Passage en (X) Force (X-Men 97 : Deuxième saison)

Bullshit Detector : X-men 97 – Saison 2


Special Guest : CHRISTOPHE COMMET


Tombé dans la marmite mutante tout petit, le brave Christophe a depuis besoin de sa dose régulière de lectures mutantes pour conserver sa santé mentale. Membre actif du groupe A MOI MES X-MEN sur FB, il ouvre cette quatorzième saison de BRUCE LIT avec la deuxième de X-MEN 97.

La première saison de l’animé X-Men ‘92 avait su contenter aussi bien les fans de la première heure que les spectateurs curieux. Son final annonçait une seconde saison plus ambitieuse, plus dense et plus épique, est-elle parvenue à tenir ses promesses ?

L’ambition se voit dès les quatre premiers épisodes. Une intrigue sur trois temporalités, un ennemi, Apocalypse, dont la mythologie et la personnalité se complexifie, un Magneto tout en nuances, l’apparition musclé d’X-force. Les enjeux sont dantesques et contradictoires. Les X-Men combattent la tyrannie d’Apocalypse dans le futur, tentent d’empêcher son retour dans le présent tandis que les éternels meilleurs ennemis mutants essaient tant bien que mal de réguler la rage guerrière d’un jeune rebelle promis à un funeste avenir. 

Pour répondre à cette ambition le casting se densifie, moins de caméo plus de perso ! X-Force s’empare du vide laissé par les X-Men allant jusqu’à s’accaparer le générique le temps d’un épisode. Archangel et Psylocke, dans leurs incarnations iconiques des 90’s rejoignent le combat contre Apocalypse face à une équipe d’X-factor utilisé à contre emploi. 

Les connaisseurs de l’univers mutant se réjouissent encore du magnifique run de Peter David sur X-Factor dans les 90’s. L’auteur transforme l’équipe en manifeste contestataire où l’humour et le cynisme occupent une place importante. On ne peut reprocher à la série de ne pas développer plus avant des personnages secondaires mais comment ne pas grincer des dents en voyant ces héros devenir de vulgaires valets du gouvernement,  n’hésitant pas à séquestrer de jeunes mutants désespérés ? Pauvre Rahne et Guido n’ayant même pas la chance de s’exprimer face à cette situation dégradante.

Il est à noter que l’apparition de ces nouveaux personnages ne signifie pas qu’ils seront beaucoup mis en avant. La part belle est encore faite aux mêmes héros, le professeur, Jean, Scott etc les icônes indéboulonnables de la franchise. Le reste du casting est là pour appuyer l’hommage aux 90’s.

L’épisode en deux parties nommé l’ascension d’Apocalypse représente le sommet émotionnel de la saison dont elle ne se relèvera pas. 40 minutes durant lesquelles En Sabah Nur est humanisé avec son lot de traumatismes, de regrets, d’espoir et de trahison. Magneto se la joue mentor prophétique mais c’est véritablement Malicia et une courte discussion autour d’un feu de camp qui permet de cerner le personnage.

La conclusion de cet arc est à la fois épique et tragique et offre une porte de sortie honorable à un personnage emblématique de la franchise. Ces deux épisodes auraient pu emplir toute la saison tellement ils sont riches d’éléments, de tension et d’émotions.  Malheureusement cette belle entrée en matière est suivie d’épisodes stand alone qui font retomber la tension aussi vite qu’elle est montée.

Wolverine récupère son adamantium afin de redevenir le meilleur dans sa partie, Polaris retourne au bercail après une crise de conscience tardive et Colossus peine à convaincre dans un pâle remake du procès de X-Men #315. 

On pourrait se réjouir que la série offre autant d’éléments issus des comics aux amateurs de longue date des enfants de l’atome. Après tout la première salve d’épisodes synthetisaient aussi nombres d’intrigues iconiques pour mieux redéfinir certains personnages, Jean Grey et Ororo en tête, mais cette approche risquée s’insèrait dans un scénario global, la direction était aisément perceptible.

Là on peine à voir où les producteurs souhaitent emmener le spectateur dans cette succession d’easter eggs et d’hommages un peu trop appuyés aux comics. Ces trois épisodes donnent l’impression de temporiser tout en battant le rappel des troupes. Colossus disparaît aussitôt sa plaidoirie terminée, Polaris ne semble être là que pour remplacer Magneto. À la vue de ses trois épisodes poussifs, il apparaît évident que la série à souffert de l’éviction de Beau DeMayo de la production et peine à retrouver une ligne directrice.

Les deux derniers épisodes tentent de remettre sur les rails une intrigue qui s’éparpille mais le final s’avère décevant là encore si on le compare à celui de la première saison qui parvenait à meler menace globale et drame intime. Là on a droit à la classique confrontation entre équipes rivales jusqu’à un anti-climax des plus frustrant. Une conclusion qui apparaît comme précipitée, ce qui est d’autant plus navrant au vu du potentiel exposé en début de saison.

Heureusement que la qualité d’écriture est toujours au rendez-vous. Les dialogues sont solides et ménagent les moments intimes et l’humour, la série tente même un rapprochement entre deux personnages que personne n’avait osé jusqu’à présent. Le duo Wolverine/ Morph fonctionne toujours autant. Chaque personnage a droit à son petit quart d’heure de gloire, mis à part le fauve, qui a bien du mal à exister au-delà de son rôle de caution scientifique.

L’animation reste à la hauteur des attentes et offre de beaux moments, les scènes d’actions sont fluides, la réalisation soigne l’atmosphère de chaque épisode, mention spéciale à l’ambiance claustrophobe et anxiogène de l’épisode 5. 

La déception se fait sentir lors de cette saison qui démarre tambour battant avant de s’enliser durant une seconde partie qui souffre peut-être des problèmes internes qui ont émergé lors de la première saison. La prochaine devra confirmer les attentes des amateurs du gène X, surtout avec un casting qui s’agrandit de manière exponentielle.  

10 comments

  • Ludovic  

    Merci à toi, Christophe, pour ce premier article de la saison (même si pour un Bullshit Detector, ta critique montre bien une certaine déception de ta part mais au fond, elle est assez clémente finalement puisque tu continues à trouver pas mal de qualités à la série) et bonne rentrée à toute l’équipe de Bruce Lit !

    • Christophe  

      oui je suis mi figues mi raisin concernant cette saison qui est le résultat d’une crise interne. cependant au vus des produits cynique et purement mercantile qu’est capable de nous offrir Disney je trouve que l’on a échappé au pire.

  • Maxime Fontaine  

    Bravo pour ton article, Christophe.
    Pour moi, c’est encore pire que ça. Passé l’épisode sur Magneto, on assiste à une caricature maladroite de nos chers comics. Le personnage de Diablo, en particulier, est terriblement maltraité. J’ai eu beaucoup de mal à supporter son côté prêcheur ultra-prononcé. Un acharnement poussé à son paroxysme, jusqu’à la fin de saison. Pas du tout envie de regarder la suite -pourtant, la saison 1 avait fini par me conquérir. Que de cruauté…

    • Christophe  

      oui Maxime je te comprends. ils ont pris une direction pour le personnage qui s’intègre dans la dynamique familiale. c’est malheureux mais j’ai du mal à prendre au sérieux les déclarations récentes des showrunners concernant le personnage. espérons qu’ils parviennent à rassembler leurs idées pour la saison prochaine

  • Sébastien Zaaf  

    Hello Christophe et merci pour cette ouverture de la saison 14. Ton article me conforte dans l’idée de ne pas suivre cet animé même si certaines idées sont bonnes. On dit qu’on ne peut pas être et avoir été. C’est un peu mon sentiment avec les X-Men qui ont atteint des sommets improbables avant de sombrer depuis un moment (avis subjectif). La nostalgie est généralement mauvaise conseillère et je n’étais déjà plus très emballé quand j’ai entendu que le show runner pliait les gaules. Je pense que ces X-Men des années 90 doivent rester dans les années 90, sans ternir leur aura. Je te trouve même très accommodant pour un bullshit detector. Bonne saison à tous.

  • JB  

    Merci pour cette visite d’une série d’animation que je n’ai pas tenté, bien qu’amateur des séries X visée…
    A la lecture des résumés de la première saison, j’avais un peu l’impression du syndrome comics au ciné, où 2-3 récits connus sont compressés de force pour donné un gloubi-boulga. Ça avait semblé faire son effet, mais est-ce que la magie a entretemps disparu ? Surtout si, contrairement aux comics, les showrunners disent nyet à certaines résurrections mutantes, pourtant presque une tradition pour les lecteurs…

  • JP Nguyen  

    J’ai apprécié cette saison à la fois pour ce qu’elle reprenait du matériau d’origine et de ce qu’elle modifiait, malgré des réussites variables.
    Les moments que j’ai bien aimés :
    L’épisode X-Force et le power up de Jubilee
    L’épisode Wolverine ambiance Aliens
    Polaris face à Danger
    Le final avec une « fin » heureuse pour le couple Rogue/Gambit

    Les choix avec lesquels je n’étais pas trop d’accord :
    – Magnéto et Prof X nerfés face à Apocalypse
    – Diablo version cul-béni absolu (il a été écrit comme ça par certains scénaristes mais ce n’est pas ma version préférée du personnage)
    – Exodus battu trop facilement

  • Loïc  

    C’est tellement dommage d’avoir viré Beau Demayo. J’avais eu un vrai coup de coeur pour la 1ere saison…

  • Ludwig  

    Ouiiii !
    Enfin du nouveau sur Bruce !!!

  • Maya  

    J’avais énormément apprécié la première saison. Je trouve que la deuxième continue sur la même lancée, même si un poil en dessous de la précédente, cependant ça reste toujours aussi bien écrit et animé. On verra ce que donnera la suite.
    Merci Christophe, d’avoir débuté cette rentrée avec cet excellent article.

Leave a reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *