Les Griffes du Passé (PREDATOR VS WOLVERINE)

PREDATOR VS WOLVERINE par Benjamin Percy et collectif

Un article de Sébastien ZAAF

VO : Marvel Comics

VF : Panini Comics

©Marvel Comics

Wolverine se remémore ses différentes rencontres avec le Predator, de sa jeunesse dans le Grand Nord canadien à l’époque présente, en revisitant des moments charnières de son existence.

A la publication de cet attelage pour le moins étonnant, d’abord le doute m’a pris. Et si Marvel / Disney, dans un élan dramatique qui n’appartient qu’à la Petite Souris sabotait une fois de plus deux personnages et une licence qui vient de faire son apparition il y a peu chez eux ? Pointait donc chez moi l’idée que j’allais m’infliger les Griffes de l’Ennui … Et puis, petit à petit, le souvenir de crossovers entre DC et les Predators ou les Aliens ou les deux m’a fait me rappeler qu’un autre monde est possible. Benjamin Percy à l’écriture, dont j’avais déjà aimé le travail sur le Ghost Rider a achevé de me convaincre.

Canada Dry ©Marvel Comics

Passé et présent
Dans le Grand Nord canadien, un combat sans merci a lieu. Wolverine face à un Predator. Un combat déjà séculaire que le mutant griffu va se rémémorer au fur et à mesure de leur bataille et que Logan tient comme un journal. Un bataille qui commence il y a fort longtemps, au même endroit, entre un jeune homme qui est un mutant mais qui n’a pas encore mis un nom dessus et qui s’appelle James Howlett, rebaptisé Logan par lui-même. Tout jeune, efflanqué, doté de griffes qui ne sont pas encore en adamantium, il croise la route de cette créature alors qu’il est engagé par un père éploré pour retrouver son fils. Venu pour son habituelle chasse initiatique, le Yautja va déceler en Logan une proie bien plus intéressante. Déjà doté bien évidemment de son pouvoir auto-guérisseur, notre mutant devra à son pouvoir mais surtout à sa ruse d’échapper à la créature. Il en garde en souvenir une arme qui le hantera longtemps.

Focus maintenant sur une période indéterminée de la mémoire de Logan. Amérique du Sud, un terrain de chasse bien connu du Predator et qui fut son lieu d’apparition au cinéma face à Conan le Barb… Arnold Schwarzenegger. Accompagné d’un certain professeur Thorton, qui jouera par la suite un grand rôle dans la vie de Logan, le mutant travaille pour les services secrets avec Victor Creed et Maverick entre autres au sein de la Team X. Une mission simple, dégommer un général et son armée dans la jungle. Il ne manque que Bill Duke, Jesse Ventura, Carl Weathers et Sonny Landham pour compléter le tableau si vous voyez ce que je veux dire. Et là, tout se complique puisque ce n’est pas un mais plusieurs Yautjas qui sont de sortie dont celui qui avait déjà croisé la route de Logan. Dans une alliance contre-nature entre les mercenaires et les guerrilleros, la jungle et un temple en guise de décor, le combat est sans merci.

Le journal du X ©Marvel Comics

Predator X
Un nouveau bond dans un passé bien connu. Alberta, Canada, base du projet Weapon X. Le Yautja est là, il a senti sa proie et ne lâche pas l’affaire. Il veut son trophée. Et déjà, dès son entrée dans le complexe, certains responsables se demandent : « Et si … le Predator était à nous ? ». Probablement des ancêtres des responsables de Weyland-Yutani qui se poseront la même question des siècles plus tard concernant le Xénomorphe. Mais revenons aux deux bestioles qui nous occupent. Alors que l’Arme X, déshumanisé, est dans son caisson, le Predator s’avance. Intrigué, il choisit de disséquer Logan et se rend compte que l’adamantium en fait une proie encore plus intéressante. Embarqué à bord de son vaisseau, au milieu d’une salle des trophées, seule la rage de Logan lui permet de s’échapper. Récupéré par le Projet X, Thorton y gagne le casque du Yautja. Une technologie qui lui permettra un bond en avant dans la maîtrise de l’Arme X. Casque qui servira à Logan d’appât pour leur combat final.

Samouraïs et Aliens
S’entraînant chez son mentor et senseï Muramasa au Japon, Logan voit revenir encore le Yautja. Peinant à devenir un vrai samouraï en suivant les enseignements de Muramasa, il sera confronté à lui-même et à son adversaire dans un combat qui n’est pas le dernier. Fraîchement débarqué chez les X-Men et dans une nature encore très sauvage qui faisait son charme dans les premiers épisodes des Nouveaux X-Men, il retrouve son alien préféré. Il en tire une leçon qui lui servira sur l’esprit d’équipe et de corps des X-Men.

Le présent et l’affrontement final en conclusion de ce récit qui balaie toute l’histoire de Wolverine et les passages importants de sa vie. Une histoire de ruse, de violence, de sauvagerie, de férocité brute qui finit sur un certain respect et note amère. Que peut-être la vie de Logan sans le Yautja derrière lui ?
J’ai donc reposé ce volume, plutôt content de ma lecture et enthousiasmé par cette déclaration d’amour à
son personnage de l’auteur, Benjamin Percy, qui officie déjà sur la série régulière de Wolverine.

Barry Weapon Smith ©Marvel Comics

Fan service compris
Un récit sans prétention mais qui se lit bien. Pas d’arrière-fond philosophique ou de mise en abyme mais du comics bien défouloir qui fait plaisir entre deux lectures plus sérieuses. L’auteur n’a pas lésiné sur le fan service pour achalander sa marchandise. Clins d’yeux nombreux à la franchise cinématographique dans la jungle mais aussi dans le vaisseau, devant une salle de trophées qui rappelle PREDATOR 2. Le grand final, dans le Grand Nord, n’est pas sans être un hommage à la fin du film avec Schwarzy. La partie graphique n’est pas inintéressante déjà sur le pur plan artistique. Mais aussi parce que j’ai trouvé que les dessinateurs, sans doute à la demande de l’auteur qui voulait une immersion maximum du lecteur ont cherché à mouler leur style sur l’époque de l’action. L’ouverture dans le Grand Nord rappelle le style de Quesada sur ORIGINES. Le passage dans la jungle avec Creed et Maverick rappelle graphiquement l’époque des X-Men de Jim Lee. Clin d’œil appuyé sur le style graphique de Barry Windsor-Smith à l’époque de l’Arme X. Des feux airs de Klaus Janson au Japon. Un style à la Paul Smith avec les X-Men. Et pour le présent, un style très brut qui est une copie de ce que pourrait faire Rob Liefeld. Même les covers variant s’y mettent avec une cover imitiation 100% de la couverture de THE INCREDIBLE HULK 340 de Todd MacFarlane. La variante de Joshua Cassara pour le numéro 4 laisse planer un doute sur la raison pour laquelle le Wolverine D’AGE OF APOCALYPSE a un bras en moins… Référence aussi dans cette traque entre Wolverine et le Predator à la traque classique entre Logan et Creed, dans X-MEN CLASSIC 10 (« Tag, sucker… » vous vous souvenez ?).

En conclusion, si vous cherchez un comics popcorn qui passe bien avec un travail graphique solide et intéressant, jetez-vous sur ce comics TOUTES GRIFFES DEHORS puisque mon petit doigt, qui n’est pas en adamantium, me dit qu’il s’est très bien vendu.

Space Hulk ©Marvel Comics


2 comments

  • JB  

    Merci pour cet article. J’ai assez bien aimé le diptyque Wolverine/X-Force de Percy durant l’ère Krakoa (les 2 titres sont indissociables à mon sens), donc pourquoi pas revisiter l’histoire du griffu par le biais de ses différentes rencontres avec le Predator !

  • Fletcher Arrowsmith  

    Hello

    Intéressant. Je ne suis pas fan de Prédator, préférant son cousin Xénomorphe.

    J’aime bien cette idée de confrontation à travers les âges revisitant ainsi la continuité de manière intelligente et récompensant ainsi les plus connaisseurs sans mettre de côté ceux qui viennent simplement chercher leur dose de baston – geek.

    Merci pour les références dans ton article, cela permet de se faire clairement une idée.

    J’émets quand même un petit doute sur la partie graphique. Il faudra que je feuillette cet album à l’occasion.

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