Derrière la peau se trouve le Coeur (NEIL GAIMAN & TORI AMOS)

 NEIL GAIMAN & TORI AMOS : DESTINS CROISÉS

Un article de DOOP O’MALLEY

Deux artistes beaucoup plus liés qu’on ne le pense
Source : Capture d’écran de la vidéo de The British Library (License Creative Commons)

Cet article décrit les liens qui unissent la chanteuse américaine et le romancier et scénariste anglais. Liens qui vont bien au-delà de la simple admiration artistique. Nous allons voir comment les histoires de l’un ont influencé la musique de l’autre et réciproquement.  

Lorsque l’on atteint un âge avancé, on analyse de plus en plus rétrospectivement ce qui a pu nous faire vibrer à différents moments de notre vie. Et lorsque je repense à mes 20 ans, je me rends compte que j’étais complètement dingue de deux choses : les comics (la série SANDMAN en particulier) et la musique de la chanteuse américaine Tori Amos. Pas grand-chose de commun à priori.
Et pourtant, alors que je dévorais mon nouveau TPB de SANDMAN (BRIEF LIVES) dans ma chambre d’étudiant, j’eus la surprise de découvrir au détour d’une page, en tout début de volume, une phrase bien connue. Dans cet épisode on découvrait pour la première fois le personnage de Delirium, la sœur de Sandman, à la recherche de son frère ainé dans un club sado-maso. Avec une musique derrière. Et des paroles :  Maybe she’s just pieces of me you’ve never seen. Mon sang ne fit qu’un tour, il s’agissait de la chanson TEAR IN YOUR HAND issue du 1er album de Tori Amos, LITTLE EARTHQUAKES, sorti 4 ou 5 ans plus tôt ! Mieux encore, j’assistai au fur et à mesure de ma lecture à la transformation physique de Delirium, au départ punk multicolore, en Tori Amos et sa chevelure rousse reconnaissable entre toutes. Okay. Il me fallait une pause !  2 de mes univers venaient à cet instant de se rencontrer. Le choc. La joie !

Les paroles de la chanson TEAR IN YOUR HAND dans les cases 1 et 3
© DC Comics
Sandman #41

Mon pessimisme légendaire reprit alors rapidement le dessus : il ne fallait pas non plus voir des synchronicités partout. Cela pouvait simplement être un hommage de la part de Gaiman à une chanteuse qu’il écoutait à ce moment-là. Le comics croule tellement sous les références, qu’une de plus ou de moins pouvait être due uniquement au hasard.
Sauf que dans la chanson, détail que je n’avais jamais remarqué tellement les paroles de la chanteuse sont cryptiques, on avait aussi une phrase étrange :  Neil says hi by the way  (d’ailleurs, Neil nous dit bonjour). Le Neil de la chanson, c’est Neil Gaiman ?  Aujourd’hui, une simple recherche informatique m’aurait donné toutes les informations, mais je vous parle d’un temps où l’on utilisait encore le minitel.

Et voilà que dans la page des crédits de BRIEF LIVES, je remarque un Hi Tori qui ramène donc à la phrase précédente. Le doute n’était plus permis, les deux artistes communiquaient via leurs œuvres interposées. La preuve finale : un petit Hi Neil glissé dans les crédits de l’album UNDER THE PINK, le deuxième de la chanteuse sorti 2 ans plus tôt. Un crossover ultime des deux univers que j’adorais le plus à l’époque. Je me revois encore comme un fou, dans ma chambre universitaire, à aller dire au voisin que je connaissais à peine que les deux artistes étaient liés. Bon, mon voisin ne lisait pas de comics et ne jurait que par 2 UNLIMITED. J’ai donc certainement dû lui faire perdre 15 minutes de sa vie. Il a été toutefois assez poli pour ne pas m’envoyer balader.

Cette révélation restera à jamais un moment fort. Pas le plus important, pas le plus fondateur, mais cette impression d’avoir été le 1er à découvrir un lien caché, une trame dans le grand plan cosmique qu’était ma vie. 

Et de fait, lorsque Bruce m’a demandé mon 1er article pour Bruce Lit c’est ce moment qui m’est revenu en tête. Avec un peu de recherches (c’est beaucoup plus facile désormais), je me suis rendu compte que non seulement Neil Gaiman et Tori Amos sont amis mais surtout que leurs différents travaux se sont mutuellement influencés. Il y avait de quoi faire un article sympa tout en restant dans ma zone de confort. Et même si désormais je n’écoute plus (trop) de Tori Amos et que j’ai du mal avec certaines productions de Gaiman, je dois vous avouer que ce petit retour en arrière m’a fait énormément de bien.

Delirium se transforme petit à petit en Tori
© DC Comics
Sandman #47

Myra Ellen Amos, plus connue sous le nom de Tori Amos est née en 1963. Sa voix, tout du moins au début, est souvent comparée à celle de Kate Bush. Tori Amos est ce que l’on appelle un prodige ! Dès l’âge de 3 ans, elle était capable de reproduire au piano des morceaux de chansons qu’elle avait entendues et composait ses propres titres. Tori a souvent répété qu’elle possède une forme de chromesthésie, c’est-à-dire un phénomène neurologique qui lui fait inconsciemment associer à chaque son une couleur différente. Et elle n’est pas la seule. Parmi les compositeurs les plus connus atteints de ce don on trouve Franz Liszt ou Leonard Bernstein !

Tori « voit » la musique, ce qui lui crée de grosses difficultés pour lire et écrire des partitions. Au bout quelques tentatives ratées de percer dans le monde de la chanson, elle se fait connaître du grand public avec son 1er album solo en 1992, LITTLE EARTHQUAKES et son single CRUCIFY ! Après 3 albums assez personnels et très acoustiques où Tori mélange les instruments et les genres, elle change de style et se rapproche de certains sons électriques voire électroniques pour la suite de sa carrière, sans oublier son fameux piano toutefois. Tori a composé de nombreux albums (16 au total), dont des titres classiques et une comédie musicale. Sans compter les reprises, les concerts et les compilations. La plupart de ses albums sont salués par la critique, mais les concepts totalement barrés qui s’en dégagent laissent souvent le public à distance, ce qui explique surtout son succès d’estime mais aussi une base de fans suffisante pour continuer ses projets sans avoir à faire de compromissions.

Influencée uniquement par sa vie, ses joies et les drames qu’elle entend ou qu’elle subit (elle a été victime de viol à l’âge de 22 ans), l’écriture de Tori est assez cryptique, voire totalement impénétrable. On pourrait rapprocher ses paroles de celles d’un Kurt Cobain par exemple. Pas étonnant donc que les thèmes abordés par Tori Amos dans ses chansons soient la religion (son père est un prêtre méthodiste), la sexualité, le pouvoir féminin (bien avant les #MeToo, ce qui la rapproche de PJ Harvey ou Liz Phair) et plus récemment, la politique.

Tori Amos en 1996 durant un concert
Licence Creative Commons
Source : Wikipedia

Est-il utile de présenter Neil Gaiman ? L’auteur britannique est né en 1960. Gaiman est un lecteur chevronné, qui entame rapidement des piges en tant que journaliste. Il devient alors ami avec Alan Moore, qui lui donne ses 1ers conseils. Gaiman reprend la suite de la série MIRACLEMAN après que son ami ait laissé tomber le titre. Il enchaîne alors les collaborations avec Dave Mc Kean qui le font remarquer de DC Comics et de son éditrice Karen Berger.
Après avoir effectué un 1er essai avec la mini-série BLACK ORCHID, Gaiman prend les commandes de la série SANDMAN, une réinvention d’un personnage du golden age qui va lui amener succès et notoriété. SANDMAN devient l’un des titres de comics les plus primés et les plus étudiés de tous les temps. Il introduit non seulement le personnage de Death mais aussi celui de Lucifer, dont est vaguement basée la série télévisée avec Tom Ellis (mais qui n’a strictement rien à voir). Il se lance alors dans l’écriture de romans de fantasy, avec NEVERWHERE, AMERICAN GODS et GOOD OMENS, co-écrit avec Terry Pratchett. Il a aussi écrit beaucoup de livres pour enfants, de scripts de films (BEOWULF de Robert Zemeckis, STARDUST et CORALINE). C’est même lui qui a signé la traduction en anglais de PRINCESSE MONONOKE ! Preuve de son importance et de son influence dans la culture geek, il fait une apparition dans un épisode des SIMPSONS !

Gaiman chez les Simpson
© Fox Broadcasting, Matt Groening
The Simpsons, saison 23, épisode 6

Si la connexion entre les 2 artistes est établie, où prend-elle sa source ?
Tout commence au début des années 90 lorsque Rantz Hoseley, un ami de Tori Amos, qui n’a alors pas encore enregistré son 1er album, fait découvrir à la chanteuse un comics qu’il adore : SANDMAN, et plus précisément l’épisode CALLIOPE ! Tori, qui n’a jamais lu un comic-book de sa vie, est particulièrement touchée par l’histoire. Rantz devient son fournisseur officiel de comics SANDMAN et Tori inclut une référence au Dreamking  (le roi des rêves) dans l’une de ses 1ères chansons. 
C’est à la San Diego Comic Con 1991 que les destinées des 2 artistes vont se croiser. En effet, alors qu’il se fait dédicacer des comics par Neil Gaiman en personne, Rantz glisse au scénariste une cassette contenant des démos de Tori en lui disant :  C’est une amie, elle a fait une chanson sur vous, ne l’attaquez pas en justice s’il vous plaît ! Gaiman écoute la cassette et remarque un numéro de téléphone au dos de la jaquette : il l’appelle et tombe directement sur Tori. Le lien est établi très rapidement. Les deux artistes passent des heures au téléphone et une complicité artistique et amicale se crée. Dès notre première rencontre, nous étions déjà de vieux amis , dit Gaiman en interview.

Au départ, Neil et Tori s’envoient de petits messages par crédits interposés mais l’influence de l’un sur l’autre s’avère nettement plus complexe que ce que l’on pense. En effet, en dehors des petites références ici ou là, il semble que Gaiman inspire Tori et inversement. Gaiman déclare par exemple que lorsqu’il est allé voir pour la 1ère fois Tori en concert, ses chansons et son spectacle lui ont permis de mettre en place toute la structure de la 2e partie de SANDMAN ! Il avait bien évidemment la ligne directrice de son histoire, mais l’agencement s’est produit durant le concert de Tori !
Un autre lien important entre les 2 artistes est bien évidemment le personnage de Delirium. Delirium a été créée depuis les débuts de la série SANDMAN, avant même que Neil ne rencontre Tori. Mais il ne lui avait encore jamais donné une forme avant l’épisode 41, publié en septembre 1992. D’abord pensée comme une jeune fille avec une coupe de cheveux multicolore, Gaiman demande à la dessinatrice Jill Thompson de calquer au fil de l’histoire le design du personnage sur celui de Tori. Gaiman n’hésite pas à dire que : Delirium s’inspire de Tori et inversement !
Depuis, les univers de Tori et de Neil ne cessent de s’entremêler et d’inspirer des personnages ou des paroles dans leurs œuvres respectives. En voici quelques exemples.

Lorsque Neil Gaiman a besoin d’un endroit calme pour écrire sa nouvelle STARDUST, Tori lui propose sans hésiter sa maison. À condition que Neil la place quelque part dans son histoire ! Gaiman s’exécute et Tori devient … un arbre aux feuilles rouges dans Stardust. Ce qui est à l’origine des paroles de Tori dans la chanson HORSES, tirée de son 3e album BOYS FOR PELE : Will you find me if Neil makes me a tree ?  (Me trouveras-tu si Neil me transforme en arbre ?).

L’arbre aux feuilles rouges de STARDUST est en réalité TORI !
© Neil Gaiman & Charles Vess
Neil Gaiman & Charles Vess’ Stardust #3

La chanson SPACE DOG se pare d’un très joli Where’s Neil when you need him  (où est Neil quand on a besoin de lui ?) et qui fait référence au fait que, comme on a pu le voir au-dessus, Neil Gaiman est un confident, un ami toujours présent. Alors que Tori est en tournée en Australie, elle a un réel coup de déprime et appelle son ami Neil en Angleterre, qui ne trouve rien d’autre que de lui lire sa dernière nouvelle durant des heures ! Apparemment, Tori paye toujours la note de téléphone ! Cette anecdote est une nouvelle fois abordée avec la phrase Get Me Neil on the Line  (Passez moi Neil au téléphone) dans la chanson CARBON de l’album SCARLET’S WALK

Le titre GOT A SISTER NAMED DESIRE  (j’ai une sœur nommée Desire) est plus qu’équivoque, puisque dans la bande dessinée SANDMAN, Delirium est la sœur de Desire. Le morceau est d’ailleurs assez complexe et totalement déstructuré, comme Delirium pourrait le faire.

On peut trouver aussi dans ses chansons des références aux Velvets (des créatures de son roman NEVERWHERE) ou à Mr Wednesday (personnage issu du roman AMERICAN GODS) dans l’album SCARLET’S WALK.

Si Neil Gaiman produit des textes pour les livrets de ses tournées, Tori Amos a écrit la préface du recueil de la série DEATH, THE HIGH COST OF LIVING.

La couverture du recueil DEATH THE HIGH COST OF LIVING, préface de Tori Amos
© DC Comics

Et parfois, la tragédie humaine dépasse la parenté artistique. Après son mariage, Tori a connu plusieurs fausses couches. Enfin enceinte, tout se passe bien jusqu’à ce que certains examens fassent craindre pour la viabilité de l’accouchement. Totalement paumée et en panique, Tori téléphone à Neil et lui demande d’écrire une prière pour sa future fille. Neil s’exécute et crée le texte BLUEBERRY GIRL. Texte qu’il refusera de publier avant de nombreuses années mais qui donnera, sous les pinceaux de Charles Vess, un album pour enfants particulièrement touchant. La naissance se passera sans problème finalement et Neil Gaiman devient le parrain de la petite Tash !

Si j’ai trouvé de moins en moins de références à Tori Amos dans l’œuvre récente de Gaiman, les deux ne sont pas fâchés, c’est elle qui chante sur la chanson de fin de la série télé GOOD OMENS. On peut d’ailleurs trouver une référence au roman dans le titre THE WAITRESS (I believe in peace, Bitch).

Intégralité de la discussion entre Neil Gaiman et Tori Amos
The British Library
Licence Creative Commons

Gaiman et Amos font donc partie de la même famille, littéralement. Ils s’auto référencent continuellement. Il n’est donc guère surprenant de constater la multitude de points communs dans leurs idées.

Tout d’abord, les 2 adorent les histoires, les écouter, les analyser et les retranscrire à leur manière. Tori Amos a l’habitude de se mettre à la place de personnages historiques ou inconnus, même si le ton personnel et cryptique ne nous donne pas immédiatement la clé. La chanson YES, ANASTASIA fait bien évidemment référence à la princesse Russe tandis que le titre JACKIE’S STRENTH nous dresse un parallèle avec la veuve du président Kennedy. Tout est une question d’histoire chez Tori Amos et la manière de les raconter pour susciter de l’émotion, de l’empathie. Tout comme chez Gaiman. Ce sont des conteurs. Ce qu’exprime Gaiman avec les mots, Amos les retranscrit d’abord musicalement. Autre point intéressant : les chansons de Tori et les textes de Gaiman ne sont jamais prescriptifs. Ils ne nous donnent aucune direction, aucun ordre de pensée. L’histoire est racontée via un filtre et chaque lecteur/auditeur peut en faire ce qu’il veut. Comprendre ce qu’il a envie de comprendre. Mettre ce qu’il veut derrière. Les deux auteurs, comme beaucoup, essayent de dépasser les formes, le corps pour aller directement au cœur. Cœur qui est représenté par un bijou dans SANDMAN n°9 et qui sera un objet important tout au long de la série.

Lorsqu’on parle d’histoires, on ne peut pas passer à côté de la mythologie. C’est encore une évidence pour Gaiman qui a toujours intégré des dieux issus de tous les panthéons dans toutes ses histoires (SANDMAN, AMERICAN GODS, ANANZI BOYS, NEVERWHERE). Tori Amos ne cache pas non plus sa fascination pour les divinités. Sa mère est à moitié amérindienne et forcément, elle a été baignée dans cette culture des esprits tout comme dans la religion chrétienne via son père. Le titre de son 3e album, BOYS FOR PELE, est une référence à la déesse hawaïenne du feu et de la violence. Les dieux, les muses, sont ce qui donnent de l’inspiration à Tori Amos. Pas étonnant donc que l’histoire Calliope de SANDMAN lui ait tapé dans l’œil.
Cette volonté de se confronter aux mythes américains les plus anciens trouve son apogée dans le disque SCARLET’S WALK (le dernier bon album de la chanteuse à mon goût) et le roman AMERICAN GODS. Si la forme est certainement différente, l’intention de départ est la même : aller rechercher les bases de la culture qui a formé les Etats-Unis via un voyage initiatique.

Blueberry Girl, la prière écrite par Neil Gaiman à la fille de Tori, devenue depuis sa filleule
© Neil Gaiman & Charles Vess
Publié par HarperCollins

Et puis il y a ce rapport au corps, au genre et à la sexualité. Tori Amos n’a jamais caché ses fantasmes les plus osés dans ses chansons. Son honnêteté par rapport aux désirs de son corps, au désir des autres lui a souvent attiré les foudres de la censure et de certaines ligues trop éprises de moralité. Tout comme Gaiman qui a dû composer avec les exigences de certains éditeurs de DC Comics. Depuis les années 1990, Tori Amos et Neil Gaiman militent dans leurs œuvres respectives pour l’égalité des droits, l’intégration. L’irrésistible attraction vers le péché de Tori lui a permis de conquérir le cœur de nombreux adolescents de l’époque en quête d’identité, ce qui lui a donné plus ou moins le statut d’icône gay. Sans pourtant, tout du moins au départ, en faire une revendication. Tori a souvent été entourée au début de sa carrière par des personnes de toute sexualité qui l’ont soutenu et aidée dans les pires moments. Elle a pourtant toujours affirmé une hétérosexualité féroce. Tori a en réalité conquis tous les publics par sa tolérance et son empathie près de 30 ans avant le mouvement #metoo. Un exemple surprenant ? Sa chanson (plutôt enjouée) CORNFLAKE GIRL part d’une conversation avec une amie africaine sur l’excision ! De son côté, Neil Gaiman a produit avec l’arc A GAME OF YOU de Sandman un plaidoyer absolu pour la différence et le genre. Sans en faire trop. Avec toute la légèreté que l’on puisse attendre. L’androgynie, la sexualité n’ont jamais posé de problèmes aux deux, qui ont souvent été accusés de pousser le bouchon un peu trop loin. Alors qu’il s’agissait avant tout d’œuvres personnelles et sincères. De fait, Tori Amos et Neil Gaiman ont été des figures emblématiques de l’intégration sous toutes leurs formes dans les années 90. Sans vouloir en faire le but de leur œuvre ni même un objet de revendication. Ce qui n’est plus vraiment le cas actuellement. On pourrait en effet trouver les deux artistes un peu trop revendicatifs sur ces sujets depuis quelques années et peut-être, un peu moins sincères ou plus dans l’air du temps. Ce qui est dommage car leurs œuvres passées font qu’ils n’ont pas besoin d’en rajouter.

Tori Amos et Neil Gaiman ont réussi à former une sorte d’écosystème artistique complet. Leur passion pour les histoires et la manière de les raconter a fait d’eux des amis, qui n’ont cessé depuis de continuer à s’inspirer et de rendre enthousiaste des lecteurs ou des auditeurs comme j’ai pu l’être il y a 20 ans.


La BO du jour :

Difficile de trouver une chanson qui représente le mieux les liens entre Tori Amos et Neil Gaiman. J’ai choisi CORNFLAKE GIRL, issu du deuxième album de la chanteuse UNDER THE PINK

℗ 1994 Atlantic Records

43 comments

  • JP Nguyen  

    « Bon, mon voisin ne lisait pas de comics et ne jurait que par 2 UNLIMITED. J’ai donc certainement dû lui faire perdre 15 minutes de sa vie. »
    Ce passage m’a bien fait rire et aussi ramené à ma vie d’étudiant, une période où je pouvais croiser dans les couloirs de la résidence des personnes assez différentes et faire quelques découvertes plus ou moins marquantes…
    Je ne suis pas fan absolu de Gaiman, mais j’ai plusieurs de ses bouquins sur mes étagères. Pour Amos… je crois que je ne connais que Crucified parce qu’elle passait à la radio…
    Bravo pour cet article fouillé qui explore et expose fort bien la relation entre ces deux artistes.

    • Doop O'Malley  

      Merci JP. Les anecdotes sur la vie en cité universitaire, je pourrais quasiment écrire un livre entier dessus. 😁

  • Surfer  

    L’univers de SANDMAN a toujours eu des références musicales.
    La représentation de Dream n’est autre que celle de Robert SMITH, John CONSTANTINE celle de STING… et Delirium se transforme en Tori AMOS.

    Cependant, je dois avouer que j’étais passé à côté de certaines références que tu abordes. Dans un article, au demeurant, très intéressant où j’apprends énormément de choses👍.
    Notamment sur les relations intimes entre les 2 artistes et leurs connexions dans leurs œuvres respectives.

    Même si je suis familier avec l’œuvre de GAIMAN, je confesse que je connais très peu de choses de Tori. Je n’ai dû écouter que ses chansons les plus incontournables ( Celles connues de tous). Je ne me suis jamais intéressé plus que cela à la musicienne et je n’ai jamais écouté un de ses albums en entier

    Sinon, je suis heureux que tu évoques la chromesthésie que tu qualifies de DON 🤔.
    Contant de savoir que Tori Amos est une super héroïne.😀😀😀

  • JB  

    Fascinante histoire commune et une belle influence mutuelle émanant d’une amitié qui traverse les années. Merci pour cette découverte !

  • Tornado  

    Merci de citer mon article MIRACLEMAN mais j’ai également écrit celui sur Neil Gaiman (j’en ai écrit un pour chaque tome paru en VF, donc quatre en tout (en attendant un hypotétique cinquième tome) : http://www.brucetringale.com/dans-la-matrice-du-monde-des-miracles-miracle-man-de-gaiman/

    Un article qui lie souvenirs, « secret origins » et culture geek. Cela faisait un moment qu’on n’en avait pas lu !
    C’est toujours intéressant et ça va bien avec l’identité du blog, je trouve.

    Je ne connais rien à la discographie de Tori Amos. C’est bizarre d’ailleurs, parce qu’à chaque fois que j’en écoute un titre comme ça, j’aime beaucoup (ce piano partout, je trouve ça assez ennivrant et j’adore ça chez un Elton John, par exemple) ! Et je ne sais jamais pourquoi je ne me décide pas à aller éouter un album entier !
    Merci pour cet éclairage, qui répond d’ailleurs à plusieurs questions, notamment celle de savoir pourquoi cette chanteuse est depuis le début une icône gay (je me suis souvent demandé si le piano à la Elton John y était pour quelque chose !). J’avais une copine lesbienne à Lille, dans les années 2000, qui n’écoutait QUE du Tori Amos, et je n’ai jamais osé le lui demander. Elle avait l’air tellement possédée dès qu’elle écoutait son idôle que je ne voulais pas interférer ! 😅

    Je ne savais rien non plus de cette connexion entre les deux artistes, n’ayant pas les clés pour les décrypter.
    Hier, je disais n’avoir vu aucune série TV de l’univers de Neil gaiman. J’avais oublié GOOD OMENS, que je n’ai pas beaucoup aimée et que j’ai trouvée ratée dans l’ensemble (je n’en garde pas beaucoup de souvenir en dehors de la tête des deux acteurs principaux, qui étaient plutôt géniaux, d’ailleurs).

    Merci beaucoup, j’ai appris plein de choses !

    • Doop O'Malley  

      Merci Tornado ! J’ai toujours été très sensible au son du piano. (je rêve toujours d’apprendre à en jouer) . Là cela relève de l’inconscient pur et dur. Du coup, c’est pour moi la chanteuse qui est arrivée au bon moment au bon endroit en fait. GOOD OMENS c’est vraiment pas bon.

        • Doop O'Malley  

          tu es ma Némésis 😁

          • Jyrille  

            🙂

            J’attends tes commentaires ! Cela dit, je crois que même JP n’a pas accroché. Tornado, je ne sais plus quoi faire pour lui ^^

        • JB  

          J’avais bien aimé, moi (article sur un site ami ^^). Et pourtant, j’avais adoré le roman et avais de grandes attentes.

          • Tornado  

            « Tornado, je ne sais plus quoi faire pour lui :
            Kwaaah ??? Mais j’aime tout, moi, à part Marvel, DC, le MCU, le DCverse, PREY, le rap, le punk et les comics old-school ! 😀

          • Jyrille  

            Ah cool JB ! Je vais lire ton article.

            Tornado, ça fait beaucoup non quand même ? Parce que OK le dernier Dr Strange ne vaut pas la série mais pas non plus autant de déception je trouve. Quant à Morrison et son Batman, il faudrait que je les relise, mais je n’ai pas du tout ressenti la même chose que toi. Alors que quand je repense au Watchmen de Zack Snyder, je ne comprends toujours pas pourquoi tu trouves ça bien alors que pour moi, rien ne va dans ce film. Rien de rien, bande-son incluse.

            Quand je vois ce que je cite dans mon bilan, je crois que rien ne t’intéressera en fait ^^

          • Surfer  

            @Jyrille,
            « rien ne va dans ce film. Rien de rien, bande-son incluse. »

            Nat King Cole, Bob Dylan, Simon & Garfunkel, Janis Joplin, Billie Holiday, Léonard Cohen, Jimi Hendrix, Nina Simone, Philip Glass.😯😯😯

            Voyons Cyrille… je m’attendais à un peu plus de discernement de ta part… En ce qui me concerne tous ces artistes sont dans mon panthéon.
            Je sais bien les goûts, les couleurs…tout ça.
            Mais là, je ne m’attendais pas cette réponse de ta part.

          • Jyrille  

            Je ne parle pas de la qualité intrinsèque de ces chansons ou musiques, mais uniquement de leur utilisation. C’est pas parce qu’un film ne va mettre que du son que j’aime qu’il va être bien.

          • Surfer  

            Ok ok, je comprends mieux. En fait c’est le film que tu n’aimes pas…Du coup ton appréciation musicale en est biaisée.

          • Tornado  

            Dr STRANGE c’est de l’hystérie bling-bling deux heures durant. Rien. Il n’y a rien d’autre à part deux minutes d’émotion à la fin pour Wanda et encore on le voyait venir. Je trouve ça vraiment nullissime.
            WATCHMEN il y a quand même vachement plus de fond quand même, malgré ses défauts (réels et dans mon article je crois me souvenir que je posais bien le pour et le contre, parce que je n’ai jamais dit que c’était un chef d’oeuvre). C’est un film que je me repasse volontiers alors qu’il est hors de question que je revoie les 9/10ème du MCU même sous la torture.

            Le Batman de Morrison : J’ai lu des caisses et des caisses de Batman, de toutes les époques. Je connais la plupart des classiques et plein d’autres trucs. Raison pour laquelle je trouve le dernier film ennuyeux qui ressasse ce qu’on a déjà lu 100 fois en mieux. Quant à Morrison j’ai écrit tout ce que j’en pensais sur le fil de discussion idoine. C’est un foutoir complet raconté sous acide. C’est trop facile de balancer 12 000 idées sans les agencer correctement et sans prendre le temps de planifier et de raconter une vraie bonne histoire. Quand on prend du recul et qu’on résume ce que Morrison a raconté sur sa cinquantaine d’épisodes, c’est assez lamentable comme il a monté ça. C’est ce que j’ai lu de pire de sa part. J ne comprends pas qu’on puisse se laisser berner par ce travail pourri.

            Dans mon bilan je dresse un état des lieux assez catastrophique des sorties cinéma de cette année 2022. Effectivement j’ai quasiment tout détesté. A l’opposé j’ai adoré presque toutes les séries que j’ai vu, y compris les STAR WARS qui se fond défoncer tous azimuts. Faut croire que je suis à contre-courant. C’est sans doute vrai.

          • Jyrille  

            C’est vrai qu’au ciné cette année j’ai pas vu grand-chose de fameux (mais bon j’ai pas vu NOVEMBRE), par contre je te suis complètement sur les séries MARVEL de Disney+. Y a que Ms Marvel qui est un peu pénible malgré de supers bons moments.

            Pour le Watchmen de Snyder moi c’est exactement le contraire. Je peux quasi revoir tous les films du MCU sans déplaisir (d’ailleurs j’ai vu ETERNALS et SHANG-CHI, c’est bien, surtout le second, vraiment top) alors que le Snyder c’est pas possible, je vois trop ce qui ne va pas et qui trahit la bd alors que c’est presque du plan par plan. L’avoir vu deux fois, c’est un exploit. Sur 300 ça colle mieux parce que politiquement Snyder est plus proche de Miller.

          • Tornado  

            Dans mon esprit, il a toujours été clair que WATCHMEN LE LIVRE et WATCHMEN LE FILM étaient deux oeuvres complètement distinctes. Quand je regarde le film je ne cherche pas à retrouver le livre. De toute façon je ne suis pas un grand amateur d’adaptations de BDs. Ça ne m’intéresse pas tellement sur le principe (je n’ai aucune envie de découvrir les adaptations de PREACHER et LOCKE & KEYS par exemple. Et je suis venu à THE BOYS et à WATCHMEN les séries TV uniquement à cause de vos articles). En tout cas, quand je regarde WATCHMEN LE FILM (je possède la version ULTIMATE CUT avec le dessin animé dedans), je passe un super moment de cinéma. Et 300 encore plus (punaise il faudra que je le fasse un jour cet article !).

          • zen arcade  

            Dans le film Watchmen, la piteuse scène d’amour entre Laurie et le Hibou au son du Hallelujah de Leonard Cohen suffit à faire du film une véritable pitrerie.
            Ca doit être un des trucs les plus ridicules que j’aie jamais vu au cinéma.
            Zack Snyder est un tâcheron.
            Dans un monde parfait, il serait livreur de pizzas.

          • zen arcade  

            J’ai trouvé mon compte d’excellents films en allant fureter un peu en dehors des grosses productions.
            Quelques films sortis cette année que j’ai trouvés magnifiques :

            * The souvenir I et II de Joanna Hogg
            * Petite nature de Samuel Theis
            * Il buco de Michelangelo Frammartino
            * Les poings desserrés de Kira Kovalenko
            * Qui à part nous de Jonas Trueba
            * Prayers for the stolen de Tatiana Huezo
            * Sous le ciel de Koutaïssi d’Alexandre Koberidze
            * Licorice pizza de PT Anderson

            Et j’en ai encore plein découvrir.

          • zen arcade  

            C’était une réponse à Jyrille à propos des films sortis en 2022.

          • Jyrille  

            Merci Zen Arcade. A part Licorice Pizza que je n’ai pas vu, je n’ai entendu parler d’aucun de ces films. Et encore, j’aimerais voir Everything Everywhere All at Once et Novembre, au moins.

          • Tornado  

            @Zen : Ahhahahaha ! Tu m’as bien fait rire avec Snyder ! 😅
            C’est vraiment très drôle. Et pas faux. Cela-dit, des scènes comme ça, y en a dans 540 trillions de films. Donc, pas une raison pour tirer à boulet rouge sur celui-là en particulier (parce que sinon, que dire de 99,99% des scènes des autres films de super-héros ???). De la mauvaise foi, j’appelle ça ^^.
            Je ne connais aucun film ni même aucun réalisateur de ta liste. Mais je reconnais que ma cinéphilie contemporaine est paresseuse. Je n’ai plus aucune curiosité artistique en dehors de ma zone de confort.

          • Jyrille  

            Pour en revenir au Watchmen de Snyder, Tornado, c’est ça qui me tue : tu es un cinéphile, sans doute bien plus éclairé que moi, mais tu ne ressens pas comme moi que c’est un film de bourrin, à tous les niveaux. Il n’a rien compris à son matériau de base et n’en prend que ce qu’il trouve iconique, pire, il le retourne en en faisant un objet bien plus violent qu’il n’est, ne sachant pas illustrer correctement ses images avec sa bande son (alors que la plupart des séries que je vois, même médiocres, le font très bien, me permettant bien souvent de découvrir des artistes ou albums intéressants), détournant des scènes lourdes de sens en des accès de colère infantiles (oui, je le dis) et le privant ainsi de toute sa complexité. Le meurtre pivot de Rorschach, ce n’est pas ça du tout, ceux de Dr Manhattan non plus. C’est la vision de Snyder et ce n’est pas la bonne. Quand je lis que c’est le meilleur film de super-héros jamais fait, ça me rend fou.

          • Doop O'Malley  

            Je plussoie totalement ZEN sur Watchmen et l’utilisation de la chanson de Cohen. Snyder, son meilleur film c’est Ga Hoole. Et désormais je ne peux plus entendre cette chanson sans penser à cette scène digne des pires austin powers. Dans les bons films de l’année, j’ai mis LICORICE PIZZA et BLONDE.
            Niveau série c’est chaud, et c’est certainement pas chez DISNEY que je vais trouver du bon. Bon, je ne regarde pas les STAR WARS. Et qu’on ne vienne pas me parler de Black Panther, peut-être le moins raté sur la forme. Mais alors le fond dégueulasse et cynique de la scène de fin m’a juste complètement dégouté. Pauvre Chadwick Boseman, ils se sont bien foutus de ta gueule.

          • Tornado  

            C’est pas faux tout ce que vous dites sur WATCHMEN (même si j’avais trouvé ça super comme idée, que le Hibou et le Spectre n’arrivent à faire l’amour qu’une fois leur panoplie de superhéros enfilée !). Quoiqu’il en soit, Snyder a réussi à faire son film. Et certainement qu’aujourd’hui il ne pourrait plus le refaire. Je le trouve attachant pour ça. Malgré ses défauts, ça reste le film d’un réalisateur et un film de super-héros qui sort des sentiers battus. Et un réalisateur qui, jusqu’à son SUPERMAN, ne m’a pas révulsé comme c’est le cas de beaucoup d’entre vous.

          • Tornado  

            @Cyrille : Je viens de relire mon article sur le film. En fait, toutes les questions que tu me poses trouvent leurs réponses dans l’article.
            A cette époque, j’étais assez fan de ce réal. Il venait de réaliser coup sur coup quatre films que je trouvais vraiment réussis en termes de pur cinéma de genre.
            J’ai commencé à déchanter à partir de MAN OF STEEL et j’ai jeté l’éponge après BATMAN Vs SUPE. Peut-être que je serais plus critique si je devais écrire un article sur WATCHMEN LE FILM aujourd’hui. Mais je continue d’aimer ce film et de prendre plaisir à le regarder comme un grand spectacle généreux et bien fait, avec son identité propre, et non comme un blockbuster désincarné qui me donne l’impression de répondre à un cahier des charges.

          • Jyrille  

            Je comprends ce que tu dis, Tornado, et tu as raison sur le fait qu’il a une vraie identité et ne semble pas répondre à un cahier des charges (sauf celui de suivre le livre à la lettre sauf pour le poulpe, ce qui est un peu aberrant, et qui sera corrigé par Lindelof dans la série. Apparemment c’est un des premiers trucs qu’il a dit en réunion, « On fait le poulpe »).

            Je n’ai pas vu tous les Snyder, mais ce type ne m’a jamais épaté (les ralentis bidons, c’est vraiment pas du cinéma). Pour moi, son travail le plus sincère, je pense que c’est Sucker Punch, un gros délire bien défouloir, et j’ai revu à la hausse BATMAN V SUPERMAN mais uniquement sur sa première partie. En fait, la scène de combat de Batman dans le hangar de ce film est sans doute la meilleure scène de combat de Batman, tous films confondus. Alors que toutes les scènes de baston de WATCHMEN, je les trouve nulles.

          • Surfer  

            Alors moi, je n’ai pas honte de dire que je trouve la scène d’amour entre Laurie et le Hibou excellente.
            J’en rigole encore 😀😀😀.

            Faut comprendre les gars…Le mec n’arrivait pas à conclure avec une créature de rêve digne de pouvoir faire redresser la zigounette de mon grand-père.
            Et puis…après avoir enfilé le costume de super héros le miracle se produit !
            Moi je dis….HALLELUJAH😀😀😀

            Une chose est sûre, je trouve cette scène moins vulgaire que celle de la pipe dans BLONDE.
            Vous savez cette petite gâterie à Kennedy filmée en gros plan…qui dure….qui dure…qui dure…
            Ok ça va, c’est bon…. on a COMPRIS
            J’ai horreur du cinéma putassier.

            Pour en revenir à Watchmen, je trouve que dans le genre SUPER HÉROS c’est un bon film !
            Il est est, en tout cas, à des années-lumière de ce qu’a pu nous proposer jusqu’à présent le MCU et le DC verse.
            Putain, rien que de penser à ces univers cinématographiques j’ai la nausée et des boutons partout 🤢
            Et les boutons cela dénote avec ma jolie peau argentée☹️

          • Tornado  

            Entièrement d’accord avec toi sinon que je n’ai pas encore vu BLONDE. Je trouve aussi que la scène d’amour dans WATCHMEN est plutôt marrante et bien trouvée. Même si elle aurait pu être plus rock’n roll avec un autre titre.

          • Doop O'Malley  

            T’es sérieux Surfer ? Là tu compares quand même des scènes totalement incomparables. La scène dans BLONDE apporte un malaise terrible. Elle démontre la soumission imposée par les puissants aux femmes de l’époque. Heureusement que ca dure. Quand même ! Celle du hibou est en revanche ridicule dans la mesure où elle n’est pas subtile. Explication : ils sont en costume ils baisent. On a compris. Non. Snyder en rajoute une deuxième couche en nous montrant l’acte pendant longtemps. Donc 2eme rappel. Là dessus tu balances Halleluiah (3e rappel) et le vaisseau qui balance des flammes au moment où (4e rappel). Là on est sur du lourdingue. Le mec qui te dit « eh t’as compris, t’as compris ». Et ça, je trouve ca naze. Le truc manque clairement de finesse. C’est la différence un peu entre un gars qui va te faire une blague malaisante pour faire réagir sur un sujet fort et l’autre qui te fait une blague de prout et qui te demande 3 fois si tu l’as bien comprise.

  • Présence  

    Excellente surprise : j’aime beaucoup Tori Amos (15 de ses 16 albums studios figurent dans ma CDthèque) . J’ai commencé à plonger dans sa discographie, juste avant American Doll Posse (2007). Pour la petite histoire, c’est en lisant le blog de Neil Gaiman que j’ai découvert leurs liens et que m’est venue la curiosité d’écouter un album. J’ai commencé par la compilation Tales of a librarian.

    Dans ton article, les références à Sandman me parlent toutes et je découvre donc les passerelles avec les chansons de Tori Amos, que je ne connaissais pas. Merci beaucoup pour cette riche visite guidée.

    • Doop O'Malley  

      Merci ! Moi ca a vraiment été la rencontre de deux univers

  • zen arcade  

    Merci pour cet article.
    Vu que je ne me suis jamais intéressé à la musique de Tori Amos, je ne connaissais pas le lien entre elle et Gaiman.
    J’ai appris plein de choses.

    « L’androgynie, la sexualité n’ont jamais posé de problèmes aux deux, qui ont souvent été accusés de pousser le bouchon un peu trop loin. Alors qu’il s’agissait avant tout d’œuvres personnelles et sincères. De fait, Tori Amos et Neil Gaiman ont été des figures emblématiques de l’intégration sous toutes leurs formes dans les années 90. »

    Ben oui, bien avant les termes actuels, on appelait ça la culture queer.
    Il en reste le Q du LGBTQIA+

  • Doop O'Malley  

    Merci Zen. Et effectivement dans les années 90 ils ont poussé le bouchon assez loin. Et c’était parfait !

  • Jyrille  

    Un article comme je les aime : atypique. Merci de partager ces moments de vie avec nous Doop, je vois tout à fait ce que tu veux dire lorsque tu parles de chambre universitaire et de rencontres de deux univers.

    Je n’ai jamais réussi à accrocher à Tori Amos, j’ai tenté plusieurs fois, plusieurs albums, mais je n’arrive jamais à entrer dans ses musiques. Du coup je n’avais aucune idée de ce lien si fort entre Sandman et son premier album.

    « je dois vous avouer que ce petit retour en arrière m’a fait énormément de bien » C’est exactement ce que j’ai ressenti hier soir en sortant du concert de Wet Leg. Des jeunes qui font de la musique de vieux avec le même esprit bordélique qu’à l’époque, j’ai été propulsé trente ans en arrière.

    Très content de te lire citer Liz Phair ! Je ne connais que son premier album mais je l’ai usé. Je savais même jouer et chanter FUCK AND RUN à la guitare.

    J’ai toujours le recueil DEATH à lire, et je dois relire l’Overture avec JH Williams III aux dessins.

    Merci donc pour tous ces exemples et leur analyse, je me pencherais peut-être sur les titres de Tori Amos que tu cites un de ces quatre. L’histoire de la prière est très touchante, ça donne envie de trouver le livre pour enfants, surtout que de ce que j’ai lu de lui sous forme romancée, CORALINE est son meilleur boulot (en plus j’ai une édition avec des illustrations de Dave McKean alors bon).

    J’ai beaucoup apprécié ton paragraphe sur l’intégration des genres et le fait que Tori soit une icône gay (comme Kylie Minogue, que j’aime). C’est pertinent, bienvenu et un rappel qui fait du bien.

    La BO : sympa mais je n’y trouve pas assez de satisfaction, je ne sais pas pourquoi. Et là ça sonne pourtant très Kate Bush !

    • Doop O'Malley  

      Je me suis entre l’écriture de l’article et sa publication procuré le fameux livre. C’est extrêmement émouvant, surtout quand on sait ce qu’il y a derrière.

  • Bruce lit  

    Superbe exercice de littérature comparée couplé à des spéciales origines fondamentalement attachantes : le récit de parcours de lecture avant qu’internet ne prémâche le travail.
    Tu es ici chez toi Doop, même avec une artiste que j’apprécie sans plus.
    J’avais acheté l’album où elle allaite son cochon, typiques des 90’s où dans mon souvenir tu avais 5 ou 6 chansons formidables et le reste de remplissages.
    Inconsciemment mon esprit résistait à ce côté 1er prix de conservatoire que je trouvais pénible (et c’est encore pire chez Amanda Palmer, la femme de Gaiman). Ton article me permet de comprendre pourquoi : j’ai beaucoup de mal avec les artistes militants et je bloque sur 90’% d’entre eux. C’est pourtant très fort de faire une chanson sur l’excision, une cause qui m’est chère, ayant eu à soustraire une petite fille à cette pratique barbare dans mon métier.
    Mais je respecte la musicienne et la personne. Je crois même qu’elle a été brièvement en couple avec Trent Reznor et qu’un épisode fausse couche leur est attribué.
    Les deux se sont trouvés effectivement. Je me rappelle très bien de ce road movie irrésistible entre Dream et Delirium même s’il est évident que les premières apparitions du personnage ne correspondent pas à la personnalité de Tori Amos.
    J’avais acheté aussi son album de reprises que j’avais trouvé assez quelconque. Mais je vais réécouter tiens. .

    • Doop O'Malley  

      Merci Bruce !
      Oui, elle a été avec Trent Raznor. D’ailleurs là aussi à mon sens y’a pas mal de liens musicaux entre les deux. En toute franchise, je reste coincé sur les 3 premiers albums. Je vois parfaitement le côté 1ère de la classe, mais moi je ne sais pas, j’y ai trouvé une sincérité monstrueuse, un regard sur soi assez cru. Et effectivement, depuis qu’on est dans du militantisme, ca me passionne beaucoup moins.

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour mon Doopinet,

    c’est fou comme j’ai l’impression d’avoir déjà lu cela des dizaines de fois et en fait non. Depuis que l’on se connait, tu restes associer pour moi à l’univers de Gaiman (et son SANDMAN) et aussi Tori Amos.

    Et pourtant j’ai appris plein de chose. Impressionné par les références, les parallèles, les tranches de vie dévoilées sans voyeurisme (bravo pour cela). Et puis c’est quand même une sacré histoire d’amitié, comme je les aime.

    Clairement un article référence, comme je les aime, qui me fait ressortir mes Gaiman (bon malheureusement il y aura en priorité Carlos Pacheco qui leur volent la vedette).

    Je me rends compte également que je n’avais jamais écouté Tori Amos alors que j’ai entendu son nom tellement de fois. J’aime bien, je ne sais pas pourquoi cela me fait penser à du Cyndi LAUPER.

    • Doop O'Malley  

      Merci mon FLETCH. Effectivement, pour un premier article (chronologiquement), je suis resté dans ma zone de confort… Content de voir que je n’avais pas tout rabâché et qu’il restait des choses à dire !

  • Kaori  

    Bravo pour ce (faux) premier article ! J’ai adoré, ce côté personnel, tranche de vie, tout en nous instruisant.
    L’histoire derrière Tori Amos est très touchante, j’y suis d’autant plus sensible en tant que femme.

    Comme JP, je ne connais Tori que par son CRUCIFY. Je me rappelle qu’à l’époque, j’étais aux anges. Une belle rousse aux yeux bleus avec une superbe voix. (oui, j’étais dans ma période « folle des rousses… »). Mais pas au point de m’intéresser réellement à sa musique.

    Merci pour cet article qui montre que les vraies amitiés entre homme et femme, ça existe ! Je trouve ça très beau 🙂 .

  • Eddy Vanleffe  

    Enquête passionnante sur deux carrières qui se saluent tour à tour…
    bon je ne connais pas Tori Amos des masses, mais c’est assez formidables ces deux univers « soeurs »

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