LE WU-XIA-PIAN SECONDE PERIODE : LE RENOUVEAU DES ANNEES 1980

Encyclopegeek : Les films de sabres 2/3

Une superproduction réalisée par MATTIE BOY

Premier assistant : EDDY VANLEFFE

Nous revoici pour la seconde partie de ce dossier sur le Wu-Xia Pian. Enchaînons directement sur les chroniques de films.

ZU ET LE GUERRIERS DE LA MONTAGNE MAGIQUE de Tsui Hark -1983 – par Eddy Vanleffe

Comment ne pas tomber amoureux de Brigitte Lin?

Revoir ZU ET LE GUERRRIERS DE LA MONTAGNE MAGIQUE en 2021, c’est faire face à une sorte d’anomalie cinématographique, la définition même d’un autre type de cinéma aux antipodes d’Hollywood. Pourtant la bobine doit tout à une sorte d’émulation teintée de culot, une ambition à la fois ratée et matricielle. Cette ambition, c’est celle de Tsui Hark, qui a justement fait ses études de cinéma au Texas. Il va donc en revenant au pays en 1977, mettre un grand coup dans la fourmilière très codifiée du cinéma Hongkongais. Lorsque ce dernier annonce vouloir adapter ZU, le roman éponyme de Huanzhulouzhu sur grand écran, personne ne veut prendre le risque.

L’œuvre est une sorte d’équivalent au SEIGNEUR DES ANNEAUX, réputé donc impossible à adapter, tant les enjeux sont éparpillés, propices à une sorte de spectacle pyrotechnique peu familier des producteurs de cette époque.  C’est avec un bagout de camelot que Tsui Hark parviendra à convaincre Raymond Chow, le patron du studio qui monte dans la baie cantonaise à savoir la Golden Harvest. Le réalisateur roublard lui vend ni plus ni moins que la version chinoise de STAR WARS, le grand séisme du moment. Mais Tsui Hark, s’il fait bel et bien appel aux artistes qui ont travaillés avec George Lucas, n’a pas du tout le même type de budget. Le résultat pourrait passer pour un vulgaire nanar exotique au même titre que certains films turcs. Pour autant, si on s’y penche d’un peu plus près, on peut aisément remarquer que chaque scène possède une idée ou une intention de mise en scène.

Le réalisateur possède déjà un style bizarre, fait d’un montage épileptique rendant l’action, les mouvements et même le passage du temps, complètement frénétiques. C’est un film de fou ! Conscient que son histoire doit avoir des enjeux simplifiés à l’extrême, il va carrément réduire le tout au maximum, tout en donnant un ton quasi cartoonesque à l’ensemble. L’auteur va le dire lui-même, c’est une sorte de conte de fées où s’affrontent ni plus ni moins que le bien et le mal. De fait, le film américain qui sera le plus proche dans le ton de ZU pourrait être PRINCESS BRIDE, comportant le même voyage en mode folie douce dans un monde aussi familier qu’inexplicable disséminant alors une poésie toute personnelle. 

Une explosion d’images marquantes.

Place à l’intrigue : Suite à un malentendu, Ti Ming-chi (Yuen Biao) déserte l’armée des bleus et s’enfuit en plein conflit, se réfugiant sur une montagne isolée, il est attaqué par des esprits dont il parvient à se débarrasser grâce à l’aide providentielle du chevalier Ting Yin (Adam Cheung). Par gratitude, l’ex soldat se met en tête de devenir le serviteur du chevalier. Ting-Yin arpente cette montagne ancestrale afin de combattre les forces du mal qui tentent de pénétrer notre monde, en effet le gardien «Long Sourcil» (Sammo Hung) a de plus en plus de difficultés à garder la porte. Les forces démoniaques attaquent continuellement et bientôt le chevalier se fait posséder. Avec l’aide de deux moines bouddhistes poursuivant le même but, ils décident d’aller à la rencontre de la Dame des glaces (Brigitte Lin) afin de les aider à soigner Ting-yin, mais le mal rôde et Ti Ming-chi l’apprenti devra affronter encore de nombreuses aventures afin de repousser les forces maléfiques et sauver l’humanité.

D’abord un bide, c’est avec le temps que le film gagna ses galons d’œuvre culte et fondatrice du cinéma de Hong Kong. Tsui Hark se distingue dès les premières images de film avec ce style si personnel de montage épileptique tout en urgence. Parfois plus de vingt personnages virevoltent en même temps et l’image semble parfois exploser sous leurs coups.  Son propos se veut mordant sur les guerres qui ont jalonné l’Histoire de Chine. Comme il sait pertinemment qu’il n’a pas les moyens de filmer des armées grandioses, il en réduit la portée à celle de cour de récréation avec ces soldats de toutes les couleurs comme s’ils portaient des dossards. Il pioche aussi de manière canaille dans l’esthétique des affiches communistes pour sa représentation des héros. Par ailleurs Hark compose des plans de toute beauté notamment quand il cadre la sublime Brigitte Lin qui en un seul geste exprime l’arrogance, l’élégance et la sensualité.

Si les trucages ont vieilli au point de pouvoir être rangés aux cotés des péplums italiens, le film ouvrira malgré tout la voie aux wu-xia-pian fantastiques délirants parmi lesquels on pourra citer les HISTOIRES DE FANTÔMES CHINOIS de Ching-Siu-Tung, LES SWORDSMAN du précédent, LES MISTER VAMPIRE de Ricky Lau, EVIL CULT de Wong Jing et même l’américain JACK BURTON DANS LES GRIFFES DU MANDARIN de John Carpenter…pour MULAN version Disney live, je crois qu’on sera tous d’accord pour rester silencieux…

HISTOIRE DE FANTÔMES CHINOIS (1987) de Tsui Hark  – par Mattie Boy

L’intrigue : Ning (Leslie Cheung) est un inspecteur des impôts un peu timide, qui doit se rendre dans des campagnes reculées pour faire son travail. Lors de l’une de ses habituelles tournées, il passe la nuit dans le temple Lan Jou. Il y rencontre une femme ravissante et mystérieuse du nom de Hsiao-tsing. Celle-ci est en réalité un fantôme séduisant les hommes pour les offrir à son maître Lao-Lau, l’arbre démon. Mais Hsiao-Tsing va tomber amoureuse de notre brave héros maladroit au cœur pur. Et en refusant de le tuer, elle va s’attirer les foudres de son maître démoniaque. Ayant appris que cette femme qu’il a rencontrée est un fantôme, Ning va tenter de la sauver avec l’aide d’un vieux moine taoïste aux grands pouvoirs. Tous deux vont récupérer l’urne funéraire de Hsiao-Tsing et tenter de la soustraire à la tyrannie des démons.

Histoire de fantôme chinois est un film étrange. Par certains aspects, il peut faire penser au ROI SINGE dont j’ai déjà parlé. C’est-à-dire que c’est un film qui mélange comédie burlesque (pas autant que le ROI SINGE non plus) et moments d’émotions sincères avec son histoire d’amour.

Le film est produit par Tsui Hark, un cinéaste incontournable du cinéma hongkongais à la mise en scène folle et virtuose qui se fera une spécialité de réaliser des wuxia pian un peu fous suite aux échecs relatifs de ses polars comme L’ENFER DES ARMES. Il a ravivé l’intérêt du public pour les wuxia pian avec ZU, LES GUERRIERS DE LA MONTAGNE MAGIQUE dont Eddy vient de parler.

Tsui Hark va monter sa boite de production et commencer à se montrer très présent dans le paysage cinématographique. Trop pour certains. Mais d’autres réalisateurs, comme celui qui nous intéresse ici, Ching Siu-Tung, n’auront aucun problème pour travailler avec Tsui Hark. Et ils vont se lancer dans l’adaptation de ce HISTOIRE DE FANTOMES CHINOIS en 1987. Je dis adaptation car il s’agit d’une remise au goût du jour d’un film de Li Han-hsiang, L’OMBRE ENCHANTERESSE sorti en 1960, lui-même adapté d’un roman de Pu Songling. Je n’utilise pas le terme remake car en réalité il va y avoir tant de modifications que les films n’ont plus grand chose à voir, à part la trame de fond d’un amour entre un humain et un fantôme. Les personnages seront beaucoup plus développés et naturels au point qu’on s’attache facilement à eux (la comédie joue d’ailleurs un rôle là-dedans. On s’attache plus facilement à une femme amusante et un héros au cœur pur mais maladroit et un peu trouillard qu’à des personnages stoïques et figés.) Au lieu d’un seul démon, il y aura plein de créatures folles (des morts-vivants momifiés, des têtes volantes, un démon à la langue géante extensible, et il y a même des cadavres animés en stop-motion à la Harryhausen !) Et les éléments évoquant leur amour (comme le poème et le portrait) seront mieux insérés dans l’intrigue. De plus, la fin sera plus tragique et amère, ce qui viendra là aussi contrebalancer la comédie. On ne s’attend pas à être ému alors que le film nous a donné l’impression à certains moments qu’on regardait EVIL DEAD 2 ou 3.

C’est aussi le casting qui fait la force de ce film. En particulier la ravissante Joey Wong qui joue le fantôme. Je ne dis pas ça juste pour son physique agréable. Non, au-delà de ça, elle dispose d’un éventail d’émotions lui permettant d’être tout aussi crédible en séductrice qu’en femme triste condamnée par son destin. Elle a ce petit sourire en coin qui lui confère un air espiègle et aguicheur qui convient parfaitement au rôle. Elle sera d’ailleurs pour beaucoup indissociable de ce rôle et deviendra une actrice très demandée. Elle est d’ailleurs la seule du casting à reprendre 3 fois un rôle similaire dans les suites.

Le héros un peu ingénu et maladroit n’est pas en reste. Il est joué par Leslie Cheung, chanteur de pop cantonnaise (qui chante d’ailleurs un thème du film.) Son physique avenant et sa capacité à prendre un air innocent ou un peu ahuri lui permet d’être convainquant en jeune homme à la fois charmant mais aussi candide et trop pur pour ce monde.

Quant au moine taoïste qui va aider notre héros, il est joué par Wu Ma, dont le visage assez bonhomme apporte une touche de bouffonnerie (c’est lui qui fait les trucs les plus WTF…et aussi la baston ! Avec le fantôme. Notre héros n’est pas un héros martial du tout.)

En bref, HISTOIRE DE FANTOMES CHINOIS est un régal cinématographique proposant une belle histoire d’amour tragique sur fond de mythologie délirante avec un poil d’érotisme. On passe de l’humour à l’émotion, de l’horreur à l’action délirante. Le mélange des genres peut étonner mais pour peu qu’on adhère, c’est un véritable plaisir.

Un extrait en VF se déroulant dans le repaire de Lao-Lau, le démon-arbre qui est une sorte de proxénète au sexe indéterminé

Les suites ne lui arriveront hélas pas à la cheville. Et cela pour deux raisons : d’une part ils essaient un peu trop de reproduire la formule qui a fait le succès du premier et on voit venir les rebondissements. Et d’autre part, il ne reste presque plus que la composante comédie burlesque et quasi aucune émotion. En effet dans le 2, le héros est le même que dans le premier et il rencontre une femme (une vivante cette fois) qui ressemble beaucoup au fantôme du premier. Son attirance est basée sur le souvenir de Hsiao-Tsing et par conséquent ça n’a jamais vraiment l’air d’être une histoire d’amour. Le 3 raconte quasiment la même chose que le premier mais 100 ans plus tard avec d’autres personnages. Et les protagonistes donnent tout juste l’impression de s’apprécier et de vouloir s’entraider que de vraiment s’aimer (l’un étant un jeune moine qui se fiche des femmes d’ailleurs.) Ce sont des films qui se laissent regarder mais il ne faut pas y chercher autre chose que des films de fantasy burlesques. Ceux qui espèrent retrouver l’équilibre entre délire et émotion du premier seront déçus. Les suites vont même plus loin dans le grand-guignol sans contrebalancer ça avec de l’émotion.

L’AUBERGE DU DRAGON-1992 de Raymond Lee et Tsui Hark – par Eddy Vanleffe

Inconnus à Hollywood, c’est un quatuor de stars incontestés en Chine.

Même s’il se plante à chaque fois qu’il renoue avec le genre, Tsui Hark ne désespère pas. Il a tenté de mettre en place le come-back de King Hu (L’HIRONDELLE D’OR-A TOUCH OF ZEN) avec SWORDSMAN, mais l’aventure a tourné court. Finalement il va donner le feu vert à ses amis pour faire du Wu-xia Pian à sa place. Ching siu Tung se chargera de SWORDSMAN 2 qui cartonnera contre toute attente et Raymond Lee lui s’attellera à un ultime hommage à King Hu en mettant en scène un remake de DRAGON INN, un huis clos d’espionnage et de sabre.

Si Tsui Hark, en bon maniaque du contrôle, laisse un temps les rênes à Raymond Lee, sa caméra lui brûle les doigts et il reprend en main un film une nouvelle fois bâtard entre tradition et modernité où une scène d’introduction sentencieuse fait place à la frénésie d’acteurs ayant bouffé du kangourou. Puis les enjeux s’installent doucement. L’eunuque Tsao-Siu-Yan (Donnie Yen) qui parle pour l’empereur sans avoir en théorie de pouvoir propre, mène en sous-marin une lutte contre des différents chefs militaires pouvant lui faire de l’ombre. Ainsi le film débute sur l’exécution d’un chef militaire et la recherche acharnée de deux de ses enfants puisque dans ce contexte, quand une personne est condamnée, sa famille entière doit le suivre. Chow-Wai-On (Tony Leung Ka-Fai), le second du défunt avec sa maîtresse Yau-Mo-Yan (Brigitte Lin) se met en mission de protéger les deux gamins. La jeune femme trouve le refuge dans une auberge isolée en plein milieu du désert. La patronne est une femme de caractère interprétée par Maggie Cheung, à la tête de toute une bande de trafiquants, profitant de la position géographique idéale de son établissement. Bientôt tout ce petit monde sera rejoint par les émissaires de l’eunuque alors qu’une tempête tropicale fera rage, obligeant toute la clientèle à garder jalousement ses secrets et à espionner les autres pour les uns, pour parvenir à sortir au moyen d’un passage secret que seule la Patronne connaît, et les autres à trouver et assassiner les deux enfants. Déjà pourtant l’eunuque est en chemin.

Vitesse et chorégraphie de derviches combattants, une collection d’images inoubliables.

L’AUBERGE DU DRAGON est un film bordélique aux intentions protéiformes qui sauront pourtant nourrir la fascination qu’exerce le long-métrage sur ses spectateurs. Si l’hommage appuyé aux anciens films va donner de longues scènes descriptives un brin lourdingues et d’autres de très jolis dialogues intimistes, les scènes d’actions sont quant à elles, virevoltantes, frénétiques et emplies de furie.  Entre deux, nous avons également de splendides scènes inspirées du western italien que ne renieraient Sergio Leone. Par ailleurs certaines sous-intrigues sont purement là pour le plaisir (Ta gueule Herbert !) Le fait que l’auberge soit peuplée en fait d’une tribu barbare et cannibale n’ajoute pas grand-chose et certains «fusils de Tchekhov» (procédé comme quoi chaque élément présenté doit avoir un impact plus tard sur l’intrigue) sont déchargés. Les différents marqueurs de Tsui Hark sont donc bien là présents jusqu’à la caricature. On a donc le renversement des points de vue avec cette mise en avant des personnages féminins qui ravalent le héros traditionnel au rang de quasi figurant (comme quoi vous n’avez rien inventé Disney !). Les chorégraphies sont comme de juste hallucinées comme pour cette scène finale dans le désert où la caméra semble elle-même courir jusqu’à s’essouffler et participer au combat. Enfin les plans iconiques et composés comme des affiches sont légion, participant à rendre certaines images inoubliables. Maggie Cheung et Brigitte Lin sont totalement sublimées et leur présence dévorent le film reléguant donc les pauvres Tony Leung Ka-fai et Donnie Yen au second plan. La chute d’ailleurs sortira des sentiers battus, montrant là encore un refus total du statu quo.

Le film est donc une démonstration de l’aspect hors-norme et borderline de ce que Hong-Kong pouvait offrir quelques années avant le retour à la Chine.

THE BRIDE WITH WHITE HAIR – 1993- de Ronny Yu – par Mattie-Boy

THE BRIDE WITH WHITE HAIR a longtemps été connu chez nous sous le titre JIANG-HU, LES INSOUMIS (c’est notamment sous ce nom qu’on trouvait le DVD de la collection Asian Star de Jean-Pierre Dionnet.) Comme indiqué dans la partie précédente, le JIANG-HU désigne dans la littérature une société parallèle constituée de guerriers errants, de maitres d’arts martiaux, etc. En gros on pouvait interpréter le titre comme « les insoumis au monde des arts-martiaux. » Ce qui a du sens quand on connait l’histoire que je vais vous résumer.

Le pitch : L’empereur est sur le point de mourir. Mais on raconte que tous les 20 ans éclot une fleur magique sur le mont des Neiges, capable de soigner tous les maux ou même ramener les morts à la vie. Cette fleur est gardée par Yi-Hang Tcho (Leslie Cheung), un maître de Wu-Tang. Des émissaires de la cour impériale sont envoyés pour la cueillir. Mais Yi-Hang refuse de céder la fleur et les élimine. Il garde la fleur pour une femme de son passé. Le film opère alors un flash-back et on comprend que cette femme a sauvé Yi-Hang de loups affamés lorsqu’ils étaient enfants. Il l’a revue plus tard sous une autre forme : celle d’une étrange guerrière/sorcière au fouet tranchant surnommée « la louve » (Brigitte Lin.) Cette dernière fait partie d’une tribu d’assassins opposée à l’unification de la Chine dirigée par une sorte de sorcier au grands pouvoirs : Tsi Wou-Chouang qui est en réalité un frère et une sœur siamois collés par le dos, autrefois chassés de Wu-Tang.

On comprend que cette femme, élevée par des loups, a été recueillie par les siamois, et que sa mission est d’éliminer les chefs des clans de Wu-Tang (dont Yi-Hang.) Mais évidemment, la louve et Yi-Hang vont tomber amoureux, et Yi-Hang lui donnera un nom : Lien. Et tels Romeo et Juliette, ils vont se retrouver entre deux camps qui veulent s’éliminer alors qu’eux veulent s’aimer.

THE BRIDE…est un des meilleurs représentants du Wu-xia pian des années 80 selon moi. Il est très orienté fantasy comme vous l’aurez compris avec le résumé, mais c’était très souvent le cas dans les années 80. On ne compte plus le nombre de plans magnifiques (à voir si possible dans sa nouvelle remasterisation blu-ray chez Spectrum films), le film est sérieux et véhicule beaucoup d’émotions. Il y a de la poésie, de la violence, de l’amour, de l’espoir, de la tragédie, de la passion, le tout exprimé au travers de personnages torturés. Avec des scènes de combat virevoltantes et sanglantes ou d’ébats amoureux passionnés sous des cascades d’eau. Les méchants (le frère et la sœur siamois) ont même du relief dans le sens où l’homme est amoureux de sa protégée Lien mais sa condition de siamois le prive de trouver l’amour et le contraint à partager d’une certaine façon l’intimité d’une femme qui est sa sœur. Il va jusqu’à s’automutiler pour calmer ses souffrances. Sa sœur est d’ailleurs une peste qui le rabaisse, donnant au méchant une dualité intéressante et un aspect pathétique malgré ses grands pouvoirs.

D’ailleurs les gentils et les méchants ne sont pas bien délimités. Certes la secte rebelle des siamois sont des sauvages sans pitié et passent pour les plus cruels du film. Mais l’empire dont les clans de Wu-Tang sont le bras armé tient son peuple d’une main de fer, affame ses sujets et les punit de tout vol par des pillages et viols dans des villages. Ses propres camarades paraissent trop violents aux yeux de Yi-Hang qui est un pacifiste. Au final les héros de l’histoire sont ceux qui préfèrent l’amour à la guerre.

C’est un beau film avec des personnages intéressants et une photographie soignée. L’intérêt n’est pas tant dans les combats que dans l’histoire et les relations entre les personnages, comme c’est souvent le cas avec les meilleurs films. Avec cette histoire d’amour impossible, le film a des similitudes avec HISTOIRES DE FANTOMES CHINOIS, mais sans la comédie. Je dirais que pour les réfractaires à la comédie chinoise parfois un peu hystérique, c’est ce film qu’il faut voir pour cette époque, peut-être avec L’AUBERGE DU DRAGON. Il y a bien quelques folies visuelles dans les affrontements qui pourront dérouter le néophyte mais le sérieux global du film le rend je pense plus facile à aborder quand on n’a pas l’habitude des mélanges de genres ou de tons.
Et le tout est servi par une très belle musique de Richard Yuen.

Le trailer de GREEN SNAKE pour la route

53 comments

  • JB  

    Presque un spécial Brigitte Lin ^^ Je m’en vais redécouvrir tous ces films, je dois en avoir la plupart sans avoir regardé autre chose qu’Histoires de Fantômes Chinois.

    • Eddy Vanleffe  

      C’est involontaire presque, c’est un peu comme si on faisait un spécial comédie française des années 80 avec un Pierre Richard qui revient tout le temps… ^
      Je l’ai redécouverte en me replongeant dans ces films (et je remercie Matt, d’ailleurs de m’avoir offert ce nouveau bain de jouvence…)

  • Présence  

    Zu et le guerrier de la montagne magique – Le résultat pourrait passer pour un vulgaire nanar exotique au même titre que certains films turcs. Ouhla ! Peut-on envisager plus moqueur comme qualification ? Effectivement, les images de la bande annonce en jettent.

    Histoires de fantômes chinois – J’ai eu du mal à résister à la chanson de la bande annonce. Leslie Cheung, chanteur de pop cantonaise qui chante d’ailleurs un thème du film : je comprends mieux. 🙂

    L’auberge du dragon – Frénésie d’acteurs ayant bouffé du kangourou : une formule qui m’a bien fait sourire. 🙂 Un film est un film bordélique : ça me rassure car j’ai dû m’y reprendre à deux reprises pour comprendre le § présentant l’intrigue. Une tribu barbare et cannibale : ah ben oui, ça semblait manquer à l’ensemble. 😀

    The bride with white hair – Une pincée de Roméo et Juliette + Les héros de l’histoire sont ceux qui préfèrent l’amour à la guerre = une histoire visiblement très accessible à des européens. Le tout est servi par une très belle musique de Richard Yuen : je confirme, sur ce point précis, la bande annonce est beaucoup plus agréable que celle de Histoires de fantômes chinois.

    Merci beaucoup pour cette visite guidée attentionnée et passionnée, une très belle manière d’en apprendre plus sur le Wu Xia Pian, genre de film que j’aurais été incapable de nommer et d’évoquer avant ces articles.

    Pourtant à la fin de l’article une question demeure : mais pourquoi Eddy n’est-il que premier assistant ?

    • Matt  

      « Zu et le guerrier de la montagne magique – Le résultat pourrait passer pour un vulgaire nanar exotique au même titre que certains films turcs. Ouhla ! Peut-on envisager plus moqueur comme qualification ? Effectivement, les images de la bande annonce en jettent. »

      J’ai trouvé que Eddy y allait un peu fort aussi^^ Contrairement aux nanars turcs, c’est quand même visuellement la classe. Après c’est très improbable comme type de fantasy. Surtout pour un occidental. C’est assez délirant.

      « Pourtant à la fin de l’article une question demeure : mais pourquoi Eddy n’est-il que premier assistant ? »

      J’sais pas, c’est lui qui fait le modeste. Disons que j’ai lancé l’idée de faire ce dossier, et il ne sentait même pas à la hauteur d’en parler. Il a potassé tout un bouquin apparemment, il s’est investi. Et oui au final il explique mieux que moi mais bon…^^
      C’est moi le chef et pis c’est tout !

    • Eddy Vanleffe  

      Salut les amis.
      Clairement, Matt est le boss; il a l’idée, il articule l’article. je viens lui donner un coup de main pour mener à bien un dossier assez conséquent.
      Je crois qu’on s’est bien amusé et qu’on s’est poussé l’un l’autre à force de creuser un domaine passionnant…
      Quand il m’a proposé le sujet, j’avais dans mes affaires 5 Wu-XIA-PIans en tout et pour tout dans ma DVD-thèque…j’ai donc révisé, puis pris par le sujet, j’ai passé commande et me suis confectionné un véritable patrimoine…Matt est très réceptif à tout les propositions, c’est vraiment un boulot agréable.
      J’avoue aussi j’en ai chié pour résumer L’AUBERGE DU DRAGON, c’est une tresse d’intrigues qui s’entremêlent dans un film où le spectateur est venu chercher du kung-fu…ben c’est pas évident à raconter
      Enfin pour ZU, je suis sévère peut-être mais en même temps, je me suis mis à la place d’un spectateur néophyte à qui on vend un truc « génialissime », il peut déchanter en voyant un truc vieillot aux effets comiques grimaciers…ce film est aux antipodes de qu’on a l’habitude de voir. il faut vraiment creuser pour « voir » l’éclat de certains plans absolument délirants.

      Au spectateur frileux, je conseillerais THE BRIDE with the white hair , Chinese ghost story en premier historie de voir si il est réceptif à ce cinéma.

      • Matt  

        Merci à toi, ce sont des team up agréables aussi je trouve^^

        « Enfin pour ZU, je suis sévère peut-être mais en même temps, je me suis mis à la place d’un spectateur néophyte à qui on vend un truc « génialissime », il peut déchanter en voyant un truc vieillot aux effets comiques grimaciers…ce film est aux antipodes de qu’on a l’habitude de voir. il faut vraiment creuser pour « voir » l’éclat de certains plans absolument délirants. »

        Le budget n’a en effet rien à voir avec une superproduction américaine. C’est à ce niveau qu’un spectateur habitué aux films US peut se dire « m’enfin…ça fait cheap ! » Mais pour les moyens c’est quand même techniquement la classe, inventif, original. Et Tsui Hark est toujours un virtuose du cadrage (sauf quand il fait exprès de rendre ça plus brut tel un reportage, comme on le verra avec THE BLADE)

        « Chinese ghost story en premier »
        Oui et en même temps non. Pas à un spectateur comme Tornado par exemple 😛 Trop burlesque l’aspect comédie cantonaise. Faut accepter l’idée d’une histoire d’amour ressemblant à du Evil Dead quoi. Et que malgré ça, il y a un côté émotion mignon (qu’on imagine mal dans un Evil Dead pourtant.)

        L’auberge du dragon me semble presque plus proche d’un « 8 salopards » de Tarantino par exemple. Certes les sous intrigues sont un peu bordéliques mais il s’agit d’un huis clos dans une auberge ou plein de gens avec des secrets et des intentions meurtrières se retrouvent ensemble.

        Enfin bon de toutes façons les wu xia-pian des années 80/90 c’est pas occident-friendly.
        Comme chez nous les années 80 était la décennie de l’exagération et des trucs un peu tarés dans le genre horrifique, action, etc…bah là bas aussi c’est plus déjanté que la Shaw Brothers et ça se recalmera plus tard avec des films à la portée plus universelle dans les années 2000.

  • Tornado  

    Il y aura donc encore un article avec TIGRE & DRAGON j’imagine…

    Le hasard veut qu’il y a deux jours l’UFSF proposait la trilogie HISTOIRES DE FANTÔMES CHINOIS. Je vais tâcher de regarder le premier. Ça fait des lustres que je repousse…

    La Femme aux Cheveux Blancs ça fait envie aussi. A moins que ce soit la plume passionnée de Matt qui fasse cet effet ^^…

    Très sympas ces articles en tout cas. Vous avez trouvé le bon équilibre avec 5 films à chaque fois et des présentations pas trop longues. Ça passe tout seul !

    • Matt  

      « La Femme aux Cheveux Blancs ça fait envie aussi. A moins que ce soit la plume passionnée de Matt qui fasse cet effet ^^… »

      A mon avis tu aimeras mieux que Histoires de fantômes pourtant…
      Il n’y a pas de comédie délirante dedans.

      Oui, il y aura une 3eme partie.

    • Matt  

      Et on présente 4 films, pas 5 ^^
      Je mets juste un trailer d’un 5eme à la fin pour le fun. Histoire de lancer des pistes.
      Faut dire qu’on ne présente que la partie émergée de l’iceberg là. On essaie de choisir les plus connus (ou reconnus) mais bon…parfois on peut préférer un film moins connu aussi (par exemple les Swordsman 1 & 2, ou même Moon Warriors en 1992 réalisé par Sammo Hung)
      Du coup dans le meilleur des mondes il faudrait aussi fouiller vous mêmes pour trouver des trucs qui vous plaisent si notre sélection n’est pas celle qu’il vous faut.
      Mais bon voilà, on n’est pas sur un blog dédié au ciné asiatique, il faudrait 150 articles pour tout couvrir donc on échantillonne. ^^

  • Jyrille  

    Evidemment je n’ai vu aucun de ces films mais vous donnez envie. Je dois avouer me perdre dans les histoires que vous résumez, cela me semble toujours bien compliqué. Je ne savais pas que le Wu-Tang était une montagne ou une cité, il est vrai que toute la cosmogonie du Wu-Tang Clan me passe au-dessus, me contentant de les écouter parfois… (premier album : Enter the 36 chambers…).

    J’ai très longtemps entendu parler de HISTOIRES DE FANTOMES CHINOIS mais je n’ai jamais réussi à le voir.

    De Tsui Hark, comme je le disais récemment, j’ai enfin vu un film : TIME AND TIDE. Assez bizarre quand même.

    En tout cas merci pour ma culture ! Est-ce que ONCE UPON A TIME IN CHINA fait partie de la dernière partie ? En tout cas, lorsque je me déciderai à le regarder, tout comme TIGRE ET DRAGON (je les ai en DVD) je penserai à vous et reviendrai lire des passages de vos articles.

    • Matt  

      Non, One upon a time n china n’est pas vraiment un wu-xia pian. Enfin…on pourrait le mettre dedans, ça se discute. Mais c’est avant tout un film de kung fu/arts martiaux un poil trop contemporain (ça se passe en 1900 environ) pour être un film de sabre malgré l’utilisation de diverses armes lors de certains combats.

      Time and tide c’est un film assez ébouriffant dans sa mise en scène, avec des cadrages de fou où la caméra suit les acteurs qui sautent par la fenêtre, etc. (et en 2000, c’était pas des drones numériques qui filmaient) C’est avant tout de l’action mais c’est surtout la mise en scène l’intérêt. Et j’aime bien aussi le jeu de miroir entre l’ex flic et le tueur qui ont chacun une copine enceinte.
      Moi je suis fan.
      Après ça dépend ce qu’on attend d’un film.
      Tsui Hark essaie toujours de trouver des manières originales de filmer ou de faire des plans séquences impressionnants. Il y a certains plans dans Time and Tide ou tu te dis qu’ils ont du les refaire plein de fois avant de réussir parce que sans la moindre coupe, t’as un enchainement de cascades assez balèze.

    • Matt  

      Once upon a time in China fait aussi partie de ce sous-genre de films inspirés de la vie de Wong Fei Hung, un maitre d’art martiaux et médecin également révolutionnaire qui est devenu un héros populaire en Chine.
      Du coup il y a un vague aspect historique. Même si c’est avant tout du divertissement et pas un biopic^^

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Wong_Fei-hung

    • Matt  

      Et tu seras gentil de ne pas regarder Il était une fois en Chine en VF si tu ne veux pas trop souffrir^^
      Mais bon ouais ça rentre plus dans le domaine du film de kung fu comme les Jackie Chan. Pas forcément comique mais c’est pas féodal quoi.
      Après j’ai vraiment aucune idée si tu aimeras. C’est pas non plus hyper sérieux comme un Il était une fois en Amérique ou dans l’ouest. Le fait que les titres se ressemblent c’est un peu du hasard. Enfin faut pas les cataloguer pareil. ça reste du divertissement d’action/kung fu souvent bien filmé et chorégraphié mais faut pas prendre ça pour je ne sais quel film exceptionnel hein.

      Et Tigre et Dragon c’est plus profond et zen. Et très sérieux/mélancolique. Rien à voir au niveau du ton.

      Enfin j’ai toujours l’impression qu’il faut vous mettre en garde contre tout tellement vous semblez peu habitués. C’est frustrant le taf de passeur. Surtout que vous risquez aussi parfois de jeter un oeil à l’arrache comme ça par manque de temps et trouver ça nul à cause d’une VF ou d’une musique chelou typique de Hong Kong…
      Et que malgré tout le boulot de passeurs qu’on fait, c’est zéro garantie que ça plaise à qui que ce soit.
      Je crois que c’est plus frustrant qu’autre chose de faire le passeur.

      • Jyrille  

        Oui c’est frustrant d’être passeur.

        Rien à voir je viens de regarder HEREDITE et j’ai trouvé ça bien flippant.

        • Tornado  

          C’est carrément flippant oui ! Et le suivant du même réal, MIDSOMMAR, n’est pas mal non plus dans son genre (malsain).

        • Matt  

          Oui c’est très cool HEREDITE.
          Je suis content que certains fassent encore des films d’horreur comme ça, et pas juste à grands coups de jumpscares toutes les 5min. Mais avec une ambiance lourde et inquiétante.

          MIDSOMMAR j’ai moins aimé parce que bon…
          Bah en gros ça fait penser à WICKER MAN (l’original hein) C’est dérangeant dans le concept d’avoir tous ces gens qui font partie d’un culte chelou, mais on voit aussi venir les rebondissements à 3km.

        • Matt  

          RELIC est pas mal aussi comme film d’horreur récent. Enfin c’est de l’horreur mais plus métaphorique.
          Je pensais l’inclure dans un article sur les films d’horreur psychologique (thématique avec peu ou pas de surnaturel mais plutôt sur les troubles humains…dans la veine de LES INNOCENTS ou LA MAISON DU DIABLE)
          Je pensais mettre 5 films : un vieux film japonais ONIBABA, un film US L’ECHELLE DE JACOB, un film coréen 2 SOEURS, un film espagnol (ça c’est Eddy qui décidera s’il se joint à moi) et le film australien RELIC.

          Mais je ne ferai ça que si Eddy me file un coup de main.

          • Eddy Vanleffe  

            je suis là. No Problem… le film espagnol je vais m’y mettre et tu veux que je m’occupe des 2 soeurs aussi? (pas vu les autres…enfin l’échelle si, mais il y a très longtemps….)

          • Matt  

            Ouaip tu fais 2 SOEURS vu que tu m’avais dit songer à en parler.

  • Bruce lit  

    Dionnet a liké et partagé votre article.
    Classe, les gars !

    • Eddy Vanleffe  

      J’ai vu et c’est bizarre puisque certains des DVDs qui nous ont servi de support sont « préfacés » par Monsieur Dionnet en question. C’est un peu chez lui qu’on puise nos infos
      Drôle de boucle…

    • Matt  

      Oui j’allais le dire^^
      Enfin c’est pas biuzarre, mais ça boucle la boucle. On a connu pas mal de trucs grâce à lui.
      Mais je pense que maintenant les gens ont oublié. C’est pas comme au début des années 2000 où on trouvait plein de DVD de ciné asiatique dans les Leclerc. Maintenant c’est mort, les nouvelles générations ne savent pas ce que c’est que tout ça.
      Donc je pense que monsieur Dionnet se sert de son héritage (nous^^) pour rediffuser les infos.

  • Tornado  

    J’ai regardé les 25 premières minutes de HISTOIRES DE FANTÔMES CHINOIS. Ouch. Ça passe mal. Je suis passé à la VO au bout de 10 mn parce que la VF était insupportable mais le ton cartoonesque m’a vraiment laissé sur le carreau. J’essaierai d’insister plus tard dans la semaine mais c’est mal barré. Je suis désolé.
    Je m’attendais à quelque chose d’ultra-chiadé visuellement et très baroque mais ça fait plutôt téléfilm. Enfin c’est un tout dans lequel pour l’instant je n’ai pas réussi à rentrer.

    • Matt  

      J’ai pas arrêté de le dire que celui-là, je le sentais pas pour toi.
      Et c’est le premier que tu essaies^^
      Oui ça fait cartoon. ça fait Evil Dead.

    • Matt  

      Tous ceux des années 80 je les sens pas pour toi.
      Peut être the bride…

    • Matt  

      De toutes façons je pense que c’est mort. Ne le prends pas mal mais je pense qu’il faut avoir découvert tout ça avant d’avoir 50 piges^^
      Comme tu le dis souvent pour les BD ou les films, tu es assez vieux pour savoir ce que tu veux et ce que tu ne veux pas. Et je pense que c’est pas le bon état d’esprit pour découvrir les années 80 chinoises quoi…
      Ce serait comme découvrir les années 80 américains à 50 ans après n’avoir vu et aimé que des films naturalistes français chiants toute sa vie^^

    • Matt  

      Après ce dossier je laisserai tomber ce boulot de « passeur » Je n’écrirai plus sur tout ça.
      Sur les BD inconnues ou introuvables non plus.
      Au bout d’un moment c’est trop frustrant de se sentir tout seul à connaître et apprécier un truc.
      Là il y a Eddy, et Dionnet qui re-partage l’article donc c’est une légère consolation, mais je vais renoncer globalement.
      J’irai sur des sites dédiés avec un cœur de cible qui est fan de ce cinéma quand je voudrais en parler.

      • Tornado  

        Ne le prends pas mal. Quand j’ai commencé à écrire sur la Hammer, Bruce a été interpellé et dès le premier film, il n’a pas aimé parce qu’il trouvait ça kitsch. Lui aussi, n’avait pas baigné assez jeune dans la marmite. Mais ensuite j’ai trouvé d’autres personnes qui aimaient.
        J’ai toujours connu et aimé LA RAGE DU TIGRE. Donc c’est pas foutu. Là c’est le ton cartoon et une esthétique beaucoup plus cheap que celle à laquelle je m’attendais qui m’a laissé en dehors du film. Je n’ai pas dit que je n’allais pas insister…

        • Eddy Vanleffe  

          Comme je te perçois Tornado, je crois que les films plus formels avec moins de ruptures de ton comme les HERO, LE SECRET DES POIGNARDS VOLANTS ou même en vieux classique qu’on a oublié de citer A TOUCH OF ZEN. te plairont mieux…

          • Tornado  

            Et bien comme je l’ai dit j’ai toujours aimé LA RAGE DU TIGRE et je suis fan absolu de TIGRE & DRAGON. A partir de là on ne peut pas dire que je suis anti ciné asiat, d’autant que je suis un gros fana des Gaiju de Ishiro Honda et que j’aime bien les de films de karaté de mon enfance aussi. Récemment j’ai vu GRANDMASTER et j’ai trouvé ça excellent. Etc, etc…

      • Eddy Vanleffe  

        L’avantage d’avoir une petite décennie de plus, c’est que je ne prends plus les choses autant à cœur.
        A savoir, pour ce qui est du cinéma HK ou asiatique, je profite du du fait que le blog soit généraliste justement, pour élargir le public trop cible.
        Nous savons que tout le monde ne peut pas être réceptif, tant pis!
        J’ai été très content de les écrire. Dans le processus, j’ai découvert les Swordsman et tu m’as filé plein de films qui me plaisent bien. L’élégance de Ti Lung est inégalable.

        • Bruce lit  

          Et James Dean, on en parle ?

          • Eddy Vanleffe  

            Connais pas! il faudrait que écrives un article pour en parler… ^^

        • Jyrille  

          Je pense tout de même qu’avec un certain état d’esprit, il est possible d’apprécier ces films. En les remettant dans leurs contextes, en sachant de quoi il retourne. J’ai vraiment été bluffé pour ma part de beaucoup aimer LE MASQUE DU DEMON par exemple, alors qu’il y a beaucoup de choses vieillottes.

          Ce n’est pas vraiment comparable car il y a un vrai travail esthétique, mais le film date tout de même.

          De la même façon, j’ai beaucoup aimé LE MEPRIS de Godard alors que j’ai détesté huit Truffaut sur dix ce printemps.

        • Matt  

          Je ne le prends pas mal, je suis juste démotivé.
          ça ne date pas d’hier et de la réception de ces articles.
          En fait j’apprécie d’écrire. Mais je ne ressens plus rien à la publication.
          C’est un tout.
          Comme je l’ai déjà dit, un rythme frénétique qui ressemble à un zapping sur 2000 chaines ou tu ne retiens rien et ou tu abandonnes le lendemain le truc qui t’intriguait parce que le nouveau truc du jour t’intrigue aussi.
          Le fait que le blog ne soit pas vraiment fait pour ça. Dans un sens c’est cool de pouvoir écrire sur ce qu’on veut, mais du coup les lecteurs ne sont pas le cœur de cible de certains trucs.
          Et moi j’en ai fini d’écrire sur les comics et sur Marvel. Alors j’essaie d’écrire sur d’autres trucs que j’aime. Mais je me heurte à un mur parfois. Et c’est ma faute, peut être que je l’ai cherché à parler de trucs chinois sur un blog de comics US…
          Mais je vais où pour en parler sinon ?
          Plus ça va plus je me demande ce que je retire d’échanger. ça génère parfois des discussions sympas certes mais aussi des clash, qui peuvent être ma faute, ou juste de l’indifférence. Et je me demande si je ne serai pas mieux dans ma grotte avec mes trucs que j’aime sans essayer de les vendre à des gens qui ne les ont pas demandé de toutes façons et qui s’en passent très bien^^

          Je suis frustré, voilà^^ Pas à cause de vous, à cause de moi aussi. Je sais pas ce que j’espère, je prends pas assez de recul…j’espère trouver des gens comme moi qui aiment ou sont curieux de presque tout peut être, mais c’est un peu n’importe quoi de ma part.

          • Tornado  

            N’oublie pas que je partage au moins 75% de tes goûts en matière de cinéma quand même 😉
            Et ici on ne parle que d’un seul film très spécial.

          • Matt  

            Il n’est pas si spécial ni tellement unique ce film.
            Dans les années 80/90 c’était survolté et agrémenté de comédie les films de sabre.

            Tu aimes GRANDMASTER ? Oui bah…c’est hyper calme et zen et contemplatif et chiadé esthétiquement, avec une musique occidentale, etc.

            Tu prends un film de kung fu plus cheap avec des chansons cantonaises, des gags de laurel et hardy et de la baston qui va à toutes vitesse sans esthétisation des combats…et je suis pas sûr que ça marche sur toi.
            Bon tu as vu des vieux Bruce Lee non ? Comme celui avec Chuck Norris là. Bon bah ça ressemble à ça souvent les films de kung fu. En dehors des combats c’est parfois kitsch avec un scénar en carton.

            Les films de sabre ont souvent un meilleur scénar mais 80% sont survoltés et pas contemplatifs. Surtout dans les années 80. Et chez nous la fantasy c’est souvent très sérieux et un film comme WILLOW fait exception. Les films de sabre chinois c’est presque l’inverse. Le truc super calme et sérieux comme TIGRE ET DRAGON t’en as pas des masses.

            Tigre et Dragon est zen, Grandmaster aussi. C’était toute notre intro de la première partie. Tu as PSYCHOSE de Hitchcock…et tu as RE-ANIMATOR…pas pareil non ?^^

            Je pense que la partie 1 et 3 sont plus pour toi que la partie 2 de ce dossier. La Shaw Brothers ça fait viellot mais je pense que ça te dérange moins, et c’est plus sérieux.
            Les films comme TIGRE ET DRAGON ou HERO, on en parle en partie 3.
            Les années 80 c’est la décennie de l’exagération, des trucs un peu fauchés mais complètement dingues en termes d’idées et de cascades et de mélanges des tons. De cadrage aussi. Certains même moi qui suit habitué j’ai du mal (histoires de fantômes chinois 3…euh…non merci ! Même pour moi. Vraiment trop nawak.)

  • Tornado  

    Je ne suis pas rentré dans HISTOIRES DE FANTÔMES CHINOIS parce que j’en attendais beaucoup et surtout j’en attendais quelque chose de complètement différent (je répète que c’est un film que je dois voir depuis 30 ans). C’est pour ça que j’ai préféré arrêter et reprendre le truc à tête reposée, en ayant un autre niveau d’attente à l’esprit.

    • Matt  

      M’enfin j’ai pas arrêté de dire dans l’article et les commentaires que c’était burlesque et cartoony comme un Evil Dead 2 ou 3. Et potentiellement pas ton délire (avec la comédie hystérique que tu as bien expliqué qu’elle te faisait fuir aussi…c’est pas gagné)
      Pour reprendre ton expression, à quoi ça sert qu’il se décarcasse Ducros ?^^

      Essaie les vieux Shaw Brothers ou The bride with white hair (qui a quelques trucs exagérés mais plus soft)

      Et si t’aimes pas bah tant pis hein…
      Du moment que tu me dis pas que j’ai des gouts de chiottes et que je pige rien au vrai cinéma^^

      • Tornado  

        « Du moment que tu me dis pas que j’ai des gouts de chiottes et que je pige rien au vrai cinéma » :
        Jamais j’ai pensé ça une seconde ! 😱

  • JP Nguyen  

    Bon, ben à nouveau, j’en ai vu aucun.
    Zu était fréquemment proposé chez un de mes fournisseurs de VoD mais je n’ai jamais été assez titillé pour essayer. A la lecture de vos critiques, celui qui me tenterait le plus, ce serait L’Auberge du Dragon, rien que sur la base de son casting !

  • Tornado  

    Bon… Finalement… Est-ce que je peux dire que je n’ai pas du tout aimé HDFC sans que tu sois triste ? 🥶

    • Matt  

      Bah tant pis hein. On n’aura pas ces goûts là en commun.
      Je me rassure en sachant qu’il est culte pour beaucoup, souvent très bien noté. C’est pas moi qui suis fou.

  • Tornado  

    J’en essaierai d’autres. L’alchimie de celui-ci n’a pas fonctionné avec moi. Le côté burlesque et la photographie caméscope. J’ai eu l’impression de regarder un épisode de San Ku Kaï d’1H35. J’ai buté sur ces défauts et je n’ai pas capté le reste.
    Il faut que j’essaie avec des films plus sérieux comme LA RAGE DU TIGRE que j’ai toujours aimé.
    Tu as vu LES GUERRIERS DE L’APOCALYPSE ? Je l’avais vu au cinéma à sa sortie ! Il m’avait vachement impressionné et j’ai bien aimé me le repasser récemment.

    • Matt  

      T’es dur quand même. Les effets sont quand même bons. Y’a des trucs du niveau des Evil Dead, pas San Ku Kai niveau créatures.
      A moins que tu trouves les Evil Dead cheap et foireux aussi.
      Mais oui depuis le début je te dis que primo c’est cartoonesque, deuxio que les films des années 80 c’est les plus dingues, que celui-ci en particulier est gratiné niveau burlesque et que « the bride… » serait mieux pour essayer.
      Après pour la qualité, ça mériterait une restauration aussi. Il n’existe que des DVD à l’image pas extra. « the bride » a été restauré dans un blu ray qui lui redonne un coup de jeune (mais j’ai pas le matériel qu’il faut pour ripper un blu ray donc bon…)
      Et je dis aussi qu’il faut tenter les Shaw Brothers de Chu Yuan pour savoir si de base c’est un type de ciné qui peut te plaire. C’est pas encore trop fou mais déjà avec plein d’idées étranges qui ont influencé le genre par la suite. Mate le sabre infernal, la guerre des clans, le complot des clans.
      Et si t’aimes pas, laisse tout tomber et reste sur Tigre et Dragon (voire HERO dont je parle aussi dans la partie suivante.)

      • Tornado  

        J’ai pas dû le crier assez fort ^^…
        LA RAGE DU TIGRE est un des mes films asiatiques cultes au même titre que les films de Bruce Lee. Il n’y a donc aucune raison que je n’en aime pas d’autres. HDFC c’est trop WTF pour moi. J’ai pas adhéré à cette alchimie. EVIL DEAD c’est le 3 que je préfère. Les autres je peux les regarder sans déplaisir mais je ne suis pas fan. Et par exemple, un film comme PRINCESS BRIDE, je déteste.

        Et sinon… LES GUERRIERS DE L’APOCALYPSE ? (oui je sais, c’est japonais, mais même…) ?

        • Matt  

          Non, pas vu LES GUERRIERS DE L’APOCALYPSE.

          La rage du tigre est sérieux et pas du tout fantasy.
          Chu Yuan introduit de la fantasy. Plus sobre que celle des années 80. Mais il y a un côté plus magique. Donc va savoir si tu vas aimer…

          C’est pas WTF et cartoony Evil Dead 3 peut être ?…

          • Tornado  

            Siiiii. Et ce n’est pas un grand film non plus. Mais j’adore les séquences hommage à Harryhausen. Celles de HDFC ne me plaisent pas du tout en comparaison. Je n’aime pas comme c’est filmé. On dirait que c’est filmé avec un caméscope. J’ai eu cette impression tout au long du film et il n’y aura rien à faire de ce côté là. L’image était très bonne pourtant (version HD chez l’UFSF), contrairement à la VF qui était abominable (j’ai tenu 10 mn avant de passer en VO). C’est bizarre vu que le film est passé au cinoche et avait bien marché à l’époque. Il a donc dû avoir une bonne VF. A mon avis j’ai surement vu une version uncut avec une VF (mal) refaite.

  • Tornado  

    Alors parce que j’étais chaud, je me suis maté LE COMPLOT DES CLANS !
    J’ai adoré. C’est d’une poésie ! Ces décors et ces couleurs chamarrées, c’est vraiment du beau cinéma.
    Il y a bien quelques passages WTF comme un peu toujours avec ce cinéma comme celui du cimetière par exemple, mais dans l’ensemble c’est aussi beau qu’un film de la Hammer et je trouve d’ailleurs énormément de points communs entre les deux studios (pas étonnant qu’ils aient fait un crossover avec LA LEGENDE DES 7 VAMPIRES D’OR) même si ce n’est pas du tout le même genre thématiquement parlant.
    Donc merci beaucoup pour cette découverte qui me motive pour en voir d’autres et qui te donne tort pour cette histoire de ne pas être un bon « passeur »… 🤓

    • Matt  

      Bon bah c’est cool.
      Le complot des clans est un des plus bizarres pour l’époque (le cimetière et le coup du bras arraché qui sert d’arme à la fin^^)
      SI tu as aimé, ça devrait passer pour les autres de Chu Yuan aussi.

    • Eddy Vanleffe  

      Les sept vampires d’or, c’est un goût de gâchis et d’acte manqué…
      à leur apogée, un tel crossover aurait pu donner un pur bijou.

      ça me fait penser à MR VAMPIRE… j’ai le coffret et si le second film est vraiment pourri, j’ai vraiment adoré… mais je crois que si j’en fais un article ce sera un joli monologue.

      • JB  

        As-tu vu RIGOR MORTIS ? Un film d’horreur qui prend pour protagoniste un acteur de MR VAMPIRE (dans son propre rôle) qui s’installe dans un HLM hanté. De nombreux acteurs de la franchise MR VAMPIRE incarnent des locataires

        • Eddy Vanleffe  

          hé non pas celui là….
          En fait le truc que je ne comprend pas trop, c’est que il n’y a que 4 films alors qu’en fait il pourrait en contenir facilement le double…

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