Interview Jacqueline Taïeb

Interview Jacqueline Taïeb

Une interview le coeur au bout des doigts de BRUCE LIT
Disque de chevet et du réveil ! Achetez-le bordel !

« Il est 7h du matin, faut se réveiller, ooooh j’ai sommeil….« 
Cette chanson, normalement, vous l’avez tous entendue au moins une fois. Nous sommes en 1967 et Taïeb a 19 ans. Sur un rythme impitoyable, la gamine s’inscrit avec Dutronc en précurseur du garage rock français capable de tutoyer les Kinks ou les Who ! Ces paroles nonchalantes ! Ce Talk Over inimitable ! Cette décontraction adolescente !

Lorsque je découvre cette chanson sur une compilation, c’est le coup de foudre ansolu, un vrai film pour les oreilles. Je me rue sur sa compile superbement réédité THE FRENCH MADEMOISELLE et me targue même d’un commentaire sur Amazon. Nous sommes ici dans la parfaite définition d’un disque culte tel que décrite par Philippe Manoeuvre lors de notre interview : Taïeb n’a sans doute jamais rempli les stades ou les pages de faits divers mais les esthètes savent ce que la musique lui doit en 15 joyaux écrits et composés par elle-même tous icrustables dans la couronne de ce que la France a produit de mieux : la pop.

Très accessible sur Facebook, Jacqueline accepte chaleureusement de parler de sa carrière et surtout de ses chansons qui me rendent fous avec celles de Gillain Hills et Petula Clark. 45 minutes de rêve au téléphone avec désormais une sénior pétulante et pleine d’humour.

La French Mademoiselle par Ed Illustratrice
©Ed Illustratrice

Bonjour Jacqueline.
Dans les 70’s tous les chanteurs d’origine juive (Gainsbourg, Dylan, Lou Reed) prenaient un pseudonyme pour lancer leur carrière. Était-ce délibéré de garder ton nom ?  

Oh j’adore ce genre de questions, c’est direct au moins. Quand j’ai fait 7H DU MATIN, je voulais prendre un pseudo et mon directeur artistique Roger Marouani me l’a déconseillé : Jacqueline Taieb, ça sonne très bien ! Il a eu raison : je lui avais proposé Jacqueline Nene (rires!). Avec mon prénom on a pu croire que j’étais chrétienne libanaise, ou arabe avec mon nom de famille. On ne voulait rien revendiquer mais rien cacher non plus.
Le problème n’était pas tant mon nom que d’être une femme; c’est ce qui rend les choses plus difficiles comme l’a dit il y a quelques jours ma chanteuse préférée du moment, Amel Bent. C’est un métier à 90% masculin : les ingés son, les gens de la promo, les musicos, les décisionnaires.
En tant que femme il fallait être docile, je l’ai ressenti.

Ta carrière est souvent résumée à 7H DU MATIN. Tu n’en as pas marre ?

Pas du tout, je ne suis pas du genre à cracher dans la soupe. Et puis les arrangements de Jean Bouchéty sont tellement géniaux, tellement actuels que bon…c’est bien chanté, c’est bien trouvé, les paroles sont sympas mais que le tout c’est à Bouchety qu’on le doit. Elle est intemporelle. Encore aujourd’hui les gamins se réveillent à 7 h pour aller à l’école.

Cette chanson a une histoire incroyable : tu la joues dehors pour toi en Tunisie à 17 ans, l’éditrice de Michel Fugain passe par là et te donne sa carte !

Exactement. J’ai été présentée à Jean Bouchety qui a travaillé avec des artistes de haute voltige comme Polnareff ou Françoise Hardy. Ce qui était génial avec lui c’est qu’il respectait mes idées. Lorsque je lui propose les cuivres sur LE COEUR AU BOUT DES DOIGTS (elle chante), si ça lui plaisait, j’avais son feu vert. Aucun problème d’égo alors qu’il avait une quarantaine d’années et moi 17 !

A complete Masterwork, oui

Tu racontes que la chanson n’a qu’un succès d’estime à sa sortie et que c’est la publicité qui permet de la redécouvrir. Peux-tu nous citer les œuvres qui l’ont utilisée ?

Pfff…
Beaucoup de pubs pour ce petit morceau des sixties, je pourrais plus tout te dire. Il y a eu Lolita Lempicka, La Redoute, les 3 Suisses, les voitures Bentley et même Google. D’ailleurs pour les films fais tes recherches, même moi je ne sais plus (rires!)
Mes fans ont également plébiscité LE COEUR AU BOUT DES DOIGTS qui a été remanié par un groupe danois Asteroid Galaxy Tour : MY CLUB ! C’est géant ! Les Little Rabbits aussi sont fans !

Jacqueline,  bien avant Gainsbourg tu adoptes le Talkover (le parlé-chanté- Ndr).  Ce qui est bluffant c’est l’aisance avec laquelle tu l’interprètes : on a l’impression que tu as fait ça toute ta vie alors que tu es mineure et que c’est ton premier disque.  Combien de prises de voix ont été nécessaires ?

A mon avis deux et encore… ça se passait à Londres, c’est là que Jean Bouchety emmenait ses chanteurs enregistrer. Imagine une gamine de 17 ans… Tout était écrit mais Bouchety laissait beaucoup de liberté aux musiciens. On a répété ensemble et j’ai dû faire une seule prise sur le playback.

Les accents toniques sont admirables : as-tu été guidée pendant l’enregistrement ?

Non, et pourtant j’avais le trac !

Tu enregistres une version anglaise presque supérieure à l’originale. Le son est encore plus garage, et, ce qui est fou, c’est que les paroles, quasiment traduites mot à mot sonnent aussi bien !

Oui ! Je suis ravie que ça te plaise. Vu le succès du titre, je pensais que la version anglaise intéresserait plus à l’étranger. Et bien pas du tout, c’est toujours la version française qui est retenue ! C’est plus exotique je pense.

Comment se comportaient ces pointures de studio avec une gamine ?

Ah ils étaient très sympas. Ils avaient 35 ans en moyenne, moi j’étais la petite frenchie. Je pense qu’ils aimaient jouer mes chansons.

Un chef d’oeuvre de production et d’interprétation

LE CŒUR AU BOUT DES DOIGTS est un vrai court métrage de 2 minutes sur un coup de foudre amoureux qui se termine sur un zeste d’érotisme.

C’est ça ! J’avais envie de faire un titre qui soit très cinématographique, que l’on puisse imaginer la scène. 3 minutes c’est la durée d’une scène au cinéma. C’est aussi celle de ma chanson.

DANS LE COEUR AU BOUT DES DOIGTS , tu te dépeins comme une jeune fille timide et idéaliste.  SI tu pouvais remonter le temps, que lui dirais-tu ?

Euh…Je lui dirais : ben dis-donc tu es en arrivée là ?
Je n’avais pas envie de faire carrière, pas en tant que chanteuse tout du moins. Moi je voulais être auteur-compositeur. Tu m’aurais dit c’est Jacques Dutronc qui va te chanter 7 HEURES DU MATIN, j’aurais trouvé ça génial. Ou Nino Ferrer. Mon kif, c’était ça et jusque aujourd’hui encore.
Je ne chante pas trop mal mais généralement lorsque je chante c’est pour donner la ligne mélodique à un interprète.
J’aime composer dans plein de directions mais certaines ne me vont pas. Sur READY TO FOLLOW YOU par exemple, je ne suis pas capable de chanter ça, le texte c’est pour une gamine.
Je me préfère être metteur en scène ou scénariste plutôt qu’actrice.

La 1ère A GAUCHE, encore une chanson fabuleuse qui double en klaxonnant  la France Gall yéyé avec un arrangement à la Louis ARMSTRONG !

C‘est ça oui ! Il y a également un arrangement New Orleans sur LA FAC DE LETTRES.

100 balles à la machine pour manger des sandwiches au jambon où il y a pas de jambon !

Un classique absolu ! C’est drôle, acerbe, ton interprétation est sans failles et tes musiciens déchirent tout.  Quels étaient tes influences : Edith Piaf ? Je te sais également très fan d’Elvis….

Les musiciens se sont éclatés. Je pense qu’ils étaient impressionnés par mes compositions. Ah oui, Piaf, j’adore. Mon maître c’est Aznavour, Elvis et Stevie Wonder. Tu vois, ça ratisse large.
J’ai enregistré à Memphis grâce à un ami il y a quelques années tu sais ? Les Studios Sun venaient de rouvrir. C’était génial, j’étais sûre que les musiciens aller assurer, tu ne peux pas aller à Memphis sans que les musiciens ne connaissent pas leur Elvis.

JUSTE UN PEU D’AMOUR reste à mes yeux l’une des premières incursions de la chanson française et celle maghrébine !  A-t-elle été écrite dans ce but ?

Ah ah ah, non le Maghreb, ils connaissaient pas à Londres ! C’était plus un trip indien en fait !

Es-tu reconnue en Tunisie ? 

Oui, bien sûr on m’aime bien. J’ai joué au festival de Carthage devant 7000 personnes. Un des souvenirs les plus fabuleux de ma vie.

Précurseuse de la World Music

Ta diction est assez appuyée sur cette chanson afin de faire sonner le français comme de l’anglais…

Tout à fait. Ca vient de mon amour pour Elvis. La 1ère fois que je l’ai entendu j’avais 7 ans, je voulais comprendre ce qu’il disait. Plus tard j’allais faire une licence d’anglais dans ce but là.

LE PRINTEMPS A PARIS est empreint de douceur et de tendresse, le chainon manquant entre la nostalgie de Françoise Hardy et les sarcasmes de Dutronc.

Je suis tout à fait d’accord et triste que le titre n’est jamais été exploité. Pourquoi personne ne l’a jamais repris ?

3 minutes de tendresse absolue

Attention chef d’œuvre ON ROULE A 160, c’est 7 HEURES DU MATIN puissance 1000.  Les paroles sont extraordinaires, j’adore ta voix chevrotante !  C’est encore du cinéma pour les oreilles.

Tu l’as dit très bien, c’est ça !

Quand Mareva Galanter  reprend ce titre en version garage, quelle est ta réaction ?

Ah je suis contente, elle est tellement charmante… On s’est rencontrées, j’étais ravie.

Il faut que je te parle de CE SOIR JE M’EN VAIS : elle me bouleverse à chaque fois. 

Elle est assez plébiscitée. Si j’avais été opportuniste ou carriériste elle aurait sans doute connu un autre destin.

Les amours de vacances si profondes et futiles à la fois….

BRAVO : Cette chanson aurait pu figurer sur LES MARQUISES de Brel. Je l’entends beaucoup dans ton chant.

Pourquoi pas, mais moi je préfère Aznavour (rires !) J’ai écrit une chanson qui s’appelait DIS-MOI DES BETISES dans les années 80. 10 ans plus tard Aznavour m’a copiée avec DIS-MOI QUE TU M’AIMES. J’étais toute fière (rires).

On te retrouve plus tard au côté de Yves Montand et Jeanne Manson : que t’ont apporté ces rencontres ?

Montand m’a tout apporté, un mec formidable, adorable. Quand on l’a enregistré tous les techniciens se sont barrés, ils étaient trop impressionnés, c’est sur moi que c’est retombé ! Il m’a dit : « bon, on fait quoi, je ferai ce que tu me dis ». Comme un acteur dirigé par son metteur en scène : moi (rires).
Jeanne Manson : on se côtoie toujours. Je faisais ses choeurs. Elle était avec Richard Berry à l’époque, on dinait ensemble. C’est une fille clean, je ne l’imagine pas une seconde faire ces trucs dégueulasses dont on l’accuse. Berry, je ne le connais pas.

Ne le dîtes pas à Jacqueline mais c’est une chanson purement gainsbourienne ça !
Vous prendrez bien une petite tasse d’anxiété ?

Encore une belle histoire : ta rencontre avec Dana Dawson pour qui tu composeras READY TO FOLLOW YOU. Peux-tu nous la raconter ?

Oui, c’était fabuleux. J’avais été prise d’une fulgurance et écrit ce titre pas du tout pour moi. La maquette plaisait beaucoup, je suis partie à New York, j’ai passé une annonce, une dizaine de jeunes filles se sont présentées. La dernière, je lui ai fait comprendre qu’elle était trop vieille, je cherchais une teeanger, elle avait 30 ans ! Elle était un peu déçue, je la raccompagne et là sur le pas de la porte elle me dit connaître une super chanteuse de 13 ans !
Le lendemain, la maman de Dana Dawson m’appelle, Dana arrive, elle me chante a capella, c’était elle et personne d’autre. On a eu un disque d’or puis un autre de diamant.

Dawson est morte très jeune…

C’était monstrueux. Je l’ai appris par les médias. Je ne savais pas qu’elle était malade, ça a été fulgurant, un cancer du colon…6 mois..
Je reçois un coup de fil d’une journaliste qui me l’apprend, j’ai été à son enterrement aux Etats-Unis.

Quels sont les artistes disparus récemment qui t’ont le plus touchée ?

Patrick Juvet ! Je l’aimais beaucoup. Je trouve que c’était un génie, OU SONT LES FEMMES, c’était énorme ! I LOVE AMERICA, FAUT PAS REVER, il a fait des chansons fabuleuses et le personnage m’était extrêmement sympathique.

Ton dernier single ILS S’EN VONT TOUS sonne très années 80. Je suis un peu déçu, c’est voulu ?

Non ! Moi aussi aussi j’en suis déçue (rires) j’aurais préféré un plan 70’s. On ne peut pas tout maitriser. Tu vois dans LE COEUR AU BOUT DES DOIGTS, je n’aime pas les cuivres dans les couplets ! Si j’avais osé dire à Bouchety que je trouvais ça trop pompeux…On n’est pas toujours propréitaire de ton oeuvre.
Il y a une grande différence entre la maquette de READY TO FOLLOW YOU et ce que DANA DAWSON en a fait. La chanteuse impose sa patte : soit c’est super, soit c’est pas terrible.

Aurais-tu envie de faire de la scène ?

Franchement, non. La scène pour moi c’est une heure de kiff pour des semaines d’angoisses. Par contre je me sens très bien dans un studio, je peux y rester des heures.

Des artistes pour qui tu voudrais écrire ?

Par exemple, Aya Nakamura, si je l’avais en face de moi je lui dirais qu’elle a du talent, que son clip est sympa, qu’elle chante pas mal du tout mais alors son texte…au secours ! (rires). C’est le néant de chez néant, il ne veut rien dire. Tu veux pas me laisser te l’écrire ta chanson et on fait une bombe atomique !

Un dernier mot pour la fin : tu prends le shetland bleu ou le shetland rouge ?

Ni l’un ni l’autre ! Tu as déjà porté du shetland ? Ca gratte terriblement. Il faut souffrir pour être belle, c’est bien connu !

Badass !
 ©JC DEQUEANT
Avec l’aimable autorisation de Jacqueline Taieb

Bonus Lit

Je déteste le remplissage. Mais il faudra quand même citer quelques reprises notables notamment celle indie et sexy (cette jupe !) de Mareva Galanter qui n’est pas loin d’égaler la version originale.

Les fameux cuivres du COEUR AU BOUT DES DOIGTS samplés par le groupe danois The Asteroids Galaxy Club et son affolante chanteuse Mette Lindberg

A la une de la nouvelle série Netflix !

Et bien entendu, l’impeccable version anglaise de 7H du matin par Jacqueline elle-même.

46 comments

  • Présence  

    Je commence à me demander si je n’attends pas les articles rock surtout pour découvrir les illustrations d’Edwige. Celle d’ouverture est superbe.

    Cette chanson, normalement, vous l’avez tous entendue au moins une fois. – On dira que je suis l’exception qui confirme la règle. 🙂 Ce manque est maintenant réparé grâce à l’article. Très sympathiques, j’aime beaucoup les arrangements.

    Je découvre une chanson après l’autre de cette chanteuse que je ne connaissais pas du tout, et ça me plaît bien. Je terminerai ce week-end.

    Comme d’habitude, les questions rendent la discussion savoureuse, entre connaissance de la carrière de Jacqueline Taïeb, questionnements de fan, et interrogations plus adultes sur la relation au milieu socio-professionnel. Même sans curiosité pour les chansons, l’interview est intéressante pour elle-même, rythmée et très agréable.

      • Présence  

        7h du matin : j’aime énormément l’orchestration. J’ai beaucoup de mal à compatir aux difficultés de réveil de cette adolescente : je suis trop vieux sûrement.

        Le cœur au bout des doigts : encore une magnifique orchestration, une histoire qui ne touche pas ma sensibilité.

        La fac de lettres : le thème des paroles ne parlent toujours pas, et l’orchestration m’évoque Last Man on Earth d’Alice Cooper, que je trouve plus truculent.

        Juste un peu d’amour : ça m’a tout de suite fait penser à la collaboration de Jimmy Page & Robert Plant pour Unledded, effectivement plus des sonorités du Maghreb que d’Inde, je me suis trompé aussi.

        Le printemps à Paris : mon cœur sec reste insensible à cette chanson et à sa flute.

        Ce soir, je m’en vais : non, je n’y arrive pas.

        On roule à 160 : j’en resterais à Brigitte Bardot roulant en Harley Davidson.

        Mon manque de sensibilité n’enlève rien au plaisir que j’ai eu à lire cette belle interview, et à découvrir cette trajectoire de vie remarquable.

        • Bruce lit  

          Bravo pour cet effort Présence !
          Merci pour ce retour

    • Bruce lit  

      Sur l’illustration d’Edwige, nous nous sommes bien amusés à savoir s’il fallait ou pas incruster un réveil dans l’image. Il u en a un très discret dans la guitare de Jacqueline réglé sur 7 h bien évidemment.
      Il s’agit d’une antiquité qui appartient à Edie.

  • Vindicator  

    Génial, je connaissais pas du tout. C’est totalement sympa et frais cette musique.
    Merci Ô grand défricheur !

  • Eddy Vanleffe  

    Moi, 7 heures du matin, j’étais longtemps persuadé que c’était un jingle de radio pour la matinale… un peu comme le la la la la l la la d’Intervilles à la fin…
    je n’aurais jamais cru que c’était un tube jusqu’à ce que l’entende par Mareva sur l’album UKUYEYE que j’ai eu la curiosité d’acquérir.
    cette revisite des tubes yéyé façon « synthpop » chapeauté par Jacno était très fun…

    • Eddy Vanleffe  

      Je ne savais pas que Madame Taieb avait fait autre chose, c’est donc une interview très informative que je lis là…

      • Bruce lit  

        UKUYEYE contient effectivement des morceaux que j’aime bcp notamment le duo avec Jacno, oui.

  • Steve  

    Depuis le temps que Bruce me parle de cette interview. Elle est à la hauteur de mes attentes.
    Charmante dame donc et un dialogue passionnant.
    Je ne savais pas qu elle était de Tunisie, ce qui me touche particulièrement …
    je vais donc tout écouter, ne connaissant que 7h… il faudrait encore nous faire un album, non?

  • Surfer  

    Une artiste qui a pour maître STEVIE et ELVIS mérite tout mon respect.👍😉
    Je ne connaissais que très peu cette chanteuse (qui ne fait pas que chanter puisque, manifestement, c’est une artiste complète).
    Ton interview est riche en informations. Ton florilège de chansons est représentatif de très belles choses.
    Depuis quelques temps, j’ai redémarré ma collection de vinyles. Par curiosité je suis allé voir la discographie de la chanteuse. L’album le plus intéressant (Son 1er, celui de 1967, qui a mon sens contient ses plus belles chansons) ne se trouve presque plus, ou alors à des prix indécents.

    • Bruce lit  

      @Surfer : Jacqueline reprend Elvis juste ici : https://www.youtube.com/watch?v=aVy5OVjhvLk
      La passion du vinyl coûte cher désormais. Une arnaque phénoménale des maisons de disques. Pour ma part, sauf pour la pochette, je ne suis pas plus amoureux que ça du format et me contenterait des CDs.

      • Surfer  

        Alors non, ce ne sont pas les maisons de disques qui nous arnaquent le plus !
        Un vinyle neuf aujourd’hui ne coute pas plus cher qu’avant !
        Compte tenu de l’inflation je trouve même qu’il est moins cher.
        Ceux qui nous arnaquent le plus sont certains petits malins qui profitent du regain d’intérêt pour revendre des vinyles d’occasion à des prix indécents.
        Certains pressages d’albums cultes d’époque s’échangent à prix d’or !
        C’est comme le bon vin, faut connaître les bonnes années et les pays où cela a été pressé.

        Mais, je ne vais pas me plaindre, j’ai moi-même gardé presque tous les disques de mon père et de mon adolescence et j’ai actuellement des perles dans ma collection. Des originaux des Beatles, du Floyd, de Marvin Gaye, Curtis Mayfield, Stevie Wonder…

        En ce qui me concerne, ma motivation à collectionner n’est pas fonction de la plus value que je pourrai faire sur un disque. Je recherche avant tout le plaisir que j’aurais à l’écouter.
        Et lorsque l’on a un système HiFi qui tient la route, rien n’est plus agréable que le son d’un bon vinyle. N’importe quel audiophile vous le dira.

        • Jyrille  

          Pourtant j’ai vu des vinyles neufs au prix prohibitifs. Genre le double album live de Bowie WELCOME TO THE BLACKOUT à 50 euros. Même avec l’inflation, c’est beaucoup plus qu’à l’époque non ? N’importe quel Beatles est à 25 euros je crois.

        • Bruce lit  

          Euh Surfer, pas vraiment, je sais bien que tu es plaqué d’argent still…
          Un vinyle dans les années 80 valait environ 10€ (60 francs) jusqu’à ce que sous l’impulsion de François Leotard ministre de la culture la TVA passe à 19 % pour arriver au prix actuel du CD soit 18 € minimum pou un CD neuf. Je me rappelle très bien que mes vinyls coutaient tellement chers que je me rabattais sur les K7 moins chères.
          Aujourd’hui une nouveauté vinyles c’est 25€ minimum et tout ce qui est back catalogue réédité en 180g, c’est 35€ ..

          • Jyrille  

            Après ça dépend tu peux trouver pas mal de vinyles à 8, 10 ou 12 euros, des gros tirages, genre les Red Hot ou Supertramp par exemple. Et des vinyles de groupes obscurs à pas plus de 15 euros.

          • Bruce lit  

            Oui, des vieux trucs d’occaz’.
            Mais ce n’est plus la norme. Et les disquaires vont se faire de + en + rares.

          • Jyrille  

            Non non même neufs, en prix réduits à leur sortie. Passe au Cultura (je déteste) tu verras.

          • Bruce lit  

            Attendez…
            Ne me dîtes pas que les vinyls et les cd neufs sont au même prix, parce que chaque année au moment d’en acheter à mon frangin pour les fêtes je vois la différence.

          • Surfer  

            Aujourd’hui un disque vinyle c’est en moyenne 15-20 euros a sa sortie. Sauf pour les doubles albums qui sont un peu plus chers.
            Dans les années 80 il me semblait que je payais mes 33 tours une centaine de francs. Mais je me trompe peut-être.

          • Jyrille  

            Ce qui est sûr, c’est que fin des années 80 et dans les années 90, je payais mes CDs entre 80 F et 120 (le prix le plus commun) voire 130 140.

          • Tornado  

            Oui, je me souviens des CDs à 140 F. J’étais écoeuré de ces prix. Dès que le téléchargement est arrivé, j’ai tout envoyé pêter. Et j’ai téléchargé à bloc, comme pour me venger du sentiment d’avoir été volé pendant des années de ma passion en regardant les disques être réédités sans cesse avec bonus, remasterisations et tout le tintouin. Si les disques étaient restés à des prix sympas, jamais ça ne se serait passé comme ça.

            Aujourd’hui ils essaient de faire pareil avec les Blu-ray 4K. 100 € la trilogie RETOUR VERS LE FUTUR. 200 € l’intégrale STAR WARS. Ben voyons… C’est pas comme si on avait déjà amorti votre film en allant le voir au cinéma (parfois deux ou trois fois), hein…
            Parfois je croise encore des gens qui me font la leçon anti-téléchargement… (alors que j’achète plein de trucs neufs, d’ailleurs (mais faut pas que j’aie l’impression d’être pris pour un couillon))…

  • Tornado  

    Interview, interviewer et interviewée sont tous bien sympathiques. 🙂
    Je ne connaissais aucune chanson (pas même la 1°). Mon coeur musical n’a jamais été du côté de la France yéyé (plutôt du côté british invasion et country rock US) en dehors de quelques exceptions (Gainsbourg-Polnareff-Dutronc-Ferrer).
    J’avoue que les arrangements sont chouettes. J’ai le vague souvenir d’avoir écouté une compil au temps d’Amazon lorsque Bruce avait écrit son com. Je n’avais pas accroché. Comme dit plus haut, je n’ai jamais été attiré par les yéyés.
    Mais c’est pas grave, vive les vendredi placés sous le signe de la musique comme d’autres sont dans le poisson ! 😀

    • Bruce lit  

      Plus temps passe, plus je suis fan des yéyés en y voyant directement des analogies avec le punk (si si !) : des morceaux courts et intenses réglés en 2 minutes chronos. Une myriade de singles plein d’imagination et bcp d’artistes sans lendemain.
      Sur les arrangements, oui, c’est magistral la section rythmique est remarquable.

      • Eddy Vanleffe  

        Pour le coup, je rejoins pas mal ton analyse.
        La seule spécificité du punk c’est la résonance hors norme sociétale que ce phénomène a eu en Europe avec un mélange un peu politique-un peu nihiliste-un peu pessimiste et beaucoup opportuniste ….
        Le yéyé était rétrospectivement déjà un étape consumériste bizarre avec un accès inédit de la musique à al jeunesse de manière soudainement bien plus démocratique qu’avant… dons sociale.
        les textes avaient un carpe diem très étrange comme si ça pouvait pas durer c’est flagrant chez Gainsbourg/France Gall d’ailleurs.
        enfant, c’était les disques de ma mère je me mettais don un devoir à le détester mais j’ai depuis renoué avec pas mal d’entre eux… notamment France Gall dont j’adore cette période et les tus débuts de Johnny aussi….

        • Bruce lit  

          Mais oui !!!! C’est tellement vrai ce que tu dis !
          Chante, dans Baby Bop comme si demain ne devait jamais revenir, c’est le proto-No Future des Pistols.
          Poupée de cire, poupée de son, c’est du Stranglers avant l’heure !!!! Sérieux, je vois très bien le groupe la jouer.
          Ma prochaine étape serait de pouvoir mon icône ultime Gillian Hills.

        • Tornado  

          Et bien ça doit être pour ça que je n’accroche pas en fait… Même Françoise Hardy, la plus proche que j’ai en tête de ce que je viens d’écouter ici, je n’ai jamais réussi à accrocher malgré les multiples tentatives. Chez Gainsbourg j’aime tout… sauf ses chansons yéyé (VILAINE FILLE MAUVAIS GARÇON par exemple (et ses chansons funk)). Il n’y a vraiment que Dutronc, Ferrer et Polanareff que j’adore même en cette période, que je préfère en général écarter pour écouter de la « chanson française » (Brel, Brassens, Ferré, Nougaro, Jonasz ET Gainsbourg). France Gall j’écoute à partir de Michel Berger. Avant je supporte pas.

          • Bruce lit  

            Je suis étonné, les chansons pour France Gall sont si merveilleuses, douces et amères. Il y a eu trop de Gainsbourg cette année. Pour la saison 9, je dois faire mon spécial France Gall. D’elle j’aime tout. Elle a une disco quasi parfaite.
            Le yéyé, c’est de l’énergie et de la mélodie.

          • Tornado  

            C’est le contraire d’Eddy : Quand j’étais gamin mes parents passaient tout le temps ces chansons de leur jeunesse et j’aimais bien. Mais avec le temps, je n’aime plus du tout tous ces machins yéyé. Pour moi c’est trop « basique » (je dis ça sans méchanceté). Mes goûts musicaux sont en attente de quelque chose de plus fouillé, de plus dense, de plus rond, de plus cosmique, de plus groove, de plus exotique, de plus aventureux. Je n’ai aucune appétence pour les petits morceaux binaires/courts/carrés.

          • Bruce lit  

            quelque chose de plus fouillé, de plus dense, de plus rond, de plus cosmique, de plus groove, de plus exotique, de plus aventureux
            Merci de cette définition qui me convient tout à fait. Et qui nous sépare à jamais : j’aime la mélodie instinctive, celle que tu as toujours eu l’impression de connaître, l’évidence, la simplicité, le basique.
            Tiens, l’autre fois je regardais ce film sur Netflix : le 4ème passager et j’entends une bande son insupportable : le personnage écoutait du Coltrane et faisait l’éloge du Jazz et de ses vertus techniques. Je n’aimerais jamais cette musique.

          • Jyrille  

            On peut aimer les deux hein… comme moi par exemple…

          • Jyrille  

            Quant au 4ème passager c’est sympa mais à aucun moment je n’ai ressenti la tension de GRAVITY (que j’adore, j’ai dû le voir 4 fois déjà) ou de APOLLO 13 (je regarde plein de trucs dans l’espace en ce moment, je ne l’avais jamais vu, c’est vraiment bien).

          • Tornado  

            99% de ce qu’a fait Coltrane (en solo), je trouve ça insupportable aussi (je n’aime pas le free-jazz). Je suis fan de MY FAVOURITE THINGS, cosmique mais maitrisé, à auteur d’auditeur. Je n’aime pas les extrêmes.

          • Jyrille  

            Il y a plein de trucs très écoutables chez Coltrane. A part My Favourtite Things, il faut écouter GIANT STEPS et OLE. Maintenant je suis loin de connaître toute sa production, mais une compilation comme IMPRESSIONS donne une bonne idée. Après c’est sûr que SUN SHIP ou A LOVE SUPREME, il faut s’accrocher.

          • Tornado  

            C’est vrai, j’exagère avec mes « 99% ». Il y a même un magnifique album très accessible intitulé BALLADES.

  • Jyrille  

    Je ne connaissais que « 7h du matin » de toute cette liste, que j’ai toujours aimée mais je serai bien incapable de savoir quand je l’ai découverte. Merci beaucoup Bruce pour le tour d’horizon et pour l’interview si dynamique et informative. Je n’ai pas encore écouté les bonus, ça viendra (je ne savais pas que Mareva Galanter avait fait un album, et encore moins qu’au moins deux membres de la team l’avaient…). Je me souvenais très vaguement de la chanson de Dana Dawson et pas du tout d’elle, pourtant oui, c’était une chanteuse de premier plan à l’époque.

    Je suis donc ravi d’avoir découvert Jacqueline Taïed, une terrible autrice-compositrice-interprète, car j’ai tout aimé de ce que j’ai écouté. Les paroles sont très bonnes et je rejoins complètement votre analyse à toi et Eddy sur le proto-punk des yéyés. Sans doute pour cette raison qu’au contraire de Tornado, je préfère France Gall avant Berger (pour ce que j’en connais). En tout cas les parallèles avec Dutronc et Ferrer me semblent parfaitement adaptés.

    Je suis également très content que Jacqueline cite les Little Rabbits 😀 Je crois que je vais finir par me chercher cette compile, et oui il y a un peu de l’humour de Gainsbourg dans On roule à 160 (allez Roger).

      • Surfer  

        Alors moi, la chanson de Gainsbourg qui me fait penser à ON ROULE À 160 c’est HARLEY DAVIDSON écrite et composée pour Brigitte Bardot.
        Je trouve d’ailleurs que J. TAIEB à une voix très proche de celle de B.B.

      • Jyrille  

        Oui je la connaissais, je suis assez d’accord Bruce.

      • Jyrille  

        Les bonus sont bien. La reprise de Mareva est super (et Mareva est très belle), le groupe danois me rappelle beaucoup Blondie et je dois encore regarder LE SERPENT (j’en suis au milieu de l’épisode 2, pour l’instant je ne suis pas convaincu).

        • Bruce lit  

          Le SERPENT : 2 épisodes et puis s’en va. Cette narration me fait vraiment chier : 2 ans avant, 6 mois après, maintenant, pendant une heure à tous les épisodes. Putain raconte ton histoire simplement (encore de la simplicité), tes allers retours si, et c’est le cas, ça n’amène rien ni à la tension ni à l’histoire, ben c’est un gimmick et j’ai horreur de ça.

          • Jyrille  

            Oui voilà, là c’est abusé et on s’y perd. Quand c’est bien fait c’est très bien mais là le gimmick sert de scénario, c’est vraiment pénible.

  • Jyrille  

    Et comme toujours, très chouette illustration de Ed’. La photo est également hyper classe.

  • JP Nguyen  

    Je ne connaissais que 7H du matin via de la publicité ou un jingle radio. Comme Eddy, je ne savais pas que c’était un morceau à part entière.
    Juste une question de feeling, j’ai eu l’impression en lisant l’interview que le côté groupie de Bruce ressortait plus que sur d’autres itw.
    J’ai écouté et regardé deux-trois videos… Comme dirait Arctarus, sur ce coup-là, pour moi, ce serait plus autolargue que accrochage…

    • Bruce lit  

      Groupie non. Fan total oui.
      Il est vrai que plein d’autres questions me sont venues après coup.

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