Quels exploits restent-ils à accomplir désormais ? (L’ange du prolétariat)

L’ange du prolétariat – Une vie de Youri Gagarine

Un article de PRESENCE

VF : 21g

Pour la patrie
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Ce tome contient une histoire complète, la biographie de Youri Gagarine (1934-1968), mise en regard de la course à la conquête spatiale, entre les États-Unis et l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS). Cette œuvre a été réalisée par Alex Nikolavitch pour le scénario, Félix Ruiz pour les dessins et la mise en couleurs. Sa première édition date de 2022, et elle comprend cent pages de bande dessinée. Les deux auteurs avaient déjà réalisé ensemble DEUX FRERES A HOLLYWOOD (2019), sur Roy Disney et son frère Walt.

Dans la région de Smolensk, en Union Soviétique, en 1943, un jeune garçon court vers la carcasse d’un avion qui vient de se poser en catastrophe. Sa mère appelle son petit Youri, craignant qu’il lui arrive quelque chose. Mars 1945, en Prusse orientale, le camarade Glouchko est reçu par ses supérieurs, sous une tente militaire : ils souhaitent qu’il lui indique un ingénieur capable de se livrer à un exercice de rétro-ingénierie sur un missile allemand. Avec hésitation, il suggère le camarade Korolev qui a été envoyé au goulag de Kolyma pour trotskisme. Le général répond que Glouchko lui-même a fait de la prison, et qu’il devra s’assurer de la bonne réinsertion du camarade Sergueï Korolev, sous la supervision du colonel Serov ici présent. Dont acte. À la frontière suisse-allemande, en mai 1945, les soldats américains prennent en charge Wernher von Braun, un des ingénieurs ayant travaillé sur les missiles V2. Quelques années après la fin de la guerre, à l’institut technico-industriel de Saratov, Youri Gagarine a pu s’inscrire à l’aéroclub. Il s’y rend et vole avec un instructeur : en plein ciel, il n’éprouve plus aucun doute sur sa vocation de devenir pilote.

Les Russes ont commencé à travailler sur un programme de conception et de réalisation de missiles. Le test en cours se déroule de manière satisfaisante : la fusée a raté sa cible de trois kilomètres, or la précision n’est pas un facteur déterminant quand on parle de bombe atomique, on n’est pas à trois kilomètres près. Mars 1953, le comité central du Parti Communiste, le Conseil des ministres de l’Union Soviétique et le président du Soviet suprême s’adressent à tous les membres du Parti, et à tous les travailleurs de l’Union. Ils ont la douleur d’annoncer au Parti et aux travailleurs que le Premier Secrétaire Joseph Staline est décédé à 21h50 des suites d’une longue maladie. Dans son petit appartement, Korolev explique la situation à son épouse. Si c’est Beria qui prend le pouvoir, difficile de prévoir ce qui va se passer. D’une manière générale, l’armée apprécie que ses fusées puissent envoyer des bombes à des milliers de kilomètres, mais elles peuvent faire tellement mieux que ça. En mai 1953, repoussant les limites de l’impossible, l’alpiniste Edmund Hillary et le sherpa Tensing Norgay réussissent la conquête de l’Everest, plus haute montagne du monde. Quels exploits restent-ils à accomplir désormais ?

Marqué à vie
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Un beau défi : raconter la vie de Youri Gagarine (c’est ce qu’annonce le titre) avec un point de vue (un homme issu du peuple), mais bien sûr en restituant le contexte historique de la course à la conquête spatiale en pleine guerre froide. Même avec cent pages, il semble impossible de tout caser, à moins de consteller chaque page de copieux cartouches de texte. Le scénariste choisit une autre approche pour évoquer à la fois la biographie et à la fois l’Histoire. Le lecteur habitué des bandes dessinées historiques peut même s’en trouver un instant décontenancé, s’interroger sur le sérieux de l’entreprise. Voilà que la première page ne comprend que deux phylactères, laissant les dessins porter la narration. L’artiste réalise des dessins dans un registre descriptif et réaliste avec un bel usage des aplats de noir, une densité d’informations visuelles moyenne, avec un sens très vivant de la mise en scène. En sept cases, le lecteur comprend parfaitement comme le jeune esprit de ce garçon est définitivement marqué par l’apparition soudaine de cet avion, et par le pilote qui sort indemne de son cockpit.

Par la suite, le lecteur découvre plusieurs pages de ce type : des moments qui s’attardent sur le ressenti d’un individu, de Youri Gagarine et d’autres. Page 12 : deux soldats et deux scientifiques qui attendent en silence sous une toile de tente dans le froid, pour savoir si le tir de missile est une réussite ou un échec. Page 29 : le lancement d’une fusée depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, en mai 1957, avec une belle contreplongée pour se rendre compte de l’effet au sol. Page 43 : Youri Gagarine dans la centrifugeuse en train d’encaisser les G. Page 65 : Youri Gagarine s’éjectant de sa capsule pour finir son retour vers le sol, en parachute. Page 72 : le décollage et le retour de la capsule Apollo 11, dans une séquence visuelle qui fonctionne parfaitement car elle s’appuie sur des images passées dans l’inconscient collectif. Page 99 quand Gagarine prend conscience qu’il s’agit de son dernier vol et qu’il lui sera fatal. Etc. Dans ces pages-là, les qualités de la narration visuelle sautent aux yeux du lecteur : l’intelligence de la composition des pages, la justesse des expressions du visage et du langage corporel, le soin apporté à la reconstitution historique, avec un savant équilibre entre ce qui est montré pour dissiper toute incompréhension, et ce qui est laissé à l’imagination du lecteur pour ne pas surcharger les cases.

Historique
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La narration par les mots procède de la même démarche : un savant dosage entre l’exposé synthétique et clinique des faits, et l’expérience à taille humaine de cette entreprise historique. En découvrant la première page, le lecteur craint que la mise en perspective historique de la vie du cosmonaute ne soit réduite à sa plus simple expression. Le scénariste intègre habilement l’exposition des nombreux événements historiques en procédant à des choix parce que l’histoire de la conquête de l’espace ne tient pas dans une bande dessinée même à l’échelle de la vie de Youri Gagarine, et qu’en plus il s’agit d’une biographie de ce dernier. D’un autre côté, il est question de Sergueï Korolev (1906-1966), ingénieur, fondateur du programme spatial soviétique, dès la planche 3. Puis de Wernher von Braun (1912-1977), acteur majeur dans le développement des fusées, en particulier celles qui ont permis la conquête spatiale américaine.

Au cours d’une discussion, Von Braun évoque Hermann Oberth (1894-1989), physicien austro-hongrois, spécialiste de l’astronautique, et un des pères fondateurs du vol spatial. Le scénariste ne fait pas que rester à la surface des faits les plus connus. Il passe en revue plusieurs moments clé de la conquête spatiale comme le premier Spoutnik, la chienne Laïka (1954-1957), le singe Ham (1956-1983), premier chimpanzé dans l’espace, Valentina Terechkova (1937-) la première femme dans l’espace en 1963. Il prend soin également de ménager de la place pour pouvoir poser les jalons historiques indispensables tels que la mort de Joseph Staline (1878-1953) et l’arrivée au pouvoir de Nikita Khrouchtchev (1894-1971), et ses décisions concernant le programme spatial soviétique. Ou encore le célèbre discours de John Fitzgerald Kennedy (1917-1963) le 25 mai 1961 à Houston avec sa déclaration passée à la postérité : Nous avons choisi d’aller sur la Lune. Nous avons choisi d’aller sur la Lune au cours de cette décennie et d’accomplir d’autres choses encore, non pas parce que c’est facile, mais justement parce que c’est difficile.

Un retour surréaliste sur le plancher des vaches
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Dans le même temps, le lecteur voit bien que l’artiste reprend des images iconiques, par exemple le cosmodrome de Baïkonour, mais aussi sait recréer des moments qui n’ont pas été photographiés tels que l’atterrissage en parachute de Youri Gagarine, après son vol dans l’espace, ou les discussions entre Sergueï Korolev et un collaborateur. Du coup, même si l’Histoire occupe une place importante dans le récit, elle n’écrase pas la dimension biographique. Le lecteur peut suivre la vie de ce jeune homme depuis la petite ville de Klouchino, jusqu’à ses derniers instants. Il voit comment il est sélectionné dans le programme spatial soviétique, et son vol historique auxquels sont consacrées une vingtaine de pages. Le scénariste a fait le choix de ne pas trop s’appesantir sur la psychologie ou les émotions du premier cosmonaute. Il évoque sa vie de famille, l’impact de son statut de premier homme dans l’espace, ce qui lui donne une importance primordiale pour le gouvernement de l’URSS, mais aussi ce qui implique qu’il est hors de question de le mettre en danger. Du coup, étant laissé de côté dans la suite de la conquête spatiale, la bande dessinée se concentre plus sur celle-ci que sur lui pendant ces années.

Évoquer la vie de Youri Gagarine nécessite de contextualiser sa destinée au regard de l’Histoire de la conquête spatiale. Nikolavitch & Ruiz parviennent à un dosage qui constitue un bon compromis entre ces deux composantes. Une narration visuelle solide sans être alourdie par des dessins qui seraient photoréalistes, ce qui préserve également l’émotion. Des séquences qui ménagent les deux dimensions du récit : à la fois la vie de Gagarine, à la fois les principaux tenants et aboutissants de la course à l’espace. Il ne s’agit donc pas d’une reconstitution encyclopédique, plutôt d’une approche synthétique de la vie de Gagarine et des principales étapes menant jusqu’au premier homme à marcher sur la Lune. Cet ouvrage donne au lecteur l’envie d’en savoir plus.

Et la suite…
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BO :

38 comments

  • JP Nguyen  

    Gagarine : un homme qui ne comptait pas pour du beurre ! Apparemment, les planches ne sont pas tartinées de texte, et pourtant, avec la vie du personnage, le contexte historique et la compétition avec les américains, ça en fait des trucs à raconter… Pas trop de place pour du gras, en fait.
    Merci à Présence, la crème des commentateurs, pour cette invitation au voyage loin du plancher des vaches.

    • Présence  

      Merci pour ces mots d’esprit qui viennent insuffler un peu de légèreté dans un article pesant comme à mon habitude.

      • JP Nguyen  

        Taratata, halte à l’auto-dénigrement !
        Tu es le méga-boss des serial reviewers et ton style rigoureux et bienveillant n’est lourd que pour ceux qui n’aiment pas lire…

  • Surfer  

    En voilà un sujet intéressant :
    L’histoire de la conquête spatiale et la vie de Youri Gagarine. 👍
    Je me rends compte que, finalement, je ne connais pas bien ce personnage mis à part son exploit historique.
    Cette BD est une belle manière d’en savoir plus.
    Tu parles d’une œuvre avec une narration visuelle solide qui évite l’utilisation de trop de texte. C’est la principale chose que j’attends d’une BD : Les dessins qui portent la narration. Si ce n’est pas le cas je préfère lire un roman.

    La guerre froide à eu aussi du bon, la rivalité entre les soviétiques et les américains à permis des prouesses techniques incroyables😧. Sans cela, il n’y aurait pas eu de conquête spatiale.
    Une nouvelle puissance mondiale arrive et veut s’affirmer : La Chine.
    Peut-être que cela donnera un nouvel élan à cette conquête.

    La BO: J’aime bien la musique de JM jarre en musique de fond ou d’ambiance.

    • zen arcade  

      « La BO: J’aime bien la musique de JM jarre en musique de fond ou d’ambiance. »

      Pour moi, ça sera plutôt le Yuri-G de PJ Harvey.

      • Surfer  

        Je connais mal, PJ Harvey. Juste quelques titres (celui d’hier par exemple). Ses singles entendus sur les ondes ne m’ont jamais emballé au point de vouloir découvrir un de ses albums.
        Mais puisque, à priori, elle fait l’unanimité sur le blog j’essaierai de m’intéresser d’un peu plus près à sa discographie. L’album dont est issu Yuri-G par exemple ?
        Concernant les musiques d’ambiance je privilégie les instrumentaux. Philip Glass par exemple 👍

        • Jyrille  

          Yuri-G est issu de son second disque, Rid Of Me. Mais son meilleur reste à mes yeux son troisième, To Bring You My Love. Pour un album plus apaisé, tu peux tenter White Chalk ou Stories From the City, Stories From the Sea.

          • Surfer  

            On va essayer tout ça. Merci de tes conseils 😉

    • Présence  

      @Surfer –

      Une narration visuelle solide qui évite l’utilisation de trop de texte : je reconnais que j’avais un fort a priori sur la forme avant d’ouvrir cette BD et que j’ai été épaté par la manière Alex a conçu son récit pour éviter les gros pavés de texte.

      Jean-Michel Jarre : le choix est de mon crû et je l’assume, j’en suis fan depuis Équinoxe.

  • Nikolavitch  

    Alors, les vols américains qui sont montrés, ce sont les tirs Mercury et Gemini, bien avant la conquête de la Lune (qui n’est évoquée que sur l’avant-dernière page).

    Oui, cette narration très « cut », c’est un choix : de base, la biographie en BD est un genre ultra casse-gueule, dégoulinant de texte, en général. La plupart du temps, je n’aime pas ça du tout, parce que narrativement, c’est dévoré par le sujet et ça ne donne pas forcément de la bonne BD. D’où ce paradoxe : ces dix dernières années, j’ai quasiment fait que ça en BD, et ma note d’intention dans ce domaine est toujours de contourner cet écueil. Le plus gros de mon boulot, c’est de contextualiser et d’aller à l’essentiel sans me retrouver avec un chapelet de faits indigestes. D’où un gros travail de mise en scène et de découpage. L’astuce est de trouver dès le départ un angle, à la façon d’un journaliste. Dans le cas de Lovecraft, c’était démonter la légende du « reclus de Providence » en montrant comment l’écrivain était complètement autre chose, à des éons de l’asocial généralement décrit. Pour Gagarine, c’était montrer la machinerie politique et technique dont il devient un simple rouage. Après, c’est clair que bosser avec Felix Ruiz aide drôlement : je sais que je peux me reposer pour certaines scènes sur son sens visuel épatant.

    • Présence  

      Les vols américains sont les tirs Mercury et Gemini : oups!

      La narration très cut : je te tire mon chapeau, parce que ce n’est pas ce à quoi je m’attendais, m’étant préparé à un sujet dévorant la biographie et une forme de bande dessinée, finalement peu visuelle. Dans un premier temps, j’ai été déstabilisé de ne pas trouver ce à quoi je m’étais préparé, puis le plaisir de la lecture a pris le dessus.

      Par exemple, les planches quasi silencieuses où Gagarine se retrouve sur le plancher des vaches fonctionnent à merveille, à la fois pour se mettre à la place du personnage, à la fois pour donner à voir ce décalage entre son expérience de l’espace et la vie terrienne.

      • Nikolavitch  

        à ce propos, lisez ce qu’a dit William Shattner de son expérience dans l’espace. ça l’a quasi traumatisé.

    • Matt  

      Tiens Niko à ce propos, tu sais ce que donne les BD sur les reines de sang ?
      Niveau Histoire (avec un grand H) j’ai toujours trouvé que la BD pouvait être une façon cool d’apprendre des trucs (parfois faux mais…bon les livres d’Histoire se plantent aussi à chaque nouvelle découverte)
      Mais j’ai souvent l’impression que c’est casse gueule en effet et que c’est blindé de texte, et que ça reste une énumération de faits illustrés avec trop d’ellipses.

      En tous cas c’est intéressant cette BD. Je ne savais pas que tu avais fait autre chose que celle sur Lovecraft. J’avoue que je ne suis pas trop.
      Je connais mal l’histoire de Gagarine aussi. ça peut me tenter.

      • Présence  

        Un exemple des reines de sang : Jeanne la mâle reine

        les-bd-de-presence.blogspot.com/2022/10/les-reines-de-sang-jeanne-la-male-reine.html

      • Nikolavitch  

        J’ai une petite vingtaine d’albums à mon actif. Dont Spawn Simpnie, dessiné par Aleksi Briclot, qui avait bien marché à l’époque.

      • Nikolavitch  

        J’ai pas lu, les Reines de Sang.

        après, l’histoire, c’est souvent compliqué à faire. sur plein de sujets, on vit encore beaucoup sur des visions héritées du 19e siècle, voire d’avant, dont on a du mal à se débarrasser.

        sur la contemporaine, c’est pire, parce que ça se teinte encore plus de politique.

      • Présence  

        Les reines de sang est le titre d’une collection comprenant aussi bien des récits en tome, qu’en 3 ou 4 tomes par des équipes créatrices différentes, pour les reines suivantes.

        – Marie Tudor
        – Catherine Sforza
        – Kahina
        – Les trois Julia
        – Cléopâtre
        – Roxelane
        – Nji nga
        – Alinéor
        – Constance d’Antioche
        – Catherine de Médicis
        – Tseu Hi
        – Frédégonde
        – Isabelle la louve

        • Matt  

          Tu en as lu d’autres que Jeanne de Bourgogne ? Tu en conseilles certaines ?

          • Présence  

            Pour l’instant, je n’ai lu que les 2 premiers tomes de Jeanne la mâle reine (le 3ème n’étant plus très loin dans ma pile). C’était une première pour moi que de tenter une bande dessinée à vocation historique, avec l’effet évoqué par Alex : des pavés de texte pour apporter les informations nécessaires au contexte historique.

            Mon choix a porté sur cette trilogie en raison de la scénariste qui est médiéviste de formation. Si le plaisir de lecture est au rendez-vous, je pense me laisser tenter par Frédégonde (2 tomes) également écrit par une autrice.

          • Eddy Vanleffe  

            La collection Reine de Sang ça me tente bien par contre, c’est le kiff tout ça.

          • Présence  

            Comme le fait observer Alex, les bandes dessinées de cette collection La reine de sang, respectent des spécificités de cahier des charges assez affirmées, que ce soit sur l’écriture ou sur le registre des dessins.

  • Jyrille  

    Ah tiens encore une bd scénarisée par Alex ! Je n’en avais jamais entendu parler. Les dessins ont l’air chouettes et ça peut en effet être très intéressant. A l’occasion donc, car je te crois totalement, Présence, lorsque tu dis qu’elle donne envie d’en savoir plus.

    Je me demande quelles sources ont été utilisées car j’ai l’impression que cela colle beaucoup à l’histoire réelle. Alex, j’aime beaucoup le fait que tu tentes de faire de la bd plutôt que de caser un maximum d’informations en texte.

    La BO : horrible malgré quelques bons passages. Je vote pour le choix de Zen Arcade.

    • Nikolavitch  

      Mes sources, ce sont des bouquins sur la conquête spatiale, des documentaires sur Korolev, les comptes rendus d’époque du vol de Gagarine, etc… C’est un projet que j’avais en tête depuis 2015, à peu près, sur un sujet qui me tenait de toute façon à coeur depuis longtemps.

    • Présence  

      Envie d’en savoir plus : c’est la conséquence de la narration très cut qu’évoque Alex.

      Pour quelqu’un de mon âge, c’est aussi la très forte impression laissée par l’événement sur mes parents qui l’ont vécu en direct et qui m’en ont parlé quand j’étais enfant.

      • Jyrille  

        Merci pour vos retours ! J’avoue que chez moi, c’est davantage de l’alunissage de 69 dont on m’a parlé.

  • Bruce lit  

    Je me rappellerai longtemps de l’oeil gourmand de Présence lorsque je lui ai proposé de lui faire la bd d’Alex. Une curiosité dont je savais qu’elle rencontrerai le puit de science de Niko.
    Moi, j’ai pu lui dire de vive voix que j’avais été frustré de voir l’homme oublié derrière la conquête spatiale. J’aime l’émotion (mais pas la sensiblerie), les sentiments humains et….et…Alex, c’est pas son truc quoi…
    D’où l’impression parfois que Gagarine n’est que le paravent à l’histoire que Niko voulait raconter.
    Pourtant j’ai appris plein de choses : la relation entre les fusées et le nazisme ainsi que les conditions rocambolesques de la mort de Youri.
    Et puis la cover de Felix en impose mais grave !

    • Présence  

      Merci chef de m’avoir fait découvrir (et prêté) cette BD.

  • Alchimie des mots  

    Superbe article, je ne savais pas que Nikolavitch scénarisé des BDs ou du moins, je l’avais oublié !
    Une histoire complète en plus, quoi de plus beau!
    merci!

    • Présence  

      En plus une réussite sur la relation entre un contexte historique complexe et une vie extraordinaire.

  • Fletcher Arrowsmith  

    Bonsoir Présence,

    vendu. La conquête de l’espace est un sujet qui m’intéresse depuis que j’ai vu tout petit l’étoffe des héros (et accessoirement la découverte ensuite de Tom Wolfe).

    La dernière fois que j’ai vu Youri Gagarine en BD cela doit être dans le seul récit de Hickman que j’apprécie, MANHATTAN PROJECTS.

    Superbe article, qui fait une nouvelle fois la part belle à la conception de l’oeuvre, implicite et explicite. En plus les interventions d’Alex complète parfaitement tes propos.

    Graphiquement j’adhère complètement. Bref il me tarde de le posséder.

    La BO : fan de JM Jarre également mais je ne connaissais pas ce titre. Pas mon préféré à l’arrivée (le PJ Harvey proposé est très bien par contre, et je valide aussi Stories From The City, Stories From The Sea)

    Pour illustrer le voyage de Gagarine j’aurais bien vu un BACK IN USSR des Beatles.

    • Présence  

      La version de Youri Gagarine dans Manhattan Projects est inoubliable.

      Curieux de connaître ta réaction après la lecture de cette BD.

      • Fletcher Arrowsmith  

        Bonjour Présence,

        ma réaction après lecture (achat du week-end).

        J’ai passé un très bon moment avec le spécial DAFT PUNK sur CERTAINS L’AIMENT FIP hier soir en fond sonore. J’avais la tête dans les étoiles.

        J’ai apprécié l’apure du propos et des dessins. Je vais toujours à reculons sur des biographie où la partie textes et le côté fourre tout empêche l’art séquentiel de se développer. Pas de romance ni d’action ici mais un style qui permet de rentrer rapidement dans le cœur de cette course aux étoiles à travers 3 personnages essentiels (Gagarine, Von Braun et Korolev).

        On se laisse porter, on tourne les pages facilement avec cette envie de plonger dans des manuels scientifiques ou d’histoires, d’ouvre Wikipédia ou de chercher des vidéos.

        Clairement une bd que je recommande avec en effet une couverture superbe.

        • Présence  

          Merci beaucoup pour ce retour (ouf, un client satisfait 😀 )

  • Tornado  

    C’est vrai que la couverture envoie du bois !
    La première fois que je l’ai vue, j’ai cru que c’était un super héros ! (genre super-héros des prolétaires !). Il m’a fallu un moment avant de capter le sous-titre indiquant qu’il s’agissait de la vie de Gagarine.
    Mort à 34 ans. Quand même… On peut vraiment dire qu’il aura brulé sa vie ! Presque une rock star.

    a BO : Je ne suis jamais arrivé à entrer dans l’univers de JMJ. J’y suis complètement hermétique ! Trop de synthé tue le synthé.

    • Matt  

      Je me suis demandé si la thématique de la semaine était les gens morts dans la trentaine…
      Déjà Marilyn lundi.
      Mais ce serait un peu glauque.

      Et ça ne marche pas avec Dominique Grange aujourd’hui^^

    • Présence  

      Gagarine aura brûlé sa vie : pas vraiment. Comme l’explicite Alex plus haut, la BD montre la machinerie politique et technique dont il devient un simple rouage.

  • Eddy Vanleffe  

    Rien que pour le personnage, l’anecdote et le coté historique, je suis emballé et je vais lire ça dès que je peux.

    • Présence  

      En plus, ça se lit tout seul grâce aux choix opérés par Alex Nikolavitch, et à sa ligne directrice qui fonctionne bien.

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