Le défi Nikolavitch : Pente savonneuse

Le défi Nikolavitch : Pourquoi les couples Marvel sont si toxiques?

Un article d’ALEX NIKOLAVITCH

Pas facile d’être la copine d’un type pareil. Daredevil n°220, dessin de David Mazzucchelli

On était attablés dans une brasserie des quais, en bonne compagnie, devisant des malheurs de Matt Murdock, les mauvais scénaristes d’une part, depuis quelques années, et les gonzesses d’autres part, parce que pour le coup, il n’a pas été très heureux en amour, le rouquin.

Et là, notre bon Jonah J. Monsieur Bruce a subitement levé le nez de son assiette, tendu vers moi une fourchette accusatrice et éructé « d’ailleurs, Niko, c’est pas le seul ! À part les Richards, y a pas un couple chez Marvel qui n’est pas complètement toxique ! Comment ça se fait ? »

J’ai marqué une pose, essuyé avec un bout de pain un reste de sauce dans mon assiette, méticuleusement posé ma propre fourchette en travers, pour signaler au serveur de l’enlever afin de ne pas me laisser un tel objet à portée de la main parce qu’un accident est si vite arrivé, je me suis élégamment essuyé les coins de la bouche avec ma serviette et j’ai fait un signe discret à nos deux compagnons de tablée en mode « laissez, je gère. »

« Ben en fait », ai-je répondu, « quand tu regardes de près, même les Richards, un peu, à ton avis, pourquoi est-ce que Sue il lui arrive de tournicoter autour du fils caché de Monsieur Spock et Patrick Duffy, hein ? »

En fait, quand on y réfléchit, et pour en revenir à Matt Murdock/Daredevil, c’est clair qu’il n’a pas été gâté. Ses histoires d’amour finissent mal, en général, comme dirait l’autre, et ses copines plus encore, et c’est souvent de sa faute. Pas à l’autre, Murdock se débrouille très bien tout seul. Même lorsqu’il est en couple. Le fait est qu’il est compliqué dans sa tête, ce garçon, entre l’histoire de ses parents, les absurdités qu’il est capable d’inventer pour se couvrir, le fait qu’il doive défendre des gens qu’il a coffrés la veille, il passe son temps à raconter n’importe quoi.

Est-ce à dire qu’il est toxique ? Peut-être bien. Pour un type capable de sentir l’état psychique des gens, leur peur, leur malaise, leurs mensonges, il se montre parfois d’une insensibilité absolue. Son camarade Foggy semble nettement plus fin que lui de ce point de vue.

Bon, on fait le bilan. Karen Page, elle finit par se tirer vu qu’elle végète dans un emploi de merde. Elle tombe dans les filets des recoins les plus sordides d’Hollywood et dans la came. Quand elle parvient à décrocher, c’est elle qui vient tirer Matt de sa merde à lui. Il la remercie en se tapant Typhoid Mary, qu’il enverra ensuite à l’hôpital psychiatrique. Karen se fait trucider par la suite, par quelqu’un qui veut atteindre Matt.

Perdu, tu l’as toujours été, jeune crétin. Daredevil n°297, dessin de Lee Weeks

Heather Glenn, qui ne pige rien à rien, surtout que quand elle a des problèmes avec la boite héritée de son père, Matt l’aide à sa façon, du genre en l’enfonçant encore plus et elle finit par se suicider après que Matt l’a ignorée pour de bon alors qu’elle multipliait les appels à l’aide. Ah, et avant ça elle était aussi tombée entre les griffes de l’Homme Pourpre, ça n’a pas dû aider, paye des Charybdes et Scyllas relationnels

Gloriana O’Breen aurait pu mieux s’en tirer. Elle comprend vite à qui elle a affaire et se tire, se met avec Foggy et… se fait tuer par un vilain de merde. Mia, une aveugle avec qui il a une relation, fini elle aussi à l’asile. Celle-là il l’avait épousée.
Celle qui s’en sera tiré le mieux, c’était Kristen McDuffie, l’adjointe du procureur, qui finit par lâcher l’affaire après s’être encanaillée avec lui.

Quoi ? J’oublie un truc ? Elektra qui ? Ouais, alors là ça devient compliqué. Plus compliqué je veux dire. Elle est encore plus cintrée que lui, avec des Œdipes pas résolus et tout le foutoir dans sa tête. Et elle finit pas bien. Même si elle revient après. Alors, on pourrait arguer que c’est Elektra qui a mis Matt sur la mauvaise pente, mais je suis pas complètement convaincu. En tout cas, d’un bout à l’autre, la relation aura été élektrique.
Il n’empêche que pour elles toutes, la vie aurait été plus simple si elles ne s’étaient pas mis dans l’orbite de Matt Murdock.

On peut supposer qu’elle aura eu une mauvaise influence sur lui, mais c’est un peu facile. Man Without Fear n°3, dessin de John Romita Jr

S’enticher du mauvais mec, c’est peut-être aussi le problème fondamental de Jean Grey. Elle voit ce qui se passe dans la tête des gens, y compris d’un gars réprimé et frustré comme Scott Summers (on mettra de côté la tension sexuelle existant entre Jean et Logan, c’est un sujet qui en énerve certains à la rédaction, me suis-je laissé dire), mais si ce n’était pas déjà assez compliqué comme ça, voilà que ce niquedouille se lance dans une histoire d’adultère psychique avec Emma Frost.

Dans le domaine de la toxicité, Emma coche pas mal de cases. Elle a néanmoins pour elle d’être moins souvent morte que Jean, ceci dit, et si Scott a plein de défauts, rédhibitoires (et dans rédhibitoire il y a… non, bref) la nécrophilie n’en fait pas partie à la base.

Ah, les histoires de tigres et de jackpot c’était déjà pris, faut croire. New X-Men n°128, dessin d’Igor Kordej

Continuons, entre les amours de sa vie qui lui claquent dans les pattes (un peu par sa faute) et celles qu’il épouse et où ça se passe avec des hauts et des bas (voire Daho et débats, si on veut s’engueuler en parlant musique), Peter Parker, c’est pas super la joie, quoi que lui en dise Johnny Storm dans les SPIDER-MAN ET HUMAN TORCH de Dan Slott. Le pauvre Peter, notons-le, c’est ONE MORE DAY qui va bien le foutre dedans, mais on y reviendra.

Médusa et Black Bolt, bon, ça doit pas être facile de prendre son petit dèj’ tous les matins avec un type qui vous décroche pas un mot. Sersi des Eternals qui se maque régulièrement avec des humains en sachant très bien comment ça se finira à chaque fois, ça sent un trauma mal digéré.

Betty Ross et Bruce Banner, y a papa le général qui vient foutre sa merde dans une histoire déjà rendue pas trop soluble par les problèmes personnels de Bruce. C’est même plus que la relation est en zigzag et souvent à sens unique, c’est que c’est irrattrapable malgré les efforts ponctuels des uns et des autres. Notons que Rick Jones a eu en parallèle son lot de relations foireuses, dont une avec une ex de Mr. Fixit qui n’est qu’une des personnalités de Banner. Vous voyez d’ici la gueule des repas de famille. Mariko et Logan en comparaison, c’est tranquille.

Bref, chez Marvel, les relations de couple c’est la fiesta del eslipo.

Dès que la belle-famille s’en mêle, de toute façon… Hulk Gray n°1, dessin de Tim Sale

Allons quand même voir en face, chez la Distinguée Concurrence si elle peut nous servir d’échantillon témoin. Pas grand-chose à signaler du côté Lois et Clark. Y a des hauts et des bas, mais comme dans n’importe quel couple. Et franchement, le leur tient depuis longtemps. Ralph et Sue Dibny, pareil (on ne rentrera pas dans des considérations sur IDENTITY CRISIS, ça a fait trop de mal cette histoire). Barry Allen, ce sont aussi les CRISIS machin-truc qui ont fait qu’il n’a pas tout le temps été avec Iris, mais sinon c’est souvent un couple emblématique.

À Gotham, c’est plus compliqué. Sans même parler du Joker et de la Harley qu’il essaie de monter comme le premier Hell’s venu, on a quand même notre gars sûr dans la famille problématique : pour maintenir sa façade de playboy évaporé, Bruce Wayne doit passer d’une bimbo à l’autre et se comporter comme un connard. Et quand ce ne sont pas des bimbos, ses occupations nocturnes font  qu’il n’est pas le candidat idéal. Et avec son caractère obsessionnel par ailleurs, même les femmes qui pourraient le soutenir dans sa vie s’éloigne, lorsqu’il ne les repousse pas purement et simplement, au grand dam d’Alfred, qui aimerait bien le voir se caser et reprendre des activités normales. Comme si ce rôle de connard n’était pas tout à fait un rôle, en somme.

Des Bruce désagréables on en connaît tous, mais celui-ci tient le pompon quand même. Batman n°682, dessins de Lee Garbett

Entre celles qu’il vire plus ou moins habilement et celles qui ne lui en laissent pas le temps parce qu’elles fuient, qui reste-t-il ? Selina, qui de son temps a été une professionnelle, selon Frank Miller. Et j’ai cru comprendre que même ça, ça n’avait pas duré, malgré des décennies à se chauffer l’un l’autre.

Quand on y réfléchit, hormis Reed et Sue (Namor a dû lâcher l’affaire, il est dé-Sue) et Lois et Clark (mais Superman a toujours eu un statut et une dynamique particuliers), le couple, c’est le bordel. (bon, je relis cette phrase et je me dis que le couple ça devrait être l’antithèse du bordel, ou l’inverse, enfin bref, vu qu’on a fermé les maisons closes ce n’est plus le cas, mais on se comprend, enfin moi je me comprends et… alerte parenthèse trop longue et trop bordélique, le patron va encore me faire des remarques).

Oh oui, fais-moi mal, attache-moi au radiateur et insulte-moi en atlante. Namor the sub-mariner n°2, dessins de Pasqual Ferry

Une des raisons évidentes, et Batman/Bruce Wayne en est l’exemple éloquent, c’est que la double identité et le secret n’aident pas à avoir des relations saines. D’accord, dans un couple, il est important que chacun ait son jardin secret, mais quand le jardin est de la taille d’un parc national, ça devient vite compliqué. Chez les super-héros, dès lors que le partenaire est pas au jus, c’est pas tenable. Mary-Jane, Sue et Lois, elles savent ce qu’il en est.

Il n’empêche, quand la moindre soirée en amoureux risque d’être perturbée par l’irruption du gang de, mettons, KGBeast, puisque les méchants russes devraient revenir à la mode, madame voit le dîner aux chandelles changer de dynamique : elle se retrouve à tenir la chandelle dans des empoignades viriles et parfois ambiguës.

Et ça, c’est si elle n’est pas prise à partie. Kyle Rainer a vu sa copine mise au frigo pour l’atteindre (c’en est devenu proverbial, avec le verbe « fridge » employé par la critique de comics pour parler des femmes dont les malheurs servent à relancer l’intrigue), ça ne rend pas non plus les affaires de cœur tout à fait sereines. Mais c’était déjà le principe de la mort de Gwen Stacy en son temps.

Les scénaristes sont-ils donc sadiques, misogynes, hostiles à voir leurs héros trouver le bonheur autrement que de façon fugace entre deux draps ou deux portes pour les plus pressés ?

Faut avouer, ça jette un froid dans la relation. Green Lantern n°54, dessins de Derek Aucoin

Comme souvent, la vérité est ailleurs. La vie de couple, dans un récit feuilletonnant, c’est une dynamique particulière. C’est le point fixe de la vie des personnages. Dans un feuilleton qui dure (au hasard, un magazine mensuel dont le tout premier numéro date de la fin des années 30 ou du début des années 40 ou, dans le meilleur des cas, du début des années 60, ouais les enfants, le petit Peter Parker il est sexagénaire, en vrai, il a atteint l’âge de la retraite) et dans un feuilleton, il faut des enjeux personnels. Des problèmes de couple et de famille, pour ça, c’est du biscuit pour scénariste, qui peut intercaler des choses entre deux bastons contre Octopus, Luthor ou un vampire en maraude.

C’est déjà ce que met en place très tôt le vieux Stan Lee lorsque Marvel décolle vraiment dans les années 60 : une continuité, des enjeux de la vie de tous les jours, des façons de ce genre d’humaniser les personnages. La méthode est raffinée par la suite par Chris Claremont dans les X-MEN, qui deviennent un soap opera sous sa direction, où l’on découvre le fils caché de Moira, celui de Xavier, le papa perdu des Summers, le passé commun du prof avec Magneto. Tous ces éléments donnent plus de poids dramatique aux trahisons, morts et séparation. Ce sont des astuces de soap, ces séries d’abord radiophoniques puis télévisuelles du genre FEUX DE L’AMOUR, dans lesquelles toute relation doit avoir ses écarts, ses accrocs, ses ruptures pour pouvoir relancer les choses, toute paternité doit être contestable ou contestée, tout personnage doit se retrouver en carafe à un moment ou un autre.

Les comics de super-héros, c’est la même chose avec en plus une esthétique de match de catch, avec slip bariolés et invectives, les chaises pliantes étant fort opportunément remplacées par des bagnoles qu’on s’envoie à la gueule. Guère étonnant que Dave Bautista et John Cena aient pu passer de l’un à l’autre (et The Rock aussi, mais bon, lui il s’est un peu quiché au passage à force d’ego mal placé, j’ai l’impression).

On se sent seul, des fois. The Amazing Spider-man n°545, dessins de Joe Quesada

Bref, c’est parce que les scénaristes et la forme elle-même, la quantité de pages mensuelles avec une prime au cliffhanger de fin d’épisode, en ont besoin pour maintenir l’intérêt d’un numéro à l’autre que nos héros et héroïnes préférés s’en prennent plein la gueule. Bon, Matt Murdock c’est un peu aussi parce qu’il se comporte comme un connard, des fois. C’est aussi parce qu’ils ne savaient plus quoi foutre du mariage avec Mary-Jane que l’éditorial a infligé ONE MORE DAY à Peter Parker.

Je m’aperçois que mon assiette a refroidi et que la moitié des convives se sont barrés, épuisés par ma trop longue tirade, proférée quasiment sans reprendre mon souffle à la manière d’un Antoine de Caunes Canal Historique, ou même encore avant.

Mon arrêt brusque sort Monsieur Bruce de sa semi-torpeur digestive. Il a un hoquet, me jette un regard torve et me lance : « On est bien content de ne pas être des héros, alors ? »
Je jetai un coup d’oeil gêné au kaiju dont la silhouette se profilait au-dessus des arbres.

19 comments

  • Bruno. ;)  

    … ! « … Insulte-moi en Atlante… » 😀 !
    J’ai bien fait de passer : ça va me faire la journée, cette phrase !!

    Très riche, la réflexion sur le sujet (et, comme à chaque fois, particulièrement bien écrite.). J’avoue que, à l’instant, peu d’autres couples emblématiques me reviennent à l’esprit, pour confirmer ou infirmer ce constat tristounet mais Ô combien commercialement réaliste.

    D’autres couples, moins « célèbres » peut-être parce qu’ils fonctionnaient mieux ?!
    J’ignore comment à évolué la relation Steve Rogers/Bernadette (Bernie) Rosenthal, par exemple ; mais ils semblaient pas mal assortis, ces deux-là. Bien sûr, le fait qu’elle connaisse son alter-égo Super-Héroïque leur ôte au moins une bonne part des problèmes rencontrés par les couples pointés dans l’article.
    J’aimais bien la relation James Hudson/Eather MacNeil : la différence d’âge était intelligemment gérée et les valeurs très « avant-gardistement » inversées, le caractère fort et assuré de sa femme soutenant le côté assez manifestement placide/gentil de Vindicator -à priori, car ça n’a qu’à peine été suggéré dans le cycle originel de John Byrne.
    Hank Pym et Janet Van Dyne ont duré très longtemps, et ce malgré leurs emplois respectifs de Super-Héros, ainsi que ses troubles de dédoublement de la personnalité à lui (!). Bon, je ne m’étendrai pas sur leur relecture Ultimate, vu que leur union n’était plus qu’un prétexte sensationnaliste à exposer la laideur du monde.
    Alex Summers et Lorna Dane étaient particulièrement bien assortis : affligés de capacités paranormales proprement effrayantes de puissance, et tous deux complètement réfractaires à une carrière Super-Héroïque, ils incarnaient une variante plutôt crédible d’une relation amoureuse sur le long terme au sein du MCG. Bon, la « hype » est venue s’en mêler…
    Vision et Wanda Maximoff, c’était un joli intermède très agréable sur la nature du couple, au delà de leurs conditions originales de « Synthézoïde » et de mutante, ainsi que de l’incongru (à priori) manifeste de leur affection réciproque.
    Bon, je sèche un peu ; mais il dit y en avoir encore pas mal d’autres.

    • JB  

      J’ai l’impression que tout ça a quand même mal fini : Heather et James Hudson : mort, trouple avec un clone, trahison vers la période Fear Itself. Havok et Polaris : ben, Austen est passé par là et a rendu Polaris folle, et d’autres ont fait d’Alex le soumis de Maddie… Vision et Wanda : perte des gosses (un autre truc ingérable en comics, les mioches), perte de personnalité, virage vers la force obscur et relation trouble avec le « frère » de Vision (Simon Williams), meurtre, folie, etc…

      Pour Bernie et Rogers, a priori, c’est lorsque la jeune femme reprend des études qu’ils doivent se séparer et leur relation à distance finit par capoter. Pour d’autres romances, c’est la figure héroïque de Cap qui est un obstacle (Diamondback le quitte plus ou moins pour cette raison), tout comme Connie Ferrari (période Heroes Return)

  • JB  

    C’est vrai qu’avec l’exemple de l’abandon maternel, Matt semble avoir du mal à s’impliquer (quand il se marie, TOUT LE MONDE estime qu’il s’agit d’un signe de dépression…)
    Côté Scott Summers, le problème serait plutôt sa perception (et celle du lectorat Marvel, j’ai l’impression) de Jean comme d’une icône intouchable, accessoirement capable de conception immaculée (Rachel et toutes les variations sur Cable), le passage à une relation sexuelle se faisant souvent avec une figure qui finit invariablement par devenir trouble, que ce soit Phénix, Maddie ou Emma. Ses amours sont une incarnation du complexe de la Madone et de la putain cher à Freud !
    Niveau DC, j’ai l’impression que les auteurs n’ont jamais vraiment proposé qu’un véritable amour aux protagonistes : Wonder Woman et Steve Trevor (exception faite de la période Perez, et encore, Diana n’a pas vraiment de relation forte à cette époque), Clark et Lois (Lana n’a jamais vraiment fait le poid), Bruce et Selina (malgré de nombreuses autres romances, aucune n’est vraiment resté, au point que le meurtre de l’une des plus importantes, Silver St-Cloud, est resté sans suite)

    • Bruno. ;)  

      Je sais pas pour les lecteurs « modernes » mais, en fan contemporain des années soixante-dix/quatre-vingt, il me semble établi que le rapport de Scott envers Jean n’a rien d’une vénération platonique : il est clair qu’ils entretiennent une liaison « chargée de sens », comme dirait l’autre ; et ce depuis qu’ils se sont avoués leurs sentiments, peu après avoir acquis leurs costumes différenciés au sein de la première équipe des X-Men (si je me souviens bien ?!). Ce sont des enfants du Baby-Boom et ils ont grandi en plein Flower Power : ils devaient être quand même assez informés sur les choses de la vie pour ne pas avoir à attendre leurs vingt-et-un ans.

      Sinon, j’ai oublié de commenter ce scan de Emma Frost : c’est franchement cru, comme image, non ?! Je veux dire : elle serait nue et « en situation », ça ne serait pas plus explicite -et je ne suis pas du genre facilement outré. Je me demande à quoi peut bien ressembler le reste de l’épisode… Ou alors c’est un spécial : »Les X-Men s’envoient en l’air ! » ?!

  • Sébastien Zaaf  

    Très bel article qui montre bien à quel point la vie amoureuse des héros Marvel est compliquée. Au delà du ressort scénaristique facile, n’y a-t-il pas, je m’interroge, un message sur la relation amour / haine des deux démiurges Lee et Kirby ? Même Thanos a ses galères avec la Mort. Ne parlons pas de Castle. Captain Marvel trouve l’amour de sa vie avant de succomber à son cancer … Je n’ai jamais vu Ben Grimm aussi triste que quand Johnny lui a piqué Alicia (la Skrull mais ça il le savait pas). Les amours de Captain America ? Pas facile de vivre avec un type qui est né dans les années 1920. Et il y a toujours beaucoup de gêne dans le trio Wanda Vision Wonder Man. Le plus toxique de tous reste Quesada avec son One More Day qui m’a brisé le coeur et ma hype pour Spidey qui a commencé en 1982.

  • JP Nguyen  

    Hey, zavez oublié la Veuve Noire dans la liste des ex du DD !
    Depuis sa séparation d’avec MJ, la vie sentimentale de Spider-Man, c’est vraiment n’importe quoi.
    Côté DC, comme couple qui dure, je citerai aussi Big Barda et Mister Miracle.

    • Nikolavitch  

      Je rebondis sur ton message et sur le précédent de Seb.

      Les querelles Lee/Kirby ont un côté soap, mais le soap c’est le domaine de Lee. Ses personnages féminins (Sue Storm, Jane Foster, Karen Page) sont bâties sur des modèles de personnages de romance comics de la décennie précédente. Pas étonnant qu’elles soient ballotées comme ça.
      Kirby, lui, travaille plus sur des archétypes mythologiques. Sa femme idéale, elle est « zoftig » (mot yiddish désignant une femme forte et charpentée), elle ne se laissent pas faire et ça assainit la relation. C’est Médusa, Sif, puis en effet Barda.

  • Présence  

    C’est toujours un plaisir de retrouver l’insolence narquoise d’Alex.

    Une démonstration pliée en deux temps : un, la malédiction du héros tout le temps appelé à sauver la veuve et l’orphelin (et le monde aussi), deux la dynamique du mélodrame (avec en plus une esthétique de match de catch, avec slip bariolés et invectives 🙂 )

    Sans oublier la petite critique bien sentie au passage : Pour un type capable de sentir l’état psychique des gens, leur peur, leur malaise, leurs mensonges, Murdock se montre parfois d’une insensibilité absolue.

    Merci pour cette mise en perspective et pour la réalité de la dure tâche du scénariste devant trouver de nouvelles idées chaque mois.

  • Alchimie des mots  

    Excellent et dire si je ne me trompe, je pense faire parti des convives à cette table !
    Oui Mosieur, débattait avec Sieur Bruce sur le Film des FF et se dit : »Ah et si on parlait des couples Marvel! »
    Merci pour le partage !!

    • Nikolavitch  

      Exact, et c’était très cool d’ailleurs !

      • Alchimie des mots  

        🙏🏾🙏🏾

  • Jyrille  

    Après une excellente introduction (t’es en forme !), je ne puis que constater que tes conclusions sur Matt Murdock sont vraies : ce type a nettement moins d’empathie que Foggy, ce qui s’avère contradictoire, vu qu’il est censé sauver les gens.

    Pour le reste, je te rejoins totalement, même si je ne connais pas bien toutes ces histoires : chaque fois que j’ai relu un X-Men, de Claremont ou non, j’ai trouvé que le soap était très prégnant, ce qui me sert personnellement de repoussoir.

    Bravo pour ce défi encore relevé haut la main !

  • Fletcher Arrowsmith  

    Superbe exercice de style.

    Tu es dans le vrai quand tu abordes le côté soap. Néanmoins je trouve qu’il y a une cassure à partir du milieu des années 90 (sauf pour DD qui a toujours été un connard avec les femmes), comme si les scénaristes ne savaient pas comment écrire des histoires de couple. D’ailleurs on en voit de moins en moins (et idem le soap) dans les comics mainstream.

    Tu aurais pu ajouter 2 personnages emblématiques de chez DC : Dick (tout est dans le prénom) Grayson et Donna Troy (et oui il n’y a pas que les hommes).

    Je me suis régalé de ta prose. Merci.

    • Nikolavitch  

      Grayson parvient globablement à maintenir des rapports cordiaux avec ses ex, il me semble.

      et merci !

    • JB  

      Donna Troy ? Mais alors, il faudrait parler de l’infâme rouquin barbu (hein ? Non, je ne parle pas de Byrne pour une fois, même s’il n’a pas aidé au destin de Donna dans les pages de Wonder Woman…)

  • Bruce Lit  

    Plus les défis Nikolavitch s’accumulent (le trente cinquième en 5 ans), plus je me dis que je devrais réclamer des droits d’auteurs. C’est vrai quoi! C’est moi qui amorce tout ce bordel chaque fois!
    Sans compter que des pans entiers de ma vie privée sont éhontément dévoilés sur le net à chaque fois ! Car en vrai, rien de tout ça n’a été inventé : Alex raconte scrupuleusement la soirée passée ensemble du samedi 20 septembre dernier…

    Bref, un de mes défis préférés car il vient acter ce que je ressens depuis longtemps : il ne m’est plus possible de ressentir une connexion que très nostalgique de ces personnages que j’aimais tant.
    Matt Murdock est typiquement une personnalité toxique qu’il faut fuir.
    Le problème ne vient pas tant des personnages d’ailleurs mais de leurs compagnies qui finalement empêchent de prendre tout ça au sérieux. Je suis désormais dans la position du gars qui connait tous les tours de magie du magicien et ça ne marche plus…

    Quand Waid écrit la rédemption difficile d’un maniaco dépressif qui déteste les femmes avant de leur pardonner et quitter la dépression, les brèles qui suivent en font un cul béni qui se tape une meuf de la mafia.

    Et ne parle même pas de Scott Summers qui trompe sa femme avec son amante déguisée en…sa femme dont il va acquérir les pouvoirs avant de se mettre en trouple avec son ex-ex ancienne femme et son amant. En gros, je me suis longtemps foutu des FEUX DE L’AMOUR de mes copines pour ne pas voir le ridicule de tout ça (un type qui sacrifie sa vie de couple pour ressusciter sa mamie…)

    Bref, enfant, les super héros me donnaient envie de devenir adulte.
    Adultes, ils se comportent comme des enfants.

    • JB  

      Alors, je suis le premier à critiquer Momo pour à peu près tout, mais là, il est dans la lignée des comics X-Men depuis des lustres. Le X-Factor de Simonson couplé avec les X-Men de Claremont en Australie, c’était quelque chose aussi niveau opéra savonneux…

  • David Brehon  

    C’est toujours un plaisir de lire les défis de Nikolavitch mais d’avoir été convive de cette excellente soirée apporte à cet article une saveur inédite. Merci Alex et Bruce.

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