Pas une arnaque (ARCANE)

ARCANE par Riot Games et Fortiche Production

Un article de KAORI

VF/VO : Netflix

@Riot Games & Fortiche Production / Netflix

Cet article parlera de la première saison de la série animée ARCANE sortie en novembre 2021 sur Netflix. Produite par Riot Games et réalisée par le studio Fortiche, une seconde saison est attendue pour 2023. Pour paraphraser mon camarade Cyrille, cet article ne serait pas ce qu’il est sans Wikipédia.

En novembre 2021 est arrivée comme un boulet de canon ARCANE.
Cette série animée, qui compote pour l’instant 9 épisodes, est tirée du jeu vidéo LEAGUE OF LEGENDS, jeu qui, en 2012, comptait le plus grand nombre d’heures jouées sur ordinateur. Ce jeu est un MOBA (Multiple Online Battle Arena, ou arène de bataille en ligne multijoueur), c’est-à-dire des combats d’arène, dans lequel sont disponibles près de 150 personnages, ou « champions ». Les personnages principaux de la série en font bien évidemment partie.

La série est divisée en 3 arcs de 3 épisodes chacun. Un premier se déroule dans le passé, les deux suivants se déroulent dans le « présent », des années après, montrant les conséquences de la fin de l’acte 1 et les enjeux pour lesquels chaque protagoniste se bat ou se débat.

Venez découvrir la légende des arcanes…
@Riot Games & Fortiche Production / Netflix
Source : Allociné

L’univers d’ARCANE est une dystopie, où classiquement la ville de Piltover est partagée en deux zones : la Haute-Ville où prospèrent les riches, et la Basse-Ville où végètent les pauvres… Nous y suivons l’histoire de Vi et Powder, deux sœurs orphelines élevées par Vander, le « chef » de la basse-ville. Vi est fougueuse, colérique, mais extrêmement agile et c’est aussi une très forte tête, très douée pour le combat à mains nues, et plus particulièrement la boxe. Powder est sa petite sœur qui la suit partout. Parallèlement à cette vie dans la Basse-ville, nous suivons l’histoire de Jayce, orphelin de père, et qui fut sauvé avec sa mère par un Mage mystérieux. Depuis ce jour où il a fait connaissance avec la magie, il met tout en œuvre pour la retrouver au sein de Piltover. Tout se complique lorsque Silco, l’ennemi juré de Vander, décide de revenir…

Je ne peux en dire plus sans dévoiler tous les secrets de la série. Et il y en a beaucoup…

La première chose qui frappe dans ARCANE, c’est l’animation. Unique en son genre, d’une fluidité déconcertante, et avec un style aussi beau que marquant, elle nous vient du studio d’animation français Fortiche Production composé de Pascal Charrue et Arnaud Delord. Le mot qui me vient pour décrire leur travail, c’est « époustouflant ». Que ce soit dans la qualité des mouvements, dans les couleurs, la lumière, les visages et leur expressivité, la mise en scène… Tout est réfléchi, appuyé, dosé… Chaque personnage a son identité, sa personnalité, ses particularités… Les scènes d’action alternent ralentis et explosions… Les émotions traversent chaque regard, chaque recoin des lèvres, chaque larme versée.

Quant au générique, c’est un petit bijou que je ne me lasse pas de regarder. Avec une bande-son explosive, par le groupe qui fait un carton en ce moment : Imagine Dragons. Il rappelle certains génériques de films, présentant l’univers comme une mythologie, avec ses statues, son atmosphère éthérée et son ambiance. Bref, une merveille.

Un générique d’une beauté à couper le souffle…
©Riot Games & Fortiche Production / Netflix

Les décors de Piltover sont somptueux. De vraies peintures se mêlent au glauque des décors faits de métal et de néon de la Basse-Ville. Un vrai univers graphique steampunk.

La série brille aussi par sa réalisation : elle est en effet filmée comme une série « live » avec une vraie perspective, comme si les personnages étaient filmés par une caméra. La mise en scène est réfléchie, préparée, avec une véritable intention artistique qui sert le propos de l’histoire, tout cela renforcé par un format cinémascope pour une expérience immersive complète.

Une autre grande réussite de la forme de cette série, c’est la musique… D’habitude, c’est plutôt mon acolyte Jyrille qui fait attention à cette partie des œuvres. Mais ici, impossible de passer à côté de ces morceaux qui renforcent l’ambiance dramatique du récit. On y trouve des styles très différents, de la Soul au Rap, en passant par le Rock ou des ballades, et beaucoup de collaborations entre différents artistes… En effet, il faut noter qu’il s’agit d’une OST, une Original Sound Track, où les artistes ont écrits spécialement pour la série. Et quelques noms importants ont voulu faire partie de l’aventure : Imagine Dragons, comme je le disais, mais aussi Sting ! Imagine Dragons s’est associé au rappeur J.I.D pour le titre ENEMY tandis que Sting a choisi de collaborer avec le violoniste Taïwanais Ray Chen pour le morceau WHAT COULD HAVE BEEN. Certains connaîtront peut-être Curtis Harding, artiste de Soul que ne renierait pas mon copain Tornado, qui signe un duo digne de la Mowtown avec Jazmine Sullivan, et beaucoup d’autres que je ne connais absolument pas mais que je nommerai quand même : BONES UK pour un morceau que j’ai réussi à aimer (DIRTY LITTLE ANIMALS), Woodkid (cela ne se devine pas, mais un Frenchie très apprécié des Américains se cache sous ce nom !) pour un morceau que j’adore littéralement (et qui plairait sans doute aussi à Tornado !) : GUNS FOR HIRE, Pusha T. Mako, Denzel Curry Gizzle & Bren Toy, pour du rap, mais aussi l’association américano japonaise PVRIS et MIYAVI pour le très sympathique SNAKES et enfin Fantastic Negrito (encore un titre pour Tornado). Je terminerai par mon morceau fétiche, GOODBYE, par une certaine Ramsey. Un morceau que je m’écoute en boucle depuis !

Pour une analyse encore plus détaillée de chaque titre, je vous renvoie sur ce dossier très pertinent du site justabouttv.fr.

GOODBYE par Ramsey, parfaite pour un moment charnière et des plus dramatiques de la série
©Riot Games / Ramsey Sound

Passons maintenant au doublage. À mon sens, la réussite d’un animé tient autant dans sa réalisation que dans le jeu des acteurs qui doublent les personnages. J’ai regardé celui-ci en VF (comme très souvent) et je n’ai absolument pas été déçue ! Gros casting avec Boris Redhinger et Bernard Gabay qui sont des maîtres du genre, la masterclass du doublage actuel.

Pour vous en convaincre, je vous conseille de regarder cette vidéo qui présente à la fois les personnages, les comédiens et les coulisses du travail qui se cache derrière cet aspect de la série. Mon seul bémol est sur le personnage de Jayce, mais il s’agit probablement d’une question de goût.

Pour les indécrottables de la VO, le casting n’est pas mal en reste avec Hailee Steinfeld et surtout Ella Purnell qui marquera les esprits avec sa scène de pétage de plomb de l’épisode 3.

La bande-annonce officielle, qui met totalement dans l’ambiance…
©Riot Games / Netflix

Les personnages et l’intrigue ne sont pas en reste. Le scénario est construit, l’équipe sait où elle veut aller. Alternant passé et présent, l’histoire raconte comment une cité se débat afin de garder un « équilibre ». D’un côté la Basse-Ville, les Voies, menées par Vander, en conflit avec Silko, aux désirs plus belliqueux. De l’autre, la Haute-Ville, tournée vers l’avenir, les richesses et la prospérité, et surtout le calme, la « paix », gardée par les « Pacifieurs », au nom bien mal porté…

Un peuple qui se meurt dans la crasse, la pauvreté, la faim, quand les Hautes Sphères se noient dans la luxure et la lumière. La révolte aura lieu, on le sait. La question est de savoir quand, comment, avec qui, et à quel prix… Le tout à travers l’histoire de personnages développés, intelligents.

Pas l’air aimable, la gamine…
@Riot Games & Fortiche Production / Netflix
Source : Allociné

Impossible de ne pas s’attacher à ces inadaptés, ces jeunes adultes qui refusent le monde tel qu’il est. Chacun à sa façon est porteur de valeurs qu’il défend. Et même le grand « méchant » de l’histoire arrive à nous émouvoir. Il n’y a pas de noir ou blanc dans ARCANE. Seulement des individus victimes d’un système corrompus par le pouvoir et l’argent. Et des rêveurs, des combattants près à presque tout pour aider les uns ou les autres. Les personnages doivent faire des choix difficiles, défendre des intérêts différents, et rien ne coule de source. Sans trop spoiler, je suis toujours incapable de dire si le choix fait par un des personnages vers la fin de la série est celui que j’aurais fait moi-même. Il n’y a pas de bien ni de mal, mais uniquement des conséquences à calculer…

Les relations entre chacun sont au cœur de l’intrigue, comme on peut le voir avec Vander le bourru, qui essaye d’éduquer et de protéger des orphelins, Silco et sa relation complexe avec Jinx (habile mélange entre Harley Quinn et le Joker), ou même la relation amoureuse entre Jayce le scientifique et Mel la princesse, où l’on se questionne un certain temps sur la sincérité de chacun. Les personnages principaux sont profonds, intelligents, motivés par des désirs sincères. Aucun n’est véritablement détestable. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé l’exploration de la folie avec le personnage de Jinx, complètement déjanté et imprévisible mais totalement tourmenté, et le questionnement qui en découle : peut-on tout pardonner ?

Le rythme est certes un peu lent au début (j’avoue, j’ai piqué du nez sur les 3 premiers épisodes…), mais une fois dedans, on ne peut plus lâcher l’écran. On est soufflé par les twists, qui nous surprennent à chaque fois, jusqu’à la scène finale… Et quelle scène… Une de celle qui vous coupe le souffle, un cliffhanger comme on peut les détester mais qui pose tant de questions… Que fallait-il faire pour éviter ça ? Pouvait-on éviter ça ? Que va-t-il se passer après ?

Si je ne devais retenir qu’une chose, c’est que si Netflix est la plateforme la plus fournie et de ce fait avec de la qualité parfois douteuse, ARCANE est clairement dans le haut du panier. Incontestablement une série à ne pas rater.


Beauté et luxe de Piltover, incarnés en la personne de Mel
@Riot Games & Fortiche Production / Netflix
Source : Allociné

La BO du jour :

Le clip officiel de ENEMY, le titre d’ouverture, une occasion supplémentaire de profiter du talent de Fortiche Production…

© 2021 KIDinaKORNER/Interscope Records

44 comments

  • Surfer  

    Hello Kaori,
    J’ai vaguement entendu parlé du jeu LEAGUE OF LEGENDS, mais ni moi ni mon fils n’y avons jamais joué.
    Pour être sincère je m’intéresse très peu aux jeux vidéo. Un peu plus mon fils 😉. Mais je crois qu’il a aussi commencé à lâcher l’affaire depuis un certain temps. Ce qui n’est pas plus mal parce que cette passion peut vite devenir chronophage et du du coup on ne peut plus rien faire d’autre.

    J’apprends qu’une série animé tirée du jeu est sortie sur Netflix.
    L’animation à l’air impressionnante les images sont très belles . Cependant ce qui va me pousser à jeter un œil ( ou plutôt une oreille) à la série c’est la BO.😀
    Ça a l’air d’être très sypa. Évidemment que je connais CURTIS HARDING 😉.
    Son morceau OUR LOVE avec JAZMINE SULLIVAN est excellent 👍👍👍

    • Kaori  

      Je ne l’ai pas précisé dans l’article, mais je n’ai jamais joué à LOL ! Je suis venue à ARCANE par le bouche à oreille. Et vraiment, pas besoin de connaître le jeu pour regarder…

  • JP Nguyen  

    Je plussoie sur tout. J’ai mis du temps à regarder la saison dans son intégralité mais c’était un voyage très plaisant.
    Sur la réalisation, il y a certains choix qui me restent en mémoire comme les multiples versions de la grande explosion à la fin de l’épisode 3, ou le duel entre Jinx et Ekko sur le pont, avec des flashbacks de leur enfance.
    Il y a quand même pas mal de personnages mais ils sont présentés petit à petit et sont creusés au fur et à mesure. Dans les « seconds rôles », j’aime bien Caitlin la policière snipeuse et Ekko, le bricoleur virevoltant.
    L’intrigue générale est bien construite et je suis très curieux de savoir comment elle va évoluer.
    Good job, Kaori, pour ceux de la Team qui ne l’ont pas encore vue, tu as bien mis en valeur cette série sans spoiler !

    • Kaori  

      J’ai revu la série, avec mes enfants cette fois, et j’ai vraiment encore plus profité de chaque séquence, et c’est vrai que celle des retrouvailles est particulièrement marquante et réussie.

      Quant aux personnages, je crois que j’aime tout le monde, à part les traîtres de Zaun…

      Caitlin m’a terriblement fait penser à Debra de DEXTER mais apparemment je suis la seule ^^;

  • Jyrille  

    Superbe article Kaori, où tu arrives à ne rien spoiler ! J’ai tout comme toi été époustouflé par la série, son animation, ses choix artistiques, ses combats et sa bande-son qui est au diapason. Merci de me citer, mais tu es bien la seule que je connaisse qui ait autant de savoir dans le doublage, ce qui est un atout considérable. Personnellement je regarde tout en VO mais c’est un aspect extrêmement important sur lequel je ne me penche en effet jamais.

    Je ne suis pas certain qu’il s’agisse d’une dystopie, par contre l’univers très steampunk en effet est un des mondes de League Of Legends (LOL pour les intimes). Comme tu le dis, tous les personnages sont bien caractérisés et l’histoire est bien plus maligne que ce que les premiers épisodes dévoilent. Je suis vraiment heureux d’avoir pu la voir et comme tous ceux qui sont tombés dedans, j’ai hâte de voir la suite.

    Dès que j’ai un peu de temps, j’irai voir tes liens. Pour la musique de films et séries, je ne jure quasiment que par le site Tunefind. Encore bravo pour ce bel article enthousiaste !

    La BO : pas mon délire mais elle fonctionne bien. Il faut que je regarde le clip par contre.

  • Kaori  

    Merci pour les compliments 🙂

    Pour la dystopie, il faut que je me replonge dans mon dictionnaire SF alors !

    Merci de ne pas avoir relevé mes coquilles, M Relektor, au fait 😉

    Et je prends en note ton lien !

    • Jyrille  

      Relektor c’est aussi JP 🙂 Sinon j’ai oublié de dire que Woodkid est super connu depuis son premier album et que les trois albums de Curtis Harding sont très bons.

  • Eddy Vanleffe  

    merci pour cet article.
    il faut toute la passion communicative et l’estime que je porte à l’avis de Kaori pour que je me mette à cette série….
    jusqu’ici rien ne me séduit vraiment…l’esthétique de manga mais en crade avec un énorme filtre « cendre » , je dois être le seul à ne pas trouver ça super….
    apparemment le scénario tient ses promesses et l’univers est fouillé et complexe. on va donc se le faire. promis! ^^

    une fois que j’aurais terminé KOMI CHERCHE SES MOTS;

    • Kaori  

      Merci pour le vote de confiance 🙂

      Peut-être auras-tu un avis divergent, et ce sera intéressant à écouter (ou lire plutôt) !

      L’animation, au début, m’a beaucoup surprise, et presque freinée. Maus la réalisation, les plans et tout le reste ont vite fait passer les réticences du début…

  • zen arcade  

    Bel article, bien détaillé et complet. Bravo.
    Mais cette série n’est clairement pas pour moi.
    L’esthétique cyberpunk, le pitch de départ, le monde où se déroule l’action, on a déjà vu ça des zillions de fois. Il y a encore 30 ans, c’était génial, aujourd’hui, je n’y vois qu’une accumulation de clichés éculés, usés jusqu’à la corde, déclinés en mode « soupe Netflix » avec une bande-son qui se la joue globalisée pour être bien certain de ratisser le plus large possible.
    Au secours.

    • Jyrille  

      Ah tiens, quelles sont les références dont tu parles, Fletcher (les « zillions de fois ») ?

      • Kaori  

        C’est zen et pas Fletcher 😉

        Je suppose que Gunm en fait partie.

        Merci pour les compliments sinon, zen. Je pense que tu vas vite en besogne pour juger de l’œuvre, mais ce n’est pas grave 😉 .

        • Jyrille  

          Oups ! Pardon, je n’ai pas les lunettes en face des yeux ce matin…

        • Eddy Vanleffe  

          C’est vrai qu’il y a du GUNNM dans ta description… ça ne me choque pas qu’on utilise la recette établie d’une dystopie qui sépare ultra nantis et quasi quart monde…
          Après tout Harry Potter n’est que variation du voyage du héros où quasiment rien n’est pas familier….mais c’est la force du récit. que de s’appuyer sur un folklore rapide à assimiler pour partir sur ses pistes personnelles.
          par cette opposition qui semble avoir entre magie et technologie, cela m’évoque un chouia LA MAÎTRE DES OMBRES un roman de Zelazny qui pourrait donner lui aussi un chouette animé..

          • Jyrille  

            Niko en parlera mieux que moi mais si tu vas par là, il y a trois ou quatre types d’histoires et c’est tout. Je viens de regarder la série REACHER sur Prime, on jurerait voir une quête d’heroïc fantasy avec des personnages stéréotypés (le guerrier, le magicien, l’archère…). Alors que c’est un polar contemporain.

            La distinction entre la cité du haut et celle du bas apparaît dans moultes histoires, comme le film ELYSIUM par exemple qui rappelle bien plus GUNNM que ARCANE.

          • nikolavitch  

            Ouais, on considère généralement qu’il y a sept récits fondamentaux et que tout le reste n’est que combinatoire. L’originalité provient surtout du traitement et du dosage

          • Eddy Vanleffe  

            je ne voulais pas paraître péjoratif, je ne dis pas que Harry Potter est une copie de quoi que ce soit (alors que je pourrais à cause de la série Amandine Malabul des année 1970 et de l’île du Crane d’Horowitz, mais c’est un autre sujet) juste que parfois la valeur d’un bouquin réside dans autre chose que son canevas de base….

          • Jyrille  

            Merci Alex !

      • zen arcade  

        Je suis tombé dans le cyberpunk quand Neuromancien de William Gibson est sorti en français il y a plus de 30 ans.
        J’étais fan de sf et ça m’a explosé le cerveau.
        Pendant un paquet d’années, j’ai adoré le cyberpunk et son esthétique. En littérature, au cinéma, dans le cinéma d’animation.
        Et puis, comme un peu tout, ça a commencé à tourner en rond, à recycler sans plus rien inventer. Pour le meilleur, le cyberpunk a été digéré par d’autres courants, a irrigué d’autres veines. Pour le pire, il a été décliné dans une multitude de produits dévitalisés qui se sont contentés de reprendre superficiellement certains « marqueurs » cyberpunk.
        Aujourd’hui, j’ai du mal à voir dans cet Arcane autre chose qu’un énième sous-produit de la geekitude consensuelle globalisée qui prend place dans le robinet d’eau tiède de productions balisées dont nous abreuve une plate-forme comme Netflix.
        Au passage, j’en profite pour conseiller la lecture de l’essai « Cyberpunk’s not dead : laboratoire d’un futur entre technocapitalisme et post-humanité » de Yannick Rumpala paru récemment aux excellentissimes Editions du Belial.

        • Jyrille  

          Merci pour la référence Zen, je crois que je vais chercher ça, étant moi-même fan inconditionnel de cyberpunk, même si je suis loin d’en avoir fait le tour. Personnellement, je ne trouve pas que cet Arcane fasse très cyberpunk, il n’y a pas de lien avec des mondes virtuels ni informatique, l’élément le plus proche serait les différents exosquelettes et améliorations physiques, pour le reste, la magie étant fondamentale, je trouve qu’on est plus proche du steampunk.

          Par contre, je ne pense pas que Arcane soit un sous-produit. En tant que tel, il est déjà formellement magnifique mais en plus l’histoire n’est pas cousue de fil blanc, ne recycle pas de choses déjà vues, ou alors autour de personnages qui arrivent immédiatement à exister. Tout est une question de dosage comme dit Alex au-dessus. Pour moi, Harry Potter est un peu une déclinaison du Seigneur des Anneaux (et je ne pense pas être le seul) mais pourtant, je suis fan inconditionnel de cette saga.

        • Jyrille  

          Quant à NEUROMANCIEN, je devrais me chopper une nouvelle traduction car à l’époque j’avais trouvé le livre assez mal écrit et pas très clair. J’en suis sorti mitigé.

          • zen arcade  

            Pas encore ni acheté ni lu la nouvelle traduction donc pas d’avis sur elle. Mais je le ferai certainement un de ces jours..
            Je me demande quel effet ça peut faire de découvrir ce bouquin aujourd’hui, pratiquement 40 après sa parution originale.
            Ca tranchait tellement à l’époque alors que maintenant tout cela a été largement digéré par la science-fiction en particulier et la culture populaire en général.

            Le steampunk, souvent, ça ne m’intéresse pas beaucoup.
            Et c’est sans doute aussi pour ça qu’Arcane ne m’emballe pas.
            Rien qu’en regardant la bande-annonce, je sais que c’est pas pour moi.
            Et même visuellement, je n’aime pas.

  • Clément  

    super article 😄

    • Kaori  

      Merci 🙂

  • Ben Wawe  

    Bel article.
    Je suis aussi « tombé » dans Arcane par hasard, n’ayant jamais joué à LoL.
    Terrible claque.
    J’ai d’abord apprécié l’esthétisme steampunk, avant d’être passionné par une intrigue fine et intense, via des personnages très travaillés. Je trouve que les derniers épisodes révèlent notamment la puissance de l’animation. L’affrontement Jinx / Ekko, ou le duo Vi + Jayce, c’est assez formidable sur le graphisme, la narration, les effets. Pouah.

  • Tornado  

    Voilà qui aurait dû me faire fuir, et ça a failli, car je suis l’homme le moins intéressé au monde par les jeux vidéo et leurs univers vidéoludiques. Mais il se trouve que l’article m’a convaincu de me jeter à l’eau (qu’est-ce que c’est que 9 épisodes par rapport à tout le reste !).
    J’adore le steampunk et le cyberpunk (pas encore vraiment saisi de quel univers la série se réclame vraiment), et même le diesel punk, etc… Comme dit Alex il n’y a pas 10 histoires en tout, mais un nombre illimité de traitements. Voir l’âge d’or des westerns : Je redécouvre encore de nouvelles variations dans les classiques avec le temps. C’est infini !
    Le pitch ici m’a fait penser à ALITA. J’ai bien aimé ALITA. Mais il n’y a pas de suite en vue apparemment… 🙁

    Je vois qu’il faut que je m’attarde sur la bande-son (merci de m’avoir cité trois fois ! 🙂 ).

    • Jyrille  

      En effet Eddy a raison, ALITA = adaptation live du manga GUNNM. Pas vue pour ma part. J’ai écouté la BO de ARCANE (elle est sur Spotify), ça colle bien à l’anime mais en tant que telle c’est pas trop mon truc.

      Il y a un anime de GUNNM ? Je ne savais pas. Je dois encore relire les tomes 5 à 9…

  • Eddy Vanleffe  

    moi aussi j’ai pas craché sur un deuxième film sur GUNNM… c’était américanisé mais de manière acceptable, je me suis refait l’animé ce week-end… Roobert Rodriguez ne lâche pas l’affaire i parait, il compte sur un effet « fan support » peut-être sur HBO ou quelque chose comme ça…

  • Présence  

    Super : depuis le temps que je voyais les échanges sur facebook, je me demandais bien de quoi il s’agissait.

    League of legends ; je n’y ai jamais joué, mais j’en ai entendu parler.

    Le mot qui me vient pour décrire leur travail, c’est « époustouflant ». Que ce soit dans la qualité des mouvements, dans les couleurs, la lumière, les visages et leur expressivité, la mise en scène… Tout est réfléchi, appuyé, dosé… – J’ai donc regardé le générique que tu as mise juste en sous : frustration énorme car on ne voit rien de tout ça. Puis je suis passé à la bande annonce : très impressionnant. J’ai bien vu la fluidité dont tu parles.

    Sting me parle plus que Imagine Dragons ; je vais de ce pas chercher la chanson en question sur youtube.

    Il n’y a pas de noir ou blanc dans ARCANE., seulement des individus victimes d’un système corrompus par le pouvoir et l’argent : rien que ça, c’est déjà une preuve d’une ambition narrative.

    Peut-on tout pardonner ? – Voilà qui me rappelle le parti pris radical de J. Hickman avec l’accueil de tous les mutants sur Krakoa, et cette question du pardon qui commence à être sondée dans Way of X, de Simon Spurrier & Bob Quinn.

    Superbe article qui passe bien en revue les différentes composantes de la série, complété par une vision globale.

    • Kaori  

      Merci pour ton retour, Présence 🙂

  • Kaori  

    Merci pour les retours. Je vois qu’on a tous été séduits par les mêmes choses.

    @Tornado : oui, le point de départ ressemble forcément un peu à ALITA (qui est une adaptation live de GUNNM comme le soulignent Jyrille et Eddy). J’ai bien aimé ALITA. J’espère aussi une suite Mais là on est encore dans un autre registre. Le top du top. Enfin tu verras. Hâte d’avoir ton retour !

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonsoir Kaori,

    j’ai placé cette série dans ma liste et avec kid Arrowsmith nous n’avons pas encore eu le temps de la regarder.

    Mais ton article, fort bien construit, possède tous les arguments pour achever de me convaincre que ARCANE est fait pour moi.

    Je retiens notamment l’OST avec pleins d’artistes et de courant musicaux à mon gout, un développement des personnages loin d’être basique, assez complexe.

    Mais surtout ce qui a achevé de me convaincre c’est le fait que ce sont des français qui ont développé tout cela. Nous sommes très fort et performant dans le domaine de l’animation. A l’heure où le festival l’Angoulême ouvre ses portes (demain jusqu’à dimanche) c’est l’occasion de le répéter.

    Et donc désormais je mets enfin du son sur IMAGINE DRAGONS.

    Bon on se revoit quand j’aurais vu tout cela.

    • Kaori  

      Contente d’avoir un convaincu de plus 🙂

  • JB  

    9 épisodes, ça devrait le faire, ton article va me faire surmonter ma méfiance vis-à-vis d’une licence LoL 🙂

  • Bruce lit  

    Je te dois tellement Kao.
    Comme toi les 3 premiers épisodes m’ont assoupi. Je n’aime pas tellement le Steampunk et mon unique reproche est souvent inhérent à cet univers : il faut gober une grande somme d’informations pas toujours claires. On ne comprend pas trop les enjeux politiques de cette démocratie qui massacre ces citoyens façon Judge Dredd. Que s’est -il passé ? Politiquement c’est souvent limite aussi : en gros le progrès est synonyme de désastre. Allo, on est sur Netflix ?
    Les décors doivent bcp à l’univers du jeu DISHONORED je trouve.
    Mais pour le reste le troisième épisode et son affrontement final est une oeuvre d’art.
    A partir de là je me suis attaché aux personnages qui ont tous une trajectoire qui les amène sur le fil d’une décision limite. Ils ont tous leurs raison d’agir comme ils le font. C’est intelligent et divertissant.

    Concernant Jinx, j’avais un petit reproché : elle surfe sur la vague femme-enfant « gentille terroriste » Harley Quinn. Sa grande soeur m’est plus intéressante. D’ailleurs Netflix aurait pu aller plus loin dans la relation gay qu’elle voudrait entretenir avec sa fliquette.

    Un grand moment de culture geek. C’était magnifique.

    • Kaori  

      Je suis vraiment contente que tu aies persévéré 🙂

      Comme toi, au début les intrigues politiques m’ont perdu. Je ne comprenais pas d’où sortait cet affrontement du début de série. Beaucoup d’implicites se révèlent, que j’ai mieux compris au deuxième visionnage.
      Je ne suis pas sûre que le message soit « le progrès c’est mal ». Disons qu’il faut des gardes-fous. Le problème c’est de garder le progrès pour soi, dans un but économique, alors que cela pourrait être tellement utile autrement. Encore faut-il que ce soit utilisé par les bonnes personnes…

      Je ne connais pas DISHONORED.

      Jinx est bien pire que Harley Quinn pour moi. Elle est amorale, n’a plus de limite, aussi folle que le Joker. D’ailleurs je n’ai pas reparlé de la scène à table, qui m’évoque énormément l’arc « The death of the family » où le Joker capture les membres de la Batfamily, attachés et attablés. Le moment où Jinx apporte le plateau sous cloche est d’ailleurs assez drôle.
      Je n’aime pas spécialement Jinx, mais je la trouve fascinante dans son évolution. Elle atteint le point de non-retour et je me demande vraiment comment Vi (que je préfère aussi) va réagir à tout ça.

      Concernant la relation entra Caitlin et Vi, je suppose que cela va se poursuivre dans la saison 2. On a un bon début, Vi ne peut pas aller trop vite, surtout à cause de Powder/Jinx…

      Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est l’évolution de Silco. Depuis le début, on le montre comme un monstre hideux aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Puis on réalise que la trahison vient de Vander. Et on finit par apprendre qu’il aimait sincèrement Jinx… La réaction de ma fille résume bien cette complexité : alors qu’elle l’appelait « Le méchant », au moment de ses derniers mots, elle me dit « Mais en fait… il était pas méchant ? »

      C’est une série qui m’a profondément marquée et que je ne suis pas prête d’oublier. J’espère qu’on en parlera encore dans 10 ans. S’ils rajoutent une ou deux saisons supplémentaires mais pas plus, ça deviendra culte !

      • Bruce lit  

        DISHONORED était un jeu d’infiltration sur Xbox 360. Ambiance Steampunk développé par …Arkane Studios : https://www.youtube.com/watch?v=OwFJEJw7jSI
        Pour le volet politique, je retiens que dans la haute ou la basse ville, il s’agit d’individus bien intentionnés qui en centralisant leurs pouvoirs sombrent dans l’inhumanité. Ils privilégient leurs intérêts et leurs proches au détriment de la redistribution des ressources.
        Pour Harley, je m’incline. Tu connais le personnage mieux que moi. Notre actualité terroriste de ces 10 dernières années m’a rendu moins indulgent ou romantique avec ce genre de personnages. Je ne peux rien lui pardonner. Très bien vu pour le clin d’oeil à Batman.

        • Kaori  

          Tout à fait pour l’aspect politique.

          La scène du Conseil est édifiante. Soit on entre en guerre, soit on les laisse à Silco. Ils ne se sont jamais souciés de la Basse Ville et maintenant que des vies sont en jeu ils lâchent tout pour éviter une guerre.
          Pourquoi et comment en est-on arrivé là seraient des questions intéressantes à développer, mais je pense que ça ne sera pas traité. Ils vont sans doute axer sur les conséquences de l’attaque…

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