LE CINÉMA DE PRINCE

Focus : Prince au cinéma

Par H.NICO, taulier de l’association BD ELONAN COMICS

« Dearly beloved… We are gathered here today to get through this thing called « life »»
Ainsi s’ouvre la grande messe du groupe The Revolution, mené par son leader charismatique : Prince !
Et par la même occasion, ainsi commence le film PURPLE RAIN !
Nous sommes en 1984 et le Kid de Minneapolis crève l’écran à travers une autobiographie filmique qui va propulser sa carrière encore toute jeune de six ans !
Mais six ans, c’est très long pour cet artiste trrrrèèès prolifique qui rêvait déjà depuis longtemps de cinéma !

Parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, Prince s’est souvent mis en scène à travers des films ou des shows TV conceptuels !

Flashback :
Après avoir réalisé (tout seul) deux albums plutôt sages (FOR YOU en 1978 et PRINCE en 1979), le chanteur multi-instrumentiste troque ses chansons romantiques contre un esprit provocateur et des morceaux orientés sexe sale pour son troisième opus DIRTY MIND en 1980.
À l’image de Rick James, dont il assurait les premières parties, Prince veut marquer les esprits et jouer à fond avec une attitude et une image « Punk Funk ». L’élève en vient très vite à dépasser le maître. Si Rick James peut sembler ridicule avec ses cuissardes à la Françis Lalanne, Prince est hypnotisant sur scène avec son string, ses bas et son imper d’exhibitionniste… le charisme ne se commande pas !

Tout ça pour dire que dès son disque suivant, CONTROVERSY en 1982, notre homme qui aime tant jouer avec son image rêve déjà de cinéma.
30 minutes du projet THE SECOND COMING ont été tournées à cette époque. On peut en voir quelques traces sur YouTube mais difficile de savoir où Prince voulait en venir… S’il se murmure qu’il s’agissait bien de plans destinés à un long métrage, le tout ressemble plutôt à une série de stock-shots destinés à un potentiel clip.
Selon quelques sources, il s’agirait en fait d’un projet avorté de film-concert, soit une performance live de plusieurs chansons entrecoupées par des séquences filmées servant de fil conducteur à l’ensemble. Des images ont fuité montrant Prince déambulant sur un plateau enfumé, accompagné de deux femmes, sur fond de lumière blanche, avant de jouer avec un chewing-gum qu’il entortille autour de son doigt en jetant des regards salaces à la caméra…
Mais qu’est-ce qu’il voulait bien raconter ? Pas facile à déterminer même si on devine déjà une intention d’histoire mélangeant sexe et spiritualité, deux ingrédients qui deviendront la marque de fabrique du musicien.

Toujours en bon amateur de 7ème art, notre homme s’inspire d’une ambiance à la BLADE RUNNER pour illustrer avec des photos et des clips futuristes son double album 1999 sorti en… 1983. Cette année-là, Prince et Michael Jackson deviennent les premiers artistes noirs à voir leurs clips diffusés sur MTV, faisant naître ainsi leur soi-disant rivalité. Mais Prince n’a que faire de l’interprète de Thriller, il veut continuer à peaufiner le côté visuel de son œuvre et passer du petit au grand écran…
Car oui, il veut conquérir Hollywood, et quand il veut quelque chose, il l’obtient ! Ce qui nous ramène ainsi à PURPLE RAIN qui ouvre mon article…

Réalisé par Albert Magnoli (réalisateur aussi de TANGO & CASH avec Stallone, vous faites ce que vous voulez de cette info), PURPLE RAIN connaît un immense succès planétaire (un peu plus mitigé en France parce que nous, on ne fait jamais comme tout le monde).
Détrônant le mythique GHOSTBUSTERS au box office, le film rafle l’oscar de la meilleure chanson de film et l’album éponyme lui servant de bande originale casse la baraque !

Purple Rain : un film, un album, un single et des produits dérivés !

Mais au fait, PURPLE RAIN, de quoi ça parle ?
Comme je le disais plus haut, il s’agit d’une autobiographie romancée. Comme dans la vraie vie, nous sommes à Minneapolis et Prince joue le rôle du Kid, un musicien/chanteur de génie qui se produit au First Avenue, une salle de concert locale, avec son groupe The Revolution. Soir après soir, il tend à se faire piquer la vedette par la formation The Time, menée tambour battant par un Morris Day au top de sa forme.
Le Kid est convaincu que sa musique peut changer la face du monde mais il est bientôt le seul à y croire. Le public commence à le bouder et les membres de The Revolution ne sont pas loin de vouloir quitter le navire. Arrive alors Apollonia, une jeune danseuse qui veut se faire un nom dans le milieu artistique. Prince en tombe amoureux, Morris Day veut l’engager et le Kid va devoir se battre de toutes ses forces pour conquérir le cœur de la belle et par la même occasion, celui de son groupe et de son public.

PURPLE RAIN est-il un bon film ? J’ai envie de répondre par l’affirmative.
Bien que très ancré dans son époque, il rattrape le jeu plus que moyen des « comédiens » avec des scènes de concerts anthologiques appuyées par des tubes légendaires tels que le très rock « Let’s Go Crazy » qui ouvre le bal, « When Doves Cry » et bien sûr « Purple Rain » qui conclue le tout de très belle manière !
Prince n’allait bien évidemment pas en rester là, cogitant déjà de nouveaux plans durant sa tournée américaine.

En 1985, malgré les conseils de sa maison de disques (Warner) de profiter encore du succès de son film/disque/tournée, Prince, qui est déjà passé à autre chose, sort le très Beatlessien AROUND THE WORLD IN A DAY. Une œuvre bien différente de ce qu’il venait à peine de proposer.
L’opus ne connaît pas le succès de son prédécesseur, le public ne semblant pas prêt pour une sortie aussi rapide et aussi différente. Le disque ne bénéficiera d’aucune tournée promo, le Kid de Minneapolis étant déjà occupé à se glisser dans la peau d’un tout autre personnage : le gigolo Christopher Tracy !

D’abord réalisé par Mary Lambert (SIMETIERRE) qui se fera ensuite remercier, ce nouveau film devient la première incursion de Prince à la réalisation.
Tourné dans le sud de la France dans un style old school et en noir et blanc, UNDER THE CHERRY MOON suit les péripéties de Christopher et de son ami Tricky (interprété par Jérome Benton, qui jouait le bras droit de Morris Day dans PURPLE RAIN). Ensemble ils séduisent des femmes, espérant profiter de leur fortune. Mais Mary débarque, sous les traits de Kristin Scott Thomas, dans son tout premier rôle. Christopher en tombe amoureux, se rendant compte que l’amour vaut mieux que l’argent…

« Prince and The Revolution : Parade, music from the motion picture Under The Cherry Moon » (tout ça c’est le titre de l’album)

Si dans son film précédent, Prince ne montrait pas beaucoup d’émotions dans son jeu d’acteur, interprétant une espèce d’artiste maudit, incompris de tous, asocial, égocentrique et quelque peu autiste, il se révèle ici bien plus à l’aise devant la caméra. Tour à tour détestable et adorable, lâchant quelques punchlines bien placées avec un humour savamment dosé, Prince EST Christopher, ce gigolo qui ne pense qu’à l’argent mais en qui se cache une âme de poète.
Cette fois il ne joue pas le rôle d’un musicien, ses chansons servant juste d’habillage sonore au service d’une véritable comédie dramatique !
UNDER THE CHERRY MOON sort à l’été 1986 et malgré ses évidentes qualités, l’accueil du film est mitigé. Mais l’album PARADE qui lui sert de BO connaît un franc succès en Europe, notamment grâce au single « Kiss » qui révèle alors Prince au public français, il était temps !

1987 : Après bien des remaniements le double album SIGN ‘O’ THE TIMES voit le jour, accompagné par une tournée anthologique… exclusivement européenne (à l’exception de quelques rares concerts US, Prince ne cartonnant plus comme avant dans ses propres contrées).
Face à l’efficacité de titres comme « U Got The Look », « Housequake » ou « If I Was Your Girlfriend » (que l’on peut d’ailleurs entendre dans le film STRIP TEASE avec Demi Moore), il est tardivement décidé d’enregistrer des images de ces shows afin d’en tirer un film-concert agrémenté de séquences filmées reliant l’ensemble, à l’image de ce qu’aurait pu être THE SECOND COMING en 1982-83.
La plupart des captations étant inexploitables au vu des moyens limités de l’époque et des chansons-clés n’ayant tout simplement pas été filmées, Prince décide de terminer son nouveau long métrage dans sa propre salle de concert des studios Paisley Park, qu’il vient de faire construire dans le Minnesota. Seules 20% des images de la tournée figureront dans le film, le reste étant enregistré à Paisley Park. Le clip de la chanson « U Got The Look », en duo avec Sheena Easton (la chanteuse de FOR YOUR EYES ONLY, pour les fans de James Bond), sera inclus dans le montage final.
Le film-concert SIGN ‘O’ THE TIMES sort en novembre 87, donnant l’occasion de vivre sur grand écran l’ampleur des prestations scéniques de Prince et de ses musiciens !

Quelques éclats de la bombe Sign ‘O’ The Times.

Un film en guise d’apéritif pour la tournée suivante en 1988, le LOVESEXY tour et ses concerts en scène centrale, qui resteront parmi les meilleurs shows de l’artiste !

En 1989, une autre superstar s’apprête à retrouver ses lettres de noblesse. Longtemps ridiculisé par une série TV délicieusement kitsch (ou affreusement c’est selon), Batman prépare son grand retour au cinéma sous la caméra du tout jeune Tim Burton !
Warner mise gros sur ce projet et les producteurs se disent que ce serait une bonne idée de mêler Prince à cette affaire. Burton hésite puis accepte d’utiliser quelques anciennes chansons de l’artiste dans son film. Prince se rend sur le plateau de tournage, visite la Batcave, rencontre le réalisateur et emballe au passage l’actrice Kim Basinger, qui joue dans le film.
Boulimique de travail, l’artiste, qui avait justement appris le piano enfant sur le thème de la série TV BATMAN, propose carrément à Burton un tout nouvel album… qu’il réalisera tout seul, comme à l’époque de ses deux premiers disques.

1989 : La Batmania relance la Princemania !

L’album BATMAN n’est pas une bande originale, celle-ci étant laissée aux bons soins du compositeur Danny Elfman. Il s’agit en fait d’un recueil de chansons en lien direct avec le film, que Prince imagine interprétées tour à tour par Batman himself pour « The Future », mais aussi par le Joker avec « Partyman », ou Vicky Vale en duo avec Bruce Wayne sur « The Arms Of Orion ». Le morceau « Batdance », qui est en fait un remix-compilation des titres présents dans l’album, connaît un joli succès commercial. Un succès que Prince doit avant tout au film et à son personnage central.
BATMAN (le film) est un carton et la Batmania déferle sur le monde, reléguant finalement le disque princier en simple produit dérivé.
Mais un produit qui remet Prince en selle ! Il envisage aussitôt de ressortir du placard un projet initié en 1986-87 : un long métrage intitulé THE DAWN et qui fut un temps destiné à être tourné avec Madonna. Désormais envisagé avec Kim Basinger, Warner accepte de le financer à condition que Prince fasse quelques remaniements pour transformer THE DAWN en… PURPLE RAIN 2 !

Peut être pour surfer sur le succès de BATMAN, en reprenant sa darkitude globale, cette nouvelle aventure du Kid de Minneapolis se veut plus sombre que son prédécesseur qui célébrait la vie… cette fois la mort sera au cœur du film.
Pour ce faire, l’œuvre qui s’appellera finalement GRAFFITI BRIDGE, se déroulera quasi intégralement de nuit… mais ce seront des nuits passées sans Kim Basinger, qui quitte le navire princier avant même qu’il n’ait pris la mer, après une courte liaison avec la star. Elle se voit remplacée au pied levé par la belle Ingrid Chavez qui jouera le rôle de la mystérieuse Aura, personnage central de l’intrigue.

Voilà, si vous ne saviez pas, il existe un Purple Rain 2 !

Avec un scénario à base d’anges et de mysticisme, GRAFFITI BRIDGE aurait pu être de meilleure tenue s’il avait bénéficié d’un budget plus conséquent et d’un réalisateur chevronné à sa barre (à la place de Prince donc).
Au final, il ne ressemble même pas à PURPLE RAIN, dont il se veut pourtant la suite directe. Pire : il souffre de la comparaison avec son ainé !
L’action se passe dans un décor low-cost de rues en carton pâte, où se côtoient les clubs du quartier (tout le film se passera essentiellement sur ce même plateau, donnant souvent l’impression d’assister à une pièce de théâtre).
Le Kid est cette fois-ci propriétaire du Glam Slam, seule boîte à ne pas être sous l’emprise du méchant de l’histoire : le chanteur/gangster/mafieux (on ne sait pas trop) Morris Day, de retour avec son gang The Time !
Notre vilain veut étendre son empire et n’hésite pas à commettre des actes de sabotage pour pourrir la vie du Kid, tout en mangeant du piment fort sans sourciller, parce qu’il est méchant… La belle Aura est envoyée des cieux pour accomplir une mission divine : celle de convaincre notre héros qu’on ne peut combattre le mal par le mal.
Une fois de plus, l’amour et la musique feront en sorte que le Kid ressorte vainqueur de ce… de cette… de ce truc.

GRAFFITI BRIDGE, c’est PURPLE RAIN en moins bien. Moins de budget, moins d’acteurs (essentiellement issus du staff princier), une production moins léchée et un scénario parfois confus. Bon nombre de séquences semblent posées ici et là un peu au hasard dans le seul but de combler le film.
La BO sauve les meubles, grâce notamment à des titres comme « The Question Of U », « Thieves In The Temple », le magnifique « Still Would Stand All Time » ou autre « Joy In Repetition », qui restent parmi les plus belles compositions de l’artiste. L’album contient deux fois plus de morceaux que PURPLE RAIN et de nombreuses collaborations avec d’autres artistes (Tevin Campbell, Mavis Staples, George Clinton et bien sûr The Time) sont au rendez-vous. Mais tout cela ne manque pas de rendre son contenu assez inégal (comparez le morceau-titre « Graffiti Bridge » à « Purple Rain » pour vous en convaincre).
Prince le dit lui-même au début de son disque : « Things didn’t turn out quite like I wanted them to » et 1990 restera l’année d’un rendez-vous manqué.
C’est bien dommage car GRAFFITI BRIDGE avait du potentiel avec des intentions plus que louables sur le papier. On sent néanmoins que l’œuvre a été faite avec le cœur et malgré mes remarques plus haut, j’en garde une réelle affection !
Le bide du film marquera la fin des expériences cinématographiques de Prince. Ses futures tentatives sortiront directement en vidéo.

En 1991 arrive DIAMONDS AND PEARLS, le disque grâce auquel Prince renoue avec le succès !
A l’image de GRAFFITI BRIDGE, l’artiste n’est pas seul aux commandes de cet opus estampillé cette fois-ci « Prince and the New Power Generation », ou « NPG » pour les intimes, un nom de groupe qui sera conservé pour toujours !
Warner met le paquet pour la promotion de cet album, savamment appuyé par une très bonne sélection de singles. De « Cream » à « Insatiable », en passant par « Gett Off » (que l’on peut entendre dans le film LE DERNIER SAMARITAIN de Tony Scott), tous bénéficient de vidéoclips extrêmement léchés, qui n’ont rien à envier à ceux de la concurrence (Michael si tu nous entends).
Pour la petite histoire, le maxi single « Gett Off » est sorti en VHS et Laserdisc, proposant cinq vidéoclips de diverses versions de la chanson. L’occasion d’y découvrir Prince faire des pompes en slip de bains et bretelles (si si) au bord de sa piscine, avis aux amatrices !
L’intégralité des clips de l’album est ensuite présentée dans un DIAMONDS AND PEARLS VIDEO COLLECTION de très bonne facture, dans lequel on peut aussi découvrir quelques interviews des NPG.

Prince décide de continuer sur cette lancée, sortant dès l’année suivante un album aux sonorités similaires à celles de DIAMONDS ANS PEARLS.
Le titre de l’opus : un logo mystérieux et imprononçable, plus communément appelé LOVE SYMBOL…
On y trouve quelques titres efficaces et semblant calibrés pour les ondes radios comme « Sexy MF » ou « My Name Is Prince », entrecoupés par quelques segments parlés transformant le tout en album-concept. Un concept qui sera expliqué dans le film 3 CHAINS O’ GOLD, qui reprend le titre d’une des chansons de LOVE SYMBOL (une chanson qui ressemble d’ailleurs à s’y méprendre à un pastiche rigolo de « Bohemian Rhapsody » de Queen. Volontaire ? Je ne sais pas).

Sorti deux ans trop tard, 3 Chains O’ Gold aurait pourtant pu être un bon moyen de booster les ventes du disque… dommage !

Réalisé pour le marché de la vidéo, sorti en VHS et Laserdisc (en 1994), 3 CHAINS O’ GOLD présente l’intégralité des vidéos issues de l’album, entrecoupées par des séquences liant le tout. C’est un peu SIGN ‘O’ THE TIMES avec des clips, un concept somme toute très original !
On y voit Prince qui fait la rencontre de Mayte, une princesse égyptienne dont le père s’est fait assassiner par les sept membres de l’organisation « 3 Chains O’ Gold ». Il aide la belle à se venger en musique et à la fin de l’histoire, notre héros et Mayte tombent amoureux et surtout : Prince prend la décision de ne plus se faire appeler Prince !
Une curiosité qui fait écho à la vraie vie du chanteur. En 1993, suite à un gros conflit contractuel avec Warner, il claque la porte des studios pour utiliser le fameux Love Symbol en tant que nouvelle identité (estimant que son ancien nom appartenait à une maison de disques dont il a trop longtemps été esclave). Puis, Mayte et Prince se marient en 1994, se faisant définitivement rejoindre fiction et réalité…

Et c’est grâce à cette transition capilotractée que je vais maintenant vous parler de THE BEAUTIFUL EXPERIENCE, un film-vidéoclip sur le modèle de 3 CHAINS O’ GOLD et destiné cette fois à la télévision.
L’histoire commence avec Nona Gaye (la fille de Marvin que l’on peut voir aussi dans MATRIX 2 et 3) qui s’ennuie ferme chez elle. Elle se connecte à son ordinateur d’où une voix féminine se fait entendre en prononçant les mots « Welcome To The Dawn » (tiens tiens) avant de lancer le morceau « Interactive », conçu spécialement pour promouvoir le premier CD-Rom interactif du prince en vente à cette époque.
Et c’est parti pour une heure de clips !
Nous assistons à une compilation de titres sortis chez Warner dans l’album COME, tels que « Loose », « Race » ou l’excellent « Papa » et d’autres chansons alors inédites comme le ténébreux « Days Of Wild » ou l’ultra efficace « Acknowledge Me ». Le film se conclue avec le premier single estampillé Love Symbol et qui connaît alors un franc succès : « The Most Beautiful Girl In The World », dédié à Mayte (vidéo réalisée au passage par Antoine EQUALIZER Fuqua).
Publié par Paisley Park Records et distribué par divers labels selon les pays, le titre est disponible sous la forme d’un EP présentant 7 versions différentes du morceau. Il porte lui aussi le titre THE BEAUTIFUL EXPERIENCE, en prélude à une autre expérience l’année suivante qui, si elle n’a pas cassé la baraque, reste incontestablement parmi les meilleurs albums de celui qu’on n’appelait plus Prince.

Le dernier contrat signé chez Warner, avant que notre musicien ne se soit fâché, prévoit encore la sortie de quelques titres que la maison de disques garde encore en réserve. C’est ainsi qu’après avoir longtemps été conservé dans les placards malgré la demande croissante des fans, THE GOLD EXPERIENCE est finalement publié fin 1995.
Le public connaissait l’existence de cet opus bien avant sa sortie. Il faut dire que sur scène, Love Symbol ne s’était pas gêné pour jouer des morceaux y figurant, faisant de plus en plus monter l’envie d’écouter chez soi des titres comme « Endorphinmachine » que l’artiste avait d’ailleurs présenté un an plus tôt sur le plateau de Nulle Part Ailleurs. Le hit « The Most Beautiful Girl In The World » y figure aussi, ainsi que le très rock « Dolphin », dont on pouvait entendre les premières notes dans le film THE UNDERTAKER, sorti quelques mois plus tôt…

Si l’Experience est Beautiful, on ne peut pas en dire autant de la jaquette de The Undertaker…

Tourné (comme toujours) à Paisley Park, THE UNDERTAKER montre Prince sur scène, guitare en main, accompagné seulement par deux membres de NPG : Sonny T à la basse et Michael B à la batterie. Les morceaux s’enchaînent comme « The Ride » que l’on pouvait déjà entendre dans le show TV THE BEAUTIFUL EXPERIENCE, « Poorgoo », souvent joué en tournée ou encore une reprise de « Honky Tonk Woman » des Stones. Le tout entrecoupé de séquences filmées avec l’actrice Vanessa Marcil (la fiancée de Nicolas Cage dans THE ROCK). Celle-ci déambule dans le hall de Paisley Park comme sous acides, vivant une sorte de bad trip dans lequel Prince et ses deux musiciens jouent sur scène devant… absolument personne (!)
THE UNDERTAKER donne l’impression d’un film inachevé destiné à promouvoir l’album du même nom qui n’est finalement jamais sorti (enfin si, quelques exemplaires pressés, qui furent ensuite détruits sur ordre de Prince. En 1988 le légendaire BLACK ALBUM avait déjà connu le même destin).

Pas d’album THE UNDERTAKER donc mais bel et bien une GOLD EXPERIENCE de très bonne facture, accompagnée d’un nouveau film-concept/show TV intitulé THE GOLD EXP… pardon, THE LOVE4ONEANOTHER EXPERIENCE (non ne cherchez pas à comprendre s’il-vous-plaît, c’est déjà assez difficile comme ça)

Diffusé sur VH1 en janvier 1996, THE LOVE4ONEANOTHER EXPERIENCE raconte une histoire se passant… à Paisley Park (mais quelle surprise).
Love Symbol et les NPG jouent sur scène « Rock And Roll Is Alive » (réponse faite à « Rock And Roll Is Dead » d’un Lenny Kravitz qui n’en demandait pas tant), annonçant à qui veut l’entendre que ce même rock vit à Minneapolis ! Nikki (interprétée par Corrie Dana, qui a aussi joué dans… rien d’autre) débarque dans les Paisley locaux, bien décidée à trouver son âme sœur en la personne de l’artiste qu’on appelait Prince.
Un scénario sensiblement identique à celui de THE RYDE DIVINE, émission TV tourné pour ABC en 1992 dans le cadre de l’album LOVE SYMBOL.
Notre héroïne passe une bonne heure à chercher son amoureux dans tout Paisley Park. Bien sûr sa chasse aux œufs est entrecoupée de performances tirées de THE GOLD EXPERIENCE, mais pas que… d’autres chansons entendues dans ce programme paraîtront en 1998 dans le quadruple (!) album CRYSTAL BALL, dans lequel on pourra notamment écouter « Ripogodazippa » qui apparaît dans le film SHOWGIRLS de Paul Veroheven.
Autre pépite de ce LOVE4ONEANOTHER : l’excellent « Purple Medley » sorti en single à la même époque. Un titre injustement trop méconnu dans lequel Prince chante pendant dix minutes ses tubes les plus légendaires (sous forme de medley donc). Il ne s’agit pas d’un vulgaire remix mais bel et bien d’un enchaînement de titres sous forme de morceau unique, un must have !
La chanson « Gold » qui reste à mon sens le digne successeur du morceau « Purple Rain » clôt le spectacle et la pauvre Nikki se rend compte que son Love Symbol et elle ne resteront à jamais que de simples amis.

FIN.
Non je rigole, partez pas !

En 1996, c’est Spike Lee qui fait appel aux services de Prince pour concocter la BO de son nouveau film.
Les deux hommes avaient déjà travaillé ensemble, sur la vidéo de « Money Don’t Matter 2 Nite » pour DIAMONDS AND PEARLS. Mais contrairement à ce qui avait été fait auparavant pour un certain homme chauve-souris, GIRL 6 ne sera pas un nouvel album, mais une sélection d’anciens titres, destinés à illustrer le long métrage.
Seule nouveauté à bord : la chanson-titre qui clôt la galette. C’est peu, mais la compilation permet à certaines oreilles de découvrir quelques pépites comme « She Spoke To Me » ou « Count The Days » sorti en 1994 dans EXODUS, un disque estampillé NPG assez difficile à trouver.
Les mêmes NPG qui avaient d’ailleurs publié en 1994 la chanson « Superhero » pour le film BLANKMAN avec Damon Wayans !

Girl 6 et Blankman (et là je me rends compte que je n’ai vu ni l’un ni l’autre).

Oui, l’incursion de Prince dans le monde du cinéma est bien plus importante qu’on ne pourrait le croire, à en juger par le poster PURPLE RAIN vu dans ROMEO MUST DIE avec Jet Li, l’apparition mystérieuse d’un « Love Symbol » dans le générique de fin du FARGO des frères Cohen ou plus récemment de la Cloud Guitar (celle de PURPLE RAIN encore) qu’arbore fièrement le personnage de A-Train dans la série THE BOYS !
Sans oublier (on devrait peut être pourtant), le clin d’œil parodique à notre symbole d’amour dans SCARY MOVIE, de la part de Carmen Electra qui fut sa muse au début des nineties.
Allez, soyons bon joueur, c’était quand même drôle !
On peut entendre aussi des chansons de Prince dans d’autres films, comme PRETTY WOMAN, RUSH HOUR 3 ou encore PRÊT-À-PORTER, dans lequel on retrouve une certaine Kim Basinger !
Même le film d’action KINGSMAN 2 se fend d’une intro incroyable dans laquelle le héros affronte un super vilain à bord (et aux abords) d’un taxi londonien sur fond de « Let’s Go Crazy ». Je vous conseille de voir ce film rien que pour cette séquence incroyable !
Enfin, dans le récent QUEER avec Daniel Craig, on peut entendre les chansons « 17 Days » et « Musicology » !

Mais revenons aux productions de, ou avec Prince en personne : 1996 lui donne aussi l’occasion de célébrer son indépendance des maisons de disques avec son triple album EMANCIPATION. Il en profite pour jouer à nouveau la comédie, cette fois-ci face aux marionnettes du Muppets Tonight ! Un programme à mourir de rire dans lequel la star se prend en dérision face à Kermit et sa bande, leur expliquant tant bien que mal qu’il faut l’appeler par un symbole imprononçable, avant de jouer un cowboy-chanteur poursuivi par un crocodile (!) et de commander un « Raspberry Sorbet » dans un restaurant. Une folie furieuse (pour notre plus grand plaisir) qui nous donne par ailleurs l’occasion d’entendre une version revisitée de « Starfish And Coffee » (de l’album SIGN ‘O’ THE TIMES), ainsi qu’une petite pépite intitulée « She Gaves Her Angels » !

Deux ans plus tard, Mayte tourne pour son mari le vidéoclip « The One », extrait de l’opus NEW POWER SOUL. Si j’en parle c’est parce qu’il s’agit d’un hommage appuyé au cinéma classique, dans lequel la star est mise en scène à la manière d’un film muet façon Chaplin. Intéressant !

Au début du millénaire suivant, Prince (qui s’appelle à nouveau Prince) retrouve les faveurs du public américain grâce à son disque MUSICOLOGY.
L’album et sa tournée seront accompagnés par un petit film-documentaire-concert intitulé THE ART OF MUSICOLOGY. Prince y joue une performance live devant un public composé des membres du NPG Music Club (son site internet), entrecoupée par quelques interviews du staff princier.

En 2006 sort 3121, un disque mélangeant efficacement les genres, appuyé par une grosse campagne marketing de la part de Universal Music, comme à la grande époque !
Le premier single « Te Amo Corazon » bénéficie d’une très belle vidéo réalisée par Salma Hayek. Les singles « Black Sweat » et « Fury » suivront, toujours accompagnés par des clips plus que solides.
Et vous savez quoi ? Un film 3121 est alors annoncé !
Mais la seule incursion notable de Prince cette année là est sa participation au film d’animation HAPPY FEET de George Miller, pour lequel il compose la chanson mignonne « The Song Of The Heart ».
Ce n’est qu’en 2011 qu’un trailer du film 3121 est diffusé sur YouTube… trailer qui restera la seule trace de ce projet (encore) avorté.
L’intention était-elle d’en faire un documentaire ou une compilation de clips entrecoupés de séquences filmées comme à l’époque de 3 CHAINS O’ GOLD ? Lorsque le disque 3121 est sorti, une mention « The Music » apparaissait sur le CD. Cela signifiait peut être qu’un second disque était prévu avec la mention « The Movie »… On ne le saura sans doute jamais.

Tour à tour musicien et cinéaste, Prince sera resté insatiable en toutes circonstances ! Le clip de cette chanson le montre justement en train de s’amuser avec une caméra et la jolie Barbara Lee-Belmonte, cascadeuse de son état, qui a notamment participé à des films comme Bodyguard, Clones avec Bruce Willis ou encore L’Effaceur avec Schwarzenegger.

Un des derniers coups d’éclat de la star en 2007 : un show exceptionnel lors de la mi-temps du Superbowl, mené sous une pluie battante, amplifiant son côté légendaire !
Pour annoncer l’évènement, une courte publicité est diffusée sur les écrans. On y voit Prince assister à une réunion préparatoire du show, dans laquelle les idées fusent, toutes aussi ridicules les unes que les autres. On y parle d’une entrée en scène à bord d’une « petite corvette rouge » ou d’un lâcher de colombes pour évoquer « When Doves Cry ». En entendant tout cela, le chanteur/acteur nous fait part de ses plus belles expressions faciales, jouant à merveille son rôle de mec qui hallucine, sans avoir besoin de décrocher le moindre mot. Finalement la réunion se poursuit sans le chanteur, qui s’est barré, laissant son siège vide, avant de s’emparer de sa guitare et de montrer à nouveau que la seule chose qui compte pour lui, c’est la musique !

En 2014, notre bonhomme aura eu le temps de s’offrir un dernier cameo légendaire dans la série NEW GIRL, faisant preuve une fois de plus de son amour pour la comédie !
Il nous quittera prématurément deux ans plus tard, emportant avec lui bon nombre de secrets sur ses projets envisagés, inachevés, projets passés ou futurs…

Aujourd’hui, force est de constater que le grand public ne connaît finalement pas grand chose de ses œuvres cinématographiques ou télévisuelles, mais sa musique elle, tend à revenir en force grâce notamment à des hommages rendus par l’excellente série STRANGER THINGS !
À l’heure où la tendance est aux biopics, il se raconte qu’un documentaire en 9 parties aurait été produit, puis annulé par Netflix. La plateforme aurait jugé que l’artiste n’y était pas toujours représenté sous son meilleur jour… Ah bon ? Notre bonhomme n’était donc pas parfait ?

Parfait ou non, qu’il se soit fait appeler The Kid, Christopher Tracy ou encore Love Symbol, Prince aura constamment tenté de nous divertir au delà de sa musique, en s’essayant tant bien que mal à jouer les acteurs/réalisateurs.
Mais qu’on se le dise, son meilleur film restera à jamais son extraordinaire carrière, dont il nous reste encore tant à découvrir…

Welcome To The Dawn !

Ed Illustratrice

35 comments

  • Maya  

    Merci pour cet article approfondi sur un artiste renommé, mais que nous connaissons finalement peu, comme tu le soulignes.

    Je savais qu’il s’intéressait beaucoup au septième art.
    Purple Rain est le seul film que j’ai regardé de lui, je ne me suis jamais réellement intéressé aux autres hormis ses albums ou ses clips… Il serait peut-être temps de remédier à cela

    « Mais qu’on se le dise, son meilleur film restera à jamais son extraordinaire carrière, dont il nous reste encore tant à découvrir…  » : Je partage aussi cet avis.

    Très beau portrait de Prince, Ed ! 😊

    • H.Nico  

      Merci à toi 😉

  • Ludovic  

    wow ! félicitations sur cet article vraiment très complet car pour moi Prince et le cinéma c’était essentiellement PURPLE RAIN et la BO de Batman (et les chansons qu’on entend finalement assez peu dans le film). Du coup j’ai appris plein de trucs !

    • H.Nico  

      Cool 🙂 Content que tu aies pu apprendre quelques trucs. Pour les chansons de Batman, même si elles sont très bien, ce n’est pas forcément un problème qu’on ne les entende pas beaucoup dans le film 😅

  • JB  

    Merci pour cette présentation et l’enrichissement de ma culture personnelle ! Mes connaissances sur l’oeuvre de Prince sont quasi inexistantes (guère que les premières mesures de Partyman et la chanson + le clip « Kiss »)

    • H.Nico  

      Merci JB 🙂

  • H.Nico  

    Cool 🙂 Content que tu aies pu apprendre quelques trucs. Pour les chansons de Batman, même si elles sont très bien, ce n’est pas forcément un problème qu’on ne les entende pas beaucoup dans le film 😅

  • Bruno. ;)  

    Ah ! Prince : mon adolescence envoûtée !
    Amoureux transi de son « son » si particulier, il ne faisait que me surprendre, quoi que je découvre de son passé musical, après avoir, comme pas mal de gamins de ma génération, été électrisé par When Doves Cry. Du premier album à 1999, tout n’était qu’étonnement, pour mon cerveau tout neuf d’amateur de musiques : et, l’esprit ouvert par tant de variété, j’ai continué à réagir positivement à chaque ré-invention de l’artiste complet -personnalité musicale complètement unique, même au milieu des constellations fortement égotiques des 80’s. Certains titres de Parade ou Lovesexy, carrément extraterrestres dans leur traitement, continuent d’être les seuls de leur genre, tout en conservant des limites parfaitement « mainstream » : une prouesse d’authenticité, loin devant l’esbroufe simplement outrancière d’autres « stars » moins inspirées.
    Graffiti Bridge, le dernier album vinyle acheté, essentiellement pour Thieves In The Temple (mais les autres titres nommés dans l’article sont aussi mes préférés !) : à l’écoute du tube, quasi remix de When Doves Cry, j’ai compris que la boucle était bouclée -pour moi-, et suis allé voir ailleurs ; la suite de sa carrière, nettement plus Funk et moins expérimentale, m’ayant laissé à la remorque.

    Lire ton article (quel boulot de synthèse : chapeau !) donne vraiment la mesure de son ambition cinématographique : j’ignorais la plupart des œuvres citées, et avais complètement oublié le montage-reportage autour de Sign Of The Times. Il est manifeste que le domaine le passionnait et, si regarder Purple Rain et Under The Sherry Moon tend d’avantage à mettre en avant son égo plutôt que ses talents de cinéaste, on ne peut néanmoins nier qu’il crève l’écran : félin et habité, plein de grâce, définitivement hors normes, le monsieur.
    Merci pour le flash-back 🙂.

  • H.Nico  

    Et merci à toi pour ce témoignage fort sympathique 😉 Ce n’est un secret pour personne, Prince avait un égo surdimensionné, ce qui contribuait à faire de lui un être adorable…ou détestable, c’est selon 😂

  • Bruce Lit  

    Hey Nico !
    Article de ouf’ Nico, qui vient à point nommé puisque je commence à apprivoiser la musique de Prince à laquelle j’ai longtemps été réfractaire avant de trouver des points d’entrée.
    Je ne suis pas sûr d’être assez fan pour me lancer dans les films et, ton article me conforte sur le fait que je ne sois pas sûr qu’ils puissent plaire à d’autres personnes que sa fanbase.
    Prince est un paradoxe ambulant à mes yeux : je connais ses problèmes d’égo mais quand je le vois sur scène il a les yeux d’un petit garçon gourmand, tout en enchainant les démonstrations techniques, il respire la cool attitude, ce qui n’est pas le cas de bcp rockstars.
    Bravo pour cette prose !

    • Chip  

      Ce mélange de spontanéité et de délire mégalo est parfaitement représenté dans la captation d’un concert de la tournée Lovesexy (à Düsseldorf, de mémoire), dont la VHS m’a suivi jusqu’à ce jour.

  • Présence  

    Dearly beloved… We are gathered here today to get through this thing called Life… – Hé bien, je ne pensais que cette simple phrase ferait remonter autant de souvenirs en moi. Oui, je l’avoue, j’ai eu ma période Roger Nelson… même si je n’ai vu aucun de ses films.

    Bon, j’avoue tout : je ne suis pas allé jusqu’à regarder un de ces films ; car ils n’avaient pas très bonne presse à l’époque de leur sortie… quand ils étaient accessibles.

    Aussi, merci beaucoup pour cette rétrospective et ces analyses avec mise en contexte qui m’ont permis de me replonger dans cette mythologie princière, et de découvrir ces films avec un autre point de vue.

    Endorphinmachine : un excellent souvenir d’un morceau rock avec une belle guitare.

    Un show exceptionnel lors de la mi-temps du Superbowl de 2007 : j’ai eu l’occasion de le regarder et c’était vraiment un beau spectacle.

    Son meilleur film restera à jamais son extraordinaire carrière : très belle synthèse, à laquelle je souscris pleinement.

    Tiens, je vais me refaire Batdance, puis l’album Chaos and disorder, très hard rock dans le son.

    Très beau dessin de Ed.

    • Jyrille  

      Ah oui, j’ai vu son passage au Superbowl, c’était super. Si je ne me méprends pas, il y reprend un titre des Foo Fighters.

      Et bien sûr, super dessin de Ed.

      J’ai eu la chance de voir Prince une fois en concert, dans une salle moyenne (6500 places) et j’en garde un souvenir ému même si ce n’était pas le meilleur de ma vie. Comme dit Bruce, il respirait, même si tardivement, l’enthousiasme de la musique et la joie de jouer et partager, ça se voyait. La set list semblait même improvisée selon les réactions des spectateurs.

      • Jyrille  

        Et son passage à Nulle Part Ailleurs, grande frustration, le gars ne fait qu’un titre, qui met le feu, mais c’est tout. Super moment aussi.

  • Fletcher Arrowsmith  

    Hello

    J’ai attendu la rencontre avec celle qui allait devenir ma femme, pour m’intéresser à PRINCE. Moi j’étais Mickael Jackson.

    La période Purple Rain, Around the World in a Day, Parade, Sign o’ the Times est magique.

    On a le DVD de PURPLE RAIN à la maison depuis des années …. et on ne l’a jamais regardé. Peut être la peur d’être finalement déçu face à l’immense album éponyme.

    En tout cas je découvre, que Prince avait des ambitions cinématographique et que finalement il est allé au bout de certains de ses rêves.

  • H.Nico  

    Hey Bruce !
    Je confirme, même si les albums de Prince restent de bonne facture, il fallait le voir sur scène. J’ai eu la chance d’assister à plusieurs concerts et du coup, si tu ne te sens pas le courage de voir ses films, je te conseille tout de même le film-concert Sign ‘O’ The Times 😉

    Salut Présence !
    Moi aussi je l’aime bien le Chaos & Disorder, acheté à sa sortie… et publié par Warner quelques semaines avant le triple CD Emancipation, publié par 0(->
    Mon porte monnaie n’avait pas aimé…
    Si tu aimes le Prince un peu rock, essaie Plectrum Electrum, sorti en 2014, en collaboration avec les 3rdeyegirl, son groupe de l’époque, c’est vraiment sympa et efficace 😉

    Hello Arrowsmith !
    Voir Purple Rain aujourd’hui demande un peu le même effort que, par exemple, Tron (en moins radical tout de même). Il faut impérativement se remettre dans le contexte de l’époque (mais bon, les eghties sont revenues à la mode, ça devrait aller) 😁

    Merci pour vos réactions à cet article, ça fait plaisir (si si) 😉

  • Chip  

    Article encyclopédique dis-donc! J’ai cessé de suivre la partie filmo de Prince après Graffiti Bridge, acheté à prix d’or en import à l’époque, plus Kitsch que Peter & the Electro. Néanmoins, il y a là de quoi faire un LP vynil simple de pépites. Et Batman, au-delà des singles en mode collage Joker, aussi : The Future, Electric Chair, Vicki Waiting (et quelques faces B), sans oublier une de ces ballades brûle-braguette dont Prince a le secret, Scandalous qui existe en version de 20 minutes, long solo et cameo de Kim Basinger inclus.

    Au final les ambitions ciné de Prince restent meilleures dans l’évocation via clips et BO : Sometimes It Snows in April est une immense chanson tandis que la scène de mort de Christopher Tracy est involontairement drôle.

    Ah, Prince, un artiste si influent que d’autres ont repris ses faces B (Alicia Keyes, Living Colour), parfois avec plus de succès, voire les chansons qu’il écrivait pour d’autres (Nothing Compares To You…)! Chacune de ses périodes à des moments forts, et on espère qu’il sortira de bonnes choses de la fameuse Vault.

    (pour l’encyclopédie : il me semble que DMSR, sabré de la première version CD de 1999, est entendue pendant quelques secondes dans Risky Business)

    • Chip  

      Et, oui, portrait très classe!

    • Chip  

      Dernier addendum : de ladite Ingrid Chavez, outre une histoire de plagiat par Madonna, enfin, de crédit non accordé, je ne connais pas grand chose si ce n’est qu’elle a aussi fait un bon bout de chemin avec David Sylvian, un artiste bien différent et qui mérite le détour d’oreille (notamment Secrets of the Beehive, avec Sakamoto, The First Day avec Robert Fripp et sa version live Damage et Raintree Crow).

      • Bruno. ;)  

        … Ah ben tiens : j’allais poster la même remarque, histoire de mentionner Sylvian.
        Les grands z’esprits se rencontrent 😋 !

      • H.Nico  

        Merci Chip 🙂
        Il y en aurait des choses à dire sur les chansons de Prince produites pour d’autres artistes, cet article ne suffirait pas 😉

  • Jyrille  

    Bravo et merci Nico pour ce bel article d’un vrai fan ! J’apprends une tonne de choses tant je ne connais pas bien toute la carrière du nain pourpre. Je l’adore depuis toujours, mais ma relation avec lui a été chaotique avant que je ne l’écoute vraiment. Ado, j’avais enregistré un concert, sans doute celui de Sign O the Times, je me souviens surtout que c’était l’excellente Sheila E à la batterie. Le concert était super mais je n’ai pu tenter que l’écoute de Diamonds and Pearls à la suite, qui ne m’a pas laissé un grand souvenir.

    Je connaissais déjà bien sûr Purple Rain et Batman et j’aimais bien, mais à l’époque, ce n’était pas simple pour moi de trouver des disques et des cassettes… Bref, je n’ai vu aucun des films que tu cites sauf BATMAN et GIRL 6 (aucun souvenir sauf le début, je vous laisse découvrir pourquoi) parce que même avec ses concepts, j’écoute toujours ses disques des années 80 (sa meilleure période), mais ses films ne m’intéressent pas. PARADE est un de ses meilleurs et j’aime beaucoup LOVESEXY car c’est le premier où j’ai saisi le monde de Prince.

    J’ai découvert assez récemment que Cyndi Lauper reprenait son WHEN YOU WERE MINE dans son premier album, soit en 1983 !

    J’étais ravi de le voir dans NEXT GIRL, cet épisode est tellement drôle. Et de le réentendre dans STRANGER THINGS aussi, en effet. Le gars était tellement parano sur sa musique qu’il ne doit pas beaucoup exister de films ou séries où sa musique apparaît avant sa disparition.

    Je n’ai toujours pas fini d’écouter tous ses disques, il y en a trop, et souvent je n’accroche pas (20TEN par exemple). Mais je finirai sans doute par le faire. En tout cas, je reviendrai voir et lire cet article (plein d’humour) si le besoin et quand je m’y remettrai.

    • H.Nico  

      Merci Jyrille 🙂
      Entièrement d’accord, les années 80 sont les années princières mais je te conseille d’essayer la période NPG de Diamonds & Pearls à The Gold Experience (1991-1995), il y a là des choses vraiment intéressantes avec de super musiciens (si on met de côté les parties rap qui ont mal vieilli).
      20Ten n’est pas franchement indispensable, parmi les albums les plus récents je lui préfère largement un Art Official Age !

      • Jyrille  

        Oui tu as raison, je dois retenter ces disques, surtout que j’aime beaucoup Cream par exemple. J’ai oublié de dire que j’aime bien ton dessin aussi, tu as réussi à capter l’essence de son visage.

        • Chip  

          Au-delà des albums, si tu veux de faire ta playlist en béton, il y a largement de quoi faire chez le monsieur, voire une rock une funky et une pour mettre au lit (à baldaquin, avec draps de satin parsemés de pétales de rose violette et des colombes qui se demandent ce qu’elle foutent là).

        • H.Nico  

          Merci Jyrille (j’en suis content de mon dessin aussi) 😂

  • Tornado  

    Super article.
    Jamais réussi à aimer vraiment Prince. J’adore certains de ses titres, mais aucun album en entier, je les trouve tous très indigestes. Ça part dans tous les sens et je déteste ça. En concert aussi, ça part dans tous les sens avec un côté free jazz sans en être ou un concert de Higelin clownesque. C’est vraiment pas mon truc.
    Autre soucis aussi pour les albums : leur gros son 80’s où les batteries sonnent comme des boites à rythme et les basses comme des aigus. C’est horrible.
    N’empêche que j’ai vécu la hype des 80’s à fond (mon frère était un gros fan). Je me souviens qu’il regardait PURPLE RAIN et UNDER THE CHERRY MOON en boucle. Perso je ne les ai jamais vus en entier. Idem j’en regardais quelques passages en biais, mais je n’arrivais pas accrocher comme pour les albums. Quand SIGN’O THE TIME est sorti, je l’ai offert à mon frère, qui était comblé. Par contre en l’écoutant, j’étais carrément dèg’ en m’apercevant que la version de U GOT THE LOOK n’était pas celle du clip mais une version courte éludant toute la longue intro hyper groove !
    Aujourd’hui je songe souvent à essayer de regarder PURPLE RAIN en entier. Faut que je pense à le faire, en fait. Tout simplement.
    Quant à ses chansons, il y en trois que j’écoute toujours avec le même plaisir transcendant : PURPLE RAIN, SEXY MF et CREAM. Rien d’original. Mais elles font partie de MA B.O.

    Magnifique dessin de Ed.

    • Jyrille  

      Il y en a une dont je suis incapable de me passer, c’est 1999. L’album est parfois trop long mais c’est un de ses sommets également.

    • Bruno. ;)  

      Honnêtement, si le côté bling du son des 80’s ne t’enthousiasme pas plus que ça, tu peux franchement te passer de regarder les films : Purple Rain & Under The Cherry Moon ne sont que de longs clips vidéo, très ancrés dans leur époque ; et pas seulement au niveau très artifice du rendu des images ou de la simplicité (enfantine) de la mise en scène, toute entière centrée sur son jeu. De mon point de vue pas du tout cinéaste, c’est néanmoins très basique, hormis les parti-pris esthétiques : le style, c’est son point fort.
      Moi aussi, même au plus fort de ma « fanitude », il était rare que chaque morceaux d’un album m’enthousiasme à la même mesure : il n’y a que les deux premiers (très faciles à écouter) et Purple Rain qui réussissent ça.
      Mais je lui ai toujours passé tous ses caprices, tant qu’il pouvait me balancer des trucs surréalistes comme Annie Christian, Controversy, Something In The Water, Girl, God ou Life Can Be So Nice (j’en passe, of course !) : tout son côté Pop-expérimental me parle beaucoup plus que son côté « pur » musicos.

      • H.Nico  

        Entièrement d’accord avec toi Bruno en ce qui concerne les films du Prince.
        Pour ce qui est de ses albums j’avoue que moi même je trouve souvent qu’une chanson par ci, par là, aurait pu être enlevée du tracklist.
        Ça me fait cet effet sur pas mal de disques post-Batman. Jusqu’en 89 je trouve qu’il n’y avait rien à jeter.

        • Bruno. ;)  

          C’est surtout qu’il tape un peu dans plein de style différents (tout en se les appropriant, of course) : il est un peu difficile de tout mettre en parallèle, tant ça diverge, parfois. Ronnie Talk To Russia & Do Me Baby, c’est le grand écart un peu douloureux et, même sans jeter, je peux me passer du premier sans problème, alors que le délire très personnel du second m’a franchement conquis, quand j’avais quinze ans : autant par le rendu sonore outrageusement romantico-baroque (?!) que par la forme absolument pas commerciale et totalement assumée avec laquelle il déroule la chanson.
          … Je me souviens avoir écrit la plupart des ses titres au long des pages de mon cahier de texte, et m’être fait mettre la honte devant tout le monde par ma prof d’Anglais (moitié hilare, il est vrai.) : j’ignorais absolument que Do Me Baby, c’était cochon, comme phrase ! Tu parles d’un cancre !

    • H.Nico  

      Merci Tornado 🙂
      Prince on aime ou on n’aime pas, c’est comme ça.
      Mais côté boîtes à rythmes et son des années 80, il s’en est bien mieux sorti que certains de ses pairs à la même période.
      Je peux comprendre qu’on ne peut pas forcément accrocher, surtout à des films comme Under The Cherry Moon ou bien sûr Graffiti Bridge qui s’adressent à des fans conquis d’avance.

      • Chip  

        Disons qu’il avait *son* son de boîte à ryhme (rercherchez « Prince Linn » pour voir).

        Personnellement, j’ai une tolérance limtée pour les caisses claires gatées à fond qui étaient la norme dans les années 80 et qu’on retrouve jusqu’au début des 90s (y compris sur le Facelift d’Alice In Chains, par exemple), ce son de caisse claire qui fait TACHHHHHHHHHH, cette résonance extrême qui fait certains titres (In the Air Tonight…) mais qui en pollue des centaines d’autres. Et bien je trouve que la Linn Drum de Prince a plus d’identité et s’en sort donc mieux, voire bien.

        • Bruno. ;)  

          Ça fait partie intégrante de la séduction singulière (et immédiate) de ses tubes, dans les 80’s.

        • H.Nico  

          Oui c’est clair 😉

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