Tornade contre Cyclope : guerre des leaders chez les X-Men !

Un article de MAX FONTAINE

Storm VS Cyclops : Duel au sommet (par Rick Leornardi)

Dans la littérature super-héroïque, une figure semble incontournable : celle du mâle alpha.
Fort, intelligent, avisé, il est celui sur qui les autres membres d’un groupe vont se reposer.
Plus super que les autres super-héros, c’est un Captain America, un Superman, un Iron-Man, un Batman : quelqu’un que l’on estime capable de diriger un groupe de fortes individualités.

Chez les X-Men tels que conçus par Stan Lee et Jack Kirby, c’est assez vite Cyclope, alias Scott Summers, qui remplit ce rôle : celui de tacticien exemplaire et de meneur d’hommes.
L’adolescent renfermé, peu sûr de lui, répond aux injonctions d’Angel, tient tête à Fauve et son intellect, résiste aux plaisanteries d’Iceberg et gagne le cœur de Jean Grey. Il sort peu à peu de l’ombre de son mentor, le Professeur Xavier, pour devenir cet archétype bien connu chez les Vengeurs, les Fantastic Four, la JLA, et tout groupe super-héroïque qui se respecte : celui de leader naturel, de moins en moins contesté.

Dans les années 60, il est encore impensable que ce rôle précis soit assumé par une figure féminine – les Jean Grey, Sorcière Rouge, Susan Richards, et même Wonder Woman demeurant à l’arrière-plan, pour remplir le rôle de faire-valoir et/ou de petite amie.

Les X-Men des débuts, avec un Cyclope très vite au centre (illu de Jack « the King » Kirby)

Il faut attendre les années 80 et le long travail évolutif de Chris Claremont sur la série « Uncanny X-Men » pour que les mentalités évoluent.
Depuis les années 60, la composition des X-Men a été bouleversée. Faute de ventes suffisantes, il a fallu réinventer le groupe avec un casting international : Diablo venu d’Allemagne, Colossus représentant l’URSS, Wolverine agent du Canada. Et enfin Tornade, qui a quitté le Kenya. Tous se retrouvent sous les ordres du seul rescapé des sixties : le brillant Cyclope, abandonné par ses anciens équipiers, et mais qui devient naturellement celui qui dirigera les « All-new, all-different X-Men ».

Ororo Monroe, alias Tornade, n’est d’abord qu’une figure un peu effacée, certes parée d’une aura de déesse, d’un design resplendissant, mais empêtrée dans ses hésitations et ses traumatismes -notamment une claustrophobie handicapante, qui se manifeste aux plus mauvais moments.

Dans les seventies, Cyclope mène la charge et Tornade pleurniche (illustrations : Dave Cockrum)

Le parcours de Tornade, cependant, n’est pas sans rappeler celui de Cyclope. Et le travail de Chris Claremont, un peu celui de Stan Lee. À partir d’une figure de second plan, certes superbe mais un rien timorée, le scénariste modèle un personnage complexe qui, au fil de ses aventures et de ses choix, va devenir l’un des figures d’autorité du groupe.

À ce détail près que Tornade est une femme. Et qui plus est une femme noire.
Dans un comic-book mainstream de cette envergure, on n’avait jamais vu ça : l’émergence d’un leader qui n’est pas l’inévitable mâle alpha.
Quel meilleur titre super-héroïque pour développer cette évolution des mentalités… sinon celui qui dans ses fondamentaux prône l’intégration et le droit à la différence ?

Aucun doute : avec ses valeurs égalitaires et féministes, le scénariste Chris Claremont est alors parfaitement chez lui, au sein des X-Men. Subtil et spécialiste des plans à long terme, Claremont n’a pas cherché à bousculer les mentalités, d’un simple coup de pied dans la fourmilière.
Au contraire : la mise en avant de Tornade est un long travail, sur plusieurs années d’intrigues mensuelles. Et ce, malgré les inévitables embûches du parcours.

Tornade, qui gagne en confiance et Phénix, figure féminine du renouveau (par Dave Cockrum)

L’un de ces obstacles de taille était Jim Shooter, éditeur intransigeant qui acceptait difficilement de voir une femme parfois supplanter les grandes figures masculines de l’univers Marvel. Il voyait d’un mauvais œil l’évolution de Jean Grey, devenue l’invincible Phénix sous le plume de Claremont et sous les pinceaux de Dave Cockrum puis John Byrne.
À l’issue de la saga du Phénix noir, qui voit Jean Grey annihiler une planète entière et surpasser en puissance pure tous ses coéquipiers, il exige la mort de la rouquine.
Claremont avait imaginé qu’elle perdrait simplement ses pouvoirs, et devrait vivre avec le poids de ses fautes. Il est obligé de revoir sa copie, et de la faire périr sous les yeux de Cyclope, dans une pulsion suicidaire.

Si Jean Grey aura au moins pu choisir son destin, celui-ci est tragique. Scott Summers mettra beaucoup de temps à s’en remettre. Dès l’arrivée de Phénix, il n’était déjà plus l’homme tout-puissant du couple. Il devait, au contraire, suivre l’incroyable parcours de Jean Grey, notamment capable, dans leurs moments d’intimité, de contrôler ce que lui peinait à contenir derrière ses lunettes de quartz-rubis : sa rafale optique dévastatrice qui lui avait valu le surnom de Cyclope.

Les X-Women de Claremont, dessinées 20 ans plus tard par Terry Dodson et Olivier Coipel

La mort tragique de son amante le pousse à quitter le groupe. Dès lors, la place de leader est vacante. C’est à cet instant Tornade – plutôt que le très populaire Wolverine – qui reprend les rênes des X-Men. La succession semble naturelle, tant la chevaucheuse des vents a su développer ses capacités et sa force mentale. L’Ororo des débuts est devenue une figure affirmée, intègre, charismatique et censée, parfait fer de lance de l’idéal des X-Men, où chacun peut rayonner, quelles que soient son genre et ses origines. Son ascension est d’autant plus aisée que le Professeur Xavier est vite mis sur la touche, en partance pour une autre galaxie.

La décision scénaristique, osée et intelligente, est tout simplement historique. Et si Jim Shooter fait un peu grise mine, Claremont, épaulé par Louise Simonson (une éditrice amie), a réussi son coup. Car s’il a perdu Phénix, Tornade devient la figure centrale de ses intrigues. Elle sera rejointe par Kitty Pryde, Malicia, Rachel Summers : d’autres personnages qui vont subvertir les codes et proposer une parité inédite au sein de l’équipe -à tel point qu’on parlera désormais de « X-women », ou des « amazones de Claremont ».

Storm par Barry Windsor-Smith : comment ne pas tomber amoureux ?

Tornade mènera ses coéquipiers face aux Broods, face aux Morlocks, dans des numéros d’anthologie mettant en scène son caractère affirmé, son intégrité totale, et sa redoutable prestance.

Diablo, Colossus, et même Logan ne s’y trompent guère : ils respectent chaque décision de la plus admirable d’entre eux, dans la réussite comme dans l’adversité.
Les récits écrits avec Dave Cockrum (Tornade contre Fatalis), Paul Smith (Tornade reine des Morlocks), Barry Windsor-Smith (le chef d’œuvre Lifedeath) sont autant de lettres d’amour à ce personnage fictif, dont la majesté se décline en lettres d’or.
À tel point qu’il est difficile de ne pas tomber sous le charme de cette battante à la personnalité forte et complexe, à la sensibilité à fleur de peau, et à l’idéalisme forcené.

Cyclope en solo et Tornade en majesté (par John Romita Jr et Walter Simonson)

Ayant refusé les avances des puissants comme le Docteur Fatalis, ayant vaincu l’embryon Brood qui menaçait de la ronger de l’intérieur, ayant accepté sa nouvelle condition de mutante sans pouvoirs à cause d’une arme inhibitrice, elle devient l’incarnation du style Claremont, un style marqué par l’air du temps : celui d’un renouveau flamboyant du genre super-héroïque.
En parallèle, Cyclope enchaîne les aventures en solo -et les flirts épisodiques, pour finalement rencontrer Madelyne Pryor, un sosie de Jean Grey qui lui fera retrouver un équilibre émotionnel, en devenant son épouse, et en lui donnant un fils prénommé Nathan.
Le super-mutant devient le premier super-papa de l’univers X.

Bientôt, Scott tente un retour chez les X-Men, souhaitant reprendre sa place de leader. Mais les choses ont bien évolué en son absence. Il va devoir faire ses preuves. C’est une Tornade version punk, dépourvue de pouvoirs mais renforcée dans sa position par toutes les épreuves surmontées, qui sera son adversaire. Lors d’un duel épique -immortalisé par une couverture iconique signée Rick Leonardi, l’ancien et le nouveau monde s’affrontent. Et malgré la perte de ses capacités mutantes, Tornade l’emporte.
Cyclope, beau joueur, accepte la défaite. Il laisse la place à Ororo, dont il reconnaît les qualités extraordinaires. Pour lui, aucun doute, elle est celle qui doit diriger l’équipe.

Uncanny X-Men 201 : le duel des leaders (Rick Leonardi)

Claremont imaginait ce départ comme définitif : tel le cow-boy progressant vers le soleil couchant à la fin de son parcours (ce sont les termes du scénariste en interview), Cyclope devait jouir d’un repos bien mérité, en famille.

Cela ne devait pas durer : quelques années plus tard, le scénariste Roger Stern et le dessinateur-star John Byrne, aidés par Jim Shooter, sortiront Cyclope de sa retraite, pour le faire diriger un nouveau groupe mutant : X-Factor. À l’occasion, il retrouvera Jean Grey, sa première petite amie revenue d’entre les morts qui, par une pirouette scénaristique capillotractée, n’a jamais vraiment été Phénix.
Pour la rejoindre, Cyclope abandonne femme et enfant, devenant ainsi un piètre père et un piètre mari -au grand dam de Claremont, qui trouve l’idée désastreuse.

Si le sort de Cyclope lui échappe, Claremont se concentre sur son groupe de personnages, et en particulier sur Tornade, toujours aussi impressionnante malgré le fiasco face aux Maraudeurs, qui ont blessé Kitty Pryde, Diablo et Colossus.
Quand ce dernier rejoindra l’équipe, ce sera pour y trouver de nouvelles recrues : Dazzler, Psylocke, Longshot, Havok, pour une nouvelle itération illustrée par le brillant Marc Silvestri, sous le signe de la parité, et d’une délocalisation des X-Men en Australie -le reste du monde pensant les mutants décédés.

Deux groupes, deux ambiances : entre back to basics et évolution australienne (par Jackson Guice et Marc Silvestri)

Les aventures australiennes, menées par une Tornade ayant retrouvé ses pouvoirs, voient l’équipe des mutants se réinventer sans cesse, pour l’avant-dernier chapitre de l’âge d’or signé Claremont, face aux Reavers, au retour des Broods, aux agents de la nation fasciste baptisée Genosha.
Le scénariste-superstar a fait des X-Men une poule aux œufs d’or. Mais il ne se repose guère sur ses lauriers. Il brise encore et encore l’équilibre de l’équipe mutante, qui finit par imploser sous la multiplication des menaces.
Cyclope vivant une autre vie, Tornade ayant disparu, Wolverine étant empêtrée dans ses affaires personnelles, il n’y a plus de leaders chez les X-Men. Et l’équipe se désintègre.

Elle ne retrouvera une composition stable qu’au terme d’un scénario passionnant, tout en complexes circonvolutions, autour de chaque figure survivante du groupe.
Il fallait oser : pendant plus d’un an, les X-Men n’existent plus, dispersés aux quatre coins du monde, certains ayant vu leur personnalité réécrite, en franchissant l’étonnant « Seuil du péril ».
Retombée un temps en enfance, et redevenue la voleuse qu’elle était lors de ses jeunes années, Tornade finit par retrouver ses coéquipiers. Mais comme Cyclope avant elle, elle doit s’adapter : les membres d’X-Factor, en effet, retournent dans le giron d’un Professeur X revenu de son long périple intergalactique.
Comme seize ans plus tôt, il y a désormais « trop de X-Men ». Deux équipes sont alors constituées, l’une dirigée par Cyclope, l’autre par Tornade.

Serait-ce le meilleur des deux mondes ?
Hélas, s’il s’agit pour Cyclope d’un retour en grâce indiscutable, ce sera cette fois, pour Tornade, le retour inexorable à un rôle de second plan.
Car les deux équipes vont fusionner, et voir Ororo Monroe progressivement évoluer dans l’ombre de Cyclope, redevenu mâle alpha de la franchise.

À Cyclope, on oppose désormais le très populaire Wolverine, et non plus Tornade. Un duel 100% testostérone comme au temps des sixties -et que l’on retrouvera chez les Avengers, sous la forme Iron-Man VS Cap America.
Pour ce rétropédalage, une seule explication : Chris Claremont, auteur féministe et jusqu’ici incontesté de l’univers mutant a été poussé vers la sortie.
Pourtant, au terme d’un règne exemplaire de seize ans, le titre ne s’est jamais aussi bien vendu. La nouvelle série de 1991, simplement baptisée « X-Men », battra même tous les records de vente.

Claremont n’a pas fauté. Le responsable de son éviction est une entité bicéphale. Un duo composé de Bob Harras, éditeur aussi influent que Jim Shooter en son temps, et son nouveau poulain, le surdoué Jim Lee, qui souhaitait mettre en scène des histoires moins complexes et plutôt centrées sur ses personnages favoris, Wolverine et Cyclope en tête.

Chez les X-Men version Jim Lee, les mecs sont au centre ou en première ligne
(la compo s’inspirant de la Pieta de Michel-Ange, à gauche, devait originellement présenter le Prof X dans les bras de Jean Grey. Mais Jim n’a pas écouté Claremont…
)

Malgré le sens de la narration, et les apports enthousiasmants des successeurs de Claremont, (les « yes-men » Scott Lobdell et Fabian Nicieza), force est de constater cet écueil : Tornade, si elle a conservé son statut de figure indépendante et incontournable, n’a jamais vraiment brillé dans leurs histoires. Et s’en est retournée au quasi anonymat de ses débuts.

Pilotés par Bob Harras, Lobdell et Nicieza ont progressivement refait de Cyclope LE leader maximus des X-Men. Juste par conformisme du genre super-héroïque, qui voit bien trop souvent les figures féminines fortes éclipsées par une masculinité qui se réserve la part du lion.
Comme l’ont montré les trop rares moments de lumière accordée à Tornade lors des décennies suivantes.
Certes, Cyclope a connu de nombreux revers (un temps fusionné avec Apocalypse, un temps dévoré par le Phénix, un temps dans l’illégalité, …), mais il a surtout été au centre (avec Wolverine) des différentes circonvolutions scénaristiques de la franchise. Et a toujours retrouvé sa position dominante, Tornade s’effaçant lors de ses inévitables retours.

À ce propos, le développement du Marvel Cinematic Universe est exemplaire – bien peu de femmes se hissant à la hauteur des supermen autour desquels le genre super-héroïque s’est bâti.
Cyclope version cinéma n’a pas trop de soucis à se faire. Favori de Kevin Feige, il semble bien parti pour devenir tel son homologue de papier : LE leader de premier plan.
Reste à voir quelle place sera réservée à Tornade l’indomptable. Figure d’équité, ou bien ombre des super-mecs, comme Halle Berry du temps de la Fox, éclipsée par Hugh Jackman ?
L’avenir nous le dira.
Une certitude demeure cependant : en matière de progressisme, tout est à apprendre du run originel de Chris Claremont.
Ces dernières années, Tornade a enfin brillé de nouveau -notamment grâce à la série X-Men Red, de Al Ewing, puis à sa série solo.
On ne peut lui souhaiter qu’une seule chose ensuite : retrouver une équipe de X-Men à diriger. Ce ne serait que justice !

Bonus : Tornade et Cyclope au tournant des années 2020 (illustrations : Russell Dauterman et Ryan Stegman)

15 comments

  • Nikolavitch  

    Ah, cette pleine page de Simonson dans la Reine des Morlocks. C’est avec elle que j’ai pris conscience de la grandeur du personnage. De fait, Tornade c’est un peu une ancre morale pour le groupe, dans ses meilleurs moments elle a cette valeur exemplaire.

    • Bruce Lit  

      Alors quand elle traite les humains de singes au début du run de Jonathan Bideman, on sait que l’affaire est close…

      • JB  

        Ah ouais. Surtout cette insulte-là…

        • Rom1  

          J’ai découvert Tornade dans ses plus glorieux moments Équipe Or : plaquée par Forge, délestée des Morlocks par Mikhail, voleuse à la demande de Xavier, meurtrière de Marrow, épouse éphémère de T’Challah … je ne le souviens plus de comment elle revient sur le devant de la scène, durant l’arc X-Haven ? 🤔

  • Nicolas  

    Tornade, une fois devenue leader des X-Men, a conduit les X-Men dans une impasse : pendant le Mutant Massacre elle prend la très mauvaise décision d’éloigner Magneto des Tunnels alors que lui seul avait la puissance de feu pour éliminer les Marauders et donc sauver plus de Morlocks, elle ne se sert même pas des talents de Magie pour téléporter les Morlocks blessés. Callisto sera d’ailleurs obligée de la mettre devant ses responsabilités de chef des X-Men et des Morlocks.

    Tornade éloigne les X-Men de leur point d’ancrage, les exile en Australie, les fait passer pour morts ce qui est très cruel à faire subit aux gens qui les aimaient, ils se retrouvent dispersés, leur équipe quasi-inexistante.
    Cyclops avait le leadership nécessaire pour gérer ces deux crises, le Mutant Massacre et Fall of the Mutants. Tornade reconnait elle-même avoir fait l’ erreur de les installer en Australie dans Unc X-Men 275.
    La critique acerbe de Cable dans cet épisode est en fait la critique du leadership de Tornade et aussi l’incapacité des X-Men à se remettre en question : ils font le jeu de leur enemis, se font étendre des qu’ils mettent le nez hors de leur école (Freedom Force, Nemrod, Proteurs, Hellfire Club etc..).

    Tonade est un très beau personnage sous la plume de Claremont, mais franchement j’aurait été un X-Men ou un New Mutants dans cet univers… j’aurais pas été rassuré.

  • JB  

    Merci pour ce panorama !
    J’avais un peu la même remarque que Nicolas, le passage de Tornad en leader des Morlocks a été très opportuniste (pour sauver la mise de ses équipiers) et n’a ni protégé les habitants de NY des Morlocks (enlèvement des enfants Power) ni les Morlocks de l’attaque des Maraudeurs. Elle devient également co-Roi Blanc au sein du Club des Damnés mais abandonne vite cette responsabilité, aidant à la « rechute » de Magnéto.

    Il me semble également que les auteurs ultérieurs ont tenté de justifier a posteriori la défaite de Scott par une influence de Maddy (tant qu’à faire…) Je crois également me rappeler que Lobdell tournait un peu en dérision le leadership de Tornade (des commentaires de Mikhail sur « l’arrogance » de celle-ci, jusqu’à l’humiliation par Forge) alors que Jean Grey prend de plus en plus d’importance

    • Bruce Lit  

      Le comble de l’incompétence de Tornade avec les Morlocks est quand même d’organiser un match de Base Ball le jour d’anniversaire du massacre Morlocks. Marrow et Calisto le lui feront cruellement remarquer. Un peu comme si Charlie Hebdo organisait un match de foot pour les 10 ans du carnage à la rédaction.

  • Matmout Gougeon  

    Bravo Maxime pour cet article où l’on sent poindre avant tout ton amour et ton admiration pour ce run mythique proposé par Claremont ! Sans lui les X-Men ne seraient jamais parvenus à briller autant qu’ils l’ont fait pendant des années et il est bien normal de lui rendre cet hommage 🙂

    Tu soulignes un point important dans ton article : qu’on le veuille ou non, l’histoire des X-Men est avant tout liée à l’histoire de la dynastie Grey/Summers. On avait eu cette discussion sur le groupe et le constat m’avait choqué : chaque période majeure de la chronologie mutante peut être lue à l’aune de ce qui se passe autour de ce clan. Je vais pas refaire l’histoire – tu l’as déjà très bien fait (les débuts balbutiants de la franchise = les débuts balbutiants de la romance Scott/Jean ; la montée en puissance de l’univers mutant = la montée en puissance de Phénix ; le côté « soap » qui prend le pas sur l’action = les histoires de cœur interminables entre Scott/Maddie/Jean ; un univers mutant qui se radicalise au début des années 2000 en même temps que Scott devient un leader froid et pro-actif ; la franchise mutante mise de côté par Marvel dans les années 2010 en même temps que Cyclope trouve la mort ; etc etc).

    Le Cyclope de Claremont, c’est ce mec fiable sur le terrain mais totalement handicapé des sentiments. Un perso un peu « monobloc », pas particulièrement fun à suivre (j’ai pas dit inintéressant). Et connaissant ton amour pour le run de Claremont, je peux comprendre que tu n’aies pas spécialement accroché. Maintenant, et je sais que ça va faire grincer des dents, je dois reconnaître que la foultitude d’auteurs ayant succédé à Claremont (la succession Lobdell-Morrison-Whedon-Kyle/Yost-Fraction-Gillen-Bendis est juste monstrueuse) lui ont apporté tellement de nuances que j’ai fini par éprouver beaucoup d’intérêt pour lui. On a découvert que le gars était capable d’extérioriser ses émotions, t’imagines tout le trajet réalisé 😉

    Là où, à mon grand désarroi, Tornade ne s’est jamais vraiment remise du départ de Claremont. J’entends que tu parles d’Al Ewing (X-Men Red), de Murewa Ayodele (Storm). Mais j’ai davantage la sensation que ces auteurs cherchent à imiter Claremont, à essayer de trouver le moyen de mettre en scène la grandeur de Tornade (l’un la nomme Régente d’Arakko, l’autre en fait une divinité cosmique) tout en passant systématiquement à côté de ce qui fait la force du personnage : son irrésistible humanité. Tornade c’est ce personnage conscient d’être supérieure aux autres, mais perpétuellement à la recherche de l’équilibre. Pour écrire Tornade, il faut être capable de nuances.

    Deux trajectoires radicalement opposées, comme si l’un et l’autre étaient condamnés à ne jamais pouvoir briller en même temps finalement !

  • Nicolas  

    « la foultitude d’auteurs ayant succédé à Claremont (la succession Lobdell-Morrison-Whedon-Kyle/Yost-Fraction-Gillen-Bendis est juste monstrueuse) »

    Matmout, je crois que personne ne pouvais comprendre les X-Men comme Chris Claremont , à l’exeption de Loddell et Niceza. Les auteurs suivants se sont cassés les dents sur cet univers quand ils n’ont pas tout fait pour le fiche en l’air (n’est ce pas messieurs Bendis et Morrison).

    • Matmout Gougeon  

      Je ne suis pas forcément d’accord sur ce point (mais je sais que c’est un point de vue clivant, d’où le « ça va faire grincer des dents »).
      Je n’ai pas particulièrement apprécié le run de Morrison sur les X-Men mais force est de constater qu’il est arrivé sur la franchise avec un parti pris et un propos novateurs qui ont surpris le lectorat et lui ont donné envie de revenir vers un univers qu’il avait délaissé au retour de Claremont à l’aube de l’an 2000 (la catastrophique période Révolution). Idem avec Hickman qui a redonné un coup de fouet à la franchise en bouleversant les codes en 2019. On adhère ou pas au parti pris mais au moins ces auteurs ont tenté quelque chose au lieu de chercher à recopier sur Claremont. A mon sens, il n’y a rien de pire qu’une franchise qui tourne en rond et qui recycle perpétuellement les mêmes marottes. La preuve, plus personne ne s’intéresse aux X-Men actuellement – alors que ceux-ci sont revenus à un propos très sage (très chiant, en vérité) après une période krakoane pleine de surprises. C’est terrifiant.

  • Jyrille  

    Chouette idée d’article, surtout que je n’y connais rien, à part que j’adore Storm – et pourtant je ne l’ai jamais lue autrement que sous le trait de Byrne (et un peu Cockrum je crois).

    Je trouve que tous les scans ici sont beaux, chacun dans leur genre. Bons choix ! Et merci beaucoup de citer chaque dessinateur, je trouve qu’on devrait le faire tout le temps, surtout pour les comics, forcément. J’ai presque envie de tester les bds dessinées par Coipel et Dodson (jamais tenté aucun de ces auteurs, mais j’aime leurs dessins).

    Ton article est passionnant pour les coulisses de l’édition qu’il relate, et ce que cela sous-entend dans le monde réel. J’aime bien Jim Lee mais lorsque je vois ses dessins, je m’interroge sur la modernité de ces représentations testostéronées toutes en muscle.

    Mais tout ceci n’est pas pour moi. Je n’aime pas les X-Men ni les récits de la continuité en général. Lifedeath pourrait m’intéresser, c’est sorti en VF dans une édition déconnectée ?

  • JP Nguyen  

    Je pensais que l’article ferait juste le focus sur le duel en salle des dangers mais la mise en perspective est bien plus large.
    Je ne peux que partager le constat : après le départ de Claremont, Tornade n’a jamais retrouvé son aura, déjà entamée à partir de sa fausse mort à la fin de la période australienne.
    J’ai un faible pour son costume gilet de cuir et coupe Mohawk, même si l’absence de cape n’aide théoriquement pas pour chevaucher le vent.
    Rétrospectivement, le Cyclope qui largue Madelyne pour retrouver Jean est quand même un gros enfoiré. Mais, biais masculin ou conditionnement patriarcal, le jeune lecteur que j’étais ne l’avait pas trop relevé. C’était écrasé par le fait qu’il retrouve son « True love ». De fait, la vengeance de Maddie dans Inferno était assez compréhensible.

    • Nicolas  

      Le gros enfoiré c’est plutot Jim Shooter qui a forçé Claremont à ruiner le happy end de Cyclops et Madelyne pour que Cyclops puisse reformer X-Factor avec Jean Grey ressuscitée. D’où ce comportement odieux de Scott plus tard expliqué par un pré-conditonnement de Sinister.

  • Fletcher Arrowsmith  

    Hello.

    Petite correction. Uncanny X-Men 201 (départ de Cyclop) et X-Factor 1 ne sont distant que d’un mois !!!! En fait Claremont n’a pas eu le choix de l’écarter de Uncanny x-Men où il vait repris sa place de leader dans les épisodes précédents notamment dans Uncanny X-Men 200 avec le procès de Magento à Paris.

    Je suis surpris de l’oubli une période importante pour les 2 leaders datant de l’époque de UXM 201 : les annuals dessinés par Art Adams avec Tornade en déesse Asgardienne et Cyke qui revient en leader.

    Perso je suis team Cyclop et mon personnage féminin des X-Men a toujours été Kitty Pryde.

    Je trouve aussi que Tornade est plutôt bien traité chez Lobdell (moins Nicieza qui ne l’avait pas dans son casting) voire même chez Kelly/Seagle. En fait Lobdell ne va pas forcément mettre un leader en avant et va surtout mettre d’autres X-Men en lumière (Bishop Gambit/Rogue, Iceman …).

    Ce qui reste intéressant c’est de voir que ces scénaristes, notamment Claremont, ont offert 2 types de leadership différents, permettant de nouvelles approches. Les périodes Paul Smith puis JRjr et surtout BWS vont offrir un superbe portrait de femme, quelque soit le bilan de son leadership (en fait cela en anecdotique à l’arrivée).

  • Bruno. ;)  

    Ah voui : j’aime bien les articles ciblés, comme ça !
    Ça permet toujours de voir, au travers des commentaires, la lecture que vous avez de ces époques, et de les comparer avec sa propre vision : en général, le pluriel des avis offre des perspectives surprenantes/enrichissantes, surtout définies par l’âge auquel on attaque ces illustrés. La chronologie détaillée ici met bien en avant la cohérence du travail d’écriture : c’est toujours une bonne chose de savoir qu’on a pas été pris pour des jambons -pas systématiquement, en tous cas. Merchi !

    Ceci-dit, pour moi, ce « duel » était juste n’importe nawak.
    Ayant intégré ces personnages comme de vrais adultes responsables -en particulier ces deux-là, qui sont tout sauf légers !-, j’avais trouvé idiot de régler officiellement la question du leadership de cette façon simpliste. Bon ; on est dans un Comic de Super-Héros, d’accord mais, étant donnée la tournure « réfléchie » des aventures période Cockrum/Byrne, j’avoue avoir eu du mal à fonctionner aux personnages à chaque fois qu’une forme de rivalité entre eux était mise en avant : les Seventies/Eighties avaient réglé les différents antagonismes et/ou malentendus de façon claire et plutôt crédible (la rivalité amoureuse -complètement imaginaire !- de Wolvie vis-à-vis de Jean, sa caution, plutôt bien amenée, du statu de chef de Cyclope ; l’accession à plus de maturité de Storm ainsi qu’à sa position après le départ de Scott.).
    J’avais eu, à la lecture, une forte impression de concession aux goûts (imaginaires ?!) d’un lectorat qui, j’en suis sûr, attendait bien autre chose -mais achetait quand même parce que, hein ! C’est les X-Men quoi !
    La Ororo des origines possédait un background particulièrement bien écrit, une biographie très bien équilibrée entre Histoire et drame intime (avant les délires scénaristiques (?!) l’affiliant à une tribu de « sorcières » météorologiques…!), qui lui conférait d’office une profondeur propice à l’évolution au sein du groupe. Son sursaut identitaire Punk, pour le coup très « adolescent attardé » (!), a été, à l’époque, une réelle surprise : on nous avait fait sentir que quelque chose se préparait, mais on n’aurais jamais imaginé que ce serait aussi radical. Et ça a très bien fonctionné, caution supplémentaire à la validité du travail du scénariste, très en phase avec ses personnages. Enfin honnête envers elle-même, et assumant le fait de n’être pas parfaite, elle se réinventait en tenant compte de ses pulsions les plus simples, sans rien perdre de sa profonde humanité.
    Le jonglage entre sa vie de famille et les X-Men, par contre, trahit complètement le personnage de Cyclope, dont l’essence est intrinsèquement responsable ; mais la problématique ayant été imposée à Claremont, on ne peut pas complètement lui en vouloir.
    J’ai bien aimé Leonardi, sur cette période : ça avait du punch mais demeurait lisible -la plupart du temps. Cette couverture est assez représentative.
    Bon, je suis évidemment beaucoup moins fan de « l’évolution » des personnages, par la suite, devenus pour la plupart des caricatures (sentencieuses !) d’eux-mêmes ; le pompon revenant à Storm et Wolverine, parfaitement imbuvables (faites-les taire !) 😨.

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