RECHERCHE AGNÈS DÉSESPÉRÉMENT (Fotogenico)

FOTOGENICO de Marcia Romano et Benoit Sabatier

Un article de LUDOVIC SANCHES

« Raoul débarque à Marseille. Il cherche Agnès, sa fille. En collant aux basques de ce héros paumé, Marcia Romano et Benoît Sabatier filment une Marseille loin de tous les clichés, une ville colorée, une ville féminine, une ville électrique, une ville rock et signent avec FOTOGENICO un des Ovnis les plus cools du cinéma français recents »

Marcia Romano a étudié le cinéma à l’Université et à la Femis, tout en travaillant à la caisse du cinéma le MacMahon dans le 17eme à Paris. Elle devient scénariste, écrit pour la télé comme pour le cinéma. Elle passe à la réalisation en 2010 et signe en 2015 LE MORAL DES TROUPES, un long métrage auto-produit pour 20000 euros avec des comédiens non professionnels qu’elle coréalise avec Benoit Sabatier.

Benoit Sabatier est journaliste, critique rock, écrivain, il a exercé sa plume chez Rock&Folk, Technikart ou Gonzaï. En 2024 sort en salles FOTOGENICO présenté au Festival de Cannes dans la sélection de l’ACID..

© EnviedeTempête/JRH Films source: site du distributeur

FOTOGENICO, c’est l’histoire d’un mec qui débarque à Marseille, il est en quelque sorte recraché par la bouche du métro (car Marseille, on le verra, est une ville qui peut aussi vous engloutir) et va s’immerger dans la cité phocéenne. Ce mec, c’est Raoul, un type venu de nulle part qui a les yeux clairs et la moustache de Christophe Paou, qu’on avait vu en séducteur inquiétant dans le superbe film d’Alain Guiraudie, L’INCONNU DU LAC (2013). Des les premiers plans, la caméra épouse son parcours, lui colle aux basques, on ne va pas le lâcher et pour ainsi dire, il porte le film à bout de bras.

L’autre personnage principal du film, c’est donc Marseille que les deux cinéastes avaient déjà filmé dans LE MORAL DES TROUPES et dans laquelle ils se sont installés depuis plusieurs années. C’est plus qu’un décor: rompant avec le folklore local comme avec le réalisme social à la Guédiguian, ils donnent une vision à la fois stylisée et brute de décoffrage de Marseille, entre lumière ensoleillée et néons flashy, apparts délabrés et lieux artificiels saturés de fétiches, terrains vagues et murs tagués aux couleurs agressives.

© EnviedeTempête/JRH Films

L’énergie de la ville est d’autant plus un carburant pour le film que le parcours du personnage principal, Raoul, se voit vite semé d’embuches et d’impasses. En effet, on ne sait ni qui il est ni d’ou il vient, mais il a un but précis: il cherche sa fille, Agnès. En ce sens, Raoul s’inscrit dans la tradition de ces personnages qui enquêtent pour retrouver quelqu’un et dont la quête est comme une obsession monomaniaque. On pourrait voir en lui le descendant lointain de ces héros américains sortis de la cuisse du personnage de John Wayne dans LA PRISONNIÈRE DU DÉSERT de John Ford, lui aussi cherche sa Natalie Wood (« Let’s go home, Debbie !« ) et va se plonger dans un monde de l’altérité absolue dans lequel il est totalement largué et d’un autre temps.

Le coup de génie de Christophe Paou, c’est de jouer ce personnage tragique comme un personnage de comédie. Raoul est une figure de bande dessinée, un corps burlesque, jamais à sa place nulle part, toujours en trop dans le cadre, comme si la caméra devait sans cesse s’adapter pour pouvoir le suivre, pour pouvoir épouser son humeur entre euphorie alcoolisée et crises de narcolepsie: il s’endort sur une table et se réveille dans une baignoire sans savoir comment il est arrivé là. La caméra est toujours mouvante de fait, dans un travelling ou à l’épaule, un peu fiévreuse, puis soudain un recadrage imprévisible. A l’image du personnage de roller-girl joué par Roxane Mesquida, le film ne semble pas tenir à sa place.

© EnviedeTempête/JRH Films

Raoul est un intrus, il emmerde son monde, squatte des apparts, un lit, un canapé, se saoule en volant des bouteilles de vin, s’habille avec des fringues qui ne sont pas les siennes et quand il n’en a pas, se balade en slip rouge dans les rues de Marseille car il n’a plus rien, on lui a tout piqué, sa voiture, ses vêtements, en perdant Agnès, il a tout perdu. Arrivé à Marseille, il s’aperçoit vite que toutes les pistes qu’il avait pour retrouver la trace d’Agnès sont fausses, en effet, sa fille ne lui a en fait raconter que des craques. Son drame, c’est donc aussi qu’il ne la connaissait pas vraiment. Le seul truc tangible, réel, sur lequel il va tomber, c’est un disque: Agnès faisait partie d’un groupe, Fotogenico et avec trois autres filles, Tina, Venus et Brune, elles avaient enregistré un album. Ce disque, c’est le lien qui va l’unir avec sa fille disparue, c’est l’autre personnage important, cet objet, ce vinyle que Raoul va se trimballer tout du long, auquel il s’accroche comme à un dernier espoir, et puis la musique qui vient électriser le film, jusqu’a dynamiter sa forme et dicter son rythme.

C’est d’ailleurs une de ses grandes réussites d’avoir réussi à donner une vraie existence au disque de Fotogenico (grâce au travail du duo électro FROID DUB formé par Stéphane Bodin et François Marché) et d’en faire plus qu’un simple MacGuffin: à la fin du film, on a l’impression de l’avoir écouté et de comprendre l’importance qu’il a pour les personnages.

© EnviedeTempête/JRH Films

Dans un entretien pour le magazine Gonzaï, Benoit Sabatier déclarait que « la culture rock est partout et pourtant, il n’y a aucun film rock’n’roll en France » et Marcia Romano témoignait d’une frustration par rapport au genre du film musical dans le cinéma français qui se cantonne souvent aux biopics autour d’artistes ultra populaires. FOTOGENICO, c’est donc aussi leur tentative de réaliser un authentique film rock, un objet post-punk dans le fond comme dans la forme. Cela tient aussi au fait qu’on sent que la vitalité du film vient de la manière dont les deux cinéastes se sont laissés portés par les accidents et l’énergie du tournage: bien qu’étant parti avec un scénario très écrit, sans improvisation et en pensant en amont aux acteurs (les rôles ont été conçus pour Christophe Paou ou Roxane Mesquida), le film donne l’impression d’avoir été bricolé à l’instinct, fabriquant ses propres règles en cours de route.

Pour l’acteur John Arnold, ils ont crée ce personnage d’avocat bidon et de vrai dealer surnommé Lekooze qui fait comprendre à Raoul que sa fille était devenue toxico (il faut d’ailleurs le voir pousser l’investigation jusqu’au bout en regardant un tuto sur Internet sur comment se faire un fix) et qui se voudrait apprenti-écrivain en essayant de rédiger ses mémoires. A fond dans son rôle de justicier, Raoul essaiera de lui régler son compte notamment en balançant en l’air son manuscrit: on peut y voir un clin d’œil des deux cinéastes qui nous disent aussi que parfois il faut savoir mettre de côté ce qu’on a écrit et accueillir l’imprévu. Le vrai style se trouve ailleurs.

© EnviedeTempête/JRH Films

Ca tombe bien: c’est aussi un peu le trajet de Raoul dans le film quand il va rencontrer les amies de sa fille. Ces nanas donnent un visage à cette ville de Marseille, ce ne sont pas juste des personnages qui auraient une fonction dans l’intrigue, ce n’est pas ce qu’on retient, par contre, on n’oublie pas leurs visages, leurs allures, leurs personnalités, la voix grave et le sourire enfantin d’Angèle Metzger ou le charisme farouche et l’accent espagnol de Bella Baguena, c’est aussi une des beautés de FOTOGENICO, cette émotion face à des gens et des corps  qu’on a pas l’habitude de voir dans le tout venant des films.

Malgré la tristesse des thèmes qui le traverse, FOTOGENICO réussit à mettre son insolente vitalité au service d’une belle utopie sans pour autant verser dans l’angélisme ou dans un romantisme naïf, le lien, certes fragile, qui va se créer entre ce quinqua paumé et ces jeunes amazones modernes et qui à l’arrache et avec beaucoup de débrouille et de récup, redonneront vie à la musique de Fotogenico et feront une dernière fois résonner la voix d’Agnès.

La bande originale de FOTOGENICO composée par FROID DUB (avec la voix d’Emma Amaretto) est par ailleurs disponible en format numérique et en vinyle sur le label Delodio et sur toutes les plateformes.

Le visuel du fameux disque vinyle de Fotogenico

La BO du jour:

FROID DUB – A.G.N.E.S. (Fotogenico Version):

20 comments

  • Fletcher Arrowsmith  

    Hello Ludovic.

    Plus j’avançais dans l’article et les images plus je me disais qu’il y avait un côté gonzo, rock dans ce film. Et puis je tombe sur :
    « Dans un entretien pour le magazine Gonzaï, Benoit Sabatier déclarait que « la culture rock est partout et pourtant, il n’y a aucun film rock’n’roll en France » et Marcia Romano témoignait d’une frustration par rapport au genre du film musical dans le cinéma français qui se cantonne souvent aux biopics autour d’artistes ultra populaires. FOTOGENICO, c’est donc aussi leur tentative de réaliser un authentique film rock, un objet post-punk dans le fond comme dans la forme »

    Donc on est d’accord. L’image chez le disquaire fait très cinéma indé américain.

    Tout pour me plaire alors que je n’aime pas la ville de Marseille.

    Recherche sa fille, musique et ambiance tendance punk-rock, déambulation : cela m’a fait penser à SIRAT, autre très grand film présenté à Cannes (l’an dernier).

    Merci pour la recommandation .

    • Ludovic  

      Oui Fletcher, c’est totalement ça et la comparaison avec SIRAT n’est pas aberrante, même si les deux films sont fondamentalement très différents, on a deux films construits avec la musique et imprégnés de tout un état d’esprit qui va avec, les deux films fonctionnant moins sur une narration classique au sens d’une intrigue qu’il faudrait dérouler autour d »enjeux dramatiques précis que sur une succession de moments dont l’ambiance, le rythme, l’humeur se modulent comme au fur à mesure des morceaux d’un album rock ou d’électro.

  • zen arcade  

    Hello ludovic.
    Fotogenico est un des nombreux films qui figurent dans ma liste de films à voir. Ton article me donne envie de m’y pencher enfin. Quand ce sera fait, je reviendrai lire ton article.

    • Ludovic  

      Merci Zen ! J’espère que tu apprécieras le film autant que moi, je l’avais découvert en avant première à Paris, peu de temps après sa projection cannoise, et en présence de l’équipe du film. Ça reste un chouette souvenir.

  • JB  

    Merci pour cette présentation !
    C’est étrange : avec les seules prémisses, ce n’est pas du tout le genre de film qui m’intéresse. Mais ce panorama combiné avec des images à l’esthétique très fin 70s/début 80s avec une touche de bis italien (en tout cas, c’est l’impression que le visuel de l’album me donne) donne un effet très magnétique !

    • Ludovic  

      Merci JB ! ca reste un film qui a une vraie singularité et une certaine séduction même si on peut ne pas accrocher à son ton et à son style, en tous cas, ça restait une proposition atypique surtout dans le paysage actuel du cinéma français.

  • Bruno. ;)  

    Il est très enthousiasmant, ton article !
    C’est vrai que ton inventaire de ses qualités et intérêts sonne comme une critique d’une création musicale : il y a beaucoup « d’ambiance » rendue au travers de tes mots, comme si tu parlais d’un album populaire.
    Bon, puisque les auteurs ont délibérément donné une forme plutôt Rock à leur film -ne serait-ce qu’au travers de cette supposée spontanéité du tournage, au détriment d’une fidélité maniaque vis-à-vis du scénario-, j’en déduis que tu as parfaitement fonctionné à la forme du tout, plutôt ludique, donc.
    C’est souvent une richesse ajouté, cette collaboration colorée libertaire, entre ce qui est prévu et ce qui s’improvise : ça signifie une entente entre (tous !) les intervenants, et c’est gage de vitalité, à minima, pour la création en jeu.

    Le sujet, par contre, me refroidit un peu : l’incertitude du sort des êtres aimés, c’est probablement une angoisse qui risque de me faire un poil trop de mal, à ressentir pendant un peu plus d’une heure. Surtout que le Christophe Paou, même si ici employé différemment, il est effectivement très flippant dans le film de Guiraudie (et même encore plus à poil !). M’a carrément filé des angoisses, à regarder (et écouter !).
    J’essayerai certainement -et m’enfuirai avant la fin, comme avec Sirat.
    Merci !

    • Ludovic  

      Merci Bruno ! le film est quand même moins traumatisant que SIRAT 🙂
      Quant à Christophe Paou, il avait beau être glaçant dans le film de Guiraudie, il montre ici une telle nature comique qu’on oublie vite son personnage de tueur de L’INCONNU DU LAC, ce personnage de loser avec son regard ahuri et sa dégaine pas possible, complétement à côté de la plaque, il se l’approprie immédiatement.

  • Tornado  

    Y’a plein de trucs dans l’article qui m’ont donné envie de voir ça.
    En revanche il y a un truc qui va me retenir hélas : le mot « Punk »..,

    • Ludovic  

      Ah ah ! ta fameuse allergie au punk ! il doit bien y avoir un objet culturel plus ou moins lié à la culture punk que tu serai susceptible d’apprécier, non ?
      Enfin si tu as l’occasion de voir FOTOGENICO, n’hésites pas à me dire si tu as aimé !

      • Tornado  

        Je disais ça pour rire évidemment. Je ne peux pas écouter du punk, j’ai pas la neurone (idem avec le rap). Mais j’aime bien explorer ces univers underground, notamment par le prisme du cinéma (SYD & NANCY, 8 MILES, voilà des films que j’ai adorés au-delà de la musique).

  • Jyrille  

    Je n’avais jamais entendu parler de ce film, ni de ses acteurs et actrices et réalisateurs-trices. A première vue, ça me rappelle les films français dont tu as fait un article qui copient un peu les gialli (je dois toujours les voir, a priori ils sont sur Canal+). Tu parles du style et lorsque je vois les photos en extraits, il semblerait que tout le monde soit habillé de manière exubérante, comme si tout le monde vivait dans les années 70. J’ai bien aimé la BO, ça sonne en effet très punk, un peu Suicide, il va falloir que je tente le disque.

    Ca pourrait me plaire, je sens comme une filiation avec le cinéma de Dupieux : la pochette du disque ressemble beaucoup aux productions de ELVIFRANCE, ces bandes dessinées de mauvaise qualité d’édition et de bds érotiques ou pornographiques pour adultes.

    • Ludovic  

      Oui, disons qu’on est dans un cinéma français qui tente de faire un pas de côté par rapport à un certain naturalisme, même si on est pas non plus dans une stylisation ou une artificialité revendiquée qui serait celle de Cattet et Forzani ou du cinéma de Bertrand Mandico ou même de Dupieux que tu cites… ce qui relie par contre tous ces films, c’est cette manière de faire avec trois fois rien en dehors des codes d’une cinéma industriel (même si maintenant Dupieux est devenu une industrie à lui tout seul, mais c’est un autre sujet…).

    • Ludovic  

      Et en effet tu as raison, le visuel du faux vinyle de Fotogenico est repris d’une couverture d’un pocket Elvifrance qui s’appelait ROUGE SANG, couverture dont Christophe Bier avait repris le visuel pour son livre anthologique PULSIONS GRAPHIQUES consacré au fameux éditeur de bande dessinée pour adultes…

      • Jyrille  

        Ah cool, merci pour les références ! Je n’arriverai jamais à me souvenir de tous ces noms (Cattet et Forzani, c’est bien ça)…

        « cette manière de faire avec trois fois rien en dehors des codes d’une cinéma industriel » Alors ça, c’est totalement punk, c’est la débrouillardise, la réussite en faisant des économies, en bricolant, en demandant aux potes etc… Comme la création de Eraserhead, non ?

  • Bruce Lit  

    J’ai une admiration incommensurable pour Benoit Sabatier, son écriture, son histoire du rock : Nous sommes jeunes, nous sommes fiers.
    Ton article toujours mijoté aux petits oignons m’apprend l’existence d’une écriture cinématographique. Je vais tacher de voir ça très vite, merci.

    • Ludovic  

      Je ne sais pas du tout où est ce que le film est visible à l’heure actuelle mais si tu tombes dessus, j’espère qu’il te plaire autant que moi !

  • Présence  

    Le personnage va se plonger dans un monde de l’altérité absolue dans lequel il est totalement largué et d’un autre temps. – Voilà qui promet une suite d’expériences traumatisantes, forcément transformatrices.

    Son drame, c’est qu’il ne connaissait pas vraiment sa fille : un questionnement lui aussi radical sur le lien qu’on entretient avec ses enfants, sur une relation qui peut être fusionnelle et pourtant ils vivent leur propre vie, leurs propres expériences, leurs propres relations, étant des êtres à part entière d’une autre génération.

    Le film donne l’impression d’avoir été bricolé à l’instinct, fabriquant ses propres règles en cours de route. – Une forme d’écriture que je trouve très aboutie, très riche. Elle m’évoque le mode d’écriture du bédéaste Edmond Baudoin : une narration et une structure qui semblent très libres, au fil de la plume, au gré d’associations d’idées du flux de conscience, et en même temps sans aucune répétition, avec une forme de progression qui atteste bien de la structuration du récit. Très fort.

  • zen arcade  

    Hello Ludovic,
    Comme je l’écrivais plus haut, ton article m’a incité à placer Fotogenico en haut de ma pile de films à voir. Et maintenant, je peux dire que ce fût une bonne idée.
    J’ai beaucoup aimé ce film très singulier et porté par une vraie belle énergie. Découvrir un tel film, tellement éloigné des standards du cinéma français, procure un réel plaisir. C’est parfois inégal (pas trop convaincu par le dealer écrivain) mais tous les autres personnages sont très bien. Christophe Paou est génial mais les petites punkettres existent aussi et sont touchantes. Et oui, Marseille n’a jamais été filmé comme ça. Et la musique est top.

    • Ludovic  

      ravi que ca t’aies plu, Zen ! tu sais, c’est rigolo, je suis né à Marseille et bon je ne fais pas spécialement partie de ceux qui sont attachés à cette ville au point d’aimer la voir sur un écran de cinéma (surtout quand c’est dans TAXI !!!) mais oui, c’est une des qualités de FOTOGENICO, j’ai aussi aimé le Marseille qu’on voit dans le film et oui, je l’avais jamais vue filmée comme ça !

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