sticks s’apprêtant à donner le rythme.

L’attention portée au détail par Anderson se voit aussi bien dans le modèle de chaises en plastique présentes pour l’audition, que dans l’architecture de la cité des gorilles, ou encore dans l’enseigne avec l’effigie de Loony Leo. Sa science de la posture et du langage corporelle apparaît aussi bien dans la position détendue des musiciens dans leur colocation, que dans l’intérêt que portent les jeunes superhéros de Reflex 6 à Sticks. Son humour discret lui permet de faire croire à la possibilité du costume suranné de Sticks en fin d’histoire, avec une forme d’humour discret et bienveillant.

Cette deuxième histoire est aussi merveilleuse que la première, les auteurs réussissant le portrait touchant d’un individu hors norme, n’ayant aucun espoir de passer pour normal, et dont les 2 domaines de compétences (superhéros / musique) semblent irrémédiablement irréconciliables. À nouveau ils proposent au lecteur un récit dans lequel le personnage principal apprend à vivre avec ses caractéristiques, à changer, à trouver sa voie.

Ceci n'est pas les 4 Fantastiques

Ceci n’est pas les 4 Fantastiques ©Vertigo

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La BO du jour : la vie grouille dans Astro City. Comme dans celle des Lovin’ Spoonful :

36 comments

  • PierreN  

    À chaque fois que j’entend ce morceau, je ne peut m’empêcher d’avoir en tête l’intro de Die Hard With a Vengeance.
    Étrangement, alors que cela ne me gêne nullement de lire des runs longs s’étalant sur plusieurs centaines de numéros, je n’ai jamais entamé cette série, peut-être tout simplement parce qu’elle s’étale sur plusieurs volumes distincts. Ce qui m’attire le plus ce serait plutôt les histoires auto-contenues, et notamment l’épisode 1/2 qui a très bonne réputation.

    • PierreN  

      Après Ka-Zar, God Loves Man Kills, et Strikeforce Morituri, c’est appréciable de voir que part le biais de cette série durable, Brent Anderson a maintenu une présence régulière au fil des ans, contrairement à certains grands dessinateurs des 80’s qui ont un peu disparu des radars (Mike Zeck qui ne fair plus trop d’intérieurs, Paul Smith qui vient faire un épisode une fois de temps en temps quand il a besoin de carburant pour sa moto).

      • Présence  

        Je ne peux que chaudement te recommander tous les tomes d’Astro City. Patiemment d’année en année (avec quelques interruptions temporaires), Kurt Busiek a construit un univers partagé où il fait bon séjourner. La continuité est assez lâche pour ne pas devenir un obstacle à la lecture, car elle ne constitue jamais un élément clef de l’intrigue. Les personnages sont tous individualisés et disposent d’une histoire personnelle. La condition humaine est cœur de chaque récit.

        En prime, Kurt Busiek maîtrise les conventions du genre superhéros comme peu de scénariste. Il en a une compréhension née d’une lecture extensive de comics DC et Marvel, avec le recul nécessaire que fournit la réflexion et la distance qui vient avec les années. Du coup, l’amateur de superhéros avec quelques années de lecture au compteur ressent que l’auteur s’adresse à lui dans sa langue, avec les éléments spécifiques de sa culture.

        Lire un épisode d’Astro City réchauffe toujours un peu le cœur car Kurt Busiek nourrit ses récits d’un humanisme positif, sans pour autant oublier les tragédies de chaque vie.

        Longue vie à Astro City !

        • Bruce lit  

          Quel plaidoyer !
          Bien entendu Panini a édité deux ou trois volumes en français et puis laissé tomber l’affaire. Dommage. J’avais beaucoup aimé l’histoire avec l’homme de glace sortant de prison.
          Tout ce que tu dis sur la science ès Busiek des super héros est vrai. C’est du super héros dans ce que les codes ont de mieux à proposer. C’est peut être un chouia bavard. Et surtout les dessins un peu gras de Enderson ou les couleurs, que sais je, n’ont jamais retrouvé la maestria de Dieu Crée, l’homme détruit.
          Mais il est vrai que l’ambiance n’est pas la même non plus.

          • Présence  

            Parfois, je ne suis pas certain de comprendre ce que tu attends d’un comics de superhéros. Voilà un auteur qui en maîtrise les conventions à un niveau expert, et qui s’en sert comme une histoire de genre pour aborder des thèmes qui lui tiennent à cœur, avec une sensibilité humaniste chaleureuse sans être naïve. Que demander de plus ?

          • Bruce lit  

            Ben euh…je viens de dire que c’était un peu bavard mais vachement bien ! Tout comme Sandman dont je ne taris pas d’éloges non plus.
            ASTRO CITY C’EST BIEN 😉

  • Tornado  

    Les 5 premiers tomes ont été publiés en VF. Le problème est que les 3 premiers ont été publiés chez Semic par souscription, et qu’ils sont aujourd’hui très difficiles à dénicher. J’ai réussi à les avoir, mais je ne sais même plus comment.
    En tout cas, le peu que j’ai lu de cette série m’a bien plu. C’est un peu lent, comme d’habitude avec Busiek. Mais c’est très bien écrit et les personnages sont très attachants. Du très bon super-héros adulte. Une denrée devenue rare.

    • Présence  

      Je suis effectivement prêt à défendre bec et ongle Kurt Busiek et sa série Astro City, dans le registre du superhéros adulte. En plus, il a trouvé le bon équilibre entre des récits autocontenus, parfois en 1 épisode, et les avantages d’un univers partagé que le lecteur n’a pas à connaître jusqu’au bout des ongles. Kurt Buesiek forever !

  • Matt  

    Bon…désolé de ne pas avoir grand chose à dire mais malgré les qualités énoncées et ton article toujours instructif, je n’ai aucune envie de m’intéresser à cette série. Pour plein de raisons : c’est long, partiellement publié chez nous, et j’avoue ne pas avoir vraiment envie de lire du super héros en dehors de ceux que je connais. Je vais faire une exception pour Authority et Planetary, et peut être Harbinger parce que c’est court, mais comme je n’ai pas forcément envie de suivre 50 équipes de héros, c’est finalement une raison de plus pour ne pas encore ajouter cette série.. Je ne tiens pas à avoir que du super slip dans mes étagères, même en dehors de Marvel.

    • Présence  

      Long + partiellement publié – Ce sont des arguments que j’entends sans problème. Le premier n’est pas entièrement valide puisqu’en fait la série se compose d’histoires complètes, uniquement reliées entre elles par le fait qu’elles se déroulent dans un univers partagé. Par contre, l’indisponibilité en VF est un obstacle infranchissable, et l’écriture très personnelle de Busiek semble condamner la série à un public restreint, pas peut-être assez nombreux pour qu’Urban tente de se lancer dans une édition VF.

      Je comprends aussi l’envie de lire autre chose que du superhéros, et donc de se limiter dans le nombre d’univers partagé de ce type. Il y a tellement d’autres choses à lire, et si peu de temps.

  • JP Nguyen  

    J’aime bien l’univers d’Astro City et l’écriture de Busiek mais le concept en lui-même a ses limites. Même s’ils sont développés, les personnages restent très référencés. Parfois, j’ai l’impression de lire un What if où les noms ont été changés.

    Ceci, j’avais bien aimé Tarnished Angel et je me replongerais bien un de ces jours dans cette ville fictive.

    • Présence  

      Pour une fois nos avis divergent : épisode après épisode, je trouve que Kurt Busiek prouve que le concept n’a pas de limites. Les personnages sont référencés, et même très référencés comme tu le dis, mais il n’y a pas d’équivalent à ces histoires dans aucune série de DC ou Marvel. Je ne me souviens pas d’un récit de superhéros évoquant la reconversion professionnelle pour cause de diminution des capacités physiques, avec la possibilité d’un avenir, à part peut-être l’évolution des méthodes de Batman dans Dark Knight returns, mais il persistait à être un superhéros, à régler les problèmes par la violence, de plus en plus brutale et incapacitante.

      • Bruce lit  

        Présence, te devouerais tu pour écrire sur l’art d’Alex Ross ?

        • Présence  

          @Bruce – Je regarde ce que je pourrais raconter sur Alex Ross et je tiens au courant, mais ça va prendre du temps… comme toujours avec moi.

      • Matt  

        Et nous faire un article sur Marvels de Ross et Busiek aussi d’ailleurs ?

        • PierreN  

          Ce que je ne savais pas, c’est que Marvels a eu droit à une suite tardive (« Eye of the Camera »), toujours avec Busiek mais sans Ross.
          Quel qu’un l’a lu ici ?

  • JP Nguyen  

    @Présence : la reconversion professionnelle, non mais le passage du temps et la transmission du flambeau aux jeunes générations, si : Superman : Secret Identity, de Immonen et… Busiek !
    Cela dit, j’avais mal articulé ma pensée.Ce que je voulais dire, c’est que, aussi réussis soient les persos de Astro City, ils fonctionnent toujours par référence (que ce soit dans les ressemblances ou les différences).
    Du coup, à mon sens, ça ne peut fonctionner à plein qu’avec les lecteurs familiers de ces références, qui saisiront tous les clins d’oeil et les variations sur un même thème… Alors, je sais qu’il n’y a pas de lecture « universelle » mais je pense qu’il y a des récits de super-héros plus « accessibles » qu’Astro City.

    • Présence  

      C’est un point de vue qui m’est devenu étranger depuis plusieurs décennies : je n’ai aucune possibilité de m’imaginer ce qu’un lecteur novice en matière de superhéros pourrait comprendre à Astro City. Pourtant il me semble que les thèmes abordés sont susceptibles de parler à tous les lecteurs, même ceux qui ne sont pas familiers de Superman ou des Fantastic Four. Donc un lecteur novice ne pourrait pas repérer les références et les comprendre, mais je trouve que le centre d’intérêt principal de ces épisodes ne réside pas dans les références, mais bien dans l’humanité des personnages et les crises personnelles auxquelles ils sont confrontés.

      Il faudrait trouver un cobaye novice et lui faire lire un tome d’Astro City pour recueillir son avis. Ma femme refuse catégoriquement, et mes enfants m’ont ri au nez… 🙁

  • Jyrille  

    Il va falloir que je m’y intéresse un jour, depuis le temps que vous parlez de cette série ! Cela dit, j’ai eu l’impression que plusieurs concepts apparaissent dans des bds de Alan Moore : Top 10 et Promethea. Aurait-il pris quelques idées de Astro City ?

    Les couvertures de Alex Ross sont superbes.

    • Présence  

      Plusieurs idées apparaissent dans Top 10 et Prométhéa. – Peut-être, je n’en avais pas fait le rapprochement. Je ne pense pas qu’on puisse parler d’inspiration ni même d’influence mutuelle. J’ai plutôt l’impression qu’l s’agit de 2 auteurs parlant de superhéros de comics, donc forcément évoquant des sujets très proches, mais avec 2 sensibilités très différentes.

      • Jyrille  

        Tu as sans doute raison, mais des éléments précis m’ont donné cette impression : le personnage du gorille (Weeping Gorilla dans Promethea), l’équipe de super-héros sur une plateforme volante (qui est effectivement venue d’abord des FF) qui est également partie intégrante de Promethea et enfin la ville de super-héros (Top 10) ou presque. Ces éléments me donnent envie d’essayer Astro City pour tout te dire.

  • Matt  

    Et à propos de Busiek, quelqu’un a lu ses Avengers ? La série de 1998. C’est-y-bien ?

    • PierreN  

      J’ai bien aimé, même si je n’ai pas lu le run dans son intégralité. Mention spéciale à Avengers Forerver et à l’arc « Ultron Unlimited ». Je garde un bon souvenir des Vengeurs d’Harras, mais pour le coup je ne te le conseille pas puisque c’est 90’s à mort sur le plan graphique (Tom Palmer a rehaussé considérablement le style du débutant Steve Epting à ce moment-là).

      • Matt  

        J’ai osé les 90 à fond pour Onslaught. C’est surtout les couleurs que je trouve horribles. Il y a de chouettes dessins.
        Je n’avais même pas pensé à Avengers Forever, c’est vrai que c’est de lui. Je pensais plutôt à la série qui contient Ultron Unlimited en effet. Il y a 2 pavés sortis chez Paninouille en Marvel Icons. Le contenu du 2eme me tente plus que celui du premier.

    • Présence  

      @Matt – La conclusion de mon commentaire sur le premier tome des Avengers Kurt Busiek & George Perez : Après une externalisation de la production de la série des Avengers pendant 1 an en 1997, Marvel Comics met les petits plats dans les grands en embauchant les meilleurs créateurs de comics traditionnels de superhéros, Kurt Busiek & George Perez, pour des épisodes gorgés de superhéros et de références. Le résultat est un régal pour les connaisseurs de la série, il peut s’avérer indigeste pour les profanes.

      Pour la version longue :

      https://www.amazon.fr/product-reviews/0785144986/ref=cm_rdphist_4?ie=UTF8&filterByStar=four_star&showViewpoints=0

      • Matt  

        Merci.
        Je ne pense pas à aller voir vos avis sur l’équivalent VO. Tu n’as pas lu les épisodes suivants avec Ultron Unlimited dont parle PierreN ?

        Tiens c’est marrant de voir Tornado dire qu’il n’aime pas Busiek. Il y a eu comme un changement depuis, non ?^^

        • Tornado  

          Si tu parles de Avengers Forever, j’ai clairement détesté à l’extrême. Et je me retiens de dire ce que j’en pense tellement je ne veux plus vexer les copains…
          C’est vrai qu’à l’époque j’avais lu plusieurs création de Kurt Busiek et que je n’en avais aimé aucune. Puis il y a eu Astro-city, Conan et Arrowsmith. Et effectivement j’ai complètement changé d’avis sur le bonhomme.

        • Matt  

          Non, je parlais de sa série Avengers tout court qui date plus ou moins de la même époque. Mais ça doit être assez semblable d’après les avis de Présence.

        • Présence  

          @Matt – Non, je n’ai pas lu la suite parce que George Perez ne dessine pas tout et que d’autres séries m’attiraient plus à l’époque. De même, Avengers Forever m’attend dans ma pile de lecture depuis plusieurs années maintenant. Le commentaire de Tornado a eu pour effet de réfréner mes ardeurs parce que je crains que Busiek ne se livre au même travail que sur Marvels: Eye of the camera (la suite de Marvels), c’est-à-dire à un laborieux travail de retricotage de la continuité, aidé par Roger Stern.

          • PierreN  

            Le scénario très axé sur la continuité des années 60-70 (Busiek étant fan du run d’Englehart, le scénariste qui a sans doute le plus développé le personnage de Kang) peut éventuellement rebuter, mais le souffle épique de la bataille finale, plus le concept des « naufragés temporels » (repris par Ewing ces derniers temps), à savoir celui des membres de l’équipe qui proviennent de différentes époques, tout cela fait que j’en ai gardé un bon souvenir.
            En tout cas les planches de Pacheco sont superbes (encore un grand dessinateur des 90’s qui a baissé depuis, comme Keown ou Silvestri).

  • JP Nguyen  

    J’avais bien aimé Avengers Forever mais ce n’est pas pour tout le monde… Faut être un peu dans le trip… Par contre, par rapport à un autre comics que Tornado avait descendu (JLA Year One), je trouve Avengers Forever bien meilleur (niveau dessin mais aussi scénario, si,si).
    Hey, Tornado, puisque cette série n’est pas encore sur le blog, on se fait un teamup en pour/contre ?

  • Tornado  

    Oui, on peut. Mais faudra supporter (tous) mon avis différent, avec ou sans suppos ! 🙂

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