Carnage par Gerry Conway et Mike Perkins
par EDDY VANLEFFE
VO : Marvel
VF : Panini
1ère publication le 21/06/18- MAJ le 29/04/26
Cet article portera sur la série Carnage (2015) scénarisé par Gerry Conway et dessiné par Mike Perkins dans trois numéros du magazine Spider-Man Universe.
Tous les scans sont donc la propriété de MarvelComics.

Un ch’thon très éloigné des super-héros habituels, en plus c’est garanti 100% sans Deadpoulpe…
© Marvel Comics.
Existe-t-il une recette pour obtenir un comics de qualité supérieure à coup sûr?
Bien sûr, on serait tenté de constituer une équipe d’auteurs talentueux pour que le tour soit joué, mais on a vu que bien souvent, c’était plus compliqué que cela.
Il existe un cas d’école particulier au comics de super héros en univers partagé. Des personnages que personne ne veut, qu’on donne à un scénariste dont personne ne connaît le nom et dont chaque idée est validée par un éditorial qui se dit: «Bof, pourquoi pas? On’a plus rien à perdre!» . Vous obtenez ainsi, Les X-Men de Claremont, Le Daredevil de Frank Miller, le Warlock de Jim Starlin, les New Teen Titans de Wolfman et Perez ou au bout de la chaîne le Swamp Thing d’Alan Moore. Cette façon de procéder est le miracle du «Bronze age» of comics.
Il est tentant de croire que cette pirouette peut fonctionner indéfiniment ou de manière aléatoire, au gré de l’histoire.
Nous avons vécu depuis les fameux «grimm and gritty», la montée en puissance de Vertigo et de ses auteurs renommés et enfin nous survivons à l’ère des Events iconoclastes. Conscient d’être parvenu à l’extrémité d’un cycle, Marvel tente d’être original sans se mouiller de trop. Être novateur sans vraiment oser. Souffler le chaud et le froid, servir de laboratoire en vue de franchiser pour le cinéma ou la télévision. Secret Wars servit d’ailleurs à ça. Voir ce qui plaît ou pas. Ainsi le Weird world piqua la curiosité, le mariage de Spider-Man revint par la petite porte et X-Men 92 annonça la nostalgie 90 du nouveau run de Guggenheim.
Il est donc difficile pour l’éditeur de parvenir à faire éclore de nouvelles séries cultes et passionnantes qui s’inscrivent dans la durée à la fois des parutions et dans la mémoire.
Alors pourquoi et surtout comment sans crier gare, cette nouvelle série Carnage est-elle parvenue sur les étals de poissons pas frais des comics lambda?
Fulgurance?
Hasard?
Pari perdu?
A défaut d’un jeune premier voulant percer sur «Avenging Avengers of the West Coast academy season 2», nous avons le vieux Routard Gerry Conway aux manettes du scénario. Ce dernier est surtout célèbre pour avoir pété les cervicales de Gwen la cruche qui a jamais compris que son copain était Spider-Man. Certains plus attentifs savent que les deux ans de son run sur Amazing Spider-Man valait quand même son pesant de cacahuètes vintages et que bien plus tard il livra de nouveau une prestation modeste mais très «roller coaster» au tisseur sur Spectacular Spider-Man. Mais bon, on est loin d’un auteur en vue, surtout par la génération «Quesada». Dans ses pattes on collera le dessinateur Mike Perkins qui lui non plus n’a pas le CV blindé de hits. Il a toutefois déjà mis en image un titre d’horreur pour Marvel. Il s’agissait de l’adaptation de The Stand (Le Fléau) de Stephen King. Le point commun des deux bonhommes, c’est d’être de solides artisans et des artistes compétents.
Déjà Gerry avait plus ou moins essayé de glisser quelques références vers l’occultisme, mais le tisseur s’accommode assez mal de tout ce décorum.
Carnage est donc l’occasion de faire peau neuve à plus d’un titre.
Déjà, pour commencer: CE N’EST PAS UN TITRE DE SUPER-HEROS. CECI EST UN COMICS D’HORREUR!
Certes, Carnage reste un psychopathe soudé à un symbiote particulièrement dégueulasse, certes encore la sacro-sainte continuité de l’univers partagé est prise en compte, mais la démarche consistera à limiter ces aspects à leurs portions les plus congrues.
Pitché au départ comme une course au vampire avec Carnage à la place du monstre, Conway avoue avoir retrouvé le plaisir de bosser.
Nous avons donc à faire cette fois à une équipe spéciale du F.B.I qui est chargé de traquer les criminels spéciaux comme Kletus Cassady le fameux serial-killer associé au symbiote Carnage. Cette équipe est dirigée par Claire Dixon intrépide inspectrice que les scrupules n’étouffent pas trop.
Elle met au point une stratégie afin d’atteindre son but: Elle loue à l’armée une arme expérimentale: un canon sonique surpuissant qui sera sous la bonne garde du commandant John Jameson, responsable de la maintenance du matériel militaire et accessoirement, la victime d’une étrange malédiction. L’agent Dixon détient également l’homme qui connaît probablement le mieux le psychopathe à savoir Eddie Brock lui-même. Ce dernier privé de son propre symbiote Venom, est devenu une marionnette pour l’unité spéciale du F.B.I. Il est jumelé à présent à une autre entité; Toxin, mais sous le contrôle absolu de l’inspectrice qui croit ainsi pouvoir le tenir en laisse. Brock accepte néanmoins de bonne grâce son nouveau statut, espérant pouvoir régler ses comptes avec son rival.
Par ailleurs, une jeune femme a miraculeusement survécu à l’une des premières attaques du tueur écarlate: Manuela Calderon. Elle est devenu depuis la responsable de la sécurité d’une vieille mine en fin d’activité.

Les couvertures ont des visuels très cinématographiques et ont chacune une approche unique
© Marvel Comics.
Claire passe un accord avec le propriétaire de la mine, Barry Gleason pour attirer le monstre, irrémédiablement attiré par une salve d’informations pour terminer sa besogne.
Le plan peut paraître grossier mais il recèle une forme d’astuce assez malsaine, si l’on tient compte que l’agent Dixon espère que chacun de ses pions succombe à ses instincts les plus primaire et que les événement lui donnent souvent raison.
C’est donc dans une ambiance, à cheval entre la série X-Files (si l’on considère toutes les aberrations Marvel comme des affaires non-classées) et le film The Cell pour la course-poursuite d’un tueur en série donnant dans le fantastique, que la série prend ses marques. S’il est en effet bourré de références à l’univers régulier de Spider-Man, ce comics se borne à citer explicitement ce qui est nécessaire à la compréhension de l’intrigue et à en détourner les codes comme le fait de faire de Claire Dixon la principale protagoniste de la nouvelle série. En effet, celle-ci étant une simple flic ambitieuse, complètement étrangère aux collants permet par une astucieuse identification de pouvoir se passer du reste, allant jusqu’à presque considérer la série comme une sorte «poche» à part comme Old man Logan, ou End of Days…
Graphiquement les ombres omniprésentes débarrassent également les personnages de leur traitement habituel qui consiste souvent à habilement dessiner différemment les super-héros des autres protagonistes. Ici Brock, n’est plus le colosse de Mac Farlane tout en gardant sa brosse caractéristique et Man-Wolf ressemble davantage à un figurant, rendant sa métamorphose plus saisissante et plus douloureuse.
La mission deviendra comme l’on pourrait s’en douter un bordel monumental, car si le canon sonique fait bien s’écrouler les différents couloirs de la mine sur Carnage, la moitié de l’équipe est prise au piège de ce gigantesque coup de grisou. C’est là que le deuxième scénario commence.
Un temple d’un culte ancien est soudainement mis à jour. Le culte de Ch’thon qui manipule Carnage lui donne la possibilité de pouvoir évoluer d’une manière jusque là inédite et booster sa manière de se reproduire. Et si tout depuis le départ avait été prémédité?
Ce premier arc est assez réussi, avec une bonne ambiance de film à la fois catastrophe, adoptant un ton sombre, premier degré dans sa façon d’aborder l’horreur et le fantastique. Mais Conway va opérer un tournant à 90° dès le suivant.

Il n’y a pas que des ch’thons dans cette série. Victoria et Claire sont deux personnages forts.
© Marvel Comics.
Suite au fiasco dans la mine, le bilan pour l’équipe de Claire est sinistre. Raillée par ses supérieurs, elle est à deux doigt de jeter l’éponge, avant de trouver un autre élan. Si Dixon et les siens sont responsables de la sortie de terre d’un culte dangereux, celui-ci a des ennemis qui le traque depuis la nuit des temps: Les enfants de la nuit. Dirigée par la mystérieuse Victoria Montesi et son fidèle indien Singh, sage, prêtre, guérisseur, bref le mec utile. Cette nouvelle organisation est à la fois une force et une faiblesse pour la série. Force, parce que les personnages sont excellents et redonnent une nouvelles dynamique, et parce qu’aussi le scénario rebondit sur d’autres pistes passionnantes, mais faiblesse parce que voilà:Les enfants de la nuits font office de «mac guffin» permanent avec tout ce pognon et ce savoir sorti d’on ne sait où sans plus d’explication que: Nous sommes là depuis le début et nous pouvons passer à l’échelle supérieure. C’est agaçant. Mais heureusement Conway, comme un chef pâtissier qui sait qu’il n’a pas utilisé le bon ingrédient, va réussir à le faire oublier en maintenant un tempo impressionnant.
Le deuxième arc est sans doute le plus réussi. Le premier épisode nous présente une toute jeune fille Jubulile Van Scooter en train de faire le tour du monde en solitaire sur son petit voilier. Impossible à ce stade de ne pas penser au film Dagon de Stuart Gordon qui commence de la même manière avant de déchaîner un enfer lovecraftien sur ses héros, ce qui arrive également ici…
Ici débute la chanson d’amour de Conway pour le maître de Providence. Si ce n’était qu’allusif dans la première partie, nous sommes désormais plongés au cœur des anciennes divinités aux noms les plus dingues, à la recherche d’un grimoire ancestral écrit par un taré dans le désert. Une entité Ch’thon (habituellement Némésis des Avengers dans les années 70) menace de revenir faire régner le chaos sur la planète.
Soyons clair, le face à face entre Jubulile Van scooter, dont le métissage Afrikaans/Zoulou donne un background fort intéressant et surprenant et son naufragé Carnage va donner lieu sur une vingtaine de page à un thriller/survival des plus dense,vrai pied de nez à la décompression. Une réussite en soi, un one-shot délicieux glissé entre deux intrigues. Dès lors, il s’agira de comprendre comment Cassady a pu atterrir sur ce bateau.
Gerry Conway connaît bien mais livre une version quelque peu inhabituelle de ses personnages.
Il est à remarquer qu’il insiste plusieurs fois sur le fait que le symbiote Carnage s’est fusionné avec un crétin à moitié inculte incapable de discerner les enjeux de ce en quoi il mis les pieds. Aussi maladroit que violent, il rend le parcours de son hôte particulièrement facile à suivre pour la nouvelle équipe cette fois menée par Montesi qui va le traquer à travers le monde pour lui reprendre son grimoire, jusqu’à croire pouvoir le coincer sur un vieux rafiot. Victoire aussi fugace qu’illusoire dans un climat qui cette fois n’est pas sans rappeler la pessimiste série The Strain.
Brock, comme un chien en laisse ne cesse de proférer ses sarcasmes jusqu’à ce qu’il devienne une sorte d’ange gardien pour la jeune adolescente naufragée. Conway rappelle de manière détournée que l’obsession pour les innocents ne venait pas de Venom mais bien de son avatar humain. Sa recherche pudique de rédemption replace son aspect religieux également.
John Jameson ne maîtrise pas la bête en lui tout en étant un soldat rompu à la discipline. C’est Singh qui parviendra lui rappeler dans les moments les plus sauvage, qui il est vraiment.
Sinon ce sont bien les femmes qui tiennent la barre de la série, Jubulile, Claire, Victoria Montesi ou encore Manuela Calderon ont toutes des caractères bien trempés, pas du tout décidées à se laisser marcher sur les pieds. Les mecs sont réduits aux rôles de serviteur (Singh), animal domestique (Brock) et plan B pas très fiable (John Jameson) sans pour autant les rabaisser. Leur ennemi est quant à lui aussi débile que dangereux.
Si certains se font fort de nous asséner des équipes intégralement féminines, afin de nous faire croire lourdement et artificiellement à une meilleure représentation de la femme dans le comics (A-force), loin des spots, Conway réussit mieux sur tous les plans. Mike Perkins ne joue pas non plus sur les physiques, puisque les circonstances ne s’y prêtent pas. Bref les choses sont naturelles, fluides et à leur place.
Dans le monde d’aujourd’hui, on le sait, une série mineure vit avec une épée de Damoclès dès son sixième numéro. Le premier arc a de bons retours et autorise la mise en place d’un second. L’élan s’essouffle et l’auteur est prié de trouver une conclusion pour le douzième numéro. Ici l’éditeur a soutenu le projet au delà de son espérance de vie en donnant le feu vert pour un dernier arc, forcément bordélique, puisqu’il va falloir, conclure, ranger les jouets et le tout en 6 derniers petits épisodes.
Un jeu d’équilibriste dans lequel Conway perdra quelques plumes, mais saura rester la tête haute.
Nos héros vont donc se confronter à Carnage pour empêcher le retour de Ch’thon sur une île invisible dans la Mer de Timor (peur en latin), mission au cours de laquelle, certains trouveront leur destin.
Conway aura donc l’idée brillante d’opposer le totalement corrompu Cletus à la totalement innocente Jubulile pouvant ainsi contrôler le symbiote et le transcender. La encore le scénariste développe la relation entre les deux personnages de manière très crédible et censée. Jubulile est la fille même de l’amour, le fruit d’une union encore impensable 20 ans en arrière, alors que Cletus est presque condamné dès l’enfance, par la violence, la haine et l’horreur.
Sur certains détails, le scénariste se prend effectivement les pieds dans le tapis. Qu va bien pouvoir devenir Eddie Brock après cela? Et Jubulile? Le chute de l’ensemble se traite sur deux pages et certains disparaissent quasiment «hors champ» comme le personnage principal, lui même… Brock s’en va à la Lucky Luke et voilà.
Il y a aussi cette histoire d’amour homosexuelle qui survient à 30 pages de la fin, sans n’avoir aucun rapport, ni incidence sur le récit, comme si un exécutif avait soudain débarqué dans le bureau en s’exclamant «Les gars! On veut de la hype, rajoutez-moi des gays!» Alors, c’est très progressiste etc… mais ça tombe un peu comme un cheveu dans la soupe, à moins que cela soit une blague «méta» sur Bendis et son Iceman?
Au delà de cela, Marvel a eu le cran de nous proposer un comics d’horreur mystique sans costume, sans personnage phare, sans -trop- de gimmicks commerciaux et cela pendant seize épisodes dessinés par le même artiste sans fill-in, qui doit aire figure parmi ses pairs de marathonien. Si l’arrivée peut nous laisser sur sa faim, on aura eu droit à un voyage bien sympathique.
Mais alors pourquoi ce préambule sur la recette du comics exceptionnel?
Ah mais parce qu’on était à deux doigts, putain!
La frontière est parfois mince entre une série moyenne, mais qui a du potentiel et celle qui va vraiment changer les choses.
Si Nick Lowe l’éditeur, avait poussé Conway à lâcher les chevaux, plutôt que de le «baliser» avec cette structure par arches narratives des plus conventionnelles et cette conclusion en demie-teinte, et s’il avait donné le boulot graphique à un artiste moins conventionnel comme par exemple Mike DelMundo qui signe des couvertures bien imaginatives, visuellement marquées et marquantes. Ce comics aurait pu se hisser au rang des titres les plus ambitieux de l’écurie Marvel cette année là.
Au lieu de cela, la peur panique d’être clivant, les cantonne à nager dans les eaux tièdes du «moyen» au «pas mal», donnant comme dans les films de la firme de la bouffe de cantine.
Carnage avait le potentiel d’être le Swamp Thing de Marvel, un truc mémorable, et c’est en fait une petite série «B» faite avec suffisamment de cœur et de ruse pour nous maintenir en haleine, mais sans vraiment nous faire décoller.
Et toujours cet arrière goût de…«On y était presque!»
——








J’ai beaucoup aimé ton préambule sur les comics devenus cultes et leurs points communs. De manière générale, ne connaissant rien à tous ces personnages, j’ai à la fois appris beaucoup et peu compris, la trame et les interactions de cette série notamment. Les scans ne sont pas repoussants et quand il y a du Lovecraft, cela m’interpelle. Mais je pense faire l’impasse tout de même. Merci donc pour ton article Eddy !
La BO : inconnu au bataillon.
Tiens il semblerait que Ch’thon existe depuis longtemps en fait. Je l’ai vu mentionné dans un vieux comics (je sais plus si c’était un épisode de Werewolf by night, ou Hellstorm, ou living mummy…mais un truc d’horreur). Et après recherche :
« Créé par Marv Wolfman, Bill Mantlo et Yong Montano, le personnage de fiction apparaît pour la première fois sans être nommé dans le comic book Marvel Chillers #1 en octobre 1975. On apprendra plus tard son identité dans Avengers #185 en juillet 1979. »
Dommage qu’en français ça fasse un peu marrer ce nom^^
ça y est j’ai lu la série.
Ben c’était très sympa. Merci pour la découverte Eddy.
J’aurais presque mis 4 étoiles moi. En tous cas un bon 3,5, ça c’est sûr.
Une bonne série B, un dessin qui, faute de révolutionner quoi que ce soit, utilise les ombres habilement pour donner un ton sombre à toute cette histoire d’horreur, et même des passages très réussis qui confrontent Kasady et Jubulile mentalement en leur faisant voir les souvenirs de chacun.
Et pour le coup, n’en déplaise à ceux qui ne peuvent pas blairer Carnage, je trouve que ça marche encore une fois. Kasady veut faire souffrir les gens heureux, il est frustré, violent, pas très malin, lâche et bouffé par la haine. C’est un concept simple de mettre un immense pouvoir entre les mains d’un être au delà de toute rédemption, insignifiant et frustré. Mais ça marche. Évidemment c’est un pourri mais sa psychologie fonctionne !
C’est la cruauté d’un enfant frustré. Comme un Pierrot le fou dans Cowboy Bebop (ça parlera à personne à part JP…tant pis)
Les personnages (surtout féminins) sont sympas à suivre. Notamment Dixon qui se confronte à sa part sombre en devenant la marionnette des forces obscures alors qu’elle méprisait Eddie Brock au début, persuadée qu’il était forcément mauvais sans se douter qu’elle aussi pouvait avoir sa part sombre.
C’est une bonne série B indépendante. En effet on sent un peu à la fin qu’on a demandé à Conway de ranger ses jouets un peu vite, mais ça reste une bonne BD fantastique qui rend un hommage appréciable à Lovecraft et tient en haleine.
Et pour le coup le Gerry Conway, contrairement à certains auteurs de son époque, il a complètement lâché la narration un peu balourde. Ce qui n’est pas forcément le cas de Roger Stern (j’ai lu un épisode de Spider-man signée Stern lors de la période Brand new day, et c’était pas bien mieux raconté que dans les années 80…j’en parlais vite fait sur mon article sur la période Brand new day)
?
Aucun commentaire n’a été blessé pendant la publication de l’article.
Ne dis pas ça Matt, tu n’as pas l’air d’un fou ^^
Blague à part Carnage montre bien la limite de vouloir imposer « l’horreur » dans un comics traditionnel comme Spider-Man : le personnage n’est au final ni drôle ni effrayant et ses interventions (je trouve) tombent la plus part du temps un peu à plat ou à coté de la plaque.
On aurait pu espérer qu’en ayant sa propre série la mayonnaise prenne d’avantage, mais si j’en crois l’article d’Eddy ce n’est pas tout à fait le cas…
Moi je le trouvais un peu effrayant plus jeune…
Mais bon après j’ai pas dit qu’il avait été bien écrit ou que les histoires qui le mettent en scène étaient bonnes. Hélas.
Mais bon on dit bien qu’il n’y a pas de mauvais perso mais juste de mauvais scénaristes, non ?^^
Vous êtes bizarres quand même. Vous les trouvez super profonds les autres ennemis du tisseur ? Doc Ock avant Superior, c’est juste un cinglé méchant qui ricane en disant qu’il est le plus fort. Le vautour pareil, le scorpion et Electro…il ont une personnalité ?
A part le Caïd ou le bouffon vert, y’a pas grand monde de très intéressant. Limite Venom avec son conflit entre son envie de tuer et son désir de protéger les innocents, ça en fait déjà un perso moins plat. Carnage est certes juste fou, mais il est au moins plus intimidant par sa folie que…Electro ou le vautour ou Carrion ou whatever.
J’aime bien le caméléon mais il n’a jamais été très bien utilisé. Sandman non plus d’ailleurs.
Enfin il y a surement des mini-séries bien écrites qui dressent un portrait sympa de ces personnages, mais du coup c’est juste que Carnage n’a pas eu sa mini série pour le développer, voilà tout.
Peut-être est-ce aussi lié à un effet de lassitude par rapport à l’ère du Grimm N’ Gritty 90’s (Venom étant un poster boy de cette période…) et surtout à une question d’hôte. Quand Flash Thompson récupère le symbiote (ex-soldat infirme, ancien alcoolique, pote de Parker etc…), c’est tout de suite plus intéressant que la conception de la justice selon Brock et son rapport à la religion catholique.
Venom, ce n’est à la base que le modèle Sabretooth appliqué à Spidey (au moins Creed a une personnalité autrement plus intéressante, j’ai même l’impression que Bruce semble être plus fan de Victor que de Logan).
Ce qui compte le plus c’est le traitement sur la durée plus qu’une éventuelle profondeur (plus ou moins bien utilisé par les scénaristes), et la gestion de Venom ne m’a pas vraiment convaincu quand Brock était sur le devant de la scène. Sur le papier, le pitch à la « The Thing » ne pouvait que me plaire, malheureusement c’est du Daniel Way au scénario.
Le Lézard restera à jamais un de mes préférés, sa dimension tragique (« méchant » malgré lui) par rapport à sa condition et à sa famille, son background de scientifique le reliant à l’alter-égo du tisseur, et puis son code couleur réminiscent de celui de Hulk (peau verte, pantalon violet, et blouse blanche à la Banner) achèvent d’activer mon intérêt.
Même Mysterio, avec son art des subterfuges, des illusions et donc de la mise en scène manipulatrice (quand il convainc momentanément le tisseur de sa démence), me paraît plus porteuse que la grosse brute à la langue pendante.
C’est vrai, j’en ai oublié quelques-uns. Kraven a eu une bonne histoire aussi. Mais bon avant « la dernière chasse » il était un peu le couillon de service.
Perso je n’attend qu’un auteur pour rendre un personnage plus intéressant donc je n’ai pas d’a-priori genre « oh non, pas ce personnage ! Il est nul » Bééh…ils ont tous été nuls à un moment avant d’avoir de meilleures histoires.
C’est vrai que Carnage ça traine depuis le temps pour avoir un bon truc^^ Mais il y a des bouts de scènes sympas dans les années 90 lorsqu’il retourne dans son orphelinat ou même quand il est présenté comme un gamin terrifié dans le crossover avec Batman. Disons que du potentiel, il en avait.
Je dirais que Sabretooth c’est plutôt Carnage. Brock est beaucoup plus stable psychologiquement que Creed ou Carnage quand même. Kasady a tué sa grand mère quand il était petit je crois, il est complètement impossible à raisonner, il est lâche, il pleurniche, il n’a rien d’attachant. Il a une dimension du mal absolu peut être un peu clichée mais efficace pour un personnage dangereux.
Alors oui pour ceux qui veulent s’attacher aux personnages, Carnage c’est juste un monstre abruti qui n’a rien d’attachant. Mais bon ça existe aussi les grosses brutes complètement cinglées. Et justement cette rédemption impossible et ce sadisme fou, ça les rend potentiellement effrayants.
J’sais pas, après c’est peut être parce que les années 90 c’était mon enfance et que c’était l’ère Venom et Carnage, et donc je les trouvais cool et j’avais envie de les voir dans de bonnes histoires…
Je ne connais pas cette série de Daniel Way dont vous parlez avec Tornado.
Sandman, j’aime bien quand il utilisé d’une manière un peu différente (quand il est développé en dehors des Terrifics et des Sinister Six), que ce soit en rejoignant le camp des héros, ou lorsque l’intrigue se penche sur sa famille (l’arc de Van Lente).
Après je dis ça mais j’ai quasiment pas de comics des années 90^^
Mais je suis preneur de séries qui utilisent ces persos.
Le venom Flash Thompson je n’aime pas du tout le look façon SWAT machin là. C’est plus du tout classe^^ J’aimais bien le gros monstre.
« Je dirais que Sabretooth c’est plutôt Carnage »
Sur ce plan-là, je parlais surtout du concept de base en terme de physique (« bigger, louder, deadlier »), à savoir un double maléfique du héros, en plus baraqué et brutal (comme l’Abomination avec Hulk).
Carnage surenchérit sur ce concept-là (alors que Venom se mue en anti-héros et que sa popularité lui permet d’avoir des aventures solos, son « rejeton » rouge continue à remplir le rôle du méchant symbiote) à l’instar des différentes déclinaisons du Green Goblin (Hobgoblin, etc…).
Tu parles de Keem’ia’s castle dont j’ai parlé ? Oui bon passage avec Sandman ça.
Mais pour moi, les trucs comme ça, ça doit être possible avec tous les persos. Alors oui forcément le lézard est un méchant romantique façon Jekyll et Hyde, et avec Carnage c’est juste pas possible de faire du romantisme tragique^^ Mais les méchants ne peuvent pas TOUS êtres des persos romantiques et tragiques. Un gros cinglé bourrin qui fait peur des fois, ça change^^ Encore faut-il que ce soit bien fait, avec une approche horrifique ou je ne sais quoi…
Les symbiotes ont quand même l’avantage selon moi de ne pas avoir l’air de ridicules costumes portés par des mégalos, mais ressemblent à des aliens monstrueux. Un truc à la « Alien » justement ou autre truc d’horreur avec les symbiotes, j’aurais bien aimé moi. Faute de rendre les persos passionnants, on peut faire de la bonne BD d’ambiance.
Mais là on touche au limites du concepts en terme de public et de calibrage (effrayant mais pas trop, il ne faut pas apeurer les jeunes fans de Spidey). Pour aller sur le terrain de l’horreur glauque avec les symbiotes, les auteurs ne peuvent pas y aller vraiment à fond dans une série Spider-Man (forcément plus vendeuse et grand public), c’est déjà plus aisée dans une série annexe, sous le radar, au public plus restreint et à la durée de vie forcément limitée (Venom, Carnage, Toxin, etc…).
Pour être plus « libres », ce personnage ont vocation à s’éloigner de l’univers généralement moins sombre du tisseur.