Un nouveau Dieu omnipotent est né (Le gant de l’infini)

 Le gant de l’Infini par  Jim Starlin, George Perez et Ron Lim

L'omnipotence s'incarne

L’omnipotence s’incarne©Marvel Comics

Première publication le 05/04/15- Mise à jour le 26/03/18

AUTEUR : PRÉSENCE

VO : Marvel

VF : Panini

Cette histoire se compose des 6 épisodes de la minisérie parue en 1991.

Depuis sa parution, il s’agit d’une des histoires les plus plébiscitées par les lecteurs de comics de superhéros, arrivant souvent en tête des classements des référendum (sur CBR par exemple).

Dans Rebirth of Thanos (en anglais), Thanos a acquis les 6 gemmes de l’infini. Il dispose maintenant d’un pouvoir qui fait de lui l’égal d’un dieu. Pas un dieu à la sauce Marvel, un dieu qui a tout pouvoir sur les composantes de l’univers : le temps, l’espace, le pouvoir, l’esprit, la réalité et l’âme. Il a aussi bien le pouvoir d’anéantir l’univers entier que de créer tout et n’importe quoi (même la vie) à son bon vouloir.

L'égal d'un dieu, c'est marqué en toutes lettres

L’égal d’un dieu, c’est marqué en toutes lettres ©Marvel Comics

Il est Dieu dans l’acceptation pleine et entière du terme, il est omnipotent dans le sens littéral du terme. Et il est amoureux de la personnification de la Mort. Quelque part dans l’espace, il réfléchit à ses actions. Mephisto (le Satan de l’univers Marvel, celui qui collecte les âmes des pêcheurs) est aux cotés de Thanos.

Mais ses premiers jours en tant qu’être suprême commencent mal : la Mort le repousse pour différentes raisons. Il faut qu’il crée une action à la mesure de son amour.

D'un simple claquement de doigts

D’un simple claquement de doigts ©Marvel Comics

D’un simple claquement de doigt il met fin à la vie de la moitié des êtres vivants de l’univers. L’instant d’avant il y a avait 40 personnes devant vous sur le trottoir, l’instant d’après il n’y en a plus que 20 (si vous faîtes partie des survivants). Il en est de même partout dans l’univers, quelle que soit la planète considérée. Il s’occupe également de manière créative de Nebula, celle qui prétend être sa petite fille. Sur Terre les superhéros ne peuvent que constater bêtement la disparition de la moitié de la population humaine. Dans une chambre d’hôtel minable, 3 défunts se métamorphosent petit à petit en troll, en femme à la peau verte et en cocon.

Jim Starlin revient chez Marvel, il prend les mêmes et il recommence. C’est le premier constat du fan qui ne peut être que déçu de la solution de facilité choisie : ramener à la vie Thanos, Adam Warlock, Pip et Gamora. Mais bon, tous les lecteurs ne sont pas forcément bloqués comme moi sur les travaux précédents et Starlin déroule une drôle d’histoire. Avec un tel ennemi, il est évident que les superhéros de la Terre ne font pas le poids.

Il n'y aurait pas des superhéros plus costaud que ceux-là ?

Pas de superhéros plus costauds que ceux-là ? ©Marvel Comics

Thanos n’est pas le premier maître du monde venu. Il a déjà eu un avant-goût de cette omnipotence en mettant une première fois la main sur un cube cosmique, et une deuxième fois en parasitant la gemme de l’âme de Warlock. En plus, c’est un stratège exceptionnel comme il l’a prouvé en récupérant les 6 gemmes en dépit de la volonté de leurs propriétaires. Un seul espoir : le plan indéchiffrable de Warlock, personnage inconnu des superhéros terriens.

Du début jusqu’à la fin, Warlock manipule les interventions des superhéros dans l’ombre. Du début jusqu’à la fin les superhéros vont au casse-pipe sans presqu’aucun espoir. Assaut après assaut, Thor, Namor, Iron Man, Firelord, Wolverine, Scarlet Witch, Drax, Hulk, Cloak, Quasar et Captain America se font massacrer. Et pourtant, Starlin renouvelle chaque combat pour des enjeux toujours plus colossaux, avec des tactiques échevelées.

Toutes les personnifications de l'univers vont trinquer

Toutes les personnifications de l’univers vont trinquer©Marvel Comics

Malgré l’omnipotence de Thanos, Starlin arrive à faire croire au lecteur que les superhéros ont une infime chance de gagner. Il glisse un clin d’œil vers Les guerres secrètes avec le rôle de Doctor Doom. Il varie les stratégies et il varie la configuration des attaquants en convoquant les personnages les plus puissants de l’univers Marvel (oui il y a Galactus, mais pas seulement). On reconnaît là tout le savoir-faire de Starlin qui réussit une fois encore à montrer la cohérence entre toutes ces entités nées de créateurs différentes dans des séries différentes.

En termes de destruction, Starlin ne fait pas les choses à moitié car Thanos ne s’arrête pas à supprimer la moitié des êtres vivants, il a encore d’autres actions de destructions massives en réserve. Thanos est un nihiliste assez primaire : il aime la Mort donc il n’hésite pas à détruire la vie pour offrir à l’élue de son cœur un cadeau somptueux.

La source du pouvoir : les gemmes de l'infini

La source du pouvoir : les gemmes de l’infini©Marvel Comics

Coté illustrations, les dessinateurs suivent tant bien que mal. George Perez dessine trois épisodes et demi, puis quitte le navire.

Il déclarera plus tard qu’il n’avait pas réussi à s’investir dans un scénario qu’il trouvait trop mécanique. Cela ne l’empêche pas de réaliser un travail très professionnel avec une mise en page toujours aussi claire quel que soit le nombre de personnages.

Un sens intelligent de la mise en scène et de la spatialisation

Un sens intelligent de la mise en scène et de la spatialisation©Marvel Comics

Perez a une vision vraiment intelligente de la mise en scène des combats et du choix des angles de vue. Tout est lisible, l’impact des coups est ressenti par le lecteur, ainsi que le sentiment d’impuissance et de désespoir grandissant des superhéros. Thanos est massif et majestueux de bout en bout. Warlock est mystérieux et indéchiffrable. Mephisto est ambigu et retors. Les scènes de destruction massive sont très impressionnantes qu’elles soient en sous-entendu (Thor qui survole les flots là où il y avait avant le Japon), ou explicites (Black Widow à bout de forces, témoin du décès d’une femme dans l’effondrement d’un immeuble).

À partir de l’épisode 4, Ron Lim vient en renfort et il dessine tout seul les 2 derniers épisodes. Les illustrations perdent en détails et en réalisme (en particulier les visages manquent de finesse), mais elles gagnent en impact visuel brut.

Le marteau de Thor : un jouet !

Le marteau de Thor : un jouet !©Marvel Comics

L’équipe de créateurs proposent une fin du monde inéluctable au cours de laquelle les superhéros déploient des trésors de ressource et d’inventivité en pure perte. Tout leur courage ne sert à rien. Mais ce récit laisse un goût étrange dans l’esprit.

Arrivé au deuxième épisode, le lecteur chevronné sait pertinemment que le statu quo sera rétabli en fin d’histoire car les bouleversements sont trop importants. Malgré tout la mécanique implacable du scénario empêche de se désintéresser des péripéties. Mais quand même cette structure est vraiment déconcertante, toute l’intrigue repose sur la rouerie de Thanos et sur la variable inconnue que représente Warlock. Il tire les ficelles en coulisse du début jusqu’à la fin sans rien révéler. Il mène la danse, il programme les combats, il joue une partie d’échecs avec plusieurs coups d’avance, contre Thanos.

Le lecteur est simple spectateur et déchiffre la stratégie au fur et à mesure. Finalement Warlock écrit l’histoire que lit le lecteur, il est le scénariste. Et c’est là la plus déstabilisante des prises de position de Jim Starlin. Warlock est un deux ex machina du début à la fin, il est la matérialisation du scénariste au sein de l’histoire.

Adam Warlock : l'homme au-dessus de la mêlée

Adam Warlock : l’homme au-dessus de la mêlée©Marvel Comics

Finalement, le vrai nihiliste n’est pas Thanos aveuglé par ses sentiments pour la mort, mais bel et bien Starlin qui n’a aucune illusion sur ce qu’il peut changer dans cet univers partagé, aucune illusion sur l’impermanence de l’impact de son récit. Pour Starlin, ce combat est dénué de toute signification, de tout but, de toute vérité compréhensible ou encore de toutes valeurs ; il n’est vraiment qu’un simple divertissement du moment, une illusion du changement, un frisson gratuit, mais en même temps un hymne à la création.

Jim Starlin se joue du lecteur, aussi bien que Warlock se joue de Thanos. Le vrai malaise nait de cette manipulation effectuée au grand jour avec la complicité du lecteur, une prise de position vraiment nihiliste.

Au suivant !

Au suivant !©Marvel Comics

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LE classique qui mettra toutes les générations de lecteurs Marvel à la une de Bruce Lit : Le gant de l’infini enfilé par notre contributeur Présence ! ‘Nuff Said !

La BO du jour : You wanna play ? Come and get me !

37 comments

  • JP Nguyen  

    « Pour Starlin, ce combat est dénué de toute signification, de tout but, de toute vérité compréhensible ou encore de toutes valeurs  »
    Hmm, moi je trouve que quand même, Starlin arrivait à glisser un truc ou deux sur la vanité de la recherche du pouvoir et du fardeau du pouvoir suprême.
    A la fin Thanos semble avoir « évolué » et être plus sage tandis que Warlock a sauvé l’univers mais se retrouve avec une lourde charge à assumer.
    Et malgré l’inévitable retour du statuquo, on ne peut qu’admirer la maîtrise de Starlin pour nous raconter son histoire avec son méchant de prédilection dont les plans de destruction sont à une échelle démesurée mais avec lequel on maintient quand même une certaine empathie.
    Sur les 10-15 dernières années, je n’arrive pas à me souvenir d’histoires mainstream avec des vilains aussi charismatiques (c’est, à mon sens, l’une des faiblesses des sagas de Abnett et Lanning).
    Mais en fait, j’ai préféré Thanos Quest à Infinity Gauntlet : avec les belles couleurs de Tom Smith, les dessins de Ron Li étaient magnifiés et finalement la conquête du pouvoir absolu plus intéressante que son exercice…

    • Présence  

      « On ne peut qu’admirer la maîtrise de Starlin pour nous raconter son histoire avec son méchant de prédilection dont les plans de destruction sont à une échelle démesurée. » – 100% d’accord avec toi. Je l’admire pour ça et pour le personnage de Thanos. J’admire Jim Starlin pour sa capacité à aller jusqu’au bout : Thanos aime la Mort, il souhaite tuer pour lui offrir des morts, il le fait avec intelligence et efficacité, à une échelle cosmique.

      Je reste convaincu que Starlin joue avec les mécanismes des récits de superhéros, en se moquant des responsables éditoriaux à leur nez et à leur barbe. En surface ce récit est un crossover ultime avec un méchant ultime.

      A la lecture, les superhéros sont tous inefficaces du début jusqu’à la fin, incapable de faire la différence. Les entités cosmiques (d’Eternité à l’In-Betweener, en passant par les célestes) assistent impuissants à la prise de pouvoir de Thanos qui leur enlève leur univers des mains, comme Starlin s’empare de l’univers partagé Marvel et en ait ce qu’il veut.

      Alors que « Le gant de l’infini » est apprécié comme l’un des plus grands crossovers de Marvel, c’est une histoire de Thanos (création de Starlin) et d’Adam Warlock (recréé en profondeur par le même Starlin). Les superhéros Marvel servent de chair à canon du début jusqu’à la fin, de simple support aux actions de Thanos et Adam Warlock.

      Finalement « Le gant de l’infini » a l’apparence et les formes d’un crossover / Event, en réalité c’est une histoire de Thanos et Warlock (ce dernier étant un personnification du scénariste plus malin car c’est lui qui mène la danse, qui connaît l’intrigue, qui l’a conçue) qui se sert des superhéros Marvel. En surface c’est une ode aux superhéros Marvel, en réalité, ils ne sont que des pions sans importance.

  • Jord Ar Meur  

    Jim Starlin en 1973 dans un épisode d’Iron Man…

    • Présence  

      Merci Jord d’apporter la culture à Bruce. Le fait que ce soit Starlin qui ait créé Thanos rapproche encore plus ce crossover d’une appropriation des jouets Marvel par Starlin.

  • Jord Ar Meur  

    Jim Starlin s’est servi de Marvel pour créer son Univers personnel. Il utilise des personnages mythologiques grecs en ignorant ceux qui existaient déjà. Il fut pourtant un des premiers à introduire dans ses illustrations de combats des races d’extraterrestres complètement oubliées de l’univers classique (sans dire leurs noms ni de quels Comics il les avaient empruntés). Et j’adorais, à l’époque, rechercher leurs références.

    • Présence  

      Merci pour cette anecdote car je ne savais pas qu’il avait introduits des races oubliées, et empruntées à d’autres comics. Par contre, j’avais bien apprécié son effort pour inclure des extraterrestres qui ne soient pas tous anthropomorphes.

  • Présence  

    Pour la petite histoire, quand Starlin a créé de toutes pièces Thanos, il s’est fortement inspiré de Metron des New Gods de Jack Kirby. Son responsable éditorial de l’époque lui a conseillé de plutôt viser le plus fort des New Gods, à savoir Darkseid. C’est la raison pour laquelle Thanos ressemble à la fois aux 2 (y compris le fauteuil volant de Metron).

    Avec le recul, ce qui est très impressionnant, c’est l’usage cohérent qu’a fait Starlin de ses personnages. Il a commencé discrètement sur Iron Man, un de ses premiers travaux. Il a développé sa cosmogonie dans la série Captain Marvel (personnage qu’il a également transformé de fond en comble). Dans « Warlock », Thanos a fini par devenir le personnage principal, avec déjà une stratégie à une échelle jamais vue à l’époque.

    Quelques années plus tard, Starlin revient chez Marvel, sur la série Silver Surfer, et il ne faut qu’une poignée d’épisodes pour que Thanos resurgisse en conquérant indomptable, prêt pour 3 Evénements à l’échelle de l’univers.

    Par la suite, Starlin a continué de développer Thanos (relativement laissé tranquille par les autres scénaristes et responsables éditoriaux), au fil de miniséries , et au gré de ses passages plus ou moins brefs chez Marvel. A chaque occurrence, il a intégré un deuxième niveau de lecture, avec souvent des superhéros complètement dépassé par les enjeux et les capacités de réflexion et d’anticipation de Thanos et Adam Warlock.

    • Eddy Vanleffe  

      parfois c’est pas facile d’expliciter un ressenti tout à fait personnel et subjectif.

      le « le claquement de doigt » je n’ai pas été très sensible.
      dans Crisis on Infinite earths, les univers se font détruire rapidement de manière « visible », il y a le personnage qui arrive trop tard à chaque fois pour souligner la tragédie etc… c’est « frontal » on va dire… même si cette saga a pris un méchant coup de vieux, je me souviens avoir vraiment été englobé par le récit.
      Dans le cas de Thanos, je suis resté extérieur. En fait je partage tous ce qui est écrit dans l’article, à la différence près que je n’y ai pas été sensible.
      il y a des scènes que j’adore…comme l’atmosphère fantastique très eighties des réincarnations de Pip, Gamora et Warlock… les décors délirants à base de lettres comme Will Eisner, les mises en pages de Perez (le moine copine enlumineur du comics) et le rassemblement des dieux pour le thé….
      après, j’avoue l’avoir lu récemment et à l’époque si on l’avait pas lu, ben… on ne savait même pas que ça avait eu lieu (ce qui est aussi un plus d’ailleurs)
      ça fait parti de ces récits parenthèses…

      • Matt  

        Mais les récits parenthèses avec une totale liberté de ton, et qui ont la politesse de tout rétablir à la fin sans que ça pollue les 3/4 des séries annexes de Marvel, c’est parfois les meilleurs je trouve. Oui ok ça peut paraître facile de tout annuler mais là pour le coup c’est complètement adapté via une histoire qui traite du pouvoir absolu sur l’univers (et le claquement de doigts, c’est ça qui est fort pour moi. Pas besoin de grosses bastons visibles, c’est une volonté suprême)
        Je préfère ça à des events qui viennent chambouler toutes les séries plus personnelles de certains auteurs…

        • Présence  

          Je suis aussi sensible au claquement de doigt. Au lieu d’un récit utilisant la structure habituelle de Le méchant va bientôt le faire + Les superhéros se rapprochent de lui jusqu’au moment fatidique, on a : Thanos a le pouvoir, il l’utilise sans atermoiement, et sans mesure dilatoire artificielle pour laisser le temps aux superhéros de concevoir un début de riposte.

  • Yuandazhukun  

    Cela fait bien longtemps que je n’ai pas lu cette saga. Tout comme JP Nguyen j’avais préfèré la recherche des gemmes par Thanos avec une fin émouvante. J’avais beaucoup apprécié ron lim dans silver surfer prélude a infinity gauntlet avec de superbes couleurs. A mes yeux Starlin est un scénariste hors-pair qui a bouleversé l’univers Marvel avec une psychologie des personnages travaillée et qui a quand même réussi à faire mourir un perso marvel (captain !) ! quel tour de force ! Chapeau bas Mr Starlin ! Merci infiniment pour cet article Présence !

    • Présence  

      Jim Starlin est un de mes créateurs de comics de superhéros préférés, que j’ai suivi tout au long de sa carrière : Catpain Marvel, puis Warlock pour Marvel, Dreadstar (pour Epic Comics), Batman pour DC Comics, Punisher avec Bernie Wrightson, Breed chez Malibu Comics, Kid Kosmos pour Devil’s Due, et son retour récent sur Thanos chez Marvel.

  • Jyrille  

    Je ne connais évidemment pas, mais cela fait deux fois (après l’article sur Warlock) que tu m’interpelles sur Starlin, Présence. Sérieusement, ton analyse est très intéressante et me semble mûrement réfléchie. Le scénariste qui s’invite dans sa propre histoire, c’est assez fort.

    Bref, ça m’interpelle, je note pour plus tard. Merci pour l’article !

  • Bruce Lit  

    « Pour Starlin, ce combat est dénué de toute signification, de tout but, de toute vérité compréhensible ou encore de toutes valeurs ; il n’est vraiment qu’un simple divertissement du moment, une illusion du changement, un frisson gratuit, mais en même temps un hymne à la création. »

    Je viens de le lire pour la première fois et je ne peux trouver mieux comme conclusion. Une seule lecture me suffira, mais j’ai trouvé ça pas mal. Notamment la partie où les héros tombent comme des mouches. A partir de là, tout redeviendra comme avant et effectivement ce carnage sans nom ne sera plus qu’un souvenir. Pis que ça, aucun héros ne s’en rappellera, ce qui ajoute à la dimension immature de l’expérience dont on ne se rappelle pas.

    Starlin fait quand même un effort en donnant de la voix et quelques moments intimes aux héros. C’est finalement ce genre de crossover que j’apprécie : un danger réel qui ne vient pas tout chambouler artificiellement.
    Effectivement, Warlock fait de la figuration et pour tout dire m’a beaucoup agacé. Enfin certains passages m’ont étrangement fait penser à certains de Sandman, notamment où ces puissances cosmiques conversent entre eux.
    J’ai trouvé les couleurs particulièrement laides….

    • Présence  

      Je suis surpris que Tornado et toi ayez pu trouver votre content dans ce récit aux proportions universelles, reposant sur le truc artificiel de tout le monde (ou presque) a tout oublié à la fin. A chaque fois que je relis, j’en ressors avec le sourire du fait de l’ironie sarcastique de Starlin. Les superhéros sont inefficaces et incompétents face à cette menace, Warlock tire les ficelles dans l’ombre, ayant 3 coups d’avance sur tout le monde, le joueur au-dessus de la mêlée.

      Pour être un lecteur assidu de Starlin, je pense qu’il dispose de moins de culture et de sensibilité que Gaiman. Starlin est un produit de la culture comics, il a grandi en en lisant, ça se sent dans ses récits. Il en maîtrise les codes et les respecte.

  • Tornado  

    Oui, j’ai aimé lire cette histoire dans son cadre classique parce qu’elle possède une force mythologique indéniable, qui relie les éléments de l’univers Marvel dans une cosmogonie qui fait sens (ouah la phrase pompeuse ! :D ). Mais comme Bruce, une fois m’a suffit, notamment à cause de la mise en forme infantgnargh… (j’ai rien dit) :)
    Non, plus sérieusement, le boulot de fond effectué par Starlin sur ce récit est impressionnant. Son entreprise est complètement grotesque (tous les héros sont des pantins à côté de Thanos), et pourtant, il mène le concept jusqu’au bout, laborieusement, minutieusement, parce que, une fois lancée, la machine avance inexorablement. C’est cette rigueur artistique qui m’avait impressionné.

  • Arnaud  

    très instructife , merci. J’éspère que le film sera bien

    • Présence  

      Merci de votre retour. Pour le film, il faudra peut-être attendre la sortie de la deuxième partie en mai 2019, pour se faire une idée définitive.

        • Présence  

          Avengers: Infinity War est un film en 2 parties. Dates de sortie : 23/04/18 + 03/05/19.

          • Bruce lit  

            La vache ! Même Présence est au courant !
            Pour ma part je peux trouver des traces de cette histoire dans….Dragon Ball !

          • Matt  

            Je pas piger ce que tu dis à propos de Dragon Ball.
            Mais oui ça fait des années que c’est prévu en 2 films. Si Présence est au courant, c’est vraiment que tu t’en fous mais qu’en plus tu fais tout pour éviter les infos sur le sujet^^

        • Matt  

          Moi je pense qu’il ne faut pas se faire d’illusions. Même si j’aime certains films Marvel, je doute qu’ils fassent une jolie réflexion sur le pouvoir^^ ça va juste être une grosse baston de fou, Thanos va tuer quelques héros puis quelqu’un va arriver et réussir à taper plus fort et voilà, fin.
          J’espère juste que Thanos sera moins débile et stéréotypé que la version cinéma de Ultron…

  • Eddy Vanleffe  

    Le gant de ‘infini n’a jamais été mon histoire préférée de Starlin.
    autant j’adore les planches de Georges Perez, autant je ne parviens pas à prendre cette histoire au sérieux…
    la moitié de l’humanité, c’est juste trop gros et puis ça a participé au fait que chez Marvel, la mort c’est un taxi qui t’amène un peu n’importe où mais tu finis toujours par rentrer quand même…
    J’aime bien starlin pourtant pour sa métaphysique mais bon là…je ne sais pas je ne rentre pas dedans…(au contrait de sa préquelle qui est rigolote)

    • Matt  

      Ce n’est pas la moitié de l’humanité mais la moitié de l’univers qui disparait. Trop gros ? S’il y a bien une histoire ou rien n’est trop gros, c’est dans cette réflexion sur le pouvoir absolu d’un Dieu sans limite qui n’apporte aucune paix finalement à l’être suprême.
      Non, moi j’aime beaucoup cette histoire. Et peu importe si ça a décidé Marvel à faire revenir les morts ensuite. Pour le coup dans cette histoire ce n’est pas un coup de pub les morts, ça fait partie de la réflexion sur ce fameux pouvoir absolu. Si un dieu tout puissant maléfique ne tuait personne et ne changeait rien à l’univers, quel serait l’intérêt de l’histoire ?

    • Matt  

      Disons que pour moi c’est encore une histoire qui ne souffrirait pas de ce genre de critiques si elle ne se déroulait pas dans l’univers Marvel (est-ce qu’on reproche au film L’effet Papillon d’empêcher les gens de mourir grâce aux voyages temporels ? Non). Mais comme c’est Marvel, ben tout de suite « bouh c’est nul les morts qui reviennent à la vie » parce que ça nous rappelle les travers dans lesquels s’est engouffrée la maison des idées. Sauf que désolé, mais prise en tant que telle comme histoire mythologique et réflexion sur le pouvoir duprême, elle marche très bien.

    • Présence  

      Pour un vieux lecteur comme moi, le retour de Starlin au cosmique de Marvel fut un événement inespéré. Effectivement, dans un premier temps, j’ai été un peu déçu du fait qu’il se contente de ramener les anciens personnages qu’il avait développés et tués, Thanos et Adam Warlock en premier lieu.

      D’un autre côté, c’était une occasion en or pour lui d’écrire une histoire à l’échelle de l’univers partagé Marvel, en disposant d’un dessinateur expert en scène de foule. C’était aussi l’occasion de creuser cette histoire d’amour de la Mort, de fascination pour une forme d’extermination, une sorte de suicide par procuration, thème récurrent dans l’œuvre de Starlin. De ce point de vue et en ajoutant qu’il raconte plus une histoire sur la manière de construire un récit de cette ampleur, je reste comblé par ce récit roublard, dans lequel le scénariste remplit son cahier des charges, tout en faisant œuvre d’auteur.

      Du coup, je partage l’idée de Matt que cette dimension d’hécatombe n’aurait peut-être pas été reprochée à Jim Starlin, s’il ne s’était pas agi de l’univers partagé Marvel. C’est tout le paradoxe de la chose. Dans le prologue de Dreadstar (1980, L’odyssée de la métamorphose), le personnage principale éradique la vie d’une galaxie entière, mais personne (à part un vieux crouton comme moi) ne se souvient de cette histoire ou ira la relire. Dans Infinity Gauntlet (1991, bientôt 30 ans), le lecteur contemporain y voit l’abus des morts qui reviennent à la vie dès la fin de l’histoire, ou pire encore l’acte déclencheur de ce phénomène ; mais cette histoire est écrite au panthéon de Marvel et attire de nouveaux lecteurs.

  • Stéphane  

    Ouais, faut pas s’attendre à une quelconque critique dans le navet…euh le prochain film à succès de Marvel. Déjà, quelle profondeur pourrait avoir Thanos qui n’a pas été développé auparavant? Et malheureusement, sans les acteurs cosmiques tels Galactus et Eternité…
    On verra bien, qui sait!
    J’ai un problème avec le trait de Ron Lim. Même si je suis pas particulièrement fan de Perez, on perd beaucoup au départ de celui-ci.
    Y avait pas les X-men! « Ils doivent être hors planète »… Euh… Mais pas Wolverine? C’est pas un peu con?
    Quel dommage.
    C’est vrai qu’à part la création des Gardiens de l’Infini, il n’y a rien qui dure, sorti de ce crossover.
    La manière qu’à Eros de parler de Wolverine m’amuse (j’ai relu le crossover y a un mois)… Starlin ne devait pas trop aimer les persos mutants!
    Merci pour cet article bien clair, Présence!

    • Matt  

      « Déjà, quelle profondeur pourrait avoir Thanos qui n’a pas été développé auparavant? »
      En film ? Plein de trucs pourraient être développés. On ne parle pas de développer quelque chose de différent des comics. Je pense que s’ils développent quoi que ce soit, ce sera déjà bien beau.^^
      Je ne suis pas anti-films Marvel comme certains puristes qui se braquent direct, j’aime bien ceux des gardiens, de captain America…mais j’ai un gros doute sur une quelconque profondeur dans le gros event attendu dans ces films Infinity war (ça va surement être comme pour les comics : c’est pas dans les events qu’on trouve les trucs bien fichus)

    • Bruce lit  

      Cyclope est également présent : il meurt étouffé si ma mémoire est bonne. Je crois qu’il y a Storm et/ou Rogue non ?

      @Matt : même pas fait exprès. Lorsque je vérifie que nos articles sont bien référencés dans Megaverse, je constate avec un mélange d’effroi et de fierté que, allez, 95 % des sites ne font que relayer des nouvelles si Spider-Man portera des chaussettes rouges ou s’il manque pas Hawkeye sur une affiche. Donc, oui, je m’en contrefous totalement du MDCU, mais sans aucun mépris pour leurs afficionados. C’est juste que j’évite de rentrer dans un moule frites puisque je déteste le poisson….

      Dragonball : sans aller trop loin, je pense que l’on peut substituer les gemmes de l’infini aux boules de Cristal comme enjeux du pouvoirs absolu et d’anéantissement de l’univers. C’est d’ailleurs l’enjeu de la dernière et passionnante arche narrative de Dragonball Super dont les décors ne sont pas sans évoquer ceux de Thanos.

      • Matt  

        Ok tu parlais de rapprocher Dragon Ball au gant de l’infini…
        Non parce que c’est pas forcément clair juste après la phrase concernant les films Marvel en 2 parties^^
        Oui Cyclope est là (dans son costume de X-factor de l’époque) et se retrouve la tête coincé dans un cube et meurt étouffé. Il n’y a pas Storm je crois. Mais faut rappeler que Thanos a effacé la moitié de l’existence et cela inclut des héros.
        Ce qui est bien dans cette histoire c’est que le perso principal c’est Thanos. On s’en fout si on ne voit pas tout le roster Marvel, ce serait imbuvable. Je trouve que Starlin a déjà fait apparaître pas mal de persos.

        • PierreN  

          Les FF c’est encore pire que les mutants, ils font tous parti des victimes passagères de Thanos.
          Comme Eddy, je préfère ce que Starlin a fait sur ces personnages au cours des années 70. Et Thanos Quest est effectivement un cran au-dessus.

          • Matt  

            Je trouve aussi que Thanos quest est plus beau, avec des passages sympas comme lorsque Thanos répugne à tuer le jardinier. Mais bon…il le fait quand même.
            Après pour moi tout ceci forme un tout. La quete de Thanos c’est quand il récupère les gemmes, alors c’est le début de l’histoire du gant de l’infini. Je ne vois pas trop l’intérêt de comparer le début d’une histoire avec la fin. Enfin…c’est comme comparer le début d’un film avec la fin, c’est faisable mais bon…

    • Présence  

      L’absence des X-Men est même expliquée dans wikipedia.

      X-Men editor Bob Harras only allowed Cyclops and Wolverine to appear. The rest of the X-Men cast were shown to have died off-panel or were otherwise omitted. This hesitancy was due in part to the relative newness of summer crossover events.

      Il y a également une page CBR qui est consacrée à la question. Elle indique que Bob Harras a limité à 2 le nombre de personnages que Starlin pouvait utiliser, en lui laissant la liberté de choix. Il a pris les 2 les plus populaires : Wolverine & Cyclops.

      https://www.cbr.com/comic-book-questions-answered-why-werent-the-x-men-in-infinity-gauntlet/

  • Fred Le mallrat  

    Quand cette histoire est sortie, j avais 2-3 ans de VO (j ai commencé en 1989).
    Ca avait été vendu comme le retour de Perez chez Marvel (Starlin était déjà revenu)…
    Marvel age (mag de marvel) avait fait une preview qui m avait conquis. Mais le remplacement de Perez par Lim m a pas mal refroidi (surtout que celui-ci semblait sans arret arriver sur des séries que je faisais comme Cap ou Doc Strange.. ).

    Au final je trouve que c est moins bon que les travaux de starlin des années 70 quand même. Le pitch reste.. mais aprés c est plus confus.. et les suites ont peu d’interet (j aime bien le coté croyances de Crusade qui montre les héros croyants ou non.. y avait un truc a faire derrière cela).

  • Eddy Vanleffe  

    il a perdu énormément de sa vue à cause de son diabète… il ne pourrait plus nous donner le niveau de qualité auquel il nous a habitué.
    C’est assurément un grand, grand grand artiste.

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