Generation X : génération sacrifiée ?

 

Generation  X par Scott Lobdell et Chris Bachalo

Un article : NICOLAS GIARD

1ère publication le 02/09/14 – MAJ le 01/11/23

VO : Marvel

VF : Semic, Panini 

Talkin’ about my generation…

Talkin’ about my generation…©Marvel Comics

Sorti en Novembre 1994, Génération X est l’occasion pour Marvel de développer sa ligne de titres en X mais également de remettre à jour le concept d’une équipe de jeune mutants apprenant à vivre avec leurs superpouvoirs, un concept disparu avec la fin des New Mutants en 1991, transformée en X-Force sous la houlette de Fabian Nicieza et Rob Liefeld.

Au départ, Bob Harras, rédacteur en chef des destinées mutantes, demanda à Scott Lobdell de lui préparer un one-shot ou une nouvelle série avec les New Mutants d’origine.
Peu inspiré, Lobdell rendit sa copie avec une toute nouvelle génération de jeunes mutants, destinés a devenir la nouvelle génération d’X-Men. Une Génération X. Lobdell et Harras passèrent du temps a développer les origines de ces personnages, leurs pouvoirs, les unités de temps et de lieu de la série et se mirent à la recherche d’un dessinateur. Lobdell voulait un partenaire original et choisi Chris Bachalo dont il avait remarqué le style novateur sur un épisode de X-Men Unlimited.

Le titre lui-même symbolise cette jeunesse née dans les années 80, un peu paumée, cherchant ses repères, pleine de révolte, représentant la contre-culture et effrayant un peu ses ainés tant elle rue dans les brancards. Chris Bachalo était ce petit génie du dessin, Canadien, remarqué chez Vertigo pour la qualité de ses dessins sur Shade the Chang Man, Death : the High Cost of Living et Children’s Crusade. Il fait partie de ses dessinateurs rares qui prennent le temps de peaufiner leur travail, ses planches remplies de petit détails que l’œil ne remarque qu’avec une attention soutenue, et rendant à merveille l’aspect surnaturel de ses séries.

Plus jeune, il lisait des séries comme Ghost Rider, Werewolf-by-Night out Hulk : des créatures de la nuit, hantées par leur nature double. Sur Génération X, il apportera un style visuel propre, créant une série fraîche et innovante, débarrassée du carcan de 30 ans de continuité.

Des griffes mais pas de flingues…

Des griffes mais pas de flingues…©Marvel Comics

Pour Bob Harras, le but de Génération X était d’augmenter le cheptel de titres en X, c’est-à-dire de vendre une série X-Men de plus à des lecteurs sans cesse demandeurs. Il fallait également une série capable de toucher un lectorat plus jeune, les anciens fans des X-Men ayant grandit, et étant devenu des trentenaires de moins en moins touchés par des séries vieillissantes et dont les personnages ne changeaient ni n’évoluaient jamais. Bref faire du neuf avec du neuf.

Génération X se révèlera radicalement différente des New Mutants : là ou Chris Claremont présentait des personnages peu développés représentatifs de tous les cauchemars de l’amérique Reganienne (la Cheyenne rebelle, la boat-people, le jeune noir), Lobdell et Bachalo introduisait un comics qui sortait des sentiers battus, privilégiant l’humour mais ne manquant pas d’action, d’intelligence et de spontanéité. Les personnages ont chacun une histoire, un passé qui nous sont présenté au compte-goutte afin de ménager le suspense, dans une atmosphère digne de la Doom Patrol des Années 60 : deux professeurs au passé lourd prenant en charge des adolescents mutilés et défigurés par l’apparition de leurs pouvoirs.

Les prémices de la série se produisent dans le crossover de l’été 94 Phalanx Covenant, Scott Lodbell créant des sortes de Techno-Sentinelles partant à l’assaut des équipes en X et menacent l’existence de la future Génération X. Banshee, Emma Frost, Jubilee et Sabretooth font leur possible pour sauver la mise à une bande de jeunes mutants terrorisée par les Phalanx. Cette équipée fera une victime : la jolie Clarice Ferguson, ala Blink, que nous reverrons plus tard dans Age of Apocalypse.

Génération X 1, doté d’une splendide couverture chromée, nous introduit dans la nouvelle école du Professeur Xavier, l’ancienne académie dirigée par Emma Frost, à cette époque Reine Blanche du Club des Damnés. Désireux d’offrir à Sean Cassidy alias Banshee une place de choix dans l’univers des X-Men, Lobdell fait de lui le directeur de l’école, lui adjoignant Emma Frost et créant une tension palpable entre les deux professeurs : jadis dans des camps ennemis, les voiçi obligés de composer l’un avec l’autre.

Mauvaise alchimie de départ ©Marvel Comics

Banshee obligé comme nous de croire en la rédemption d’une garce manipulatrice en partie responsable de la mort de ses anciens élèves, les Hellions. La tension entre eux vient de leur désaccord sur la façon d’éduquer cette bande de jeune, une reste d’animosité et une tension sexuelle vitre refoulée.

En ce qui concerne les jeunes mutants, Lobdell en crée cinq pour les besoins de la série, Bachalo deux. Un huitième se joint au groupe, faisant le lien avec les X-Men : il s’agit de Jubilée, X-Man d’adoption, grande copine de Wolverine). Elle rejoint l’académie pour apporter son expérience de super-héroïne et aussi pour apprendre à développer ses pouvoirs : les feux d’artifice c’est ok pendant une fête, mais contre des sentinelles… Chamber est le personnage le plus intéressant de la série : habillé de noir, s’exprimant par télépathie, le genre sombre et torturé comme bon nombre d’ados de son époque. Défiguré à vie par l’émergence de ses pouvoirs, ses blessures internes et externes ne peuvent être guéries. Il ne peut avoir une vie affective normale et se dénote nettement du modèle Barbie et Ken que Lobdell cherchait à éviter, tel l’Homme qui Rit de Victor Hugo, atrocement défiguré à la naissance.

L’homme qui rit, version mutant !

L’homme qui rit, version mutant ! ©Marvel Comics

Intéressantes pour nous les  Frenchies :  Monet St. Croix et sa sœur Penance… en réalité la vraie Monet enfermée dans un corps artificiel, tandis que la Monet présentée içi est faite de ses deux petites sœurs qui ont fusionné en un seul corps. La Monet de Génération X présente toutes sortes de contradictions dans son comportement : tour a tour enfant gâtée, puis autiste et avec les plus grande difficultés à se livrer, ne supportant pas les indiscrétions télépathiques de la Reine Blanche. Une ado, quoi ! Ses contradictions nous seront plus tard expliquées par Scott Lobdell pendant la pèriode Opération : Zero Tolérance.

Pour revenir à la Reine Blanche, on peut croire ou ne pas croire en sa rédemption, mais c’est bien avec Génération X qu’elle commence : terrassée de culpabilité après la mort des Hellions, Emma Frost décide de rejoindre le camp des X-Men tout en gardant un caractère manipulateur bien trempé. A l’instar des héros de Doom Patrol, les pouvoirs des jeunes mutants sont très physiques, accentuant l’effet de changement, de mutation, que subit le corps humain à l’adolescence. Il existe des similitudes entre les personnages des deux séries : défigurés, mutilée, abusés.

Leurs pouvoirs sont bizarres, les font changer, muter. Robotman était enfermé dans une carcasse de métal, Penance  enfermée dans un corps coupant comme une lame de rasoir, Negative Man libérait une humanoïde énergétique. Comme lui Chamber est enveloppé de bandelettes et libère de la bioénergie, Elasti-Girl et Skin ont tout deux un corps élastique,  Crazy Jane fut violée par son père, Penance était abusée physiquement par ce monstre d’Emplate.

Le méchant principal de la série est une franche ordure : un mutant au physique monstrueux qui absorbe la moelle génétique de jeunes mutants, un parasite représentant une menace constante sur le futur de nos jeunes héros, possédant des liens étroits avec deux d’entre eux. Les autres méchants seront des super-villains sortis des archives Marveliennes (Orphan-Maker, Omega Red, Black Tom Cassidy) et plus tard Bastion à la tête de Opération Zero Tolérance. On pourra regretter que Lobdell et Bachalo n‘en aient pas crée d’avantage  et pourquoi pas, une super-équipe parodiant leurs personnages, comme le fit Chris Claremont avec les Hellions.

L’ombre d’Emplate…©Marvel

Plus intéressant est comment les jeunes agissent entre eux : une bande de copains a priori dans affinités qui apprennent à se connaître et finalement à se soucier les uns des autres, a former une équipe homogène (bien qu’hétéroclite) ; deux d’entre eux tomberont même amoureux, ce qui n’arriva jamais de temps des New Mutants. En fait c’est ce qui différencie Generation X des New Mutants : ce sont de vrais ados avec des problêmes d’ados avant d’êtres des mutants souffrant d’un complexe de persécution.

Au bout de quatre épisodes sentant bon le fantastique, l’annonce de la coupure des titres X-Men au moment d’Age of Apocalypse  fait l’effet d’une bombe. Et Marvel de nous entraîner dans un monde de cauchemar où Xavier n’a jamais formé les X-Men. Generation X devient Generation Next : dans un monde au bord du gouffre, Colossus et Kitty Pryde dirigent d’une main de fer une équipe de mutants au service de Magneto. Dans une mini-série d’une intensité à couper le souffle avec un Bachalo au sommet de son art, c’est toute une génération qui se retrouve sacrifiée : Colossus n’hésite pas à mettre la vie de ses protégés en danger mortel afin de ramener sa sœur vivante à Magnéto, dans le but de ramener l’univers X-Men à la normale. Scott Lobdell va jusqu’au bout de sa logique et nous assistons à la mort d’adolescents plongés dans un monde terrifiant qui n’a aucun espoir à leur offrir.

L’aventure en termes de qualité durera deux ans, Bachalo partant pour d’autres destinée, et Lobdell se voyant remplacé par des auteurs qui ne comprendront par l’esprit initial de la série : la réponse Marvel à la Doom Patrol de Vertigo. Banshee, Emma Frost et leurs élèves vont connaîtres des fortunes diverses : Banshee, Synch et Skin mourront, Emma Frost deviendra une figure centrale des X-Men et épousera leur leader, Husk rejoindra l’école du Professeur Wolverine. Penance/M causeront bien des migraines aux scénaristes et aux fans avant que Monet ne rejoigne X-Factor. Chamber rejoindra brièvement les X-Men, comme Husk suivant une certaine logique de continuité et Jubilee vient gagner en maturité en devenant la première maman ado de l’histoire des X-Men.

Génération X aura été le meilleur titre en X de Marvel Comics, décidément unique dans la production des Années 90 qui aura vu les séries X-Men démultipliées jusqu’à l’étouffement. Le run de Scott Lobdell et Chris Bachalo couvre au total 31 épisodes, tous réédités en TPB, et tous franchement constituent une lecture très agréable…Preuve de son succès, un pilote Tv lamentable vit le jour et retomba illico presto aux oubliettes de la guigne Marvel proto-blockbusters…

Cette série fut  un compromis entre l’envie de lire du X-Men et le besoin de se rafraîchir avec une série intelligente comme Vertigo en produisait à cette époque et restera à l’instar de X-Statix un très bon souvenir de lecture pour les gens de notre génération… X !

Comment tourner un bon comics en farce idiote

Comment tourner un bon comics en farce idiote©Marvel

29 comments

  • Présence  

    Je n’y avais jamais pensé, mais après la lecture de ton commentaire ta comparaison avec la Doom Patrol apparaît comme une évidence.

    Il y a 1 an j’avais lu le premier recueil de Generation X classic (Bruce me vantant les talents de scénariste de Lobdell) et j’avais effectivement apprécié la personnalité de cette équipe.

    http://www.amazon.fr/review/R1L5KGHQD18ZMR/ref=cm_cr_dp_title?ie=UTF8&ASIN=0785149678&channel=detail-glance&nodeID=52042011&store=english-books

    • Nicolas  

      Très bon commentaires, Présence, bien écris. J’aime ce que tu dis sur les dessins de Bachalo et sur les épisodes surnuméraires, comment le Uncanny X-Men 319.

      Croire ou ne pas croire à la rédemption d’Emma Frost, là est la question. Une garce manipulatrice chez Claremont qui éprouve des remords en découvrant la mort des Hellions dans un épisode assez dramatique, signé Scott Lobdell.

      Quand elle aide les New Mutants à se remettre du choc de leur meutre par le Beyonder, Magneto lui demande pourquoi elle le fait. Elle répond ‘par charité ou parceque je n’aime pas les jouets cassés’.
      Avait-elle de la compassion, ou ne cherchait elle pas à se gagner la sympathie des élèves de Magneto ?

  • Tornado  

    Merci, Nicolas, pour cet article qui réussit non seulement à me renseigner sur toute une période de l’univers mutant que je ne connaissais pas, mais en plus à me faire comprendre ce qui en faisait la richesse !

  • Nicolas  

    Tous de Lobdell, exact, y compris Génération Next.
    Pour Gen X il n’y a que 2 TPB aux dernières nouvelles.

    • Marti  

      Les derniers épisodes supervisés par Warren Ellis sont aussi sortis dans deux TPB, collectés dans une collection de six volumes reprenant l’ensemble des séries estampillés Counter-X (X-Force, X-Man et Generation X donc).

  • bruce  

    Lug :les paramètres ne sont pas les mêmes que pour panini. Certes voici un éditeur qui charcuta de nombreuses séries. Mais le contexte de censure de l’époque leur laisse le bénéfice du doute.
    Pan in a apporté une garantie indéniable de publication dans la durée.
    Mais des traductions minables, des séries comme les fantastiques de Waid interrompues , des pris rédhibitoires, des albums coupés en 2, des maquettes épouvantables et j’en passe…

    • Nicolas  

      D’accord avec toi en ce qui concerne Panini, pour Lug ça été un combat de tous les jours menés par Claude Vistel contre la commission de censure qui lui aura gaché la vie.

  • jyrille  

    Je ne connais pas du tout, mais ça m’a l’air pas mal. Et cela précède donc tout l’arc où Wolverine est directeur d’école ? Faudrait que je me penche un jour sur tout ça. Il faut dire que la référence à la Doom Patrol (pas celle de Morrison, donc) me plaît bien.

  • sam  

    Je vous trouve bien dur avec les New Mutants de Claremont ! celui-ci avec la collobration de quelqu’un comme Bill Sienkiewicz a tenté pas mal de choses, innover et s’est permis des intrigues qu’il n’aurait pas pu appliquer aux X-Men.

    Concernant Gen X, la série sous Lobdell était vraiment bien menée et comme tu l’indiques, ses successeurs n’ont jamais compris ce qui faisait tout le sel de la série.

    AU passage, à noter que Lobdell par exemple n’hésitait pas à ramener quelques fois Bobby Drake dans le titre, se souvenant qu’il avait aussi installé une certaine tension entre lui et Emma Frost…ce qui nous donnait un petit triangle amoureux typique des X-Men…

    Dans l’ensemble la série a été bien pensée, comme cette volonté que la plupart des pouvoirs de ces jeunes mutants soient en lien avec la peau

    • Bruce lit  

      Je n’ai jamais été fan des spin offs. C’est à partir de là que tout a déconné. Ceci dit je vous prépare un article sur X-statix aux petits oignons. Bobby et Emma Frost. Et récemment Bobby et Mystique. Soit un triangle encore Oedipien vu que notre glaçon flirtait aussi avec Rogue…

  • sam  

    Je me souviens du duo Rogue/Bobby qu’avait installé Lobdell et NIcieza à un moment, mais j’avais toujours eu le sentiment que c’était plus pour établir une relation d’amitié profonde qu’autre chose…le fait qu’il se soit tapé Mystique ensuite…c’est vrai que ça devient assez tortueux …Je suis un de tes meilleurs amis et tu sais quoi ? je me suis tapé ta mère adoptive ! allez viens faire un béko à tonton Bobby !!!

    • Marti  

      Les films ont dû donner envie à certains de voir le couple Bobby/Rogue se former, mais depuis leurs chemins ont été tout autre… Encore merci Bendis d’avoir flingué le couple Bobby/Kitty qui fonctionnait si bien…

      • Bruce lit  

        Les deux plus anciens benjamins de l’équipe, des pouvoirs défensifs et juifs tous les deux ! Plein de choses en commun ! Ils étaient si mignons ! Bruce la midinette !

  • Marti  

    On sait maintenant que les derniers épisodes signés intégralement par Alan Davis étaient en fait scénarisés dans l’ombre par Chris Claremont qui s’apprêtait à faire son grand (et sans doute plus mauvais) retour.

  • Marti  

    C’est qui est cocasse, c’est qu’en VF lorsque Theresa reprend le pseudo « Banshee » il est laissé tel quel, alors qu’on aurait pu s’attendre à ce qu’elle adopte « Hurleuse » ou qu’on décide de finalement ne plus traduire le pseudo de son père par « Hurleur ». De manière général (en fait non, tout le temps !) Peter David fait un très beau travail de « restructuration » peut-on dire sur les différents personnages qu’il récupère comme Theresa ou Monet, il remet à plat leur continuité lorsqu’elle est compliquée, non pas en ignorant tout ce qui le gène à la façon d’un Bendis mais en cherchant à tout expliquer, voire en rattrapant certaines bêtises passées, et redéfinit leur personnalité, les faisant évoluer logiquement sans tomber dans le « out-of-charater ».

    • Marti  

      Lire des comics sans jamais tâter du Peter David au moins une seule fois, c’est comme manger du chocolat toute sa vie sans jamais goûter une seule fois un fondant.

      C’est tout pourri comme réplique, mais il commence à se faire tard pour moi :p

  • Marti  

    Oui bien sûr, « la Hurleuse » ça aurait fait un peu tâche… Avec les films on a quand même une recrudescence de personnages qui retrouvent leurs noms VO comme Ant-Man, Black Widow, Hawkeye… Autant j’ai toujours trouvé que « l’Homme-Fourmi » ça faisait un peu lourd à prononcer, autant je trouve idiot de ne pas garder « Veuve Noire » et « Oeil-de-Faucon »…

    • Nicolas  

      Pourpoint Jaune, j’ai toujours beaucoup aimé ce surnom. Ca lui allait bien. En fait ça aurait du être Le Frelon, traduction littérale de son nom dans la v.o : Yellowjacket.

      • Marti  

        Justement, il est devenuà priori le Frelon en VF maintenant. Pour les traductions Artima il me semble que Pourpoint Jaune devenait Veston Jaune tandis que Beast était traduit littéralement par la Bête.

        • Bruno :)  

          Marti, pas Veston Jaune : « Veste Jaune », c’était le surnon pour l’alias officiel Pourpoint Jaune -comme « Tête De Fer » pour Iron-Man.

  • Nicolas  

    Robinson sur Generation X ? J’avoue avoir complêtement zappé. Merci de nous le préciser.
    Il a toujours été un bon scénariste, et en particulier sur Starman, un chef d’ouevre d’humnisme et d’intelligence écris par un amoureux de laz Justice Society et de sa constinuité.

  • Erik 5  

    Génération X et Génération Next, restent encore très bon et le trait de Bacchalo se prêtait à merveille à ce titre décalé de l’univers Mutants, aux départ cette série se voulant la continuité officieuse des New Mutants, à su développer une identité propre de par ses héros atypiques et des scénarios vraiment bien troussés.

    Je n’avait pas fait le rapport avec la Doom Patrol, et tu a raison Nicholas, la filiation est évidente sur ces héros non seulement torturés, mais rendus invalides par leurs pouvoirs.

    Définitivement, une série dans laquelle se replonger avec délectation.

    • Nicolas  

      Merci Erik 5, le concept de Lobdell et Bachalo m’avait immédiateemnt fait penser à la Doom Patrol de DC Comics. Une série vraiment originale et pas du tout vieillote.
      Comme toi j’ai eut du plaisir à m’y replonger pendant la préparation de cet article.

  • JB  

    Malgré un manque global de direction, je retiens de grands moments, notamment l’attaque de Black Tom Cassidy qui fait éclater l’équipe peu avant Operation Tolerance Zero, ou encore le passage Generation Next. Par contre, même les débuts de la série ne sont pas exempts de reproches. Notamment le personnage de Mondo, que les auteurs ne savent pas vraiment comment utiliser.

    • nicolas  

      Oui Mondo a été mal développé. Scott Lobdell voulait écrire une scène dans laquelle Banshee tente de le recruiter puis decide finalement de le laisser tranquille sur son ile où il est heureux. C’est devenu une intrigue secondaire dans laquelle Black Tom Cassidy crée un faux Mondo pour infiltrer l’Académie Xavier.

      Cette série me l’aisse d’heureux souvenirs.

  • Bruno :)  

    Tiens, Gen X est une des rares surprises positives de l’époque : j’avais choisi sur l’étal surtout à cause de la couverture de Chris Bachalo, avec les personnages, décontractés et souriants, occupés à faire des bulles de savon…

    Le ton donné par ce graphisme à la limite du « cartoony » pouvait refouler ; mais Bachalo -en tous cas au début- lutte pour garder ses protagonistes dans les limites acceptable du figuratif : sur les deux épisodes publiés dans ce numéro, il passe avec aisance d’une ambiance très stylisée -rien que les tronches « mutanisées (!) de Jon et Angelo !!- où les mouvements ne manquent ni de justesse ni de puissance, à quelque chose d’un poil plus dépouillé, dans le trait et le découpage, pour la suite : il y dispatche avec la même facilité un talent manifeste à doter chaque intervenant d’expressions vives et inspirées. Ce savant mélange fait merveille dans les quelques chapitres précédents -achetés après !

    Entre le traitement graphique des « looks » respectifs plutôt réussis (Chamber -pas gagné !- et Pénance, en particulier, même si pas du tout respectueux envers Sean Cassidy, complètement réinventé) et la maitrise (progressive) du découpage des planches, on le sens passionné par la mise en place d’une atmosphère propre à cette équipe ; même si une certaine tendance à privilégier une grande case -pas toujours justifiée- au détriment de la mise en place de l’action nous frustre un peu quant à son véritable potentiel d’illustrateur -les délais, of course.
    Cet équilibre stylistique précaire est toutefois rapidement rompu, juste après l’excellent épisode avec Le Crapaud : que ce soit le soir d’Halloween avec les plus jeunes mutants, celui où Jubilation Lee est aux mains de Bastion, La rencontre avec Thomas Gideon et jusqu’à la baston à L.A., on a soudain affaire à des choix graphiques très fortement orientés « enfantins » (gros yeux et proportions fortement altérées…) qui, s’ils sont pas mal maitrisés, transforment complètement l’ambiance de la série. Malgré la présences de scénettes parfaitement dans la lignée des épisodes précédents, l’ensemble perd beaucoup de sa séduction, cette approche en altérant pas mal le « sérieux » des problématiques si particulières de ce petit groupe.

    N’ayant pas eu le temps de m’attacher vraiment -pourtant les caractéristiques (pouvoirs et/ou personnalités) des personnages étaient pas mal élaborées !- j’ai décroché dans la foulée, malgré mon enthousiasme pour l’originalité complète de Husk et le mystère représenté par M.
    À ce propos, autant la résolution de celui-ci est originale, autant la soudaine révélation de n’avoir pas vraiment eu affaire à elle pendant tout ce temps me hérisse : ça me rappelle trop le cafouillage pathétique autour du destin d’une certaine rousse, ça…

    Les intrigues de Lobdell m’ont un peu laissé froid, surtout dans leur traitement : beaucoup BEAUCOUP de dialogues quand on aurait pu laisser parler le dessin (ou l’ellipse). Il m’a vraiment semblé plus à l’aise dans son travail d’exposition des scènes banales -dynamiques et parlantes, pour le coup, quant aux rapports inter-personnels du casting (et plutôt amusantes !). À contrario, les scènes « graves » sonnent artificielles et obligées : le gars a vraisemblablement un penchant (très bienvenu, ici !) pour la légèreté. Dans les titres X, il y avait belle lurette qu’on n’avait plus disposé d’un scénariste d’avantage enclin à développer le côté ludique/scientifique du concept mutant plutôt que son assortiment au genre Super-Héros ; et c’est bien dommage qu’il n’ait pas plus creusé en ce sens -mais, là aussi, j’imagine qu’il y a une obligation éditoriale à fournir de la matière : vingt trois pages de pif-paf-pouf dans la figure contre deux d’exposition du pourquoi du comment ça marche (mon morceau préféré…).
    Bon, ce dernier paragraphe est quand même à prendre avec des pincettes : n’ayant pas suivi d’autres travaux des deux auteurs/artistes (et cette série étant avant tout une collaboration !), il est possible que je me trompe du tout au tout et que Lobdell soit juste médiocre et Bachalo seul responsable de tout le contenu spécifique qui donne à la série son attrait si particulier -au delà du dessin, bien entendu.
    Mysgomme…

    Tant pis ! C’est quand même une expérience très à part au sein des publications du MCG : fun et plutôt malin, le concept de ce petit groupe de mutants reste agréablement unique -propos et rendu- du reste de l’écurie au génome frappadingue ; et Chris Bachalo, vraiment inclue au projet, fournit une prestation créative aussi personnelle que talentueuse.

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