Spirale infernale (Sirale de Junji ito)

Uzumaki par Junji Ito

Un article de  : MATTIE-BOY

1ère publication le 22/12/18 – MAJ le 20/03/21

VF manga : Tonkam

VF film : StudioCanal

Enfin une intégrale chez Delcourt !

Aujourd’hui je m’attaque à Spirale (Uzumaki), un des plus célèbres mangas de Junji Ito, constitué de 3 tomes, réalisé entre 1998 et 1999 et que beaucoup considèrent comme un des meilleurs de son auteur.

Et pour ne pas faire les choses à moitié, je vous propose une critique comparative puisque j’ai également vu l’adaptation cinématographique de ce manga par Higuchinsky. Je vous parlerai donc tout d’abord du manga avant d’aborder le film pour voir si c’en est une bonne adaptation.

Alors que dire de Spirale ? Ce manga me narguait depuis longtemps. Je l’avais acheté mais je le gardais pour plus tard car il m’intimidait. La faute à sa réputation de manga psychédélico-morbide jusqu’au-boutiste dément (ouais, rien que ça !). Mais n’ayant plus rien à lire du mangaka (car je n’arrive plus à mettre la main sur d’autres œuvres), il a bien fallu que je franchisse le pas. Et au final…j’ai été un peu déçu. Oh, le manga a ses qualités ! Mais il n’y a vraiment rien de pire que la hype pour donner de faux espoirs ou se faire de fausses idées sur une œuvre. Vous, les mecs du net qui en avez fait des caisses, je vous déteste ! Ahem…mais le manga n’est pas mauvais pour autant. Il n’est juste pas mon préféré. Ni celui qui m’a mis le plus mal à l’aise. Pourtant, ça va quand même loin ! Cela reste une des œuvres les plus dingues de son auteur.

Le pitch est assez simple. Dans une petite ville paumée dans les collines, certaines personnes vont progressivement devenir de plus en plus obsédées par les spirales. Oui, la forme géométrique de la spirale, tout simplement. Cela commence avec le père du jeune Shuichi, un des deux protagonistes (avec son amie Kirie). Il va se mettre à collectionner toutes sortes d’objets en forme de spirale. Tout dans son atelier va finir par ressembler à une spirale, et il va se mettre à s’arrêter dans la rue en voyant toute chose qui lui rappelle cette forme (comme une coquille d’escargot).

Tout commence par une obsession fatale

Tout commence par une obsession fatale
© Tonkham

Une sorte de malédiction semble s’abattre sur lui quand il parvient aussi à former une spirale avec sa langue ou à bouger ses yeux indépendamment l’un de l’autre comme ceux d’un caméléon. Il sera finalement retrouvé mort, le corps disloqué et enroulé comme une spirale. S’est-il fait ça tout seul ? Mystère. Toujours est-il qu’il sera incinéré et que ses cendres formeront une spirale dans le ciel avant de retomber dans le lac des libellules.
Globalement une bonne partie du manga est consacré à des manifestations de plus en plus bizarres et violentes de la malédiction de la spirale. Un trou va se former au milieu du front d’une camarade de Kirie, allant jusqu’à avaler ses yeux, puis tout son corps. Des cheveux bouclés prenant la forme de multiples spirales vont aspirer la vie de leur hôte, des personnes vont s’enrouler les unes aux autres, formant des amas de chair grotesques (mais toujours vivants), etc.

Il y a aussi un passage sur des enfants qui se rendent compte qu’ils peuvent déclencher des spirales en brassant l’air (donc des mini tornades) et qui vont s’en prendre à n’importe qui pour s’amuser comme grisés par leurs nouveaux pouvoirs. On navigue dans une ambiance de pure folie hystérique avec une entière population entassée dans des bâtiments, dont les membres sont tous déformés et noués entre eux. Un véritable cauchemar grotesque.

Tu veux jeter un œil ?

Tu veux jeter un œil ?
© Tonkham

Et quand les habitants chercheront à fuir la ville, il leur sera impossible d’en trouver la sortie, comme si la ville entière avait pris la forme d’une spirale avec des rues qui ne font que tourner en rond. Des phénomènes de plus en plus dingues vont ravager la ville et ne laisser debout que les bâtiments les plus anciens, liés à la curieuse histoire de ce lieu maudit.

C’est visuellement toujours très créatif et malsain, avec un sentiment de paranoïa palpable chez les personnages qui vont se mettre à se méfier de n’importe quelle forme arrondie leur rappelant une spirale et vivant dans la peur de se transformer. Un des passages les plus marquants est surement lorsque la mère de Shuichi, terrifiée par les spirales suite à la mort de son époux, se rend compte que la cochlée (organe auditif interne) est en forme de spirale. La lente progression de la malédiction est également bien traitée avec des manifestations mystérieuses bien trouvées. Et visuellement, outre les diverses transformations, l’auteur fait preuve d’un grand talent pour créer des architectures en forme de spirale à l’échelle d’une ville. Cela filerait presque le vertige. Ito ne fournira pas d’explication claire à cette malédiction mais nous donnera tout de même une piste avec un bout d’histoire sur cette ancienne ville qui subirait ce phénomène à fréquence régulière au fil des siècles, et cela à cause d’un très ancien site souterrain remontant sans doute à des temps immémoriaux qui rappellera les cités perdues antédiluviennes chères à l’écrivain H.P Lovecraft.

 Enfer de chair

Enfer de chair
© Tonkham

Le problème que j’ai eu avec Spirale finalement, c’est que c’est trop long. Ou plutôt que Ito s’éparpille. Techniquement on pourrait croire que Spirale est une longue histoire unique…mais en fait pas vraiment. Elle est beaucoup plus décousue que Gyo  , le mort amoureux, Black Paradox ou Rémina . Elle est techniquement plus proche de Tomié, une succession de chapitres racontant des mini histoires, mais dont les personnages récurrents sont les deux héros. Et cela pose un léger problème.

Contrairement au personnage de Tomié qui changeait d’endroit pour aller pourrir la vie de plein de personnages, ici on suit deux héros qui évoluent dans un lieu unique de plus en plus frappé par des phénomènes dingues. Du coup, plus le temps passe au fil des petits chapitres, plus on se demande pourquoi ils ne s’enfuient pas de cet endroit de dingue. On verra par la suite qu’ils n’y parviendront pas, mais en attendant ils passent beaucoup de temps à vivre relativement normalement malgré les phénomènes de plus en plus terrifiants qui se produisent. Sans doute parce que l’auteur avait des idées pour différents types de manifestations de la spirale. Mais c’est là que c’aurait peut être été intéressant qu’on ne suive pas toujours les mêmes personnages. Ainsi on aurait pu avoir l’impression que tout se passait en même temps mais du point de vue de différents habitants. Au lieu de ça, on a l’impression que les gens mettent un temps fou pour se dire « tirons-nous de là ! ». Bon…en un sens, cela donne une atmosphère irréelle, comme témoignant de la fascination de la spirale qui s’insinue en chacun et les empêche de fuir. Les gens semblent comme hypnotisés. Donc ce n’est pas vraiment le plus gros problème.

Le chapitre sur la lumière brulante et hypnotique du phare, un des meilleurs passages

Le chapitre sur la lumière brulante et hypnotique du phare, un des meilleurs passages
© Tonkham

Mais en plus de cela, il faut bien avouer que tous les chapitres ne sont pas réussis. Certains ont un ton plus naïf que les autres. Et si ce n’est pas forcément gênant dans un recueil d’histoires indépendantes, c’est différent quand tous les chapitres sont liés. Les moins réussis font forcément baisser le niveau de l’ensemble.

Et certains, dont notamment un se déroulant dans un hôpital, sont même à peine liés au phénomène de la spirale. Il s’agit d’une histoire mettant en scène des sortes de femmes vampires qui vont donner naissance à des bébés tous identiques qui évoluent en des sortes de plantes dont les adultes veulent se nourrir. C’est un des chapitres les plus dérangeants mais si on oublie les quelques spirales dessinées sur les…euh…fœtus végétaux (mon dieu, mais qu’ai-je lu ?), rien ne rapproche ce récit du reste de l’histoire. Ç’aurait pu être une histoire indépendante. Et ç’aurait même bénéficié à cette histoire d’être indépendante.

Un autre chapitre est carrément too much avec des étudiants qui se changent en escargots géants et qui continuent de venir en cours. Et on atteint le sommet de la folie quand, dans une ville en ruine, perdus dans un dédale de chemins qui ne mènent nulle part, certains vont se mettre à bouffer les escargots anciennement humains pour rester en vie. Pfiou…c’est…assez cauchemardesque, mais également très étrange. Je pense que cela aurait gagné à être raconté dans des courtes histoires indépendantes car finalement relier tous ces phénomènes bizarres à la même malédiction est un peu difficile à accepter. Pourquoi des escargots ? Oui bon ok ils ont une coquille spiralée mais…c’est bien le seul phénomène qui va carrément jusqu’à transformer des gens en un animal d’une autre espèce. Pourquoi ne pas se transformer en coquillage aussi à ce compte là ?

Le chapitre sur les escargots. Euh…pas mon préféré

Le chapitre sur les escargots. Euh…pas mon préféré
© Tonkham

Je pense que le récit aurait gagné à se séparer de 2 ou 3 chapitres qui alourdissent la narration et insèrent des concepts un peu trop dingues qui ressemblent surtout à des expérimentations de l’auteur qui s’écarte de son récit pour s’amuser avec son concept. Spirale semble être le manga le plus expérimental de Ito. Le plus fou. Le plus hystérique. Mais aussi peut être le moins focalisé sur son sujet. Et s’il vous faut une preuve de ce que j’avance, il existe un chapitre hors série qui ne s’insère nulle part et qui fait office de bonus proposé à la fin du dernier tome. Une autre idée (plutôt pas mal d’ailleurs) qu’a eu Ito sans doute après l’écriture de l’histoire complète sans pouvoir l’insérer nulle part. C’est dommage parce que certains chapitres sont très réussis. Mais globalement c’est inégal.

La fin, qui nous dévoile comme je le disais une étrangeté millénaire enfouie sans doute à l’origine de la malédiction, est par contre plutôt satisfaisante. Sinistre bien sûr car il ne faut pas s’attendre à un happy end avec Ito, ses personnages étant toujours voués à un sort terrible, mais cette fois, on peut dire qu’il y a une touche de poésie qui vient contrebalancer la folie hystérique des chapitres précédents. Et avec des compositions visuelles très impressionnantes.

Destination finale

Destination finale
© Tonkham

Bref…sympa mais pas un chef d’œuvre. Disons que je le mets au même niveau que Gyo , bien que les défauts des deux œuvres ne soient pas les mêmes. Je lui préfère presque toutes les autres œuvres précédemment chroniquées sur ce blog. La faute à un rythme bancal, des chapitres moins bons qui alourdissent le tout mais qu’on ne peut pas sauter pour autant car ils mettent en scène les mêmes personnages et s’insèrent dans la chronologie de l’histoire, et aussi un concept qui, bien que visuellement dérangeant et très créatif, n’a pas autant de portée symbolique que certaines de ses autres œuvres. Dans Tomié , Ito explorait les sombres aspects du désir masculin exacerbé par une déesse maléfique cruelle, dans le mort amoureux les conséquences terribles de l’amour fanatique, dans Rémina la sombre nature de l’être humain, mais dans Spirale on se contentera finalement de l’idée de l’insignifiance de l’être humain face à des forces supérieures qui est une thématique qu’on retrouve dans la plupart de ses histoires. Non pas que ça me déplaise, mais pour une de ses œuvres les plus longues, ce n’est finalement pas la plus ambitieuse et elle s’égare un peu en délires expérimentaux qui représentent la marque de fabrique de l’auteur.

Junji Ito explique dans ses interviews qu’il imagine d’abord le concept avant l’histoire, plus intéressé par l’étrangeté d’un élément et sa passion pour le très beau et le très laid (Le mangaka reconnait même être admiratif du travail de H.R Giger, l’illustrateur suisse qui a conçu le design de l’Alien de Ridley Scott.) Je suis donc bien conscient qu’il est inutile de trop rationaliser ses concepts puisque l’intérêt de ses œuvres repose en grande partie sur la forme et sa force évocatrice plutôt que sur le fond. Mais dans le cas de Spirale, je trouve que la durée de l’histoire ne joue pas en sa faveur, la structure narrative chaotique étant plus visible sur la durée. Sans doute que l’auteur n’a pas pensé cette œuvre depuis le début et brodait des courtes histoires autour du concept, et par conséquent l’ensemble ne fonctionne pas vraiment comme un tout cohérent.

La ville de Kurozu-cho, avant et après

La ville de Kurozu-cho, avant et après
© Tonkham

Détail amusant : en postface du recueil de Spirale, un ancien diplomate japonais du nom de Masaru Sato rapproche le thème de Spirale des théories marxistes. De l’aveu de Ito lui-même, ce n’était pas quelque chose de voulu. J’avoue moi-même ne pas m’y connaître assez pour comprendre d’où vient cette théorie mais il est amusant de constater que Ito ne cherche pas spécialement à donner un sens profond à son sujet, mais juste à nous faire vivre des expériences malsaines. En ce sens, c’est plutôt réussi. Donc j’imagine que votre appréciation dépendra de ce que vous en attendez. Je salue toujours l’esprit créatif de l’auteur pour l’horreur grotesque mais certains concepts m’auraient davantage intéressé si Ito n’avait pas essayé de tous les lier à la même origine.

Peut être aussi que lire ce manga après tous les autres en a réduit l’impact. Ou peut être aussi que j’en attendais trop avec tout le battage fait autour. La preuve, il y a une adaptation en film ! Et justement, on va en parler.

Uzumaki de Higuchinsky

Uzumaki en film, ça donne quoi ?

Uzumaki en film, ça donne quoi ?
© Studio Canal

Le film date déjà de pas mal d’années puisqu’il a été réalisé en 2000. Mais il fait partie d’un paquet de films dont on entend peu parler et qui arrivent tardivement chez nous (certains n’arrivent pas du tout d’ailleurs). A noter que Junji Ito a participé au scénario.

Pour l’histoire, c’est la même. Mais nous ne sommes pas non plus dans une adaptation à la lettre. Certaines scènes sont très proches de celles du manga, mais le réalisateur a choisi de se focaliser sur les chapitres les plus importants (un truc que le manga aurait pu faire aussi, comme je le disais) et va partir dans une direction un peu différente, tout en glissant tout de même pas mal de références à des évènements du manga. Par exemple le chapitre de l’hôpital qui semblait hors contexte dans le manga (même si plutôt bon en lui-même) est supprimé. Celui des escargots, non.

Ce qui marque tout de suite, c’est la mise en scène soignée malgré qu’on sente que le budget ne devait pas être élevé. Le film revêt déjà des teintes bichromatiques de vert et orange pour accentuer l’atmosphère irréelle et poisseuse. Et la malédiction de la spirale se manifeste jusque dans des plans de caméras tournoyants particulièrement bien trouvés. Les transitions entre les plans sont aussi assez créatives.

Des scènes très similaires

Des scènes très similaires
© Tonkham / Studio Canal

Le film est donc assez réussi visuellement et transcende son côté un peu fauché avec des allures de trip hallucinatoire au moyen de couleurs limitées, de prises de vue inspirées et d’effets spéciaux artisanaux qui, même s’ils ne sont pas toujours parfaits, ont le mérite de paraître réels et organiques, et donc plus dérangeants (au même titre que les effets d’un David Cronenberg) que des effets numériques qui auraient pris un gros coup de vieux de nos jours (il y a tout de même les volutes de fumées créées numériquement et qui prennent une forme de spirale qui accusent le poids de l’âge). Bien sûr on entend de partout maintenant des gens qui réclament un reboot américain plein de CGI avec plus de budget…mais ce genre de remarque m’attriste pas mal. Evidemment qu’avec plus d’argent, on pourrait faire mieux (à condition de mettre quand même un mec talentueux aux commandes). Mais si c’est pour se retrouver avec un truc plus consensuel et grand public, je dis non ! Et puis c’est un raisonnement élitiste qui interdirait le métier de cinéaste aux studios moins riches, et je ne peux pas être d’accord avec ça.
Il faut quand même signaler que l’acteur qui joue Shuichi est assez soporifique et doit avoir à peine 2 expressions faciales.

Bref, ça c’était pour la forme. Sur le fond par contre, le film ne va pas aussi loin que le manga et la fin est plus abrupte, laissant encore plus de questions que le manga. Ici, c’est un peu comme si le film s’arrêtait à la fin du tome 2 du manga donc on n’a quasiment aucune réponse. Au mieux il y a quelques pistes. Le film suggère qu’il y a eu un étrange culte du serpent il y a longtemps ou que le lac des libellules cache un secret, mais rien de plus. Mais compte tenu de la date de sortie du film (en 2000), il est fort possible que lors de sa production, Ito n’avait pas encore fini d’écrire toutes ses histoires sur la spirale. Il faut donc voir ce film comme un projet parallèle au manga plutôt qu’une adaptation stricto sensu.

On ne verra pas la ville entière partir en ruine et se transformer. On imagine aussi que les délires visuels de Ito auraient été un vrai cauchemar à reproduire pour une production au budget limité. Par conséquent, le film se focalise sur les évènements les moins dantesques mais insuffle malgré tout une atmosphère inquiétante en prenant davantage son temps que le manga pour insérer du surnaturel dans le quotidien. Cette fois la structure narrative est moins chaotique puisque les différents évènements se déroulent en parallèle les uns des autres et font planer le suspense sur ce qui va se produire alors que dans le manga, les évènements se succèdent au fil des chapitres. C’est évidemment compréhensible puisque les histoires de Ito étaient destinées à être publiées mensuellement dans des magazines avant de former un tout. Mais par conséquent on ressent moins ce sentiment étrange que les personnages prennent leur temps pour essayer de fuir la ville.

Le film s’achève sur des images fixes qui montrent ce qui va arriver à certains personnages, comme s’il nous annonçait la suite du manga. On peut voir ça comme un moyen un peu facile de contourner les problèmes de budget mais force est de constater que cela participe aussi à donner un aspect réaliste, comme s’il s’agissait de photos de reportage prises durant les événements.

Cela me fait regretter de ne pas avoir vu le film avant de connaître le manga parce que j’ai du mal à me rendre compte s’il peut s’avérer satisfaisant pour qui ne connaît pas le manga car le tout reste assez flou. D’un autre côté, les explications ce n’est pas le fort de Junji Ito non plus. Donc difficile d’être hyper exigeant à ce niveau. Seulement le manga est tout de même moins avare en indices concernant l’origine de la malédiction.

En gros ce n’est pas un film simple à juger. Pris pour ce qu’il est, il représente un effort que je trouve louable avec un parti pris narratif qui ne cherche pas à plaire à tout le monde et qui réussit à créer une ambiance étrange. Conscient de ses limites, il ne cherche pas à adapter les passages les plus dingues du manga au risque de paraître trop ridicule ou mal fichu. Les escargots géants seront d’ailleurs vu de loin ramper sur un mur au travers d’une caméra d’un journaliste et parfois certains évènements sont suggérés avec des bruits inquiétants hors champ. Mais on peut aussi se demander à qui est destiné le film. Le fan du manga pourra regretter que le film ne propose pas la même folie visuelle que le manga, et le néophyte risque de trouver le film trop obscur.

Bref on est clairement en présence d’un OVNI cinématographique tiré d’un manga tout aussi barré qui de toute façon ne plaira pas à tout le monde non plus.
Personnellement je trouve que sans être une grande réussite, c’est un film correct fidèle à l’esprit du manga et plutôt réussi visuellement. Mais pas vraiment substituable au manga. En gros si c’est votre truc, il faut lire le manga. Mais je vous aurais prévenus. C’est pas mal tordu. Au moins autant qu’une spirale…

Venez dans la spirale !

Venez dans la spirale !
© Tonkham


67 comments

  • Bruce lit  

    @Matt : tu vois, tu as bien fait de rester vivant : intégrale de Spirale et de Gyo, + Je ne suis pas un homme par Ito annoncé sur le site de Tonkham !

    • Jyrille  

      Oh oh !

    • Matt  

      Tiens je vois ce message juste maintenant.
      Je vois en effet la réédition prévue de Gyo et Spirale.
      Bon…le truc c’est que je les ai déjà^^
      J’aurais préféré une réédition de tout le reste. Les fruits sanglants tiens, que j’ai toujours pas chopé…

      Tiens Tonkam sort aussi la version Ito de la déchéance d’un homme (no longer human). Tu pourrais tester Bruce^^

      • Bruce lit  

        Reçu No Longer Human hier !

        • Matt  

          Tiens par contre sur mamazone, y’a une personne qui râle sur le format du manga par rapport aux anciens Ito.
          C’est un manga en petit format ?

        • Matt  

          Et concernant Spirale, je comprends rien. La nouvelle édition a disparu des radars.
          Par contre l’édition de 2011 se retrouve à 30€ au lieu des sommes délirantes d’avant.
          Ils ont réutilisé les vieilles fiches produits de l’édition 2011 ? Ou ils ont annulé la sortie ?
          Putain c’est un bordel incroyable les sorties de BD en ce moment

        • Matt  

          Tu as mis la couverture de l’édition de 2011 en fait là.
          C’est pas la nouvelle.
          Ou alors c’est la nouvelle mais ils réutilisent la maquette de 2011 ?
          Comprends rien…

          • Bruce lit  

            Bon je sais pas ce qu’il se passe avec cette réédition effectivement absente du planning Delcourt.
            Du coup je vais rediffuser Gyo

          • Matt  

            Ouais, et la maquette est celle de 2011 (on peut la trouver sur le site de Delcourt, mais pas dans les nouveautés^^)
            On dirait que tous les sites de ventes relayent une fausse info avec un nouveau prix…sur la vieille fiche produit.

          • Matt  

            ça le fait pour plein de trucs en ce moment. J’attendais une intégrale d’une BD franco belge, amazon l’indique comme sortie mais avec 3 à 4 semaines de délai de livraison…
            Et sur le site de l’éditeur, elle n’est pas sortie du tout^^

            Pareil chez Paninaze avec ce qu’on disait avec Tornado concernant le Untold tales of spider-man. Annoncé comme sorti, mais déjà en rupture.
            Alors qu’en fait, pas sorti.

        • Matt  

          Ouais sur le site de Tonkam, Spirale n’est pas du tout mentionné dans les nouveautés.
          Uniquement Gyo le 17 mars pour l’instant.
          Et sur tous les sites t’as des délais de livraison bizarres sur la fiche produit de Spirale.

          Pour moi ça sent le sapin, c’est le même mystère que certaines fiches produits de coics Panini qui sont annoncés comme déjà sortis mais en rupture alors qu’ils ne sont pas sortis du tout.

  • Jyrille  

    Bon ben vraiment par curiosité à cause de vos articles, et également parce que les éditions sont souvent introuvables par la suite (j’ai recommandé trois Batman à un pote qui me demandait conseil : The Killing Joke, Batman Year One et TDKR. Ma réédition deluxe de Killing Joke n’existe plus et celle de TDKR de Urban (qui date de 2012) est introuvable. Il a tout de même réussi à en chopper un exemplaire dans une librairie parisienne…) j’ai pris Gyo ce matin. J’espère que je vais aimer.

    Sinon il serait temps de corriger le titre de cet article non ?

  • Jyrille  

    J’ai trouvé lintégrale. Je l’ai prise. Avec le PULP de Brubaker et Phillips.

    • Matt  

      Je ne sais pas pourquoi mais je sens que tu ne vas pas adhérer^^
      C’est son manga le plus extrême, le plus taré…et je pense que commencer plus doucement ç’aurait été mieux^^
      ça risque de faire « effet de rejet » Mais espérons que je me trompe.

      • Jyrille  

        J’ai GYO à lire d’abord. Et tu sais, je pense être assez tout terrain quand même…

        • Matt  

          Gyo c’est du même niveau. Presque pire^^

          Ouais mais je veux dire…tu as le mort amoureux, rémina, et d’autres receuils qui sont plus soft et proposent des histoires intéressantes, moins folles, et quelques fois même un peu tristes.
          Là tu plonges direct dans les trucs apocalyptiques complètement barrés^^
          Faudrait pas que ça te dégoute de lire le reste si jamais t’aimes pas trop.

          Bon…en même temps faudrait déjà réussir à trouver le reste…

          • Jyrille  

            C’est aussi pour ça que je les ai pris : être sûr de les avoir.

          • Eddy Vanleffe  

            dès qu’ils font repartir GYO à l’imprimeur, je le prends aussi… ce truc et totalement taré! ^^

  • Bruno :)  

    Tiens, je vais coller mon avis déjà posté sur Bédéthèque : je n’ai pas le courage de relire le Manga pour m’en refaire un autre…

    Quelle rigolade !
    L’idée du motif qui envahit tout est pas mal trouvée, la spirale étant le mouvement de base de l’univers en expansion qui nous entoure (Métaphysique ! Métaphysique !!) ; mais quel dommage que l’auteur se soit contenté d’aligner ses scénettes horrifiques une à une, en suivant une chronologie pour le moins poussive, qui ruine derechef la crédibilité du comportement des héros. En effets : QUI, témoins de ces phénomènes aussi monstrueux que surréalistes, ne perdrait pas immédiatement la boule ou, du moins, ne s’enfuirait à toutes jambes vers des horizons plus cléments ?! À ce propos, la moue de réflexion de l’héroïne, à chaque fois qu’un de ses concitoyens commence à débloquer, est absolument irrésistible de comique ! On a l’impression qu’elle est d’avantage agacée que véritablement inquiète : « … Oh non ! Encore un qui va me faire le coup de la langue magique…! ».
    Bon, le réalisme n’est visiblement pas le soucis primordial, dans le ton du récit de Ito Junji : il veut juste nous vendre un Manga d’horreur dont le sujet lui autorise quelques « jolies » trouvailles, très graphiques (la mort particulièrement gaguesque de la première victime, le « trou » dans le front de l’étudiante ; ou encore, très réussie, la ville roulée sur elle-même, à la fin…). Bizarrement, alors que son style de dessin -plus gras et sensuel que ce que les Mangaka les plus populaires ont tendance à proposer- s’y prête particulièrement, il ne va pas vraiment au bout de ses démonstrations : il y a un côté « politiquement correct » à sa peinture des avatars -pour le moins déments !- qui affligent les habitants de cette petite ville. J’ai idée que (peut-être ?!) le gore n’est pas son genre de prédilection. Une auto-censure qui diminue un peu plus la portée de l’exercice : malgré cette originale avalanche de folie « charnelle », pas une seule fois le sexe n’est utilisé comme sujet -alors que tout s’y prête- et l’apathie générale des intervenants (même « roulés en boule » OUARFF !) leur enlève une sacrée part d’authenticité, nous laissant un peu indifférents à leurs tourments pathétiques.
    Bon, en même temps, s’ils avalaient moins de champignons douteux, aussi…!
    L’histoire donne surtout l’impression (un peu pénible) que l’homme a dû se triturer les méninges pour arriver à trouver ses scénarios, tant les extrapolations successives associées à la spirale paraissent un poil artificielles (… Les escargots ?!) et sonnent faux. Je suis persuadé que, si au lieu d’une série à vocation horrifique, il avait choisi un angle plus Fantastique/Philosophique pour exploiter le sujet, des scènes comme celle de la « bataille de cheveux » (aussi jolie que stupide, et relevant clairement d’un tout autre genre de lecture…) se seraient déroulées au sein d’un contexte beaucoup plus cohérent.
    Mais, sinon ; on ne va pas bouder son plaisir, et nier le potentiel réellement comique de la chose : personnellement, je ne me suis pas encore remis du coup du ressort d’amortisseur !!

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