Focus : Ric Hochet
Par : TORNADOVF : Le Lombard

© Le Lombard
C’était pour Halloween dernier. En général je profite de l’ambiance qui tourne autour de cette fin de mois d’octobre pour me faire une série de films d’horreur. C’est tellement propice…
J’ai pour habitude, entre autres, de me repasser chaque année l’épisode LA MAUVAISE TÊTE de Robert Zemeckis (le 8ème épisode de la saison 2 de la série AMAZING STORIES de Steven Spielberg). Mes enfants, depuis qu’ils le savent, mettent un point d’honneur à le regarder avec moi !
Et puis c’est pareil avec mes lectures : Période Halloween = histoires d’horreur. Ce qui est important ce n’est pas que ça fasse peur (vous l’avez certainement deviné étant donné le sujet de l’article), mais qu’il y ait une ambiance d’épouvante, fusse-t-elle en carton-pâte et inoffensive comme dans un bon vieil épisode de SCOOBY DOO… C’est l’esprit Tim Burton, quoi !
Bon. Ces derniers temps, la BD c’est pas mon truc. Dès que j’essaye d’en lire, ça me tombe des mains. La faute à tous ces comics de bonshommes en slip que je me suis infligé ces dernières années et qui ont fini par me sortir des vignettes tellement la plupart sont complètement cons.
Du coup je cherchais un bon vieux truc simple et efficace, pas trop prise de tête pour m’échauffer un peu. Et là : paf ! Je tombe sur mes intégrales RIC HOCHET que je me suis acheté il y a des années en compulsant mes étagères de tout et n’importe quoi !

Ric Hochet, c’est… un peu tout ça !
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Flashback : C’était vers le milieu des années 80 je crois. L’ado que j’étais avait des velléités de changement. Je voulais découvrir un peu autre chose que la trinité TINTIN/ASTERIX/LUCKY LUKE. Et devinez où je cherchais des idées à cette époque ? Dans les rayons du supermarché ! Qu’il était encore loin le temps d’Internet !
Une fois, en vacances à la montagne, j’avais lu un album des 4 AS qui trainait dans un hôtel au coin du feu : LE CHATEAU MALÉFIQUE. Un pur trip à la SCOOBY DOO, qui avait éveillé un truc en moi, qui me ferait un jour devenir fan d’épouvante et de manoirs hantés.
Dans les rayons de mon supermarché (Euromarché qu’il s’appelait…), je venais de découvrir BLAKE & MORTIMER et, soudain, je voyais toutes ces couvertures de BDs franco-belges tournées vers tous ces genres qui me faisaient de l’œil, l’aventure, la SF et le fantastique. Dans ce dernier registre, les couvertures de la série RIC HOCHET attiraient tout particulièrement mon attention avec des vampires et des images gothiques. Alors j’avais commencé une petite collection, qui a mystérieusement disparu au moment où je suis entré au lycée (sans dec’, j’ai jamais su où était passé mon carton, comme s’il avait disparu avec mon enfance)…

Des couvs’ qui attiraient le chaland (les 10/12 ans) dans les 80’s…
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Flashback 2 : C’était dans les années 2010. J’avais décidé de me faire la collection de BD ultime, avec toutes les intégrales de mes séries préférées quand c’était possible, et pourquoi pas RIC HOCHET, histoire de me faire une Madeleine de Proust ? Mais je ne les avais encore jamais ouvertes, ces intégrales…
Depuis quelques temps, je bazarde et revends tout un tas de BDs, mais les RIC HOCHET sont toujours là. Alors pour le dernier Halloween, j’ai pioché quelques histoires dans le tas et je m’en vais vous les chroniquer.
Disons… quatre, OK ?

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L’ÉPÉE SUR LA GORGE
C’est le vingt-septième album de la série, initialement publié en 1977.
Le scénariste A. P. Duchâteau (par ailleurs auteur de polars) et le dessinateur Tibet avaient créé ce héros (librement inspiré de ROULETABILLE) en 1958, dans les pages du journal TINTIN (le premier album sera néanmoins publié en 1963). Ric Hochet est un journaliste d’investigation dont l’activité principale consiste à résoudre des énigmes liées à divers crimes. Ses aventures sont pimentées par une atmosphère mystérieuse où se mêlent les enquêtes classiques et les phénomènes paranormaux, naviguant parfois à la limite du fantastique et de la science-fiction.
L’ÉPÉE SUR LA GORGE fait partie des enquêtes « réalistes », sans qu’il n’y ait d’accointance avec le fantastique et l’épouvante. Mais il y a tout de même une discrète plongée vers le mystère et la science-fiction, avec le personnage masqué et le chantage qu’il exerce sur ses victimes grâce à un procédé lui permettant de les tuer à distance…
Évidemment, le déroulement de l’intrigue et la mise en forme de la bande dessinée en elle-même sont extrêmement classiques, mais c’est le but. C’est en principe ce que l’on est venu chercher dans ce type de lecture. Il faut avouer que l’ensemble est rondement mené : L’enquête est prenante depuis le début et les auteurs déroulent un indéniable savoir-faire lorsqu’il s’agit de maintenir le suspense.
Sur le principe, le concept de la série offre un mélange entre les aventures de TINTIN, les enquêtes de Sherlock Holmes, celles de l’Inspecteur Columbo et la série animée des SCOOBY DOO. Ce tabernacle constitue l’intérêt principal de la série, qui nous plonge à chaque lecture dans une atmosphère vintage et rassurante, pleine de mystères et de frissons enfantins.
Le style narratif des auteurs est extrêmement classique et même carrément désuet, avec quelques bulles de pensées et autres cartouches de texte un peu ampoulés. Mais la chose se lit tout de même avec grand plaisir, car les planches sont bien rythmées, fluides et claires.
L’ensemble fléchit dans la dernière partie de l’album, lorsqu’intervient le dénouement. C’est alors que l’intrigue est soudainement bâclée lors d’un final précipité plus ou moins improvisé, comme si le scénariste ne savait pas comment terminer son histoire.
Qui plus est, alors que je m’étais extasié tout du long sur les superbes décors gothiques dessinés avec soin, louant le talent de Tibet en la matière, je suis resté bouche-bée en voyant écrit, en minuscule dans un coin de la dernière vignette, l’annotation “Décors : D Desmit” ! Tibet s’était donc contenté des personnages, dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont fades, extrêmement consensuels et souvent cadrés en plan rapproché dans les mêmes postures et les mêmes expressions !

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LE FANTÔME DE L’ALCHIMISTE
Publié initialement en 1979, cet album fait partie des “enquêtes diaboliques”, puisque le récit débute par l’apparition du spectre d’un ancien alchimiste dans une petite bourgade brumeuse de la France profonde. Ce dernier, réveillé depuis sa sinistre crypte, serait revenu afin de se venger de ses anciens bourreaux en assassinant leurs descendants comme dans un bon vieux film de Roger Corman façon Edgar Poe…
C’est le 30ème album de la série mais… les bulles de pensée et les cartouches de texte sont toujours là. Ils alourdissent la lecture, sans toutefois la gêner outre mesure (c’est beaucoup plus aéré et beaucoup plus fin que les vieux comics de slip avec leurs dialogues à la noix !).
Ici encore, l’ensemble fléchit lors du dénouement, avec un final pour le moins alambiqué et capilotracté…
Bref, quelques déceptions dans un ensemble plutôt plaisant. J’ai quoiqu’il en soit passé un excellent moment de détente en lisant ce petit classique de la bande-dessinée franco-belge, racé et délicieusement rétro, comme un bon petit feuilleton TV à l’ancienne…

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TRIBUNAL NOIR
C’est le trente-deuxième album de la série, initialement publié en 1981.
TRIBUNAL NOIR fait partie des albums qui ne convoquent pas directement la dimension “fantastique”, mais il utilise néanmoins les codes du “roman à mystère”, dans le sens où le groupuscule qui kidnappe les responsables de la justice officielle afin de les exécuter (et qui se fait ainsi appeler le Tribunal noir !), rappelle les romans-feuilletons de la littérature populaire comme FANTÔMAS, qui nimbaient les génies du crime d’une ombre parfois aussi gothique que celle des créatures fantastiques…
Comme toujours avec cette série, les auteurs multiplient les rebondissements et s’éparpillent tant et si bien que le dénouement leur échappe complètement, laissant le lecteur sur sa faim, qui aura attendu en vain que le récit obtienne une conclusion étonnante ou, à tout le moins, satisfaisante…
Tel est le défaut principal des aventures de Ric Hochet : Les péripéties s’accumulent et lorsqu’il faut achever le récit, les auteurs ne savent plus comment faire pour faire converger toutes ces intrigues vers une résolution à la hauteur de toutes leurs promesses. Et l’on referme l’album sur une fin factice et tirée par les cheveux…
LA NUIT DES VAMPIRES

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Initialement publié en 1982, c’est le trente-quatrième album de la série. LA NUIT DES VAMPIRES fait partie des aventures clairement orientées vers le fantastique et les mystères gothiques surannés. La couverture de l’album annonce la couleur à elle-seule et le lecteur ne doit pas s’attendre à quelque chose de plus original. Au contraire, s’il est venu y chercher de la bande-dessinée classique et old-school, il ne sera pas déçu !
L’intrigue du jour est parfaitement calibrée, pleine de clichés inhérents au genre (vieux château, lande brumeuse, nuit déchirée par les éclairs, cryptes et passages secrets, hurlements d’effroi, personnages arborant le physique de l’emploi, etc.). Mais c’est bien ce qui fait son charme.
Une fois encore, L’enquête en elle-même commence sur les chapeaux de roues mais souffre d’un dénouement un peu tiré par les cheveux, et cette “Nuit des Vampires” veut parfois trop en faire, multipliant les coups de théâtre jusqu’à ce qu’il soit difficile de dénouer tous les liens qui constituent une toile d’araignée sans doute trop gourmande…
Comme d’habitude également, Tibet s’est contenté de dessiner les personnages, dans son style consensuel et paresseux. Et l’essentiel des planches est le travail de Didier Desmit (qui aligne d’excellents décors, minutieux et détaillés, en illustrant l’essentiel de l’atmosphère du récit !), ce dernier étant uniquement cité en tout petit au bas de la dernière page…

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Et voilà.
En allant faire quelques recherches à l’occasion de cet article, j’ai appris que Tibet n’avait jamais dessiné de décors et qu’il avait employé des assistants pour les réaliser depuis le début de sa carrière ! Didier Desmit a donc été le décoriste de la série Ric Hochet sur les tomes 26 à 67 ! Avant lui, de nombreux assistants s’étaient relayé, dont un certain Dany.
Quant à moi, je n’ai encore jamais lu les premiers albums de la série (ni même les derniers) et je ne sais pas si c’était meilleur ou moins bon. Duchâteau et Tibet ont tout de même réalisé ensemble 78 albums de la série entre 1963 et 2010, un record ! J’ai ici pioché dans la période que je lisais lorsque j’ai découvert la chose, vers le milieu des années 80.
Si vous ne l’avez pas encore compris, nous sommes ici dans le franco-belge qui fait son âge, quelque part entre les BOB MORANE et les MICHEL VAILLANT qui remplissaient les rayons des supermarchés dédiés à la BD dans les années 80 et dont la création datait déjà de la fin des années 50 !
Ce petit compte-rendu est donc à prendre pour ce qu’il est : Une petite bafouille comme ça, en passant…

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BO : Aretha Franklin : JUST FOR A THRILL

Ho dis donc !
Je suis extrêmement déçu d’apprendre que les décors sont d’un autre. Je n’ai rien contre le principe du travail d’équipe dans le domaine, et je comprends parfaitement les impératifs commerciaux liés à la cadence de parution ; cependant , étant donné l’évident et conséquent apport qualitatif apporté à la BD par ceux-ci, je trouve scandaleux que le nom du gars (Didier Desmit, donc !) ne soit pas accolé aux deux autres, sur la couverture et les crédits. L’ensemble est immersif (aussi et surtout !) parce que tout ce figuratif s’accorde parfaitement au genre très classiquement Policier employé par Duchâteau pour écrire ses récits, apportant en sus aux personnages une précieuses « réalité » au travers de laquelle ils acquièrent ainsi une véritable existence aux yeux du lecteurs ; ce que le manque d’imagination de Tibet quant à leur représentation tout au long des cases, ne pourrait aussi bien assumer. Parce que, en effet, il recycle systématiquement et paresseusement -même si avec une maitrise formelle objectivement satisfaisante.
Je suis scié. C’est aussi dingue que l’absence du nom de Stephen Sondheim sur l’affiche de West-Side Story, alors qu’il est le (prodigieux…) parolier (lyricist) de la moitié des chansons !
Bon, cela-dit (revenons-en à la BD elle même, hein !), c’est encore un truc que j’ai raté quand j’aurais pu (du !) adorer : je n’en ai connu, pendant prêt de trente ans (!) que quelques planches éparses, disséminées dans un album du journal de Tintin (L’Ennemi À Travers Les Siècles : ÇA c’est du titre !!), et dont il m’a fallu attendre la maturité pour en découvrir la résolution de l’intrigue, pô du tout Fantastique en fait, comme traditionnellement dans les aventures de Ric Hochet -je crois que c’est Clo-Clo qui leur a servi de modèle, pour le look du héros.
J’avais été un peu déçu que la pauvre victime n’en réchappe pas (j’aime pas quand il y a des dommages collatéraux !) mais, dans l’ensemble, j’en ai retiré un plaisir de lecture très honnête, aussi via ce « calibrage » (scénaristique et artistique) très serré, qui ne nous ballade pas dans nos attentes, en nous offrant exactement ce qu’il promet, ni plus, ni moins.
C’est analogue à cette notion de « suspension de réalité » (…? Je crois que ce sont les bons termes ? Je suis plus sûr…) qui revient souvent dans les commentaires, quant aux filtres qu’on met en place afin d’apprécier une œuvre à l’intérieur d’un cadre très défini et arbitrairement étalonné.
J’avais bien apprécié aussi Le Monstre De Noireville, le réalisme avec lequel est bâti la personnalité du meurtrier étant aussi crédible que tragique -très classique, là-aussi.
Je n’ai pas encore pris le temps de gratter d’avantage, mon cerveau « cafouillagesque » zappant systématiquement mes envies au profit de mes besoins (!) ; mais j’y reviendrai un de ces quatre, en quête de détente sans risque…
L’absence de surprise est aussi un réel confort, quelquefois, dans l’Art : un refuge et un repos, qui permet de se ressourcer un poil l’esprit entre deux explorations artistiques plus « chargées » ; et d’autant mieux les apprécier (le pouvoir des contrastes, toujours !).
Merci donc pour cette « bafouille », pleine des plaisirs simples de nos jeunesses : c’est toujours une balade qui vaut le coup 🙂.
Hello Bruno, il me semble que le terme que tu recherches est « suspension consentie d’incrédulité », suspension of disbelief en angliche.
« crédulité » ou « incrédulité »
fr.wikipedia.org/wiki/Suspension_consentie_de_l%27incr%C3%A9dulit%C3%A9
Cé ça ! Merci beaucoup : j’avais complètement zappé le » consentie » de la chose, en plus du « confondage » entre crédulité et réalité ! Ça m’apprendra à commenter au tomber du lit.
Ah c’est rigolo j’en ai relu récemment des Ric Hochet notamment les tout premiers qui sont pour le coup des récits policiers assez classiques dans l’esprit des séries du Journal de Tintin, Ric Hochet est un personnage assez fade, tout l’intérêt est dans les ambiances, les péripéties et le danger même si tout cela est très timide, tout l’aspect fantastique, mystérieux, gothique, ne vient que progressivement dans la série.
Parmi mes lectures récentes, je me souviens de ENQUÊTE DANS LE PASSÉ avec son intrigue sur deux époques avec ce long prologue qui débute dans les années 30 et aussi du SCANDALE RIC HOCHET qui m’avait bien plu puisque Ric Hochet se retrouve être le principal suspect du crime sur lequel il enquête et le scénario est conçu pour nous faire douter de son innocence. Alors évidemment, on sait qu’il est vraiment innocent mais c’est intéressant de jouer sur le doute, c’est aussi une manière de pervertir les codes de la BD classique où le héros est forcément irréprochable moralement, ce qui est un pacte quasi-implicite avec le lecteur, surtout pour ces bandes dessinées qui s’adressaient d’abord à un public jeune.
« La mauvaise tête », c’est l’épisode avec Christopher Lloyd (« pour tout dire, j’ai un peu mal à la gorge ») ? Je me souviens d’une VHS avec cet épisode et au moins celui du bombardier avec Costner et Kiefer Sutherland (+ un « Destination Arctarus » plus anecdotique), qu’est-ce que j’ai pu les mater en boucle…
Merci pour ce tour d’horizon ! Le personnage masqué de L’épée sur la gorge évoque un Diabolik/Fantomas, le bossu soulevant la demoiselle en détresse rappelle un Quasimodo criant « Asile ! » et ces ambiances ténébreuses, orageuses et pluvieuses renvoient aux films Hammer qui te sont chers, j’ai l’impression !
A voir… Ric Hochet n’a jamais vraiment capturé mon imagination, au contraire des aventures plus rocambolesques de Tif et Tondu par exemple. Et puis l’évocation des 4 As m’a rappelé le seul que j’ai lu, complètement délirant (Les 4 As et le Rallye Olympique, très Fous du volant dans l’esprit)
Celui du soldat coincé dans le bombardier avec Costner, c’est LA MASCOTTE et c’est le tout premier épisode de la série, je crois, et il est réalisé par Spielberg lui même.
Ha ben ça alors ! Ric Hochet ! J’ai eu le plaisir de lire un article par tome du 1 au 24, sur le site de Barbüz :
les-bd-de-barbuz.blogspot.com/search/label/Ric%20Hochet
Une atmosphère vintage et rassurante, pleine de mystères et de frissons enfantins : pas sur que j’y trouverais mon compte à l’âge que j’ai… Encore que je suppose qu’on doit pouvoir y distinguer une certaine façon de représenter la France et sa mythologie, et d’y distinguer la manière de voir des auteurs, peut-être certaines de leurs valeurs.
C’est alors que l’intrigue est soudainement bâclée lors d’un final précipité plus ou moins improvisé, comme si le scénariste ne savait pas comment terminer son histoire. – Ou alors comme s’il avait rempli son quota de page dans une intrigue reposant sur une structure de fuite en avant, et qu’il ne lui reste plus qu’à la dénouer en une ou deux pages, l’objectif étant atteint.
Décoriste : Didier Desmit – Dans ses articles, Barbüz développe l’apport des décoristes successifs, une fonction assez inhabituelle dans la bande dessinée franco-belge, un assistant rarement nommé. Il me vient bien sûr à l’esprit la série Cerebus où Dave Sim a embauché Gerhard comme décoriste à partir du numéro 65 jusqu’au numéro final 300, une collaboration exceptionnelle, et son nom figurait en couverture de chaque épisode.
Ric Hochet, ma jeunesse…
J’ai toujours une partie des 15 premiers dans leurs éditions « fin 70 début 80 », complété (pour le trous jusqu au 15) par la collection hachette ‘récente’. (Il faudrait que je complète jusqu’au 30 -35 .. moment ou la série s’étiole..)
J’aime bien Ric Hochet, encore aujourdhui le parent de Jerome K. Jerome Bloche… l’enquête doit tenir la route, parfois sortir des sentiers battus, et le héros n’es pas invincible… étant souvent le kidnappé, blessé,ou dindon … de l’histoire.
Concernant les histories préférées, les premiers (signé Caméleon/traquenard, Porquerolles, Defi, rapt …)
Et il y a … 10 15 ans, jai lu le dernier intégrale, qui reprends l’histoire inachevée.. (le griphon d’or ) avec les crayonnés ou simplement découpage de Tibet (et les texte de Duchateau pour la fin). Et j’aime bienle traitement de cette histoire , qui n’est pas sans rappeler celui de l’Alph’art. (l’historie m’a laissé un bon souvenir comme une bonne fin pour la série… )
– J’ai les 3 (ou 4) premier de la relance par Zidrou et VanLimt… mais je nai pas accroché.
Concernant les assistants de Tibet.. j’ai ouvert Traquenard (Edition de 1974 / impression de 1978) et Mitteï est bien noté en page de garde comme faisant les décors (et couleurs), dans Noireville (édition de 1972) rien de noté… (pareil dans ceux de la collection hachette, rien de noté).
Longtemps dans la BD franco-belge les assistants / collaborateurs , ne sont pas nommés (il seront parfois, nommé à partir du succès de Angoulême… suivant les séries/ éditeurs)
Après il est de notoriété publique que untel ou unautre était l’assistant de X ou Y, à été formé par V ou Z …. avant d’avoir accès à son propre titre. (Franquin, morris , et consorts assistants de jijé, puis roba, Jidéhem assistants de Franquin … et les divers assistants de Uderzo sur Asterix, ou seuls les frères Mebarki sont notés sur les derniers albums)
Mais, les assistants de Tibet sont bien répertoriés sur la page du Wiki (Mitteï, Didier Desmit Frank Denayer, Frank Brichau)
– Mitteï a réalisé de nomrebuses séries (p »toit bout de chique, Modeste et pompom …) et pour les 3As, il est crédité au dessin et Tibet est son assistant.
– Desmit a bien moins réalisé d’albums en dehors de son rôle d’assistant de Tibet (sur Ric Hochet et Chick BiIll)
– Denayer – Yalek, Alain Chevalier, Gord, Wayne Shelton …
– Dechau .. un album chez Deligne, pis decors ou couleurs sur enorméent d’albums (Tibet, Denayer, Wurm) il réalise 3 albums de Chick Bill , sur scenario de Tibet, et finitions de Tibet (68 a 70).
Je suis un grand fan de Tibet… et la monographie sortie il y a une quinzaine d’année vaut le détour pour tout fan de l’auteur.
J’en reparlerai sûrement ailleurs sous peu, mais il ne faut pas oublier que Tibet à réalisé un Album de Ric Hochet.. en « Direct » … (mes recherches rapides de ce soir ne m’ont pas permis de retrouver lequel)…
Il allait tous les jours prendre place dans une « cage » dans l’équivalent Bruxellois des galeries Farfouillette pour y réaliser ses planches .. sur un rythme 10h- 18h. (dans ma tête il me semble qu il y avait un partenariat aevc le journal « LE Soir ») .
Effectivement, les décoristes ne sont pas nouveaux dans le franco-belge, de même que le fait de ne pas forcément les nommer. On pense bien sûr en premier à TINTIN, où Hergé ne faisait plus les décors à partir de la fondation du Journal Tintin, ni les véhicules, ni les costumes et les accessoires, sans que jamais aucun collaborateur ne soit nommé dans les albums !
La différence, je trouve, c’est que l’essentiel de l’attrait des albums de RIC HOCHET tient justement à l’atmosphère rendue par les décors, sans compter que, contrairement à Hergé, Tibet n’écrit pas le scénario et n’est pas l’auteur complet de ses BDs.
@Présence : Ah mince ! sur son blog, Barbuz s’arrête avant de chroniquer mes albums !
@JB : Je vois très bien la VHS dont tu parles. Il y avait La Mascotte, Papa Momie et La Mauvaise Tête. Cette compilation de trois épisodes avait été diffusée à la TV un soir pour présenter la série avant son lancement.
Je me souviens que plein de gens avaient été déçus et trouvaient ça bof, alors que personnellement j’avais adoré !
J’ai toute la série en DVD. C’est très inégal, mais il y a quand même cette délicieuse atmosphère 80’s à la Spielberg, sans compter l’hallucinante galerie d’acteurs, réalisateurs et scénaristes (Richard Matheson entre autres) qui se bousculent au générique, avec la fantastique BO de John Williams.
La Mascotte n’est pas le pilote de la série, c’est l’épisode 5. Le 1° épisode c’est Le Train Fantôme, également réalisé par Spielberg.
Voilà, c’est ça ! Le trauma en repensant au réveil de la (véritable) Momie, et la trogne de Brion James en redneck adepte de lynchage !
J’ai ré-ouvert la biographie (Mysteres ! chez Daniel Maghen) de Tibet hier soir apres mon message
– dedans tibet le dit clairement , c’est le patron du Journal Tintin (Raymond Leblanc) qui refusiat que 1 : les scenaristes soient cité dans les crédit (et 2 : encore moins les décoristes – finisseurs/ coloristes..) afin de ne pas perdre les jeunes enfants avec trop de nom.
Et ce que Leblanc disait , était rerpris comme régle absolue par Le Lombard, Dragud ..et la suite (chez Spirou / Dupuis aussi, jusqu’à un certain moment).
Bonjour Tornado.
Je crois que c’est la première fois que je lis ou j’observe des planches de RIC HOCHET. Autant j’ai eu le même parcours que toi, notamment sur les 4 AS, autant désormais c’est, comme toi pour certains comics, exactement le type de BD que je fuis. Mais quand nous étions jeune cela permettait de se construire, d’explorer au delà du trio que tu cite. J’avais les B&M en plus à la maison.
Néanmoins l’article est bien documenté et permet d’apporter une pierre de plus à mon édifice culturel. Merci en tout cas.
Je n’ai jamais lu un seul Ric Hochet de ma vie. Déjà, rien que le nom du personnage m’a tout de suite irrité. Je ne suis pas friand de jeux de mots mal placés. Et puis le dessin me semblait fade, tout comme le personnage, qui était une gravure de mode, rien à voir avec mes héros de l’époque… Enfin si, dans le même genre, j’ai eu une période Michel Vaillant, à peu près au même âge que toi, vers 12 ans. Comme je le disais sur l’article de Blake et Mortimer, sans doute était-ce dû à ce réalisme technologique qui était dépeint. Et puis mes tomes favoris avaient une ambiance un peu gothique, comme Les Chevaliers de Königsfeld ou épouvante comme Cauchemar. Je n’en avais pas beaucoup, mais je me suis débarrassé de ces bds juste après le collège.
Donc très très peu de chances que je tente la lecture de l’une de ces bds un jour. Par contre j’adorerai voir « l’épisode LA MAUVAISE TÊTE de Robert Zemeckis (le 8ème épisode de la saison 2 de la série AMAZING STORIES de Steven Spielberg) » Car je ne connais pas du tout cette série ! Merci donc de nous emmener en voyage personnel et temporel chez toi…
J’aime beaucoup ta conclusion et ce genre d’article, où on se balade dans une série. Merci pour la bafouille !
La BO : je ne la connaissais pas, c’est super.