Le retour du Paulo – DUNE partie 2

DUNE 2 de Denis Villeneuve

Un article d’ ALEX NIKOLAVITCH

Il était attendu, celui-ci. Déjà parce que la fin de DUNE PARTIE 1 était assez frustrante. Ensuite, parce qu’on rentre dans le dur du récit, l’endroit où il ne fallait absolument pas se rater.

Et donc, nous reprenons là où s’arrêtait le précédent. Le jeune Paul Atreides a tout perdu et, accompagné de sa mère enceinte, il fuit dans un désert dont les habitants l’accueillent une certaine méfiance. Il dispose néanmoins d’un atout : certains croient reconnaître en lui un messie promis qui doit faire de leur planète inhospitalière un paradis.

Pendant ce temps, ses ennemis dont le ménage. Toutes les traces du complot qui a fait tomber la famille Atreides doivent disparaître et les affaires sur Arrakis doivent reprendre comme à l’accoutumée, c’est-à-dire une exploitation en règle des ressources naturelles de ce monde aride.

Suivant l’idée de son père, Paul va développer la puissance du désert, une force de guérilla qui va lui permettre d’amener ses adversaires à abattre leurs propres cartes.

Alors, première remarque, c’est réussi. Denis Villeneuve montre qu’il avait un angle fort pour adapter un bouquin sur lequel bien d’autres se sont cassés les dents. Pour y arriver, il est obligé de tailler dans des intrigues secondaires, d’escamoter des personnages ou d’en schématiser d’autres. Il s’en sort en les iconisant grâce à des acteurs connus, par exemple Christopher Walken en empereur de la galaxie, peu présent à l’écran, mais bien utilisé.

Ces coupes étaient déjà présentes, ou plutôt absentes dans son premier opus. Il s’agit de simplifier en évitant autant que possible de rendre simpliste. Et même si le film dure trois heures, il est dense. Ça va très vite, d’autant que le film fait le choix de condenser la durée du livre. Ce qui se déroule sur plusieurs années dans le roman est ici ramené à quelques mois seulement.

On n’est pas là pour rigoler.
Illustration d’Aurélien Police

Cette vitesse nuit à l’ampleur du récit, qui de plus doit placer ici et là les scènes très spectaculaires attendues par le public. Alors non, les « grandes batailles du niveau de celles des DEUX TOURS », je ne les ai pas vues ici. D’ailleurs, ce n’est pas tellement ce qui intéresse Villeneuve, pas plus que ça n’intéressait d’ailleurs Herbert qui les traitait quasi systématiquement en hors-champ. On peut élargir d’ailleurs le propos : l’épique n’est pas l’effet qu’ils souhaitaient obtenir, l’un et l’autre. Il y a de toute façon un côté très cérébral chez Villeneuve qui refroidit une partie des spectateurs, mais c’est ce côté cérébral qui, justement, le conduit à essayer d’expliciter le plan dans le plan. On est, d’une certaine façon, dans un anti-blockbuster, ne sacrifiant aux conventions du genre qu’à la marge, notamment avec la scène d’ouverture et son combat contre une patrouille Harkonnen, dont le traitement reste très villeneuvien, avec ces moments presque contemplatifs d’armures volantes. Ça donne un film impressionnant visuellement, mais très différent des films d’action formatés qu’on se mange depuis une décennie, et force est de reconnaître, qu’on aime ou pas la manière de filmer de Villeneuve, ou l’emploi tonitruant de la musique de Hans Zimmer, que c’est rafraîchissant.

Ce qui l’intéresse de toute façon, ce qui est au cœur du projet, c’est le sous-texte, l’arrière-boutique, les jeux de pouvoirs. Et surtout l’évolution de Paul, de fugitif paumé à chef de guerre charismatique qui joue avec des forces qu’il n’arrivera pas à contrôler totalement.

Eux non plus
Illustration de John Schoenherr

Parce que c’est là que cette itération de DUNE fait fort. Là où les précédentes essayaient de donner dans le baroque et iconisent Paul Atreides en héros, Villeneuve insiste sur ses failles et ses doutes. Il faut dire que le roman le pose tout du long sur un arc classique : Paul perd tout, se retrouve dans un environnement inconnu, doute de son identité, subit une mort apparente et revient en majesté. Oui, c’est le fameux « voyage du héros » de Joseph Campbell, appliqué ici à la lettre.

Mais Herbert est roublard. DUNE est un roman conçu de façon à délivrer plusieurs messages. L’un d’entre eux, qui n’est alors qu’implicite mais devient explicite dans le tome 2, LE MESSIE DE DUNE, est « méfiez-vous des hommes providentiels et des héros ». Poser Paul en héros au départ pour démonter ensuite ce motif narratif, c’est là le plan dans le plan.

Parce que même si les Atréides sont posés comme nobles et bienveillants (quoique calculateurs), Paul accomplit une vengeance. Une terrible vengeance, même, puisqu’il est prêt à jeter bas un ordre social millénaire pour atteindre ceux qui ont fait du mal à sa famille. C’est du vandalisme à l’échelle cosmique.

Je vous le dis, hein, ça rigole vraiment pas.
Illustration de John Schoenherr

Par ailleurs, au moment où Herbert écrit son livre, dans les années 60, les guerriers du désert ont encore un côté folklorique. Pour le lecteur de l’époque, Paul, c’est aussi LAWRENCE D’ARABIE. La métaphore sur le pétrole est explicite. Entre-temps, le monde a changé. Pour le spectateur de 2024, ces guerriers du désert sont aussi les héritiers symboliques de Ben Laden, de Daech et du Hamas, et c’est tout de suite bien plus noir. Ça change mécaniquement la vision de l’œuvre, qui n’a pourtant pas bougé elle-même : la lutte armée des Fremen est déjà assez indissociable du terrorisme dans les années 60, mais l’ambiguïté est forcément plus criante à présent, et d’autant plus insupportable. C’est en toute connaissance de cause que Villeneuve choisit de prendre cette thématique à bras-le-corps.

Et c’est là que son traitement est radical. Il met en scène ce glissement d’un personnage assez bienveillant et respectueux à quelqu’un de plus en plus manipulateur, qui excite des gens dangereux en alimentant leur foi.

Les Jessica ne sont pas si méchantes, elles sont juste dessinées comme ça (air connu).

Attention, on rentre ici en zone SPOILERS, à signaler d’autant plus que je spoile aussi des moments où le film s’écarte à dessein du livre.

Dans le roman, Paul, à mesure que ses pouvoirs prophétiques s’affinent, comprend qu’il se trouve sur un chemin aux potentialités catastrophiques, mais il n’a que peu de leviers d’action, il est déjà pour partie prisonnier de son futur. Dans le film, Paul résiste tant qu’il le peut à l’appel du sud, car il sait que ce chemin mènera à la guerre sainte et au génocide. Villeneuve évite la terminologie du livre, « Jihad », connotée de nos jours et qui, dans l’esprit du spectateur, entérinerait trop tôt le divorce entre Paul et l’héroïsme apparent de sa construction narrative.

Tous le poussent pourtant dans cette direction, surtout sa mère, dont le personnage est bien plus noir ici que dans le roman : elle prend son parti du fanatisme de certains Fremen pour l’instrumentaliser ouvertement.

Paul se retrouve face à un choix : se sacrifier en restant en arrière lorsqu’un revers militaire conduit à un repli général de ses troupes vers le sud, ou les accompagner et se faire reconnaître comme chef suprême et messie attendu d’un peuple, avec les risques que cela comporte.

« L’écologie est la science des conséquences » disait le Docteur Kynes dans le roman. Et DUNE est une série qui a un fond écologique, et traitera ensuite pendant cinq tomes des conséquences d’un simple choix : se faire reconnaître comme un dieu et engendrer une religion dans les rituels de laquelle il ne se reconnaîtra pas.

Voilà pourquoi le personnage de Stilgar, joué par Javier Bardem, est plus caricatural que celui du roman. Voilà pourquoi celui de Chani, jouée par Zendaya, est la compagne idéale pour Paul : elle perçoit le danger qu’il y a de faire de cette lutte armée une quête mystique.

Attendu comme le Lionel Messi

Le choix de ne pas traiter la transcendance comme telle, quoique cohérent avec certaines lectures possibles du roman, a un sens politique fort. Herbert nous disait qu’il fallait se méfier de l’homme providentiel, même lorsque celui-ci faisait montre de bonnes intentions au départ, et que religion et politique ne s’associaient qu’aux risques et périls de la population. L’histoire récente est pleine de leaders s’appuyant sur une frange radicalisée pour disposer de troupes, de chair à canon, que ce soit à Bagdad, Kaboul, Moscou, Nashville ou Colombo. Les histoires de messies, à l’instar des histoires d’amour, se finissent mal, en général.

Impossible de se voiler la face devant le final de ce DUNE. Ce n’est pas un happy end. DUNE est et a toujours été une tragédie grecque, comme nous le rappelle le nom des Atreides. Cela appelle à suite, bien sûr, elle est prévue, mais Villeneuve tient à faire une pause, ne serait-ce que pour laisser à ses acteurs le temps de prendre un peu d’âge.

La rumeur veut que, dans l’intervalle, il se lance dans RENDEZ-VOUS AVEC RAMA, d’après Arthur C. Clarke (2001), où il pourrait donner libre cours à son goût immodéré pour les architectures minimalistes, un projet qui motivait également David Fincher. Si ça se fait, ça risque d’être tout aussi curieux et intéressant.

Faut-il croire qu’il Rama un peu pour monter son film ?
Illustration de Steve Stone

La BO du jour

58 comments

  • JP Nguyen  

    Je ne suis toujours pas allé plus loin que le premier bouquin de Dune. Je crois avoir survolé des articles-résumés de l’ensemble du cycle.
    Ton article est clair sur la portée politique de l’œuvre de Herbert et sa résonance actuelle.
    Je suis encore resté à distance du cinéma de Denis Villeneuve (Denis, et pas Charles, le journaliste) et je ne suis pas venu à bout de son Blade Runner 2049. A distance, parce que je le trouve justement assez froid. Mais peut-être qu’un jour, je me lancerai.

    • Nikolavitch  

      tente son Premier Contact, qui traite d’une façon très intéressante de la communication entre espèces (sujet que Herbert a traité aussi dans l’Etoile et le Fouet, d’ailleurs)

    • Doop O Malley  

      Le cinéma de Villeneuve me parle..je ne connaissais pas le réalisateur quand je suis allé voir prisonners qui a été l’un des rares films de l’époque à m’avoir provoqué une sensation de malaise..À tel point que j’ai failli quitter la salle tellement son traitement m’avait retourné. J’ai donc commencé à m’intéresser au réalisateur avec sicario, que je trouve très fort. Et puis blade runner 2049 qui est pour moi à hauteur égale du 1. Mais ce n’est rien comparé à la puissance de INCENDIES , autre film qui m’a retourné le cerveau. Villeneuve est à l’aise à peu près partout. Tout en gardant un style effectivement froid, dépouillé et contemplatif mais qui me parle. Il s’est parfois dirigé sur les terres de David Lynch, non pas avec Dune mais avec Enemy, film un peu sous coté mais qui tient la route. Hier j’ai vu POLYTECHNIQUE qui, s’il est un peu poseur, est lui aussi assez puissant.
      Mais la véritable science fiction est le genre dans lequel il excelle : PREMIER CONTACT c’est le dernier grand film de SF pur et dur. Du coup, quand j’apprends qu’il veut adapter RENDEZ VOUS AVEC RAMA qui est mon roman de SF préféré de tous les temps, clairement j’en salive d’avance. Même s’il ne faudra pas s’attendre à un film d’action . Tout comme ce Dune 2.

      • Jyrille  

        Je n’ai pas vu INCENDIES en entier, ni même POLYTECHNIQUE, mais je n’ai pas du tout aimé ENEMY. C’est beau et bien fait mais incompréhensible, alors que le film s’attache à tout rester dans le réel. Au final je n’ai pas du tout saisi le propos ni même l’histoire.

        • Doop O Malley  

          j’ai plutôt bien géré. Enfin je crois. mais je suis habitué aux lyncheries et autres cronenbergeries.

          • Jyrille  

            Oh moi aussi j’y suis habitué (même si y a plein de Cronenberg que j’ai pas vus), je suis même prêt à ne pas comprendre (je viens de voir plusieurs Dupieux), mais là c’est un peu le cul entre deux chaises du coup ça ne marche pas pour moi. Dernier plan incompréhensible.

          • Doop O'Malley  

            @Jyrille

            Le dernier plan : c’est l’enfermement dans une relation monogame qu’il ne supporte pas (ou avec sa mère). C’est un prof qui s’invente une histoire car il ne supporte pas de ne pas pouvoir être libre. Cette « opression » prend la forme d’une araignée. Et le film forme une boucle : le début c’est la fin !

  • Eddy Vanleffe  

    Je lis depuis un moment pas mal d’avis sur TOUS les films DUNE et j’ai regardé la mini série SYFY qui est pas mal foutue pour son budget (et qui rentre dans le dur du sujet surtout).
    Merci pour celui ci qui s’ajoute à la longue liste d’arguments pour ne pas me déplacer pour voir ça.
    Bien sûr tu défends le film et c’est bien parce que j’ai l’impression qu’il y a quand même une certaine levée de bouclier de la part des fans qui ont du mal avec les choix de coupes du films, le choix de ne pas trop miser sur le côté mystique et religieux à une époque où ça serait récupéré à la vitesse de la lumière…
    mais bon déjà il y a Zendaya et c’est pour moi rédhibitoire, la voire de nouveau trimballer son air méprisant c’est au dessus de mes forces.
    D’ailleurs de manière générale, je ne trouve aucun charisme à aucun personnage de ce film qui semble désincarné, gris .
    Par ailleurs, je dois confesser mon peu d’appétence pour ce genre de récit sur l’ascension d’un messie . La série SYFY me donnait par moment d’être un remake des 10 COMMANDEMENTS version SF avec un personnage d’abord honorable devenu fou par l’insolation qu’il choppe dans le désert.
    Dans une des nombreuses boite à livres de la ville, ma femme m’a récemment apporté le roman, mais je ne l’ai pas abordé encore…

    • Nikolavitch  

      La série SyFy souffre de son budget misérable et de sa réalisation plate. c’est largement corrigé avec sa suite, Les Enfants de Dune, que je recommande vivement (avec Susan Sarandon en méchante et le jeune James McAvoy)

  • Jyrille  

    Ah yes un nouvel article de Lavitch sur Dune ! Ce qui est cool, c’est que je l’ai vu le jour de la sortie. Et tu fais bien, alors que je l’ai ajoutée à mes favoris, que je dois écouter la BO de ce second film. J’avais adoré la première, dans le film, celle-ci m’a moins plu, je dois entendre ce que ça donne désormais.

    Je suis totalement d’accord avec ton analyse : il n’y a pas de vraies batailles épiques comme dans LES DEUX TOURS. Mais on a du spectaculaire. La première chevauchée de ver de Paul par exemple, grand moment. Pareil pour la première scène avec les combis anti-grav : de la poésie plus que de l’action. Perso j’ai été soufflé.

    Les dessins que tu as choisi pour les illustrations sont toutes classes. J’aime beaucoup. Elles sortent d’où ? Tu te permets en plus de leur associer des légendes très drôles, je suis fan (Roger Rabbit).

    Je dois dire que je n’ai pas pu le voir en VO, je l’ai vu en VF. Je ne sais plus si le terme jihad (guerre sainte, pour rappel) est utilisé. En tout cas, encore une fois tu as raison : ce n’est pas évident de traiter les fremens ainsi, nous rappelant tellement les musulmans et les branches terroristes qui e ont découlé.

    Au-delà des considérations esthétiques qui sont chouettes (même si lors du passage en noir et blanc j’ai encore eu l’impression par moments de me retrouver dans une pub pour parfum) tu oublies de dire que le casting est impeccable (sans parler de seconds rôles voire apparitions avec des visages très connus) et que Chalamet et Zendaya livrent de superbes performances.

    Je ne connais pas Rama, mais en tout cas, j’aime vraiment ce que fait Villeneuve et ce film, où il se passe tant de choses en près de trois heures sans qu’on s’ennuie un instant. Bravo et merci, Lavitch !

    • Nikolavitch  

      les illus viennent des premières éditions US de Dune

      • Nikolavitch  

        sauf celle d’Aurélien Police, bien sûr. ça, c’est les rééditions récentes en vF.

        • Jyrille  

          Merci ! Ah et super titre au fait.

  • Jyrille  

    J’ai oublié de poser une question : autant je me souviens que l’absence de technologie et d’écrans a une explication dans ce monde de Dune, autant je ne comprends pas la prédominance des armes blanches. Il y a une raison ?

    • Glen Runciter  

      Un laser qui heurte un champ de force provoque une très grosse explosion qui annihile les deux belligérants. Comme une arme cinétique ne peut percer un champ de force, les armes blanches sont devenues courantes.
      Et puis, ca donne un petit côté Flash Gordon à Dune.

      • Jyrille  

        Merci beaucoup pour les explications Glen Runciter !

  • zen arcade  

    En règle générale, j’aime bien les films de Denis Villeneuve. J’ai lu plusieurs fois le bouquin de Frank Herbert, depuis une première fois à l’adolescence jusqu’à une dernière relecture il y a quelques années et j’ai bien aimé le premier volet de l’adaptation par Villeneuve. Je vais aborder cette deuxième partie avec confiance mais rien ne presse je vais sagement attendre qu’il y ait moins de monde dans les salles pour aller le voir tranquillement dans le petit cinéma pas loin de chez moi.

  • Tornado  

    Je ne suis pas aussi enthousiaste.
    Déjà, deux heures quarante de film beige, c’est vingt minutes de plus de beige que dans le premier. Quoique je suis un peu de mauvaise foi, puisque là, on a droit à du noir et blanc…
    Enfin, bon. C’est indigeste.
    La BO est moins réussie que dans le premier, je trouve. Ces tambours filent mal au crane au bout d’un moment.
    C’est encore un peu trop lisse. Tout le passage central chez les Arconen est d’un intesité incroyable. C’est malsain et écoeurant. Là c’est intense. Et cette intensité ne fait que mettre en évidence que le reste du film est bien trop lisse parce que, justement, il ne va jamais aussi loin dans le malaise. Et une fois encore, les mises à mort sont incroyablement inoffensives. À aucun moment elles ne font « mal ». Sauf lors de l’incroyable séquence chez les Arconens.
    Zendaya est pile le type d’actrice que je ne supporte pas, dont l’unique expression consiste à froncer les sourcils… C’est insupportable. Grosse erreur de casting.

    Toutes ces scènes qui font l’analogie avec Daesh… Non. C’est tellement gros. Les femmes voilées, la prière à genou avec la tête et les mains au sol… Je regrette je trouve ça d’un mauvais goût et d’une facilité très mal venue. Justement c’est trop ancré dans l’actualité. Trop naturaliste. Ça manque d’universalité (et de subtilité) pour une oeuvre qui devrait s’élever plus haut que ça. C’est presque une « photographie » de notre monde. Autant faire un documentaire sur Daesh, alors. Ça m’a sorti du film et ramené dans une réalité insupportable. Et c’est très ambigu. Je n’adhère pas du tout à ce parti-pris faussement réflexif.

    Pour le reste, c’est quand même un grand moment de cinéma. Dans une salle I-MAX avec les fauteuils qui vibraient, on était clairement plaqués sur nos fauteuils. Certaines scènes sont effectivement époustouflantes et sortent un peu des sentiers battus en matière de film d’action.

    • Eddy Vanleffe  

      De ce que je lis un peu partout la métaphore avec la Djihad dans Dune est vraiment flagrante voire même assumée…On appelle le héros Mahdi. le bouquin date d’une époque où c’était non seulement original mais aussi pas aussi connoté qu’aujourd’hui.
      du coup je crois que c’est assez naturel de dépeindre les Fremen un peu comme des Touaregs (surtout dans cette optique que Tout doit apparaitre comme « réaliste » dans le cinoche actuel)

  • Fletcher Arrowsmith  

    Salut.

    Bon déjà je ne suis pas un fan de la première partie par Villeneuve. J’y ai vu un gigantesque spot publicitaire pour agence de voyage. C’est beau mais creux et froid.
    Et puis je n’aime pas le jeu d’acteur de Timothée Chalamet, acteur surfait qui ne m’a convaincu dans aucun rôle (en Wonka c’est juste pas possible). Aucun charisme. Je passe sur Minnie-Zendaya et ses mono-expressions.

    voilà. comme j’ai souvent écrit, bien que dépassé au niveau des sfx (quoi que), je trouve que David Lynch en 2h a su plus capter le roman de Herbert que Villeneuve en 2h40 et un demi roman. Et je lis ici et là qu’avec 3h de plus il arrive encore à faire des coupes dans certains moments que je trouve essentiels. Je sais que adapter c’est trahir mais si c’est vider de sa substance, à quoi bon adapter.

    Pour faire simple, je pense que DUNE est inadaptable à l’écran. Pourquoi essayer ? DUNE c’est une œuvre littéraire.

    Comme à la maison nous sommes assez fan de l’univers de DUNE (enfin perso je reste mitigé, ne trouvant pas que Herbert soit un grand écrivain, certains passages sont clairement incompréhensibles dans les premiers livres), je pense que nous irons quand même voir cette seconde partie.

    Sur le fond de l’article : intéressant de lire l’analyse autour des choix de Villeneuve même si on sent un parti pris, on a l’impression que tu étais convaincu avant même d’avoir vu le film. Je fais pareil avec d’autres œuvres (Scorsese, Spielberg, Jeff Lemire, BKV; Nicolas Matthieu ….). Bien d’avoir remis également le cinéma de Villeneuve au centre du terrain de jeu.

    Je trouve que FIRST CONTACT reste son chef d’œuvre alors que pour pratiquement les mêmes raisons que pour DUNE je n’ai pas du tout adhéré à son BLADE RUNNER (pourtant vu 3 fois et à chaque fois je trouve des faiblesses supplémentaires). SICARIO et surtout INCENDIE sont également remarquables. PRISONERS est un chouia démonstratif et hollywoodien.

    • Jyrille  

      J’imagine que tu n’as pas encore vu la deuxième partie donc, Fletcher ? Car pour avoir revu le Lynch avant d’aller au ciné voir la première partie, j’avais été effaré : on n’est pas loin du navet. Il y a deux ou trois scènes qui fonctionnent, notamment chez les Harkonnen (et là encore, esthétiquement c’est pas mal), mais pour le reste c’est horrible, c’est un supplice. La fin plus que précipité est honteuse et le casting ne colle jamais.

      Je suis étonné que vous n’aimiez ni Chalamet ni Zendaya, pour moi ils sont parfaits, pas trop démonstratifs – et encore je ne les ai pas vus en VO, mais je me demande si les parties en langue fremen ont été doublés.

      @Tornado, c’est marrant, j’ai trouvé que les scènes hors Harkonnen (qui elles sont bien dégueulasses et bien explicites sur le troisième Reich) étaient aussi intenses. Surtout dans le désert, avec les vers, lors des attaques de guerilla.

      J’aurais bien aimé le voir dans un I Max tiens.

      Je viens d’écouter la BO sans le film, et elle passe mieux que lors du visionnage du second opus. Je sens que je vais craquer et me prendre les DVDs de ces deux parties, ne seraient-ce que pour les voir en VO.

      • Eddy Vanleffe  

        @Jyrille
        Je te lis toujours avec attention Jyrille, parce que tu m’offres toujours une vision opposée à la mienne et résolument ancrée dans le présent alors que je m’enfuis tout jours dans le ailleurs tellement cette époque me laisse froid.
        Dans le DUNE de Lynch, j’aime les couleurs, la sueur et coté « Rome décadente » du film…
        Zendaya a un côté… « gamine en fleur » qui me fait plus penser à une éternelle ado.
        ARTE a remis le documentaire en ligne sur la version de Jodorowski. quand on voit le boulot abbatu…je me demande si ça ne serait pas possible de l’adapter en Animé avec le characther design, le storyboard etc…

        • Jyrille  

          Merci Eddy, je te retourne le compliment. Le côté Rome décadente, tu l’as aussi dans la version de Villeneuve. Mais surtout, d’après ce que j’ai pu comprendre tant je ne me souviens pas du tout de mes lectures des romans, c’est que Paul est un ado au début. Juste un peu plus que la quinzaine. Ce qui n’était pas le cas de Kyle MacLachlan. Donc la version Villeneuve serait plus proche du roman à ce niveau. J’imagine donc que de la même façon, le personnage de Zendaya est également très jeune.

          Ce qui m’a frappé dans le seconde Dune sur ces personnages, c’est qu’on voit leur maturité arriver, on les sent moins jeunes et plus réfléchis, n’hésitant pas à donner leur avis et prendre des décisions de combattants. Ca se voit sur les visages de Chalamet et Zendaya.

          • Eddy Vanleffe  

            Ma version de référence, c’est la mini. ^^ et je suis personnellement tombé amoureux de la Chani de cette version.^^
            Pour l’ âge je ne sais pas, c’est vrai…
            Alex parle d’une intrigue sur plusieurs années ramassée sur quelques mois.
            ça doit biaiser pas mal la façon de jouer la « maturité » dans le film.
            J’ai le souvenir pour Chani d’un personnage qui représente vraiment le soutien inconditionnel du tyran en devenir…
            Les Fremen sont de mémoire la créature dont les créateurs (Paul et sa maman ) perdent le contrôle par la suite.
            Je ne sais pas s’il vont pouvoir aller dans cette direction dans une éventuelle suite.

      • Fletcher Arrowsmith  

        Ca y je l’ai vu cette seconde partie.

        C’est interminable. Je n’ai pas aimé grand chose sauf la partie chez les Harkonnen (grandiose) et aussi le fait qu’enfin Denis Villeneuve c’est rappelé le côté stratégie et politique (absent du premier opus). Sinon c’est un gos bof avec tous les défauts du premier amplifiés :
        – Timothée Chalamaet ne sera jamais parvenu à interpéter Paul. Il est trop lisse. On y coit pas surtout avec sa permanente qui ne bouge pas.
        – Idem pour Zendaya. Et en plus Villeneuve en fait une Chani, fanatique, bien éloigné de celle des roman
        – Et puis la bluette amoureuse sur les dunes. Pitié …

        Un film trop lisse, où Villeneuve n’ose jamais aborder le côté malsain, ignoble, dur de cet univers. Il esquive en permanence. Je suis désolé pour l’argument que je vois venir, non il ne suggère pas, il évite. Peu de sang, peu de violence, des conditions de vie finalement très (trop ?) acceptable. Même les visions de Paul sont ratées. Je n’arrive pas à y croire. Même les vers des sables sont finalement peu visible voire même invisibles. A part des traces pour pratiquer le surf des sables.

        Je rejoins Tornado sur l’aspect musulman. Je trouve que cela manque d’idée en fait, pour trop ressembler à notre Terre.

        Un ratage quasi totale de mon vision des choses. Je ne suis jamais arrivé à vibrer. Et puis 3h … stop c’est trop à ce niveau quand on passe son temps à faire des ralenties et à filmer du sable.

        • Tornado  

          Oui, avec le recul je n’ai absolument aucune envie de revoir ce diptyque.

          Pour rebondir sur la discussion, j’ai vu OPPENHEIMER ce week-end. C’est incontestablement bien fait et à voir une fois pour sa culture, mais là aussi j’ai trouvé ça nettement trop long : Enlève toutes les discussions en boucle sur la science (dont je n’ai personnellement rien à foutre) et celles qui répètent également en boucle telle suspiscion de communisme, et tu peux largement alléger le film d’une heure et demie de parlotte avec des mecs qui discutent en gros plan.
          Parce que c’est quand même ça, ce film : trois heures de long-métrage, dont deux sont consacrées à des discussions de mecs filmés en gros plan. Dans le genre, Oliver Stone avait fait un film nettement plus prenant avec JFK.

          • Bruce lit  

            Insupportable.
            Tous ces films ont désormais une durée d’une demi-journée de travail. Ou d’un vol moyen courrier. Je refuse de m’immerger dans des trucs aussi longs. Le cinéma ne doit pas s’écrire comme une mini série.

          • zen arcade  

            Le cinéma peut très bien s’écrire de manière complètement différente des standards d’écriture télévisuels et produire des films qui font 3 heures, 4 heures ou même plus. C’est même là que certaines formes de cinéma trouvent leur force. Certains films nécessitent de se déployer, par leur nature et leur projet mêmes, sur une durée qui excède les canons habituels.

            Ceci dit, je pense également que l’hypertrophie à tous les niveaux, et notamment celui de la durée, du cinéma américain à gros budget est avant tout une fuite en avant qui peine souvent à trouver de réelles justifications artistiques. Le cinéma passionnant, aujourd’hui, ce n’est pas dans ce cinéma-là qu’on le trouve. C’est une bonne occasion d’aller fureter ailleurs. Et, pourquoi pas, de voir de passionnants films de 3 heures, ou de 4 heures.
            Ludovic évoquait son admiration pour le film vietnamien L’arbre aux papillons d’or. Voilà l’exemple d’un film de 3 heures qui justifie pleinement sa durée et qui est une passionnante proposition de cinéma.

            Pour revenir à Dune, tout comme Fletch, je l’ai vu hier soir. Et j’ai moi aussi trouvé que c’était trop long.
            Mais pour apporter un bémol à cela, Madame Zen et Miss Zen Jr n°2 ont beaucoup aimé le film et ne l’ont pas trouvé long du tout…

          • Tornado  

            Oh et puis j’ai oublié la musique aussi : j’aime beaucoup Hans Zimmer mais balancer pendant 3h de la musique tonitruante sur des types filmés en gros plan, c’est quoi le concept ??? Punaise ils étaient bourrés au montage ou quoi ?

        • zen arcade  

          « C’est interminable. Je n’ai pas aimé grand chose sauf la partie chez les Harkonnen (grandiose) et aussi le fait qu’enfin Denis Villeneuve c’est rappelé le côté stratégie et politique (absent du premier opus). Sinon c’est un gos bof avec tous les défauts du premier amplifiés :
          – Timothée Chalamaet ne sera jamais parvenu à interpéter Paul. Il est trop lisse. On y coit pas surtout avec sa permanente qui ne bouge pas.
          – Idem pour Zendaya. Et en plus Villeneuve en fait une Chani, fanatique, bien éloigné de celle des roman
          – Et puis la bluette amoureuse sur les dunes. Pitié … »

          Je pense que le gros problème du film, plus que les éventuels problèmes d’interprétation, plus que les détours par rapport au livre,…, c’est avant tout que l’on se trouve devant un film qui déroule gentiment son petit programme narratif ultra-balisé. Rien ne vient bousculer ne fût-ce que d’un iota ce que le critique François Bégaudeau appelle, avec un dédain que je trouve justifié, « l’ordre narratif ».
          La première partie fonctionnait en ce qui me concerne purement sur sa direction artistique. Villeneuve avait créé une Arrakis qui correspondait visuellement de manière assez troublante avec l’idée que je m’en faisais à la lecture du livre. Ca m’avait suffi pour me couler dans le film mais ici ce n’est plus suffisant, d’autant plus que les habitats Fremen de cette deuxième partie me semblent beaucoup moins convaincants.
          Pourtant, contrairement à toi, je trouve que Timothée Chalamet campe un très bon Paul Atreides. Le problème n’est pas là, je pense. Par contre, oui, Zendaya, je ne la trouve pas très convaincante. Mais de nouveau, ce n’est pas ça qui fait que j’ai été déçu par cette deuxième partie.
          Bon sinon, j’aime pas du tout la partie chez les Harkonnen. Sans doute ce qui m’a le plus irrité dans le film. Et oui, la bluette sur les dunes, pitié. 🙂

          « Et puis 3h … stop c’est trop à ce niveau quand on passe son temps à faire des ralenties et à filmer du sable. »

          C’est très bien quand Villeneuve filme le sable. C’est quand il filme les humains que c’est moins bien. 🙂

    • Zok.  

      L’acteur principal, je vois par ci par là que je ne suis donc pas le seul…

      Je n’ai pas vu le premier, je n’ai pas vu le deuxième, à 95% parce que lui, je ne peux pas. Et pourtant, je crois que je ne l’ai vu dans aucun film, juste dans la bande annonce…

  • Ludovic  

    Je suis aussi peu sensible au cinéma de Villeneuve et si celui-ci est capable d’emballer un blockbuster de 5 heures, certes coupé en deux, plutôt efficace et pas désagréable à regarder, il n’en reste pas moins que je me retrouve dans les réserves qu’émet Fletcher: j’ai du mal à voir ici autre chose que le travail d’un illustrateur habile aidé par des moyens ultra-luxueux et dont les parti-pris esthétiques semblent un assemblage d’influences de bon gout et de concessions à l’air du temps mais qui peine à s’incarner dans un style, au point de flirter régulièrement avec une forme de cosmétique et un habillage publicitaire.
    Ce que Villeneuve semble vouloir raconter s’incarne essentiellement à travers du scénario et de l’explication de texte plutôt par une vraie vision cinématographique, même si encore une fois, celle-ci n’est pas dénuée d’une certain pouvoir de séduction.
    Jyrille exécute le DUNE de Lynch en le qualifiant de navet et je peine moi aussi à aimer ce film qui en plus a extrêmement mal vieilli, mais il possède malgré tout des bribes de cette étrangeté, ce côté freak qui laisse entrevoir ce qui se cache sous l’allure polissée de la superproduction hollywoodienne. Je peine à trouver cela chez Villeneuve.
    Cela dit, j’ai conscience que les reproches que je lui adresse sont les mêmes que certains pouvaient adresser à Ridley Scott à la sortie de BLADE RUNNER qui est un de mes films préférés au monde. Peut-être que je changerai d’avis à l’avenir sur DUNE…

    • Fletcher Arrowsmith  

      Le rejet, actuel, du DUNE de David Lynch est à mon avis multiple :

      – déjà il y a le prisme de l’image et des sfx. Clairement cela a vieilli et comparer les films de Villeneuve à celui de Lynch me semble complètement biaisé et malhonnête. D’ailleurs je le suis aussi quand je dis et j’écris que la première trilogie de Star Wars est irregardable de nos jours.

      – Le film est maudit et même Lynch l’a renié. C’est donc facile de se réfugier derrière cet argument. Il y a toujours eu un côté honteux de dire que l’on aime le DUNE de Lynch. Mais à l’époque (et je me rappelle très bien l’avoir vu au cinéma avec mon père et en prendre plein les yeux), les critiques sur l’adaptation étaient les mêmes que celle de maintenant (quoi que) mais beaucoup étaient ravies de voir cela au cinéma.

      – On oublie facilement que ces films sont des adaptations de roman. Donc on peut trouver que la fin du film de lynch est expédiée mais (je n’ai pas vu le second de Villeneuve) mais le scénario est plus fidèle à l’esprit du roman (et donc une fin qui se projette sur le Djihad) que chez Villeneuve. Le film de lynch prend le temps (en 2h uniquement) d’expliquer l’importance et le rôle de l’épice, stratégique pour les navigateurs qui dominent, à l’instar comme l’a signalé Alex, du pétrole, non seulement le transport interstellaire mais aussi finalement l’univers. C’est à peine abordé dans le premier film de Villeneuve. Exit aussi le côté malsain des intrigues politiques et stratégiques (mais rendez moi la séquence extraordinaire du repas, comparable à la Cène du roman. Putain Denis V en 2h40 tu n’as pas réussi à la caser au détriment d’un énième plan langoureux sur des dunes de sables ou des vaisseaux qui se posent lent lent….lentement…)

      – Et oui le côté malsain, la rudesse même de la planète sont mieux transcrit sur de vieille image que chez Villeneuve. Ses images sont tellement léchés que le désert me semble un camp de vacance où on peut jouer au beach volet à dos de ver des sables.

      C’est en cela qu’il faut faire attention aux comparaison même sil est évident que Villeneuve a un sacré savoir faire. Et forcément en 2024 si on a pas lu les romans, c’est des films qui ne peuvent que plaire au public actuel. Cela, je le conçois aisément (surtout que intrinsèquement c’est quand même de « bons » films).

      • Eddy Vanleffe  

        Encore une fois éviter de mettre en scène une « simili-Djihad » désormais doit être très casse -gueule pour un cinéaste qui veut sans doute produire un divertissement avec le moins possible de politique « récupérable ».
        Mettre en scène l’ambiguïté est par ailleurs déjà soumis à questionnement or DUNE n’est pas une œuvre (de ce que je comprends) morale au sens où il y aurait un « bon » camp et un « mauvais » camp. c’est au contraire le récit (entre autre) d’un basculement…
        ça rend frileux
        Effectivement, le désert a l’air assez cool.
        Le cinéaste brosse de jolis tableaux.

        Le prisme des SFX…
        Comment dire ça?
        Je kiffe les films de Ray Harryhausen et des films HK qui sont pas vraiment à la pointe et pourtant respectés.
        je pense donc que c’est uniquement dans le rayon SF américain qu’un devoir de modernité est de rigueur.
        J’ai vu récemment KING KONG de 2005. ce film tient toute sa saveur dans son hommage et sa fascination pour le cinéma du début du 20e siècle et alors que Peter Jackson est à la barre APRES le Seigneur des Anneaux je trouve que le rendu des SFX est vraiment très « vintage » comme s’il avait voulu rendre hommage avec les CGI à l’ambiance des serials des années 20. Je me suis fait la réflexion pendant tout le film tellement certains plans faisaient « fake » . Je suis certain que c’est exprès.

  • Kaori  

    Ouah vous collez à l’actualité aujourd’hui !

    Bon moi pas du tout, je n’ai ni lu le livre, ni regardé la série, ni vu la première partie, donc encore moins cette deuxième partie. J’ai tenté de regarder le film des années 80 avec Sting, et je me suis endormie.
    Je ne cours donc pas après ce mastodonte…

    Par contre Villeneuve, ça me parle. C’est un cinéma assez spécial, et c’est un euphémisme que de le dire. Je ne suis pas une spécialiste, j’ai seulement vu PRISONERS, ENEMY, FIRST CONTACT et BLADE RUNNER 2049.
    PRISONERS, c’est vraiment angoissant comme film, on ne s’en remet pas comme ça… FIRST CONTACT, c’est à voir plusieurs fois, et même comme ça, je ne suis pas sûre d’avoir tout compris. Mais j’adore.
    BLADE RUNNER 2049, il se dégage de ce film une mélancolie, une fin belle et triste à la fois…
    Mais alors ENEMY, je suis comme Jyrille, je suis passée complètement à côté ! Je n’ai rien compris ! Il paraît qu’il y a un sens caché, que c’est du symbolique etc, ben alors là, moi, euh ça a fait plouf…

    Donc ce que j’en retiens, c’est que c’est un réalisateur intéressant, avec des choses à dire, mais assez cryptique, il faut s’accrocher quand même… Mais j’aime ça chez les réalisateurs.

    Pour les acteurs, pas trop d’avis. Je ne les déteste pas comme ça se fait beaucoup en ce moment, je ne les adule pas non plus. Ils sont jeunes, la nouvelle génération. Assez atypiques. Y a pire.
    D’ailleurs j’ai appris il y a 2 jours que Timothée Chalamet avait joué dans INSTERSTELLAR ! Je n’en avais aucun souvenir. Je me rappelle seulement de la version adulte du personnage par Casey Affleck…

    • Jyrille  

      J’ai détesté INTERSTELLAR. Aucun souvenir de Chalamet dans ce film.

      • Fletcher Arrowsmith  

        Tient on est deux (trois avec ma femme). Je considère INTERSTELLAR comme une des plus grande imposture moderne. Le plus mauvais (et je pèse mes mots) film de C Nolan.

        • Doop O'Malley  

          Je vous rejoins

          • zen arcade  

            Que reprochez-vous à Interstellar par rapport à d’autres Nolan ?

      • Jyrille  

        J’aime beaucoup Nolan mais pas tous ses films. J’ai trouvé DUNKIRK creux et pour le coup, totalement froid, deux ou trois personnages nous génèrent de l’empathie. Le Dark Knight Rises est une honte absolue. Et à côté de ça tu as Inception qui est bien cool et totalement cohérent dans son histoire et son univers, le second Dark Knight qui est un de ses meilleurs car de la même façon, maîtrisé de bout en bout tout en ayant des passages époustouflants, Oppenheimer qui n’est jamais démonstratif et toujours captivant.

        Mais Interstellar, c’est un bric à brac de scènes collées entre elles, des idées qui fusent mais ne vont pas ensemble, avec presque aucun personnage attachant. Et tu as cette fin terriblement longue et poussive qui explique et surexplique en trahissant son principe de base de faire de la SF un tant soi peu réaliste. Pour moi ça ne fonctionne pas (alors que j’ai complètement adhéré à AD ASTRA).

        • Tornado  

          Perso j’adore LE PRESTIGE. C’est mon préféré.

          • Jyrille  

            MEMENTO et LE PRESTIGE sont super

          • Fletcher Arrowsmith  

            Le PRESTIGE bénéficie surtout, au delà d’un très bon casting (et de David Bowie) d’un scénario prémium à savoir le roman de Christopher Priest (qui vient de nous quitter en début d’année).

            C’est en effet une bonne adaptation et un excellent film

        • zen arcade  

          Ok.
          Personnellement, je goûte assez peu le cinéma de Nolan en général mais cet Interstellar fait partie de ce que j’ai vu de lui qui m’a justement paru plutôt attachant.
          D’où mon interrogation sur le rejet radical que suscite le film dans vos réactions (« imposture », « plus mauvais film de Nolan ») et qui me parait caricaturalement exagéré Mais Nolan semble souvent ne susciter que des réactions caricaturalement exagérées. Bon, moi, j’ai tendance à penser, dans un sens comme dans l’autre, que c’est lui faire trop d’honneur… :). Moi, il a surtout tendance à susciter mon indifférence.

          • Eddy Vanleffe  

            Villeneuve ou Nolan ont des cinéma très propres qui sont toujours bien foutu, c’est indéniable mais le tout ne me passionne pas.

            Ce que j’aime dans un film, c’est quand je décèle un « grain de folie », un truc, un détail qui sort de l’ordinaire…
            C’est évidement totalement subjectif…
            INTERSTELLAR, la bande annonce m’a vendu un truc long et chiant avec une image terne et je n’y ai même pas prêté attention plus que ça…
            du coup je ne sais même pas si j’aurais bien aimé.
            LE PRESTIGE, les BATMAN, MEMENTO ne m’ont pas fait tomber de ma chaise et rien que le fait qu’on vende ses films récents comme des trucs tarabiscotés m’en éloigne, ça ne m’intéresse pas en général…je reste primaire dans ce que je recherche.

          • zen arcade  

            « Villeneuve ou Nolan ont des cinéma très propres qui sont toujours bien foutu, c’est indéniable mais le tout ne me passionne pas.

            Ce que j’aime dans un film, c’est quand je décèle un « grain de folie », un truc, un détail qui sort de l’ordinaire…
            C’est évidement totalement subjectif… »

            Villeneuve et Nolan sont manifestement des cinéastes très intelligents (et qui aiment beaucoup le montrer, surtout Nolan).
            Ce sont aussi des cinéastes dont on sent qu’ils veulent tout contrôler jusque dans le plus infime détail. Je comprends donc bien ta perplexité devant le manque d’un « grain de folie » ou d’un détail qui sorte de l’ordinaire.
            Ca touche également à ce qui m’irrite chez eux, ceci dit c’est plus le cas chez Nolan que chez Villeneuve pour qui j’ai plus d’attirance.
            Nolan, c’est vraiment l’héritier de Kubrick et je n’aime déjà pas Kubrick.
            Avec Nolan et Villeneuve, on est vraiment face à ce que j’appelle des « super-auteurs » (mais pas nécessairement des auteurs super 🙂 )

          • Eddy Vanleffe  

            oui, pareil pour Kubrick d’ailleurs.
            Je ne peux pas « critiquer » ce serait idiot de ma part mais devant l’écran…je m’ennuie poliment assez vite.
            Les sentiers de la gloire et Spartacus sont les films que je retiens le plus, mais parce que les sujets me parlent.
            Kubrick, ma fois…

          • Jyrille  

            Moi j’adore Kubrick. Nolan pourrait en effet être un de ses héritiers. Tu as raison Eddy pour 3h10 pour Yuma. Identity et disons la première moitié de son Wolverine sont sympas, comme tu dis, c’est du film d’artisan qui aime le genre, qui insuffle de la sueur et du respect pour le cinéma de quartier.

          • Eddy Vanleffe  

            @Jyrille
            « c’est du film d’artisan qui aime le genre, qui insuffle de la sueur et du respect pour le cinéma de quartier »
            J’aime cette expression. ^^

  • Tornado  

    J’aime beaucoup Timothée Chalamet. Il a un charisme bien à lui. J’ai bien aimé WONKA qui était le film impeccable pour une sortie en famille lors des fêtes de Noël.
    Je déteste le jeu de Sendaya. Sa mono-expression badass me rappelle le jeu de Jada Pinkett Smith dans MATRIX. C’est insupportable, je trouve. Essayez de regarder des photos de Zendaya tirées du film et ça va vous sauter aux yeux (j’ai vu ça dans une émission qui montrait des photos du film).
    Je suis fan, mais alors fan absolu de BLADE RUNNER 2049 que je trouve plus beau à chaque vision, un peu comme le premier de Scott qui reste un de mes films préférés de tous les temps.
    Par contre j’ai détesté PREMIER CONTACT du fait que… et bien je déteste la SF naturaliste froidasse.
    En fait en dehors de Zendaya qui correspond pour moi à une grosse erreur de casting, tous les autres acteurs sont nickels, et le casting est de toute manière assez incroyable.
    Je n’ai jamais été très fan du film de Lynch mais il avait effectivement une étrangeté qui manque à ceux de Villeneuve, à l’exception de la séquence chez les Harkonnen, donc.
    Je n’ai pas du tout eu envie de revoir le premier segment avant d’aller voir cette suite au ciné. Et là, spontanément, je n’ai aucune envie de la revoir non plus. C’est pas le top, quoi… ^^
    Encore une fois je trouve ça trop lisse, trop appliqué et finalement assez désincarné.

    • Bruce lit  

      Chalamet sera Bob Dylan dans le biopic de James Mangold.
      Le choix est intéressant, je trouve.

      • zen arcade  

        James Mangold sur un biopic de Dylan, dans le genre qui fait pas rêver, ça se pose là…

        • Fletcher Arrowsmith  

          Pareil.

          Todd Hayne a déjà réglé la question avec son I’M NOT THERE.

          Mangold … c’est poussif, un bon « faiseur » (pas dans le sens péjoratif) mais rien d’extraordinaire. Quand je repense à son Indiana Jones, j’en tremble d’avance.

          • Jyrille  

            Pas d’accord pour Mangold. Il a tout de même COPLAND, LOGAN et LE MANS 66 (FORD V FERRARI) à son actif, trois grands films selon moi. I’M NOT THERE c’était super poussif, seul le passage avec Cate Blanchett était réussi dans mon souvenir (et je ne l’ai pas revu depuis le ciné).

          • Eddy Vanleffe  

            Bien aimé COPLAND, bien aimé 3h10 pour Yuma, IDENTITY les trois premiers quart de son premier Wolverine.
            Un cinéma d’artisan je trouve pour ma part. un peu comme les Richard Donner, ce genre « catégorie » pour moi.

  • Présence  

    Une analyse pointue et experte sur le travail d’adaptation. J’ai beaucoup aimé le passage :

    Pour le spectateur de 2024, ces guerriers du désert sont aussi les héritiers symboliques de Ben Laden, de Daech et du Hamas, et c’est tout de suite bien plus noir. Ça change mécaniquement la vision de l’œuvre […]

    Le lecteur d’aujourd’hui transforme le sens de l’œuvre du fait d’un contexte différents, alors que les mots n’ont pas changé. Il y a autant de lectures de l’œuvre que de lecteurs.

    Ici visiblement, le réalisateur propose son interprétation, sa compréhension, avec en plus les effets de passage d’un média à un autre, sans trahir l’intention originale de l’auteur : belle réussite.

  • Bruce lit  

    J’aime beaucoup cette analyse politique. Le film est compatible pour des enfants ?

    • Jyrille  

      Je dirais que oui. Les deux sont tout de même classés PG13.

      screenrant.com/dune-2-parents-guide-pg-13-rating-explained/

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