ELISE ET LA BÊTE SOCIALE (Elise et les nouveaux partisans)

Elise et les nouveaux partisans de Dominique Grange et Jacques Tardi

Un article de FLETCHER ARROWSMITH

VF : Delcourt

© Editions Delcourt

Cet article portera sur ELISE ET LES NOUVEAUX PARTISANS, une bande dessinée de 176 pages sortie en 2021 chez Delcourt, fruit du témoignage de Dominique Grange et mis en image par Jacques Tardi,

Après une introduction sur les manifestations du 17 octobre 1961 à Paris,  ELISE ET LES NOUVEAUX PARTISANS démarre en 1971 par l’explosion accidentelle d’un cocktail Molotov dans un immeuble parisien du 19e arrondissement. Convalescente et alitée, Elise se remémore son parcours, celui d’une jeune chanteuse Lyonnaise qui en 1958 monte sur Paris pour croquer la vie à pleines dents. 10 ans plus tard elle se retrouve entrainée dans le tourbillon de Mai 68. Terminé les cabarets, le show-biz, les émissions télés, Guy Béart, désormais Elise chantera dans les usines au contact des ouvriers, embrassant les mouvement contestataires et maoïstes, luttant contre les injustices sociales, la précarité, l’intolérance ou encore le racisme.

Au fur et à mesure que l’on avance dans ce nouveau Tardi on remarque que l’on abandonne une construction linéaire classique pour basculer sur des séquences flashback, qui sont autant de vignettes témoignages d’évènements sociétaux à portée historique. En cela, les quelques 178 pages d’ELISE ET LES NOUVEAUX PARTISANS promettent alors une lecture dense méritant une attention plutôt soutenue. L’action laisse la place à une photo géante, panorama de 20 ans de lutte révolutionnaire.

Elise et les nouveaux partisans : bande annonce
© Editions Delcourt

L’engagement de Dominique Grange et Jacques Tardi à travers ELISE ET LES NOUVEAUX PARTISANS est totale. Peut-être par sa proximité avec Jacques Tardi (c’est son mari) ou par pudeur, Dominique Grange ne s’attarde pas sur son passé sentimental, à peine quelques miettes de sa vie privée, qu’elle délaisse au profit de son parcours de militante. D’un autre côté cela permet un focus sur l’esprit de camaraderie qui existait, bonnes et mauvaises amitiés d’ailleurs.

La surprise de la lecture d’ELISE ET LES NOUVEAUX PARTISANS provient assurément du fort différentiel qui se crée entre la promesse de l’album et les diverses réflexions auxquelles le lecteur se voit confrontées. J’étais venu pour lire le parcours d’Elise, jeune femme de son époque traversant Mai 68, au son d’une BO rock engagée, dans une narration de style « tranche de vie ». Quelques heures de lecture plus tard, la vie d’Elise a surtout débouchée sur un certain nombre de remise en cause des pouvoirs en place et surtout plus de questions que de réponses :
– Pourquoi Maurice Papon était en place en 1961 ?
– Mai 68 jeu de dupes ?
– Des chanteurs dans les usines après mai 68 
– La France déjà un état policier ?
– Et la guerre d’Algérie, vous en savez quoi en fait ?
– La mort de Pierre Overney assassiné par un vigile de l’usine Renault de Boulogne Billancourt qui fit grand bruit ?

…. Autant de marqueurs historiques dont j’étais passé à côté ou sans connaissance approfondie particulière. Cela donne un nouvel éclairage à l’histoire moderne de notre pays. Les évènements passés viennent répondre aux contemporains, d’autant plus quand on constate la violence sociale dans laquelle notre pays s’enferme de plus en plus. En cela ELISE ET LES NOUVEAUX PARTISANS trouve donc écho dans les luttes actuelles, celle des retraites mais aussi les Gilets Jaunes ou Notre Dame des Landes. De par le passé de militante de Dominique Grange, le parti pris est évident et sans concession sur les violences policières et la lutte des classes.

Petite ratonnade entre amis casqués
© Editions Delcourt

L’introduction sur le 17 octobre 1961 en pleine guerre d’Algérie ouvre sur l’Immigration des travailleurs magrébins d’après-guerre et les bidonvilles formés en périphérie de la couronne parisienne. Une période pas très glorieuse et passée sous les radars dans les manuels d’histoire.

Beaucoup d’acronymes dans le méandre des organisations et des pouvoirs en place rendent la lecture hachée, exigeante, comme si on n’avait finalement pas le droit de prendre ces fragments d’histoire à la légère. Cela traduit l’agitation et la complexité sociale d’une époque bien souvent résumée à un Mai 68 fourretout et une bande de soixante-huitards rêveurs.

Elise est-elle sympathique ? Difficile à dire surtout quand on sait qu’elle est l’avatar de la scénariste de l’album. Dominique Grange explique avoir souhaité la création d’Elise, son double pour apporter une certaine une certaine distance avec des faits qui se sont déroulés il y a plus de 50 ans. Le choix du prénom s’est fait à partir du roman de Claire Etcherelli, ELISE OU LA VRAIE VIE.

Elise chante (la chanson LES NOUVEAUX PARTISANS notamment ) dans les usines, pour motiver et soutenir les ouvriers en grève, leur apporter des moments de détente et de joie, de rassemblement et d’unité. A l’image des chants des esclaves noirs dans les champs de coton des états américains du sud, on redécouvre que la musique est un formidable instrument de lutte et de contestation, peu souvent évoquée. Elise, la Joan Baez française des années 60-70 ?

Dominique Grange interprétant la chanson titre
© 2013 Juste Une Trace & Dominique Grange

 Face à un état brutal inféodé à une bourgeoisie dominante, dès les premières pages on se met à rêver à vivre par procuration à ce moment de jeunesse mouvementé. Mais ce que nous montre également Dominique Grange c’est l’envers du décor, loin des clichés d’une révolution bohème : drogue (qui entrainera la mort d’un des compagnons d’Elise), violence et radicalité, idéologies blessées, pouvoir des petits chefs des groupes révolutionnaires, lendemains difficiles voire un séjour en prison extrêmement dégradant. L’image d’Epinal du révolutionnaire aux cheveux longs et aux 3 accords à la guitare est souvent douchée par la dureté de la réalité même si la cause est juste et l’engagement profond. Ces nuances apportent un peu de fraicheur à un récit âpre et finalement humanise Elise en la rapprochant du costume du citoyen ordinaire.

On peut ne pas adhérer aux moyens de lutter et aux idées proposées, trouver cela bien ennuyeux à lire, trouver les personnages antipathiques ou tout simplement ne pas se situer du même bord politique. Dominique/Elise ne se pose pas en victime en offrant un regard assez lucide sur cette période, même son séjour en prison. Néanmoins l’engagement d’Elise ne laisse pas indifférent. Surtout quand on voit la tendance de la classe politique actuelle à réécrire l’histoire, à l’embellir en dévoyant le sens et la portée des évènements et à ne garder que certaines décisions et traits de caractères des grands hommes. En cela la lecture d’ELISE ET LES NOUVEAUX PARTISANS ne peut pas faire de mal et me semble même hautement recommandée pour certains édiles ou prétendus représentants du peuple. Il suffit juste d’admettre que rien n’est finalement ni tout blanc ni tout noir.

Lutter pour voir les sourires revenir sur les visages de nos gosses
© Editions Delcourt

Pour une œuvre historique de Tardi, dont on attend le prochain ADELE BLANC SEC bientôt, on s’éloigne des romans graphiques références comme LE CRI DU PEUPLE ou STALAG 2B qui possèdent une écriture plus romancée. Les dessins de Tardi, toujours en noir et blanc, deviennent presque secondaires tant c’est le récit d’Elise qui prend le dessus en termes de narration. L’art séquentiel passe au second plan se tournant plus vers l’illustration d’un témoignage, à la manière d’un reportage imagé. Les planches, bien que fournies, proposent des cases claires et toujours lisibles où le grondement de la colère sociale et le bruit des matraques transpirent sans peine. ELISE ET LES NOUVEAUX PARTISANS a fait l’objet d’un travail de recherche important. Pour Dominique Grange et Tardi c’était important pour assurer de la crédibilité dans le parcours d’Elise.

 L’imagerie d’ELISE ET LES NOUVEAUX PARTISANS est celle d’un témoignage orienté et engagé présentant une facette d’une vie de lutte.  C’est un parti pris qu’il faut savoir accepter quand on rentre dans le cœur du récit, les premières planches étant trompeuses. Un recul et une certaine distanciation seront nécessaires pour que le lecteur apprécie à sa juste valeur cette tranche de vie militante. Il y également un risque d’empathie exacerbé car la critique du pouvoir, des forces de l’ordre et le rêve d’un monde meilleur et plus juste sont des thèmes faciles à porter. En 1968 Dominique Grange a définitivement embrassé une vie de lutte, qui continue de nos jours. Dominique – Elise – Adèle, Jacques Tardi n’en a pas terminé avec ses femmes fortes et engagées qu’il apprécie tant qu’il a épousé une.

Dominique Grange et Guy Beart interprétant FRANTZ. Mai 68 tape à la porte…
© Ina chansons

BO

24 comments

  • Nikolavitch  

    Tardi, ça a toujours été deux choses : un homme en colère, et un maniaque de la reconstitution. du coup, sur ce genre de projet, il joue à domicile.

    encore un album qu’il faudra que j’aille voir de plus près, tiens.

    • Fletcher Arrowsmith  

      Bonjour Alex,

      un homme en colère, et un maniaque de la reconstitution c’est tout à fait cela.

      Il jour d’autant à domicile qu’il parle de sa femme.

  • Tornado  

    Je ne suis pas du tout un inconditionnel de Tardi. Je ne suis jamais complètement arrivé à m’immerger dans son univers graphique et sa narration très documentaire. Ses planches agissent systématiquement comme des repoussoirs pour mes yeux de lecteur. Et leur lecture m’ennuie. Ce n’est juste pas mon univers.
    C’est dommage. Il a de bons sujets. J’ai lu STALAG 2B dont le contenu était passionnant mais ça n’a pas pris pour autant.
    Ici le sujet m’intéresse tout particulièrement (je suis passionné par cette période qui correspond à ma naissance (entre 1965 et 1975) avec la chute de tous ces idéaux, celle des 30 glorieuses et l’avènement de notre monde moderne effrayant. A voir…

    La BO : Idem pour Léonard Cohen. J’y suis totalement hermétique. Autant qu’avec Springsteen, même si ça n’a rien à voir.

    Très bon article, nonobstant ! 🙂

    • Fletcher Arrowsmith  

      Bonjour Tornado,

      alors je ne suis pas un inconditionnel de Tardi. Je n’aime pas tout mais quand il s’approprie un matériel d’origine d’exception il peut être bon le boucle (LE CRI DU PEUPLE, LA DEBAUCHE). ELISE ET LES NOUVEAUX PARTISANS m’a quand même assez dérouté.

      Je n’ai pas terminé STLAG 2B, il me manque le troisième et dernier tome, mais sacré témoignage en effet.

      La BO, j’adore Leonard Cohen et spécialement cette chanson, qui reste ma préférée du poète, me renvoyant à des souvenirs d’enfance.

  • Surfer  

    Salut Fletch,

    On commence par la BO, je ne dirais qu’une chose : MERCI 🙏
    Merci d’avoir proposé cette chanson. Léonard Cohen sublime cette complainte mélancolique . Sa version est magistrale. Une ode à la liberté…un pur chef d’œuvre.

    Concernant la BD, j’aime beaucoup TARDI et c’est un bon point 😉
    En particulier ces BDs sur la première guerre mondiale et ses adaptations des œuvres de Léo Malet.👍

    Malheureusement concernant le thème de la BD je suis un peu moins enthousiaste. Cela ne m’intéresse pas plus que ça.
    C’est une période que je n’ai pas connu. Un peu trop jeune malgré mon âge avancé 😉.
    Bon après, c’est vrai que le thème est tristement d’actualité et cette BD peut effectivement aider à mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui.
    Et puis, sans cette lutte des classes il n’y aurait probablement pas eu d’avancée sociale.
    Mais, je vais être honnête : bien souvent je ne me sens pas concerné par les revendications des uns et des autres qui se font de plus en plus pour tout et n’importe quoi.

    De toutes ces grèves je ne retiens qu’une chose : C’est que cela emmerde tout le monde, même ceux qui n’ont rien demandé.☹️

    • Fletcher Arrowsmith  

      Bonjour Surfer,

      merci pour ce retour chaleureux, notamment sur Léonard Cohen.

      Une bd, assez âpre finalement mais qui trouve beaucoup d’écho avec l’actualité et les luttes modernes.

      Hasard du calendrier, la publication cette semaine quand notre gouvernement utilise des réquisitions pour casser le droit de grève tombe à pic.

  • phil  

    Excellent papier
    Ado je détestais presque Tardi, un peu plus tard, vers 18 ans, j’y étais indifférent, et depuis une dizaine d’année je suis un fan absolu, et je lis toute sa prod (dans qques heures je file acheter le dernier Adèle B.S)

    Ce livre du duo est excellent, et tu as bien résumé
    petit bémol, je n’ai pas compris pourquoi elle anonymisait des perso connus croisés; Ayant eu la chance de rencontrer le couple j’ai posé la question à Dominique Grange qui ne m’a pas répondu avec conviction (une histoire de volonté de rester un peu fictionnel et discret, mais pourtant certains ne sont pas anonymes!?)
    Qu’importe c’est un très bon livre

    • Fletcher Arrowsmith  

      Bonjour Phil,

      cool ton passage ici. Pour mon article je me suis appuyé sur une interview de Dominique Grange et Jacques Tardi et comme toi je n’ai pas été complètement convaincu par les arguments sur la distanciation et le changement des noms. Peu de fiction à l’arrivée pour une histoire très fidèle, le couple revendiquant même beaucoup de recherche pour être dans le vrai. Cela évite peut être à Dominique G et son entourage d’éventuels ennuis ou poursuites à la lecture de leur passé. Ainsi cela reste une œuvre de fiction et pas un témoignage (ou des aveux ?).

      Finalement qu’importe pour le lecteur, les propos sont forts.

  • Présence  

    Encore un article de haut vol : décidément la rentrée sur Bruce Lit est d’une qualité extraordinaire.

    J’ai eu la chance que Tornado m’offre le premier tome de Stalag IIB qui fut une expérience de lecture singulière, du fait de la forme de la narration très contrainte (une mise en page quasi systématique de 3 cases de la largeur de la page, pour chaque page). J’ai lu les tomes 2 & 3 depuis.

    Du coup, j’ai offert Élise et les nouveaux partisans à ma mère pour Noël dernier. La lecture l’a enchanté à double titre : la possibilité de se replonger dans une époque qu’elle a vécu étant jeune, et également l’effet de mise en perspective. Dans ces deux perspectives, elle a trouvé la reconstitution d’une grande fidélité à ce qu’elle a pu observer autour d’elle.

    J’ai donc beaucoup apprécié de pouvoir découvrir cette bande dessinée (que je n’ai pas lu avant d’offrir, une fois n’est pas coutume) avec ton article.

    Pour commencer, ta liste de question est très éclairante sur les bizarreries de la construction du présent de l’époque avec les éléments du passé (Maurice Papon par exemple). J’ai également bien aimé ton développement sur Élise est-elle sympathique ?, la situation en miroir avec notre présent, et l’absence de vernis romantique sur les partisans.

    • Fletcher Arrowsmith  

      Salut Présence,

      forcément, en grand maitre chroniqueur de la bd au sens large, tes commentaires sont attendus. donc je prends avec beaucoup d’humilité tes remarques.

      Je trouve aussi que cette rentrée est brillante. La faute aux contributeurs, les Maverick (oui on est en 2022) de la critique.

      L’interrogation sur la sympathie d’Elise s’est vraiment posé. La cause est juste mais les moyens …. On n’a pas le droit d’affirmer que tout est blanc ou noir. C’est clairement une œuvre qui ne plaira pas à tous le monde, il faut quand même avoir une ouverture d’esprit et une connaissance de l’histoire et sa mise en perspective pour se lancer dans une telle lecture.

      • Présence  

        Après sa lecture, une des remarques de ma mère était que les activistes (soyons 2022) faisaient plus que de simples actes de désobéissance, comme tu le fais observer. Les partisans avaient recours à des moyens illégaux de type violence et radicalité, pour reprendre tes termes. C’était vraiment passer de l’autre côté de la loi.

        Les bidonvilles formés en périphérie de la couronne parisienne : je me souviens que ma mère m’avait emmené à une exposition au CNIT (Centre des nouvelles industries et technologies sur le parvis de la Défense) avec une exposition photos montrant le site : de vrais bidonvilles, avec un habitat précaire (et encore qualifier des cabanes de fortune d’habitation est peut-être exagéré), sans eau courante, ni assainissement, ni électricité.

  • Jyrille  

    Super article où j’apprends plein de choses. Je suis une buse en histoire, encore plus sur l’histoire française de cette époque. Tu as bien raison de parler de la guerre d’Algérie : à l’armée, lors de son discours de fin de classes (ou à la moitié enfin bref), le colonel ne l’a pas du tout citée, contrairement à toutes celles contre l’Allemagne, ce qui m’a scandalisé.

    Je connais peu Tardi en fait. J’en ai lu plusieurs, je possède un bon polar typique des années 80 (Tueur de cafards), une courte adaptation de Léo Malet (Nestor Burma / Une gueule de bois en plomb) et ICI-MÊME avec Forest que tu trouveras sur le blog. Je n’ai jamais été un grand fan du monsieur, par contre, j’ai tous ses vieux Adèle Blanc-Sec en format Librio et ça j’adore. Je me dis souvent que je devrais les racheter en format normal. Je crois que souvent, le documentaire ou la bd historique m’ennuie.

    Ici ça a l’air super, donc je la lirai si possible, mais je ne courrais pas l’acheter. En tout cas merci pour avoir mis cette bd en lumière, cela m’interroge en effet.

    Pour les musiques j’essaierai les chansons de Grange plus tard, je ne connais pas du tout, pas comme le titre de Cohen que je connais très bien. As-tu déjà entendu la reprise de ce titre par 16 Horsepower et Bertrand Cantat ? Elle vaut le coup.

    • Présence  

      La guerre d’Algérie : ayant commencé la lecture de la série Carnets d’Orient, de Jacques Ferrandez, récemment, je suis allé consulté de nombreuses pages wikipedia sur le sujet pour essayer de comprendre ce que je lisais.

      Petit extrait :

      L’expression « guerre d’Algérie » a été officiellement adoptée en France le 18 octobre 1999, mettant ainsi fin à l’appellation officielle d’opérations de maintien de l’ordre. Précédemment, le terme officiellement employé à l’époque par la France était « événements d’Algérie ». L’expression Opérations de maintien de l’ordre en Algérie a également été utilisée officiellement.

      • Jyrille  

        Ah tu m’apprends un truc. Mon colonel ne pouvait donc pas en parler en 1997…

        • Fletcher Arrowsmith  

          Je pense surtout que l’on en pas fini avec la guerre d’Algérie et ses atrocités. De par mon sang j’ai un rapport particulier avec l’Algérie et l’introduction de ELISE ET LES NOUVEAUX PARTISANS montre bien ce que l’on a voulu nous cacher.

          Et puis les violences policières, encouragées par les gouvernements, sont toujours d’actualité, malheureusement.

          Merci Cyrille de me lire.

  • Doop O'Malley  

    Bien joué Arrow, tu m’as presque donné envie ! Mais là, j’ai trop de choses à lire.
    Superbement bien écrit !

    • Fletcher Arrowsmith  

      Merci Doop.

  • Bob Marone  

    Intéressant article qui me donne bien envie de lire cet album dont le sujet me faisait pourtant craindre le pire. Autant j’ai adoré le Tardi un peu anar d’Adele Blanc Sec, le nostalgique de la Commune, le pacifiste qui vomit la guerre de 14 tout en en ayant la fascination, l’illustrateur hors pair de Céline et Manchette, autant je craignais le militantisme dégoulinant de cet album. Faudra que je le lise pour le faire une idée.

  • JP Nguyen  

    Merci pour cette présentation très claire et pondérée de cette BD.
    Je ne suis pas un fan du trait de Tardi. A chaque fois que j’ai essayé de lire un de ses bouquins, en magasin ou en médiathèque, je n’ai pas accroché. Un truc avec l’esthétique de ses personnages… Et pourtant, je suis capable de m’intéresser aux Bidochon, à Bill Baroud ou aux Idées Noires de Franquin, ce n’est donc pas uniquement une histoire de « beau » dessin… je ne sais pas trop l’expliquer.
    Pour le côté historique, je suis plus facilement happé par les documentaires que peuvent proposer la 5 ou Arte. Aussi, malgré toutes les qualités bien mises en valeur, je passerai mon chemin sur ce coup-là…

  • Bruce lit  

    Hello FLETCH
    Un article limpide qui sait faire la distinction entre ceux que tu attends et ceux que tu obtiens.
    Hormis LE VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT, toutes mes tentatives pour me Tardiver se sont soldés par un échec cuisant.
    Je n’accroche pas avec ce trait du tout.
    Et si je suis le premier à reconnaître l’importance à accorder au social en politique ou en BD, j’ai un problème personnel avec les militants sur lesquels je ne m’étendrai pas ici.
    Apparemment Lagrange traite ça avec des nuances de gris bienvenues, tant mieux.
    Mais tout ceci me semble encore trop…. partisan pour que je puisse lire sans me sentir enrôlé.
    Sorry.

    La BO : on parlera très bientôt ici ou dans BEST de Léonard Cohen et en détail. Promis.

    • Fletcher Arrowsmith  

      Hello Bruce,

      au départ je suis venu à cet album pour le propos et non pas pour le style Tardi, même si je l’apprécie assez.

      Comme remarqué, j’ai en effet ressenti une certaine déception à sa lecture, différent de mes attentes. Cela n’enlève pas la richesse de l’album et j’avoue avoir pris plaisir à découvrir un pan de l’histoire de France moderne qui m’avait en partie échappé.

      J’ai également du prendre du recul vis à vis du militantisme, mais cet espace n’est pas le lieu pour une telle discussion.

      La BO était une évidence, dès le début de l’album et l’ébauche de l’article.

  • JB  

    Merci pour cette présentation. Je pense que c’est une BD que je ne lirai jamais pour diverses raisons, mais tu mets en avant des nuances que j’aurais pensées absentes de cet album.

    • Fletcher Arrowsmith  

      Salut JB,

      techniquement il n’y a pas tant de nuances au départ, le point de vu reste assez unique mais DG et JT arrivent quand même, en ne cachant rien, à montrer les faits avec assez d’objectivité.

      C’est un exercice de style intéressant, casse gueule, qui demande au lecteur un certain effort, une ouverture d’esprit.

  • Eddy Vanleffe  

    Tardi est pour moi l’un des géants de la BD, sans hésiter une seule seconde.
    Entre Adèle Blanc-Sec et ses Nestor Burma, il est l’un de ces « Robert Doisneau » en BD de Paris, chaque pavé sent la pluie et la pisse de chien. Il adapte désormais d’avantage des classiques que ses propres récits mais il se les réapproprie sans trahir (sans doute grâce une proximité thématique).
    Son boulot sur la Première guerre restera dans ma mémoire pour longtemps.

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