Vertigo (Highlander)

Highlander, par Russel Mulcahy

Il ne peut en rester qu’un…

Il ne peut en rester qu’un…

Par : TORNADO

Cet article fait référence à la version longue du film Highlander, restauré en 2016 à l’occasion de son trentième anniversaire.

Highlander sort en 1986. Le film est alors d’une originalité absolue, qui nous conte les errances d’une poignée d’immortels, condamnés à s’entretuer afin d’hériter du « Prix ». Malgré un scénario bourré d’ellipses incongrues et de crevasses béantes, la sauce fonctionne du tonnerre et le spectacle est ensorcelant. Enfin… en tout cas à l’époque, puisque la question est désormais de savoir si la chose a bien vieilli après tout ce temps, et si elle est aussi immortelle que certains de ses personnages…

Conrad MacLeod, un immortel qui traverse le temps et les continents…

Conrad MacLeod, un immortel qui traverse le temps et les continents…

Le pitch est d’amblée assez croquignol : Conrad MacLeod (Christophe Lambert) nait en Ecosse au 16° siècle. Il est immortel. Blessé à mort durant la bataille entre son clan et celui des Frazer au cœur des Highlands, il finit donc par se relever frais et dispo, comme si de rien n’était. Ses proches, médusés, craignent qu’il s’agisse d’une manifestation diabolique et le bannissent séance tenante. Il erre alors à travers le temps et rencontre une belle jeune femme, Eather, qui devient sa femme. Plus tard, un autre immortel (Sean Connery) vient à sa rencontre. Il porte le doux sobriquet de Juan Villalobos Sanchez Ramirez, et affirme être un égyptien (!) âgé de 2400 ans. Il devient rapidement son mentor. Le but de l’égyptien au nom espagnol est de préparer le « jeune » Highlander afin qu’il puisse affronter le terrible Kurgan (Clancy Brown), celui-là même qui l’avait laissé pour mort lors de la bataille des Highlands. Il s’agit d’un autre immortel, maléfique et puissant.

Au final, les immortels doivent s’entretuer car il ne doit en rester qu’un. Le survivant héritera du « Prix », un grand pouvoir qui lui permettra, soit d’asservir l’humanité, soit de la libérer.
Au fil des siècles, Conrad découvre néanmoins le douloureux tribut de l’immortalité à travers la perte de tous les êtres qui lui sont chers, à commencer par Eather, son épouse.
Le film commence en 1986. Conrad se nomme désormais Russell Nash. Il vit à New-York et se prépare pour la rencontre finale avec le terrible Kurgan…

As-tu conscience du prix de l’immortalité, Highlander ?

As-tu conscience du prix de l’immortalité, Highlander ?

La source de la magie de cette œuvre en quête d’intemporalité est à rechercher du côté de son équipe artistique et de son casting, qui regroupe une dream team surprenante. La présence de Sean Connery, alors au sommet de son charisme (genre le mec qui en fait un minimum pour un maximum d’effets (voir son combat monstrueux contre le Kurgan qui dure quelques secondes), sachant que le monsieur ne consacra au film qu’une toute petite semaine de tournage !), avait déjà de quoi asseoir le projet. Pourtant, d’autres artisans beaucoup moins connus, à l’époque, apportent leur pierre à l’édifice.

Le frenchie Christophe Lambert, dont le jeu aujourd’hui daté est aussi kitsch que culte, sortait du somptueux Greystoke, grand film d’aventures romanesques (et plus fidèle adaptation du Tarzan d’Edgar Rice Burroughs à ce jour) qui l’avait révélé au monde entier. Si bien qu’il était parti pour deux décennies de blockbusters et d’actioners bourrins, malgré une stature complètement inadaptée au genre (mais diantre, que se passa-t-il donc dans la tête des producteurs américains de l’époque qui le mettaient sur le même pied qu’un Stallone, un Schwarzie, voire un Chuck Norris ???). Il faut néanmoins reconnaitre que l’acteur aux interjections grotesques imprime la pellicule de son regard perçant, parvenant à saisir un étonnant équilibre entre la force tranquille et une forme de sensibilité écorchée vive. Par la suite, son jeu versera dans la caricature de cette version initiale.

Conrad (Connor en VO) est devenu Russell Nash…

Conrad (Connor en VO) est devenu Russell Nash…

Le jeune metteur en scène Russell Mulcahy, s’il avait déjà fait sensation dans un film d’action néanmoins modeste (le rugueux Razorbacket son sanglier géant de l’enfer du désert australien), remportant au passage le grand prix du festival d’Avoriaz (la Mecque de l’époque en matière de film fantastique), n’était encore qu’un inconnu à Hollywood. Virtuose réalisateur de clips vidéo, le bougre savait alors investir chaque image de trouvailles visuelles d’une modernité vertigineuse. Il sera sans cesse copié par toute une génération de cinéastes et lancera la mode, avec Adrian Lyne, des clipeurs d’Hollywood. Sa carrière retombera hélas comme un soufflet après le bide du film The Shadow (une adaptation du héros de pulps éponyme), en 1994.

Le premier combat, contre Himan Fasil, avec ce plan génial du reflet dans les lunettes…

Le premier combat, contre Himan Fasil, avec ce plan génial du reflet dans les lunettes…

Et puis il y a la musique. Certes, le groupe Queen livre une compilation de titres marquants. Mais parallèlement, le grand Michael Kamen, compositeur et musicien parfaitement éclectique (il assurait par exemple le piano sur The Pros And Cons Of Hitch Hiking, le premier album solo de Roger Waters près la dissolution de Pink Floyd en 1984 !), accouche d’un monument de lyrisme médiéval, qui transcende à lui seul une succession de scènes toutes plus improbables les unes que les autres. Tout simplement l’un des plus beaux scores de l’histoire dans le registre chevaleresque, et je pèse mes mots.

Pour l’anecdote, Queen ne devait livrer qu’une seule chanson, mais les membres du groupe, séduits par le projet, décidèrent de lui dédier tout un album (A Kind of Magic). Michael Kamen, en parfait gentleman, travailla de manière fusionnelle avec les rockers au point d’intégrer dans ses propres compositions le très beau thème imaginé par Brian May pour le slow Who Wants To Live Forever.

Un lyrisme médiéval complètement transcendé par le score du grand Michael Kamen.

Un lyrisme médiéval complètement transcendé par le score du grand Michael Kamen.

Et comment oublier Brian Clemens, non crédité au générique, et pourtant à la base du script ! Ce même Brian Clemens qui avait écrit les premiers épisodes de la série Chapeau Melon & Bottes de Cuir, moult épisodes d’Amicalement Votre et de L’Homme Invisible, avant de livrer le sublime Dr Jeckyll & Sister Hyde pour la Hammer.

Il remaniera le récit original, avant de le laisser aux scénaristes définitifs, Peter Bellwood & Larry Ferguson.
Cette concordance de talents exceptionnels aura offert le terrain idéal afin que le projet réussisse à s’élever à des hauteurs vertigineuses. C’est ainsi que cela se passe lorsque parfois, le destin réunit, le temps d’une œuvre, le parcours d’une poignée de talents qui auraient très bien pu ne jamais se croiser et qui se retrouvent au bon endroit et au bon moment. On se souviendra par exemple que la saga Star Wars originelle  n’aurait jamais été ce qu’elle est devenue sans la confluence de précurseurs géniaux tels que Georges Lucas, Gary Kurtz , John Williams, John Dykstra, Dennis Muren, Phill Tippett, Ralph McQuarrie, voire même Harrison Ford.
Pour revenir à Highlander, le pari n’était pas gagné tant le scénario maintes fois remanié, issu d’un synopsis honteusement arraché à un jeune étudiant en cinéma et complètement repensé (ça s’était passé de la même manière avec le film Gremlins), est édifiant ! La preuve irréfutable qu’il s’agit d’un équilibre fragile et miraculeux éclatera dans les suites navrantes que les producteurs infligeront aux fans de la première œuvre, toutes plus lamentables les unes que les autres, car privées de la dream team originelle…

Le Kurgan (Clancy Brown) : Une ennemi plus grand que nature pour le Highlander !

Le Kurgan (Clancy Brown) : Une ennemi plus grand que nature pour le Highlander !

Mais il existe une autre composante à la personnalité de notre film : Sa structure narrative. Highlander est construit à partir d’une succession de flashbacks qui forment ce que l’on appelle une intrigue « à tiroirs », dans laquelle tous les éléments finissent par concorder au fur et à mesure du récit. Cette technique de narration, qui est en général l’apanage des comics, fonctionne à merveille dans ce cas précis de long métrage cinématographique. Il est d’ailleurs remarquable de constater que le film sort en 1986, soit exactement la même année que le comicbook Watchmen d’Alan Moore, qui révolutionnait son médium et fonctionnait exactement sur le même principe d’intrigue « à tiroirs » !

Les flashbacks et autres allers-retours dans le temps : Un leitmotiv que l’on trouve surtout dans les comics

Les flashbacks et autres allers-retours dans le temps : Un leitmotiv que l’on trouve surtout dans les comics

Ainsi, Highlander s’impose comme une sorte de bande dessinée sur grand écran, construite comme les meilleurs comics. C’est alors que l’on se dit que le film n’aurait jamais dû connaître de déclinaisons comme ce fut le cas, au cinéma ou sous la forme d’une série TV (et même d’une série animée, d’un anime japonais et d’une douzaine de romans !), mais qu’il aurait plutôt dû inspirer une série de comics, tels que l’on en verra au sein de la ligne Vertigo, une filiale de DC Comics créée en 1993, spécialisée dans l’édition de comics fantastiques et autres polars, où les créations diffèrent du reste de la production DC par leurs thèmes plus adultes, pouvant invoquer davantage de violence, de bruit et de fureur.

Dans ce registre, nous en avons déjà exposé un grand nombre ici même, tels Scalped , Preacher  ou même V Pour Vendetta , une autre création d’Alan Moore. Et en dehors de Vertigo, on ne compte plus les comics qui fonctionnent sur le même principe, qu’ils soient de l’ordre du mainstream (Marvel ou DC) ou des séries indépendantes, comme par exemple Fear Agent 

 C'est quoi le rapport ?

C’est quoi le rapport ?

Soit l’histoire d’Highlander, ou celle d’une franchise issue de la réunion d’une poignée de talents exceptionnels, et qui a raté sa reconversion sous le mauvais médium…

Histoire d’une amitié intemporelle…

Histoire d’une amitié intemporelle…

Le film a donc été restauré à l’occasion de son trentième anniversaire et a bénéficié de l’ajout de quelques scènes pour fêter l’événement (la plupart étant issues du montage américain, qui a toujours été plus long). Soyons clairs : il ne s’agit que de quelques plans supplémentaires, dont on ne remarque la présence que si l’on connait le film par cœur (ce qui est bien évidemment le cas de votre serviteur dévoué).

La véritable gagnante de cette restauration, c’est surtout la qualité de l’image, qui brille de mille feux et rend enfin justice au superbe travail de Russell Mulcahy et à ses alternances contrastées entre les diverses époques, et notamment entre la nature sauvage flamboyante des Highlands et la décrépitude urbaine d’un New York contemporain sinistre, glauque et aqueux comme un polar des 70’s.

Le pouvoir de l’Accélération, devenu avec le temps le Quickening !

Le pouvoir de l’Accélération, devenu avec le temps le Quickening !

Ces derniers temps, il est de coutume que d’affreux morveux arrogants à peine sortis de leur acné, désireux de jouer au critique en herbe, viennent souiller notre film en prétendant qu’il s’agit d’un honteux navet préhistorique. Comme ils n’ont pas connu l’époque de sa sortie originelle, ils ne savent pas remettre l’œuvre dans son contexte initial et lui portent ainsi préjudice, en l’affublant d’une réputation qu’elle ne mérite franchement pas.

Ils ne perçoivent pas à quel point le film fut un ovni survolant de haut la planète du genre fantastique, à la forme inédite où se mêlaient les trouvailles visuelles du monde du clip , l’héritage viscéral des polars des 70’s et des grandes fresques historiques mâtinées d’heroic fantasy des années 80, comme Excalibur  ou Conan le Barbare . Ils ne voient pas que la réussite de la chose ne tient absolument pas du scénario, hautement improbable avec toutes ces séquences semblant avoir été écrites par un mec bourré à qui on aurait filé une machine à écrire et qui aurait improvisé dessus avec moult postillons éthyliques, mais de sa forme ambitieuse, de sa construction complexe et de sa tonalité pleine de contrastes et de trouvailles séminales. Et ils ne s’aperçoivent même pas à quel point le film aura influencé tout un pan du cinéma qui lui aura succédé, offrant à ces héritiers une nouvelle forme de liberté créative, repensant complètement la relation entre la narration, le son et l’image, afin que le spectacle devienne plus prenant encore, en nous transportant dans un autre monde, très adulte, aussi fantastique dans le fond que dans la forme. Car, comme on dit souvent, ce n’est pas l’histoire qui importe, mais la manière de la raconter…

Quelques années plus tard, l’auteur de ces lignes partait pour la terre sacrée, à la recherche du fief des MacLeod (le Donan Castle) !

Quelques années plus tard, l’auteur de ces lignes partait pour la terre sacrée, à la recherche du fief des MacLeod (le Donan Castle) !

——

Même si Christophe Lambert, une gestion de franchise désastreuse et une série qui finit en eau de boudin ont terni son image, beaucoup vouent au premier Highlander un véritable culte. Notre contributeur Tornado vous en rappelle pourquoi pour l’article du jour chez Bruce Lit.

 BO : Queen : Who Wants to Live Forever ?

Slow sirupeux pour certains, magnifique envolée lyrique pour d’autres, le thème de Brian May, intégré au score du grand Michael Kamen, porte les images d’un film définitivement unique en son genre…

54 comments

  • Tornado  

    C’est comme pour le scénario d’Highlander : Faut pas chercher à comprendre ! :D

    Je pense qu’on est tous d’accord pour le scénario : Il est en roue libre (mais c’est ce que j’écris dans l’article) !
    Pour le reste, notamment les combats, je vous trouve tous un peu sévères. Je regarde souvent des vieux films de cape été d’épée (notamment les Trois Mousquetaires de George Sidney ou Les Aventures de Robin des Bois avec Errol Flynn, ce genre de trucs), et c’est nettement pire. C’est kitsch. Mais c’est le jeu : Les films vieillissent, on le sait. Si on peut faire l’effort de contextualiser un vieux film hollywoodien ou un vieux Hammer, pourquoi ne pourrions nous pas faire de même avec des films un peu plus récents ?
    Je reste persuadé qu’avec le temps, ces films dont on parle ici (Highlander, Conan le Barbare) seront réévalués comme des grands classiques.

    • Jyrille  

      Je n’ai pas revu Scaramouche, mais comme film de cape et d’épées, le duel est autrement plus épique, dans mon souvenir, que celui de Highlander. Je suis certain que Conan a le statut de classique, et Highlander a moins bonne presse, mais il doit également être considéré comme un jalon du cinéma.

      • Matt  

        Oui tiens d’ailleurs ça me fait penser Jyrille, c’est quoi ton rapport avec les vieux films ? Tornado et moi on est du genre à aimer les vieux films (Patrick 6 aussi je crois…du moins il aime la Hammer les Godzilla^^) donc l’aspect kitsch est souvent charmant pour nous. Une marque du temps qui passe mais sans être rédhibitoire pour apprécier les films.
        Il y a par contre des gens qui vomissent les vieux films, ne supportent plus les films dès qu’ils ont plus de 10 ans^^
        Et en fait…tu te situes ou toi ? Je te trouve un peu sévère aussi. Souvent tu sembles intéressé par les films qu’on présente (comme les gothiques italiens de mon article où tu disais que ça te donnait envie) mais finalement on n’a pas souvent eu de retour de ta part après avoir vu ces vieux films. Est-ce que tu ne les supportes par du tout en réalité ?^^ Ou est-ce que c’est autre chose qui fait que tu peux apprécier un combat de Scaramouche mais pas de Highlander ?

        • Jyrille  

          Comme pour le dessin, je n’ai pas d’a priori. Je n’ai toujours pas vu les vieux films dont tu parles mais comme je le disais, j’ai adoré Les enfants du paradis. Highlander c’est un peu différent : comme mes camarades, je l’ai vu ado à sa sortie. Je viens de revoir le premier Scary Movie, c’est toujours marrant mais ça a pas mal vieilli aussi. Je peux replacer dans le contexte, et je suis fan du Parrain, de Apocalypse Now, des Sergio Leone…

          Pour les combats tu as raison. Mais le genre veut ça aussi, que ce ne soit pas réaliste. C’est grâce au kung-fu et aux chorégraphes japonais ou hong-kongais que désormais on a des bastons qui ont de la gueule. Whedon disait la même chose dans Buffy.

          • Matt  

            Oui et non parce que je n’ai pas envie de voir les 3 mousquetaires faire du kung-fu tu vois. Pour moi ce serait ridicule. Évidemment dans un film de kung fu on s’attend à du lourd parce que il y a des Jackie Chan qui sont passés par là (éh, tu vas le lire mon article ?^^)
            Mais dans un film historique de cape et d’épée, ça ne me pose aucun souci que les combats soient plus proches d’un combat d’escrime réaliste. En tous cas, même si c’est moins spectaculaire, ce n’est en aucun cas « ridicule » pour moi^^

          • Matt  

            D’ailleurs ils font du kung fu et sautent au ralenti avec du bullet time dans les 3 mousquetaires de Paul W.S Anderson^^ Et milady a des pouvoirs magiques et…c’est de la merde ce truc. A la limite c’est drôle mais bon…
            Je n’ai aucun envie de voir ça dans un film historique réaliste. Tout comme je ne veux pas voir des combats à la Matrix dans Le Parrain^^

          • Jyrille  

            Non mais là-dessus on est d’accord Matt…

          • Matt  

            Je précise, je précise^^
            En fait je peux comprendre que les gens n’aiment pas les vieux films. Qu’ils aient du mal avec certaines choses datées. Mais je n’aime pas quand ils disent que c’est ridicule. A l’époque ça ne l’était pas. Nos bastons plein de CGI qui ont de la gueule de nos jours, elles seront peut être ridicules un jour tellement elles auront l’air « fake ». Il y a aussi une sorte de mode derrière tout ça. A l’époque des Scaramouche, on cherchait peut être moins à rendre le combat « cool » mais plutôt à lui donner des enjeux (un truc qui manque parfois dans les films d’action d’aujourd’hui avec de la baston pour la baston)
            Donc les vieux films ouais c’est parfois kitsch (ce qui est un mot bienveillant pour moi^^) mais les comparer à ceux d’aujourd’hui en termes d’effets forcément c’est injuste. Pour les films d’horreur qui ne font plus peur, c’est pareil. ça peut rester beau visuellement même si les mœurs ont tellement changé que ça n’effraie plus.

            Les films qui vieillissent le moins bien pour moi sont ceux qui justement se reposent beaucoup sur les effets qui ont vieilli. En gros un film gothique, il restera la belle photographie, les jeux d’ombre, le suspense, même si ça ne fait plus peur. Mais un film super gore et trash par exemple, si les effets gores ont pris un gros coup de vieux, y’a pas grand chose pour rattraper le truc. C’est pour ça que je trouve que les slashers ou même le premier Evil Dead vieillissent mal.

          • PierreN  

            « Mais un film super gore et trash par exemple, si les effets gores ont pris un gros coup de vieux, y’a pas grand chose pour rattraper le truc. C’est pour ça que je trouve que les slashers ou même le premier Evil Dead vieillissent mal. »

            Le premier Evil Dead ne fait peut-être plus peur, ,mais son inventivité visuelle reste intacte (pareil pour le premier Halloween, l’oeuvre séminale du genre avec Black Christmas et La Baie Sanglante). C’est bien cet aspect-là qui reste bluffant bien des années après, d’autant plus quand on connait la minceur du budget et les conditions de tournage. La Colline a des Yeux supporte moins bien les années que Massacre à la Tronçonneuse, mais là ce n’est pas seulement une question de mise en scène, mais aussi d’atmosphère poisseuse.

      • Matt  

        Et pour les combats je trouve qu’on est super exigeants de nos jours. Regardez un vrai combat d’escrime, ce n’est pas aussi impressionnant que des bastons de super héros. C’est réaliste. Tout le monde n’a pas besoin de sauter par dessus ses adversaires en rebondissant sur les murs (d’ailleurs je trouve souvent ça déplacé et ridicule quand ils font ça dans un film de cape et d’épée réaliste où les persos ne sont pas censés avoir des super pouvoirs^^)

  • Tornado  

    C’est la loi du cinéma de divertissement : Un film fait le buzz s’il est « bigger and louder ». C’est comme ça depuis longtemps. « Scaramouche » se targuait de montrer le plus long duel d’épée de l’histoire du cinéma (à l’époque), « L’Homme Tranquille » la plus longue bagarre aux poings. C’est hallucinant parce que ce dernier film fait hyper cheap aujourd’hui de ce côté là.
    Chaque film se voulant plus spectaculaire, plus terrifiant, plus technique que les précédents (dans la volonté d’attirer le public) ringardise le précédent à chaque fois. C’est une fuite en avant !
    Faut-il pour autant condamner cent ans de cinéma de divertissement parce que le nouveau film est plus impressionnant ? On est bien d’accord que non.
    C’est hélas ce que font certains (les mêmes qui, en musique, assassinent une chanson en une fraction de seconde sous le seul motif que « pfff… c’est vieux ça »). Mais c’est ce que doit éviter le cinéphile.

    Quasiment tous les films vieillissent vite à cause de ça. Il y en a très, très peu qui résistent au temps d’un point de vue technique. La dernière fois que j’ai revu Ben Hur, j’avais trouvé la course de chars encore très impressionnante. Idem pour le Predator de McTiernan qui tient super bien la route encore. Mais la plupart des films de divertissement avec de l’action ou de l’horreur, ceux-là deviennent rapidement kitsh compte tenu de tout ce qui est passé après en « bigger & louder ».

    • Jyrille  

      Le tout premier Alien ne semble pas vieillir pour l’éternité…

      • PierreN  

        Le premier Alien vieillit même mieux que ses suites (j’ai en tête les effets spéciaux moins aboutis du 3 et du 4).

        • Matt  

          Et pourtant j’en connais (mon frère par exemple) qui trouvent le premier Alien pénible, long, mou et « trop vieux ». Sans que ses propos soient méprisants hein.
          Je ne suis pas d’accord mais bon…c’est pour dire qu’il y en a toujours pour trouver que les films vieillissent. C’est pour ça que, qu’on aime ou pas, je trouve ça important de contextualiser, de réfléchir aussi si l’aspect « lent » n’est pas volontaire et si ce n’est pas nous qui exigeons trop d’action à force d’être gavé de Michael Bay qui explose partout^^ (façon de parler hein)
          Des fois on a aussi une vision formatée de ce que le cinéma devrait être. Que ce soit à cause des modes, des habitudes, etc. Et c’est bien que des films viennent nous déranger et changer nos habitudes. Certains n’iront pas plus loin et diront que c’est chiant, d’autres reverront ces films et y trouveront des trucs bien.
          Mais on a tous notre sensibilité, notre niveau d’investissement dans tel type d’art, nos préférences, etc.

        • Matt  

          Tiens le truc sympa que j’ignorais sur Alien 3 : L’alien n’est pas fait en CGI. C’est une marionnette. C’est juste qu’ils ont filmé les décors et l’alien séparément et l’éclairage ne correspond pas du tout,et c’est pour ça que son intégration dans les décors est parfois très moche. Mais je crois que le seul plan en CGI c’est quand sa tête explose à la fin suite au choc thermique.

          C’est un peu un film maudit ce Alien 3. Film de commande que Fincher a renié, mécontent. Mais je l’aime bien moi ce film. Dans ses 2 versions (cinéma ou extended cut qui n’est pas non plus la version que Fincher voulait) Tout le monde le descend tout le temps ce film, je trouve que ce n’est pas mérité.

          • PierreN  

            Je l’aime bien aussi. Le Jeunet, part contre… X(

          • Jyrille  

            J’ai revu Alien 3 il y a quelques temps et c’est vrai qu’il est bien. Le Jeunet a deux scènes très belles, mais il a plus vieilli niveau FX.

            Pour remettre dans le contexte, Matt, je vais au cinéma depuis mes trois ans, et mon oncle me faisait regarder des westerns de Randolph Scott ou des films de Elia Kazan au Cinéma de minuit alors que j’avais à peine une dizaine d’années. Il m’a aussi emmené voir La mouche de Cronenberg a sa sortie, il m’a terrifié. J’ai l’habitude du cinéma, je ne cherche pas ci ou ça, je prends les choses telles qu’elles sont, dans quel contexte, et me fait mon avis.

    • Matt  

      Mais des fois le « bigger and louder » ça ne marche pas (pour moi en tous cas)^^
      Des fois ça fait du bien de se plonger soit dans des films étrangers soit dans de vieux films d’atmosphère qui n’existent plus trop aujourd’hui justement pour voir autre chose que des hurlements et du gore.
      Avis perso^^

    • Matt  

      D’ailleurs Crimson Peak de Del Toro se fait méchamment snober parce qu’il ne « fait pas peur » alors que pour moi il renoue pas mal avec les films gothiques à l’esthétisme travaillé. La preuve que ça ne marche plus vraiment de nos jours.
      Donc même si certains ne font plus peur, ils ne sont pas forcément kitsch non plus. Je n’ai pas trouvé les innocents kitsch par exemple^^

  • James  

    Highlander,l’un des meilleurs films fantastiques de tous les temps!Pour des adaptations en comics,il en existe déjà comme une petite poignée par l’éditeur dynamite!Comme l’excellent « way of the sword »,Ce comic conte les péripéties de Connor pour récupérer l’ épée de Ramirez qu’il perdit dans un affrontement face au Kurgan!Pour moi,la série avec Adrian Paul était très intéressante car elle introduisait de nombreuses choses comme le plus vieux des immortels:Methos ainsi que les pouvoirs psychique de Garrick(immortel qui peut produire des hallucination dans l’esprit de ses victimes) ou de persuasion comme avec Cassandra!Ce qui était frappant dans le film c’est que bien qu’ils sentent la douleur les immortels ne meurent pas sauf si ils sont décapités!Alors que dans la série,ils meurent et ressuscitent,et bien sûr ils meurent définitivement quand ils sont décapités!Quand,j ‘ai vu le film pour la première fois,j’avais été impressionné par le mystère de ses combats à l’épée et le quickening!

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *