Le défi Nikolavitch : Le papier a bon dos

Le défi Nikolavitch : Les Trade Paperbacks ont-ils changé l’écriture des comics ?

Un article d’ALEX NIKOLAVITCH

Special Guest Star : Frédéric STEINMETZ

(c) Frédéric STEINMETZ

Le printemps s’installait doucement. On pouvait à nouveau déambuler au soleil avec la gravité de philosophes antiques, développant arguments et contre arguments, ou bitchant sur les gens, selon l’humeur. La conversation avait dérivé sur Bendis, que Jonah J. Monsieur Bruce déteste cordialement, et que pour ma part je peux apprécier, mais surtout parce que je sais quels pans de son œuvre il convient de méticuleusement éviter afin de s’épargner douleurs à l’estomac et autres grincement de dents qui me valent des engueulades de la part du Dr. Quenottes parce que je me nique l’émail. En plus, Bendis avec ses 35 bulles par pages, c’est une tannée à traduire, on passe des heures à tout recompter, c’est fastidieux au possible.

« Mais en fait, me dit-il alors, est-ce qu’on peut dire que le trade paperback a changé la manière d’écrire les comics ? »
Voilà bien le prototype de la question qu’elle est vite répondue.
« Oui », je fais.
« Ah. »
Je le sens déçu par le caractère définitif et lapidaire de ma réponse.
« Mais… », ajouté-je alors, parce que je suis un bon gars, en vrai.
« Aaaaah », répond-il avec contentement, s’attendant à une de ces diatribes incohérentes dont j’ai le secret. Des fois, je me demande s’il me cuisine pour avoir des réponses, ou juste pour le plaisir goguenard de me voir m’empêtrer dans des digressions à n’en plus finir tel le Peter David moyen. But I digress, justement, comme dirait l’autre. Enfin lui. Non, pas Monsieur Bruce, Peter David, je veux dire.
« En fait, c’est quasiment du McLuhan. »
« C’est pas lui qui dessinait JUDGE DREDD, à une époque ? »
« Non, tu confonds avec McMahon. »
« Ah. »

De façon totalement gratuite, je colle donc un dessin de McMahon.
© 2000 AD

McLuhan, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est le gars qui a expliqué il y a déjà une bonne cinquantaine d’années que « le média est le message », et démontré la façon dont l’utilisation de la télévision pour s’informer au détriment de la presse écrite a changé en profondeur la façon dont on envisageait l’information elle-même (et encore, il n’avait pas à son époque les chaînes d’info en continu, dont on constate journellement les effets pervers). Et le principe peut être appliqué à quasiment tous les domaines. Le fait d’utiliser un traitement de texte pour écrire change complètement la façon d’envisager l’acte littéraire même, quand on compare à nos ancêtres qui travaillaient à la plume d’oie, voire au poinçon sur tablette d’argile. Et ainsi de suite.

En bande dessinée, il suffit de comparer les formats de publication pour constater qu’ils influent largement sur les codes narratifs : entre l’album franco-belge de 46 pages en couleur, le manga publié par grosses doses hebdomadaires puis compilé au format poche en noir et blanc, et le comics mensuel de plus ou moins 22 pages, il y a un monde. Rééditer par tranche de 3 ou 600 des strips publiés à l’origine par bandes de 3 à 5 cases journalières induit des lourdeurs et des particularités narratives. On ne raconte tout simplement pas de la même façon selon le nombre de pages dont on dispose et l’espace qu’on a pour les découper en cases. Plus récemment, le webtoon amène à repenser la notion même de mise en page.

La télévision a créé l’expert BFM. N’oublions jamais.
©DC Comics

Quelle est donc la spécificité de la narration en comics ?
Des pages relativement petites, mais un mode de publication soutenu, généralement mensuel. Rien que le fait de devoir abattre une vingtaine de planches chaque mois contraint déjà le dessinateur à l’efficacité, et souvent au recours à un encreur pour gagner du temps. Miller qui s’encre seul, ça n’a pas la même tête que lorsque c’est Janson qui repasse son trait, ou Rubinstein, ou Terry Austin. Et les auteurs de la génération précédente se souvenaient encore avec des sanglots dans la voix des moments où le planning serré impliquait de les faire encrer par Vince Coletta pour rattraper le retard.

À l’origine, un magazine de comics était segmenté, d’ailleurs, ce qui permettait de limiter le rythme pour les auteurs. ACTION COMICS ou MARVEL COMICS, dans les années 1930-40, comprenaient entre 2 et 4 récits par des auteurs différents. Histoires courtes, donc, et complètes, parce que le mode de diffusion, épicerie ou kiosque à journaux, visait un grand public ne suivant pas forcément le magazine avec régularité. Comme quoi, même le mode de diffusion peut influer sur le contenu. Les comics, à l’origine, sont relativement chargés en texte (Julius Schwarz et Mort Weisinger, chez DC dans les années 50, exigent d’ailleurs de leurs auteurs un nombre de mots minimal par page sous peine sinon de se faire traiter de feignasses).

Lorsque, dans les années 60, Stan Lee met en place le modèle de l’histoire à suivre sur plusieurs épisodes, il prend toujours soin de proposer, d’une façon ou d’une autre, un petit résumé de ce qui s’est passé avant, et prend soin de nommer et caractériser les personnages dès les premières pages. Son grand principe est « chaque épisode est le premier épisode de quelqu’un ». Le petit cartouche « Stan Lee Présente », en haut ou en bas de la première page, donne de toute façon tout ce qu’il y a à savoir du protagoniste de la série.

Comment remettre le lecteur à jour un mois plus tard.
©Marvel Comics

Kirby, dès cette époque, a de plus en plus souvent recours une page un en pleine page, très spectaculaire, suivie parfois d’une double page permettant d’iconiser à fond les situations spectaculaires. Ce procédé n’a de sens que dans le cadre du format précis qu’il a à sa disposition à l’époque. La perte en densité narrative est de toute façon compensée par le rythme de publication. À la même époque, un auteur franco-belge travaillant en vue d’un album, mais avec une prépublication en magazine dans Spirou, Tintin ou Pilote par tranches de 2 à 6 pages hebdomadaires n’a absolument pas ce luxe-là. En Francobelgie, la pleine page demeure encore de nos jours une rareté, et la double une exception, qui doit donc dès lors être monstrueusement spectaculaire pour se justifier auprès du public et de la maison qui le publie (un de mes éditeurs, dans le temps, appelait ces doubles des pages « nom de Dieu ! », parce que c’est ce que doit s’exclamer le lecteur en les voyant).

Pendant une trentaine d’années, le modèle d’épisode à la Stan Lee demeure la quasi règle dans les comics. Il faut dire qu’il est redoutablement efficace. L’évolution des modes de diffusion va peu à peu le mettre à mal.

Dans les années 80, l’émergence des réseaux de boutiques spécialisées amène à le repenser. La clientèle de ces magasins est passionnée, elle suit les séries, et si elle loupe un épisode, va fouiller les bacs de « back issues » pour trouver ce qui lui manque. Certaines séries, qui ne sont plus forcément diffusées en kiosque ou en épicerie, mais exclusivement en librairie dédiée, vont progressivement se passer du résumé systématique. Apparaissent également de nouveau formats, comme le « graphic novel » et la « mini serie », qui présentent des histoires complètes en un tome ou en quatre épisodes. Même si ces récits s’insèrent dans la continuité globale de l’univers partagé, comme DEATH OF CAPTAIN MARVEL ou le WOLVERINE de Claremont et Miller, ils sont conçus pour pouvoir être lus indépendamment. Mais même alors, chaque épisode de mini prend le temps de poser, même rapidement ou de façon oblique, la situation.

Frank Miller a bien pigé le principe des doubles pages en début d’épisode.
©Marvel Comics

Dans la deuxième moitié de la décennie, l’émergence du « prestige format », inauguré avec THE DARK KNIGHT RETURNS, permet de toucher d’autres publics. Le meilleur papier permet une meilleure reproduction, et si le format de page imprimée est le même que pour les séries mensuelles, le format des planches originales augmente, amenant un dessin plus détaillé.

Très rapidement apparaissent des compilations reprenant le dos carré du « Prestige », mais réimprimant des épisodes de séries ou de mini-séries, avec à la clé une pagination bien plus importante. Ce dos carré souple, c’est ce qu’on appelle le « trade paperback ». WATCHMEN est ainsi diffusé en librairies généralistes en plus des comic shops et, peu à peu, c’est tout le catalogue qui se voit proposé de la sorte : les meilleurs récits de X-MEN, une collection luxueuse permettant d’accéder aux périodes mythiques de FANTASTIC FOUR ou AMAZING SPIDER-MAN, et ainsi de suite.

Mais le format de publication de base des comics demeure encore et toujours la série mensuelle. Tout au plus les auteurs commencent-ils à penser leurs arcs narratifs avec dans l’idée de les voir compilés ensuite par tranches de 5, 6 ou 8 épisodes. Un vrai marché se développe alors dans des endroits où les comics mainstream n’avaient jusqu’alors pas droit de cité : les librairies sérieuses.

Et ça marche ! Le lancement de Vertigo, dans les années 90, fait apparaître un glissement. Le label adulte de DC vise un public plus mûr, plus cultivé et disposant d’un peu plus de moyens, et pas forcément prompt à fréquenter des boutiques bourrées de geeks et de statuettes de Dark Vador. Certaines séries, comme SANDMAN se vendent alors nettement mieux sous forme de « trade paperback », compilant de gros arcs narratifs cohérents, que sous forme de magazine. À ce stade, le résumé de début d’épisode a disparu depuis longtemps.

Vertigo se frotte les mains devant les chiffres de vente de ses TPB.
©Vertigo

L’implosion du marché des comics stores au milieu des années 90 va accélérer ce mouvement. La crise est multifactorielle, mais on passe en tout cas, en deux ans, d’une situation où Marvel arrête les séries vendant à moins de 80.000 exemplaires à une autre où un tel chiffre est un succès inespéré.

La Maison des Idées passe à deux doigts de la faillite, et est sauvée par une nouvelle politique des auteurs. Dans les années 80, l’editor est tout puissant. Au début des années 90, le dessinateur est roi. Après la fuite des stars chez Image, la direction a voulu mettre en avant les personnages, et c’est un échec cuisant. Quand arrivent les années 2000, les vedettes, ce sont les scénaristes.

Les éditeurs ne peuvent alors plus se passer des marchés annexes de la réimpression. Les librairies généralistes ont désormais de gros rayons « romans graphiques » dont la plus large partie est en fait occupée par des trade paperbacks compilant des séries d’épisodes.

Les scénaristes stars disposent alors d’une visibilité sur le long terme, avec des réunions de groupe permettant de donner les orientations des séries et de l’univers partagé tout entier, afin d’éviter les développements chaotiques de la décennie précédente. Ils peuvent poser des intrigues à longue résolution et les distiller à petites fois. Si, de plus, ils ont une approche intimiste, comme Bendis, ils peuvent y aller « full soap », c’est-à-dire distiller un soap opera à la Claremont avec beaucoup plus de liberté que ce dernier (et soap aussi pour un récit qui devient alors aussi glissant qu’une savonnette sous la douche).

Le phénomène n’est pas spécifique à Marvel : Warren Ellis, chez Wildstorm, commence son run de STORMWATCH avec des arcs pas toujours définis, et des récits construits épisodes par épisodes, centrés chacun sur une situation et un personnage, avant de passer à des récits en 3 parties. Dans THE AUTHORITY, à partir de 1999, il privilégie par contre une narration décompressée, en arcs de 4 épisodes, lui permettant de jouer la carte du très grand spectacle (le Ellis de cette période est beaucoup plus peinard à traduire que Bendis, 3-4 bulles par page, je kiffe assez de ce point de vue. Quand je suis payé à la page, en tout cas). Il devient rapidement un exemple pour pas mal de ses petits camarades, qui vont adopter ces codes d’écriture avec plus ou moins de bonheur. Avec pour conséquence que chaque épisode pris isolément semble plus vide et incomplet qu’avant, beaucoup plus vite lu, et que l’arc est bien plus agréable consommé d’un bloc. Notons au passage qu’Ellis demeure dans le même temps capable de continuer à produire des choses extrêmement denses, comme sur FELL, et qu’il ne reste pas prisonnier de ce mode narratif précis.

It’s raining men (air connu)

Le fait demeure, prendre un « floppy » au hasard sur l’étal d’un comic shop, c’est avoir 9 chances sur dix d’être paumé. Le vieux principe cher à Stan Lee dans les années 60 est passé par pertes et profits et de plus en plus rares sont les auteurs qui, au début d’un arc, prennent le temps de le resituer dans la continuité.

De nos jours, les formats se sont multipliés. Il y a le TPB sortant très rapidement après l’arc qu’il compile, les énormes omnibus reprenant des runs complet, les Epic Collection/Complete Collection reprenant une quinzaine d’épisodes, et toutes sortes de formats intermédiaires. Sur une période de trois ou quatre ans, un même arc pourra connaître jusqu’à quatre ou cinq éditions différentes, visant des publics différents.

Bref, le TPB n’est pas seul responsable de l’évolution des codes narratifs, même s’il y a largement contribué. Il s’inscrit dans un mouvement de fond qui le précède d’au moins quinze à vingt ans, avec l’apparition des mini-séries et des arcs narratifs longs, ainsi que les changements de mode de diffusion.

« Au fait, Niko, tu t’y retrouves, toi, dans les TPB des THOR de Jason Aaron ? »
« Houla. Tu tiens vraiment à ce que je reparte pour une heure d’explications, là ? Parce qu’avec les redémarrages de séries au n°1 en cours de run, et du coup les TPB qui suivent, c’est un énorme foutoir. Heureusement, une « complete collection » est en cours, qui me permettra de récupérer ce qu’il me manque sans me faire trop de nœuds au cerveau. Parce que oui, la manie de jouer avec les numérotations, elle ne simplifie la vie de personne, on va pas se mentir. »
« Une minute, Niko… »
« Oui ? »
« Une minute de silence, s’il te plaît. »

Ayé, je l’ai enfin saoulé ? Et puis non, je comprends d’un coup. Nos pas nous ont amenés devant un lieu où le recueillement est de mise : notre ancien repaire, ce bar tellement rock n’roll où on s’était mis des mines en alimentant cette rubrique. Hélas, revendu l’an passé, il a été ensuite converti en restaurant familial aseptisé.
C’est le cœur gros que nous avons repris notre marche.

C’est aussi l’occasion de rééditer de vieux épisodes. Parce que les gens ont le droit de savoir.
©Marvel Comics

30 comments

  • Présence  

    Comme d’habitude, une mise en perspective historique exemplaire. C’est un plaisir rare de pouvoir ainsi retrouver des bouts de cultures éparpillés dans mon esprit, remis dans l’ordre avec le bon contexte éditorial et économique et voir se dégager la logique de l’évolution. Merci beaucoup.

    Félicitations à Frédéric pour avoir su ainsi capturer le caractère méphistophélique de Bruce. 😀

    • Surfer  

      Félicitations à Frédéric pour avoir su ainsi capturer le caractère méphistophélique de Bruce. 😀

      Ne dis pas ça malheureux…je serai capable d’asséner une rafale cosmique à notre cher Bruce.
      Je ne peux pas voir Méphisto en peinture 😀😀😀.

  • JB  

    Merci pour cette chronique d’un changement progressif du paradigme d’écriture des comics.
    Pour les années 80, il y a aussi le format des maxi-séries en 12 numéros comme CAMELOT 3000 ou JEMM, SON OF SATURN qui a probablement joué sur cette tendance.

  • Eddy Vanleffe  

    Toujours admiratif des dessins de Fred qui décidément peut tout faire, le voilà sur le registre mi-fluide glacial-mi metal Hurlant…
    il habille Bruce en Dents-de Sabre…trop drôle!

    On a tous ocnstaté le passage au TP et on l’a tous plus ou moins applaudi. pas mal de gens y voyait une forme plus noble que le floppy en papier journal avec plein de pubs, propices à des récits plus structurés et plus « matures »…
    En fait ce sont surtout le coté populaire qui a été flingué d’un seul coup.
    mais ça encore, c’est pas le plus important.
    Alex Nikolavitch dresse l’historique précis de de toutes les évolutions qui furent naturelles.
    un truc par contre c’est que le TP remplace quasiment le format précédent qui n’a de raison de vivre que la survivance nostalgique des fans qui ne veulent pas le laisser mourir. c’est un peu ça qui est brutal je pense pour certains lecteurs…
    super papier toujours aussi fun et intéressant.

    • Présence  

      Pour avoir commencé à fréquenter la librairie spécialisée Album au tout début de l’apparition des TPB (et même Temps Futur un peu avant, également rue Dante), le premier usage se scindait en deux catégories : regrouper les épisodes d’une même histoire (comme Alex le dit, il a fallu un peu de temps pour que les récapitulations des épisodes précédents disparaissent), rééditer des épisodes devenus introuvables ou trop chers. Ces deux approches continuent de coexister.

      Par ailleurs, à mon grand regret parce que ça tombe toujours sur des séries que j’aurais bien voulu lire, comme tu le dis, le TPB ne remplace que quasiment le format précédent : toutes les séries n’y ont pas droit.

      • PierreN  

        « toutes les séries n’y ont pas droit »

        Risquant donc de tomber dans l’oubli (tel le Aztec Ace de Moench qui n’a eu droit à un recueil VO que récemment).

        • JB  

          J’ai beaucoup de mal avec Aztec Ace (que j’ai en floppies) à cause de l’insistance de Moench à créer des mots complexes pour des idées connues (doxie-glichies, je crois, pour les paradoxes)

      • Eddy Vanleffe  

        C’est pas automatique maintenant chez Marvel/DC d’avoir un top tous les six numéros? j’avoue qu’en plus étant passé en total VF depuis une quinzaine une bonne dizaine d’année (dans le but bien illusoire de partager le tout avec ma progéniture…) pour moi maintenant TOUT est un TP…

        • Présence  

          De mon expérience, ce n’est pas automatique pour les séries récentes.

          Exemple de frustration de mon côté : la dernière série Doom Patrol de Keith Giffen n’a eu droit qu’à 2 TPB, les derniers épisodes n’ont jamais été édités en recueil. Autre source de frustration : la minisérie Klarion d’Ann Nocenti & Trevor McCarthy n’a pas eu le droit à une TPB.

        • PierreN  

          « C’est pas automatique maintenant chez Marvel/DC d’avoir un top tous les six numéros? »

          Si mais uniquement pour les séries (relativement) récentes (les années Quesada/Jemas/Buckley/Alonso/Cebulski du XXIème siècle).

          Et puis il y a le patrimonial :
          -certains arcs événementiels bénéficiant de tpb dès les 80’s (Dark Phoenix, Born Again)
          -Les essentials, masterworks et epic collection couvrent la période allant des années 60 à 90
          -Les complete collection privilégient les années 2000-2010 (avec parfois un détour par les années 70)
          -les omnibus & visionaries piochent dans diverses décades (selon les runs choisis)
          -les showcase de DC couvrent le Silver Age (tandis que les tpb du bronze age sont reconnaissables à leurs couvertures, signées par Michael Cho)

          • Eddy Vanleffe  

            Alors pour le patrimoine je suis d’accord il y a un « trou » entre la pratique automatique et le « poular demand » d’avant…
            je me souviens de mes premiers tp
            j’en Avais deux UNCANNY X-MEN FROM THE ASHES et un SPIDER-MAN VS GREEN GOBLIN. Le premier parce que j’en avais la moitié en VF charcuté et censuré à mort (le grande époque des armes invisibles) et je trouvais que la passage de Paul Smith avait été sacrifié chez nous. ce volume fut longtemps mon « best-of » perso des mutants
            le second parce ça m’ a permis de lire la mort de Gwen, celle de Harry et la page de rapprochement de Peter et MJ absolument mythique POUR LA PREMIERE FOIS. à l »poque t’avais pas l’épisode ben t’avais pas le choix te tu contentais des flashbacks ou des épisodes récapitulatifs comme l’était de manière déguisé « L’enfant qui aimait Spider-Man

  • PierreN  

    « Au fait, Niko, tu t’y retrouves, toi, dans les TPB des THOR de Jason Aaron ? »
    « Houla. Tu tiens vraiment à ce que je reparte pour une heure d’explications, là ? Parce qu’avec les redémarrages de séries au n°1 en cours de run, et du coup les TPB qui suivent, c’est un énorme foutoir. Heureusement, une « complete collection » est en cours, qui me permettra de récupérer ce qu’il me manque sans me faire trop de nœuds au cerveau. »

    Le seul défaut de ces tomes est de ne pas inclure War of the Realms (moment important du run pourtant).

    • PierreN  

      Quant aux 2 omnibus VF (à venir) ils ont fait le choix d’un découpage différent (pas chronologique) : un tome pour Odinson (les épisodes parus en 2012-2014 & 2018-2019 + Unworthy) et un autre pour Jane Foster (les épisodes parus en 2014-2018). Le second omnibus VO va probablement inclure War of the Realms (sachant que l’omnibus du Thor de Fraction contient Fear Itself).

  • Jyrille  

    Comme toujours, passionnant et drôle. La réponse était évidente mais le développement que tu en fais éclaire pas mal de choses. Ce qui explique sans doute aussi l’aversion de Tornado pour le old-school, du moins partiellement.

    Un jour je prendrais le temps d’analyser ce que j’ai dans ma biblio selon les éditions. Ca me rappelle également que ma femme avait offert un kiosque, pourtant assez conséquent en nombre, des Avengers à notre fils il y a longtemps et que nous n’y avions rien compris.

  • Jyrille  

    Et le dessin de Frédéric est fantastique !

  • Bruce lit  

    Commentaire morcelé au fil de la journée.
    Tout d’abord merci à Frédéric d’avoir assuré l’interim de Mattie Boy dépositaire des covers parodiant nos échanges avec Alex.
    Certains ont les dents longues, moi ce sont les ongles, ceux de Sabey. Merci à lui pour cette planche qui m’a fait m’esclaffer en public au moment de sa découverte dans mon train.

    Pour information, la conclusion de l’article d’Alex est bien vraie. Notre bar s’est barré au moment du décès de son proprio. La variété de ses Whiskies n’y égalait que celle, plus rare, de son absinthe. Le truc qui s’y est installé à la place ne peut pas rivaliser. Nous sommes désormais obligés de « faire ça » à la maison. A la cave. Loin des yeux de l’occident…

    • Nikolavitch  

      Un drame
      J’en suis inconsolable

  • Kaori  

    Instructif, drôle et romancé. Toujours aussi agréable.

    J’adore le dessin de Frédéric Steinmetz, et je kiffe Tony et son sourire si sûr de lui !

    Quant au contenu, très intéressant. Je ne connaissais pas le terme de « dos carré », ça m’a un peu perturbée, car ce n’est pas vraiment « carré », si je ne me trompe pas…

    Navrée pour votre bar de ralliement…

    • Eddy Vanleffe  

      C’est le début de la guerre des armures il me semble pour Tony…
      il vient de retomber amoureux d’une femme qui le rhabille, le recoiffe, bref en fait son jouet …Rhodey n’est pas en reste car il se refait faire les ongles en violet…
      so 80’s

      Encore à ce jour mes épisodes préférés de la Tête de fer…

    • Nikolavitch  

      Dos carré par opposition au format broché de base des comics
      Après, tout dépend de la qualité de fab

  • Surfer  

    Un article drôle et bien sympathique où j’ai appris pas mal de choses.

    Top👍

  • Bob Marone  

    Passionnante mise en perspective, as usual. Corollaire de cette nouvelle manière d’écrire les comics, leur façon de les lire a pas mal changé me semble-t-il. Fini le doux plaisir un peu masochiste de l’attente du mois suivant pour savoir ce qu’il advient du protagoniste laissé dans une situation périlleuse au bout de 22 p. J’ai le souvenir très net de semaines enfiévrées à compter les jours dans l’attente du prochain Strange pour savoir ce qu’il en était de la stupéfiante réapparition d’entre les morts de Gwen Stacy. Paradoxalement, cette attente participait du plaisir de la lecture.
    L’art du cliffhanger se perdrait-il ?

  • Tornado  

    Bon… Manifestement c’est en pure perte que j’aurais attendu la BO…
    Bruce est d’une ressemblance sur ce dessin ! C’est bluffant ! 😲
    Dossier très instructif, comme d’hab.
    C’est vrai que c’était haletant d’attendre le prochain N° quand on achetait nos Strange et autre Nova dans les années 80. Mais c’est une époque révolue. Désormais j’attends carrément les rééditions VF en intégrales. C’est le format que je plébiscite. Sauf dans le cas d’un omnibus trop lourd, ce qui rend la lecture pénible à cause du poids. Je suis bien content d’avoir mes TOP TEN en format Semic plutôt que l’intégrale en un seul volume d’Urban ! 😱
    En revanche je suis tellement content de mon intégrale FEAR AGENT en 2 tomes de chez Akileos. Là c’est un bon et juste milieu…
    Mon rêve serait de tout avoir dans la collection de l’éditeur Delirium. De gros volumes pas trop épais, en grand format, avec de magnifiques éditions en papier glacé. La classe absolue…

  • Fred Steinmetz  

    Merci à celles & ceux qui ont appréciés cette version de 2 compères qui, je le note pour la suite, se retrouveront dans une cave, à l’abri des regards.

    • Nikolavitch  

      Haha merci en tout cas

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonjour Alex et Frédéric,

    chapeau bas pour le dessin, Frédéric. Une représentation plus vrai que nature. La fourrure va si bien à notre cher Bruce.

    Et les auteurs de la génération précédente se souvenaient encore avec des sanglots dans la voix des moments où le planning serré impliquait de les faire encrer par Vince Coletta pour rattraper le retard. cette phrase a fait ma journée.

    Très bonne analyse à travers les âges avec ce qu’il faut de références pointus ou nostalgiques selon chacun.

    Ce qui est étonnant finalement c’est le côté histoire complète, relié, objet de qualité et donc plus cher dont les comics (bd américaine) ont finalement succombé s’éloignant du format populaire et bon marché. J’oserais même dire que les comics se sont européanisés. D’ailleurs le relatif succès des comics en France vient également de cette évolution (dont je ne suis pas fan, je vise les gros pavés noirs cartonnés d’Urban par exemple).

    Il me semble que tu n’as pas osé écrire le gros mot : décompression. L’écriture décompressée (que certains datent au SPIDER-MAN de Todd MacFarlane) a, à mon avis, beaucoup contribuée à la mise en place de TP, qui y trouvait là un prolongement naturel.

    Bonne réflexion également sur la « méthode Stan Lee ». Je n’y avais jamais réellement prêté attention. Mais au delà de nos neurones qui diminuent (je n’emploierais pas à vue d’œil car cette dernière baisse également) avec notre grand âge, j’ai en effet de plus en plus de mal à me souvenir de ce que racontait le numéro précèdent quand j’attaque le prochain. Il y a 20-30 ans je n’avais pas ce problème. Mon fils a le même problème mais lui c’est parce qu’il ne lit pas de comics (CQFD).

    Je kiffe Tony en footing. Je fais pareil (je courre), mais comme je n’ai pas de cheveux bleus et que mes adadas ne font pas bip bip aucun membre de la gente féminine (ni celle du genre masculin ou autre genre d’ailleurs) ne se retourne à mon passage. Trop fort le Tony (superbe période que celle de Michelinie/Bright/Layton).

  • Bruce lit  

    C’était passionnant Alex. Merci pour ce grand moment, sans doute l’un des plus riches défis où ta prose ne fait pas que collectionner les bons mots mais où l’on te sent vraiment concerné par le sujet.
    Effectivement, je trouve que le soap du old school nuit à sa relecture désormais. Je m’en rends compte particulièrement avec SpiderMan où avant les années 90, il est très difficile de définir des arcs marquants du tisseur. Il y oui des grands moments (Obsorn, Gwen, le mariage de Aunt May et sa fausse mort) mais le reste du temps, c’est le vilain du mois.
    C’est moins le cas pour le DD de Miller où tu peux clairement lire le cycle avant et après la mort d’Elektra qui achemine lentement Matt vers la dépression. Tout comme les Xmen où malgré ce que tu dis on peut lire la série comme une série à saison : Proteux, Phenix, DOFP, Les Morlocks, Les Broods etc.
    Jusque Onslaught, les Xmen de Lobdell fonctionnent ainsi aussi. Après c’est le bordel, il faut attendre Morrison pour s’y retrouver un chouia.

    J’aime l’objet tpb bien plus que le kiosque même si l’impression y est parfois affreuse. Ca donne de belles bibliothèques. Les maquettes Urban sont assez fades quand même avec noir indifférencié pour les séries DC et Vertigo.

    • Nikolavitch  

      Dans la mesure où je parle méthode d’ecriture, oui, c’est peut-être plus personnel.

      Dans le genre, je suis en train de décortiquer les FF de Hickman. J’avais détesté ceux que j’avais lus à l’epoq Et on m’a convaincu de leur laisser une seconde chance. Et s’il y’a encore des tics qui m’agacent prodigieusement, là je me,suis laissé embarquer par le truc et y a des trucs’ brillants.

      Hickman, en voilà un qui Construit en soap, avec à balle de sub plots à longue résolution, avec de savantes constructions épisode par épisode. Résultat, je trouve que ça n’en marche ni en issue, ni en tpb, c’est conçu pour le binge reading de 20 épisodes à la suite. Comme ses Avengers et s’est Xmen en fait

      • Présence  

        Binge reading de 20 épisodes à la suite : je trouve également qu’il conçoit ses récits comme un roman de grande envergure, un récit qui s’apprécie comme un tout. Je suis en train de lire East of West, de manière rapprochée. Dans ce récit, le découpage en TPB fonctionne mieux, avec des morceaux consistants à chaque fois. Manhattan Projects était conçu aussi sur un terme plus court, avec des phases par TPB.

  • JP Nguyen  

    Super dessin et super article ! Désolé, je dois faire court, mes commentaires sont compressés par mes contraintes IRL.

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *